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Full text of "Histoire de la̕rt du Japon"

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L’ART  DU  JAPON 


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Ouvrage  publié 

parla 

Commission  impériale  du  Japon 

à  l’Exposition  universelle  de  Paris,  1900, 


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WORLD'S  •  FAIR  •  COLLECTION 


HISTOIRE 

DE 

L’ART  DU  JAPON 


Ouvrage  publié 

par  la 

Commission  Impériale  du  Japon 

à  l’Exposition  universelle  de  Paris,  iqoo 


PARIS 


MAURICE  DE  BRUNOFF 

IMPRIMEUR-ÉDITEUR 


4,  place  Denfert,  4 


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AVIS  AUX  LECTEURS 


L’ouvrage  < { u  1  vous  est  présenté,  à  l'occasion  de  l'Exposition  universelle  de 
ijjmo,  par  la  Commission  impériale  japonaise,  renferme  la  première  histoire  digne  de 
ce  nom  (pie  nous  ayons  écrite  de*  notre  art.  Elle  le  prend  à  ses  plus  lointaines 
origines;  elle  le  sml,  de  période  en  période,  jusqu’il  1ère  actuelle  de  Meiji.  C'est  un 
travail  de  bonne  foi,  dominé  par  un  esprit  de  critique  rigoureux  et  un  souci  d’exac¬ 
titude  absolu.  Puisse— t— il,  par  les  lumières  qu'il  jette  sur  des  points  longtemps 
obscurs,  même  pour  nous,  faciliter  l'intelligence  de  notre  art  et  le  classement  régulier 
de  scs  richesses  aux  innombrables  amis,  connus  ou  inconnus,  que  le  Japon  possède 
en  Europe  et  en  Amérique,  et  qui  le  suivent,  depuis  tant  d'années,  d'une  curiosité, 
mêlée  de  sympathie,  si  flatteuse! 

Nous  aurions  voulu  vous  l'otfrir  dès  le  début  de  la  grande  fête  internationale 
dont  l’approche  en  a  suscité  chez  nous  la  pensée.  Dans  ce  pavillon  japonais  du 
Trocadéro,  où  le  gouvernement  impérial  a  mis  sous  vos  yeux  tant  de  reliques  d'un 
passé  si  brillant  et  si  noble,  il  vous  eût  servi  de  guide.  11  eût  offert  aux  visiteurs 
éclairés  que  vous  fûtes  la  désignation  et  le  commentaire  analytique  de  chaque  pièce. 
Nous  n'avons  pu  réaliser  en  temps  voulu  ce  grand  effort.  C'est  pour  la  clôture  de 
l'Exposition  qu’il  s'achève.  J’ai  confiance  qu'il  n’en  sera  pas  moins  favorablement 
accueilli. 

L'établissement  des  textes  avait  été  confiée  à  la  Direction  des  Musées  impériaux. 
Mais  le  travail  était  à  peine  commencé  que  le  principal  rédacteur  M.  Foukoutchi,  et  ses 


VI 


AVIS  AUX  LECTEURS 


collaborateurs,  se  trouvèrent  aux  prises  avec  des  difficultés  <|u  ils  u  avaient  pas  soup¬ 
çonnées.  On  s’occupa  tout  d’abord  de  dresser  la  liste  des  œuvres  à  citer.  Cette  liste 
établie,  non  sans  peine,  il  fallut  procéder,  pour  chaque  œuvre,  a  la  vérification  de 
l’authenticité  et  de  la  date,  confronter  avec  les  archives  du  musée,  avec  1rs  archives 
des  temples,  les  traditions  qui  constituaient  souvent  tous  les  titres  de  tel  ou  tel 
monument. 

On  imagine  le  temps  que  durèrent  toutes  ces  recherches  et  la  peinr.  par 
surcroît,  qu  elles  coûtèrent.  C’était  le  plus  pénible,  sau>  doute,  de  la  lâche  assumée 
par  les  rédacteurs,  mais  il  leur  restait,  l’état  civil  de  chaque  pièce  constitué*,  un  lra\ail 
encore  formidable.  Aucune  photographie  des  monuments  à  îvpnx  luire  n’existait.  Ce 
fut  une  interminable  série  de  pèlerinages  entrepris,  sur  tous  les  points  du  Japon,  par 
les  missionnaires  officiels  chargés  de  recueillir,  chez  les  particuliers,  dans  1  *  s  l.-mplrs, 
la  matière  d’une  illustration  abondante,  variée  et  probante.  I in f rt*  temps,  on  s'oenip.uf 
a  lokio  de  rassembler  en  un  texte  définitif  la  documentation  énorme  réuni'*. 

L’ouvrage  enfin  terminé,  il  s’agil  de  le  traduire,  et  les  difficultés.  I.i  rucoic. 

furent  nombreuses.  De  tous  les  dictionnaires  publiés  jusqu  à  ce  jour,  aucun  ne 

renfermait  les  termes  techniques  usités  dans  chaque  branche  de  l'art.  Il  fallait  au 

tiaducteui  une  connaissance  approfondie,  non  seulement  de  notre  langue,  mais  de  mi> 

industries  artistiques,  envisagées  au  point  de  vue  du  métier.  Avant  même  de  se 

mettre  au  travail,  il  lui  était  indispensable  de  créer  son  vocabulaire  de  Imites  pièces, 

et  la  tâche  était  lourde,  même  pour  un  japonisant  de  première  force.  M.  I  remplois 

s’est  montré  à  la  hauteur  de  cette  tâche.  En  s’en  ae.piilla.il  comme  il  sen  est 

acquitte,  avec  une  fidélité  incroyable,  avec  un  souci  d’exactitude  poussé  jusqu'aux 

dernières  limites  du  scrupule,  il  n’a  pas  seulement  mérité  notre  reconnaissance;  il  a 

rendu  un  inoubliable  service  à  tous  ceux  que  tentera  désormais,  en  Europe,  IVlu.le 
de  notre  langue. 

M«is  le  temps  avait  manqué  à  51.  Trou,, . s  pour  achever,  comme  il  |  „,„ail 

vottla,  sou  travail.  La  traduction  lillérale  une  foi,  faite,  il  . . . .  . 

la  récrire  eu  au,  langue  d'uu  tour  plu,  aisé  . . .  m,,.,..  I.'oblig . . . .  . . 

»o, urnes  vus,  pour  paralire  à  date  fixe,  ,1e  faire  . muer  «  ,„,tre  . 

eulevé  les  moyens.  M.  Thiébaull-Sisson,  criiirpt.  d'art  du  T, .  fi,'. . 

charger  du  travail  de  la  mise  en  forme.  Le  concours  uu’il  nous  i 

I  '11  Ilü,,s  <i  jirele  lui  pi,eci(*ux. 

iXous  lui  en  adressons  tous  nos  remerciements. 

Passons  à  l’ouvrage  en  lui-même. 


AVIS  AUX  LECTEURS 


YII 


On  y  a  respecté,  autant  < j \  1 7 1 1  s’est  pu  faire,  les  textes  anciens  utilisés  par  les 
différents  rédacteurs.  Les  indications  détaillées  fournies  par  des  écrits  antérieurs  ou 
contenues  dans  des  pièces  d’archives  ont  été  religieusement  conservées  et  encadrées, 
pour  lin  donner  plus  d’autorité,  dans  l’ouvrage.  11  se  présente,  par  suite,  sous  l’aspect 
moins  <1  un  livre  à  lendances  personnelles  que  d’un  recueil  de  documents.  Nos  lecteurs 
apprécieront  certainement  le  caractère  d’exacte  vérité  qui  lui  a  été  imprimé  par  ce 
procédé  de  composition  cl  de  travail.  Ils  n’apprécieront  pas  moins  les  renseignements 
inédits  qu'ils  trouveront  dans  toutes  les  parties  de  notre  livre,  dans  la  première  en 
particulier,  relative  à  l'enfance  de  notre  art. 

Bien  de  j »  1  us  curieux,  en  effet,  que  la  spontanéité  avec  laquelle  notre  tempé¬ 
rament  national  s’esl  révélé,  en  art,  dès  le  début.  Quelque  influence  qu’aient  exercée 
sur  nous  les  Coréens,  les  Chinois,  les  H  indous,  jamais  nous  n'avons  pu  nous  défendre 
de  marquer  d'un  caractère  de  race  et  d'une  physionomie  personnelle  même  les  œuvres 
imitées  ou  copiées  de  nos  initiateurs  et  de  nos  maîtres,  fout  en  empruntant  aux 
Chinois  leurs  procédés  d’exécution,  les  premiers  de  nos  peintres  ont  différé  des 
Chinois  par  le  slvle.  On  reconnaît  leurs  travaux  à  la  souplesse  des  lignes,  à  la 
douceur  des  tons  par  lesquels  ils  ont  remplacé  la  froideur  des  traits  et  la  lourdeur 
des  colorations  qui  déparent  tant  d'œuvres  chinoises. 

1  >(»  même  pour  la  sculpture  bouddhique. 

Après  avoir  commencé  par  la  copie  pure  et  simple  des  Bouddhas  apportés  par 
1rs  Coréens,  elle  s’est  dégagée  rapidement  de  l'imitation  littérale.  La  sévérité  du  modèle 
coréen  disparaît  sous  la  grâce  nerveuse  des  formes;  à  l’uniformité  du  type  primitif 
succède  une  variété  extraordinaire  de  modèles  engendrée  par  l’observation  de  la  nature. 
Le  sentiment  religieux  s'exprime,  sous  la  main  de  nos  sculpteurs,  non,  comme  chez 
les  Hindous,  par  des  images  abstraites,  mais  par  des  attitudes  qui  vivent  et  des 
physionomies  qui  respirent.  En  sculpture,  en  un  mot,  comme  en  peinture,  les  figures 
bouddhiques  du  Japon  ne  ressemblent  en  rien  à  celles  que  ses  voisins  ont  créées. 

Même  les  divinités  (pii  appartiennent  au  bouddhisme  du  Sud,  et  qui  paraissent 
avoir  une  même  origine  que  les  divinités  enfantées  par  l’art  klimer  ou  par  l’art  java¬ 
nais,  s’écartent  du  type  initial  dès  qu’elles  sont  introduites  au  Japon.  Nos  artistes 
leur  donnent  aussitôt  une  dignité  d’attitude  qu’on  ne  rencontre  ni  au  Cambodge  ni 
dans  la  Malaisie.  S'agit-il  de  sujets  empruntés  au  bouddhisme  du  Nord,  de  motifs 
provenant  de  la  même  source  (pie  ceux  du  Thibet  et  de  la  Mongolie  ?  Même  consta¬ 
tation.  Les  transcriptions  qu’en  exécutent  nos  sculpteurs  sont  plus  calmes,  et  le  carac- 


VIII 


AVIS  AUX  LECTEURS 


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1ère  en  est  moins  fantaisiste.  An  mouvement  agité  des  I  levas  rl  des  I  Hiarmapalas 
qu’on  importe  chez  nous,  ils  substituent  une  expression  de  torce  rl  de  puissance  dont 
le  caractère  est  manifestement  japonais. 

Jetez  les  veux  sur  l'architecture  :  elle  diffère  essentiellement  par  son  ^ I  \  I « •  des 

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modèles  étrangers  qui  lui  ont  servi  de  point  de  départ.  Elle  répudie  les  toitures  trop 
relevées  des  Chinois;  elle  répugne  à  la  confusion  des  motifs  e!  à  la  juxtaposition 
des  charpentes  inutiles;  elle  fait  choix  de  matériaux  logiquement  ordonnés;  clic  s.* 
propose  avant  tout  les  combinaisons  harmonieuses  de  lignes.  —  et  c’est  pourquoi 
1  architecture  japonaise  de  belle  époque,  loin  de  fatiguer  l\nl.  le  repose  et  satisf.ul 
l’esprit  par  là  même.  L’extérieur  de  nos  temples,  toujours  simple.  iToltVe  ni  l’exubé¬ 
rance  de  relief  sous  laquelle  l’ossature  des  monuments  indiens  disparaît,  ni  les  n<>l 

de  couleur  trop  vives  dont  s’égayent  les  pagodes  chinoises.  D'instinct,  nos  constrih  lin 
ont  de  la  tenue. 

Partout,  d’ailleurs,  saute  aux  yeux  ce  même  caractère,  ce  goût  de  sobriété  qui 

s’affirme  dans  les  œuvres  de  nos  architectes.  Quel  que  soit  le  genre  qu'ils  traitent. 

nos  artistes  anciens  ne  se  complaisent  jamais  aux  décors  par  trop  éclatants.  IU 

préfèrent  la  simplicité  à  la  complication,  la  légèreté  à  la  lourdeur,  les  mol  ils  isolés 

aux  ornements  qui  tourmentent  la  surface.  Le  coffre  «le  la«pie  «le  la  cullecli.m  impérial- 

est  un  exemple  frappant.  Sur  un  fond  noir  aminé,  Larliste  a  incrusté  des  i  n  «•«  I.  ■  «  1 1 . .  «  « - 

en  nacre  dont  le  motif  est  fourni  par  l’oiseau  hô-ù.  Le  médaillon  lui-même  n'esl  p.,., 

entièrement  fait  en  nacre.  Le  dessin  «lu  motif  s’y  accuse  sur  le,  noirs  «lu  fond. 

L’effet  décoratif  n’en  est  pourtant  pas  moins  puissant  «p,e  sur  un  numide  oriental 
entièrement  revêtu  de  nacre. 

On  snil  que  le  laque  est  un  art  . .  la  gloire  ravi .  . . . 

Cesl  eu  même  temps  ,1e  tous  no,  ads  . . .  la  variélé  la  ,,  ,, 

radicipe  Je  tous  le,  ad»  à  la  fois.  Il  comporte . si  |,i„„  . i, . 

que  le  revêtement  le  plus  magnifique  «I  le  .  riche.  Tel  ol.je,  es,  à  . . . .  w 

aulre  esl  couvert  d'or.  On  «  inventé  pour  celle  forme  d'ar . . . .  ,,,. 

nuances  e.  Je  ion,  dor.  L'arliste  „>  est  astreint  qu'au,  règles  liages  . -  |„i.„„'. . 

A  cote  Je  ce  morceau  d'une  extrême  finesse  on  trouve  des  dessin,  J,  |', . , 

**"  la"ge'  'Ci'  ‘e  P'”*"  "  . . »  i,  »a  verve  cl  à  sa  . sic"  là 

modal, on  est  bornée  à  des  formes  purement  géométrique». 

Notons  encore  eeei.  L'art  japonais  u'e.vclut  nullement  la  svméirie.  . .  e,,,,,, 

. . .  '»  :  on  la  respeele.  . . . J  Ces . . . 


AVIS  AUX  LECTEURS 


IX 


dans  1rs  pièces  de  pur  agrément  on  remplace  la  symétrie,  s'il  y  a  lieu,  par  des  pen¬ 
dants  don!  les  elfets  opposés  se  balancent.  On  obtient  ainsi  l’équilibre. 

11  es!  su  péril  u  d’en  dire  plus.  Je  n’ai  pas  à  faire  ici  une  étude  analytique 
de  nos  ai  ls.  Des  renseignements  nus  à  la  portée  de  nos  lecteurs  futurs  par  ce  livre, 
des  documents  qu’ils  y  trouveront  reproduits,  ils  tireront  d’eux-mêmes  la  morale. 
Ils  saisiront  à  merveille  l’intérêt  spécial  qui  s’attache  à  toutes  les  branches  d’art 
dans  lesquelles  nous  nous  sommes  exercés,  la  céramique,  le  bronze,  le  bois,  les 
métaux,  la  ciselure,  l'incrustation,  la  soie,  la  broderie,  les  gravures,  les  estampes. 
Ce  qu'il  me  suffit,  à  moi,  d'indiquer,  c’est  la  conclusion  bien  nette  qui  se  dégage 
de  l’élude  de  ces  formes  d  ai  l  et  des  particularités  par  lesquelles  chacune  se 
signale  :  tout  y  esl  japonais. 


Caris,  oc  loi)  ri'  i<jo  >. 


I  A  1>AM  A  S  A.  HAYASHI, 

Commissaire  général  cl  ci  Japon  à  I  Imposition  universelle  de  1900. 


PRÉFACE 


Il  n'esl  pas  inutile,  pour  présenter  cel  ouvrage,  de  définir  en  quelques  mots 
notre  Empire. 

(  '/est  un  admirable  pays  où  le  poétique  et  le  pittoresque  se  combinent  dans  une 
mesure  parfaite,  où  la  terre  ef  l'eau,  avec  un  rare  bonheur,  se  marient,  et  que  pare 
une  verdure  luxuriante  émaillée  des  Ileurs  les  plus  belles.  Le  climat  en  esl  vivifiant 
et  sain  dans  tonies  les  saisons.  Au  printemps,  le  chant  des  oiseaux  emplit  l'air  d'une 
douce  mélodie,  et  les  insectes  y  foui  bruire,  en  automne,  la  joyeuse  musique  de  leurs 
ailes.  Le  relief  mouvementé  des  terrains  présente  partout  des  aspects  d'une  diversité 
infinie.  Dans  les  massifs  montagneux  qui  le  recouvrent,  des  rochers  gigantesques, 
au-dessus  des  précipices,  dressent  leurs  murailles  à  pic.  et  leurs  sommets  se  découpent 
sur  le  ciel  en  silhouettes  inégales  d'un  charme  incomparable.  A  la  beauté  des  formes, 
joignez  le  contraste  magique  des  couleurs.  Au  sable  des  vallées,  d'un  blanc  de  neige, 
opposez  l'harmonie  vert  et  rouge  des  forêts,  riches  en  pins,  qui  garnissent  le  liane 
rugueux  des  montagnes,  et  vous  aurez  quelque  idée  du  tableau  qui  le  plus  commu¬ 
nément  frappe  nos  veux. 

Ce  paysage  fait  à  souhait  pour  le  rêve,  c'est  celui  qui  caractérise  notre  Empire. 
Kl  nous  qui  naissons  sur  ce  sol,  nous  qui  formons  le  peuple  étroitement  uni  de  cet 
Empire,  nous  en  goûtons  les  beautés  naturelles  avec  une  joie  incessamment  renouvelée, 
car  on  peut  dire  en  vérité  (pie  le  Japon  est  comme  le  parc  public  le  plus  pittoresque 
et  le  plus  varié  de  F  univers. 


XII 


PRKl'ACK 


Nous  ne  nous  enorgueillissons  pas  seulement  des  beautés  de  noire  sol  ;  nous 
nous  vantons  également  des  beautés  <|ui  se  manifeslenl  avec  tant  d’éelal  dans  notre 
histoire  et  dans  notre  art. 

En  regard,  en  effet,  du  Japon  voyez  la  Chine  el  l'Inde.  Ce  sont  les  plus  v  ieux 
empires  de  la  terre.  Quelle  impression  pourtant  nous  laissent-ils?  A  les  considérer 
dans  leur  état  actuel,  une  mélancolie  profonde  nous  pénètre.  Jadis  ils  . .nt  alleml  I  un 
et  l’autre  au  de  «ré  de  prospérité  le  plus  haut,  et  leur  civilisation  lui  étrangement 
raffinée,  mais  cette  splendeur  ancienne  ne  s'atteste  aujourd'hui  que  dans  d.-s  rmiu-s, 
et  rien  11V  subsiste  à  présent  qui  puisse  se  comparer  à  l'ellm  l  énergique  et  s.nil.  ini  d< 
notre  race.  Dès  longtemps  notre  peuple  a  connu  la  hienfaisantr  et  prolerh  h  <•  ,nI1u<id< 
d'une  suite  d'empereurs  vénérés,  soucieux  de  son  développement.  d<  n  I » i .  n— *  1 1 
Sous  une  administration  paternelle,  il  mène  depuis  trois  siècles  nie*  vie  pai-ahb  <■! 
heureuse.  11  s'efforce  enlin,  à  cette  heure,  de  répandre  ^a  gloire  au  d<lnu>  *1  d  «  n 
propager  par  tous  les  pays  le  renom,  (/en  est  assez  pour  prouver  i |i i « •  smi  ln>l<ei.  . 
digne  d'admiration  comme  d'étude,  est  féconde  autant  que  son  sol  eu  h  ml. s. 

Il  n'en  est  de  même  ni  en  Chine  ni  aux  Indes.  Là,  les  guerres  sont  m -  s.  pr.  ><pi 

toutes,  d'un  choc  entre  races  opposées,  quoique  vivant  dans  le  un  me  I  mpir<-  —  et 

ces  luttes  ne  se  sont  presque  jamais  terminées  pur  de  simples  <  Iuiiil  mmU  d<  dvn.  -I: 

Toute  guerre  intérieure,  toute  révolution  entraînait  en  Chine  comme  iu\  Indes  |., 

destruction  complète  des  œuvres  d'art  soigneusement  créées,  amoureusement  <  .u  - 

pendant  la  période  antérieure.  11  ne  restait  ainsi  de  tous  les  éléments  de  beauté  r«  unis 

par  une  génération,  des  témoignages  passionnés  de  son  goût,  des  ell'orls  accumulés  d. 

son  talent  et  de  son  énergie  que  d'insaisissables  vestiges.  Il  s'ensuit  qu'à  l'heure  actuelle 

tous  les  arts  qui,  pendant  des  mdliers  d'années,  lleurirent  là  sont  rentrés  aujourd'hui  d.uis 

le  néant.  De  ses  productions  d'autrefois,  le  sol  natal  n'a  gardé  —  quand  il  en  a -ai  dé 

que  des  fragments.  Les  spécimens  les  plus  complets  qui  en  subsistent  ont  passé,  de 

siecle  en  siecle,  en  nos  mains.  Dépositaires  maintenant  de  ces  richesses,  trop  peu 

nombreuses  à  coup  sûr,  mais  sans  prix,  nous  les  conservons  pieusement,  comme  .les 

relkp.es.  Les  foyers  d’art  d’où  ces  étincelles  ont  jailli  se  sont  éteints,  mais  à . .  lover. 

toujours  chaud,  nous  entretenons  ces  étincelles  toujours  vives  -  et  . . s  lirons  de 

cela  aussi  quelque  orgueil. 

Ce  fut  sous  les  dynasties  de  /oui  et  de  r| 


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O 


qut  nous  entraînes  pour  la  première 
fois  en  rapports  avec  la  Chine,  et  après  le  règne  particulièrement  prospère  d’Asoka 

avec  l’Inde.  Des  relations  plus  fréquentes,  plus  intimes,  s’établirent  ensuite,  el  ceux 


PRÉFACE 


XIII 


d’entre  nous  qui  visitèrent  dès  lors  ces  pays,  soit  dans  un  but  d’étude  générale,  soit 
pour  s’instruire  plus  à  fond  des  doctrines  religieuses,  en  rapportèrent  successivement  les 
merveilles,  réalisées  par  des  artistes  chinois  ou  indous,  qui  ont  éveillé  notre  art  et  que 
nous  entourons  encore  aujourd'hui,  dans  nos  temples  ainsi  que  dans  nos  musées,  d’une 
admiration  si  respectueuse  et  si  humble. 

11  serait  superflu,  dans  la  Chine  et  dans  l’Inde  de  nos  jours,  de  chercher  l’équi¬ 
valent  de  ces  merveilles.  C’est  chez  nous  seulement,  grâce  à  elles,  qu’on  peut  se  livrer 
à  l’étude  de  ces  formes  d’art  disparues.  C’est  au  Japon  uniquement  que  l’érudit  peut 
trouver  des  matériaux  suffisants  pour  reconstituer  les  caractères  généraux  de  l’œuvre 
d’art,  telle  (pie  la  Chine  et  l’Inde  l’ont  comprise  en  ces  temps  mal  connus  et  lointains. 

A  Shoeoïn,  à  Xara,  à  Koyasan  dans  la  province  de  Kii,  à  Toji  et  à  Daïgoji,  à 
Kyoto  et  dans  d’autres  temples  célèbres,  vous  découvrirez,  admirablement  conservés, 
presque  tous  ces  chefs-d’muvre  dont  la  perfection  et  la  noblesse  nous  ravissent.  De 
tout  -temps,  le  Japon  les  a  estimés  à  leur  prix.  En  eux,  il  a  vu  les  modèles  les  plus 
propres  à  développer  son  art  et  à  rendre  le  goût  de  ses  artistes  plus  subtil.  Par  eux, 
nos  arts  du  dessin  se  sont  formés.  Ils  ont  été,  au  début  de  notre  histoire,  nos  vrais 
maîtres.  Sans  entamer  en  rien  le  caractère  particulier,  national,  des  artistes  qui  ont 
travaillé,  depuis  douze  siècles  et  plus,  à  la  constitution  de  notre  patrimoine  artistique, 
ils  ont  guidé  pendant  de  longues  périodes  leur  effort,  stimulé  leur  activité,  soutenu 
leur  iréine  naissant  et  leur  zèle. 

O 

Nous  avons  en  effet,  en  art,  commencé  par  nous  assimiler  les  formules,  la 
technique  et  le  sentiment  personnel  des  nations  orientales.  'N  ous  retrouverez  dans  les 
peintures  murales  du  Rondo  et  de  lïorvûji  les  mêmes  tendances  et  le  même  style 
que  dans  celles  d’Ajunta  aux  Indes. 

Les  statues  de  Bouddha  à  ù  akoushiji  et  dans  d’autres  vieux  temples  de  Xara, 
sont  identiques  d’expression  à  celles  qui  subsistent  encore  à  Ryûmon  et  à  Iketsou, 
en  Chine. 

(Quantité,  enfin,  d’œuvres  d’art  d’une  extrême  variété,  des  écrits,  des  peintures, 
des  ustensiles  de  cérémonie  et  des  intruments  de  musique,  attestent  encore  à  nos 
yeux,  par  l’originale  beauté  de  leurs  formes,  le  goût  d’art  qui  fut  propre  à  ces  races 
dont  les  leçons,  jadis,  nous  formèrent.  La  conservation  de  ces  épaves  uniques  nous 
permet,  sans  exagération,  d’affirmer  que  notre  Empire  n’est  pas  seulement  un  parc 
public  du  monde,  mais  aussi  un  trésor  où  tout  ce  qui  reste  de  l’ancien  art  oriental 
s’est  gardé. 


XIV 


PRÉFACE 


Et  nous,  ravi  de  demeurer  dans  ce  parc  public  du  momie,  ravi  d’y 

employer  notre  vie  à  enrichir  et  à  conserver  intact  ce  trésor,  nous  avons  . . . 

qu’il  était  de  notre  devoir  de  mettre  en  valeur  aux  yeux  .les  nations  les  merveilles 

commises  à  notre  garde.  C’est  le  plus  sûr  moyen  pour  nous  d’exaller  . gloire 

nationale.  Depuis  l’établissement  du  Bureau  des  recherches  des  trésors  artistiques 
nationaux,  nous  nous  sommes  assidûment  applique  a  un  soigne  ux  .  x.um  n  de  s  1 1<  le 
que  contiennent  les  différents  temples  de  l'Empire.  On  en  a  fait  une  critique  minu¬ 
tieuse,  très  sévère  en  ce  qui  concerne  les  noms  et  les  dates,  les  tonnes  et  la  qualil<  . 
scrupuleusement  cxuctc  clans  le  relevé  des  traditions  historiques.  I  n  Ici  1 1 . » \ . m I , 
toutes  les  garanties  de  sincérité  <jii  il  présente,  est  laen  tait,  soiiildr-l-d.  p<,,n  4  «  •  1 1 ^ 1 1 1  u <  i 
une  histoire  complète  de  notre  art  et,  par  la,  donner  a  ceux  «pu  le  j»ral npe  nt  'iipnii 
d'hui  le  plus  précieux  des  encouragements. 

Nous  étions  donc  déjà  préparé,  par  nos  recherches  anterieures,  a  écrire  d  une  |,n  ..n 
définitive  l'histoire  des  évolutions  successives  de  notre  art.  et  I  execution  «  n  et. ut  d*  j  t 
commencée  quand  nous  avons  dû,  à  la  requête  de  la  Pnnumsxmn  nnjtrnutr  jnoir  I  I  ■/><■- 
sition  internationale  de  Pari s,  entreprendre  le  présent  ouvrage,  simple  cmip  d  n  d  ur 
révolution  historique  de  notre  art.  Nos  collections  se  composent,  en  elle!,  d'un  tr*q> 
grand  nombre  de  pièces  et  de  natures,  en  réalité,  trop  diverses  pour  que  d>  plus  amples 
recherches  et  des  études  archéologiques  plus  poussées  ne  nous  appar.usst  ni  p.is  ..i  iiii 
absolument  nécessaires  désormais.  L  utilité,  pour  nous,  s  en  impose,  non  srulene  ni 
au  point  de  vue  de  1  histoire  détaillée  des  styles  et  des  eeoles  qu  ils  c;u\n  l«  ris'  ut. 
mais  au  point  de  vue  de  l'histoire  générale.  Il  faut,  pour  qu'un  ensemble  de  c  l  te 
sorte  soit  complet,  le  fortifier  par  des  recherches  parallèles  sur  les  coutumes  et  les 
mœurs  qui  ont  caractérisé  la  société  de  chaque  époque. 

Celte  histoue  complète,  nous  avons  du,  momentanément,  renoncer  a  1  écrire  ; 
mais  l’exécution  n’en  aura  été  que  de  très  peu  retardée.  Nous  en  élèverons  d'année 

en  année  les  assises,  avec  des  matériaux  recueillis  un  à  un,  jusqu’au  jour  où  le  . . . 

ment,  dans  toute  son  ampleur,  sera  dressé. 

En  même  temps  que  l’encyclopédie  des  arts  orientaux,  il  renfermera  l’histoire 

même  de  l’Orient.  Trésor  d’art  du  monde  oriental,  le  Japon  est  le  seul  d .  on  puisse 

attendre  ce  magistral  ouvrage.  Seul,  il  en  a  dans  ses  mains  tous  les  éléments  réunis. 
Seul,  il  l’accomplira.  Xi  l’Inde,  ni  la  Chine  ne  le  sauraient. 

Nous  tenons,  avant  de  terminer,  à  remercier  publiquement  les  érudits  actifs  et 
zélés  qui  ont  collaboré  à  la  préparation  de  ce  volume.  Le  Musée  Impérial  de  T.’.kio, 


PREFACE 


xv 


ayant  accepté  la  lâche  que  réclamait  de  lui  la  Commission  de  l’Exposition,  le  travail 
de  compilation  Ail  confié  à  M.  Kakouzô  Okakoura  et  le  classement  des  matériaux, 

le  plan  de  l'ouvrage  et  la  forme  qu'il  convenait  de  lui  donner,  lurent  examinés  et 

arrêtés  de  concert  avec  lui. 

Mais  M.  Okakoura  était  à  peine  en  fonctions  qu'il  démissionna.  M.  Mataitci 

houkoulci  fui  nommé  à  sa  place,  et  on  lui  donna  M.  ^  osliio  Ki  comme  adjoint.  On 

introduisit  alors  quelques  changements  dans  la  forme  et  le  plan  précédemment  adoptés. 
C'est  grâce  à  l'activité  incessante  et  aux  efforts  diligents  de  ces  Messieurs  que  l’œuvre 
a  pu  être  achevée. 

M.  V  mimanuel  Tronquois  a  hien  voulu  se  charger  de  la  traduire.  Les  personnes 
qui  se  sont  donné  la  peine  de  fournir  et  de  reviser  les  matériaux  doivent  être  aussi 
mentionnées.  Ce  sont  MM.  le  1)  Mavori  Kourokawa,  N  onékitci  Miyaké,  1  ciùta 
lté»,  ûsakou  Imaïxoumi,  Soughimoura  Kosougm  et  Kem  Saito.  N'oublions  pas  enfin  le 
personnel  du  Musée  Impérial,  dont  la  collaboration  a  rendu  de  signalés  services  à 
1  ouvrage.  MM.  Shiguénobou  lliravama  et  Kanaï  Koubota  ont  assumé  le  contrôle 

c"»  O  b 

général  de  tout  ce  qui  avait  Irait  à  la  publication. 


<Si  plfiiibrc  i  S  «  |i  j 


1 5  ARON  RIYUITCI  KOUKI, 

Directeur  génétfal  du  Musée  Impérial. 


■ 


U  I 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


INTRODUCTION 


I 


Treize  siècles  environ  sont  maintenant  écoulés  depuis  que  la  fraîche  Heur  de  l’art  s’est 
épanouie  au  .lapon.  Au  cours  des  temps,  les  Beaux-Arts  ont  eu  chez  nous  leurs  jours  d’éclat  et 
< l'effacement  ;  car  nulle  création  humaine  ne  saurait  échapper  aux  vicissitudes.  Mais  jamais  on 
n’eut  à  déplorer  leur  dégradation  absolue.  Bette  constatation  est,  pour  celui  qui  retrace  ici  leur 
histoire,  lu  source  d  une  joie  profonde. 

Dans  toute  «eiivre  de  1  art  japonais,  qu’elle  relève  de  la  peinture,  de  la  sculpture  ou  de 
l'architecture,  il  est  impossible  de  méconnaître  un  caractère  très  particulier.  Ce  caractère,  cette 
originalité  tiennent  au  terroir,  à  1  ambiance,  aux  dons  propres  du  peuple,  à  ses  aspirations,  comme 
a  scs  institutions,  à  sa  religion.  Voilà  donc  les  facteurs  dont  il  nous  faut  d’abord  étudier  l'influence, 
si  nous  voulons  mais  rendre  compte  de  Dévolution  des  Beaux-Arts  au  Japon. 


Notre  archipel  s  allonge  dans  le  Nord-Ouest  de  l’océan  Pacifique  en  bordure  de  la  cote  Est  du 
continent  d'Asie.  Les  cinq  îles  principales  sont  Ilokkaïdo  Ezo  ,  llonshvou  Hondo',  Shikokou,  Ixyou- 
shvou.  Taïwan  Kormose  . 

La  [)lus  grande  d'entre  elles,  llonshvou,  occupe  à  peu  près  le  centre  de  la  ligne  et  a  toujours 
été  comme  le  foyer  de  la  civilisation  japonaise.  L’archipel  entier  s’encadre  entre  les  2 1°, 45  et  5o°,56' 
de  latitude  Nord  et  1  iq°,2<>  et  1  5(>V)2  de  longitude  Est  du  méridien  de  Paris.  Sa  direction  générale 
est  du  Sud-Ouest  au  Nord-Ouest.  La  forme,  dans  son  ensemble,  est  celle  d’un  collier  de  pierres 
précieuses,  jeté  obliquement,  mince  et  allongé. 

Comme  le  Japon  s’étend  sur  un  peu  plus  de  29  degrés  de  latitude,  il  pénètre,  au  Sud,  dans  la 
zone  tropicale  cl,  au  Nord,  il  n’est  distant  du  cercle  polaire  que  d’un  peu  plus  de  i5  degrés.  Deux 
courants,  l’un  chaud,  l’autre  froid,  suivent  les  cotes  de  l’archipel.  Les  vents  alizés  les  balaient. 

Enfin,  dans  l  intérieur  du  Japon  se  dressent  les  deux  grandes  arêtes  montagneuses  qui 
continuent  les  systèmes  orographiques  de  Chine  et  de  Saghalien,  ainsi  qu’une  infinité  de  chaînes 
secondaires,  de  sorte  que  le  sol  est  des  plus  accidentés.  Il  résulte  de  toutes  ces  causes  que  les  diffé- 


)S  Je  climat  no  sont  pas  seulement  sensibles  aux  extrémités  Nord  et  Sud*  mais  que,  mémo  à  I. ill¬ 
égale,  la  température  varie  notablement  avec  l'altitude.  L’est  pourquoi,  sans  parler  de  eelle>  de 
le  tempérée,  les  productions  des  zones  froide  et  torride  prospèrent  au  -lapon.  Les  oiseaux  ne  nu  , 


i  s'élèvent  à  la  surface,  ont  fondé* 
nouvelles  se  sont  développées.  I.os  m>* ■<  l<  <•! 

ou  s  notre  climat, 
sont  a  1  état  de 


rences 
tude  ég 

la  zone  tempérée,  les  production 

en  se  reposant  de  leurs  traversées  de  l’océan  Pacifique  sur  nos  îles  qui 
quantité  de  colonies  au  sein  desquelles  des  espèces  nouvelles  >e  soi  _  _ 

particulièrement  les  libellules,  y  sont  d'une  beauté  remarquable.  Mlles  ont  passe,  soi 
par  des  transformations  curieuses.  La  tiédeur  de  l’air,  influant  sur  leur  vie  quand  «  *  I  b  *  s 
chrysalides,  a  modifié  jusqu  aux  individus  d  une  meme  espèce  et  a  produit  de  iu>mhi<'Us<  -  vue  t. 
inconnues  ailleurs  qu’au  Japon. 

Ce  pays  est  donc,  en  vertu  des  facilités  de  vie  et  de  croissance  qu  il  offre,  un  (!»<)/-  <m  I 
nature  se  montre  sous  les  aspects  les  plus  divers  et  les  plus  changeants.  Lu  pr- •>.  ne.  .  1 . •  i  l-  -j  ■  . 
tacles,  l’esprit  de  1  homme  s’éveille  de  lui-même,  1  imagination  senruhil,  Ls  mq  i  ai- 
plient.  Aussi  notre  littérature  et  nos  arts  ont-ils  montré  une  lendance  à  >•><  •  up-  r  naan-  .{.  Il  mi 
que  des  aspects  de  la  nature.  Quelle  preuve  plus  forte  pourrait-on  trouv-r  d-  Linllm  *rn*e  des  condi¬ 
tions  géographiques  qui  ont  ainsi  modelé  le  génie  japonais  1 

Donc,  notre  pays  tient  à  la  fois  par  son  climat  aux  trois  zones  froid.*,  t.  mp  i  1  1  | 

extrêmes  de  froidure  et  de  chaleur  favorisent  le  développement  d  une  natiir*  p I •  •  1 1 1 . •  d-  \  u  u  -  , 
être  assez  intenses  pour  opprimer  l’activité  physique  et  intellectuelle  «h-  I  honnir  D  ,i||.  -,  j,  . 

les  deux  extrémités  du  Sud  et  du  Nord  del  hmpire  subissent  de  grandes  elnh  in'-  ai  h  ^  ?  i  n 

Dans  toutes  les  autres  parties  du  Japon,  la  température  est  généralement  d'une  tiédeui  agréable  qui 
laisse  a  1  esprit  et  au  corps  toute  leur  vivacité. 

Le  sol  est  riche;  la  pluie  tombe  en  quantité  suffisante;  1  heureuse  proportion  «lu  <*t  J, 
l’humide  favorise  remarquablement  le  développement  des  plantes  et  des  animaux.  Le  ris,  bas*  J 
l’alimentation  nationale,  vient  si  bien  qu’un  des  noms  du  Japon  est,  depuis  les  am 
Midzou  ho  no  koumi,  «  Je  pays  du  riz  abondant  ». 

Dans  les  montagnes,  l’or,  l’argent,  le  cuivre,  le  fer,  le  charl . .  et  bien  d’autres . . 

se  trouvent  en  abondance.  Dans  les  mers,  nne  foule  de  poissons  et  de  coquilln .  „fl 

pécheurs.  Los  ressources  naturelles  suffisent  largement  aux  besoins  primord 

généralement  se  procurer  sans  difficulté  la  nourriture  et  le  vête . .  san-  être  de  -  _ _  , 

1  étranger. 

Les  animaux  féroces,  les  serpente  venimeux  sont  très  rares.  Quant  aux  eataelyami 

tels  que  les  tremblements  de  terre, . .  subit  bien  de  temps  eu  tempe  qui  sont  assez  violente  m  - 

ces  exceptionnellement  q„  ,ls  se . .  assez  étendus  pour  frapper  plusieurs  provi. . set  produit, 

beaucoup  d  effet  <feetruet.Br.  lia, ad •  pu  I™  d.  .  •« . |,,i..,..r .  .  „j 

^  °  .rj  . . . . *  . . . » . . . « h  r! . .  pi» 

courts  mojens  de  communication  et  un,,  ceinture  protectrice  Vus  ,  nnl  ,  i 

infliger  la  honte  d  une  invasion  armée  et  d’une  conquête  ‘  '  '  . . .  ' . 

G  est  ainsi  que  sous  un  climat  heureux  et  «m-  ,,,,  i  ,  •  , 

s’accroissent  encore  de  celles  que  fournit . .  la  vie  est  faciteTk  pZpérité 

choses  de  l'esprit  P  On  voit ^one  nue  '  I  ^  . . . 

les  plus  favorables  au  développement  Z  uZITiZ  IZ . T"'  Z  . . .  .  . . 

une  propension  naturelle  à  manifester  ses  dons.  ’  '  ’  ""  *'  '"'"I'1" 

1  ar  sa  situation  et  son  économie  0-éoo.ranhimioc 

Les  sites  remarquables  y  abondent  C’esH'  "  '  i  ■  ™  '“sl  r"'lie  0,1  l»<-aul.-s  nnlurellcs. 

faveurs  du  ciel  ,,,  v  la’  avec  la  P“'«wnto  vitalité.  . 

laveurs  du  ciel  que  1  univers  entier  lui 


pii  s  y  mon ( re,  Lune  des  deux 


1  uinvtjis  entier  lui  reconnaît  i  r.  * 

est  particulièrement  dévelonné  Toc  lu  •.  ,*  '  ’  a*>0n  ‘‘sl  11,1  arc^q>el  dont  h*  contour  côtier 

PP  L*S  d“ro"*.  '«  paomontoirs,  l«„  golf»  . .  j,  , 


à  chaque  pas.  Partout  s’offrent  aux  yeux  des  îlots  semés  çà  et  là.  Cet  ensemble  de  conditions  con¬ 
tribue  à  créer  des  sites  admirables  ;  si  bien  qu’on  peut  dire  que  le  Japon  réunit  au  suprême  degré 
toutes  les  beautés  du  paysage  insulaire.  D’autre  part,  le  Kouroshiwo  et  ses  branches,  ces  courants 
marins  chauds  et  Froids  Font  circuler  les  eaux  du  grand  Océan,  activent  également  leur  évaporation 
cl  se  rencontrent  entre  eux.  Les  vents  de  l’Ouest  et  du  Nord,  qui  viennent  du  continent,  déchirent 
les  vapeurs  de  la  mer  du  Japon,  tandis  que  ceux  de  l’Est  et  du  Sud,  qui  arrivent  de  l’humide  océan 
Indien,  se  heurtent  a  notre  haute  arête  montagneuse  centrale.  Tous  les  magnifiques  phénomènes 
qui  accompagnent  la  condensation  des  vapeurs  s  observent  donc  au  Japon  en  grand  nombre, 
brouillards,  bruines,  gelées  blanches,  pluies  des  quatre  saisons,  comment  pourrait-on  les  énumérer 
tous  ? 

La  Forte  proportion  de  vapeur  d’eau  que  contient  notre  atmosphère  donne  à  la  végétation  une 
couleur  puissant»».  C’est  cette  humidité  qui  délite  les  roches  et  les  pierres,  dont  les  effritements, 
culmines  par  les  pluies  d'été,  dénudent  les  escarpements  de  l’ossature  montagneuse,  les  rendent  plus 
sauvages,  et  font  plus  grandioses  encore  les  perspectives  que  la  nature  a  créées  chez  nous  de  toutes 
pièces. 

Tout  es  ccs  roches  ét  ant  d  une  constit  ution  dure,  donnent  de  la  solidité  au  sol,  laissent  filtrer 
des  ruisseaux  qui  vont  Fertiliser  la  terre  meuble.  Sur  ces  roches  désagrégées  par  les  eaux  courantes, 
débarrassées  des  éléments  su  perdus,  des  forêts  de  pins  se  groupent  dans  les  endroits  plans. 

Enfin,  les  [liions  d’origine  volcanique  sont  tous  des  montagnes  remarquables  de  notre 
pays.  Leurs  rochers  déchiquetés  et  tourmentés,  leurs  sommets  en  aiguille  arrondie  constituent 
une  beauté  caractéristique  d  d'un  aspect  imposant,  foutes  ces  montagnes  volcaniques,  par  suite 
du  climat  pluvieux  <*t  humide,  produisent  des  arbres  de  haute  futaie  et  des  fourrés  d’arbustes. 
Sur  nue  de  ces  montagnes,  on  a  observé  yo  familles  et  100  espèces  végétales;  souvent  la  grâce 
îles  arbres  \  est  rehaussée  par  les  lianes  folles  qui  les  entourent.  Les  cratères,  qui  autrefois 

vomissaient  du  feu  et  de  la  fumée,  sont  maintenant  remplis  par  des  lacs  aux  ondes  miroitantes, 

qui  se  déversent  par  des  ruisseaux  tantôt  apparaissant  et  tantôt  se  cachant  dans  les  gorges.  Ces 
lacs  et  ces  ruisseaux  présentent  ainsi  des  beautés  merveilleuses. 

Entre  tous,  le  I  ouji  vnma  est  le  jirototvpe  des  montagnes  de  l’Empire,  ce  que  la  conception 
des  dieux  et  le  travail  des  génies  a  Fait  de  mieux.  Il  est  universellement  admiré;  et  son  admirable 
silhouette  affermit  l'idée  de  la  puissance  divine  autant  qu’elle  entretient  1  amour  pour  une  patrie 
douée  de  telles  merveilles,  et  qu'elle  inspire  le  sentiment  poétique,  don  du  ciel.  Cette  montagne  a 
produit  nue  impression  ineffaçable  au  cœur  du  Japon  tout  entier. 

Notre  Me  principale  étant  resserrée  dans  des  limites  étroites,  les  chaînes  de  partage  des 

eaux  \  sont  très  nettes,  mais  ou  ne  découvre  ni  monts  très  hauts  ni  grands  fleuves.  Le  Fouji  yama 

lui-même  ne  dépasse  pas  3  y  >o  mètres.  Les  cours  d  eau  ont  les  caractères  des  gaves. 

Depuis  l'antiquité,  les  peintres  japonais  ont  représenté  des  paysages  de  rochers  étranges  et 
escarpés.  Ils  ont  été  frappés  par  les  sites  qu’ils  ont  vus  dans  notre  pays,  en  même  temps  qu’ils 
reproduisaient  des  formes  prises  aux  soies  peintes  de  Chine. 

l  ue  particularité  caractéristique  du  Japon,  c’est  qu’il  est  essentiellement  pittoresque.  La 
nature  présente  aux  peintres  une  foule  de  tableaux  tout  composés. 

Si  notre  peuple  est  généralement  cultivé  et  doué  d'un  profond  sentiment  du  beau,  ce  n’est 
donc  pas  sans  cause. 


4 


I  1 


Dons  naturels  des  Japonais.  —  Leur  goût  pour  les  J  rts. 

Environné  de  cette  beauté  naturelle,  placé  dans  des  conditions  favorables  d divine  et  de 
conservation  vitale,  élevé  dans  un  terroir  et  sous  un  climat  propices  au  développement  de  In  civilt 
le  peuple  qui  a  créé  la  culture  intellectuelle  et  fondé  l'art  au  Japon  s  appelle  la  I. .mille  4  amalo 

Le  caractère  de  cette  famille  est  différent  de  celui  .les  aulr.  s,  soit  par  hérédité,  -ut  pal  «ml. 
des  influences  de  terroir,  et  bien  qu’elle  se  soit  mélangée  avec  les  antres,  elle*  à  sa  «  te.  di  puis  plus 
de  deux  mille  ans,  une  dynastie  ininterrompue,  de  génération  en  génération.  Elle  est  abori-.  ne. 
et  aussi  loin  qu’on  remonte  dans  les  âges,  on  retrouve  cotte  race  ;mt njin*. 

Elle  fut  le  noyau  de  la  civilisation  do  l’Empire,  et  «-elle  rivilisnlinii  a  | •* —  d*  il.  -  i 

merveilleuses  de  littérature  et  d’art.  Pour  conduire  à  la  . . préhension  des  arts  .In  Japon,  je  \ .< i- 

examiner  quelques  points  du  caractère  qui  leur  est  particulier. 

i°  Les  Japonais  s’enorgueillissent  de  leur  loyalisme  envers  I  Empereur  *  >  «b*  Lui  n  1 
la  patrie.  En  effet,  notre  maison  impériale  est  la  descendance  du  fondateur  de  I  htnpin  \ussi  est  elle 
l’objet  d’une  vénération  sans  égale  et  d’un  dévouement  inaltérable.  I .<•  _■  i.e-  ! > •  r i . I  . t •  ; i r  .1. 

Empire  a  posé  les  bases  solides  et  durables  du  bonheur  du  peuph-.  \u-m  •  ^t  il.  } •  u r  .  .  n.  f  ■ 

adoré  et  vénéré;  et  sa  descendance  est  regardée  comme  la  première  famille  du  p.  upl<  j  e 
source  de  tous  bienfaits  et  de  tout  prestige.  L’est  là  la  cause  de  I  amour  d  »  •  luii*»,  -t.  ;  !  .  t  p.  fit 

pour  la  patrie  qu’autrefois  l'ancètre  divin  a  daigné  fonder,  et  que  >.■»  descendants  «uit  _  a\  m.  . 
jusqu’à  ce  jour,  grande  famille  de  l’Empereur  actuel. 

2°  L’amour  de  la  propreté  et  de  la  netteté  est  une  vertu  japonais.-  le  r-  dilair.  1  p.  ni.,i 
de  même  que  l'honnêteté,  la  moralité,  l'intégrité,  Ces  vertus  ont  dominé  les  impur-  d-  •  ( 

ont  imprimé  un  cachet  particulier  aux  usages,  à  l'étiquette,  au  vêlement,  à  la  noumtiir.  I  I,  j, 

tation.  En  tout  ce  qu’on  fait  les  Japonais  se  retrouve  l'idéal  de  propreté-  H  d-  pur.  t.  qui  -  t  I-  |.  .  - 

en  toutes  choses. 

3°  Les  Japonais,  tout  en  étant  aimables  et  comtois,  ne  manquent  ni  d  « •  1 1 e i  —  i .  m  d  hune  ur 
vaillante.  Jamais,  au  cours  de  l'histoire,  ils  n’ont  subi  l'injure  d'une  invasion  de  l'ennemi .  I  i  d.  me. m 
et  la  facilité  de  vie  que  leur  offre  la  nature  leur  ont  assuré  un  sort  prospère  d  heureux,  i  ,.s|  I.,. 
doute,  la  cause  qui  a  donné  à  leur  caractère  des  habitudes  avenantes  et  ««Tneien<o* 

Cependant,  notre  pays  est  appelé  le  pays  de  /\wcts/u/>ol’o  I rln tnrou ,  e  esl-à  dire  de  I  .  \p. 
rience  complète  des  armes.  Depuis  l’antiquité,  les  arts  militaires  \  sont  en  honneur.  |.  amabdilè-  et 
la  douceur  ne  sont  jamais  devenues  lâcheté  ni  mollesse.  De  même  l'énergie  eombat  I  iv«-  n'est  j;l,n..i~ 
devenue  grossièreté  ni  barbarie.  Cet  équilibre  des  qualités  tient  sons  doute  au  mutuel  roi.irepuid* 
que  se  sont  opposé  les  propensions  naturelles  des  habitants.  Nous  et  les  Chinois,  nous  appelons  le 
Japon  «  1  île  lortunée  née  des  flots  de  joie  »  ou  encore  «  le  pays  d’abondance  ».  C'est  que  la  nature 

humaine  y  est  aussi  heureusement  douée  .pie  le  sol  et  le  climat,  et  <*YS|  que  tout  \  est 
harmonieux. 

4°  La  méthode  d  observation  et  de  perception  des  Japonais  est  svntliéliqne.  Cola  doit  tenir 
pour  une  grande  partie  aux  habitudes  d’esprit  données  par  l’adoption  des  croyances  bouddhiste  H 
tadiste.  L  esprit  japonais,  ainsi  entraîné,  excelle  à  la  perception  complète  et  instantanée  des  idc 
Il  se  plaît  moins  à  l’analyse,  à  la  décomposition  minutieuse  des  idées  (t  des  faits  eu  éléinc 


t‘S. 

lits 


.) 


successivement  examinés.  L’esprit  synthétique  s’est  manifesté  brillamment  dans  la  littérature  et 
dans  l’art. 

V*  Dés  l’origine,  la  sensibilité  et  l’intelligence  des  Japonais  ont  été,  en  général,  très  aiguisées. 
Ils  ont  toujours  montré  un  très  profond  sentiment  des  beautés  de  la  nature.  Enthousiastes,  il  se  sont 
livrés  avec  ardeur  au  développement  de  leurs  dons  innés.  Aussi  leur  activité  intellectuelle,  toujours 
florissante,  a-t-elle  gardé  un  caractère  alerte  et  pénétrant. 

C>"  Liiez  les  Japonais,  l’imagination  est  fertile.  Des  qu’ils  ont  reçu  de  l’extérieur  une  notion, 
une  excitation  intellectuelle,  il  se  fait  chez  eux  un  travail  personnel  qui  transforme  cette  notion,  cette 
excitation,  la  transpose,  I  harmonise,  et  lui  imprime  un  caractère  intense  d’originalité.  La  fantaisie 
d  une  riche  imaginai  ion  s’allie  la  sûreté  de  la  raison  pour  modifier  les  conceptions.  Lar  l’esprit  japonais, 
toujours  en  travail,  ne  saurait  tomber  dans  la  stagnation  des  idées  reçues,  dans  l’immobilité 
archaïque,  «Lins  l'usage  paresseux  des  moules  démodés.  D’heureux  dons  naturels  l’incitent  à  pour¬ 
suivre  toujours  la  nouveauté.  De  tout  temps,  philosophie,  lettres,  beaux-arts,  industrie,  etc.,  ont 
reçu,  sous  le  travail  des  Japonais,  une  empreinte  caractéristique,  au  point  de  sembler  tout  à  fait 
différents  de  ce  qu  ils  sont  à  l’étranger. 

La  perception  et  le  goût  des  beautés  de  la  nature  sont  innés  chez  les  Japonais.  Un  beau 
paysage,  un  panorama  magnifique,  les  effets  du  matin  et  du  soir,  la  majesté  des  montagnes,  le  charme 
des  rivières  excitent  (  liez  eux  une  admiration  profonde,  qui  se  traduit  soit  par  la  poésie,  soit  par 
h>s  arts  plastiques.  Il  est  doue  tout  naturel  qu  ils  aient  acquis  une  grande  maîtrise  en  ces  arts. 

S"  Les  Japonais  sont  doués  d'une  extraordinaire  habileté  manuelle.  Aussi  dans  les  procédés 
de  fabrication  délicats  et  ingénieux,  tout  le  momie  leur  reconnaît  cette  faculté.  Ils  sont  aptes  à  acquérir 
aisément  des  tours  de  main  particuliers. 

Lu  dehors  (h*  tout  cela,  est-ce  leur  qualité  d’insulaires  qui  leur  assure  une  originalité  très 
marquée?  Est-ce  la  nature  volcanique  du  sol  qui  leur  communique  sa  flamme,  son  ardeur  et  la 
tendance  à  l'enthousiasme?  Toujours  est  il  que  les  Japonais  se  sont  faits  à  des  habitudes  d’esprit  tout 
à  fait  particulières,  nées  autant  de  leurs  dons  innés  que  du  milieu  où  ils  ont  évolué,  et  différentes 
évidemment  de  celles  des  autres  peuples. 

Le  goût  solide  et  sûr  des  Japonais  préfère  avant  tout  la  netteté,  la  pureté  et  le  simplicité.  Leur 
amour  de  la  pureté,  de  l’ingénuité,  qui  est  devenue  une  de  leurs  qualités  essentielles,  tient  proba¬ 
blement  i  l’impression  produite  par  la  nature  admirable  qui  les  environne.  Toute  souillure  leur  est 
en  horreur,  et  était  même  considérée  par  nos  ancêtres  comme  un  crime.  La  pureté  leur  semblait 
un  raffinement  nécessaire  à  la  beauté. 

De  tous  temps,  nos  artistes  ont  banni  de  leurs  sujets  tout  ce  qui  est  bas  et  impur.  Ils  ont 
manifesté  toujours  l'amour  de  la  simplicité  et  l’horreur  de  ce  qui  est  compliqué  ou  monotone.  Les 
peintres  ont  rejeté  les  couleurs  épaisses  et  crues  qui  sont  déplaisantes  à  l’œil  ;  ils  ont  évité  d’éveiller 
drs  sensations  violentes  ou  basses,  comme  de  montrer  des  décorations  compliquées.  Ils  fuient  tout  ce 
qui  peut  donner  des  émotions  violentes,  lis  aiment  dans  les  idées  et  les  formes  le  calme  et  la  douceur, 
ces  qualités  qu'ils  trouvent  dans  le  climat  natal.  Ils  ont  le  sens  de  la  distinction  et  du  pittoresque, 
qualités  que  possèdent  les  monts,  les  eaux  et  les  arbres  de  leur  pays.  A  considérer  les  catalogues  de 
leurs  peintures,  on  voit  qu'ils  préfèrent  à  l'immensité  de  l’océan  les  bords  retirés  des  clairs  ruisseaux, 
aux  pics  ardus  les  coteaux  verdoyants,  aux  grands  et  larges  fleuves  les  gaves  et  les  lagunes  bleues. 
Ils  recherchent  la  variété,  le  mouvement,  la  vie,  et  ne  négligent  pas  l’étrangeté.  Les  enseignements 
du  lîomhlhisme  et  du  Confucéisme  leur  ont  donné  le  goût  du  sublime.  Enfin,  dans  sa  conception  et  dans 
ses  formes,  l'art  japonais  est  plein  de  variété. 


—  G  — 


m 

Caractère  particulier  de  l  Art  japonais. 


L’art  japonais  s  est  développe  sous  1  influence  d  un  lernur,  d  un  milieu,  <1  un  p-  upl-  *  1  i 
civilisation  à  part.  En  même  temps  qu’il  était  pourvu  d'une  lendauc  n-mrale  dei.-nnm«  I  I  m.  1 

dès  son  origine,  il  lui  est  arrivé  d’acquérir  un  caractère  tout  particulier,  gràe.  ■  n  -  1 

venues  de  l’extérieur,  de  l’intérieur,  du  passé  et  du  présent  < >rt*-s,  chaque  l.i.m-  le  I  *  i  , 

école,  chaque  maître  a  ses  tendances  propres  ;  cependant  dans  son  mise  mille,  I  art  japonais  a  sa 
personnalité  bien  définie,  il  ne  sera  peut-être  pas  hors  de  propos,  avant  d  »  ■  1 1 1 1  •  •  i  <!  n  II 

proprement  dite  de  lart  japonais,  de  retracer  les  caracléristiques  de  <  t  il  J.  \  o  |.  i  ,  . 

succinctement. 

La  branche  de  l’art  japonais  qui  a  toujours  occupe  la  plus  liant-  >ituati<m.  qu  -  ‘  I  .  |  !  -  i,. 

tant  comme  qualité  que  comme  quantité,  qui  est  la  plus  digne  d  attentmii.  «  est  L  j . .  n,t  i  n  1 
peinture  japonaise  est  I  honneur  de  lart.  Sa  grandeur  et  sa  dec  idem  .ml  <u  un  ta¬ 
tous  les  autres  arts  ;  elle  a,  comme  la  littérature,  un  rapport  étroit  a  \  e  <  notr<-ei\  iIin.iI  nui  (  I!  j 

retlète  le  plus  vivement  le  sentiment  de  la  nation.  Ses  caractéristique?.  »ut  .  -ai  n  ai  .  a  1 
multiples.  Mais  les  principales  peuvent  être  énumérées;  c  est  la  t.é  lu-  qu--  j  <  •  ?  r .  ;  l  1. 

paragraphes  qui  suivent. 

I-  La  peinture  japonaise  a  le  caractère  d'une  esquisse.  Saisir  avec  un  trait  la 
choses,  tel  est  le  propre  du  dessin  japonais.  C  est  là  sa  principale  dillV-rmic.  ,»\.  -  I..  p.  ni  n  I  i  ,  |. 
européenne.  Dès  1  origine,  le  dessin  japonais  cherche  uniquement  la  ligne  C  est  i 

recherche  qu’on  le  considère  comme  dérivant  du  dessin  chinois.  Le  pim  .  ni  et  E.-m  r.  d.  (don-  . : 

tout  le  materiel  dont  il  a  besoin  pour  s’exprimer,  matériel  le  plus  commode  pour  d.  ^im  r  de*  h  ,,t 
Les  procèdes  de  dessin  se  perfectionnèrent  et  atteignirent  une  maîtrise  su]  l 
sont  admirablement  doués  pour  l’habileté  manuelle.  Comme  ils  sont  excellents  dan 
dextérité,  ils  sont  rapidement  devenus  experts  dans  le  maniement  du  pineeau  et  de  l’encre  I! 
donner  au  pinceau  la  légèreté  et  la  lourdeur,  la  vitesse  et  la  lenteur,  la  tenue  droite  et  I  in<  Un 
a  1  encre  1  épaisseur  OU  la  clarté.  Ils  peuvent  représenter  les  objets  grâce  à  la  force  ou  ô  la  délie 
c  es  traits,  a  leur  grosseur  ou  à  leur  ténuité.  Le  traitlui-mèmea  son  esprit.  ;  par  su  force  „„  mdd. 
par  sa  courbe  ou  sa  rigidité  il  prend  des  significations  différentes,  si  bien  qu’un  vocabulaire  spécial  sVst 
créé  pour  designer  les  espèces  diverses  de  traits.  Parmi  les  peintres  japonais,  ceux  qui  ont  atteint  I  » 
™  *»  *>  — » . »,  ...  Ri„  . . i,  . . . . 

r^r  . *■ . . . .  . . ”■■*** . - . . . . . LM . „ 

t  sr^r““' . . . . . * . . -  -  4 

p— "■  w  ïztjxt:  . r,*  ? . . . . . . - 

,  .  .  °U1-  A  cclu‘  ««gl'gence  du  clair-obscur  il  y  . . .  rn:solls 

pinceau  et  de  drelo,,|M;  l,,s  . *• . . «  * 

objets  sans  s’occuper  du  clair-obscur  ;  **  61 

p»  j;  p,s  *■*  -  — . -  -  — . « . . 


*SHt* 


lie  semldenl 


>"  Les  artistes  japonais  estiment  plutôt  le  dessin  idéaliste.  Le  dessin  réaliste  leur  paraît  un 
point  < I < *  dé-part.  Or  l<-  clair-obscur  cherche  à  rendre  l  imitation  directe  des  aspects  de  la  nature. 
Le  n'esl  donc  pas  sans  motif  s’il  n’a  pas  été  étudié  par  nos  artistes; 

V  Dès  l’origine,  on  a  aspiré  à  rendre  avant  tout  le  caractère  avec  intensité.  Aussi  nos 

peintres  ont-ils  dédaigné  de  tenter  la  reproduction  servile  des  aspects  de  la  nature. 

La  peinture  japonaise  ne  montre  pas  une  parfaite  compréhension  ni  une  observation 
rigoureuse  de  la  perspective  comme  dans  la  peinture  européenne.  Il  existe  à  cet  état  de 
choses  des  motifs  particuliers.  Dès  l’origine,  les  peintres  japonais  ont  donné  aux  divinités 
des  attitudes  immuables  et  leur  ont  attribué  des  places  déterminées  pour  toujours.  Ils 

reconnaissent,  à  ce  sujet,  ce  (pi  on  appelle  les  douze  fautes  à  éviter.  Les  traités  de  peinture 

chinoise  émettent,  sur  l'absence  de  perspective,  des  idées  que  les  peintres  japonais  ont  suivies, 
(lu  recherche  avant  tout  le  sentiment  décoratif  dans  la  composition.  Si  bon  constate,  de  temps 
en  temps,  dos  erreurs  dans  les  lois  de  l’éloignement  et  de  la  perspective,  ou  des  fautes  de 
proportion,  on  peut  croire  que  la  science  de  la  perspective  n’avait  pas  fait  de  progrès  et  que 
les  peintres,  eu  général,  ne  sont  pas  parvenus  à  posséder  pratiquement  ces  connaissances, 

delà  doit  tenir  aux  mémos  causes  qui  ont  influé  sur  les  peintres  occidentaux  de  la  période 
antérieure  à  la  I  lenaissance. 

La  couleur  des  peintres  japonais,  dans  les  peintures  bouddhiques  surtout  —  et  si  on  laisse  de 
eût é  certains  genres  de  peintures  décoratives  —  procède  ingénieusement  par  demi-teintes  harmo¬ 
nisées.  bile  est,  en  général,  légère  et  superficielle.  Aux  couches  épaisses,  de  couleurs  épaisses  et 
luisantes,  ou  préfère  le  coloris  léger,  sans  dépôt.  Gela  concorde  avec  les  goûts  du  peuple,  et  c’est  ce 
qui  convient  le  mieux  aux  peintres,  visant  à  l’élégance  et  à  la  franchise  de  la  touche.  Il  existe 
néammoins,  depuis  les  origines  jusqu'à  maintenant,  des  peintures  éclatantes  et  chargées  en  couleurs, 
(-1  considérées  pourtant  comme  belles.  Lest  que  ces  œuvres  ont  été  exécutées  sous  des  influences 
étrangères,  sans  avoir  subi  la  transformation  japonaise;  car  il  ne  faut  pas  croire  que  la  peinture 
japonaise  soit  uniforme  et  sans  variété. 

Dans  la  peinture  européenne,  l'artiste  doit  couvrir  toute  la  surface  de  la  toile  et  ne  doit  pas 
laisser  un  vide  d’un  pouce.  Le  peintre  japonais  veut  attirer  1  attention  sur  la  partie  où  s’est 
concentré  son  elîort  :  en  sorte  qu'il  ne  se  préoccupe  pas  de  laisser  vide,  ou  non,  quelque  espace  du 
tableau. 

Le  dessin  japonais,  en  dehors  de  la  conception  qui  1  inspire,  présente  plusieurs  caracté- 
rist  iqucs  : 

i"  Il  est  particulièrement,  fécond  en  inventions  décoratives.  Les  maîtres  japonais,  depuis 
l’antiquité,  influencés  par  des  idées  indiennes  et  chinoises,  se  sont  proposé  pour  but  une  idéalisation, 
cl  ont  toujours  cherché  à  exprimer  des  idées.  Cependant,  leur  conception  générale  n  offre  pas,  en 
Inde  ou  en  Chine,  un  caractère  très  fantastique  et  irréel.  Cela  doit  tenir  à  ce  que  nos  peintres,  en 
transformant  et  interprétant  les  beautés  de  la  nature,  se  sont  efforcés  de  les  rendre  sur  une  petite 
surface. 

•i°  Le  dessin  japonais  se  propose  une  interprétation  idéalisée.  Il  est  fidèle  à  ses  traditions 
plutôt  qu'à  la  reproduction  réaliste  des  objets.  Cependant  il  excelle  à  exprimer  avec  intensité  le 
caractère  synthétique,  le  calme,  la  grâce,  la  sérénité,  la  perfection  des  formes.  Il  poursuit  toujours  la 
réalisation  d’une  idée.  Ses  intentions  sont  profondes.  Plus  on  regarde  un  dessin  de  maître,  plus  on  y 
découvre  une  signification  puissante. 

3°  La  peinture  japonaise  préfère  le  beau  typique  au  beau  individuel.  C’est  moins  la  vie 
de  l’individu  qui  l’intéresse  que  la  vie  de  l’espèce.  Elle  est  éprise  d’un  beau  abstrait.  Cette 
tendance,  née  d’une  conception  haute  et  mystique,  s  accorde  bien  avec  les  idées  bouddhiques, 
qui  proposent  le  développement  social  plutôt  que  le  développement  individuel. 


8 


Mil  t 


(!<•  in  seul  ntiirc 


Sculpture.  —  Il  n  v  a  pas  lion  ‘1  insister  sur  les  <*a raol < •  ri > I 
japonaise  autant  que  sur  celles  de  la  peinture,  bar,  entre  notre  sculpture  et  r«dh-  «  I  »  *  I  <  ><  <  •  i  •  I  <  •  i ,  t . 
il  n’y  a  pas  de  différence  aussi  sensible  qu  entre  notre  peinture  et  la  sienne 

Dans  l’antiquité,  Fart  de  sculpter  des  Bouddhas  a  progresse  parall«  leiu»>iil  a\ec  I  i 
prospérité  de  la  loi  bouddhique.  On  a  vu  produire,  sans  discontinuer,  des  "lalies  d  ■  Dniiddli.i 
en  laque  dure,  en  terre,  en  bois,  en  bronze,  etc.  Il  en  existe  en  pierre,  mais  -  Iles  snnl  plus 
rares.  Des  chefs-d’œuvre  ont  meme  paru  en  grand  nombre;  mais,  à  partir  du  jim»\>ii  .»_■ 
l’art  a  dégénéré.  On  a  négligé  progressivement  les  autres  matières  pour  i  •\»,mr  .m  b<a^  >.  ulpi,  , 
et  la  production  revêtit  un  caractère  plus  industriel  qu'artistique. 

La  sculpture  de  la  haute  antiquité  s  est  appuvée  cntièremrnf  sur  h  L  •mhljiDm*-.  ,t 
sujets,  pour  la  plupart,  sont  empruntés  à  cette  foi.  Les  œuvres  bouddhiste*  rxpiiui' -ni  •  i  ! 
des  conceptions  d  un  haut  ésotérisme,  ou  des  symboles,  ou  des  modèles  d»  ne  dit.it  i»»n .  ■  >  i 
représentent  des  personnages  ayant  eu  une  existence  réelle  et  avant  hn  n  m-  rit-  d-  ■  •  *t t ■  i.  b_  .  . 
dont  on  veut  conserver  la  tradition  et  reconnaître  les  bienfaits. 

Il  subsiste  ainsi  beaucoup  d’œuvres  dont  le  caractère  est  su r n. •  I n i •  !  .t  -  , , 

L  habileté  de  facture  s  observe  aussi  sur  de  très  nombreuses  . mi\  r»-* 

Quand  on  arrive  à  l’époque  de  Kvvammoii  Tenno,  les  sectes  de  D-ndai  .  t  sj, :!1_  ,  j . r .  , 

un  essor  éclatant.  Les  modèles  de  statues  bouddhiques  sont  exécutes  <-n  n  ndu  «  i  -  i  f  , ;  J. 

ils  sonl  dus  surtout  a  la  prospérité  de  la  secte  Shingoii,  qui  faisait  faire  un.  i  j  -  ,j 
pour  exprimer  ses  canons.  Beaucoup  d  couvres  majestueuses  j»arurent  .d  a- 

Dépendant,  a  partir  de  cette  epoque,  les  variété-s  dans  la  matière  enqt|.»\a  ••  diunii u.  ut  p.  , 
à  peu,  et  l’on  sculpte  surtout  le  bois. 

A  l’époque  de  Foujïwara,  plutôt  que  de  s’inspirer  des  mo.IM.-s  transmis  ,,.,r  I  Ind.  .... 
aspire  à  produire  dans  le  goût  du  beau  japonais.  Les  artistes  pre . ni  vol. 

les  grands  personnages  leurs  contemporains,  de  sorte  que  leurs  .envres  .ml  . .  i. 

raffiné  et  très  beau. 

A  1  epoque  de  Kamakoura,  en  même  temps  qu'on  proci-.le  a  la  réfection  du  |).i,|.ouls..„ 

<e  Nara’  ouvra8’e  colossal,  on  voit  apparaître  les  ..-.ivres  fameuses  de  Ounkéi.  It  .uk-  i  H  . 

a  scuIPture  jette  alors  un  grand  éclat.  Ses  . . ptions  sont  belles  et 

ses  tendances  deviennent  réalistes 

Après  cette  époque,  la  sculpture  bouddhiq . lécline  pea  4  peu  La  dé< 

la  préoccupation  principale  de  la  sculpture,  et  les  artistes  imitent  exclus» 
du  temps  passe,  sans  chercher  à  rien  produire  de  nouveau. 

A  l’époque  de  Toyotomi,  la  sculpture  ue  s’emploie  plus  qu’à  la  décoration  et  ...  fur.- 
1  auxiliaire  de  l  architecture. 

A  l  epoque  de  Tokougawa,  elle  produit  les  O  kit 
une  production  presque  industrielle. 

peinture,  elle  a  montré  ^  ^  . do  ,a 

remarquables,  et  ne  manque  pas  du 'caractère  ,  t’  '  tFF'A  s,l’0,"|j,"‘ . . 

certaines  statues  bouddhiques,  on  trouve  à  ^statuaire  1  Sl  ’1" 

même  reclicrr-ltA  .]’;,iajx„ic  .  .  '  ,,m  r  ,ll,'lll,‘  '‘s|uil  q  1 1  a  la  peinture.  I .  t 

une  grande  habileté  d’exécution,  qui  se  manifeste  du 


Umono ,  les  Net  ot<  .  ol  tombe  dans 


les  laques,  les  bois,  les  terres,  etc. 

^*^aInMdKTo^u’ëîle^,'cm!>W«^Upot^a?T*,,'S,J  ***  I"***" 

Japonais  ont  commencé  a  travailler  outre'  "eT'  ’  i  no"s  ""seio,,,.  que  I 

’  tre  le  b01S’  la  l’ierre  et  la  hriqm.  à  U . . „ 


ans 


reculée.  Mais,  si  de  tout  temps  on  s’est  borné  h  réemployer  que  le  bois  pour  la  construction, 
o  es I  que  dans  noire  pays  le  bois  de  construction  abonde  ;  on  ne  parvenait  pas  à  l’épuiser, 
quelle  que  Int  la  quantité  que  l’on  en  coupât.  D’autre  part,  le  climat  étant  très  doux,  le  froid, 
le  cliaud,  le  venl  cl  la  pluie  n’étant  jamais  excessifs,  on  n’éprouvait  pas  le  besoin  de  se 
protéger  par  des  murailles  épaisses  et  solides.  Puis,  le  peuple,  aimant  avant  tout  la  propreté 
et  la  simplicité,  employait  volontiers  à  la  construction  le  kéyak,  le  matsou,  le  hinoki,  le 

soiighi,  dont  la  surface  polie  n’offre  que  des  nœuds  très  rares. 

•>."  Del  emploi  presque  exclusif  du  bois  permit  d’atteindre  une  habileté  surprenante  dans 
I  art  de  la  charpente.  Dans  l’architecture  universelle,  on  ne  trouve  rien  de  comparable  au 

style  dit  de  Majouça  plate-bande,  qui  peut  passer  partout  pour  admirable. 

>"  Des  parties  extérieures  sont  extrêmement  simples.  Elles  sont  quelquefois  colorées  ; 
mais  le  plus  souvent  celte  coloration  se  borne  à  une  couche  d’oxvde  de  fer  rouvre. 

j"  E  est  a  la  partie  intérieure  qu’est  réservée  la  décoration  la  plus  raffinée,  soit  qu’on 
applique  des  feuilles  d  or  sur  les  parois,  soit  qu’on  y  sème  de  la  poudre  d’or  ou  d  argent, 
soit  qu  on  \  lasse  d»*-,  peintures  artiste  [lies.  Les  parties  telles  que  les  colonnes  et  les  linteaux 
sont  laquées;  on  y  fait  des  dessins  laqués  ou  des  incrustations  de  nacre.  Les  frises  et  les 
vantaux  sont  sculptés.  Ou  prodigue  là  les  ressources  de  la  décoration  riche.  Dans  ces  conditions, 
sont  construits  les  palais  et  les  temples  bouddhiques.  Lorsque  l'architecture  se  trouve  en  face 
des  forêts  et  des  eau\  naturelles,  dans  un  site  agreste  et  pittoresque,  elle  cherche  à  mettre 
s«m  ouvrage  en  harmonie  avec  le  décor;  elle  emploie  les  bois  les  plus  faciles  à  obtenir, 
soughi,  matsou,  hinoki,  maca;  elle  construit  de  petites  maisons  quelle  ne  soumet  pas  à 
un  travail  ingénieux;  un  toit  de  chaume  sur  des  colonnes  de  bambou,  une  maison  très 
simple.  Oiiehpiefois,  au  contraire,  on  s'abandonne  aux  inventions  d’une  imagination  décorative 
extraordinaire.  Les  constructions  sont  dans  le  genre  des  pavillons  de  thé. 

V'  Les  st vies  se  divisent  en  plusieurs  catégories.  Les  temples  bouddhiques  sont  différents 
suivant  les  sectes,  visent  au  grandiose  ou  à  la  simplicité;  quelques-uns  s’inspirent  de  modèles 
etrangers  La  variété  e^l  assez  grande.  Mais  les  temples  qui  ont  conservé  un  aspect  de  simplicité 
et  ne  >imt  pas  surchargés  d'ornementation  relèvent  d’une  architecture  concordant  davantage  avec 
les  autres  branches  de  I  art  japonais; 

L  Les  plans  u  offrent  pas  une  échelle  vaste.  Les  palais,  lestemples  bouddhiques  et  shintoïstes, 
ainsi  que  h*->  châteaux  des  daïmvaus,  des  temps  féodaux,  présentent  assez  souvent  de  vastes 
constructions;  mais,  en  général,  h-s  constructions  ne  sont  pas  très  grandes. 

Pourquoi  l'architecture  japonaise  manque-t-elle  de  vastes  proportions?  On  peut  trouver  a 
cela  plusieurs  raisons  : 

i"  Les  peuples  insulaires  n’ont  guère  la  conception  du  vaste  ; 

•>"  I  nc  architecture  aux  proportions  vastes  correspondrait  mal  au  paysage  montagneux  dont 
les  horizons  sont  tranchés  : 

D  L'emploi  du  bois  limite  l  ampleur  des  dimensions; 

j"  Dans  la  liante  antiquité,  les  empereurs  ont  constamment  transporté  le  siège  de  la  capitale. 
Autre  cause:  lorsque  quelqu'un  mourait  de  maladie,  il  était  dans  les  règles  du  deuil  de  rebâtir  sa 
maison.  Autre  cause  eniin  :  les  kokhousi  changeaient  de  résidence  ollicielle,  chacun  suivant  son  goût. 
Des  lois  somptuaires  réglaient  la  construction  des  maisons,  établissaient  des  différences  entre  les  palais 
impériaux  (‘I  ceux  des  fonctionnaires  et  des  particuliers.  La  construction  de  maisons  et  yashikis 
hauts  et  grands  par  les  fonctionnaires  et  les  particuliers  était  considérée  comme  une  usurpation. 
Au  nioven  âge,  lors  de  l’organisation  féodale  militaire,  on  ne  s  est  plus  conlormé  aux  vieilles  règles 
,1e  construction:  les  Boushi  ont  visé  surtout  à  la  simplicité.  Sous  les  Tokougavva,  le  Shaugoun 
1  lié  mitsou  défendit  aux  daïmvaus  Fondai  d’outrepasser  leur  rang  dans  la  construction  de  leurs 


I  O 


châteaux.  C’est  alors  que  pour  la  première  fois  on  P-hns,.  des  . M*  -I-  . . r  «" . 

agriculteurs  ou  marchands.  L’architecture  fut  soum.se  a  des  reg  es.  ,  . 

'  C’est  dans  ces  faits  qu’il  faut  voir  les  raisons  pour  lesquelles  les  grandes  congrue  lurent 

en  désuétude.  Je  pense  aussi  que  le  -la, . par  une  faveur  céleste,  fut  toujours  assez  abonda, 

matériaux  artistiques  pour  occuper  une  place  de  la  plus  haute  unporlanee  dans  les  Beaux-  \r.s  de 

l’univers. 

En  cherchant  encore,  on  peut  trouver  d'autres  causes  à  la  petitesse  des  proportions  arc Inlce- 
turales.  La  fréquence  des  tremblements  de  terre  devait  inspirer  l’idée  de  bâtir  les  maisons  .le 
à  pouvoir  les  transporter  commodément. 

D’autre  part,  les  hommes,  s’asseyant  et  se  couchant  sur  le  plancher,  n’emploient  ni  -  liais.  s 
ni  tables. 

La  fréquence  des  tremblements  de  terre  et  les  habitudes  du  peuple  ont  du  < •■•rlain. -meut 
exercer  une  influence  sur  les  Beaux-Arts.  Cependant  on  peut  se  refuser  à  voir  lu  un  obst  i.  b*  fond 
mental  au  développement  de  la  grande  architecture  dans  notre  pa\s.  l  it  rllVt ,  noir*  , ->t  vT  uiiiqu, 
mais,  dans  le  Kinaï,  où  a  évolué  notre  architecture,  b*s  tremblements  de  tern  de  * •  *ul  t  mp 
été  rares,  et  jamais  il  n’est  arrivé  que  des  bâtiments  aient  été  démolis. 

Le  caractère  volcanique  du  sol  a  influé  plutôt  sur  le  choix  des  m.il. -riaux  .  •  '  •  •  ■>'  nie  d< 
raisons  qui  ont  fait  délaisser  la  pierre. 

Ainsi  que  nous  le  verrons  plus  tard  en  détail,  noire  architecture,  >  «  t.uil  •  1  •  •  \ •  '  q ■ ,  _  i  !  ..  ! 

lement,  n’est  pas  indemne  des  influences  extérieures,  bile  prend  ses  nu  mI*  h  d.ms  h  pm  \  »  i  - 1  n  - 
et  se  les  assimile. 

La  religion  bouddhique  a  eu  sur  elle  une  influenceconsid»' Table  I  •  ^1  I  .irn\-  .  «lu  I  »  1 

qui  lui  a  permis  d  obtenir  son  éclat.  Palais,  temples,  maisons,  tout  recul  1  mlluen,  .»  1  ( s , L 1 1 m . j i : . 

En  étudiant  l’évolution  de  l'architecture  japonaise,  on  peut  la  diviser  .ai  1  p.  in, A- 
La  première,  antérieure  à  l'importation  du  Bouddhisme,  peut  être  d>  mmum (  -  II-  J.  !  i.  I 
lecture  japonaise  propre. 

La  deuxième  va  de  l’importation  du  Bouddhisme  jusqu  aux  <!•  i  ni>  r>  •>  me  .  d  i  t .  i , ,  j  •  -  .! 
Foujiwara.  C’est  l’époque  de  l  imitation  directe  de  la  civilisation  des  S«»ui  et  d.  s  f  «b*  <  Ici  .  • 
du  développement  de  la  civilisation  japonaise. 

La  troisième  va  de  Kamakoura  aux  Tokougawa.  C’est  la  période  où  I  on  a  n  en  I  i n tl n.  n«  .  ,b 
la  civilisation  des  Soung  et  des  dynasties  suivantes  de  la  Chine,  et  la  période  eorre-.p.,nd.ml,-  d-  I 
civilisation  japonaise. 

Au  point  de  vue  religieux,  la  ire  période  est  celle  de  l'architecture  shintoïste  la  y  ,  ,  ||,  (,» 

secte  de  Zen  et  des  suivantes.  La  fusion  des  architectures  shinto  et  bouddhique  a  roniuirm  •  .Il 
terminée  pendant  les  2e  et  3e  périodes.  Telle  est,  en  résumé,  l’évolution  de  l'architccturc  japonaise, 
que  nous  étudierons  en  détail  dans  divers  chapitres,  époque  par  époque. 

Les  objets  fabriqués  par  l’art  industriel  et  les  objets  «l'art  du  Japon  jouissent  d  une  grande 

réputation.  Cela  doit  tenir  a  la  perfection  de  l'exécution  et  a  la  beauté  du  sentiment  dont  ils 

procèdent.  Mais,  tout  en  manifestant  leur  tournure  d’esprit  originale,  les  Japonais  ont  toujours  une 
prodigieuse  habileté  manuelle. 

Les  objets  d  art,  japonais,  tout  en  se  développant  parallèlement  avec  l'architecture  d  la  peinture 
ont  pris  une  importance  considérable  et  ont  fait  des  progrès  en  Imite  indép . . 

bl.ahilude  de  l’Occident  n’est  pas  de  donner,  parmi  les  Beaux-Arts,  la  première  place  à 

1  architecture.  C  est  une  des  raisons  pour  lesquelles  je  n’ai  pas  commencé  Lhisloire  des  Beaux- V, -N 
par  1  architecture. 


IV 


Histoire  abrégée  des  Beaux- Arts  japonais. 


Lrs  I t‘in lances  cl  les  procèdes  de  I  art  japonais,  depuis  les  origines  jusqu’aux  temps  modernes, 
semblenl  passer  j>ar  une  dizaine  de  phases  principales.  La  cause  première,  le  point  de  départ  des 
mouvements  nouveaux  a  presque  toujours  été  une  excitation  venue  du  dehors. 

Noire  pays  étant  un  archipel  isolé  dans  l’océan  Oriental,  et  pouvant  par  lui-même  subvenir 
a  ses  premiers  besoins,  tels  que  la  subsistance,  le  vêtement,  l’habitation,  etc.,  le  peuple,  s'il  n’avait 
‘‘le  stimule  par  des  idées  venues  du  dehors,  se  serait  habitué  à  l’indolence  et  aurait  coulé  des  jours 
satisfaits,  sans  tourner  son  esprit  vers  d  autres  pensées. 


Premiers  temps.  Dans  les  premiers  temps,  alors  que  les  relations  avec  la  Corée  et  la 
Chine  n  étaient  pas  encore  intimes,  les  Deaux-Arts  étaient  dans  une  enfance  complète.  C’est  à  peine 
si  I  on  couvrait  l«*s  vêtements  et  les  armes  de  dessins  où  s’entrelacaient  des  lignes  droites  ou  des 
courbes,  t  >n  ne  tendait  qu  a  rendre  plus  belle  la  forme  de  certains  objets,  sans  chercher  plus  loin. 

Il  semble  qu  il  n  \  avait  rien  à  cette  époque  qui  valut  d’être  considéré  comme  de  la  peinture 
ou  de  la  sculpture. 


Époque  de  Souiko  Tènnau.  —  A  partir  du  règne  de  Iviiumei  Tènnau  5  jo  de  1ère 
chrétienne,  la  Corée  prend  un  rôle  d  intermédiaire  et  transmet  les  arts  chinois  du  temps  des  six 
dynasties.  Avec  le  Douddhismr  et  le  Confueéisme,  la  peinture  et  la  sculpture  pénètrent  au  Japon  pour 
la  première  fois,  et  les  Beaux-Arts  trouvent  un  point  de  départ. 

Souiko  Tènnau  vers  )ip  ap.  J.-C.  protégea  le  Bouddhisme,  lit  élever  des  temples  et  des 
pagodes,  fabriquer  des  statues  bouddhiques  et  des  objets  de  culte;  de  sorte  que  l’architecture  et  la 
x  idpture  eommenceriMit  à  se  développer  et  à  présenter  des  formes  suflisantes.  Mais  un  grand  nombre 
d  n  u \  res  de  ce  temps  sont  «lues  au  travail  de  Coréens  naturalisés,  et  sont,  par  conséquent,  em¬ 
preintes  il  im  caractère  purement  coréen. 

Epoque  de  Ten-tchi  Tènnau.  —  A  partir  de  65o  ap.  J.-C.)  environ,  par  suite  de  réta¬ 
blissement  de  relations  directes  avec  la  Chine,  les  idées  et  les  arts  de  ce  pays  parvinrent  au  Japon.  On 
imita  alors  la  peinture  et  le  dessin  de  la  Chine  de  l'époque  des  six  dynasties  et  de  l’Inde  influencée  par 
lr>  Grecs.  Au  cours  de  cette  période,  l’art  manque  encore  de  délicatesse  en  beaucoup  de  cas.  Cependant 
on  arrive  a  produire  des  œuvres  grandioses. 

Époque  de  Shyaumou  Tènnau.  —  A  cette  époque,  qui  commence  en  720  (ap.  J.-C. g 
les  empereurs  successifs,  en  montant  sur  le  troue,  transformèrent  leurs  palais,  modifièrent  les  usages 
anciens.  Le  siège  de  la  capitale  fut  établi  à  N ara,  en  Yamato.  Le  palais  impérial,  les  demeures  des 
principaux  fonctionnaires,  les  temples  bouddhiques  y  furent  réunis.  N  ara  devint  le  sanctuaire  et  le 
centre  des  Beaux-Arts  et  des  lettres. 

A  cette  époque,  les  civilisations  du  Nord  et  du  Sud,  en  Chine,  s’allièrent  et  prirent  un 
développement  florissant.  La  cour  des  T’ang,  subjuguant  tous  les  royaumes  voisins,  rassembla  dans 
sa  capitale  tous  les  éléments  de  haute  culture.  Les  Beaux-Arts,  pour  la  conception  comme  pour 
l’exécution,  jetèrent  un  éclat  sans  précédent  et  sans  suite. 


12  — 


t  i  An  l.-iDoii  «i u i  avaient  passé  en  Uiiine 

Les  fonctionnaires,  les  étudiants  et  les  P"  ■  -i  n  r  i;  i  Fut 

se  pénétrèrent  à  l’envi  de  ses  arts,  et  en  rappoitn  1  ,  ,  , 

La  manière  Je  vivre  de  la  haute  société  changea  .lu  tou  au  oui  .  . 

i  i  Pii  '  \  lo  nroduction  des  obiets  il  art.  F»li\ million  I  01111.111 
devinrent  plus  riches.  Un  grand  élan  fut  donne  a  la  prodm  >n  i  J  . 

et  l’impératrice  Kwau  myau,  d  accord  a\ec  les  bonzi  s  4  '  .  i  i  i 

élevèrent  de  nombreux  temples  dans  la  capital*  N.  <  •  , 

Roshana.  Ils  bâtirent  dans  chaque  province  un  temple  désigné  sous  le  nom  de  Kokoo  ÏU . tji  . 

de  la  statuaire  lit  alors  des  progrès  notables,  L:,  sculpture  du  bois,  de  la  pierre  de  là  laque  dure, 

et  la  fonte  perfectionnèrent  leurs  procédés.  L’élégance  de  In  forme,  •«  eau 

décoratives,  dans  la  statuaire  d’alors,  s, ..  virent  longtemps  de  modèle  aux  générations  futures. 

Kouammou  Tènnau  780  ap.  J. -C.)  transféra  de  nouveaula  capitale  en  Yamashiro.  .  bAt.1  un 

palais  impérial  en  sélectionnant  ce  qu’il  v  avait  de  plus  beau  dans  le  si? le  des  I 

encore,  il  va  un  va-et-vient  continu  d  ambassadeurs  et  d’étudiants  entre  le  Japon  et  la  Lhini  U 

prêtre  Koukaï  Kan  bau  Daï  Shi. ,  étant  aile  en  Chine,  en  rapporta  la  doctri . ’vsoU 

Des  objets  d’art  de  toute  sorte  arrivèrent  alors  au  Japon.  A  partir  de  ce  moment,  les  B 
indigènes  prirent  un  grand  essor.  On  s  était  fatigue  des  moilc>  rl|||l,,|~'  '  I  1  !  ; 

au  goût  et  au  caractère  japonais,  et  Ion  arriva  a  produire  des  œuvres  d  un  2  oûl  p  11 

A  cette  époque,  le  transport  de  la  capitale  a  lliezau,  I  expedil  i«mcinit  1  I  -  ^ 1  '  ' 1 1  -  •  ^ 
des  deux  sectes  Tendaï  et  Shingon,  l’apparition  soudaine  de  la  liiter.it ni'*  * ‘ I " n 1  ’ ' '  ,  N’  d<  !  !  !■ 

Japonais  une  grande  poussée  intellectuelle  et  les  incitent  a  de  grands  travaux.  I  .•  »  I  11  '  ■  -  ■  >• 
et  les  arts  se  développent  vigoureusement. 

Époque  des  Foujiwara.  —  A  partir  de  N~o  ou  <SNo  de  I  ere  «  1 1  r •  1 1  •  * n  I 
Foujiwara  s’empara  du  pouvoir.  Cette  seule  famille  prend  le  monopole  «b*  la  ^pb-mb-m  \  • 
on  cesse  d’envoyer  des  ambassadeurs  en  Chine;  on  ferme  le  pays  aux  etrangers,  •  t  l-«  <  i\d  -  item  j  nd 
un  caractère  exclusivement  national. 

Les  Arts  aussi  s’inspirent  alors  d’un  esprit  proprement  .japonais,  •  I  p"iirsiii\'  ut  un  ni-  I 
d’élégance  et  de  beauté.  Un  stvle  apparaît  que  les  générations  suivante*,  p.m  n-ndi  •  !  1 

à  imiter. 

Mitchinaga,  de  la  famille  des  Foujiwara,  prodiguant  For,  lit  «  I  *  *  \  e  1  h>  |.  1 1 1 1  •  I  •  d>  Il  I 

commencer  par  la  statue  majestueuse  du  Bouddha  la  décoration  intérieure  du  Jeu  <>n  >.•  . . .  t, 

dans  sa  force  l’art  de  l’époque  et  son  admirable  idéal.  L’art  de  ce  temps  s'éloigne  du  1.  di-im  . 
cherche  la  grandeur  et  1  élégance  et  tend  à  la  beauté  mystique.  Aussi  n’»*>t*il  |m>*  .10  •  ^ibé 
au  vulgaire. 

O 

C  est  dans  cette  époque  des  foujiwara  qn  il  faut  chercher  I  essence  de  I  art  lapoimi^  I  |ii*.|«>ii  r 

des  Beaux-Arts  en  Orient  n  offre  pas  de  plus  belle  période.  L’art  des  rang,  avec  ses  riches  matériaux, 

ses  conceptions  et  ses  procédés,  se  mêle  intimement  au  sentiment  japonais  et  donne  mm  lin  raison 
merveilleuse. 

A  la  décadence  des  Foujiwara  DOoap.  J.-C.;,  les  Tal.ira  leur  succèdent.  La  . . h, .  ,|,.s 

Beaux-Arts  se  modifie  encore.  Elle  prend  le  style  des  Soung  de  China  à  hoirs  définis.  Klfi.  pmir-nil 

l’habileté.  La  peinture  recherche  la  délicatesse  de  dessin  et  de  coloris.  En  même  temps,  on  voit 

apparaître  un  nouvel  et  double  idéal.  La  famille  des  Tahira  aime  beaucoup  les  lettres  ;  ses  .meurs  s . 

luxueuses.  Elle  favorise  un  idéal  aimable  et  facile.  D’un  autre  cité,  une  réaction  se  produisit  . . 

la  tyrannie  des  Foujiwara,  qui  amena  la  prépondérance  dos  militaires.  De  là  naquirent  des  .euvres  dm, 
caractère  puissant  et  large. 

La  sculpture  des  Bouddhas,  «au  temps  des  Tahira  comnarée  \  pnli.»  ,i«  r  *  1 

i  0  1  «um«i,  comparée  «1  celle  de  I  époque  precedente 

plus  longue  de  proportions,  plus  libre  et  plus  vivante. 


L<‘s  («'livres  d(3  C(il le  période,  n  ayant  pas  encore  perdu  l'idéal  du  beau  japonais,  sont  d  une 
< | u a i il r  assez  élevée. 


Kamakoura.  -  La  vg  année  Boundji  de  Toba  1 1 86  ap.  J.-G.  ,  Yoritomo  ouvrit  la 
I"  1 1  ‘ ^ '  é  odalc  le  Bakonhm  a  Kamakoura.  Les  militaires,  ayant  en  mains  le  pouvoir,  firent  peu  à 
I"  11  l",>r|  ^Ml1  inlluence  sur  les  Beaux-Arts,  <  ji  i  i  tendirent  à  la  force,  à  la  vigueur,  au  réalisme.  En 
s«  nlplure,  relie  rpncjue  vil  refaire  le  Daïboutsou  de  Nara  <*f  apparaitre  les  œuvres  célèbres  de 
d  aul res  arl isles.  La  aussi  on  cherche  à  s’approcher  de  la  réalité,  et  on  arrive  à  obtenir 
une  rigoureuse  justesse  de  proportions. 

En  general,  a  celle  epoipie,  les  arls  montrent  un  idéal  de  forci?  et  de  magnificence  décorative. 
Le  sl\lr  des  peint ii ros  bomld hiques,  emprunté  aux  Soung  chinois,  pompeux  et  très  fort  en  couleurs, 
plus  en  plus  violent  quand  on  arrive  à  l’époque  des  deux  cours,  à  la  fin  de  Kamakoura. 
L'1^  s  t  ;  »  1 1 1  «  *s  bouddhiques  cherchent  à  acquérir  de  la  force  par  un  coloris  puissant. 

L‘*s  objets  d  arl,  vers  les  dernières  années,  deviennent  d’un  très  beau  travail. 


Epoque  des  Ashikaga.  Dans  la  première  partie,  on  ne  voit  pas  de  grande  différence 
avec  I  époque  precedente.  Mais  à  partir  de  i  ]  >  «  »  ap.  J.-G.  environ,  par  suite  des  troubles,  aucune 
grande  œuvre  n  apparaît.  L’extension  de  la  secte  Zen,  qui  modifie  la  haute  société  et  la  tient  courbée 
sous  la  loi,  exerce  une  influence  profonde  sur  les  arts.  Cette  secte  propage  l’esprit  contemplatif  et  le 
goût  de  la  retraite  el  de  la  solitude.  Elle  amène  dans  les  arts  une  simplicité  un  peu  fruste,  et  comme 
ascétique.  <  >n  aime  alors  \i‘<  dessins  sobres  à  Leurre  de  Chine,  dans  le  style  des  Soung  et  des  Youen. 
Hn  néglige  la  décoration  dans  les  objets. 

D’autre  pari,  le  Shaugoun  Yoshimaça  se  retire  à  I ligashiyama,  et  collectionne  avec  amour  un 
grand  nombre  de  pointures  et  «1  objets  précieux  de  Chine  et  de  tous  les  royaumes  du  Sud-Ouest.  On 
voit  alors  paraître  un  grand  nombre  de  connaisseurs,  et  tous  les  objets  réunis  par  eux  doivent  servir  de 
modèles  aux  artistes  futurs. 

En  ce  qui  concerne  l'art  particulier  du  temps  des  Ashikaga,  la  première  place  appartient  aux 
dessins  a  l'encre  de  Chine,  d'un  goût  idéaliste,  sortis  des  mains  des  prêtres  de  Zèn.  Les  paysages 
simples  .  I  sereins,  h-s  images  des  énergiques  fondateurs  montrent  l’art  très  haut  de  cette  époque. 


Époque  de  Toyotomi  Hidéyoshi  .  —  A  la  fin  des  Ashikaga,  le  Japon  étant  troublé, 
llidévoshi,  d'abord  simple  palefrenier,  parvint  vers  i58o  ,  à  balayer  les  perturbateurs  et  à  pacifier  le 
pavs.  Il  envahit  et  vainquit  la  Corée  et  porta  au  comble  la  puissance  à  cette  époque. 

Ce  fut  alors  une  renaissance  pour  les  arts  industriels  qui  périclitaient,  et  pour  les  Beaux-Arts. 
La  construction  du  palais  de  llidévoshi  et  de  son  château  de  Momoyama  stimula  l’architecture.  L'art 
décoratif  fil  à  cette  époque  de  très  grands  progrès,  depuis  la  décoration  architecturale  intérieure 
jusqu  aux  meubles  et  aux  vêtements  de  cérémonie.  On  ne  se  base  pas  sur  les  types  des  temps  précédents. 

I  ne  conception  indépendante  se  manifeste.  On  emprunte  à  l’étranger  ce  qu’il  offre  de  mieux  ;  de  sorte 
qu'on  voit  apparaître  des  formes  nouvelles,  d'un  caractère  souvent  étrange,  et  qui  déconcerte  les 

tenants  des  anciennes  formules. 

Le  style  de  la  peinture  même  penche  vers  la  décoration.  Celle  dont  l'habileté  des  maîtres 
comme  Yeilokou,  Sanrakou,  etc.,  a  orné  les  portes  à  coulisses  elles  écrans  à  Jurakou  et  à  Momo- 
yama,  accuse  cette  tendance. 

A  la  fin  de  la  période  précédente  était  né  le  cérémonial  du  thé.  A  l’époque  de  Toyotomi,  il  se 
codifie  ;  on  commence  à  construire  les  Salons  de  thé ,  discrets  et  élégants.  D’autre  part,  les  Soumiyé 
idéalistes  sont  extrêmement  appréciés. 


Époque  des  Tokougawa  —  Depuis  les  Tokougawa  i( . jusqu  h  1870  environ),  il  y  eut 

une  paix  interrompue  pendant  près  de  trois  siècles.  Aussi  les  arts,  -rare  à  la  . . . . lu  . . . 

et  au  luxe  de  la  nation,  sont  prospères. 

Dans  la  première  période,  c’est-à-dire  pendant  les  années  lwvan  éi  i  1  <*>  î  j  ,  les  n  iai  mus  avec 
les  nations  étrangères  furent  sévèrement  prohibées;  on  cessa  de  construire  de  grands  naures.  huit, 
influence  du  dehors  fut  alors  impossible,  et  la  civilisation  prit  un  caractère  exclusivement  national 

Dette  première  période  voil  se  développer  cette  élégance  «pii  caractérisé  le  temps  «h-  Nid.  \  •  -lu 
L architecture  fit  surgir  les  temples  de  Nikkau  et  le  cluUeau  de  Nidjo  par  exemj.le,  qui  ne. ni i .-i .-ut 
au  suprême  degré  la  sculpture  et  la  coloration  décorative. 

D’autre  part,  la  gracieuse  peinture  de  l'école  Oukivo  continue  h  obtenir  un  sm  •<  ■  -  d>  j.l  .  n 
plus  grand.  A  partir  de  1ère  Gliènrokon  jusque  vers  1ère  kyolm.  I  l.mpiiv  jouis-  ml  d  un  •  p.n\ 
profonde,  les  amateurs  se  montrèrent  de  toutes  parts  qui  recherchèrent  av« ■<  ardeur  l<  -  •  •  I •  j •  ts  d  .ni 
de  toutes  sortes;  et  les  artisans  rivalisèrent  d  habileté.  Le>  objets  décoratifs  .1.  un  i  l  I  I  j  i 
sont  alors  très  remarquables. 

A  partir  de  Mehva  et  Auvéi,  on  subit  l  intluence  des  objets  rapport. *s  d.  <  lue  .  (  I  II  di  I 
surtout  celle  des  dessins  de  l'école  chinoise  méridionale.  Les  ustensile-  d*  lie  -t  I  «■!.)  1  d 
bibliothèque  devinrent  de  plus  en  plus  en  faveur.  On  imita  leur  fabrication. 

A  partir  de  Tèn  mei  jusqu’en  Dounkwa,  les  lettres  japonaise- et  eliin. u -•••*  I  ■  i 
surprenants.  L’étude  des  antiquités  de  la  langue  japonaise  notamment  fut  p  ai->.  f.  .ad  t 
des  découvertes  remarquables  dont  quelques-unes  apportaient  aux  arts  <f  pi.  ■  •  i\  n  a  i 

Cependant  le  Bakoufou  des  Tokougawa  tombait.  Les  bàtinenl-  «I-  g u -  1 1 
succédaient  sans  interruption  à  l’entrée  de  nos  ports.  Il  devint  impossible  d  iiit.-rdi  r-  I  •  t 
les  étrangers.  On  était  parvenu  à  un  tournant  de  révolution.  Le-  Ib-aux- \rls  ne >nt i an  nt 
des  velleites  d  activité  et  de  force,  mais  leur  développement  se  ressentait  d*  I  .  l.il  .1  p 


L  empereur  régnant  monte  sur  le  troue,  reprend  le- rênes  du  lo nivei  ic  ne  ut  .1  d  i_n.  .  i 
la  grande  œuvre  de  la  restauration.  Son  zèle  encourage  à  la  fois  les  lettres  et  |.  s  .mie  S..n  «  -put 
p<  nctr  ant  choisit  tout  ce  qu  o firent,  de  bon  1  Lurope  et  I  Amérique.  Il  veut  bien,  i  dd  1 1  un  i 

constitutionnel.  Dès  lors,  les  phénomènes  sociaux  prennent,  mie  apparence  nouvelle.  Lu  ne-ne-  t.  n,p- 

les  Beaux-Arts  et  l’industrie  montrent  un  nouvel  idéal,  et  bientôt  il-  vont  porter  des  Ih.iais.  ,„s  et  ,1 
fruits  merveilleux. 


PREMIÈRE  PARTIE 


m:i’l  IS  LE  S  ORIGINES  JUSQU’AUX  ANNÉES  TÈMUYAU,  SHYAUMOU  TÈNNAU  (XLV) 


LIVRE  PREMIER 
Arts  primitifs. 


CHAPITRE  PREMIER 

Milieu  social. 


La  <  nii>i itul imi  il»*  I  Empire  japonais  a  pour  point  de  départ  un  fait  unique  dans  l’histoire  du 
monde .  <  ••  lait,  r  «  *  s  I  la  partie  absolue  de  la  race  japonaise  contrastant  avec  l’hétérogénéité  des 
p.  uples  df"  autres  pa\s.  \m>i,  le>  familles  souveraines  de  la  Chine  aussi  bien  (jue  celles  des  empires 
•  1  <  iccident  proviennent  toutes  du  mélange  de  familles  différentes.  De  sorte  qu’aucun  des  chefs  de 

9 

ces  l.tal-  n  **>l  au-dessus  du  peuple  en  vertu  de  sa  qualité  de  descendant  direct  d'une  lignée  unique, 
e|  que  res  prim  es  ont  dfi  chercher  ailleurs  les  bases  diverses  de  leur  souveraineté.  C  est  ainsi  que 
la  Chine  a  pris  pour  hase  la  vertu  d’un  seul  ;  que  lîome,  modèle  de  tous  les  empires  d  Occident,  avait 
choisi  la  sagesse  d’une  assemblée. 

Dans  notre  pavs,  il  n  on  a  pas  été  ainsi.  Certes,  la  descendance  directe  de  la  branche  de  la 
famille  principale  s’est  ramiliée  et  dilïérenciée  ;i  l’infini,  dans  le  peuple;  mais  dans  leur  ensemble, 
les  Japonais  n  en  constituent  pas  moins  essentiellement  une  seule  famille.  Avant  même  que  le  Fils  du 
ciel  ne  fut  descendu  ici-bas,  les  hommes  qui  étaient  installés  sur  le  sol  et  gouvernaient  le  pays  étaient 
de  même  origine  ancestrale.  Ils  n’avaient  pas  complètement  exterminé  les  tribus  des  lakérou  et  des 
Tsoiil ehigoumo  qu’ils  avaient  rencontrées  partout,  mais  ds  avaient  traité  (‘es  barbares  en  serls 
auxquels  ils  ne  reconnaissaient  pas  la  qualité  de  citoyen.  De  plus,  comme  la  position  géographique 
de  FFmpire  empêchait  naturellement  l’invasion  des  étrangers,  le  Japon  finit  par  former  une  nation 
sans  mélange  aucun  de  peuples  d’autres  races. 

\ i j i si  donc  notre  peuple  est  une  seule  grande  lamille.  C  est  une  lamille  compacte.  Notie  nation 
<*sl  la  seule  famille  qui  se  soit  développée  ainsi.  Et  son  tronc  et  sa  bianclie-meie  sont  la  lignée 

impériale,  descendance  directe  de  Tènshyau  Dai  jinn. 

La  famille  impériale  étant  le  tronc,  les  familles  du  peuple  sont  les  rameaux.  Il  en  résulte  (pie 


les  Japonais  doivent  actuellement  et  toujours,  d’q.rés  les  lois  de  In  famille  ■l"' '  Hr  ’  '  "j'1'"' j1''’"' '  '' 
et,  devenues  celles  de  la  nation,  regarder  l’Empereur  comme  leur  >ou\<  luin  *  «  I 

le  peuple,  Il  n’y  a  pas  de  famille  plus  «ligne  d’être  vénérée  que  celle  de  I  l-.mper.  ur. 

On  voit  qu’à  côté  des  autres  constitutions  «pii  donnent  la  «bgml«-  | . 

vertu,  ou  limitent  le  choix  du  souverain  par  un  arrangement  délibéraUf,  k . **« .  fl . . 

repose  sur  un  principe  absolument  difiérent. 

Le  peuple  qui  a  édifié  sur  cette  base  un  Empire,  dont  la  civilisation  s  «•*(  •  "fl . 

façon  la  plus  brillante,  est  purement  celui  qu  on  appelle  \amato,  uni  pm  la  . . . 

descendant  traditionnellement  d’un  même  royaume  céleste,  et  regardant  . .  ses  am  élr.  s  . .  b- 

dieux  existant  dans  cet  A  malsou  kou  ni. 

Ce  peuple  s’est  développé  de  bonne  heure,  car  à  luge  des  dieux  il  élail  d.-ju  ••iiln*  daim  la 
civilisation.  Il  reconnaissait  un  chef  suprême,  souverain  désigné  par  les  lois  de  la  famille  Regard 
comme  premier  devoir  d’honorer  les  dieux,  il  avait  des  cérémonies  ndigmu—  t*. pl ..| .1 —  •  > 
nombreuses.  Il  savait  travailler  le  bois, fondre  des  métaux,  forger,  tisser,  polir  l"'  I 

faire  de  la  poterie,  labourer  et  élever  les  vers  à  soie.  Il  connaissait  I  usage  •b*'»  \  •  1  ' ' 1 1 1  ‘ ‘ 1 1  ’  . 

de  dessous,  portait  du  linge  et  des  coiffures,  se  parait  de  colliers  de  perlas  et  de  pi**'  ‘  '  |"  ‘  "  ;1' 

Il  composait  enfin  des  chants  pour  exprimer  ces  émotions:  il  Hait  nmnm  ' •  ■  r-« ■  d  |(1"  ' 

musique  et  de  la  danse. 

Depuis  le  descendant  du  ciel,  llikoho  no  niniglii  no  mikolo,  venu  m  -I •  ' | ” 1,1  '|  1 
le  Daï  Nippon  en  don  de  Tènshyau  l)aï  jinn,  jusqu  au  pare  da  .limimm  lainim.  (,n_  t\  1  «I 
no  mikoto,  trois  générations  d  empereurs  firent  le  bonheur  des  peuple-*  poieLui'  «k 
pleines  de  gloire,  dans  l’ouest  du  Japon:  mais  la  resta  du  pays  n  était  pa>  encor.-  « i'di-<  I  mil 
impériale  n  avait  pas  pénétré  les  provinces  éloignées  :  las  bourgs  ataient  smiiiiis  .t  <!■  - 
les  villages  à  des  chefs;  mais  comme  chacun  fixait  ses  propres  limitas,  tous  ampi« -l.m  ut  a  !■  •  a 

On  n’avait  pas  encore  la  notion  d’un  empire  compact. .limmou  Tànnaii,  iimpiia  |«. n  -.n  _  m  -  , 

détendre  sa  mission  céleste.  Il  mit  donc  ses  troupes  an  moiivrmaiil  al,  m.intiuit  vor-  Il  '  i 

les  hordes  barbares,  établit  sa  capitale  à  Kasliiw abara  eu  Vimalo,  .•!  vit  tmit  la  |uv-  .■  -  p 

Il  choisit  alors  une  impératrice,  donna  l’investiture  au\  plus  méril.nits  d«  -i  -  -  i,  n - 
montra  plein  de  respect  pour  le  culte  et  établit  ainsi  sa  famille  pour  dix  mille  - . •  , •  i  .‘mi 

Le  grand  œuvre  de  la  fondation  d  un  empire  solide  accompli,  I  111II11<11<<  da  Nhk.nl. .  «  ■  1 , ,  !  «  : 

graduellement  au  loin.  Les  empereurs  qui  succédèrent  au  fondateur  « I •  -  I  Lmpiiv  m  1,.  _l,_  t  :  , 
les  Kami  s  célestes  et  terrestres,  et,  au  dedans,  nous  le>  vovons  maintenir  l<  p<  ii|<l<  <  n  j  • . .  1  \  !  «  1 

construire  des  bateaux,  encourager  l’agriculture,  creuser  des  bassins  et  da-.  canaux,  . mœl 1 mi  <  . I . 
routes,  défricher  les  campagnes;  au  dehors,  ils  châtient  las  tribus  insoumi>es  al  pi<ii--<  ni  fi  n- 
conquêtes  à  l’orient  et  à  l’occident. 

1  arallélement  au  développement  de  la  société,  le  ranouvellament  sa  com|tliqiic  On  «  ■  L  »  ^  >•  <  ■  l.i 
population  pour  répartir  les  taxes,  un  prince  du  sang  est  nomma  au  commandamenf  du  l'n/nmh  .11/ 
■circuit  des  montagnes  de  1  Est  ;  on  crée  des  premiers  ministres  de  la  gauelia  H  da  la  drnila  olionmi, 
oliotnouraji  ,  011  met  des  miyatsouko  à  la  tête  des  provinces  et  «las  districts,  <m  établit  «b-  main-. 
(maghi) ,  on  partage  le  pays  en  provinces  et  districts  en  prenant  comme  frontières  le-  montagnes  H  las 
rivières,  ou  les  chemins  pour  les  petites  circonscriptions.  Enfin,  sous  le  règne  de  Sou  jinn  le  V  de  la 
dynaslie  des  Tènnau  ,  en  l’an  5;j  de  l’èro  japonaise  87  avant  J.-C.  ,  des  étrangers,  «ni  e-raml  nombre, 

reconnaissent  la  suprématie  du  Japon.  Le  Mimana  S.-O.  <l.«  la  Corée  actuelle  . . Mee  offrir  un 

tribut.  C'est  là  le  début  du  retentissement  au  Japon  des  agitations  de  la  terre  «],-s  Trois  Kim.  I  J 

SI  au  nord,  les  Llneou,  a  I  ouest,  les  Koumaço,  se  montrent  également  inconstants  dans  la  révolte  011 

la  soumission,  derrière  les  premiers  on  sent  l’appui  des  gens  du  Siragbi.  Les  préoecupalions  de  . tes 

sortes  que  ces  affames  créent  à  la  nation  activent  de  plus  en  plus  le  mouvement  des  intelli., -onces. 


I  7 

j 


L’histoire  nous  apprend  donc!  que  nos  relations  avec  I  <3S  Trois  K  an  c’est-à-dire  les  royaumes 
d‘*  Shiraglii,  Konia  et  koudara,  qui  sc  partageaient  alors  la  presqu’île  coréenne)  furent  les 
premières  que  nous  ayons  eues  avec  Têt, ranger.  Originairement,  il  y  avait  trois  Kàn  :  le  Bakàn,  le 
S 1 1  i  1 1 1 1 1<  n  1 1  H  le  Bènkàii,  el  le  Shiraglii,  le  Ko  ma  et  le  Koudara  étaient  primitivement  des  divisions 
de  ces  Irois  Kàn  :  plus  tard,  chacun  absorba  tour  à  tour  les  provinces  voisines,  et  une  fois  devenus 
grands  el  loris,  ils  prirent  le  nom  de  Trois  Kàn. 

F 

la*  Shiraglii,  qui  s’étendait  le  long  de  la  mer  du  Sud-Lst  par  rapport  à  la  Corée  ,  était  1  Ltatle 
plus  voisin  du  .Japon.  Or,  dans  l’extrême  antiquité,  Souçanowo  no  mikoto  frère  cadet  de  fènshau 
Daijinn  (‘tait  allé  là  avec  son  (ils  Idakérou  no  kami;  du  temps  de  l’Ohokouninoushi  no  kami,  un 
prince  royal  de  Shiraglii,  Ama  no  liîhoko,  s’élait  naturalisé  et  fixé  à  Tajima  ;  le  frère  aîné  de  Jimmou 
lènnau,  Inahino  mikoto,  avait  passe'  la  mer  et  était  devenu  roi  de  Shiraglii  ;  enfin  l’histoire  nous 
apprend  encore  qu'un  certain  llauko,  personnage  célèbre  de  ce  royaume,  était  un  Japonais 
émii'Té. 

O 

Lu  I  an  h  avant  Jésus-Christ,  sous  le  règne  de  Souïninn  lènnau,  on  voit  le  grand  royaume 
île  Ixara  au  Sud  de  Shiraglii  ,  qui  déjà  offrait  le  tribut,  envoyer  un  ambassadeur  à  la  capitale 
pour  faire  \  isile  au  mikado.  L  Empereur,  regrettant  que  cet  envoyé  ne  fût  pas  venu  assez  tôt  pour 
voir  son  prédécesseur  Alimaki,  daigna,  pour  rappeler  cette  circonstance,  changer  en  Mimana  le 
nom  du  pays  tributaire.  Lutin  lorsque  l'ambassadeur  prit  congé  pour  retourner  dans  son  pays, 
h*  lènnau  lui  donna  cent  pièces  de  soie  rouge  pour  les  offrir  à  son  roi.  Les  gens  du  Shiraglii 
attaquèrent  I  ambassadeur  en  route  et  le  volèrent.  Ce  fut  là,  dit-on,  l’origine  de  l’inimitié  entre  les 
deux  pavs. 

Plus  tard,  Mimana  et  Shiraglii  se  disputèrent  le  territoire  des  Trois  llamom  Xord-Est  du 

F 

Mimana  .  Le  premier  de  ces  deux  Liais,  n  arrivant  pas  à  résoudre  le  différend  par  ses  propres  armes, 
euvo\a  au  Japon  un  ambassadeur  demander  un  général  pour  ramener  l’ordre  dans  le  pays.  Souïninn 
lènnau  liai  conseil  el  daigna  leur  donner  Shiwotaritsou  hiko  avec  mission  de  rétablir  la  paix.  Telle 
fui  la  Ionie  première  occasion  de  l'installation  d'un  résident  japonais  en  Mimana. 

Sous  le>  règnes  de  Soujinn  et  de  Souïninn,  la  dépendance  du  Mimana  devint  de  plus  en 
plus  élroilc.  Ou  doit  penser  que  non  seulement  il  apportait  des  nouvelles  des  Kàn,  de  la  Chine,  etc., 
mai>  encore  qu  il  dut  offrir  des  objets  d’art  et  autres  produits  de  ces  pays.  Or,  à  cette  époque,  Shiraglii 
Hait  b*  plus  florissant  des  trois  Kàn.  Il  opprimait  ses  voisins  et  passait  même  sur  les  cotes  de 
tsoukoushi,  qui  nous  appartenait,  pour  y  exciter  les  Koumaço  et  autres  tribus  et  les  encourager 
à  la  révolte.  Le  Japon,  en  ce  temps,  n’avait  pas  de  relations  qu’avec  les  Trois  Kàn.  Les  rapports  étaient 
Fréquents  entre  la  Chine  et  plusieurs  de  nos  mivatsouko  du  Tsoukoushi.  Le  fait  est  nettement  démontré 
par  la  réception  de  quelques-uns  d’entre  eux  à  la  cour  de  l’empereur  Kwang  \\  ou  des  llan  orientaux 
a  )->8ap..l.-C.  ,  auquel  ils  le  présentent  comme  envoyés  du  royaume  des  Mido,  et  par  le  don  qui  leur 
esl  lait  d  un  sceau  d  office  avec  ses  rubans. 

Or,  le  milieu  du  règne  de  Souïninn  Tènnau  coïncide  avec  la  disparition  en  Chine  des 
premiers  llan  et  l’élévation  au  troue  des  seconds  llan.  Le  progrès  politique  et  social  qui  suivit 
cette  révolution  entraîna,  plus  ou  moins,  les  Trois  Kàn,  et  il  dut  arriver  que  les  Koumaço  de 
notre  cote  occidentale,  ainsi  que  les  Agatanoushi  et  autres  qui  avaient  d’abord  noué  des 

r 

relations  avec  ces  Etais,  voyant  la  Chine  redevenue  un  grand  empire,  vaste  et  florissant,  plein 
(h*  ressources  et  de  culture,  recherchèrent  sous  main  son  investiture  et  resserrèrent  leurs  liens 
avec  elle. 

L  impératrice  Jinngou  avait  bientôt  compris  que  les  gens  du  Shiraglii  étaient  derrière 
les  Koumaço.  Pour  dompter  ceux-ci  et  extirper  dans  la  racine  leurs  révoltes,  elle  prépara  une 
expédition  navale,  et,  faisant  un  puissant  effort,  marcha  droit  contre  le  Shiraglii.  Le  roi  de 
Shiraglii  demanda  à  capituler,  offrit  quatre-vingts  bateaux  chargés  d’or,  d’argent,  de  couleurs, 


j  8  — 


de  soies  damassées  et  broehées,  ,1e  soieries  légères,  et  . . .  en  outre  . rd . .  de 

quatre-vingts  bateaux.  Le  Koma  et  le  Koudara,  qui  avais . bserve  I-,  - - - 1 - 

vinrent  aussi  faire  leur  soumission.  Les  Trois  Kàn  devinrent  latérale . ni  une  Pr . 

japonaise.  Ainsi,  dans  cette  campagne,  les  Koumaço  avaient  été  .1 . ptés,  le»  Trois  Kàn  - 

et  la  majesté  de  l’Empire  proclamée  au  delà  des  mors. 

Ce  ne  fut  pas  tout:  les  lettres,  les  arts,  leurs  instruments  et  leurs,  produits  I" 
au  Japon  les  uns  à  la  suite  des  autres,  et  toutes  ces  innovation»  -  ''"'-ni  de  I'"  ~  1 

mœurs  et  les  goûts  du  peuple  changent,  la  civilisation  se  développe,  I  Ku . le  I  E"»p 

éclate  et  brille  plus  que  jamais. 

Mais  avant  d’entrer  en  relations  avec  les  Trois  Kàn,  le  Japon  avait  d**ja  pusse  pai  un 
premier  degré  de  civilisation  parfaitement  original.  Tous  les  ails,  a  commencer  pur  b*  v  t'  iin  iit, 
le  vivre  et  l’habitation,  le  chant,  la  danse,  la  musique  et  toutes  les  induMries,  étaient  «b  |u 
parvenus  à  un  développement  relativement  remarquable. 

En  effet,  pour  le  vêtement  on  avait  la  toile,  la  ><>ie  et  I  miçnumouo  :  on  lubnqu.iit  d*  - 
tissus  avec  1  écorce  du  chanvre,  du  kadji,  du  kouzou.  ilu  kaudzou.  < .< » 1 1 1 m i •  *  ci»ub*ui,  •  •  1 1  •  -imi  •  . 
surtout  le  blanc  de  neige.  Le  rouge,  le  bleu,  l’orangé,  etc.,  venaient  apr*s:  "ii  a\.nt  »u->i  D 
noir.  On  teignait,  paraît-il,  les  étoffes  avec  le  suc  de  cerlmnes  pluiitrs  eu  .i\ 
colorées  dont  on  frottait  les  tissus.  Il  va  sans  dire  que  le  eo>hime  •  1 1 H •  *i  ut  ! 

des  personnes. 

Depuis  les  temps  préhistoriques,  on  faisait  cuire  les  ;ilimenl>,  <»n  iiunihMii  !  • 
de  céréales  et  de  légumes,  de  la  chair  des  oiseaux  ou  des  animaux,  de  pei^.ui*  •  l  « I -  ne  n 

coquillages.  Le  kouroki  saké  doux,  le  shiroki  saké*  blanc,  le  \asbim>mi  .il . I  d.-  Ii.n'-  ■! 

étaient  les  boissons  communes.  L  art  de  la  cuisine  était  également  a\aie ■. 

Depuis  .1  immou  Tènnau,  tous  les  souverains  avaient  regardé*  l  agi  u  ull  ni  -  ,  n m 

nourrice  des  peuples  de  l’Empire  et  s’étaient  efforcés  de  l’cneoui  ager,  de  suite  «  |  u  ■  I  b  u.ix.iu 
cessé  de  progresser.  Les  maisons  étaient  généralement  en  bois.  Leur  «  •  >ii i  n«  t  i<  >u  é,  i  ,  * 

développée  et  nous  verrons  plus  loin  qu’elle  était  assujettie  a  certaines  r,  gb-  siiix.mt  I  !  * 
des  personnes.  L’art  militaire  avait  surtout  fait  de  grands  progrès.  Dis  |.»  |,hi>  huit,  .u,ii,|in! 
on  avait  l’arc,  la  flèche,  l’épée  généralement  droite  et.  à  deux  tranchants,  le  >abre  a  un  -.  ni 
tranchant  (katana),  long  ou  court,  et  la  lance.  On  se  servait  de  fourreaux,  .b-  l  arqimis,  du 
tomo  (petit  bouclier  rond  que  les  archers  se  passaient  au  poignet  ,  de  pavois 

Au  temps  de  Souïninn  Tènnau,  nous  voyous  offrir  à  tous  les  temples  d. -  ares,  d.- 
flèches  et  des  sabres.  D’autre  part,  cet  empereur  donne  des  taténouïbè  fabricant^  de  pavois 
et  des  youghébé  fabricants  d’arcs)  au  prince  impérial  Inisliiki,  .1  .-.  lui-,  i  ordonne  un  fo.  eeroi. 
Iwakami  de  déposer  nulle  sabres  dans  le  jinngon  d’Içonokami.  Ce  sont  lu  des  oimiei-  .pu 

l’Empereur  donne  au  prince:  bè  signifie  compagnie.  Ces  feits  prouvent  qu’en  ce  temps  le»  arts 
sont  florissants  et  occupent  de  nombreux  ouvriers. 

Passons  à  la  céramique.  Nous  en  entendons  parler  pour  la  première  fois  à  propo.  d’un 

décret  de  l’empereur  Souïninn,  abolissant  la  pratique  du  />«,„/,/.  Ce . . .  eonsislait  à 

tuer  les  serviteurs  sur  la  tombe  de  leur  maître  afin  qu’ils  fusse,,!  à  su  disposition  dans  l’autre 

monde.  Comme  conséquence  de  cette  interdiction,  un  certain  No, ni  no  souk . .  . .  à 

cent  hommes  du  hashibé  (corporation  des  potiers  de  la  nmvi„(in  ni  ,  ,  ,  , 

figures  d  hommes  et  de  chevaux  pour  les  planter  sur  le  tombeau  de  l'impératrice.  Pour  ...... 

e  nombre  des  ouvriers  céramistes  d’une  seule  province  s’élevât  à  ce  chiffre,  il  . . ..  ils 

ussent  déjà  très  nombreux.  Gomme  poteries  de  cette  épooue  imn<  rlv  i  •  /  •/  * 

i  >  .  i  1*1  1  poque,  nous  avons  les  uvafubc  sortes 

.VaSeS;’  ,  'SOHOS  d°  PlatS'’  ‘I"'011  retil'e  aujourd’hui  des  anciennes  . .  IVautre 

paît,  on  se  servait  beaucoup  de  pierres  brillantes  pour  l’ornementation  des  coiffures;  on  en  faisait 


T9 


des  colliers,  «  1  <‘s  bracelets,  Ces  sortes  de  parures,  ainsi  que  les  sabres  et  les  miroirs,  ont  été  très 
recherchées  des  Japonais  depuis  la  haute  antiquité;  il  nous  reste  encore  à  présent,  comme 
reliques  de  ces  époques  anciennes,  quantité  de  nia  g  ata  nia,  de  kondatama ,  etc... 

Comme  moyens  de  transport,  on  avait  des  bateaux  et  des  voitures.  Comme  instruments 
de  musique,  la  (Iule  et  le  koto.  Le  kagonra  était  le  genre  de  musique  le  plus  estimé.  Il  y 
avait  encore  In  danse  de  haija.hito ,  le  kousoii  ou  la ,  le  k ou  nié  onia ,  le  kis/iimaï,  le  y  a  ma  to  mai ,  etc. 
Dans  les  festins,  on  jouait  d’instruments  à  cordes  et  on  chantait;  aux  funérailles,  on  exécutait 
des  cliants  et  des  danses.  Il  semble  que  les  outa ,  naga  ou  ta. ,  tàn  la ,  le  norito ,  le  sèmmyau,  etc. , 
étaient  les  genres  les  plus  spécialement  développés. 

A  cette  époque,  il  n  y  avait  pas  d  écriture  d’un  usage  général.  Les  paroles  de  ces  chants 
se  sont  transmises  à  nous  de  bouche  en  bouche.  On  prend  plaisir  encore  à  les  entendre,  tant 
pour  l’intérêt  du  fond  que  pour  celui  de  la  forme.  Tel  était  l’état  de  la  civilisation  japonaise 
avant  nos  ridai  ions  avec  les  Trois  Kàn. 

Cependant  la  culture  coréenne,  et,  par  elle,  la  culture  chinoise  pénètrent  au  Japon.  La 
Y'  année  de  kimméi  Tènnau  5j>  ap.  J.-C.  ,  le  roi  de  Koudara,  Séiméi  (Syèng  myèng,  523-55  j  , 
ollre  en  tribut  des  choses  précieuses  de  Lounàm.  Comme  Founàm  est  une  île  de  la  mer  des  Indes, 
on  ne  saurait  douter  que,  dès  cette  époque,  des  objets  de  1  Inde  propre  aient  pénétré  au  Japon,  mais 
on  ne  sait  pas  exactement  quels  étaient  ces  objets  précieux.  De  plus,  de  tous  les  pavs  arrivent, 
appelés  par  I  Lmpereur  ou  offerts  en  tribut,  des  menuisiers,  des  forgerons,  des  couturières,  des 
peintres,  des  tisseuses,  des  potiers,  des  constructeurs  de  temples,  des  faiseurs  d’images  du  Bouddha 
ices  images  se  faisaient  en  bois,  en  bronze  et  en  broderie  ,  —  des  musiciens,  des  faiseurs  de 
pinacles  de  pagode,  des  tuiliers,  <b-s  médecins,  des  docteurs  ès  cinq  livres  canoniques  Shi  king, 
'ii  king,  Shou-king,  Teh’oun  Isiéou  ,  etc.  Tous  ces  artisans  ou  professeurs  étaient  accueillis  avec 
faveur  par  b*  mikado  et,  sous  sa  chaleureuse  protection,  chacun  développait  son  art,  excitait  le  zèle 
des  ouvriers  de  sa  corporation.  Tous  enfin,  et  les  étrangers  déjà  naturalisés  comme  les  autres, 
consacrèrent,  leurs  forces  à  transplanter  la  civilisation  continentale.  Les  progrès  redoublèrent 
en  tout. 

Lu  elfet,  le  plan  drs  habitations  s’améliore  peu  à  peu,  on  bâtit  même  dévastés  demeures  et 
de  liants  pa\ liions.  \  partir  de  Kimméi  Tènnau  WIV'  de  la  dvnastie,  5jo-)ji  ,  on  couvre  même 
dfs  temples  bouddhiques  en  tuiles.  Le  jardin  du  palais  de  l’impératrice,  femme  de  1  Empereur 
Innglivuu  XI  V  de  la  dvnastie,  /ii2-jV$  était  cité  comme  un  modèle  d’architecture  du  genre.  Ces 
faits  prouvent  les  progrès  accomplis.  Cependant  deux  grands  faits  historiques  devaient  entre  tous 
etfectuer  une  profonde  transformation  dans  Laine  des  Japonais,  exercer  surtout  des  effets  caracté¬ 
ristiques,  lutter  la  marche  de  la  civilisation  et  représenter  toutes  choses  à  la  société  sous  de  nouveaux 
aspects  :  le  Confucéisme  et  le  Bouddhisme  venaient  de  passer  la  mer.  Le  confucéisme  fut  introduit 
au  Japon  sous  Ojinn  Tènnau  \\v  de  la  dvnastie,  aoi-3u  .  La  i(B  année  de  son  règne  a8  5  , 
un  certain  Muni,  de  koudara,  offrit  les  io  volumes  du  Longo  et  le  Tsen  jimon.  Les  faits  his- 
loriques  ipii  apparaissent  comme  résultant  directement  de  cette  introduction  sont  les  suivants  : 
r  la  demande  de  plus  en  plus  répétée  do  savants  et  de  livres  en  guise  de  tribut;  envois  qui 
concourent  largement  à  élargir  notre  civilisation;  2°  l'adoption  des  caractères  chinois  purs  dans 
l’enregistrement  des  chroniques,  ce  qui  conduit  à  les  employer  universellement  avec  une  profonde 
vénérât  ion. 

Dans  la  liante  antiquité,  de  bonne  heure,  on  avait  bien  au  Japon  des  caractères  servant  à 
représenter  les  choses  et  pouvant  être  employés  pour  les  enregistrer,  mais  leur  usage  était  restreint 
à  une  maison  ou  à  une  famille,  tout  au  plus  s’étendait-il  à  un  village  ou  à  un  bourg.  Ce  n’étaient  donc 
pas  encore  des  caractères  adoptés  par  tout  le  monde.  Du  reste,  ce  que  le  confucéisme  enseigne, 
le  respect  des  esprits,  le  culte  des  ancêtres,  la  fidélité  au  prince,  la  pitié  liliale,  toutes  ces 


idées  directrices,  sans  être  rédigées  on  maximes,  non  existaient  |«.s  moins  depuis  la  plus 

liante  antiquité  au  fond  du  cerveau  de  nos  peuples,  et  leur  inlliienco  sur  les  senti . ils  el  les 

mœurs  ne  s'était  jamais  relâchée.  Cependant,  ce  n'est  qu’à  partir  .le  la  pleine  expansi . lu 

bouddhisme  que  les  doctrines  confucéennes  propres  acquirent  une  force  considérable  dan-  notre 
monde  intellectuel. 

Le  bouddhisme  fit  sa  première  apparition  il  \  a  i  >  |«>  et  quelques  années,  I  on  i  «  de 
Kimméi  Tènnau  (55a),  lorsque  le  roi  Syèng  nivèng  de  koudara  niïril  un  Bouddha  de  bmn /•  don 
ainsi  que  des  soutras,  des  bannières  et  des  dais.  I ou t  d  abord  abandonne  .1  bn-uieine  p.  œl,.ni 
02  ans,  il  ne  prospéra  guère,  mais  à  partir  de  la  1  >°  année  de  BidaKou  lèuuaii  \\\  d-  I 
dynastie,  572-385),  il  se  répandit  beaucoup  et  transforma  presque  complètement  !  1  »...  u  !•  l-m! 
entière. 

Ln  résumé,  pendant  les  qoo  et  quelques  années  qui  se  sont  écouler»  <b  pni»  q  i  in . 

Tènnau  s’est  proclamé  empereur  jusqu’à  la  régence  de  1  impératrice  .limig<»u.  <••»!-.  lu  I  œ.,, 
avant  Jésus-Christ  à  201  de  1ère  chrétienne,  le  gouvernement  est  purement  japon. u»,  I  i  l  u  v  ! 
de  la  politique  avec  la  religion  est  parfaite,  la  société,  à  tou»  le»  poiuU  de  vin  <•»!  j  u  .-t 
alliage. 

De  cette  dernière  époque  à  Soushvoun  Tènnau  YWII'  de  lu  d\na»tif.  ss  |,  * 

environ  020  ans,  les  Trois  Ivan  sont  devenus  nos  feudataiivs.  Pur  suit.*,  le»  1 . •  I . ( 1 1 . >  1 1  -»  .  I  . •  v l 

exercent  une  grande  influence  sur  le  gouvernement  intérieur,  le  houddliisim  t  I-  .  ni  1 
passent  la  mer,  la  médecine,  la  connaissance  des  temps,  l'astronomie,  h<  ,  nb  ni  I  !n  ’  1  ,  • 

apparaissent  et  se  développent,  les  mœurs  et  les  goûts  changent  s.-imibb  im  ni  |  . •  \  j  .  1 . .  1  ,1 
bouddhisme  active  particulièrement  les  progrès  des  Beaux-Art»  et  de»  art»  indu»!  1  n  i» 

Mais  comme  cette  œuvre  civilisatrice  est  en  grande  partie  attribuable  au\  étrun-.  r»  et  . 
leurs  descendants,  on  ne  peut  pas  encore  dire  quelle  soil  tnnl  à  fait  comphle.  •■■•p.-nilanl  on  | ..  ,,t 
déjà  observer  là  en  germe  la  civilisation  qui  doit  lleurir  plus  de  mille  ;,n-  après 


CHAPITRE  II 


Evolution  et  caractère  des  Beaux-Arts  à  cette  époque. 


Beudant  cette  | »r<*in période,  la  civilisation  élaborée  dans  notre  il»*,  dans  ce  .Japon  occupé 
par  une  lainillc  sans  mélange,  est  une  œuvre  absolument  nationale.  La  forci'  de  nos  armes  suffit  à 
ranger  sous  notre  domination  les  barbares  rie  race  diiïérente  et  le  royaume  de  Corée;  par  suite  de 
I  avancement  de  l'agriculture,  du  tissage,  de  la  sériciculture,  le  vêtement  et  l’alimentation  ne  sont 
déjà  plus  grossiers.  Les  progrès  «le  l'architecture,  de  l’art  naval,  de  la  métallurgie,  de  la  forge,  de 
la  céramique,  des  arts  du  laqueur  et  du  lapidaire  prouvent  que  les  choses  de  première  nécessité 
sont  déjà  assurées. 

Les  hommes  de  ce  temps  étant  parvenus  à  ce  degré  de  civilisation,  le  goût  des  Beaux-Arts 
devait  être  assez  développé  chez  eux;  les  vêtements  et  les  divers  ustensiles  étaient  décorés, 
on  recherchait  la  beauté*  dans  la  construction  des  habitations.  I  ne  fois  parvenu  à  ce  point,  la 
Heur  de  I  art  ne  pouvait  tarder  à  s  ouvrir.  Bien  plus,  notre  pavsage  abondant  en  sites  splendides, 
uns  montagnes  et  nos  eaux,  par  leurs  beautés  naturelles,  émeuvent  le  cœur  de  l’homme.  La  variété 
îles  saisons,  les  Heurs  du  printemps,  la  lune  d'automne,  tout  cela  ne  fournissait-il  pas  naturellement 
un  excellent  fond  d  inspirai  ions  art  ist  iques.  Depuis  ce  temps,  quinze  cents  ans  se  sont  écoulés,  les 
étoiles,  les  objets  de  bois  sont  tombés  en  poussière,  les  objets  de  métal  sont  presque  tous  rongés 
par  la  rouille;  mais  dans  le  Kinaï  et  dans  toutes  les  provinces  qui  l'entourent,  à  l’Est  et  à  l’Ouest, 
des  milliers  de  tombes  sont  encore  là,  gardant  au  fond  de  leurs  sarcophages  de  pierre  les  objets 
faits  de  la  main  des  hommes  de  ce  temps.  De  ces  anciens  tumuli,  les  uns  ont  été  détruits  par  les 
éléments,  \r<  autres  ont  été  violés  par  mégarde  dans  cet  âge  de  chemins  de  fer.  Aussi  les  trouvailles 
d’objets  décoratifs  ne  sont-elles  pas  rares. 

l’n  interrogeant  ces  objets,  on  voit  que  l  arl  japonais  primitif,  venant  de  traverser  justement 
I  âge  du  bronze,  forgeait  alors  le  fer,  et  en  fabriquait  des  sabres,  des  cuirasses  et  des  casques 
sur  lesquels  on  plaquait  de  l’or  et  ou  gravait  des  ornements  courants.  D'autre  part,  pour  la  fabri¬ 
cation  des  poteries,  on  se  servait  du  tour  et  on  obtenait  des  formes  régulières.  Enfin,  vers  les 
dernières  années  de  cette  période,  on  savait  fabriquer  des  verres  blancs  et  verts,  etc.  Les  vases  dits 
iwahibé,  les  armures  et  les  pièces  de  harnachement  surtout,  sont  d’une  beauté  de  forme  très 
remarquable,  et  montrent  que  les  art  isans  étudiaient  avec  soin  jusqu’aux  moindres  détails. 

Si  maintenant  nous  considérons  l’ornementation  de  tous  ces  objets,  nous  voyons  que  les 
Japonais,  naturellement  amateurs  de  la  sobriété  et  de  l’élégance,  ne  compliquent  pas  les  motifs  et 
n'emploient  pas  la  couleur  indifféremment,  de  sorte  que  parmi  tous  ces  décors  relativement 
simples,  il  n  y  en  a  pas  beaucoup  d’intéressants. 

En  général,  ce  que  nos  ancêtres  estimaient  et  aimaient  le  plus,  c'était  les  choses  d  une  nature 
pure,  à  la  fois  claires  et  jolies,  ou  douces  et  brillantes,  par  exemple  les  miroirs,  les  armes  ou  les 
étoffes  et  les  soies.  Il  reste  dans  l’histoire  des  traces  de  l'estime  dans  laquelle,  à  toutes  les  générations, 
on  tenait  toutes  ces  choses,  et  d’autre  part,  même  aujourd'hui,  on  les  offre  souvent  aux  dieux  dans 
les  cérémonies  religieuses.  On  peut  donc  déjà  se  faire  une  idée  générale  du  goût  de  nos  ancêtres. 

Nous  allons  maintenant  aborder  successivement  l'histoire  particulière  de  la  peinture,  de  la 
sculpture,  de  l’architecture,  etc. 


_  22  — 


CHAPITRE)  III 

Peinture. 


Avant  de  décrire  le  développement  de  la  peinture  japonaise,  il  est  indispensable  de  foin 
connaître,  au  moins  en  quelques  mots,  les  tendances  naturelles  que  les  fopow»»  apportent  d 

En  général»  les  Japonais  manquent  de  force  analytique  et,  sans  espnt  méthodique  i  oi 

peu  de  dispositions  pour  les  sciences.  Par  contre,  ils  sont  comparative . .  très  d<  du  <  I. 

synthèse,  et  au  point  de  vue  des  beaux-arts,  par  exemple,  il-  mil  su  trouver  dans  tout,-  h-  •  In¬ 
de  l’univers  une  matière  infinie,  et  en  tirer  une  conception  générale  q  *r  a  permis  merveilleu¬ 
sement  de  réaliser  une  beauté  idéale  et  originale.  Ce  caractère  ressemble,  en  somme,  à  «-laid.  sCl.iim 
mais  c’est  surtout  chez  les  Japonais  qu’on  peut  voir  ces  tendances  à  leur  ap  1 

peintres  n’ont  jamais  aimé  rendre  exactement  la  réalité.  Il  n'est  pas  rare  de  le*  von  _i.  .  .  I 
clair-obscur  et  la  perspective,  ou  ne  pas  tenir  compte  de  1  ouverture  de  I  an- h-  \\^\>  ! 

Cependant,  dans  l’ornement  et  dans  le  dessin  décoratif,  les  .lapon. ns  ont  .iit.-mt  on  * I * *\  •  !•  •; 
pement  extrordinaire  :  la  variété  abonde  dans  les  motifs,  et  pourtant  <  •*  courant  d  un  •  .  i 

dante  ne  se  perd  pas  dans  l’étrange  ou  l’horrible.  Le  soleil,  la  lune,  h  —  inmg»  —  i  l'ion  i  1  ! 

monts  et  les  eaux,  les  animaux  et  les  oiseaux,  les  rochers,  iU  sont  parvnus  a  -  vit  air-  ■!••  t  H  !  ■ 
forme  essentielle  et  à  la  fixer  sur  une  surface;  par  l’emploi  ingénieux  du  d — -m  on  1 

ils  saisissent  des  parallèles  ou  font  naître  des  contrastes  et  distinguent  I.  pi  un  ipal  «!•■  I  > 

ou  bien  cachant  le  thème  de  l  idée,  ils  le  suggèrent  vaguement  au  moyen  d-  ,pn  Kpn  ■  j 

rapporte  d’une  façon  détournée  :  soit  qu’ils  expriment  l’adieu  des  Heurs  i  la  u-  d  um  un  j  odm.  ;  o 
une  fin  de  printemps,  en  jetant  quelques  pétales  flottant  au  vent,  m-  >,  j»ai an!  on  q.p' 
papillons  qui  dansent  et  jouent,  l’artiste  montrant  ainsi  l’accord  complet  d*—  Im-m--  i1  j 
soit  que,  empruntant  ingénieusement  le  sens  d’une  poésie,  il"  eomparent  I a  | «<  ■  > i •  1 1  •  I 
aux  nuages  et  aux  brumes  et  la  répandent  sur  toute  la  surface  ;  puis  daim  I-  -  mt-  i  vall.  -  ,  iC  I  t 
apparaître,  sous  des  formes  très  fidèles,  des  monts,  des  plaines,  des  nv<—  d>  mn-  aux  d*  -  m.n  ■ 
ombragées,  des  personnages.  C’est  ainsi  qu  ils  se  plaisent  à  toutes  sorte-  def.iulamn  -  m_.  n  •  •  e 

idéalistes.  Aussi  est-il  dillicile  de  séparer  nettement  la  peinture  japonaise  «|<  la  de.  .nation  .  u  .  ||. 
revêt  souvent  dans  ses  œuvres  un  caractère  absolument  ornemental. 

Dans  les  temps  modernes,  et  sous  1  inlluence  de  la  civilisation  occidentale.  Imite  la  nal  .  n  •  pu 
acquérir  le  sens  scientifique  et  d  un  autre  coté,  j>ar  suite  de  I  ;qqiarilion  reeenle  de  la  |»emtui<  a 
1  huile,  les  traditions  artistiques  se  modifient  et  peuvent  sulnrde  juolonds  chaiigmmmts,  mam  pmqu  n  ; 
la  peinture  japonaise  na  jamais  puise  ses  idées  exclusivement  dans  le  réalisme.  Car  ".i  <  om  .  j*lion 
gem  raie,  elle  tend  surtout  a  exprimer  un  beau  idéal  plutôt  qu  a  eojuer  les  tonnes  reelles,  et  elleoveelh 
<i  créei  des  dessins  stv lises  ou  des  motifs  décoratifs.  Aussi  les  arts  de  cette  première  période  qui  umh 
révèlent  l’idéal  japonais  pur  et  libre  de  toute  inlluence  extérieure,  tout  en  étant  . . .  encore 

dans  1  enfance,  et  dans  la  peinture  par  exemple,  avant  même  d  être  arrivée  à  prendre  forme,  montrent 
ils  d’eux-mêmes  cette  tendance  caractéristique  nationale,  et  nous  donnent-ils,  plutôt  que  des  copies 
d’objets  réels,  le  plus  souvent  des  décors  ingénieux 

Ce  que  notre  ancien  art  a  peint  avec  le  tàn-a  ou  d’aulres  couleurs  sur  les  étoffes,  le  l.ois,  les 
poteries  ou  les  pierres,  aussi  bien  que  ce  qu’il  a  gravé  au  couteau  ou  à  lébauelmir  dans  le  mêlai,  le 

bois,  la  pierre  ou  la  terre,  est  compris  ici  sous  la  désignation  . . mine  de  pointure,  et  nous 

le  considérons  comme  relevant  d’un  seul  et  même  art. 

r 

Etoffes,  bois,  tout  cela  est  maintenant  pourri  et  décomposé  ;  d’autre  part,  les  couleurs  so  sont 


I;i  plu  pari  du  temps  écaillées  ou  efïacées  sous  le  frottement,  do  sorte  qu’il  no  nous  a  été  conserve  (pie 
de  très  rares  luominuuils.  Lest  pour  cette  raison  que  les  œuvres  qui  pourraient  témoigner  des 
l>eau\-Arls  de  I  antiquité  manquent  surtout  en  peinture.  Quoi  qu’il  en  soit,  nous  allons  décrire  ici  les 
rares  exemples  subsistants. 


MONUMENTS 


Ce  sarcophage  est  décoré  en  vermillon  de  doubles  et  triples  cercles  concentriques,  de  triples 
triangles  et  d  ornements  ;  les  uns,  rappelant  la  forme  d’un  bouton  de  warabi  ptcris  aquilina  ,  les 


I  iir.  i.  —  (htxiMivrs  sut  UN  sa  it  co  pua  (a-:  pi:  pic  tut  i-:. 

r> 

lit  no  nk.i,  |)i<  '  Wak.iiniya  (arrondissement  de  lkonha,  province  de  Tchikougo*. 


autres  ressemblant  au  caractère  idéographique  i  cle,  navires).  Ces  ornements  sont  en  rangs  ou 
en  semis  irréguliers.  Leur  dimension  moyenne  varie  de  i  pied,  5  à  6  pouces  à  a  pieds.  Ils  sont 
points  à  la  brosse  plate;  les  cercles,  laits  entièrement  au  compas,  sont  parfaitement  réguliers. 


Ornementation  également  en  rouge,  composée  d’une  vingtaine  de  motifs  semblables  formant  plu¬ 
sieurs  rano's.  Ces  ornements,  d’une  hauteur  d’environ  i  pied,  représentent  les  soldats  portant  les  flèches. 


a I 


U<r,n'«  gravées  tlaiiK  la  «"Ml*-  la  -urfor**  »*i 


•  Sarcophage  de  pierre.  Id«'*ra  mo,,rrt  Ka,m  ,llv 

peinte  en  rouge. 

•  *  ,i1>c  <t <»lnpttos  de  terre,  des  in* *1  ifs  du  même 

En  dehors  de  ces  exemples,  on  trouve  peints,  sur  des  statuetl  , 

retire  ;  sur  les  poteries  on  volt  aussi  plusieurs  vanetes  de  motifs  grav.  •  1 

•■I  On  trouvera  d’autres  motifs,  bien  plus  délicats,  au  chapitre  des  -/  «•,. 


CHAPITRE  l\ 


Sculpture. 


Grâce  à  la  solidité  de  la  matière,  les  sculptures  de  la  Imute  antiquité  mais  ont  •  -té  - 

relativement  en  plus  grand  nombre  que  les  peintures.  Naturellement,  o-s  n*pr.-.nt,ti,.„.  m  s**,«l  *|u. 
d’une  variété  relative,  les  arts  n’étant  pas  alors  très  développas  Lft  forme  de 
animaux  est  loin  d'être  parfaite;  d’autre  part,  aucun  monument  ne  n»m*  n"">ti'’  •  •  '  n  1  -  1 
tout  à  fait  du  réel,  et,  comme  l’art  égyptien,  créant  des  êtres  lant.^tiqm  - 

Il  semble  que  la  pierre  ait  été  la  matière  le  plus  souvent  •*inpl«  »\  ••• r  I  *  •  "  1 1  >  •  p"1  ■  1 . 

aussi  les  tumuli  d’une  sorte  de  balustrade  ou  lianiwa  *‘ii  terre  cuit*  1  M  *1'  1 

une  série  de  piliers  percés  il  un  tmii  Imii/onl  !  p  i  <  p. 
traverse  les  reliant  les  uns  aux  mitre*  et  humant  un  •  *reh 
continu  autour  de  la  tombe.  Dans  ces  lianiwa,  *»n  plant.nl  un 
certain  nombre  de  ligures  d'hommes,  de  quadrupède  s  i  l  d  ni*« *.»«•  \ 
en  guise  de  piliers,  (les  sortes  de  terme*  “«•ut  *  inune  "<>u*  b 
nom  de  tatémono  de  lianiwa.  Dieu  *jiie  t»>ii*  suit  nt  »n  t •  rr« •  «  1 1 i t •  . 
au  point  de  vue  de  l’art,  c’est  proprement  *b*  lu  sculpture.  .  t  nmi. 
avons  sans  doute  là  en  g*erine  la  stnlumre  d»*  bm*,  *b  t  «  ■  r  *  •  «  i  ! 
bronze  qui  s’est  développée  aux  âges  suivant"  «•  <  -1  p. >urqu< »i  m  i 
en  parlons  dans  re  chapitre.  Nous  donnons  ci-des-.iiis  •  in«  I  qu- •* 
exemples  des  sculptures  qui  nous  mit  ♦ -I»  nmsi •  i  \  é - 

MONUMENTS 

Dette  statue  était  primitivement  à  Iwatovuma,  Nagmmm 
moi  ira  Kamijsouma,  lehikougo.  Sous  I  e  1 1 1  pe  r»  •  1 1  r  Kéitui  Dimaii, 
<dle  fut  mise  avec  d  autres  n  la  tombe  faite  pour  b*  kminilsouho 

de  Tchikoushi  Iwaréi  qui  s'était  révolté  rt  fut  ,  bâtir;  rette  . . lie 

avait  tti  faite  du  vivant  du  rebelle.  Les  reste*  de  celle  tombe  se 
trouvent  donc  à  Iwatoyama;  on  y  voyait  autrefois  soixante  «le 
e  s  homim  s  de  pierre  avec  des  pavois  de  pierre,  il  y  avait  en 

outre  quatre  sangliers  et  trois  chevaux  ;  c'était,  disait-on.  la 
garde  de  la  tombe. 

Un  dehors  de  ees  statues,  on  voit  encore  à  Iwatoyama 
quatre  troncs  de  statues  de  soldats  en  pierre,  très  mutilées  et 
incomplètes;  leur  hauteur  moyenne  est  ,1’environ  j  pieds.  Aulnnl 

On  merenit  dns  t  I  ,  f  °n  ju£0I>  ^‘s  solilats  oui  des  llèclies  et  des  subies. 

Jn  apeiçoit  des  tiaces  do  coloration  en  roium  1  •.  sl-itm.  I  ,  .  ,  .  . 

une  des  plus  complètes.  . .  "IUSI'"  ""I"'1'1111  '“«t  comparative . ni 


J  Ig.  5. 


—  Personnage  de  pi i: it n i: 
Musée  impérial  . 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  I. 


1 


Q 


o 


Fig.  i  a  6. 

FIGURES  D’HOMMES  EN  TERRE 

Trouvées  dans  un  ancien  tombeau  du  IIIe  au  Ier  siècle  av.  J.-C. 


6 


Fig.  8. 


OISEAU  DE  HANIWA 


Fig.  7. 

CHEVAL  DE  HANIWA 


Statu;  ni  meure.  Itchidjyau  moura  (Kamijsouma,  Tchikougo).  Doit  aussi  provenir  de  la  tombe  d’Iwaréi. 
Ilauleur  :  5  pieds. 

Bien  (  1 1 1  o  cette  statue  soit  aujourd’hui  extrêmement  mutilée,  si  l’on  s’en  rapporte  à  un  dessin  fait 
il  y  a  )o  ans,  elle  semble  porter  une  armure.  La  facture  paraît  beaucoup  plus  soignée  que  celles  des 
statues  d  Iwatoyama;  sous  les  bras,  traces  de  coloration  ronge.  En  dehors  de  ces  statues,  il  existe 
actuellement  dans  le  château  ruiné  de  Foiikoushima  et  dans  h*  temple  Shyaufoukouji  de  la  même 
localité,  quatre  statues  de  chevaux  provenant  des  reliques  d’Iwaréi;  elles  sont  sans  tête  ni  jambes; 
les  armes  portent  des  traces  d'une  ornementation  sculptée.  La  hauteur  connue  est  de  2  pieds  2  pouces 
à  2  pieds  >  pouces;  la  largeur  est  d’un  peu  plus  de  ‘3  pieds.  D’autre  part,  on  a  découvert  à  llirata 
moura  Takaïlchi,  Yamato,  quatre  pierres  sculptées,  aujourd’hui  déposées  dans  l’enceinte  de  la  tombe 
de  la  princesse  kibi  à  Harata  moura  même  circonscription  .  Elles  représentent  des  hommes  ou  des 
animaux  fantastiques  sur  deux  ou  trois  de  leurs  faces;  l'étrangeté  de  cette  forme  nous  fait  penser 
qu’elles  ne  sont  pas  d’une  main  japonaise.  I)  ailleurs  la  date  n'en  est  pas  certaine. 

Enlin  nous  arrivons  aux  haniwa  et  à  leurs  tatémono  ;  le  haniwa  est,  comme  nous  l’avons  dit, 
une  espèce  de  balustrade  en  terre  cuite  placée  autour  de  la  tombe  et  comprenant  des  statues 
il  hommes,  de  quadrupèdes,  d'oiseaux,  etc. 

D'après  I  histoire,  Souïninn  l'ènuau  XL’  de  la  dynastie,  2q  av.  .J.-L.;  yo  de  1ère  chrétienne), 
lors  do  funérailles  de  Yamato  hiko  no  mikoto,  son  frère  cadet  utérin  an  2  de  1ère  chrétienne’.,  touché* 
des  lamentations  de  ceux  qui  devaient  le  suivre  dans  la  mort,  abolit  la  coutume  cruelle  jyounshi  ;  plus 
tard,  à  la  mort  de  I  impératrice  Iwaçou  himé,  sur  le  conseil  de  Xomiçoukouné,  il  lit  fabriquer  des 
statuettes  de  terre  pour  lui  simuler  une  suite. 

Telle  est,  sans  aucun  doute,  l’origine  des  tatémono  de  haniwa.  Ces  haniwa  sont  aujourd’hui 
cachés  sous  la  terre;  cependant  dans  toutes  les  provinces,  à  commencer  par  le  Yamato,  on  en  a 
relire  d’anciennes  tombes.  Les  découvertes  ont  été  surtout  fréquentes  dans  les  provinces  orientales, 
Moiiçashi,  Kaudzouké,  Shimodzouké,  Shiinoya,  etc.  Nous  allons  ici  en  présenter  plusieurs. 

IM.  I ,  lig.  i .  —  S  i  m  i  i  i  ii  Di  Haniwa  'Collection  Néghishi  Takéka,  Kaboutoyama,  Monçashi).  Hauteur  :  i  pied  7,4  pouces. 

Provient  d’une  ancienne  tombe  à  Ohtani  moura  lliki,  Mouçashii.  —  La  chevelure  est  nouée 
vers  les  oreilles;  le  vêtement  à  manches  ajustées  est  serré  par  une  ceinture;  au  dos  est  passé 
un  petit  sabre;  au  pied  on  voit  le  trou  d  emboîtement  de  la  traverse  circulaire  qui  le  maintenait 
en  place.  Dans  tous  les  tatémono  le  pied  est  ainsi  fait. 

IM.  I.  lig.  ).  St at  1  1  111  Di  Haniwa  Musée  impérial  —  Trouvée  à  Ounémé  moura  (Sal,  Kaudzouké). 

Chevelure  nouée  vers  les  oreilles  et  entourée  d’un  cercle  de  métal;  chapeau  ;  collier  de  pierres; 
le  pied  est  complètement  mutilé. 

|  >| .  I,  lig.  —  St  ait  1  t  ti  ni  Haniwa  Compagnie  des  Chemins  de  fer  du  Nippon  .  —  Découverte  à  Souzoumé'  no  miya 

l\a\\  ali  hi,  Shimodzouké). 

Doit  être  une  statue  de  femme;  bien  que  la  chevelure  soit  incomplète,  on  voit  qu'elle  est  arrangée 
en  un  gros  rouleau.  Plaque  de  rouge  sur  les  pommettes  et  les  yeux  ;  vêtement  long  à  manches  ajustées, 
col  croisé  à  gauche  de  la  poitrine.  En  bas,  un  ornement  assez  long  est  attaché  avec  des  nœuds  peints  en 
rouge  ;  la  saillie  des  seins  est  accusée;  à  la  tête  on  remarque  une  parure  de  pierres  peinte  en  rouge. 

IM.  1,  lig.  —  Statuette  m  H  aniwa  Collection  Néghishi  Takéka).  Découverte  à  Tehyoudjyau  moura  Saïtama.  Mouçashi). 

Guerrier  couvert  d’une  armure,  sabre  aux  reins,  et  jambes  mutilées. 

PI.  1,  lig.  T  —  Stati ette  di.  Haniw  a  Université  impériale,  Amphithéâtre  d  anthropologie). —  Découverte  à  Awoyaghi 
(Namékata,  1 1  ilatchi) . 

Femme  portant  un  petit  pot.  Bien  que  la  tête  soit  endommagée,  elle  semble  coiffée  en  maghé  ; 
collier  de  perles  ;  un  taçouk  paraît  passer  des  épaules  sous  les  bras. 


4 


PI  I  n„  «  _  Statckttr  de  Hanov*  (Université  impériale.  A . . . 

Découverte  au  même  lieu  que  la  précédente:  représente  un  jeune  iMttron  prosterné  pour 
saluer.  —  La  tête  est  coiffée  d’un  chapeau  en  forme  de  mitre. 

PI.  1,  r,g.  -  Chevai.  dk  IIamwa  'Musée  impérial).  Mautr.tr  :  »  pied-  I  I""1"  ' 

■a-  .  t;„„  |.,  nréeédente  —  L'ornementation,  selle,  etriers,  mors,  i>sl 

Decouverte  ail  meme  lieu  que  la  pntimun. 

partout  complète. 

Cheval  de  IIasiava  Musée  impérial  .  -  Découvert  à  llatakéyama  mnura  »l~* . ma.  . . .  . 

Tout  le  corps  est  brisé  ;  à  la  tète,  à  la  selle,  à  la  croupe,  traces  .l'un  Imrnneli . -ut  de  parade 

à  la  tête,  masque  de  cheval.  Facture  assez  délicate. 

PI  I  fie.  »  _  Oiseau  de  IIamwa  Ministère  de  la  maisnu  de  IT.iupernir.  servir,  d.  -  t  u.!  .  - 

Le  haniwa  d’où  provient  cette  pièce  a  été  découvert  dans  la  tomlm  d«-  I  «  r.  ui  njiuu  .. 

Fourouïtchi  moura  Minami  Kawatchi,  Kawatcliii.  Probablement  une  oie  hin.il;'  ' 1 1  *  •'  d <  ■  < •  u \ *  1 1 

d’autres  pièces  analogues  près  d  Ounebivama  en  ùamato. 

Tous  ces  tatémono  ont  été  modèles  en  argile  et  nus  au  Imi  mois  . u i I  r<  prtqt.ir.il  e  ai  i  ■  ■  -  ! 
œuvres  si  simples  ciu’est  sorti  tout  entier  l’art  des  fabricants  de  sial  u •  * d 1 1  * n i . i r<  •  > 1 1  •  •  > i  I  «  i 
très  remarquable,  c’est  l’expression  de  complète  sérénité  d  «  *  tous  -  pcixmii.ii;'  -  •  •  .  1  ;  1 

à  penser  que  l’existence  des  Japonais  de  ce  temps  était  paisible  et  lacib  ,  •  *t  b  ni-  m  •  m-  i  i  l  - 


CHAPITRE  V 

Architecture. 


En  étudiant  les  demeures  de 
tâtions  :  les  cavernes  et  les  cabanes. 


la  haute  antiquité,  il  semble  qu’il  y  a  eu  deux  sortes  d’Imlu  - 
Mais  les  peuples  qui  habitaient  n<>u^  h*m*  H;mt  <b  r.nv  dilh-n  ni. 


Fig.  4- 


Dessin  dune  maison  d  an  riQrm;. 


les  cavernes  forent  abandonnées  au  for  et  à  mesure  de  l’extinction  ,1,.  ces  tribus;  la  construction  tics 
cabanes  évolua  et  produisit  enfin  un  type  uniforme. 

La  figure  4  représente  une  de  ces  plus  anciennes  constructions  d„  Japon.  |),.v„nt  et  derrière 

on  croisait  et  attachait  2  nièces  de  hnk  lu  1 

pièces  de  bots  sur  lesquelles  une  poutre  était  mise  à  cheval.  Parallèle, ..eut 


à  cet  le  dernière  on  plaçait  d’autros  pièces  cl  cela  constituait  la  salle  principale;  le  tout  était  recouvert 
<1  un  loil  de  roseaux,  el  e’étail  tout.  Ce  genre  <le  construction  se  développant  peu  à  peu,  on  planta 
des  poteaux,  on  lit  un  plancher,  on  arriva  à  faire  la  couverture  avec  un  art  parfait,  et  on  finit  par  voir 
naître  I  architecture  d<*  palais  kyoudèn  tsoukouri  .  C’est  le  style  qu’on  appelle  pur  slnninici. 

Dans  les  plus  anciens  temps  il  n’y  avait  pas  de  temples.  C’est  <pie  pour  honorer  les  Kami,  il 
n  y  a  pas  besoin  d'édifices  spéciaux.  Lors  de  la  naissance,  aux  âges  suivants,  de  1  architecture  de 
temples,  le  style  n’en  était  pas  essentiellement  différent  de  c<dui  des  palais  de  l’époque  ;  c’est-à-dire 
•  pie  ces  temples  sont  du  style  (pie  nous  appelons  aujourd'hui  pur  shimméi.  Si  on  désire  connaître  ce 
style,  on  peut  le  voir  au  Taïhyo  d  leé  ou  au  grand  sanctuaire  d'Atsouta. 

Ces  deux  temples  oui  parfaitement  conservé  jusqu’ici  le  caractère  de  ceux  de  la  haute 
antiquité;  ils  a  en  diffèrent  que  par  la  beauté  des  matériaux,  le  soin  de  l’exécution  et  l’adjonction  de 
quelques  ornements.  Le  plan  est  rectangulaire,  les  colonnes  sont  rondes  et  sans  bases.  Le  long 
prolongement  des  arbalétriers,  les  katsouoghi  à  cheval  sur  la  faîtière,  la  couverture  composée  de 
lignes  droites,  sont  des  traits  légués  par  la  plus  haute  antiquité  (fig.  5'. 


Le  s/n /unie/  est  une  légère  modification  du  premier  style.  Si  l'on  prend  comme  caractéris¬ 
tiques  le  prolongement  des  arbalétriers,  la  dérivation  de  la  ligne  droite  pour  b*  toit  et  la  présence 
des  l'ti fsouos*// /,  on  observe  dans  chacun  de  ces  traits  diverses  altérations  qui  distinguent  ce  style 
du  précédent. 

On  rattache  part  ieulièrement  au  shimméi  les  a  styles  dits  taïs/n/n  et  de  Sounnyoshi .  Cependant, 
dans  le  shimméi,  la  façade»  est  parallèle  a  la  faîtière  hira),  tandis  que  dans  ces  deux  derniers,  (‘lie 
est  en  pignon  tsounia  .  Il  y  a  de*  plus  de  légères  différences  de  détail.  Logiquement,  la  façade  en 
pignon  doil  être  plus  ancienne  que  la  façade  eu  hira.  Le  style  taishya  doit  être  particulièrement  ancien. 

Dion  qu’on  ne  possède  pas  encore  de  preuves  solides  de  1  influence  de  1  architecture  des  Trois 
kàn,  elle  a  dù  évidemment  s’exercer  plus  ou  moins  sur  l'art  japonais. 

Au  temps  de  l'impératrice  Jinngou,  le  Shinnra  offrit  les  cinq  couleurs:  aussi  dit-on  que  ce 
fut  là  le  commencement  de.  l’emploi  des  couleurs  en  architecture.  Ninntokou  Tènnau,  d’après  les 
chroniques,  suspendit  la  décoration  du  palais,  donc  à  cette  époque  on  devait  connaître  l’art  de  la 
décoration  architecturale.  Le  même  Empereur  fit,  à  ce  qu’on  rapporte,  construire  un  pavillon  élevé. 


L'empereur  Youryakou,  d’après  la  chronique,  éleva  dea  pavillons  s  aussi  dit- . (uo  déjà  i  cm 

époques  on  construisait  des  palais  vastes  et  magnifiques;  certains  voient  juste . ni  là  un  des  fruits 

de  nos  relations  avec  les  Trois  Kàn.  Que  cette  architecture  dût  «tro  d’un  style  composite  coréen- 
japonais,  c’est  là  en  effet  une  conjecture  extrêmement  plausible. 

Quoi  qu’il  en  soit,  nous  voyons  encore  que  à  oiirvakou  Icnmni,  jugmml  qn«  I  . i u . 1 1 . 1 1 1 « . 1 1 ^  1 1 1 
d’Içoghi,  simple  serviteur  de  l’Empereur,  avait  outrepasse  scs  droit*  •  •  1 1  iiiriianl  « I *  -  kat -un- in 
sur  sa  maison,  l’en  punit.  Ce  fait  clairement  prouvé,  il  devient  certain  qm  !•  "  pal  o-  a\an  nt 
alors  des  tchigbi  et  des  katsouoglii  et  des  toits  a  arêtes  rectilignes  .1  /orftnn,  p<  ni  «m  -npp  -  i 
que  ce  qu’on  appelle  alors  des  liantes  terrasses  et  des  pa\illons  a  étages  n  était  gm  i *  «< 

que  nous  entendons  aujourd'hui  par  ces  expressions. 

Ce  qui  est  très  remarquable  à  cette  époque,  ce  sont  les  lombes.  (  .<■  s,, ni  J  -  tuniiili  ■  n  ! 
s’élevant  en  cônes  aplatis  ;  le  plan  de  certains  est  carré  en  avant  et  nmd  • m  arrn  n  pnt*n-  I 
sont  entourés  d’un  fossé.  Leur  disposition  est  en  général  analogue  a  <  Ile  ,|->  t.mde  -  qn  a  1 1 .  i\. 
dans  toute  l’Asie  orientale.  Au  dedans  (»st  une  chambre  eu  marnumn.  nml en.i nt  n  j _  • 

de  pierre.  Parfois,  la  chambre  communique  avec  l'extérieur  par  nm  -  al- ri-  d-  t<  mps  .  i.  n  j 
les  sarcophages  sont  d’un  travail  délicat. 

En  résumé,  1  architecture  de  cette  époque  ne  fait  pa-  de  dill'en  m.  n  ■  ,  i  ti-  (  ! 
et  les  temples;  tous  deux  procèdent  en  principe  de  la  cabane  de  la  ligure  j  t  n  < 
graduel  amène  au  style  kouroghi-jimméi  stvle  slummei,  bois  mm  imivi  ,  .  i  ni>  H'>u\.  .m  | . ;  _  ? .  . 

style  shiraghi-jimméi  (shimméi,  bois  écorcé  .  Cependant  <*e>  matériaux,  la  plupart  du  t-mp-  i  t 

pas  travaillés  très  délicatement.  Ils  sont  sans  coloration  ni  orimim  nlatiMii  .  !  •  |, 

rectilignes  et  sans  la  plus  légère  courbure.  Les  toits  sont  des  roseaux  de  «  h. .mm  .m  d  -  i  .  » 

n’est  encore  là  qu’une  architecture  extrêmement  primitive. 


CHAPITRE  VI 

Arts  appliqués. 


Les  produits  des  industries  artistiques  du  Japon,  métaux,  poteries,  laques,  tissus.  .  t. 

°nt  t,°UJ0Urs  ,créés  l,ar  ,les  arts  indépendants,  sans  attaches . .  la  pointu . ,  I  ar,  I, 

ds  n  ont  pas  suivi  dans  leur  évoluti . .  développe . nt  . . emporaîn  de  oes  «rte  et  nV 

eub,  influence  de  tous  les  instants.  Leur»  formes  n’ont  pas  du . té  entrai, . -  «Un.  un  sens  o 

dans  I  autre  par  1  art  de  la  construction.  Chaque  artisan  euivait  I . . . générales  du  temps  e, 

été  mise  en  mouvement  par  la  peinture.  Toutes  deux  ont  leurs tir  l,  i  , 

Tous  ces  arts  rivalisent  ensemble  d’ingéniosité  de  conception  \in  il  r  v  . 

no  <1  ni  vont  r.o.  Af  • ,,  ,  b  <  ont  <  p!  ion .  Ainsi  les  objets  d  art  industriel  japonais 

no  doivent  pas  être  considérés  comme  siiraioufnnt  lo  i  .  „  ■  v  1  •  .  J  1 

industriels  nnrt  i  '  'mi  a  1  industrie,  mais  comme  des  objets 

industriels  portant  en  eux-mêmes  un  caractère  artistique.  ' 

dans  chaque  localité,  et  il  y  avïï  d^ToTp^  ^  ^ 

par  la  Cour  est  enregistré  dans  l’histoire.  Tous  ces  artisans  foi  ’  I  protection 

plu.  do  formes  ingénié,,»,  „  j,  Wfe, .  W*  » . .  1 

modèles  do  Corée  et  d,  Clriee,  il,  nrri.èren,  „  ££,'£££7  i  '"-'"'  . . f 

assez  de  progrès.  Si  l’on  compare  les  objets  oui  no,m  r  ,  ,  ,  .  Mcclc  a  avoir  accompli 

de  fabrication  coréenne  ou  chinoise  on  v  '  t  r  ’  C°tU!  <’>  ceux  du  même  Age 

<luo  foi'raes’  "lotlfs  et  travail  ont  des  tendances  différentes 


29 


dnns  les  deux  cas  d  n’offrent  pas  d’analogie.  De  temps  en  temps,  des  iwahibé,  des  dotakou  de  même 
modèle  ont  été  découverts  dans  1(3  Sud-Pst  de  la  Corée,  mais,  comme  l’histoire  garde  des  traces  de 
uns  relations  avec  ce  pays  dans  I  antiquité,  ces  objets  ont  dû  sans  doute  y  être  envoyés  du  Japon. 
D'autre  part,  des  miroirs  chinois  anciens  ont  été  fréquemment  découverts  dans  nos  vieilles  tombes. 

Il  n'a  pas  dn  laisser  d’y  avoir  une  plus  ou  moins  grande  importation  d’objets  de  ce  dernier 
pays,  mais  ils  ont  du  venir  à  une  époque  voisine  de  Souïko  Tènnau  commencement  du  vil®  siècle). 
Dans  la  masse  des  antiquités,  les  objets  indigènes  sont  les  plus  nombreux,  et  tous  ont  un  caractère 
japonais  particulier. 

Métaux.  —  Parmi  les  objets  de  métal,  ceux  de  bronze,  indubitablement,  et  même  aussi  ceux 
de  1er  ont  été  fabriqués  dès  les  plus  anciens  temps.  On  voit  dans  l’histoire  Soujinn  Tènnau  donner  à 
un  forgeron  l’ordre  de  fabriquer  dix  grands  sabres,  deux  piques,  deux  arcs  de  fer  et  deux  jeux  de 
llèches  de  fer  pour  les  offrir  au  temple  de  kashima.  Parmi  les  objets  de  métal  découverts 
dans  les  anciennes  tombes,  ceux  qui  ont  les  plus  belles  formes  et 
sont  h»  mieux  décorés,  sont  les  miroirs,  les  sabres,  les  épées,  ainsi 
que  les  pommeaux  de  sabres,  armures,  garnitures  de  harnachement, 
cloches  et  certains  autres  objets  dont  l'usage  n'a  pas  encore  été  bien 
déterminé. 

MOX  IM  K XTS 


Pu  bronze,  de  forme  circulaire,  le  bord  est  orné  (h*  cinq  lobes 
saillants  contenant  un  grelot  :  au  revers,  motif  décoratif  fig.  f>  .  On  a 
découvert  eu  d'autres  localités  des  miroirs  de  même  (espèce.  Jamais,  en 
Phine  et  en  ('orée,  les  miroirs  n  ont  été  décorés  de  grelots.  On  a  décou¬ 
vert  un  grand  nombre  d'autres  miroirs  ronds  de  forme  japonaise,  montrant 
au  revers,  venus  de  fonte,  des  magatama  ou  des  petits  oiseaux. 

Sabre  fig.  j>.  Fourreau  et  poignée  tout  en  bronze  vert  plaqué  d’or 


Fig.  G.  —  MlIiOJIÎ  A  GIUîLOTS 
(Musée  impérial}. 

Provient  d’une  tombe  à 
Souzounié no  miya (Kawatchi, 
Shimodzouké). 


A  la  poignée,  motif  de 


Trrr 


Fig.  suuii  Mu'ir  impérial1.  Découvert  à  Korai  moura  l\ i ta  Saïtarna,  Mouçashi  .  Longueur  >  pieds  -  pouces. 


plante  grimpante  en 
en  forme  d'oignon. 


pointillé.  Pa  garde,  elliptique,  est  repercée  d’un  motif  en  roue.  Le  pommeau  est 
On  a  trouvé  en  divers  endroits  un  assez  grand  nombre  de  sabres  de  ce  genre. 

O  O 


Fig.  S,  n.  —  Pommeau  ni:  saune 

n 

Musée  impérial  . 

Découvert  à  Moghi  moura  (Xawa. 
kaudzouké  . 


Fig.  8,  h.  —  Pommeau  ni:  sanue 
Musée  impérial  . 

Découvert  à  Monaka  moura  X’océ, 
Sctlsou). 


Fig.  8,  c.  —  Pommeau  de  saijiu: 
(Musée  impérial  . 

Découvert  à  Takaçaki  moura  (Maçoud- 
zou,  Sourouga  . 


Le  pommeau  représenté  par  la  fig.  8  a ,  ornait  le  haut  de  la  poignée  d’un  sabre  :  bronze  plaqué 
d’or  ajouré  d’un  motif  qui  semble  représenter  deux  têtes  de  phénix  affrontées,  tenant  une  gemme 


—  3o 


dans  le  bec.  Hauteur  .6  pouces,  largeur  .9  pouces.  A  la  partie  inferieure  es.  une  petite 

poignée  de  fer.  .  . 

Fie.  8  b.  Pommeau  du  même  genre  que  le  précédent,  égale . -ni  décor.'  a  j . .  d  une  têt,. 

de  phénix. 

Fie-  8  c.  Fit  forme  de  tête  d’animal,  peut-être  de  lion,  mordant  la  poignée  aii-dc~soii>; 
également  en  bronze1  plaqué  d  or. 

Casque  (fig.  9).  La  bombe  et  la  visière  seules  subsistent:  le  . . I  les  autres  parties 

sont  détruits.  Travail  extrêmement  délirai ,  « *11 1 i< * r« *in« I  plaquo  .1  ni 
sur  fer  et  bronze,  ha  bombe  est  faite  d«*  plusieurs  dizain*  -,  de 
plaquettes  rivées.  Sur  la  ceinture  métallique,  qui  •  •«d  .1  1111  liaut.ui 
de  la  bombe,  est  ciselé  un  motif  «h*  lignes  ondulées  *  nemlr.ml 
des  animaux  tîg.  10.  1)  autre  part,  ;m  >uminel,  1 . 1  j *  1  connu, 
postérieurement  sons  b»  nom  de  Imti  Inm.mz.i  | •< » r t •  aussi  un 
motif  décoratif:  à  la  visière  également,  il  v  a  un  motif  d*  un  i-. 


Fig.  <).  —  Casque  Musée  impérial 


ajoure. 

On  a  trouvé  avec  ce  *  a>qwe  do>  ormnnuils  somldalil*-  aux 
chaînettes  d  un  travail  dulieat  et  aux  aiitiu*.  •  »  I  »  |  •  t  ^  l.o_ 


Découvert  à  Iviyokawa  moura  (Mauda,  .  <  1-  1  t  h*  »  .  1  . 

Kad/oura)  ’  '  découverts  a  htla  moura  lamana,  lligo.dont  imtis  parlons  plu*. 

loin  v.  tig.  1  >  :  c’étaient  peut-être  des  pièces  d**  l  irnilui  .ipp.tr 
tenant  à  ce  casque,  qui  devaient  pendre  du  hatcliimànza  "ii r  la  homb*\  Minuit  a  la  . I . »  1 .  <|.  .  .  .  .p 
on  possède  des  données  certaines.  En  effet,  on  a  trouvé  récemment  dans  |.,  •  - 1 1 . 1  n > I •  1 . •  d  j 
tombeau  de  Ninntokou  Tènnau  Ohtori  Idzoumi  ,  lors  de  Icerouluimut  «  I  •  •  la  I  .  du  i  n  lu 

casque  absolument  semblable  à  celui  de  Ixivokaw.i, 


avoir  été  déposés  là  lorsqu’on  enterra  la  princesse  Yata  avec  lui  On  un, il  II,,  i 

obiptci  do  i/.\rAi7n  .  _  1  L  11  1>P||I  doue  .admettre  que  les 

objets  de  Kiyokawa  moura  sont  de  la  même  époque  et  datent  .  ,,  .  , 

bu  tienne,  cela  permet  aussi  de  conjecturer  l’âge  des  autres  armes. 


I 


Casqi'i  Conservé 
(<  lukilia,  Tchikougo  . 


dans  le  lemple  <le  Wakamiva  liait  liimân  Trliikougo). 


Découvert  à  Tsouki  ga  oka,  Yosliii  rnatchi 


Ce  cas([ii(‘  est  encore  de  la  meme  Forme  que  le  précédent.  La  visière  et  le  couvre-nuque,  ainsi 
que  le  hatcliimàiiza,  sont  à  peu  près  complets.  Mais  le  métal  étant  plus  de  la  moitié  rongé,  on  ne  peut 
savoir  si  la  surface  portait  une  décoration.  A  la  partie  inférieure  de  la  visière  pondent  plusieurs  rangs 
de  petites  chaînes  au  bout  desquelles  il  devait  sans  doute  y  avoir  des  pendeloques  rondes  on  en  forme 
de  feu i 1 1  es  de  prunier. 


Fig.  ii.  —  Mous  Musée  impérial i. 
Démuverl  a  F.da  moura  Tamaua.  Iligo}. 


Fig.  12.  —  Sonnailles  dp.  cheval  (Musée  impérial). 
Découvertes  à  llodola  moura  (Commua.  Kaudzouké). 


Mors  lig.  il  .  1er  plaqué  d'or;  bord  décoré  de  lobes  à  grelots;  ornementation  paraissant 

iigurer  un  dragon. 

Sonnailles  de  cheval  lig.  12);  fer  plaqué  d’or, 
hiles  sont  de  quatre  à  cinq  sortes  et  de  forme  curieuse  et 
jolie  ;  les  bords  sont  ornés  de  grelots.  Travail  soigné. 

Chaînettes  et  pendeloques  fig.  i3  et  i4  : 
tressées  en  lil  d'or  pur  :  longueur  3  pouces  et  quelque 
chose.  Au  bout  pendent  de  petites  lames  en  forme  de 
feuilles  de  prunier  ;  aux  coulants  sont  attachées  de 

petites  lames  rondes;  les 
coulants  eux-mêmes  sont 
ornés  de  petites  perles. 
Des  chaînettes  d’argent 
du  même  genre  avant  été 

O  v 

trouvées  avec  un  casque 

à  Kivokavsa  moura,  il 
*/ 

est  à  croire  que  celles-ci 
ont  été  faites  pour  être 
attachées  à  un  casque. 
En  plus,  on  voit  deux 
autres  plaques  d’or  pur 
en  forme  de  grande  et 

O 

de  petite  feuille  de  pru¬ 
nier,  décorées  de  lils  d'or  très  lins.  De  petites  perles  y  sont  également  fixées.  Ces  ornements 
devaient  aussi  être  attachés  a  des  casques,  etc. 


Kju-  il  et  I'.  —  ClIAINPTTIS  l-.T  PENDELOQUES  P  N  FOU  M  K  DP  FEUILLES  DK  PRUNIER 

D  *  * 

(Musée  impérial  . 

Découvertes  à  Kda  moura  Tamaua,  Iligo. 


3a 


Cloches  ;•  celles 'de  la  f  lus  grande  . F . 

. . . . . . £* . 

d'ailette  piafs  le  boni, . .  plat  .'I  assez  grand  ;  -  es  miettes, 

ainsi  que  le  bouton,  sont  ornées  d  ornements  ro.uls  :  . .  nos 

cloches  japonaises  sont  tout  a  tau  oui' 

..  .  •  „  ^  l’Inrlies  dôtakou  ciment -elles 

chinoises  anciennes,  Les  »  n><  n. 

employées  dans  les  camps  ou  aux  fêles  religieuses  '  On  ne  le 
sait  pas  très  bien.  De  longue  date  ou  en  a  trouve  tant  dans 
le  kinaï  que  dans  toutes  les  provinces  centrales.  Leur  Imlb-  e-l 


Fig.  i5.  —  Cloche  (Musée  impérial  . 
Découverte  à  ühiwatani  (Aoçou,  Aurni;. 


|.'L,t  —  Ci. tu  ni  Collection  I  .tkaok.i.  I.i*liv«tu 

1  Ô  * 

Trotivée  «*ii  ukl 


variable;  les  plus  petites  ont  i  pied;  les  "ramies  mesurent  jusqu'à  '>  et  «'•  pi«*d-  d-  haut.  nr  I'  it  n- 

la  face  extérieure  [*orte,  venues  de  fonte,  dos  espèces  de  d •  > " ^ 1 1 1 ^  i  ipp<  h<nt  I  -  «  n  ' •  t *  1  ■ 

graphiques  primitifs  morphographes. 

Sur  les  deux  faces  on  voit,  venues  de  fonte,  toutes  sortes  <  I  •  *  mollis.  Ce  >onl,  sin  me  I  "  d*  «• 
personnages  paraissant,  I  un  chasser  h*  cerf,  I  autre  danser  en  Irnppanl  du  t  imboin  ,  un  1 1 .  > i  e  ne  ■  1 

un  quatrième  lever  et  brandir  un  sabre;  on  y  voit  encore»  des  tortues,  des  libellules,  de«.  I.en-  .i 

archers  (fig.  16).  Sur  l’autre  face,  on  a  représenté  plusieurs  grues  et  tortues,  ain-d  que  des  p*  i  -  «  •  n 
nages  tirant  de  l’arc  sur  des  animaux;  six  bêtes  posées  en  travers  ligurent  -'.mis  donle  relies  qui  mil 
été  tuées  par  les  flèches. 


Céramique.  —  L’art  de  la  céramique  était  pratiqué  dès  l'antiquité.  La  troisième  amie.  «I. 
son  règne,  Jimmou  Tènnau,  pour  réduire  les  rebelles  du  Yaniato,  lil  prendre  par Shihinetsouhikn  delà 
terre  de  l’Ama  no  kagou  yama  et  faire  avec  des  liiraga  terrines  pintes  ,  des  lakoiijiri  bols  ,  et  des 
pots,  afin  de  les  offrir  aux  Kami.  D’autre  part,  à  cette  époque,  dans  le  district  de  Ohlori  en  Idzonini, 
il  y  avait  des  ouvriers  habiles  dans  l’art  de  faire  de  la  poterie;  aussi  dit-on  que  la  localité*  portail  le 
nom  de  Souyé  no  moura  (le  bourg  aux  poteries  .  Les  poteries  anciennes  de  toutes  provenances  du 
Japon  se  divisent  en  trois  espèces:  i"  vieilles  poteries  de  fabrication  japonaise;  •>."  poteries  dites 
nawamé  (cordelées)  ;  3°  poteries  dites  coréennes. 

Les  naw  amé  sont  des  poteries  fabriquées  dans  1  ext  rême  antiquité  par  les  t  ribus  étrangères 


hahilanl  les  confins  de  nol re  empire  ;  I <»s  cordes  et  nattes  do  paille  dont  on  se  servait  en  les  façonnant 
v  oui  imprime  des  marques  qui  leur  oui  fait  donner  ce  nom.  Ces  poteries  n’étant  pas  de  la  main  de 
purs  Japonais,  nous  n’en  parlerons  pas  dans  cette  histoire.  D’autre  part,  les  poteries  dites  coréennes 
romprcnueul  autre  chose  «pu*  des  objets  venus  anciennement  de  Corée,  car,  dès  l’antiquité,  on  en 
laisail  des  imitations  au  Japon  même.  Ainsi,  on  peut  voir  dans  l’histoire  que  du  temps  de  Souïninn 
I  ènnau  on  labriquait  a  Kagami  no  liazama  en  Aumi  des  poteries  dans  le  genre  de  celles  du  Shinnra. 
Ces  poteries  coréennes  sont  en  pâte  dure,  et  leur  forme,  (pii  n’est  que  celle  d  ustensiles  d’un  usage 
courant ,  n’a  rien  de  remarquable.  Comme  d’autre  part  elles  ne  sont  pas  décorées,  nous  les  laisserons 
également  de  cote. 

O 

Mainlenanl  nous  allons  passer  à  la  céramique  japonaise  propre.  Les  poteries  japonaises  sont 
de  deux  ou  Irois  espèces:;!  savoir,  celles  qui  sont  simplomenl  passées  au  feu,  les  terres  cuites  de 
lianiwa,  les  cercueils  de  poterie,  les  iwahibé.  Les  pièces  simplement  passées  au  feu  n’ont  pas  subi  de 
cuisson  complète.  La  pâte  est  lendre,  la  couleur  rousse.  Ces  poteries  comprennent  des  tasses,  plats, 
pots,  el<\,  de  petites  dimensions,  servant  aux  usages  journaliers.  Il  en  existe  beaucoup,  mais  elles  sont 
rarement  décorées.  I)  autre  part,  les 
lianiwa  ainsi  que  les  cercueils  de  terre 
sont  pour  la  plupart  de  pâte  assez  dure 
cl  de  couleur  rousse;  certains  sont 
d’une  terre  noire  terne. 

Les  iwahibé,  ustensiles  religieux 
consacrés  aux  divinités  ou  employés 
dans  les  cérémonies  funèbres,  elc., 
existent  en  grand  nombre1;  ce  sont 

n 

des  ustensiles  d  un  usage  journalier 
plus  ou  moins  décorés.  La  cuisson  des 
iwahibé  est  complète,  la  pâle  csl  dure, 
la  couleur  cendrée  ou  brun  clair,  et 
luisante;  un  certain  nombre,  par  suite 

de  la  nature  de  la  terre,  ont  pousse  au  vert  clair.  Ils  sont  pour  la  plupart  faits  au  tour  et 

dune  forme  régulière.  Lnlîn,  on  y  gravait  à 
l  ébauchoir  ou  au  peigne  des  motifs  composés 
de  lignes  courbes  ou  droites. 

Cercueil  fig.  17  .  Bien  que  grandement 
mutilé,  on  reconnaît  qu'il  est  d'une  forme  rectan¬ 
gulaire;  il  a  un  couvercle  en  forme  de  toit;  sous 

u 

le  fond,  il  v  a  vingt-quatre  pieds  cylindriques.  Le 
corps  est  fait  en  deux  pièces  qui  se  joignent  au 
milieu  :  sans  doute  le  four  était  trop  petit  pour 
cuire  en  une  fois  une  pièce  de  cette  dimension. 
La  longueur  est  de  )  pieds  (*>  pouces,  la  largeur 
d’un  peu  plus  de  2  pieds,  la  hauteur,  y  compris 
le  couvercle,  de  2  pieds  8  pouces.  Sur  une  des 
petites  faces  est  modelé  un  homme  debout,  con- 
l  i^.  iiS.  —  (  )  u  \  kmk.nts  dkssi\i’;s  si  h  i  x  cKRci’Kii..  duisant  un  cheval  de  chaque  main;  en  bas,  des 

ornements  ressemblant  à  des  lotus  fermés  ;  en 
haut,  un  motif  en  dénis  (h*  montagnes.  Tout  cela  est  exécuté  en  relief  plein,  excepté  les  pieds 
du  personnage  qui  sont  en  creux  lig.  18). 


Fig.  i-,  —  Chrcccm.  Ministère  de  la  Maison  de  l’Empereur; 

service  des  tombes). 

Découvert  à  Hirafoukou  moura  Aida,  Mimaçaka  . 


On  voit  dans  l'histoire  que  le  Koudara,  vers  lVpoqu.*  <>ù  y  '•'K'" 


Sveng,  avait  envoyé 


. . «* . . . - . . 

suivis.  Koma,  an  nord  du  1.  | . inaule,  . .  H*  * . ' . . .  “  . 

constantes  avec  la  Chine  et  .«bissait  P-* -  -  - -  W  . T1T  " 


au  régné 

O 


un  lettré  nommé  Hi  Bonnsliinn,  et 

dynast ies,  on  \\  ei,  il 
* 

controverse  anti-bouddhiste.  I.'enqtereur  Taowm,  W->.,  t,,,"l,l"s 

Je  ioo  non  artisans  et  ouvriers  des 

vs  lieux.  On  voit  ainsi  c*oiium*rit 


mus 


llcilllg 

-  f  * 

f  )  |0-  Jj*l 

1  ,  la  eiv  i 

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>rte  de  musique  11 

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lit  beaucoup  b* 

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ils  favorise 

relit 

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statues  et 

images 

\  iureiit 

sans  d 

oute  de- 

image* 

et 

de. 

oraison 

du  lioiu 

ld  II  1  - llte 

et 

sur 

ntion 

lasseront 

de  la  Chili* 

'  au 

idées 

1  é.ig  II  -  lit 

de  COIll* 

ert 

sur 

et  la 

Vertu  e\ p 

tiquaient 

la 

1  .M| 

appelé 

S  les  pii 

iers  tles 

T 

TMIS 

de  Kimméi  Tènnau,  on  avait  fait  faire,  dit-on,  par 
par  d’autres,  une  histoire  du  royaume.  Daulre  pari,  au  1  '  " 1 1 
s’éleva  une 

fit  rentrer  les  bonzes  clans  le  monde.  On  rapporte  <pie  | 
six  provinces  du  Shantoung  émigrèrent  alors  en  Koma  et  ; 
ces  deux  pays  nous  ofl rirent  leur  culture. 

Bien  plus,  en  Shiraghi  par  exemple,  du  temps  du  roi 
était  très  avancée,  car  on  écrivait  1  histoire  du  pays,  <»u  lan 
d’après  la  musique  chinoise  pour  nous  la  transmettre,  on  la\»>n-.ut  l",l|i'nlll 

bâtissait  le  grand  t 
‘35  700  kinn  et  dont 

une  émulation  générale.  Buis,  c’est  le  tour  du  despotisme  d<-  Sm-.i  '  1  on 

les  Trois  Précieux,  aussitôt  no 
en  tribut.  De  plus,  tous  ces 
livres  religieux,  de  sorte  que 

celle  des  arts  et  des  industries.  Des  idées  nouvelles  d  adimin-t  ratimi 
Japon,  la  littérature,  le  confucéisme,  etc.,  et  toutes  ces  nouvelle-  i< ! •  •< 
notre  société.  En  même  temps,  des  hommes  grands  par  la  scieur*'  '  t  I 
dans  le  nouveau  temple  de  Ilaukoji;  ce  sont  ceux  qu’on  0  •  1  p p • 

Précieux,  Eji  de  Koma  et  E<;ô  de  Koudara,  «pii  liront  l'édm.itimi  d-  Hiv . « >  1 1 •  •  K •  m  D  M 

offraient  des  livres,  un  calendrier,  des  recueils  d'astronomie,  d*  g*-"gi  •  p 1 1 1  ■  .  d-  - 

magie,  et  de  pronostication.  Les  plus  connus  sont  les  bonze-  d»-  K •  h  ■  m  m  K  ,  <  1. 

choisi  par  la  Cour  comme  instructeur  des  jeunes  nobles.  D.mli v-.  \-i-~-  !  I  : 

aussi  bien  cpie  dans  le  confucéisme,  experts  en  peinture  «  I  •  n  ml,  1 . |  j 

première  (ois  la  fabrication  du  papier  et  de  l’encre,  des  couleur-,  .nn-i  qim  lu  1  1 

comme,  par  exemple,  Dôntcliyô,  le  bonze  de  Koma.  Ici-  lui- ni  les  plu-  •  iniic  ni- 

hommes. 

Parmi  ceux  que  les  laits  nous  montrent  également  comme  h  -  plu-  nnp..i  t.oil  -  |  1  - 

pni  les  conséquences  historiques  de  leur  mfl ueiice,  il  \  n  «I  aboril  I  .iuiba--.id'  ur  (,ii<'  n«*  ••un 

1 1110 ko ,  envoyé  a  la  capitale  de  la  Chine,  et  qui  ouvrit  les  relations  directes  ny.  n<  p  i\-  Il 

paitit  le  7  mois  de  la  i5f  année  du  règne  de  1  impératrice  Soiiiko,  correspondant  .1  l.i  1'  imn  • 

la\eg  de  Tangti  des  Soin  de  Chine  007.  Le  \r  mois  de  la  i(V'  année  (>oN  ,  Inntko  revint  de 

Souï.  L  empereur  Tangti  envoya  au  Japon  demander  des  nouvelles  et  porter  de-  pre-enl-  -••- 

S(  1  \  itcurs  1  <1  Slicts  ing,  etc.  A  leur  retour,  Imoko  lut  de  nouveau  noiniué  ambassadeur, 

011  lui  adjoignit  un  vice-ambassadeur  et  un  interprète,  et  on  le  lit  partir  «vit  l'ninlMssmhmr 
chinois. 

Le  savant  ’tamato  no  Atalié  l’oukouïnn,  Iinaki  no  Ayabito  . .  bonze  étudiant,  et  six 

autres  personnes  suivirent  l’ambassade  pour  faire  nu  voyage  d'instruction.  . . 

Kouromaça  qui  dans  la  suite,  lors  de  la  réforme  des  années  Taïkwn,  lut  le  eouseiller  de 
Ilmpereur  et  lui  rendit  d’éminents  services,  le  bonze  Bina,  Miniaboulchi  Shvaiinn,  percepteur  de 
entchi  Tènnau,  étaient  membres  de  celte  mission.  Les  relations  furent'  ainsi  oflieiellomenl 
ouvertes  avec  la  Chine.  Les  rapports  réguliers  avec  la  civilisation  de  re  pava  en  amenèrent 
[introduction  au  Japon  et  préludèrent  à  l'imitation  des  choses  chinoises  dans  les  années  Tuïkwn 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  II. 


TABERNACLE  EN  TAMAMOUSHI 


VIe  siècle  (temple  Hauryouji,  en  Yamato). 


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H  les  périodes  suivantes.  La  AY  année  de  l’impératrice  Souïko  (618),  Li  Youan  des  Tang 
renversa  les  Soui.  La  A  année  de  Djyoméi  Tènnau  (G3o),  le  daïjinn  Inougami  no  kimi,  Mita 
Soidvi,  I * I a i j i n  kouçoushi  Lnitchi  lurent  envoyés  tous  deux  à  la  cour  des  Tang.  Les  relations 
avec  l  empire  des  lang  commencèrent.  Dès  lors,  sous  les  règnes  successifs,  des  ambassadeurs, 
d<*s  etudiants,  des  bonzes  sont  envoyés  en  Linné  et  s’y  succèdent  en  grand  nombre;  les  idées 
tdiinoises  commencent  à  jouer  un  rôle  considérable. 

Dépendant,  beaucoup  de  bonzes  venaient  toujours  des  Trois  kàn;  tous  étaient  reçus  avec 
laveur  par  les  plus  éminents  personnages  de  la  maison  impériale,  sans  qu’on  puisse  savoir 
clairement  s  ds  prêchaient  effectivement  quelque  doctrine  religieuse. 

Lu  tous  cas,  ds  parlaient  des  trois  mondes,  passé,  présent  et  futur,  ils  entretenaient  des 
causes  et  des  récompenses,  le  Douddba  devenait  le  but  suprême  de  toute  vénération,  et  ils 
montraient  le  bonheur  et  la  vertu  comme  récompense  infinie  d’une  conversion.  Aussi,  le  peuple, 
d«>nl  les  idées  religieuses  étaient  extrêmement  superficielles,  qui  voyait  simplement  dans  les 
hanii  et  le  Souverain  tout  ce  qu'il  devait  honorer  et  révérer,  et,  d’autre  part,  croyant  que  la 
bonne  comme  le  mauvaise  fortune  étaient  toujours  envoyées  par  les  Kami,  attachait  une  grande 
importance  aux  cérémonies,  s'efforçant  d’appeler  les  bons  esprits  et  d’écarter  les  mauvais,  ce 
peuple  lut  profondément  louché.  Il  va  sans  dire  que,  à  coté  du  bouddhisme,  le  confucéisme, 
qui  ne  s  appuie  que  sur  la  \  u*  actuelle  pour  expliquer  le  devoir,  (‘lait  bien  au  delà  de  sa  portée. 

I  lien  plu  s,  la  foi  bouddhique  est  d’aspect  multiple,  ce  qu’elle  enseigne  sur  les  prières  à 

faire  dans  la  vie  présente,  par  exemple,  correspondait  déjà  aux  sentiments  des  hommes  de  ce 

temps,  de  sorte  «pie  cette  pratique  devenant  presque  toute  la  religion,  le  Bouddha  et  ses  saints 

étant,  tout  comme  les  Kami  du  Shiuntoïsme,  des  êtres  actuels  existant  dans  ce  monde,  on  en  lit 

les  protecteurs  du  pays  et  des  peuples;  aussi,  le  bouddhisme  fut-il  dès  lors  tenu  pour  la  loi 

/ 

nécessaire  au  salut  de  I  Liât.  Il  faut  encore  ajouter  que  ses  prédicateurs  étaient  pour  la 
plupart  des  hommes  d’une  haute  vertu  et  que,  particulièrement  pourvus  de  ce  sens  pratique, 
fruit  d  une  civilisation  réaliste,  ils  exercèrent  en  littérature,  dans  les  arts,  sur  les  métiers  une 
influence  extraordinaire.  Au  point  de  vue  abstrait,  les  discours  profonds  et  sublimes  du 
Bouddha  étonnaient  les  oreilles,  et  au  point  de  vue  concret,  les  statues  imposantes,  les 
monastères  magnifiques  éblouissaient  la  vue.  Gomment  tout  cela  aurait-il  manqué  de  toucher 
des  c»eurs  toujours  droits  et  simples. 

Or  bien  (pie,  avant  celte  époque,  plusieurs  générations  d  empereurs  et  de  ministres  de  la 
Lour  eussent  déjà  embrassé  le  bouddhisme  avec  ferveur,  le  pouvoir  (pie  la  nouvelle  religion  prit 
sur  les  esprits  tint  particulièrement  à  I  influence  personnelle  du  régent  d’alors,  le  sage  et  éclairé 
Svautokou  Taïshi,  A'  fils  de  l'empereur  àoméi. 

Le  prince  impérial,  en  faisant  sa  constitution  en  i  ~  articles,  la  distribuant  a  tous  les  fonc¬ 
tionnaires  et  leur  déclarant  qu'ils  devaient  honorer  les  I  rois  Précieux,  en  voyageant  dans  toutes 
les  provinces  du  kinaï  et  élevant  partout  de  nouveaux  temples,  en  demandant  a  1  Lmpereur  de  faire 
peindre  les  images  du  Bouddha  dans  tous  les  temples  et  instituant  les  maîtres  peintres  de 
kiboumi,  du  'tanmshiro,  de  Soulmda,  de  kautchi,  de  Narahara,  etc.,  en  expliquant  lui-même  les 
soutras  et  montrant  que  le  bouddhisme  ne  va  pas  contre  les  idées  religieuses  nationales,  en  rassem¬ 
blant  exactement  en  un  tout  les  aspirations  d  en  haut  et  d’en  bas,  en  composant  1  histoire,  écrivant, 
et  encourageant  les  études,  il  a  bien  mérité  à  la  lois  du  bouddhisme,  des  lettres  et  des  arts. 

O 

Shvautokou  étudia  même  à  fond  la  musique,  lit  faire  %  liâtes  traversières,  et,  d’autre  part,  un 
naturalisé  de  Uoudara,  Ninashi,  ayant  introduit  l’art  de  la  danse  kouré,  le  prince,  avec  l’assentiment 
de  l’Lmpercur,  ordonna  à  tous  les  chefs  de  famille  d  offrir  leurs  fils,  et  frères  cadets,  a  condition 
qu’ils  fussent  valides  et  bien  conformés,  pour  qu  on  leur  apprît  le  tambour  de  koure.  1)  un 
autre  côté,  il  donna  l’ordre  dans  tout  l'empire  de  jouer  du  tsoudzouini  (sorte  de  tambour)  et 


:ï"  i 


î  r  a®  c’est  par  la  touche  que  I  idée  paratt  . 

i®  C’est  l’âme  du  peintre  qui  donne  an  .  ...  [es  couleurs  de  toutes  ch - doWent 

faut  dessiner  chaque  chose  dans  >>  i  •  l,  i>eu«<V  ;  0“  ocsl  en  copiant  les  ««•Mvn~ 

s'harmoniser;  9  la  composition  rloil  rc  ordon...-'  <1 . .  '  ' 

Célèbres  des  anciens  qu’on  sepeneire  e  oui  •  aPn  •  .  ,1e  .1 . Umpe,  OB  pmi 

Bien  que . . ^  ta  û  2“,^ . - . .  ^  » . 

se  rendre  compte  des  progrès  <k  al  joréennes  oui  les  imitaient  n’égalaient 

d'histoire.  Cependant  il  est  permis  de  croire  . . , . „  „ . . .  j,  . 

qui  peut  élr.  dite  la  plus  ancienne  peinture,  r . » . '  ,  “  ■  '  » .  V 

la  décoration  du  tabernacle  en  tamamoush,,  conservée  dans  h  "M 

allons  en  examiner  la  composition  et  1  execution. 

PI  U.  —  TaBBIINACLF  F. N  ÏAMAMOl  SHI  (Kondau  .In  ll.lliryoil.il  . 

ni, .n  que  nous  devions  revenir  plus  loin  sur  ce  monument  dans  h  ■ 

lecture  et  dans  celui  des  arts  décoratifs,  nous  le  décrirons  ici  . ' . .  1 

‘  eB  forme  de  temple,  destiné  à  renfer . r  une  image  «lu 

Bouddha  et  dressé  sur  un  socle  assez  haut.  Il  \  a  des 

peintures  sur  les  \  faces  du  socle  ainsi  que  sur  les  v«.|e|. 

et  lu  face  postérieure  du  tabernacle  proprement  dit. 

La  première  face  «lu  socle  r.pr.scnto  une  mlonitiou 

Je  reliques  ;  la  face  latérale  «lr«»it«*  illustr*-  un  ,lu 

shvashinn  bon  «lans  le  Konkwau  myaiiw.in  U  au  hg  'i 

et  montre  h>  saint  donnant  son  *  eliarm  l  .»  d«-v<»r«  i  .» 

un  tigre  affamé;  la  faee  «h*  gnurlii»  présente,  ou  1“  «b 

S  caractères,  les  'i  stanres  d  iimx  ati«m  imimtiu  n<  «I* 

tous  lus  <Mrt*s,  loi  d’e\tincti«»n  «h*  l'exii-huee.  jm«*  «  «*n- 

rUt ivo  à  l'extinction  «l«‘  la  vie,  joii®  d.m-  I  am  antiftsciimnl  . 

la  face  postérieure  r»*prés«-nt«»  !»•  mont  M«-r«»u.  L.  p«m* 

lares  (les  volets  «lu  t«»inpl«*  ligurenl  la  b«aiitc  suldiim  « I • 

différents  Boseatsous;  sur  la  fart*  postéri*  un*  «  r«  pr« 

s«*nl«*<*  la  pago«le  «les  nombreux  tr«*sors  taliaudan  d 

<*st  «lit  «lans  les  livres  bouddliupus  ipn*  «lan®»  le  uioiith  «I* 

lu  paix  precieuse  «le  I  Kst,  um*  pagod«*  aux  u«>inbieii\ 

trésors,  liante  de  20000  lieues,  npparait  loiljniirs  .1  t « ïii I 

endroit  où  la  lleur  de  la  Loi  «'si  e  x  p  I  i  «  p  1  «  *  «  •  .  Ll»a«|il«*  fa««* 

«*st  peinte  au  vernis;  la  gamme  «onipreml  >  couleur" 

noir,  jaune,  rouge. 

Ln  étudiant  ees  peintur«'s,  on  voit  «pi  «*l l«*s  moi! 
absolument  idéalistes  :  les  roelu's  des  l;ilais«*s  pr*®st*  n  I  «  *  1 1 1 
à  leur  «‘xtréniilé  un  allongiMiienl  «Lins  un  sens  1 1 1 1  i < 1 1  u *  «  I 
déterminé,  les  liges  et  les  feuilles  des  planl«‘s  sont, 
elles  aussi,  alignées  et  miilonmsécs:  les  exl  r«  *  1 1 1 1 1  es 
des  vêtements  des  bouddhas  et  «les  personnages  sont 
contournées  de  façon  à  présenter  un  caractère  décoratif.  Il  soinbh 

,  -IV»  .  •  1  V  r  •  1  ■  "I  1  1 


'g- 


Pkintliuc  du  tabuiinaci.i:  un  tamamoi  siii. 


contournées  ae  laçon  a  présenter  un  earaciere  oeeuraiii.  11  semnie  (pu*  de  telles  peiulur«‘S 
ont  été  exécutées  avec  ]  intention  d’éveiller  chez  les  spectateurs  des  idées  extraordinaires  <‘l  «b* 
faire  travailler  l’imagination,  et  l’on  croirait  <jue  l’artiste  a  trouvé  ces  conceptions  «lans  sa  loi 


Histoire  de  l'Art  du  Japon . 


PI.  III. 


K  W  A  N  Z  É  O  N  (Avalokitésvara,  sanscrit). 

Bronze  d’or  du  VI*  siècle  (Collection  impériale). 


Q 


1 


|»<  i sonnelle.  Qu  elles  soient  étranges,  cela  n’a  rien  d  étonnant,  car  c’est  là  une  caractéristique 
naturelle  de  la  peinture  religieuse  ;  cependant,  ici,  pour  exprimer  une  beauté  abstraite,  la  peinture 
a  naturellement  tendu  a  se  faire  décorative,  C’est  là  justement  ce  qu’on  peut  appeler  une  tendance 
caractéristique  de  1  art  au  Japon,  aussi  bien  qu’en  Chine,  en  Corée,  et  dans  toute  l’Asie  orientale. 

,  I  ' 

-  cm  ainsi  que  nous  voyons  apparaître  dans  les  peintures  de  ce  tabernacle  le  germe  de  cette  conception 


est  lu 


uc. 


lai  tout  cas,  les  Bouddhas  et  les  personnages  ont  ici  le  visage  ail ongé  et  les  membres  grêles. 
IU  sont  dans  h*  genre  <!<•  ceux. que  nous  montrent  les  sculptures  de  style  coréen  de  ce  temps;  d’un 
autre  cote,  la  composition  et  le  coloris  sont  en  général  simples  et  sobres.  Est-ce  là  dans  toute  sa 
l'iiivic  le  style  du  temps  des  G  dynasties?  il  est  évidemment  difficile  de  le  prouver. 

<(|1  I'*  dans  les  vieilles  annales  du  llauryouji  que  ce  tabernacle  servait  aux  dévotions  de  Souïko 
lènnaii,  et  qu  il  a  etc  envoyé  à  ce  temple  lors  de  la  démolition  de  celui  de  Tatchibana,  et  c’est 
tout  ce  qu  on  en  sait.  1  > i e n  que  l’origine  de  ce  monument  ne  soit  pas  donnée  plus  en  détail,  comme  le 
style  eu  est  tout  a  tait  coréen,  il  faut  croire  que  c’est  l’œuvre  de  quelque  Coréen  naturalisé. 


CHAPITRE  IV 


Sculpture. 


E  art  de  la  sculpture,  tout  entier  venu  au  Japon  avec  le  bouddhisme,  commença  à  progresser  à 
partir  du  règne  de  Souïko  Tènnau.  Avant  cotte  époque,  la  i6°  année  de  Kéitaï  Tènnau  022),  un  homme 
des  Léang  méridionaux  de  Chine,  chef  d  une  compagnie  de  fabricants  de  selles,  Kouratsouribé  no 
songouri  Shibalatto,  était  venu  au  Japon  ;  il  se  bâtit  à  Sakatawara,  district  de  Takaitchi  en  Yamato, 
une  chapelle  toute  simple  oii  il  installa  un  Bouddha  qu’il  adorait.  Ce  fut  là,  eu  fait,  la  première 
apparition  au  Japon  du  culte  bouddhique. 

Ce  lils  de  Shibatallo,  kouratsoukouribé  no  Toçouna,  lit  pour  l’empereur  àoméi  un  Bouddha 
de  |G  pieds.  Ce  lil>  de  façonna,  Kouratsoukouri  110  Tori,  sous  le  règne  de  Souïko,  acquit  une  grande 
réputation  comme  ouvrier  en  Bouddhas.  D’autre  part,  après  que,  dans  la  1  V  année  de  Iviméi  (552),  le 
roi  du  Koudara  eut  oll’ert  des  statues  de  Bouddha,  des  images  de  toute  espèce  arrivèrent  peu  à 
peu  de  Corée. 

Maintenant,  ce  qui  nous  reste  de  cette  époque,  œuvres  de  Kouratsoukouri  no  Ion  ou  statues 
apportées  de  Corée,  est  d'une  facture  qui,  en  général,  n’a  pu  éviter  un  caractère  primitif.  A  l’examen, 
I,.  coup  de  ciseau,  les  plis  du  vêtement,  etc.,  paraissent  peu  profonds;  la  réalité  11’est  pas  complè¬ 
tement  rendue.  C’expression  et  la  pose  sont  d’un  rendu  enfantin;  quand  on  considère  cette  exécution 
si  primitive,  il  semble  qu’au  début  on  ne  connaissait  pas  le  rabot  et  qu’on  se  servait  simplement 
d  un  petit  couteau  à  lame  droite.  D'autre  part,  la  décoration  se  mêle  beaucoup  à  l’idéal  :  la 
chevelure  qui  tombe  sur  les  épaules  s’enroule  toujours  aux  extrémités  comme  une  tige  de  warabi. 
Ces  extrémités  du  saint  vêtement  s’allongent  également  à  gauche  et  à  droite  et  se  répandent  en  formant 
comme  deux  nageoires.  D’autre  part,  enfin,  pour  l’ornementation  du  socle,  le  bas  du  vêtement, 

étendu  intentionnellement,  en  couvre  toute  la  surface. 

Comme  faiseurs  de  Bouddhas  de  ce  temps,  les  plus  célèbres  sont  d’abord  Kouratsoukouri  no 
Tori,  déjà  cité.  Il  demeurait  à  Kouratsoukouri,  district  de  Shiboukawa,  en  Kawatchi  ;  sur  l’ordre  de 
l’impératrice  Souïko,  il  lit  beaucoup  de  statues  et  reçut  d’elle  un  rang  et  un  domaine.  O11  nomme  encore 
un  certain  Mita  de  Koudara,  qui  fît,  dit-on,  le  saint  patron  du  Séçonji  à  Yoshino  en  Yamato,  sur  l’ordre 
de  Kiméi  Tènnau,  dans  la  1  \°  année  du  règne  de  cet  empereur  (: 


monuments 


ni,  8g.  ,  _  Kwamüok  P»l*is  î-pérUl).  -  Broa»  d'or  h.ot  . 

Sur  le  bord  du  socle  est  une  inscription  disant  que  Kaç, Kohori  k T.1 .  - 

mort  l’année  kanoto-i  du  cycle  (48»),  le  /  mois,  le  10*  j r,  -  àeux  fils  ont  fa.t  cette  statu,  et 

implorent  pour  lui  une  heureuse  réexistence.  Cette  année  correspond  à  la  p  du  rég . le  S . 

Tënnau,  c’est-à-dire  à  691.  C’est  une  désœuvrés  d’art  authe . . -  les  plus  . . . . 

Le  corps  est  très  aplati,  les  bords  du  vêtement,  les  extrémités  de  la  chevelure,  et. 

symétriquement  à  gauche  et  à  droite,  tout  à  fait  cou . les  nageoires  de  poisson.  < 

suivi  par  les  peuples  non  encore  civilisés  pour  faire  des  objets  de . tal  paraissant  de  forme  pl 

on  courbait  2  feuilles  et  on  les  rivait  bord  à  bord  ;  c'est  ainsi  qu'au  début  l-s  -tuiu.'s  d.  '  ’•« .11. 1  d I - 

debout  étaient  faites  avec  9  feuilles  repoussées  minces,  pour  le  devant,  l’autre  | 1  I. 

assemblées  et  rivées  par  les  bords;  en  procédant  de  cette  façon  primitive,  il  - 

naturellement  des  deux  côtés  une  forme  ressemblant  à  des  nageoires  ou  mb-tf.-*  <  -  <  r-. - 

étaient  arrangées  en  prolongement  du  vêtement  ou  en  chevelure  tombant**  et  «b*v.*n ..  ut  mu  -  tt 

d’ornement. 

La  statue  du  Bouddha  delà  planche  III,  lig.  2,  »*n  bronze  n  p-m»-.  .  pi«»v  1  u  1  !  I 
Ilauryouji  et  actuellement  au  Palais  impérial,  est  faite  ni n-i  par  c<*  pm  •  »!,■  . ! . •  I  1  r  p  ri-  I  a 
2  feuilles  de  métal  repoussées  séparément  et  réunies:  b*"  f\lr.;mil.,<  du  \.  t  e  1  p 

rivées.  Cette  ancienne  forme  a  passé  telle  quelle  aux  statues  de  bois  et  aux  bail-  *•  <  ■  1  ; 

style  étrange  provient  d'une  survivance.  De  fait,  un  très  grand  nombre  d  an.  i-  n-  I  » 

en  Corée  sont  ainsi  fabriqués;  on  peut  donc  penser  que  ce  pa\>  est  b*  In  u  d  <  -  r  1  l:  1 1 1  •  d-  1 


arrangement , 

o 


Pl.  IV.  —  V  voir  l\  N  K  AV  A  NON  Haill*VOil|i .  ^  outil. clttllo  .  Un is.  Ii, ml  <>  (o*  1  i  »  i 

Cette  statue,  œuvre  de  Shyautokou  Taïshi,  est  nommée  “  statue  «b  -1  m.l  nr  initnr-  lb  .  Ib  . 
toujours  été  considérée  comme  une  image  occulte  et  part  iculierenieiit  \  .n.-i  n  bl.  I  II*  •  1  dm- b  -  *■ 

I 

de  la  statuette  décrite  précédemment.  Tout  le  corps  est  aplati,  a  gauche  et  a  droite  sont  .1*  -  n  _  1 

le  diadème  en  bronze  repercé  montre  un  motif  de  plantes  grimpantes  très  soigne  I  .  \.  *  -it  i  * 

Il  y  a  encore  un  ou  deux  Bouddhas  du  mémo  stvle  parmi  a  S  statues  de  bronze  .1  or  prunil  i\  eineni 
au  Ilauryouji,  actuellement  ail  Palais  impérial.  I)  autre  part,  dans  le  trésor  du  llaiirvoup.  romm  d.m 

(eux  d  autres  temples  ou  dans  des  collections  particulières,  on  en  conserve  un  assez  grand  nombre 

: 

PL  v;  “  Shyaka  et  ses  2  acolytes  Yskouavav  et  Yakouyai  (Ilauryouji.  Rondin).  I  ont.  d.  l.i  /*  I 
sdint  patron  *Sli\aka  est  dore.  Haut.,  \  pieds  *  pouces. 

Une  inscription  gravée  sur  la  gloire  dit  que  la  .31”  année  de  Souïko  Tènnau  ,  Shvaulokou. 
en  accomplissement  d  un  \*x*u  fait  de  son  vivant,  et  afin  d  implorer  b*  bonheur  dans  une  seconde 
existence,  pour  sa  mère  et  sa  femme,  l  a  fait  exécuter  par  le  maître  Khibakoiira  tsoukouri  obilo 
Tori.  Comparée  aux  autres,  telles  que  la  Kwànon  du  Youmédono,  le  Mirokou  Boçatsou  du 
Tchyougouji,  etc.,  cette  statue  est  plus  trapue  et  paraît  d’un  slvle  un  peu  dilférenl 

Ne  serait-ce  pas  là  le  style  do  la  Chine  centrale  transmis  par  Kouratsoukou  ri  no  Tori  ? 

Parmi  les  statues  bouddhiques  venues  de  Chine  sous  l’empereur  suivant,  Tènlehi  Tènimu,  et 
posterieurement  on  en  voit  un  grand  nombre  ainsi  trapues  et  d’un  visage  enfantin, 

1)  autre  part,  au  kondau  du  Ilauryouji,  se  trouve  une  statue  de  Yakouslii  lioçatson  à  peu  près 
du  même  style  (les  acolytes  Nikkwau  et  Ghèkkwau  ne  doivent  pas  être  de  la  même  main),  en  . . b* 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  IV. 


NYOIRINN  KWANON  (A  valokitèsvara,  sanscrit). 

(Sculpture  du  VIe  siècle.  Temple  Hauryouji). 


l»K)ii/.(‘  ;  le  saiiil  patron,  don*,  est  de  la  meme  taille  que  le  n°  36  ;  tous  deux,  d’après  la  tradition,  seraient 

ma'M  (^‘  l()|i-  On  al  firme  aussi  que  ce  Yakouslii  Boçatsou  est  la  toute  première  statue  du 
kondau. 


.Micokoi  koçatsuu  (  I  t'hyou^ouniji,  Ilauryouji).  —  Rois,  grandeur  nature,  assis  une  jambe  pendante. 

luen  que  relie  statue  ail  toujours  été  le  Mirokou  patron  de  la  secte  llauçau,  depuis  l’antiquité 
<>n  eu  lait  aussi  une  image  de  Nyoïrinn  Kwànon.  La  facture  des  mains,  pieds,  etc.,  est  très  soignée 
pour  une  muv Te  exécutée  sous  Souiko.  Doit  être  rattachée  à  l’école  coréenne. 

Mutokoi  iioc  a  i  soi  Kwaurynuji  a  Oud/ournaça,  ï  amasliim  i.  —  lîois,  liant.,  \  pieds  }  pouces.  Même  style  «pie 
la  précédente. 

lui  dehors  de  cela,  comme  sculptures  du  temps  de  Souiko,  il  existe  encore,  appartenant  à 
S.  M.  I  l.mpereur,  une  statue  de  bronze  d’or  provenant  de  l  ancien  Ilauryouji,  datée  de  la  4e  année  de 
Souiko  (>0(>  ;  en  >i  amato,  au  llaurinnji  une  statut*  de  Kokouzau  Boçatsou  ;  d’autre  part,  au  Palais, 
provenant  de  I  ancien  Ilauryouji,  on  consent*  des  petites  statues  de  bronze  d’or  appelées  les 
|8  Bouddhas.  Foutes  ces  œuvres  sont  célèbres. 


CHAPITRE  Y 

Architecture. 


Le  Bouddhisme  vint  au  Japon  la  13e  année  de  kimméi  Tonnait  Soga  no  Inamé, 

dans  l'intention  d'adorer  le  Bouddha,  consacra  sa  maison  de  campagne  sous  le  nom  de  Moukawaraji. 
Ce  fut  le  premier  temple  bouddhique  du  Japon. 

Il  semble  doue  qu'il  ne  lit  qu'installer  simplement  dans  un  bâtiment  ordinaire  une  image 
bouddhique,  cl  l'appeler  temple,  et  que  et*  ne  fut  pas  déjà  un  édifice  de  style  coréen. 

Soga  m»  Oiimako  bâtit  une  pagode  sur  la  colline  de  Obono  ;  ce  fut  là  le  premier  exemple 
d'architecture  bouddhique  an  Japon.  Après,  Shyautokou  bâtit  de  nombreux  monastères  tels  que  le 
Sliitèiinaup ,  etc.,  et  régla  la  disposition  du  garàn  à  7  pavillons,  magnifique  par  ses  colonnes  rouges 
el  ses  toits  bleus  ’  ;  cela  donna  une  vive  impulsion  à  notre  monde  architectural. 

A  cette  époque,  les  garàn  monastères  n'étaient  que  des  temples  d’études  ;  d’ordinaire  ils  s’éle¬ 
vaient  face  au  Sud  ;  aux  \  cotés  de  l'enceinte  il  y  avait  '\  portes,  est,  ouest,  sud,  nord;  à  l’intérieur 
v>  pagodes,  est,  et  ouest,  ou  une  seule.  D’autre  part,  une  galerie  limitait  un  espace  carré;  à  la  face 
antérieure  était  la  porte  médiane;  au  centre  de  la  face  d’arrière  il  y  avait  le  kondau,  en  arrière  duquel 
étaient  rangés  le  kaudau,  le  jikidau  ;  à  droite  et  à  gauche  de  ceux-ci  se  dressaient  la  tour  du  tambour  et 
celle  de  la  cloche,  enfin  au  delà,  sur  les  3  faces,  est,  ouest,  et  nord,  étaient  les  logements  des  moines. 
Le  kondau,  habituellement  à  étage,  s’élève  au-dessus  d  un  terrassement,  le  sol  en  est  dallé  de 
carreaux  de  terre  cuite,  les  salles  sont  pour  la  plupart  à  quatre  piliers.  Les  pagodes  de  ce  temps  sont 
généralement  de  3  à  7  étages  y  compris  le  rez-de-chaussée),  rarement  de  9  à  i  3.  La  porte  médiane 
<•(  la  grande  porte  Sud  sont  la  plupart  du  temps  à  étage;  il  est  de  règle  qu’à  1  une  ou  l’autre  on  installe 
les  rikisbi  (gardiens  du  temple).  D’autre  part,  dans  les  garàn  il  y  a  des  bains  ;  parfois  il  y  a  2  kondau, 
l’un  à  l’est,  l’autre  à  l’ouest.  E11  dehors  de  cela,  il  y  a  toutes  sortes  de  dépendances,  telles  que 
magasins,  etc.  La  figure  22  donne  le  plan  théorique  d’un  garàn  idéal  à  7  pavillons. 


Quant  à  l'architecture  des  temples  shinntau,  mais  a  avons  sm  *  ll<  •  | 1 1  '  *n  I 
gnements.  Cependant  on  peut  sans  doute  admettre  que,  encore  si  celle  époque,  il>  <  «ml nni.i"  ni  1*  t  \l< 

de  la  période  antérieure. 

On  ne  sait  pas  non  plus  grand’cliose  sur  rarcliitecturc  des  palais.  <»u  lmu\e  pourtant  dans 
F  histoire  de  l’impératrice  Kwaughyokou  certains  renseignements  sur  le  Dnïgokoudèîi.  D’autre  pari 
l’expression  “  importes’  employée  à  propos  du  Palais  lait  penser  qn  a  «*|,t  l  •  ■  **  1 M  M 1  ’  ‘  ‘  ,in' 

imitait  celle  des  T’ang  de  Chine. 

Cependant,  l’impératrice  kwanghyokon  lit  hàtir  un  palais  couvait  * •  n  j •  1 . 1 1 u  1 1 •  * ^  | ‘ ‘ '  1  lm|  '  l'l'lh' 


Fig- 


22-  —  I  N  lJLA.\  DK  S  SEPT  GRANDS 


TMMPU  S  DI  tlUIDIlAMX 


ba,,,,,,  voulut,  sans  y  parvenir,  compléter  en  couvrant  le  kyoudèn  en  tuiles;  cela  suffit . .  . . 

es  palais  du  temps  étaient  couverts  en  . . et  que  les  deux - mratri - yèront  d’en  améliore. 

la  .  01, St, -uct, on.  En  tout  cas,  qu’à  cette  époque  on  appliquât  les  règles  du  daïri. . . . . . . 

IZT™  °0nStrUCti°"  1111  . . .  ^  «t  *886*  dilficUe  à  croire  . .  dive. 

eues  '"""T  CeUe,  érqUe  °St  k  P<?riodo  1-o-r  la  construction  des  lonipli,  1 . KH..*- 

s  Vie  doi  sons'd  t  mf  °  ,  élflTnt’  SCmble-t-i1’  I-  d«8  architectes  du  Koudara,  le,,,. 

'  .'oitsans  doute  etre  appelé  style  de  Koudara. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


SHYAKA  ET  SES  DEUX  ACOLYTES 


(Sculpture  du  VIIe  siècle,  temple  Hauryouji). 


. 


« 


X-  „ 


' 


MONUMENTS 


l"Ml,M  !<*  gnran  (l"  Hauryouji  on  ATunato  ainsi  que  les  pagodes  du  Ifaurinnji, 

lla,1,>«,uji  rs*  1111  garun  a  j  pavillons  complet.  3  de  ces  batiments,  le  kondau,  la 
^  "V  *  nu  di.Hir  oui  conserve  sans  changement  jusqu’à  ce  jour  le  style  du  temps  de 


S 


olll  KO. 


M.unh  nanl,  poui  en  résumer  les  caractéristiques,  les  colonnes  ont  un  galbe  qui  ressemble  à 
1  donin  s  g i  '  q!|e>  ;  ou  pr(*fi‘re  a  I  assemblage  ordinaire  les  consolettes  et  petits  dés  à  profil 
11  ^nMI1'  balustrade,  les  petits  bois  sont  assemblés  en  svastika  incomplète;  la 

b.iluxti.idi  ,  •  tant  simplement  décorative,  ne  comporte  pas  de  plancher  intérieur.  Les  toits  sont  d’un 
i'  1  beu i'  grandeur  et  I  harmonie  de  leurs  proportions  donnent  à  tout  l’ensemble 

1111  ,I>IM  ‘  *  majestueux,  il u  caractère  admirable  et  sublime.  La  planche  A  I  donne  une  vue  perspective 
de  ce  kondau. 

b;l  planche  II  représente  la  chasse  en  tamamoushi  qui  se  trouve  dans  b*  kondau.  Cet 
"bjd ,  appartenant,  réellement  au  temps  de  l’impératrice  Souïko  tant  par  le  style  que  par  les  détails 
'b'  I  execution,  c-u  en  harmonie  parfaite  avec  le  caractère  du  kondau  et  des  bâtiments  analogues.  On 
I"11*  N"ir  'bois  ce  lait  une  preuve  concluante  que  h*  kondau  et  les  batiments  analogues  montrent 
haïr  ensemble  le  style  du  temps  de  Souïko.  Cette  chasse  présente  des  garnitures  en  métal  d’un 
rtu|d  eharnianl.  Les  mollis  décoratifs  de  ces  lerrures  rappellent  un  peu  l  art  byzantin  ou  arabe. 

I  ^  .Mitre  part,  parmi  les  mot  ils  peints  à  la  litharge,  certains  évoquent  le  souvenir  des  plus  pures 
acanthes  de  style  grec.  Le  public  verra  peut-être  là  une  rencontre  fortuite  des  arts  d’Ürient. 
(.♦•pendant,  cette  ressemblance  pourrait  amener  à  croire  qu'il  u  est  pas  impossible  que  les  arts 
d  (trient  et  d  Occident  se  soient  rencontrés  quelquefois.  On  voit  encore  dans  le  kondau  des  peintures 
murales,  des  statues,  des  dais,  tous  présentant  des  motifs  qui  rappellent  certaines  tendances  de 
I  art  indien  ou  grec. 

Oaiis  les  deux  temples  du  Haurvouji  et  du  Tan  kiji,  les  pagodes  à  étages  sont  absolument 
du  même  style  et  de  la  même  exécution  que  le  garàn  du  Haurvouji. 

Le  garàn  «lu  temple  des  Shitennau,  en  Settsou,  nous  a  bien  conservé,  par  la  disposition  de  son 
plan,  les  caractéristiques  de  cette  époque.  Sur  chacune  d«is  faces,  une  grande  porte  s’ouvre  sous  un 
vaste  portique  carré*.  Dans  la  face  principale,  une  porte  intérieure  donne  accès  dans  l’enceinte  où  se 
trouvent  une  pagode  à  cinq  étages,  puis  un  kondau,  et  ensuite,  par  ordre  de  succession,  une  salle  de 
prédication,  un  oratoire,  un  réfectoire.  A  droite  et  à  gauche  de  la  salle  de  prédication,  le  beftroi  et  la 
tour  du  tambour  s<*  répondent  symétriquement.  Mais,  à  1  élévation,  on  observe  quelques  différences. 
Ainsi,  le  kondau  a  un  toit  en  pente  débordante  ;  le  kondau  et  la  pagode,  au  lieu  de  ksumimono, 
ont  «les  consoles  sculptées.  Au  contraire,  certains  détails  ont  conservé  les  caractères  de  l’ancien 
style  du  temps  de  Souïko. 

Industries  artistiques.  — Jusqu’au  règne  de  Souïko,  la  décoration,  ainsi  que  les  arts  du 
métal,  de  la  céramique,  etc.,  avaient  bien  pris  quelque  développement;  mais,  lorsque  le  Bouddhisme 
arriva  de  Corée,  toutes  sortes  de  procédés  furent  transmis.  On  sentit  la  nécessité  d’un  art  majestueux. 
A  partir  du  règne  de  cette  impératrice,  les  progrès  redoublèrent.  Comme  œuvres  des  industries  d’art 
de  ce  temps,  nous  possédons  encore  le  Tengaï  (dais)  du  kondau  du  Hauryouji,  le  reliquaire  en 
tamamoushi,  la  bannière  en  bronze  d’or,  etc.  En  étudiant  ces  monuments,  nous  voyons  que  leurs 
formes  toujours  compliquées  attestent  une  recherche  ingénieuse.  On  peut  supposer  qu  antérieu¬ 
rement  à  Souïko,  les  objets  décoratifs  de  grandes  dimensions  devaient  être  rares.  Les  arêtes 
rectilignes  dominent  :  on  n  est  pas  encore  parvenu  a  manier  la  beauté  des  couibes.  Quant  au 


coloris,  il  n’atteint  pas  encore  la 
nuances  multiples  n’apparaît  pas 


variété.  On  se  borne  à  dos  tons  primitifs,  et  I  harmonie  «1rs 
encore.  Cependant  les  motifs  décoratifs  sont  connus  selon 
une  ordonnance  déjà  développée.  Les  entrelacements  de 
1  jones  se  détachent  harmonieusement  sur  une  surface  déter¬ 
minée;  et  les  proportions,  établies  avec  justesse,  ne  laissent 
aucune  impression  d  incohérence  ni  de  dooidit*.  *vHmhI 

aux  procédés,  les  artisans  du  bois  ne  connaissent  pas  le 
rahot  :  c’est  avec  des  outils  en  fer  de  lance  qu  ils  travaillaient 
le  bois,  en  sorte  qu'ils  ne  pouvaient  obtenir  des  surfaces 
parfaitement  polies.  Pour  les  broderies,  le  lil  étant  irrégulier, 
on  n  arrive  pas  à  une  grande  délicatesse.  La  céramique  m 
servait  pas  encore  de  l'émail;  on  ne  produisait  pas  de  (orne  > 
originales.  Lu  somme,  la  fabrication  ne  semble  pas  différer 
de  celle  de  la  période  différente.  Lu  revanche,  la  fonte  et  la 
forge  se  développent  d  une  laçon  remarquable  .  et  h  -»  «  i*'*‘ 
leurs,  les  repousseurs,  les  nndleui's,  tous  egalement  maître- 
en  leur  art,  arrivent  à  une  belle  exécution. 

Métaux.  —  Dans  la  période  précédente,  ou  a\ait 
produit  en  abondance  les  sabres,  les  armures,  le*-  <  apa- 
raçons  et  d  autres  objets  d  équipement  de  guerre.  A 1 1 ^ 1  l'> 
artisans  du  métal  sont-ils  en  possession  d  nue  e\e<  itmn  de. 
rative  plus  belle  et  plus  développée  que  celle  de  beaucoup 
d  autres  arts.  Aussi,  dés  le  début  «le  I  époque  qui  suit  la 
fonte  des  statues  bouddhiques,  ils  fabriquent  des  nrnement- 
de  toutes  sortes  avec  une  habileté  qui  \  i  s  accroissant  de 
plus  en  plus. 

Objets  d’art.  (bande  bannière,  dais  en  hron/e 
doré  fig.  .  —  Palais  impérial.  Autrefois  à  llaiirvouji. 
Lette  bannière,  qui  était  destinée  à  être  accrochée  au  plah»nd 
du  temple,  longue  de  (*>,n ,<>(’»,  eu  bronze  doré*,  est  formée 
de  six  plaques  réunies  à  charnières.  I  lie  est  maintenue  par 
un  dais  aux  bords  duquel  pendent  de  petites  draperies  et 
pendeloques.  La  décoration  de  la  bannière  ligure  des  plantes, 
des  Heurs,  des  nuages  et  des  emblèmes.  Lu  outre  de  celle 
bannière,  certains  objets  du  kondau  du  llaiirvouji,  comme 
le  tabernacle  en  tainaiiioushi,  portent  des  garnitures  métal¬ 
liques  ajourées  et  en  partie  ciselées.  Les  entrelacs  de  Isoii- 
roukousa,  dans  leur  diversité  cl  leur  compilent  ion,  gardent 
une  certaine  unité.  Leur  arrangement  est  harmonieux  et 
(l  1,11,1  proportion  heureuse.  Certaines  auréoles  de  llouddhus 
en  lu  onze  d  or  présentent  une  décoration  dans  le  même  genre, 
soit  repoussée,  soit  venue  à  la  foule,  soit  ciselée. 


Ibg-  2  t.  —  Jvr  K  M)A  H  I)  K  N  lllîoxzi;  Do  lu’.; 


Tissus.  —  Le 

la  soie  et  le  chanvre. 


lapon,  dès  qu 


o  i —  —  u  m.uuu,ucmum  au  molli  ( 

également  à  trame  de  couleurs  diverses.  Sous  le  règne  de  Y 


1  civilisé, 

fabriqua 

en  fils  de 

1  son*  de 

tissus  de 

rliaux  re 

,  457-7;, 

de  1ère 

Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  Vf. 


KONDAU 

iWm 


(pagode  dorée  de  Hauryouji,  à  Yamato). 
(Architecture  du  VIIe  siècle}. 


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1  S-  ^  ■  <r**Ÿ3-  l9  W 


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—  4;  — 

chrétienne '  un  tisseur  do  brocarts  Divunnn  r...  , ,  ,  Ir  . 

’  *  na’  'uf  aPPe^e  (^u  Koudara  et  inaugura  la  fabrication  rlu 

brocart  a  Momolmra  en  Kauvntclu.  Plus  tard,  on  demanda  -les  tisseurs  à  la  province  ,1c  Wou  Yo  en 

h"T  "SS,‘r  ''a>'a  "  l'inokoumano,  en  Yamato.  Dès  lors,  la  fabrication  des  tissus 
broches  se  développa  progressivement.  Parmi  les  vieilles  étoffes  conservées  à  llauryouji,  on  peut 
reconnaître  des  tissus  brochés  de  cette  époque. 

nnnnl  a  la  broderie,  on  ne  sait  pas  exactement  à  quelle  époque  elle  s’est  manifestée.  Souïko, 

en  la  i  L  année  de  son  rècme,  (il  exécuter  nno  hrnHnrm  ,l„  /.  m  «e  ,  .  ,  ,  .... 

*  ’  ultîI  ane  Drodene  de  |m, ho  représentant  une  scene  bouddhique. 

I  )es  lois,  <  >11  luoda  beaucoup  de  sillets  houddhumne  ni  ton  noni  nn  *  ?  ,  .  •  1 

I  uj  ijuiKKimquc  s,  et  i  on  peut  croire  que  c  est  a  partir  de  ce  moment 

que  se  développa  l  arl  du  brodeur. 

MONUMENTS 


iuh  .m,  qui  n  pi  <  Mute  le  I  ai  adis,  a  <*le  exeeule  eu  la  >o'  auuee  du  règne  de  Souïko  622}, 
a  la  mon  du  prince  SI, van  Tokou,  sur  la  prière  de  sa  femme  Tatchibana  no  Iratsoumé,  qui  désirait 
avoir  mie  irnape  du  I  aradis  ou  etail  aile  son  epoux.  Le  dessin  en  fut  commandé*  à  des  arlistos,  et, 
selon  1  inscription  qu  elle  porte,  la  broderie 

fut  exécutée  par  le  travail  collectif  de 
toutes  les  femmes  du  palais,  (le  rideau 
brodé*  était  primitivement  double.  Chaque 
partie  mesurait  i(>  pieds.  Le  fond  est  formé 
de  deux  tissus  :  gaze  pourpre  et  (nja  jaune. 

La  broderie,  en  fils  blancs,  rouges,  bleus, 
jaunes,  vert,  orange  et  pourpre,  dessine 
des  Bouddhas,  des  personnages  célestes, 
des  palais,  des  Heurs,  des  oiseaux,  etc. 

D'autre  part,  on  y  voyait  cent  hexagones, 
brodes  chacun  de  caractères  en  tout 
ion  caractères)  formant  l’inscription  qui 
relate  1  historique  de  son  exécution.  Ce 
rideau  s’est  détérioré  peu  à  peu.  Il  11  en 
reste  aujourd  hui  que  quelques  fragments, 
qui  permettent  de  voir  des  Bouddhas,  des 
personnages,  des  palais,  des  hexagones. 

Lr  tout  nITre  une  surface  d'environ  2  pieds  8 
en  carré*.  Cependant,  d  autres  fragments 
de  cette  broderie  ont  été  conserves  en 

divers  endroits.  D’autre  part,  comme  il  en  existe  aussi  d’anciennes  copies,  on  peut  se  faire  une 
idée  de  son  état  primitif.  La  composition  relevait  d’un  art  idéaliste  et  comprenait  une  certaine 
quantité  d'arrangements  décoratifs  ingénieusement  inventés.  Ainsi  le  siège  du  Bouddha  était  fait 
de  Ileurs  librement  interprétées,  et  les  bords  (  1 1  (  1  §  zarres* 

l/étrano-olé  n  etail  pas  un  des  moindres  caractères  de  l’œuvre.  Indépendamment  de  ee  rideau,  on 
sait  qu'il  exista  d’autres  broderies  au  temps  de  Souïko.  L'impératrice  llasbi  liito,  mère  de  Shyau 
Tokou  Taïslii.  el  la  princesse  Knshiu  Adé  Oho  Iratsoumé,  sa  femme,  brodèrent  ensemble  une 
bannière  bouddhique  qu'elles  donnèrent  au  Hauriouji.  Ce  qui  en  rosie  se  trouve  au  palais  Impérial. 
Le  stylo  de  cette  broderie  est  simple,  et  l’exécution  en  est  extrêmement  délicate. 


Fig.  —  Rideau  drodé  Mandara  du  Ten  you  kokou,  llauryouji 


■ 


■ 


' 


■ 


LIVRE  III 


Époque  de  Ten  tchi  Ier.  -  XXXVIII  (668-71). 


CHAPITRE  PREMIER 


9 

Etat  social  de  ce  temps  au  point  de  vue  des  Beaux-Arts. 


Los  I >eaux- Arts,  < Ion I  lo  développement  avait  commencé  sons  limpératrice  Souïko,  liront 
•le  grands  propres  au  lemps  do  l'on  tchi  EL  II  faut  attribuer  cette  évolution  aux  méthodes  de 
gouvernement  ol  aux  iidluences  extérieures. 

bu  «‘Ilot,  vers  les  dernières  années  do  la  période  précédente,  le  gouvernement  de  clan  avait 
mi*'  lo  eouible  a  s»*s  défauts.  Le  Haï  jinn  Soga  exerçait  avec  une  insupportable  arrogance  le  pouvoir 
transmis  depuis  îles  siècles  dans  sa  famille.  Dans  le  pays  des  Koumi  tsouko,  agatanoushi,  etc.,  les 
<  liofs  lurbulonls,  si*  retranchant  dans  leurs  domaines,  ne  travaillaient  qu’à  leur  fortune  personnelle, 
en  sorte  que  cette  période  est  à  peu  près  comparable  à  celle  des  royaumes  combattants  en  Chine. 

Cependant  le  prince  du  sang  Xaka  no  Uhué  plus  tard  Ten  tchi  Ipr),  d  accord  avec  le  naka 
lomi  Ixamatari  el  quelques  autres,  haïssait  la  tyrannie  de  Soga,  et  ne  demandait  qu'à  réformer 
I  administration  oligarchique  et  faire  table  rase  des  effets  pernicieux  qui  en  résultaient.  Ils  prirent 
soudain  les  armes  et  liront  expier  ses  crimes  au  Daï  jinn  Soga  no  Nousca. 

I  ne  fois  le  gouvernement  débarrassé*  de  ce  personnage,  il  s'agissait  de  faire  de  nouvelles  lois 
pour  remplacer  celles  qui  étaient  précédemment  en  vigueur,  lai  outre,  depuis  l’avènement  du  boud¬ 
dhisme,  soit  parce  que  nous  sûmes  les  attirer,  soit  par  suite  de  troubles  incessants  qui  désolaient 
la  péninsule  coréenne,  les  bonzes  arrivaient  dans  notre  pays  en  rangs  pressés,  apportant  avec  eux 
les  sciences,  les  arls,  les  industries,  les  métiers.  Ce  fut  quelque  chose  d'analogue  à  l'exode,  vers 
l'Occident  d  Europe,  des  savants  byzantins,  fuyant,  avec  leurs  manuscrits  anciens,  les  convulsions  du 
I  >as-Lmpirc. 

Luis,  sous  le  règne  de  Souïko  Ier,  des  ambassadeurs,  des  étudiants,  des  bonzes  savants 
avaient  été  envoyés  en  mission  en  Corée;  et,  dès  lors,  la  civilisation  développée  sur  le  sol  chinois  se 
précipitait  comme  un  torrent  sur  notre  pays.  Ainsi,  les  connaissances  humaines  progressaient;  la 
littérature,  les  arts 'se  développaient.  Les  caractères,  jusque-là  simples  et  frustes,  subissaient  de 
notables  modifications. 

Ce  fut  sans  doute  en  cet  état  de  choses  que  le  prince  impérial  Makano  Ohyé,  Ixamatari  et 


quelques  autres  personnages  présentèrent  à  l'empereur  Kan  Tokou  W  •>"  - . re 

exposant  les  desiderata  des  hommes  éminents  du  temps.  Le  prince  ««pénal,  Kamatan,  se  proposa,» 

de  longue  date  de  copier  le  système  chinois  de  concentration  de  l’autonté.  P . .  «â  pre. . re  fo.s.  on 

institua  une  dénomination  des  années;  on  abolit  les  fondions  de  Dm  j.nn  d  d  '.mj.,  , . 

remplaça  par  celles  de  Sa  Daïjinn,  ou  Daïjinn,  et  de  Naïkwan.  On  régla  les  préséa, s  de  rang;  on 

établit  les  huit  ministères  et  les  cent  fonctions;  on  lit  le  recensement  :  on  . . .  une  loi  agraire 

on  répartit  les  impôts;  on  modifia  l’organisation  militaire;  on  fonda  un  systè. . le  promotion  sur  le 

mérite.  Enfin,  on  abolit  ainsi  les  lois  et  les  coutumes  antérieures;  et  le  paya  pri»  ainsi  un  asp 
nouveau. 

A  partir  de  cette  époque  fut  aboli  le  système  de  Hérédité  des  métiers.  Les  fonctions  furent 
attribuées  à  ceux  qui  montrèrent  le  plus  de  capacités.  Cest  ainsi  qui  I'"  ,l" urs  '  banl  ni  •! 
profession,  hommes  ou  femmes,  lurent  pensionnés.  On  ivrlinvlm  il'"  Ihumum  ^  *  I  •  ldi- ni  <t  *  *  •  i  h" 
encouragea.  On  donna  des  vêtements  honorifiques  à  des  poètes,  ou  un  litre  de  m dd.— ••  h  des  arti-t. -s 
Toutes  ces  mesures,  perpétuées  d»1  génération  en  génération,  cniitrihm’ivnt  pni--.'iiiiii'  ut  1  ^ 
sement  des  talents. 

Aussi,  bientôt,  les  beaux-arts  et  les  industriels,  placés  dans  les  comblions  h*s  plu-  l.»\ » »r.» I > ! .  -, 
se  montrèrent  fièrement  dans  tout  leur  éclat  printanier.  On  voulut  rriinii\»d»*r  les  m-l  il  ni  nuis  "  1  I- 
modèle  de  celles  de  la  Chine.  Il  était  de  toute  nécessité  de  posséder  un  corps  de  loi-  •  <1 1 1  -  -  Vi--i 
Tèn  tchi  IPr,  à  son  avènement  (3ji  ,  donna  à  Komatri  et  à  d'autres  I  ordre  d  ebiliorn  pour  la  pi  n  e  i>- 
fois  un  code.  Ce  code,  refondu  sons  le  règne  de  Temmoii  I"  XL,  67  >-f»Nli  et  de  I  1 1  n |  1  1 1  •  I»  1  >  I 
(XLÏ,  69  0-702),  fut  envoyé  à  toutes  les  administrations. 

Plus  tard  Mommou  Ier  XL,  67I-707  procède  à  une  seconde  révision  »!♦*>  lois  I i ♦  •  1 1 1 > * t  b  <  oip- 
de  législation  et  l'organisation  administrative  étant  solidement  établis,  le  d •  •  \ •  1  - > j » |  •  m.  ni  .!•  -  b  t’o 
et  des  armes  étant  poursuivi  énergiquement,  I  influence  impériale  -  étendit  -nr  f  ni'  -  b  p  j  ni  1 
Vers  la  lin  du  règne  de  Shomou  Ier  XXV,  720-706  ,  une  paix  profonde  ilnimni  le-  p  pf  I  r.inqni  1 1-  - 
et  heureux. 

Au  point  de  vue  des  arts,  il  faut  remarquer,  dans  I  ouvre  de  réglementai  n  >n  ,t.  b  -  ■  \ .  •  |  1 

Mommou  I",  la  part  faite  à  la  peinture.  Une  administration  de  la  peinture  lut  instituée,  ,,  |,(  y  1,  ,|. 
laquelle  furent  placés  des  maîtres  en  cet  art.  C  est,  dans  I  histoire  de  la  peinture,  un  fait  imp  ut  ni 
qui  sera  étudié  plus  loin. 

Lors  de  la  réforme  de  laikwa,  sous  l'empereur  Kan  Tokou  \X\YI  ,  se  manifestèrent  d'¬ 
hommes  remarquables,  tels  que  le  prince  du  sang  Nakano  Ohé,  h*  nakatomi  Kamatan,  le  bon/e  Uni, 
Taka  Nonkou,  Ixouro  Maro,  etc. 

Bin  et  Kouromaro  étaient  allés  en  Chine  faire  des  études  sous  les  Souï  et  les  I  aug  la* 
prince  et  Kamatari  avaient  eu  pour  maître  Minaboutau  Shyau,  qui  avait  été  en  même  lemp-  buu 
compagnon  de  voyage  et  d’études. 

La  1  efornie  de  faikw a  subit  entièrement  1  influence  de  l  esprit  des  I  aug.  La  morale  de  leurs 
philosophes  et  leur  civilisation  avaient  imprégné  les  précurseurs  japonais  et  particulièrement  nos  légis- 
lateurs.  Tous  ces  hommes  imbus  de  confucéismo,  une  fols  installas  nu  pouvoir,  puisèrent  dans 
doctrine  leur  idéal  de  cultui  e  et  de  gouvernement  ;  et  les  sages  empereurs  des  générations  suivantes, 
adoptant  également  la  doctrine  confucénnc,  lui  empruntèrent  les  principes  sur  lesquels  il-  établirent 

le  corps  complet  de  législation.  Par  une  conséquence  naturelle,  les  relations  avec  lu  . .  liront 

que  devenir  de  plus  en  plus  actives. 

C’est  ainsi  que  Kau  Tokou  I-  (XXXVI)  nomma  ambassadeur  en  Chine  Kisl.ino  nagani,  qu’il  lit 
accompagner  de  cent  vingt  et  une  personnes,  parmi  lesquelles  se  trouvaient  l'étudiant  I  lino  Ol.ilo, 
iant  bonze  Dansho,  elc.  D  autre  part,  une  ambassade  particulière  comprenant  cent  vingt  et  une 
personnes  et  ayant  à  sa  tête  Takata  no  Nemaro  fut  envoyée  aux  Tan'-. 


L(  s  deux  ua\ircs  portant  cos  ambassadeurs  partirent  ensemble.  Celui  qui  portait  Nemaro  et 
sa  naufiage  et  ne  parvint  pas  a  destination.  L’année  suivante  furent  envoyés  encore  des 

ambussad»  ms  .  I  uka  moukoii  Kouromaro  et  Kawabé  Omimaro.  Ils  s’embarquèrent  sur  deux  bateaux, 

<1  apiis  une  longue  traversée  prirent  le  chemin  du  Shiraghi,  et  enfin  arrivèrent  à  la  capitale  des 

I  ang  :  Teliang  ngan  (Tchyan  an). 

<bi  était  alors  dans  la  )'  , année  Nounghwéi  de  Kaotsoung  (Kausô).  La  civilisation  des  T’ang 

II  aNa^  l'*,s  '‘ncorr  al  teint  son  apogee.  Leur  capitale,  Teliang  ngan,  étant  placée  à  la  limite  de  là 
Chiiii1  du  Nord  et  de  la  Chine  du  Sud,  c  était  là  que  se  rassemblait  l’élite  des  deux  races  pour  s’y 
« I ispii f oi  la  palme  de  la  haute  culture  intellectuelle.  Kaotsoung,  son  fils  Shemin,  et  les  sages 
I  oujouliwei,  \\  citcheng,  lang  llinen  ling,  etc.,  brillaient  au  premier  rang.  La  fortune  souriait 
a  ‘  rl  ,,|nl,||(S  la  splendide  civilisation  des  T’ang  commençait  à  rayonner  de  tout  son  éclat. 

Les  voyageurs  qui  passaient  par  ce  pays,  lettrés,  ou  savants,  ou  étudiants,  s’émerveillaient  de 
celte  gloire,  et,  a  leur  retour  au  Japon,  ils  rapportaient  un  bagage  de  connaissances  nouvelles,  et  des 
livres,  des  o*uvres  d  art  ou  des  instruments  précieux.  Il  est  évident  que  ces  importations  contribuèrent 
beaucoup  au  développement  de  notre  civilisation. 

l'I ns  tard,  la  V'  année  de  Tèn  tchi  Ier  'XXXVIII,  664  aP-  J--C  ,  le  Japon  était  lié  avec  les 
I  ang  par  une  amitié  naissante.  I  n  ambassadeur  des  T’ang  vint  à  la  cour  et  présenta  ses  lettres  de 
creance.  Il  apportait  des  produits  de  son  pays.  Des  relations  directes  s’établirent  alors  entre  la  Chine 
et  le  Japon.  Des  objets  d  art  et  de  I  industrie  chinoise  furent  importés  en  grand  nombre. 

A  celte  époque,  le  Bouddhisme  üorissait  en  T’ang,  qui  était  avec  l’Inde  en  relations  suivies.  De 
no  ml  >reux  voyageurs  rapportaient  de  T  Inde  des  livres  et  des  images  bouddhiques.  Mais  l’Inde,  à  la  suite 
de  In  campagne  d  Alexandre,  avait  été  pénétrée  par  linfluence  grecque,  que  ses  arts  subissaient 
déjà .  Les  Chinois  rapportèrent  des  spécimens  de  cet  art  hindou  mélangé  d’hellénisme.  C’est  pourquoi 
I  art  des  I  ang  a  une  teinte  grecque,  ht  il  semble  que  ce  qui  vint  des  T’ang  au  Japon  à  cette  époque, 
et  notamment  les  images  bouddhiques  et  les  instruments  du  culte,  comprenait  un  grand  nombre 
d  objets  de  si  vie  indo-grec  transformés  par  le  sentiment  chinois. 

On  voit  donc  que  nos  relations  directes  avec  les  T’ang  ont  amené  dans  notre  développement 
artistique  des  (déments  complexes.  Quoi  qu’il  en  soit,  ce  fut  plus  tard,  sous  l’empereur  Shômou  (XLV, 

7  >  j-;  jS  que  se  lit  sentir  le  plus  fortement  l  influence  des  T  ang.  A  l’époque  que  nous  étudions,  c’était 
surtout  celle  des  Souï  qui  agissait  sur  le  Japon. 

Il  v  avait  à  cela  deux  causes  :  i°  Les  Li,  devenus  les  T'ang,  venaient  de  succéder  aux  six 
dynasties.  Le  nouvel  empire  n’avait  pas  encore  un  long  passé;  aussi  l’éclat  de  sa  civilisation  et  de 
ses  institutions  était  plutôt  la  dernière  lueur  jetée  par  les  Tch’en  et  par  les  Souï.  La  culture  qui  fut 
1  ; i  gloire  des  T’ang  ne  s’était  pas  encore  manifestée  dans  sa  plénitude;  a0  les  Japonais  qui  avaient 
fait  des  études  en  Chine,  et  qui,  depuis  la  réforme  de  Taïkwa  dans  le  gouvernement,  avaient 
transmis  cette  culture  chinoise  au  gouvernement,  à  la  littérature,  aux  arts,  ceux  a  qui  revient 
le  mérite  d’avoir  établi  ces  relations  directes  ou  indirectes,  avaient  tous  terminé  leurs  études 
sous  les  Souï. 

Après  un  premier  apaisement  des  tempêtes  qui  avaient  bouleversé  le  monde  chinois,  Indivision 
s’était  mise  entre  les  cours  du  Nord  et  du  Sud.  Ce  déchirement  dura  deux  cents  ans.  Il  fut  réservé  à 
la  dynastie  des  Souï  d’unifier  l’empire,  et  de  permettre  ainsi  un  développement  remarquable  delà 
civilisation.  Wen-ti  Souï  089-600)  et  Yang-ti  (Souï  600-617  se  distinguèrent  par  leur  ferveur 
bouddhique. 

Wen-ti  éleva  cinq  mille  temples  ou  monastères  ;  il  employa  une  foule  d’érudits  à  traduire  une 
quantité  considérable  de  livres  canoniques.  Plus  de  six  cents  mille  statues  de  Bouddha,  en  bronze 
d’or,  furent  exécutées,  sans  compter  les  réparations  de  vieilles  images. 

Yang-ti,  en  lui  succédant  sur  le  trône,  eut  aussi  grand  soin  de  faire  restaurer  les  livres  anciens 


02 


et  les  vieilles  images.  De  nouvelles  statues  furent  fondues  <•(  ■•'•|uimlucs  a  ,.rolus . m.I- ».•«,. U, 

commanda  la  construction  de  nombreux  navires,  envoya  cent  mille  . mes  de  . .  en 

nn  canal,  en  sorte  qu’on  pût  communiquer  directement  par  . . mu  de  rchang  ngan  à  Nang  Chéou 

Dans  sa  capitale,  il  fit  exécuter  le  parc  oeci.Ienlal  dans  lecpnd  le  luxe  . . igml  un  .•Mraordin.iin. 

développement. 

A  peine  une  trentaine  d’années  s'était-elle  écoulée  que  la  dynastie  fui  renverser.  Cependant 

sous  cette  dynastie,  comme  sous  les  six  autres  qui  la  suivirent,  le  Bouddhisme  — . itra  dot  issant 

«/ 

et  l’élan  de  la  civilisation  conserva  sa  force. 

Nous. verrons  dans  nn  chapitre  suivant  comment  et  à  <pml  point  la  d\na-f m  «h Smn,  aiu-i  qn> 
celle  qui  la  précéda,  ont  influé  sur  notre  art.  D'autre  part,  sous  EinipératrireSaï  mm  \\\  \  II,  6  Y.  GGi  . 
le  Shiraghi,  le  Koudara,  le  Koma  tombèrent  aux  mains  des  I  ang.  X‘>m-  pa  r  lions  < *< »in j •  I •  i.  n  t  i 

suzeraineté  des  trois  Khan,  qui  cependant  nous  redoutaient,  se  déclaraient  m>>  **t\  •  ai  -  ■  ■ 

cessèrent  pendant  plusieurs  générations  de  nous  payer  un  tribut. 

La  population  qui  survécut  à  la  dislocation  du  Koudara  s.*  .lmp, r-,i  «fin-  t.mlo  I.  -  pi"\Mi-  • 
Elle  répandit  sa  civilisation  et  ses  arts:  elle  devint  aiiM  un  iusl ruin.-n t  <h  <  1  « -\ •  '  , y  ■  '  p  1  I- 
classes  supérieures  et  contribua  à  nos  progrès. 

Tous  les  empereurs  qui  occupèrent  le  tronc  à  partir  de  L  u  L  in  I  WW  III.  te, S  i.- 
conservèrent  la  tradition  de  ses  principes,  lis  favorisèrent  !«•  1  >ou«l«lli i-m*  i  ■  - 
littérature.  Parallèlement  au  confucéisme,  le  Bouddhisme  fit  épanouir  un>  2  ;  p  \ 

On  cite,  parmi  les  bonzes  de  cette  époque,  Dauslm  et  Tliizau.  Dau^lc  a\ait  -1  d  1.  s  m 

Tsang  »  des  T’ang.  Revenu  du  Japon,  il  parcourut  toutes  les  pro\in«c-,  dan-  un  . .  1  .Lut  1  1  .1  •  h 

utile  à  l’humanité.  Tliizau,  homme  de  Won  naturalisé,  prêcha  la  s. P  K<>  •  ’  I 

remarquables.  A  cette  époque  appartient  l  érection  de  plusieurs  t.-nipf  -  qu  <>n  d 

beaux  monuments.  C’est  durant  cette  époque  également  que  Tmnp.*rmn  Kan  L»k"  WW  I  G  ,  V». 
lit  fabriquer  une  image  brodée  de  iG  pieds  et  j(»  autres  image-  il  <•< mim.md  1  1  ,  \ «  >  1 1 1 , •  1 1  ,p 
mille  statues  de  Bouddha.  La  maison  impériale  protégeait  et  subventionnait  R- mh  <a  P 
dhistes.  Elle  offrait  aux  temples  quantité  d  objets  précieux  ;  elle  ,  > r < L >  1 1 1 1  ni  ih  <  1 1  -. j  •  >  > -  1 
maison  une  chasse,  d’y  placer  un  Bouddha,  à  qui  Ton  présenterait  de-  liwmnaL  et  ,p 
offrandes. 

1  ar  suite  de  1  etablissement  du  Bouddhisme,  les  art  s  et  les  industries  lir<‘iil  d  <  ■  r.  1  p  1  d  •  -  p  1  < .  -  1 . 
et  atteignirent  cette  période  d’efflorescence  connue  dans  l'histoire  de  I du  t  sous  le  nom  d.  -1,  ,  |. 
de  Shyaumon  Tènnau  »  (XLV,  724-756). 

lèn  tchi  Iei,  lorsqu  il  était  prince  impérial,  avait  étudie,  avec  Notijiwara  un  Kamatari,  la 
doctrine  de  Tcheou  Kong  et  de  Confucius  sous  Mihaboutchi  Sbyaii.  Lorsqu'il  fut  mont,  sur  le  tr  ui.  ,  il 
fonda  des  écoles  pour  propager  la  doctrine  qui  lui  était  chère.  D’autre  part,  Momimui  I  .  imitant  les 
institutions  des  1  ang,  installa  une  université  et  des  ecoles  régionales.  Les  éludé-  clnn.u-es  lurent 
mises  en  grand  honneur.  Ainsi  le  Nippon  Shyoki  annales  historiques  parut  en  eliiuois.  et  ne  nu 
Koboun  I"  XXNI\  ,  678-667)  écrivit  d’excellents  vers  chinois. 

D  ailleurs,  Tèn  tchi,  Djito,  Ghennuyô,  Ghèn  Slayou,  tous  ces  empereurs  et  impératrices  se 
montrèrent  bons  poètes.  Le  génial  poète  Kakinornoto  Hitomaro  et  d’autres  parurent,  .pii  «levaient 
sen  ir  de  modelés  a  la  postérité.  C’est  à  cette  époque  que  la  poésie  japonaise  prit  son  bel  essor.  La 
littérature  aussi  se  développa  ;  elle  trouvait  devant  elle  un  champ  riche  et  fécond. 

En  résumé,  pendant  cette  période,  toute  la  civilisation  est  imitée  de  celle  de  Souï  et  «les  T’ang. 
En  politique,  les  princes  s’efforcent  d’appliquer  les  méthodes  gouvernementales  des  Yno,  Slioiin,  T’ang 
et  Tu.  Us  prennent  pour  modèle  une  bonne  législation  et  d’habiles  institutions.  Us  sont  aidés  dans 
leurs  efforts  par  des  ministres  intelligents.  L’esprit  des  T’ang  pénètre  le  peuple,  dont  il  modifie  les 
Quand  bien  même  cette  influence  des  T’ang  n’eut  pas  acquis  cette  force,  l’établissement  du 


53 


I  jonddliisinc,  I >ri s<» n I  des  coutumes  millénaires,  rénovait  l’esprit  du  peuple.  L’élaboration  de  nouvelles 
n'L;lt's  dt‘\i(*  morale  amena  des  modilirations  multiples  et  profondes,  et  contribua  au  développement 
des  connaissances  humaines.  Los  idées  trouvèrent  un  essor  plus  puissant,  les  sentiments  une  énergie. 

Lnlin,  cette  influence  se  lit  sentir  aussi  sur  les  Beaux-Arts,  dans  lesquels  elle  détermina  une  évolution 
complète. 


CHAPITRE  II 


Evolution  et  caractère  des  Beaux-Arts  de  cette  époque. 


^ 11  dclml  de  cette  période,  les  relations  avec  la  Chine  se  nouent  directement,  sans  l  aide 

C(>ree.  Les  bonzes  et  les  envoyés  introduisent  une  nouvelle  série  de  peintures  et  d’objets 
d’art  religieux. 

Les  Japonais  qui,  depuis  la  période  précédente,  s’étaient  efforcés  d  imiter  les  procédés 
conl mentaux,  tout  déjà  preuve  d’une  plus  grande  habileté  technique.  Ils  arrivent  à  une 
execution  sure  d  elle-même  et  plusieurs  objets  datant  de  cette  époque  montrent  que  le  progrès 
général  est  très  sensible. 

Les  arts  s  inspirent  en  grande  partie  des  (ouvres  chinoises  dans  la  période  qui  va  des  six 
dynasties  jusqu  nu  début  des  T’ang.  Mais  on  v  distingue  un  sentiment  national  plus  ou  moins 
mnnilcste.  Les  peinluros  murales  de  llaurvouji,  par  exemple,  procèdent  sensiblement  du  stvle  indien 
ou  indo-grec.  L’expression  et  le  mouvement  rappellent  le  caractère  des  œuvres  de  l'Inde  centrale, 
postérieures  nu  roi  Asoka;  cette  influence  est  surtout  perceptible  si  l’on  compare  ces  peintures  aux 
(i-iivres  précédentes  et  suivantes.  Les  [teintures,  les  dessins  et  les  sculptures  de  cette  époque  inclinent 
fortement  vers  le  réalisme. 

La  décoration  montre  les  chevaux  ailés  et  armés  de  grilles  de  l'antique  Assyrie.  On  voit  aussi 
des  poteries  analogues  à  celles  de  l'antiquité  égyptienne,  et  des  [liantes  décoratives  en  grand  nombre, 
dont  les  formes  offrent  les  combinaisons  de  l'acanthe. 

(  )n  peut  croire  que  ces  influences  pénétrèrent  à  la  suite  des  mouvements  de  peuples.  A  l’époque 
de  Ming  li,  le  Bouddhisme,  venu  des  Indes,  gagna  les  T’ang  orientaux.  Pan  Teh'ao,  envoyé  en  Sei 
| ki  Turkestan  actuel  pour  réduire  les  llioung-nou  Huns),  s’avança  jusqu’à  Rome.  Tous  ces  mouve¬ 
ment-  ne  furent  pas  sans  influence  sur  la  civilisation  chinoise.  Au  temps  des  Tsin  (aoo-.jao)  les 
communications  furent  fréquentes  avec  l'Inde,  le  Turkestan  et  le  Thibet.  Des  bonzes,  à  plusieurs 
reprises,  parcoururent  les  Indes.  Le  bonze  J  a  llien,  entre  autres,  visita  plus  de  36  royaumes  indiens; 
il  alla  même  jusqu  à  Ceylan.  L’est  ainsi  que  des  objets  d’art  de  ces  pays  parvinrent  en  Chine,  et 

de  là  au  Japon. 


CHAPITRE  III 


Peinture. 


Grâce  aux  progrès  spontanés  du 
s’engagèrent  dans  une  voie  largement 
composition,  la  conception  picturale  et 
précédente. 


Japon  et  aux  éléments  apportés  de  Chine,  tous  les  arts 
ouverte.  La  peinture,  notamment,  lit  de  grands  progrès.  La 
le  coloris  acquirent  beaucoup  plus  d’éclat  que  dans  la  période 


,  ,  |  Hanrvouii  ces  étonnantes  merveilles  q . .  conservé 

Les  peintures  murales  du  kondau  de  naunouji,  .  ... 

1  .  r  .•  mi  mi.nip  moire  ost hetique  que  les  vieilles  peintures, 

leur  beauté  àtravers  les  siècles,  appartiennent  au  même  genr.  ‘11  * 

,  ,  i'  %_xAO  l'Inde  au  dis  net  de  .\ i/.am,  «lau*  la  sali»* 

devenues  récemment  célèbres,  qu  on  a  decouvertes  dans  1  lnd< . 

centrale  du  palais  creusé  dans  le  me  de  Adjiunta.  Cette  collection  mervedleuse  d  antiquités  japon 
peut  d’ailleurs  témoigner  de  la  valeur  des  arts  de  l’Extrôme-Onent  à  cetto  tpoque. 

En  somme,  antérieurement  à  l’impératrice  Souï  Ko,  lorsque  surgi  lart  ja, . aïs,  quel 

l’art  de  la  peinture  en  Chine  ?  En  interrogeant  l’histoire  de  la  Cl . .  on  voit  que  - - ti-res  à 

forme  hiéroglyphique  existaient  déjà,  et  qu’une  peinture  originale  s’était  progn  ssivement  développai 

Ainsi,  au  temps  des  Tsin  iwVJw  s’étaient  succédé  de  célèbres  artistes  . . .  I  <  hyau  Bol . . 

Tchang  Môh,  Eikyau,  Weihsieh,  Ko  Kaï  shi.  Kou  K’aï  Tcho,  lai  . . .  I  "  K ""  111 

Bouddha,  des  Sages,  des  figures  d’animaux,  des  dessins  d'un  senti . nt  | . tique  montraient  I  esprit 

d’invention,  l’entente  du  coloris,  l’habileté  de  composition,  la  liberté  de  l’inspirai  ion  .  i  la  .1.  Iieal.„, 

do  l’émotion. 

Toute  cette  peinture  primitive,  se  développant  parallèlement  a\ I  >n  t  </■  I  >>  >  i,m>  ,  * ' 1  ■  ■ 1  * 1 J 
une  tendance  à  employer  le  pinceau  à  une  expression  i<  1  *  io*_:  ra  p  1 1 1  <  j  u  *  * .  L'nainl  |  ■ 1  I  1  1  ^  1 

artistes  Wang  Tche,  Wang  ï lien  Tche,  etc.,  la  peinture  prit  un  «nra.t.n  mm\.  .-a  l‘l  •  c  .j 
chercher  à  reproduire,  à  copier  les  objets  et  les  paysages  en  h,ur  < I < m 1 1 . < 1 1 1  um-  r*  ■'vi  " 1 1 ■  I 
elle  se  proposa  d’évoquer  par  les  lignes  le  caractère  des  objets.  1. 1 !••  p,"ir*'in\ it  I  -  i  _  v  1  i  ! 
dessin,  avant  toutes  choses.  C’est  là  une  particularité  tout  à  lait  d i IT* •  i  •  nt-  d-  1  .u  t  1  r  ! 

Par  suite  de  la  diffusion  et  de  la  prospérité’  du  bouddhisme,  un  gi.unl  leunl.i  |  ’  '>• 

vinrent  de  l’Inde,  du  Si  vü  et  des  contrées  environnantes.  D’un  aiitr.  <  -  *  t  •  • ,  d.-s  Im.ji/--  mm.  m  il  i  i  ‘ 

ni  les  déserts  de  sables,  ni  les  immenses  chaînes  de  montagnes,  apr.  -  ;i\ •  *ir  . .  m  ! 

royaumes  de  l'Inde  en  cherchant  à  s'instruire  dans  la  théologie  ]h  >u«  M  h  i  •  |  n  •  .  r .  <  |  •  j  >  •  >  1 1  •  :  1  :  |  : 

tares  du  style  de  l'Inde  et  du  Si  vu  de  cette  époque.  De  là  naquit  un  >t  v  1  <  ■  »1  nin*  nt  1 1 1 V*  i<  » .  • 

du  style  chinois  autochtone. 

Dans  les  peintures  qui  furent  commandées  au  célèbre  peintre  Irlnn.j  >  t  u  ^  T<  Ii\.m  >  \ 
par  W  u  ti  Bou  tei)  des  Liang  Ryau  ma-  >  kl  pour  la  décoration  «  1  •  •  I*  mpl>  -  I  *  * .  m  .  ! .  !  1 1 1  •  j  m  •  :  ( 

remarquer  un  style  presque  purement  indien,  dans  lequel  ne  un  on  i .  ■  1 1  <  •  i  j  \  i  un,-  -  ,  ni  inti  1 

de  l’école  occidentale. 

Il  est  dit  dans  1  histoire  des  Liang  que  sur  les  panneaux  de  In  port»  lu  t  «  *  n  1 1 .  L  à-  L  In  j\.m  p 

ià  i  h  I  »  li  eng  Sze),  a  Ken  K  au  Ixien  K  ang  ,  fi  gu  re  une  p»u  nt  u  re  d  u»*  au  jiiiicr.iii  >  I  »  •  1 1  Im  i  i  ^  N  ■  i  >  _  à 

On  x  x  ox  ait  des  formes  de  Ileurs  dans  le  six  le  indien,  ou  domine  le  v»*rnnlloii  <•!  1»*  vei’l  •  •  I  oh  ai  Si 

l’on  regarde  cette  peinture  de  loin,  les  yeux,  dupés  par  la  perspective,  croient  x  «h-couvrit  «h-  relief* 

<  t  des  caxitrs.  En  1  examinant  de  |  >  rès ,  on  constate  »pi  il  s  agit  <1  une  simple  peint  u  re  onl  i  naiiv .  \  u  **««1 

ce  temPle  a“t"il  gardé  le  nom  de  temple  du  relief.  Tchang  Sèng  à  ü  gemble  avoir  conwn  ré  toul 
talent  à  décorer  de  fresques  l’intérieur  des  temples. 

L  histoire  raconte  que  lorsque  les  Tchéou  du  Nord  557-689  renversèrent  les  Liang,  leur 
armée  tramait  à  sa  suite  de  nombreux  adversaires  du  Bouddhisme.  Ceux-ci,  devant  1rs  peinture* 
de  Jclmng  Sengà  u,  furent  saisis  d’une  telle  admiration  qu’ils  n’osèrent  y  toucher. 

I  iohablc  que  tes  peintures  de  style  indien  qui  parurent  en  Chine,  bien  »pi Viles  au*nt 
été  réservées  uniquement  aux  temples  bouddhiques,  n'ont  pas  suscité  une  admiration  unanime  Sans 
influer  fortement  sur  le  style  de  la  peinture. 

La  caractéristique  de  la  peinture  chinoise,  c’est-à-dire  l'habitude  d’expri . r  une  pensée  par 

es  traits  du  dessin,  et  celle  de  la  peinture  influencée  indirecte nt  par  l’Inde,  e’est-à-,lire  In 

recien  ic  10  a  ressemblance,  voilà  les  deux  éléments  qui,  transmis  à  notre  pays,  ont  guidé  les 

progrès  de  la  peinture  japonaise.  ’ 

Le  dessin  en  noir  et  blanc,  déjà  importé  de  Corée,  devient  le  dessin  en  couleurs  du  I 


) S  (I 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  VII. 


PORTRAIT  DU  PRINCE  IMPÉRIAL  SHYAU  TOKOU 

(Peinture  du  VIIe  siècle.  Collection  impériale). 


**  V 

-  )3  — 


Somko,  puis  l,i  |><‘i ni urc,  subissant  lu  civilisation  du  temps  do  Ton  tchi  Tènnau,  produit  de  grandes 
œuvres  telles  que  les  peintures  murales  de  llauryouji. 

Lu  <  (imposition  ol  I  oxcciition  do  cos  peintures  seront  étudiées  à  fond  dans  la  description  des 
monuments. 

Au  temps  du  I  en  tchi  lènnau,  on  n’arrive  pas  seulement  à  produire  des  peintures  de  ce 
(.iiiiitèie.  |mrnr<*,  I  liahital ion,  le  mobilier  ayant  suivi  le  progrès  général  de  la  civilisation,  on 
'  I* 1  ' 1 1 1 N  ‘ ‘  I'*  besoin  (b*  la  jiointuro  décorative,  (l’est  alors  qu’on  voit  pour  la  première  fois  à  la  cour 
installei  un  service  d<>  la  peinture,  confié  à  quatre  maîtres  peintres,  sous  les  ordres  desquels  travaillent 
soixante  ouvriers;  tout  ce  personnel  est  occupé  à  la  décoration  des  palais. 

|H'ml,llv  décorative  poursuit  alors  une  évolution  particulière  et  indépendante.  Et,  comme 
""  I"11*  constater  sur  les  objets  appartenant  à  1  Empereur,  et  réunis  dans  le  Trésor  du  Sliyo  Sô  in, 
1  alh'inl  un  certain  degré  de  beaute  dans  les  motifs  et  la  décoration. 

I  armi  lies  maîtres  de  cette  époque,  la  postérité  a  gardé  les  noms  de  Tatchibé  no  Komaro,  de 
orna  l<>  no  Atalie,  de  Otokaslii,  peintre  de  \amamoto,  de  Osbi  Katsou,  peintre  de  Yamato,  etc. 

lati  liibc  no  komaro  était  originaire  de  Koma.  La  quatrième  année  Ilakoutcbi  de  Kauto- 

k<)U  ^  ,  il  reçut  de  la  cour  I  ordre  d  exécuter,  avec  A  ama  to  no  Atalié,  plusieurs  images  de 

Bouddha  et  des  Bosatsou. 

^anm  to  no  Atalie,  dont  on  ignore  les  autres  noms,  peignit,  avec  Tatchibé  no  Komaro 
I  oiumt ube-no-A t a i ,  un  grand  nombre  de  Bouddhas  et  de  Bosatsous.  Il  ne  reste  absolument  rien 
«b-  lui:  mais  certaines  de  ses  <euvres  ont  subsiste  longtemps,  dit-on,  dans  le  temple  de  Kavaradéra  ji, 
en  A  amato. 

t  Ho  Kashi,  peintre  de  A  amoto,  est  un  maître  du  temps  de  Tèn  tchi  Ipr. 

Hslii  Katsou,  peint  re  de  A  amoto,  vécut  sous  Ghen  Shyau. 

Le  septième  (ils  de  feu  tchi  1  ",  le  prince  du  sang  Shiki,  s’étant  épris  de  la  peinture,  en  lit, 
dit-on,  a  raiinoimné,  en  A  amoto  et  ailleurs. 

Quoi  qu  il  en  soit,  on  ne  peut  trouver  trace  des  œuvres  d’aucun  d  eux. 


MONUMENTS 

pi.  vu.  —  P  oRTitAii  i>i  piuncf.  impirial  Shyac  tokou  (palais  de  l'Empereur). 

Le  dessin,  qui  mesure  o"1  U *>(> j ,  se  trouvait  autrefois  au  temple  du  llauryouji.  11  est  célèbre. 
Exécuté  ‘‘ii  une  seule  couleur  sur  papier,  il  représente  le  prince  Shyau  I  okou  ayant  à  sa  droite  le 
prince  Négouri  <*t  à  sa  gauchi1  le  prince  A  amashi  to  no  Ühoé. 

Les  portraits,  d  après  la  tradition  du  temple,  auraient  été  dessinés  d’après  nature  parle  prince 
impérial  de  Koudara,  Aça,  qui  serait  venu  au  Japon.  Cette  version  est  difficile  à  admettre. 

La  parure  et  le  costume  appartiennent  à  1  ancien  cérémonial  japonais;  ils  remontent  a  la 
période  qui  va  de  Kau  Tokou  I‘‘r  à  Oji  to  1er. 

Le  Shyakou  en  chinois:  I  lu  que  le  prince  tient  à  la  main,  n’a  commencé  à  être  en  usage  qu’à 
la  réforme  de  Kau  Tokou  I  '.  Le  rouge  de  la  robe  fut  réglementaire  pour  la  famille  impériale  sous 
Temmoii  l,  r.  Sous  Monimou  I  1  il  fut  changé  en  violet  fonce.  Donc  le  costume  ne  peut  appartenir  qu  a 
cet  intervalle. 

En  outre,  le  bonnet  de  soie  décoré  cl e  laque  a  ete  porte  de  lemmoul  a  Mommou  I  (opinion 
du  docteur  Kourokawa  .  Ainsi,  ce  portrait  na  pas  été  peint  d  apres  natnie,  ni  même  du  \i\ant  de 
Shyau  Tokou.  Il  a  dû  être  exécuté  après  la  mort  de  ce  prince,  vers  le  règne  de  Ternmou  Ier. 

Si  l’on  examine  le  procédé  d’exécution,  on  voit  que  lo  portrait  est  trace  tout  entier  au  ti ait 
d  encre.  Les  ombres  sont  représentées  par  ce  qu  on  appelle  Koumadou,  c  est-a-diie  que  le  contoui 


est  accompagné  «Lune  bande  .le  demi-teinte  tracée  avec  un  instrument  du  ^mv  dune  brosse  « 

Pemdrepour  le  coloris  sont  employés  le  vermillon,  le  pourpre,  le  noir,  IVre  jaune,  le  bleu  vert,  ainsi 

que  lardent.  .  ,  .  , 

Le  style  est  absolument  coréen,  inspiré  du  style  chinois. . bu.  conclure  que  cette  peinture 

doit  appartenir  à  l  art  qui  suit  les  Tamamousbi  Zousbi  d.  I .  poqm  d  S.  ni 

PI.  VIII.  —  Peinture  a  fresque  de  l  intérieur  ni  ko\dm  de  1 1  v '  1  >  * "  " • 

Le  kondau  de  Hauryouji  est  une  construction  de  bois  de  neuf  travées  sur  -  pi  Dans 

l'intérieur,  sur  les  quatre  parois,  est  représenté  le  paradis  . . Mbique,  c’est-à-dire  le  paradis 

de  Amida,  le  tranquille  temple  do  Hau-Cyau  bout  son  . . >h«va),  le  paradis  du  Yakouahi 

(Bhêchaddjyaguru),  le  royaume  de  Shvaka,  les  effigies  des  Rosulsou  et  celles  des  Kakan.  <  >n  - 

fera  une  idée  des  dimensions  en  sachant  que  les  figures  des  Rakaa  mesurent  en  . yen» 

de  hauteur.  A  quelle  époque  attribuer  ces  peintures:1  Les  opin . s  sont  partages.  Dapr.  s  l'¬ 

archives  du  temple,  on  prétend  que  ces  peintures  sont  1  oeuvre  de  kouratsou  Kounnotori  Mau 
le  caractère  et  le  stvle  n’appartiennent  pas  evidemmenl  au  temps  de  Semk" 

La  qp  année  de  Tèn  tchi  Ier,  un  incendie  t*clata  a  1 1  »  »ri  i  ij  i .  I.'  k  «  »  1 1  <  1 .  1 1 1  lui  i  J  *  • 1 1  *  Mli 

peut-être  reconstruit  pendant  la  période  W  ad<>  708-715.  (,'i  pcnl  d"iir  i-  '  '  -  '  •  1 1 1 1  •  •  I  •  L  nu  ni  1  1  •  * 1  !  * 

que  cette  peinture  a  été  exécutée  au  cours  de  cette  période. 

Par  bonheur,  ce  monument  pictural  put  traverser  dou/t*  >>  1  *  *  «  I .  •  *  !  1 1  •  ►  1 1  1  •  - 1 .  :  .  1 1  ij  •  »  1 1 1  •  1  lui 

sans  avoir  été  usé  ni  gratté.  Et  de  ce  qui  subsiste,  on  peut  convenabl*  1 1 1  •  •  1 1 1  1  •  »n-tit 1  ! 

composition  générale . 

La  paroi  du  mur  a  été  enduite  sur  toute  sa  surface  de  eue  hi.tm  le  sir  I  pi-  II.  I- 
dessin  a  été  exécuté  au  trait;  puis  les  couleurs  ont  été  ajoutées  noir,  \ .tiiiiII- m .  r  -  1 

jaune,  bleu  de  Prusse,  vert  céladon,  bleu  vert,  etc.  Des  teintes  de  brun  et  d**  \ioh  t  .ut 

généralement  usitées  pour  déterminer  le  ton  foncé  ou  clair  de  chaque  coiih  ur  I..  -  .  1 1 1  - 1  • 

sont  servis  de  la  brosse  et  du  pinceau  fin. 

De  nombreux  détails  montrent  une  différence  absolue  entre  e.  lle  p. •iiitur*  -  f  b  d.  -si  i 
ancien  proprement  japonais.  Les  contours  sont  indiqués  pur  des  traits  m  ts  ,  t  v  ,  qui  .  I . ii^. . u  1  > .  1,1 
les  ditférentes  couleurs.  Une  autre  caractéristique  que  ce  procédé  du  contour  «•.■nie,  < ■V-*!  lu 

manière  d’épaissir  et  foncer  les  tons  pour  représenter  les  ombres. 

Dans  les  images  antiques  trouvées  dans  les  sépultures  égyptiennes,  <|r  uii'iiu*  que  d.ois  b 
peintures  de  Ajanta,  les  ombres  ne  sont  pas  faites  avec  précision.  Il  semble,  u  bien  n  11, dur, 
que  le  procédé  du  contour  cerné  vienne  de  l'Inde  à  travers  la  Chine  et  que  lu  dureté*  primitive 

en  ait  été  plus  ou  moins  adoucie  entre  les  mains  japonaises. 

L  expiession  du  Bouddha  et  des  Bosalsou  est  tout  à  lait  indienne  et  ruppelle  celle  des 
Portraits  d’ Ajanta  qui  appartiennent  au  moyen  âge,  c’est-à-dire  du  cinquième  au  sixième  siècle 

Le  mouvement  est  en  général  vigoureux.  Les  main#  et  les  doigts . tamment,  sont  traités 

avec  une  grande  préoccupation  de  réalisme.  Les  attitudes  sont  d'une  .'ramie  variété 

Quant  aux  costumes,  les  dieux,  occupant  le  centre  des  compositions,  sont  tous  couverts 
de  vêtements  formant  des  plis  nombreux. 

armi  les  autres  personnages,  Bouddhas  et  Bosatsou,  un  grand  nombre  a  le  torse  nu, 

tous  portent  des  bracelets  et  des  ornements  sur  les  pectoraux.  De  l'épaule  gauche  à  l'aisselle 
droite,  ils  ont  le  késa. 

LeS  remS  sont  touiours  ^couverts  d’un  mince  vêtement  qui  laisse  passer  les  deux  I . Les. 

lous  les  ornements,  accusent  le  caractère  indien;  le  fantastique  y  joue  un  grand  r.'de. 

Ainsi,  un  éléphant,  qui  porte  un  Bosatsou,  a  des  défenses  allongées  en  deux  titres  de 


Histoire  de  l’Art  du  Japon , 


PI.  VIII. 


PEINTURE  A  FRESQUE  DE  L’INTÉRIEUR  DU  KONDAU  DE  HAURYOUJI 

(VIII*  siècle). 


^  111  (^'  ces  s  enroule  ('I  se  change  en  un  étrier  en  forme  de  fleur,  sur  lequel  se 

pose  le  pied  du  Oosatsou. 

^Ul  ^'"llr<d<‘  entourant  la  tete  de  la  divinité  centrale,  on  voit  plusieurs  motifs  analogues 
'*  ‘  (  qu  on  reliou\e  sur  les  anciennes  peintures  d’Egypte  et  sur  les  décorations  architec- 
luitdts  indu  nues  du  temps  d  Açoka  (Ileurs  de  lotus  à  caractère  géométrique,  etc.  . 

Daubes  niotds  sont  dérivés  dune  feuille  semblable  à  celle  de  l’acanthe  grecque.  On 
d 1  1  1 1 1 1 \  i 1  ‘  aussi  beauc(Mip  de  formes  telles  < j 1 1<*  celles  de  la  fleur  de  Ifislii  (caltrops  d’eau,  trapa 
hispinosa),  et  de  la  feuille  de  chanvre,  d’un  caractère  chinois  et  japonais. 

Omis  1  indication  des  vêtements,  on  distingue  que  les  uns  sont  colorés  par  la  teinture, 
les  autres  par  le  tissage. 

Lu  somme,  fous  ces  details  tendent  a  prouver  que  cette  peinture  murale  est  inspirée 
P;n  l^',s  <,,lNri‘s  de  |  Inde  moyenne,  modifiées  par  I  esprit  chinois.  Composée  et  peinte  par  nos 
arhstes  sur  les  murailles  du  kondau,  elle  constitue  véritablement  un  chef-d’œuvre;  elle  prouve  les 
conséquences  des  relations  entre  1  Est  et  I  Ouest  d’il  y  a  douze  à  treize  cents  ans  et  montre 
les  progrès  accomplis  par  les  arts  de  ce  temps.  Elle  doit  donc,  dans  l  histoire  du  monde, 
resplendir  d’un  magnifique  éclat. 


CHAPITRE  IV 

Sculpture, 


Le  développement  des  relations  avec  la  Chine  amena  une  importation  notable  d  objets 
d’art  à  la  nouvelle  mode  chinoise,  parmi  lesquels  des  statues  de  Bouddha  en  grand  nombre. 

Mais,  en  analysant  les  pièces  qui  nous  restent  aujourd’hui  de  la  première  période  de 
l’époque  qui  nous  occupe,  on  constate  qu  elles  ne  pouvaient  encore  se  défaire  complètement  du 
sfvl«»  coréen. 

D’autre  part,  beaucoup  de  Bouddhas  chinois,  pris  pour  modèles,  devaient  dater  des 
Souï  ou  même  d  une  époque  antérieure. 

\  partir  de  Tèn  Ichi  ln,  on  étudia  uniquement  le  style  des  premiers  T’ang.  Déjà  même 
ve  manifeste  un  sentiment  d'élégance  qui  appartient  en  propre  aux  Japonais.  En  même  temps 
1  habileté  manuelle  s»*  développe  dans  1  art  sculptural. 

Dans  le  temple  de  Yakoushi,  en  Yarnato,  les  trois  Bouddhas  patrons  de  Yakoushi  et  les 
trois  \niidas  de  la  salle  des  Conférences,  tous  en  bronze,  d’une  hauteur  de  3  mètres,  donnent 
une  impression  de  majestueuse  beauté,  et  sont  assez  parfaits  pour  que  la  postérité  s’étonne 
des  grands  progrès  de  I  ai  t  de  ce  temps. 

1rs  grandes  statues  bouddhiques  de  cette  époque  sont,  pour  ta  plupart,  fondues.  L’art 
,1,,  |;l  fonte,  à  examiner  les  œuvres  actuellement  existantes,  avait  acquis  un  développement 
merveilleux.  Au  temps  de  Souïko,  on  employait  la  terre  pour  faire  le  moule;  mais,  dès  l’époque 
suivante,  on  emploie,  semble-t-il,  le  bois  et  la  cire.  On  peut  croire  que  le  procédé  de  la  fonte 
(•fait  d’exécuter  d’abord  un  modèle  en  bois  sculpté,  sur  lequel  on  formait  un  moule  en  une 
composition  de  glaise  et  de  charbon  de  bois.  A  l’intérieur  du  moule,  on  collait  du  papier  ou  bien 
on  semait  du  talc.  On  calculait  le  volume  que  devait  occuper  le  métal  fondu.  A  l’intérieur  du 
inouïe,  on  pétrissait  un  noyau  en  glaise.  A  l’aide  de  barres  de  fer,  on  maintenait  l’écartement 
entre  le  moule  et  le  novau.  Puis,  par  un  trou  de  coulée,  on  versait  le  métal  en  fusion  dans 
l’interstice  ainsi  formé.  Après  le  refroidissement,  on  enlevait  le  moule  et  le  noyau,  et  la  statue 

surgissait. 


8 


Go  procédé  ne  semble  pas  très  différent  de  celui  qu’on  emploie  nujourd 'hui. 

Pour  la  fixation  dos  feuilles  d'or,  on  employait,  eroil-nn,  du  vil-urgenl . 

A  cette  époque,  pour  toutes  les  grandes  œuvres,  quelles  quelles  fussent,  le  . le 

l’artiste  est  rarement  conservé.  Même  pour  les  statues  du  Ynkousl.iji,  par  exemple,  on  ne  possède 

aucun  indice  permettant  don  connaître  les  auteur:-. 

Tout  ce  qu’on  sait,  c’est  qu’au  commencement  de  cette  époque,  existait  un  certain 
Yamagoutchi  no  atabé  Ohoksutchi  qui,  sur  l'ordre  de  Knutokou  1".  exécuta  mille  -latue.s 

bouddhiques. 

On  cite  encore  quatre  noms  d'artistes  inscrits  sur  les  gloires  des  futurs  «b*s  quatr. 
Tènnau  qui  se  trouvent  au  kondau  de  Iïauryouji.  Sur  l'une,  on  lit  b*  nom  «b*  larti-h*  que  nous 
venons  de  mentionner;  sur  les  autres,  ceux  de  kimara,  Zakouski  tokou  lu*  et  kaim-ln  nmrukn 
Les  noms  des  autres  artistes  sont  tombés  dans  l'oubli  par  suit»*  de  la  porte  .!«•>  nrrhiw-. 


MÜXTMLXTS 


Statues  des  quatre  Tenxeau.  —  Ivondau  du  Hauryouji. 

Ces  statues  représentent  Djikokoutèn  Dhritarâchtra  ,  /<>  trliynu  ien  \  innili.ik.i.  I *  1  l\ 
Kwaumoku  ten  ;\ irùpàkcha),  Tamoutèn  \  ais  ramana  .  Statues  «  *  n  bois  <  1  «  •  i’  .  !•*  •!«•  IuuI.iii  (  1  | 
personnage  est  vêtu  et  debout  sur  le  dos  d'un  démon.  Cos  statues  ont  é1<*  \'Tut^  ,  p.n  à  .im.iglmt* 
Ataï-Oghutei,  etc, 

La  facture  rappelle  fortement  celle  du  temps  de  Souiko.  Crs  -latnrs  <mf  un*  •  \pr  ■ 
médiocrement  vivante;  les  plis  des  vêtements  n’ont  pas  grand  relief,  mais  !••  mup  d*  »  i-<  .m 
est  net  et  hardi,  et  les  ornements  des  vêtements  sont  traités  avec  assez  de  «  1  ■  I i •  . 1 1  •  —  *  Sur 
les  diadèmes,  les  bracelets,  les  ceintures,  et  toutes  h*s  parties  métalliques  nnirml  d  ■  h  l:. mi- 
enroulements.  Ln  même  temps  que  des  emprunts  au  >l\l<*  «  liiiuds.  < I < •<  mn.  nU  j  i  ni 

certains  progrès  artistiques. 

Pt.  X.  —  Les  trois  patrons  Amida.  —  Hauryouji-Kau  fou  /au. 

Les  trois  personnages,  fondus  en  alliage  de  cuivre  jaune,  sont  mii  Imi-  il. m  J. 

lotus  dont  les  tiges  s'élèvent  sur  un  étang.  Derrière  eux  se  dressent  une  (doire  eiillamim' •••  -l 
un  écran.  Sur  l'écran,  une  image  de  Bosatsou,  venue  à  la  fonte,  et  >i\  petits  Bouddhas-,  dit- 
lxéboutsou  (Bouddhas  transfigurés),  sont  semés  çà  et  là. 

La  figure  principale  a  om,32  de  haut,  les  deux  autres  om,a-. 

Ces  statues,  exécutées  sur  l’ordre  de  Tatehibana  l'oujin,  épouse  de  l'empereur  T.  n  telii  I”, 

se  trouvaient  primitivement  dans  une  châsse,  dite  châsse  de  Tatehibana  Foujin,  aetuellement  dans 
le  kondau. 

L’arrangement  de  ces  statues  est  ingénieux,  et  le  travail  extrêmement  délient.  I, 'élégance 

du  style  japonais  se  révèle  dans  les  figures.  La  Gloire  onllammée  mémo  montre  dans  la  disposition 
des  motifs  un  progrès  notable. 

Les  Bosatsous  fondus  dans  l’écran  rappellent  sensiblement  le  caractère  du  dessin  des 
fresques  du  kondau. 

PI.  XI.  —  Shyau -Kavaxnox.  —  Yakou  shiji,  en  Yamato,  salle  du  bâtiment  de  I  K>| 

Statues  de  2m,io  de  haut  environ,  d’un  caractère  majestueux,  représentant  un  personnage 


debout 


Dans  les  archives  du  temple,  il  est  écrit  que  celte  statue  a  été  offerte  par  le  royaume 


Histoire  de  l'Art  du  Japon 


PI.  IX 


ZÔ  TCHYAU-TEN  (Vimdhaka,  sanscrit). 

VIIe  siècle  (lemple  Hauryouji). 


—  ü9  — 

i  lara,  <  omiiK  faisant  partie  du  tribut  qui!  payait  pendant  les  années  Vau  rokou  (717-724), 
(j  u  11  Sh\,ui  I  (XL1\  ,  7 1  >-72 1) .  Mais  elle  n’a  évidemment  pas  le  caractère  coréen.  Elle 
au  si  \  h  postérieur  a  une  époque  plus  avancée,  comme  celle  du  commencement  des 
(  N'  lf"'<  (  s*  .japon, iis.  La  lleur  de  lotus  qui  sert  de  socle  n’est  également  pas  d’un 

[  rem  ni  chinois.  Il  est  donc  permis  de  penser  que  cette  statue  a  été  exécutée  au  Japon 
avant  que  les  trois  à  akoushi  du  temple  aient  été  fondus. 

'laminent  quelle  a  été  fondue  à  la  cire  perdue  et  qu’elle  est  d’un  travail  très 

beau. 


l’I.  XII.  — 


noi  rsnr. 


A  KOI  MOI  HlIKClIADJ  YAOURt'  )  ET  SES  DEUX  ACOLYTES,  X  F  K  K  WA  U  BOUTSOU  ET  GHEKKWAU 


^  <,n*<  lja  divinité  centrale  avec  le  piédestal  mesure  4n\35;  les  acolytes,  avec 

la  lleur  <le  lotus  d’où  ils  émergent,  3m,<)j 

Lis  statues  M>nt  les  cliefs-d  œuvre  de  1  époque,  et  l’on  peut  les  considérer  comme  des 
modèles  attestant  le  grand  élan  de  la  statuaire  orientale. 

Quant  a  leur  origine,  on  la  connaît. 

I-"1  I  '  » 1  i  •  i  ♦  •  1 1  h  *  année  qui  suivi!  1  avènement  de  Temmou  P’r  (XL,  678-686),  pour  demander  la 
guen>un  de  I  impératrice,  on  tonna  le  vœu  de  faire  fondre  ces  statues.  Ce  fut  l’empereur  qui  succomba, 

>  l  I  impératrice  lui  succéda  sous  le  nom  de  Djito  Pr0.  Elle  réalisa  enfin  le  vœu  répété  de  ses  sujets,  et 
I •  sial  îles  lurent  achevées  eu  la  onzième  année  de  son  réunie. 

Dix-sepf  ans  environ  plus  tard,  le  corps  entier  fut  doré  ;  mais,  pendant  la  période 
keilchvau  1  )<)6-i6i  >,  au  cours  d  un  incendie  provoqué  par  la  guerre,  la  dorure  a  presque 
complètement  disparu. 

Le  ^1  \  le  des  trois  X  akoushi  est  absolument  celui  des  T’ang  de  Chine.  Le  caractère  général  a 
de  la  noblesse.  Les  mains,  les  pieds,  les  plis,  tous  les  détails  sont  traités  avec  une  recherche  réaliste. 
L  ornementation  n  esl  pas  minutieusement  fouillée,  elle  est  exécutée  largement. 

La  tonne  du  socle  esl  bien  en  harmonie  avec  l’ensemble.  Sur  les  bords  courent  des  motifs  divers  : 
le  dragon  bleu,  le  cygne  blanc,  le  phénix  rouge,  la  tortue  qui  se  débat  contre  l'assaut  du  serpent,  puis 
des  pampres.  Sur  les  faces  sont  venues  à  la  fonte  des  ligures  de  démons. 

La  gloire  n’est  pas  de  l’époque  ;  elle  a  été  exécutée  lorsque  l  ensemble  dut  subir  des 
restaurations. 

Suivant  l’opinion  de  connaisseurs  modernes,  ces  statues  portent  l’empreinte  du  style  indo-grec. 
Le  nez.  continuant  le  front  par  une  ligne  droite,  appartient  au  type  grec.  Elles  doivent  avoir  été 
exécutées  sous  I  inlluenee  de  la  statuaire  du  temps  du  roi  Acoka. 

Bien  que  la  statuaire  chinoise  ait  sans  aucun  doute  imité  les  styles  indien  et  indo-grec,  la  Chine, 
à  l’époque  des  Lang,  avait  déjà  conquis  son  originalité  ;  elle  abandonnait  les  tendances  indiennes  et 
parvenait  à  exprimer  le  génie  chinois. 

Celte  œuvre  profondément  marquée  au  sceau  de  1  élégance  japonaise,  atteste  encore  un 
caractère  de  sobriété  familier  à  l  art  indo-grec.  Depuis  1  époque  de  Souiko  jusqu  a  celle  que  nous 
étudions,  parmi  les  statues  de  petite  dimension  venues  de  Chine,  il  en  est  un  grand  nombre  qui 

portent  l'empreinte  du  style  indien  ou  indo-grec. 

L’ornementation  est  entièrement  de  style  indien.  Le  profil  droit  n  est  pas  un  exemple1  isolé. 

C’est  là  un  trait  caractérisant  bon  nombre  de  statues. 

En  résumé,  nous  possédons,  comme  objets  d  art  du  temps  de  lèn  tehi  1  ,  dans  la  salle  des 

conférences  du  Yakoushiji,  les  trois  Amida  de  bronze  ;  au  temple  de  Ilacédéra,  en  Yamoto,  un  Bouddha 
de  bronze  à  faible  relief;  au  temple  Shitrouseiji,  en  Yamoto,  un  Mirokou  (Maitrêya)  ;  à  llauriouji, 
dans  le  lvaufouzau,  plusieurs  statues  en  bronze  d'or. 


J 


''  I"1'"1'1'  suivante.  Indépendamment  de  ce  bâtiment,  on  rencontre  une 

. "  T"'  ""  ,|M  °"  '«  T‘«  «  5  étages  du  Saï  Daïji  conservé  au  Kaïryouwnnji  de  Nam. 

V  |  . ,ltl  'instruction  offrent  une  telle  analogie  avec  ceux  du  Tau  de 

’  akoiiji  qu  on  se  demande  si  ce  n’est  pas  une  copie. 

(donnes,  jusqu’au  cinquième  étage,  ont  un  fort  beau  galbe. 

O 


Les  c 


CHAPITRE  VI 

Arts  industriels. 


|  I11  ^  11  ^  ’  0,1  sll‘*  de»  près  la  civilisation  chinoise  ;  on  imite  l'étiquette  de  la 

1  ’  '"s  lms  s0ll||duaires,  les  costumes,  les  babilations,  les  meubles.  Tout  se  fait  à  la  mode  des 

I  ang.  La  décoration  profite  de  cet  élan. 


Pendant  les  années  l)ai  liait  joi-jo/p  de 
Montmou  I  r  (XI J I,  (>97-70-  ,  un  règlement  insti- 
tu.nl,  en  inclue  temps  <pi  un  Inircau  de  la  peinture, 
une  organisation  du  lissage,  de  la  for<«-e  de  la 
huile,  de  la  poterie,  de  la  laque. 

Les  industries  artistiques  bénéficient  de  la 
chaleureuse  protection  du  gouvernement.  Los 
artisans  trouvent  des  facilites  dans  l'exercice  de 
leurs  spécialités  et  peuvent  ainsi  faire  des  progrès 
rapides. 

Aux  matières  einplovées,  on  impose  les 
tonne*»  décoratives  de  la  Chine.  Un  emprunte  aussi 
de*,  cléments  indiens,  grecs  <>u  asiatiques  d  Oc¬ 
cident.  Les  feuillages  et  les  animaux,  par  exemple, 
montrent  une  confusion  des  styles  de  1  Est  et  de 
I  t  tliest . 

Travail  des  métaux.  —  Notre  pays  a 
toujours  fait  grand  usage  du  cuivre,  de  l  or,  de 
l'argent.  Les  objets  eu  métal  ont  dù  venir,  pour 
plus  de  la  moitié,  de  Corée  et  de  Chine;  mais  la 
fabrication  japonaise  devait  être  abondante. 

Néanmoins,  la  recherche  des  minerais  n  est 
pas  mentionnée  dans  I  histoire  ancienne.  11  en  est 
question  pour  la  première  lois  la  •>'  année  de  I  ein- 
mou  ln  (>-  )  .  Il  est  dit  qu'on  lit  alors  en  Isoushima, 
l'extraction  de  l’argent.  La  5°  année  de  Djito 

Gjjii,  la  province  do  Tyo  offrit  do  l’argent  blanc.  La  i"  année  Toi  bau  de  Mommou  1°'  (701;,  le 
tribunal  de  Tsoushina  fut  payé  en  or;  la  irr  année  Wadô  de  Ghemmyo  l'T  708)  de  Mousahi,  on  offrit 
du  bronze.  Assurément  l’usage  des  métaux  remonte  à  une  époque  bien  antérieure;  mais  à  cette 
époque,  la  demande  avait  augmenté  dans  de  fortes  proportions  ;  et  on  peut  conjecturer  que  la 
production  d’or  et  d’argent  et  l’industrie  des  métaux,  ainsi  stimulées,  étaient  à  ce  moment  florissantes. 


MONUMENTS 


Cette  pièce  (fîg.  26),  qui  provient  de  Haurvouji,  mesure  om/>j  de  diamètre.  Mlle  e-|  tout 
entière  en  argent.  Le  col  et  les  anses  appartiennent  à  la  forme  du  dragon,  el  Louverlure  .  st  formée 

par  les  mâchoires  du  monstre,  articulées  a  charnière. 

La  panse  porte  un  cheval  ailé,  ciselé1,  dont  le  dessin  est  emprunté  iiianileslemenl  a  un»'  forme 
de  l’Asie  occidentale.  Le  cou  du  dragon  et  le  cheval  ailé  sont  plaqués  d  or;  les  \  eux  du  dragon  sont 
incrustés  de  pierreries  bleues.  La  forme  est  harmonieuse  et  l'exécution  irréprochable. 

Il  est  dit  dans  les  archives  de  Haurvouji  que  cet  objet  a  appartenu  à  Sh\au  Inkou  Taishi, 
mais  la  composition  et  l’exécution  rappellent  forcément  l'époque  de  Tèn  t <  li i  I" 


TISSUS 

A  cette  époque,  l'art  du  tissage  a  fait  de  grands  progrès.  Il  produit  d»-  1 1  Ihmiix  motif-. 
Ce  qui  a  été  exécuté  au  temps  de  Ixautokou  l,r  GjVCV)  ,  comme  h*  TaV  hakou  S.  u  k  1 1  i  1 1 .  U  >U 

liakou  Sèn  khin,  le  Rvn  k  «  »  i  khin.  le  Kirin  khin,  etc.,  I.  s 

v 

Chinois,  pour  exprimer  1  admiration  qu'ils  »*u  éprouvent,  b- 
nomment  «  Damas  des  génies  . 

Lorsque,  au  temps  de  Mommou  1  * 1  <  \  L I  L  <»t)~--o~  , 
fut  installé  un  bureau  de  tissage,  ou  comptait  1  m  ouvri«,i> 
tisserands  de  brocart,  de  damas  et  d’a\a. 

Au  temps  de  1  impératrice  (dièmmvo  \  1.1  II.  . 

un  décret  impérial  envoya  dans  ai  provinces  d»*-  maîtres 
tisserands  charges  d  enseigner  b*  tissage  du  brocart. 

Parmi  les  pièces  anciennes  conservées  à  Haurvouji 
et  dans  le  I  résor  de  Shvau  So  in  du  iodaiji,  un  grand 
nombre  peuvent  être  attribuées  à  la  falmeation  de  en  temp*. 
La  beauté  des  motifs  et  du  coloris  montrent  clairement  l< 
grands  progrès  déjà  accomplis. 

MOXUMKXTS 

ta*s  fragments  de  brocart  dig.  9~|  provionnent  du 
Haui)  ouji.  Dans  1  un,  le  mot  i  I  consiste  en  éléphants  de 
formes  décoratives,  et  en  masques  de  démons.  Dans  l'autre, 
se  mêlent  des  masques  de  démons  et  des  ligurations  d'objets 
divers.  Le  fond  est  rouge  vif;  le  tissage  est  exécuté  en  lil> 
blancs,  jaune  pâle,  jaune  foncé,  vermillon,  bleu,  vert,  etc. 

Les  fils  sont  peu  tordus  et  le  tissage  est  lâche;  car  le 
tissu,  a  la  mode  japonaise,  est  épais  et  souple.  La  fabrication 
est  évidemment  japonaise,  mais  les  éléphants  et  les  masques 
pn  •  i  •  M1  <le  clomons  0Jlt  été  empruntés  à  des  compositions  du  Si  vii. 

— «■£.££££, erg  hjz°z  . .  r  r . -  *  . 

noter  bon  nombre  do  ^  ^  ^  "  r“ul  ~"* 

yas  ^présentant  toutes  sortes  de  fleurs  et  d’oiseaux. 


Fig.  ‘i ~ . 

t  RAGMEXTS  l)H  BROCART  DÉCOR  H  l)’oiSHATX 
HT  d’aXIMAL'X 

(Palais  de  1  Empereur}. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PL  XI. 


SHYAU-KWANNON  (Avalokitèsvara,  sanscrit). 


VIIe  siècle  (temple  Yakoushiji,  en  YamatoL 


LIVRE  IV 


Epoque  de  Shyaumou  Ier  (XLV,  724-748). 


CHAPITRE  PREMIER 


» 

Etat  de  la  société  de  ce  temps  par  rapport  aux  Beaux-Arts. 


Sous  li*  règne  «lu  Kautokou  (XXX\  I,  (> j  >-(>  )jj,  au  1  >*'  siècle  de  1ère  japonaise,  une  adaptation 
Mit  -  •  1 1 1  - .  n  t .  de  l.i  législation  des  Soin  et  des  1  ang  permit  de  procéder  aune  organisation  du  pouvoir 
<  1  iifr.il  et  a  une  répartition  ingénieuse  des  pouvoirs  locaux.  Ainsi  la  société  se  modifia;  la  civilisation 
accomplit  des  progrès  de  jour  en  jour.  Sous  le  règne  de  Shyaumou  I,r,  la  prospérité  du  pays  avait 
atteint  son  épanouissement. 

\upaiavaut,  les  deux  empereurs  Tèn  tchi  et  Temmou  avaient  établi  une  constitution.  Ce  qu’on 
noniine  le-,  lois  de  Taihau  de  Mommou  I**r  formait  un  ensemble  complet.  Genirno  Ier  s’efforça  de  les 
mettre  en  vigueur;  Gheusvau  I",  a  son  tour,  les  perfectionna.  Le  gouvernement  devenait  de  plus  en 
plus  fort.  Les  empereurs  Tèn  tclii  et  Temmou  et  leurs  successeurs,  étant  tous  éclairés,  faisaient  tous 
leurs  efforts  pour  gouverner  au  mieux  des  intérêts  du  pays.  Ils  trouvèrent  de  précieux  et  habiles 
auxiliaires  qu’ils  placèrent  aux  ministères  ou  à  la  tête  des  administrations.  C’étaient  les  princes  du 
sang  Kousakabé,  Osliikabé,  llodjoumi,  Toneri,  etc.,  puis  des  hommes  comme  Tatchibana  Moroé 
Toujiw ara  Touhira,  Toujiwara  Taketchimaro,  etc.  L’autorité  impériale  étendait  partout  son  réseau; 
une  heureuse  influence  planait  sur  tout  l'Empire;  le  peuple  était  riche  et  prospère.  Le  pays  était 
heureux. 

Le  règne  de  Shyaumou,  ainsi  préparé  par  les  efforts  des  précédents  empereurs,  bénéficia  des 
résultats  déjà  obtenus.  En  outre,  les  relations  avec  le  pays  des  T'ang  devinrent  de  plus  en  plus 
actives.  Le  Ibuiddhisme,  le  Confucéisme,  les  lettres,  les  arts  se  développèrent  sans  cesse.  La  culture 
devint  de  plus  en  plus  brillante.  La  littérature  et  les  institutions  ont  marché  à  si  grands  pas,  ont 
acquis  un  tel  degré  d’avancement  qu’on  ne  peut  plus  les  comparer  à  celles  de  la  période 

plus  antique. 

Le  commencement  de  la  période  que  nous  allons étudici ,  c  est-a-duo  le  icgm  dt  Shyaumou  I  , 
correspond  à  Ilüan  Tsanng  des  J  ang  (71 J-706)  (Clèn-Soj. 


—  66  — 

assister  aux  conférences  confucéennes.  D’autre  part,  après  que  l’université  fut  en . .  tous  les  esprits 

cultivés  s’initièrent  à  In  littérature  chinoise.  Des  hommes  comme  kiki  m>  hmhilu,  .huit  lu  ivmmimee 

avait  retenti  jusque  chez  lesT’ang,  publiaient  de  nombreux  ouvrages.  C’est  lu.  qui  . . -apporté  une 

bibliothèque  de  livres  desT’ang,  ainsi  que  les  images  des  dix  Sages.  Il  . . .lait  beaucoup  d’élèves  et 

contribua  puissamment  au  développement  de  I  étude  des  lettres  chinoises. 

En  même  temps  paraissent  de  célèbres  poêles  japonais,  comme  Man\ o-Sh\ oa.  Ililo-maio, 
Yamabé-no-Akahito  ,  Ohtomo-no-Tabito,  Yamano-yé-no-okoura ,  Oht .  no  aka-nml,  lu.  .  le. 

Les  chansons  de  Manyû  shyou  sont,  pour  la  plupart,  nobles  et  gracieuses.  H  leur  composition 

est  charmante. 

En  résumé,  cette  époque  est  toute  vibrante  d  aspirations  généreuses.  Elle  <«•  Ioui  im  \<  i  - 1  In  !' 
comme  vers  le  pays  le  plus  civilisé,  et  vers  la  (dune  des  1  ang  comme \er>  um‘  i|;,li"ii  d  •  •  1 1 1  l.i  *  1 1 1 1 1 1 1  • 
n’est  pas  surpassée. 

Aussi  imite-t-elle  de  ces  deux  peuples  le  gouvernement,  la  religion,  les  nueurs.  la  litt<  i  •  1 1 1 1 r . 
le  cérémonial,  les  arts,  la  musique,  etc.  Dans  la  décoration,  la  parure,  dans  ton*  les  an  aiigeiii.-nt -,  a 
imite  les  T’ang.  On  leur  donne  un  caractère  d  élégance  originale.  Ou  emprunte  aux  I  .111-  la  nni-dqu* 
la  danse,  le  Toko  1  ,  l’arbalète,  etc.  On  crée  une  foule  de  divertissements.  Par  suit»  •,  I  industrie 
progresse  et  les  arts  du  mobilier  sont  florissants. 

1  n  poète  de  cette  époque  a  dit  :  «  La  capitale  Nara  la  verdoyante  e-t  iii.imleii.int  .  p.n 
comme  une  Heur  embaumée  ».  Les  vers  évoquent  1  idée  de  1  état  de  ce  temps. 

Cependant  comme  toute  médaille  a  son  revers,  1  imitation  du  beau  >l\le  d**-  I  an_  *!»_:•  un  1  « 
Ou  imita  aussi  ses  défauts.  C’est  par  là  que  fut  bâtée  la  décadence  d < *  la  coin  de  \ara 


CHAPITRE  II 


Évolution  et  caractère  des  Beaux-Arts. 


L  ère  Tèmbyau,  sous  Shyamou  I"  est  la  période  lapins  llorissanle  des  rapports  ,i\n  l.i  Elim» 
celle  où  la  culture  chinoise,  ayant  acquis  son  plus  complet  épanouissement,  pénètre  le. lapon.  C  ••-) 
une  époque  féconde  pour  1  histoire  de  1  art,  car  elle  a  produit  des  monuments  magnifiques.  C  e>l 
surtout  a  la  propagation  du  Bouddhisme  dans  1  Empire  qu’est  dû  le  bel  élan  artistique  dont  s  ■  mu 
gueillit  cette  période. 

La  feneur  bouddhique  de  Shyaumou  I,r,  qui  s  intitulait  esclave  des  Iriratnas  Sambaii  ,  eut 
une  influence  sur  le  développement  artistique.  Il  (‘leva  des  temples  dans  toutes  les  provinces  pour 
implorer  la  protection  céleste  sur  le  pays.  Avec  de  l’argent  recueilli  dans  tout  I  Empire,  il  lit  exécuter 
la  grande  statue  de  bronze  de  Vairotchana  (Rosbija  na  boutsou  . 

Cette  impulsion  donnée  à  la  sculpture,  à  l’architecture  et  à  tous  les  arts  décoratifs,  ne  fut  pas 
sans  contribuer  puissamment  aux  progrès  extraordinaires  qu’accomplirent  les  arts  à  cette  époque. 

Cette  xille  de  Nara,  I  antique  capitale,  est  déchue  depuis  de  longues  années.  Mais,  fort 
heureusement,  elle  garde  encore  des  souvenirs  de  sa  gloire  passée.  Le  To  daï  ji,  le  Kofoukouji,  le 
ShinA akou ji,  le  Ghèn  ko  ji,  le  Yakan  shiji,  le  Saï  daï  ji,  le  lau  sho  tai  ji,  entre  autres  monuments, 
ont  conservé  des  vestiges  soit  de  l’ancienne  architecture,  soit  de  l’ancienne  statuaire  bouddhiques. 


(I)  Jeu  consistant  à  lancer  une  flèche  dans  un  pot. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XIII. 


UNE  FEMME  SOUS  LES  ARBRES  DU  SHYAU  SAU  IN 


VIII'  siècle  (Todaîji). 


■ 


COLLECTION 


DES  DIVERSES  DÉCORATIONS  DE 

(VIII'  SIÈCLE) 


L’ÉPOQUE  DE  TÈMPIS 


Notamment,  dans  le  Tan  daïji,  le  trésor  du  Shyausau  in  renferme  tonies  sortes  d'objets  d'art 

ou  d  industrie  artistique  datant  de  plus  de  douze  cenls  ans. 

Les  objets  ayant  appartenu  a  Shvaumou  1M  lurenl  ollerls  au  Loshura  lia  <  I  *  *  leu  dai  p,  «  *  I  d«*pos«*s 
dans  le  Shyausau  in  pour  être  transmis  aux  âges  futurs.  Cône  soûl  pas  seulement  «le*  objets  sans 
pair  dans  nof  re  pays  ;  ce  son!  encore  des  témoins  précieux  pour  I  1 1 isl  01  re  d e  la  r  i \  d  ma 1 1 ou  d  I .  \  1 1  •  i u « ■ 
Orient,  dont  ils  conservent  fidèlement  le  caractère  et  le  genie  d  une  époque. 

Si  l’on  examine  toutes  ces  reliques,  on  reconnaît  que  le  style  de  celte  période,  étant  «*«nti 
nental,  n  a  pas  le  caractère  japonais.  Il  n  est  pas  entache  de  vulgarité  ni  envahi  par  I  étrangeté.  Il 
parvient  à  mélanger  Télévation  de  la  pens(*e  a  I  habileté  d  execution  du  réalisme.  Il  a  de*  lenduiu  r». 
au  grandiose  autant  qu'à  l'élégance.  Si  I  on  regarde  dans  le  detail  de  leurs  tonnes  et  «le  I •  u r  colnns 
les  moindres  objets,  on  découvre  dans  tous  une  recherche  de  noblesse  et  de  distinction. 

Les  sujets  qu'embrasse  l  art  de  ce  temps  figurent  tous  le*-  pheiioim  lies  du  immde  suniat  ur«  I. 
naturel  et  humain.  Somi/i  de  la  Chine,  divinités  de  1  I  nde,  détails  des  mœurs  de  tous  les  p  a\  >  «  I  »  *  I  <  Mi*  -t  . 
animaux  fantastiques  ;  tels  que  dragons  I  i  g .  28  ,  phénix,  A  tr/n  chinois  lig.  *  *  <  »  ,  l\ai\ «  »  b  1 1 1  u  .«  d-  I  li 
(fîg.  lo),  chevaux  ailés  de  l'Asie  occidentale  :  animaux  réels  tels  que  lion*  li_  II  .  «•h-ph.oiU 
chameaux  lig.  d?j,  antilopes,  paons,  perroquets  lig.  >  >  ,  el<‘.:  arbres  H  plantes  rncotuT-. 
ananas,  acanthe,  etc.  Tous  ces  sujets,  «pi  ils  soient  oinprunlés  au  monde  etranger  «ai  aux  il*  " 
japonaises,  sont  utilisés  soit  pour  la  svmholisation  de  conception*,  soit  pour  I  orn*  nu  nl  «I  u  ai  <l«  me  « 
de  prétention  plus  haute. 

Cent  ans  après  cette  époque,  les  relations  avec  1  extérieur  se  rm-élicnt.  puL  sont  c«*up.  ■  \ 

partir  de  cette  rupture,  jusqu’au  commencement  de  l'époque  de  kam  donna.  eu  peint ur--.  •  -<  u 1 1 •  t u i • 

et  dans  tous  les  arts  décoratifs,  la  plupart  du  temps  on  ne  se  sert  plus  qm*  «!••"  mo d.  h  -  h  idili  un  i 
dont  l'origine  est  fixée  à  l’époque  de  Shvaumou  1",  concurremment  a\«*e  <\<  -  iii"til’s  a  _  a  u\ 

C’est  ainsi  que  les  modèles  préférés  de  l’époque  d<*  Shvaumou  1"  ont  eu  pendant  d<  hmg*. 
siècles  un  retentissement  dans  tout  notre  art. 


CHAPIT'Li:  lit 


Peinture. 


La  peinture  de  l'Asie  continentale,  introduite  au  .lapon  pendant  environ  ado  ans,  \  accumula  b-* 
œuvres.  L’étranger  avait  peu  à  peu  fourni  les  œuvres  qui  devaient  servir  de  point  d<*  départ  à  nu  art 
nouveau.  Ce  fut  surtout  le  style  des  1  angqui  s  imposa.  Aussi,  a  I  avènement  de  Shvaumou  I"  ,  I  art  est 
en  pleine  voie  de  beauté,  et  1  apparition  d  un  bon  nombre  de  chefs-d  ouivre  a  attesté*  une  renaissance. 

Mais,  tandis  que  la  sculpture  léguait  aux  âges  liilurs  de  nombreux  monuments  «le  sa  magni- 
licence,  la  peinture  et  le  dessin,  plus  fragiles,  ne  conservaient  pour  la  postérité  que  des  «euvivs  moins 
nombreuses.  Il  est  fort  regrettable  «pion  ne  possède  pas  de  nombreux  matériaux  suffisant  à  nous 
renseigner  sur  la  peinture  de  ce  temps.  \  ont  ce  qui  reste,  e  est  une  œuvre  connue  sous  le  nom  /ex 
Beautés  sous  les  arbres ,  peinte  sur  un  paravent  du  trésor  de  Shyausau  iu  ;  un  portrait  de  la 
I  ènn>  o  (apsaras/  ce  de  bon  augure  »  du  temple  de  à  akoushiji,  enèamato;  un  Bouddha  sur  un  panneau 
de  châsse  de  l’école  des  Beaux-Arts  de  Tokyau,  et  quelques  autres  reliques. 

Mais  on  a  la  preuve  «pie  cette  époque  était  fécondé  en  peintures,  lus  mentions  faites  dans  les 
annales  ;  le  îegistre  des  offrandes  de  lo  daïji,  qui  comprend  la  liste  des  objets  que  Shvaumou  I"  laissa 


V 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XIV. 


LA  DÊVI  DE  BOUANGOU  (Kitshi-Jyau  Tènnyo). 

VIIIe  siècle  (Yakoushiji,  en  Yamato). 


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f  notre  url. 


CHAm  lîK  1 1 1 


Peinture 


Lu  peinture  île  i  Asie  «♦•ni  mentale,  iulr  uluile  ou  Jupon  jauni  tint  environ  5f»  filis,  N  a«  ruintilA  l«*> 
•'Iranger  avait  pou  o  peu  fourni  U  -  o  uvres  «jut  «levaient  servir  cl  poifil  «Je  •  t«  purt  *  un  art 

>\  ha» i  te  fut  BU rl mi!  ]<•  style  «les  I  niij;  «pii  -  imposa.  Aussi,  al  nwin  Muait  Ji  S!t\ atimnu  lr  ,  I  tnt  ••>-1 

►-i *»•?  v»i«k  !«*  l'CUMté,  et  1  apparition  >1  un  itou  nruuliiv  «!«•  cliff^'u'UNpn  a  uttesi*  nnc  nkiuii"vaM<« 

!  il',  Ujiuii*  «pie  la  m  ulplurc  I*  i^iinil  4tu\  A^es  futurs  «le  nouihn  u\  monuments  «In  su  mntfni- 

. 

ii  •'  l.i  peu  uru  et  lu  «IcBSItl,  plus  Irajçilev^  ne  COTis<  •Yamflt  |  «ourla  j'O-h  cil»- ijue  «1rs  uMIVies  moins 

»  '*  I  »*sl  îorl  regrelialiln  «ju  un  no  possédé  pas  (Je  notnlirrUx  motei  iuiix  suffisant.  n  nous 


!i.  *ur  lu  pi'ini lire  «li»  ce  temps.  T* •  14 1  r<?  <jui  reste,  r  »  st  une  iiütiw'**  (iMinÙc  sous  l«*  nom  1rs 
wt  les  nrktrs,  peinte  sur  Un  paravent  «lu  trésor  il#  Sli\.iu>au  in,  nn  portrait  tl< •  la 

■  -  * 1  *  '  *  *■'  l*«oi  nuire  r.  •  «lu  temple  «l<‘  usmi-liiji,  on^  n  n  I  n  11  uuMIi-i  ur  un  j«uum  rti 

e.  *  i  ••  ***  *  •  •  I  iux  ^  rts  île  Tokvau,  <‘t  «pn*|<pn*  autres  relio  ms 

v  M*  .  •  1  file  !  «'I.  I  .  n  ' M  -  I .  ■  -  lit  •  11!  i.  .  I  ,  ! 1  •  '  I 


mituili  *;  I'  r*  ï  • 


I  *' es  objets  mie  Sli  \  aunion  lrr  laissa 


au  Boshinn  houtsou  do  To  <lnï  ii-  Inc  ,'n,rAnt„:  ,  .  ,  • 

i  .  .  '  «un  s  des  richesses  du  Ilauryoùji  et  du  Tai  an  ji  parlent  de 

plusieurs  «ouvres  picturales.  '  - 

L  esl  ainsi  «pie  le  registre  de<<  nflVnrulrw..  1  .  rr 

.  ,  ’  ■  <  s  du  I  o  d a  1  j  1  enumere  cinquante  sortes  de  paravents  et 

écrans  peints,  Lorlams  paravents  nnrinnf  lin  .  .  p  1 

e  ,,  .  1  •  .  s  l,a)Si,K<>s  î  (l  autres  représentent  des  divertissements, 

î^ui*  I  un,  on  \oil  un  pcilms  nntiunp  cnp  un  i  /»|i 

...  .  1  <  ie  des  Illicites,  sur  un  autre  une  fête  de  nuit  esquissée 

au  lavis.  I )ans  le  cataloiruo  du  lÎMiim^nîî  a  ~  .  .•  . , 

....  »  ,  .  ^  '  -  •!  ’  question  d  un  Shyaka  boutsou  debout,  des  dix 

disciples  de  olmka,  d  un  Yakonshi  hnnkAn  .r.m.  i  . 

.  «  ,  .  ‘  bout,  etc.;  œuvres  exécutées,  est-il  dit,  sur  l’ordre  de 

Shvnunioii  I",  la  ,»  année  Tèmbyau  ;3a  «le  l*èro  chrétienne). 

1l>f"IS  ’?  l;Vr<>  ,l,,s  Maon  ,le  S:lï  11  est  fait  mention  de  plus  de  dix  effigies  de  Bouddha. 
. . .  aUSSI  d  ""  Ju88,n  «Présentant  le  paradis  au  Yakonshi  Shyauji).  C’est  un  panneau  à  coulisse 


(le  ‘ 
*  *  m 


in  _ 


1/  1  ^arK(îUI  •  ^  i,rmi  Ies  autres  œuvres,  ou  cite  un  mirokou  bosatsou  de 
;M,>‘  ,lr  l‘iUl,<‘Ur  SUr  2'"’V)  ,la  largeui**  (‘l  une  figuration  des  4  Tènnau  de  4™8o  sur  3  mètres. 

alalo^m  ^ai  au  J 1 1  ^  osl  question  de  90  portraits  de  Rakaus,  de  8  images  des 

K  m^.iii  1  '  1  ’  ^  'b  l  empereur  suzerain  des  Indes,  Shyakhashinya  lïibasyara,  toutes 

i eu \  res  commandées  par  Sliyaumoii  l‘r,  la  8°  année  Tèmbyau  (j36 

Ranm  l.-s  écrans,  plusieurs  devaient  avoir  été  exécutés  à  l’époque  précédente.  Il  n’a  pas  été 
possible  d  nllrilmer  à  chacun  une  date  précise. 

b)|h ‘1  '‘l;,|l  I''  caracl(‘rc  d(»s  grandes  œuvres  picturales  de  cette  époque  ?  Il  est  impossible  de 
commit ic  exactement  I  idéal  dont  elles  s  inspiraient  et  les  procédés  de  leur  technique.  Mais  on  peut 
induire  des  documents  qui  nous  restent  que  les  peintres  d’alors,  ayant  appris  des  T’ang  la  facture, 

•  1 1  ; 1 1  e n I  chercher  surtout  I  expression  dans  le  trait,  en  même  temps  que  la  puissance  et  la  distinction. 
I- ;,l'l  'b*  culnris  étant  en  grand  progrès,  ils  devaient  être  parvenus  à  une  remarquable  entente  des 

Videurs.  Les  matières  colorantes  étaient  perfectionnées.  11  semble  qu’on  était  arrivé  à  une  grande 

lialulelc  dans  leur  emploi.  Parmi  les  anciens  livres  du  Shvau  So  in,  il  existe  une  table  des  matières 
colorantes.  Los  couleurs  de  cette  époque,  parmi  toute  la  peinture  japonaise,  sont  les  plus  belles,  les 
plus  vives  el  1rs  plus  franches  dont  on  se  soit  jamais  servi. 

Los  peintres  de  ce  temps,  pour  la  plupart,  se  cantonnaient  dans  une  spécialité.  Les  11ns  ne 
faisaient  que  des  images  bouddhiques,  d’autres  que  de  la  peinture  décorative,  d’autres  que  le  paysage 
ou  les  animaux. 

Les  peintres  de  Bouddhas  étaient  presque  tous  prêtres  ou  attachés  aux  temples.  Les  peintures 
bouddhiques  avant  un  caractère  hiératique,  tout  porte  à  croire  qu  elles  obéissaient  à  des  canons 
dont  il  était  difficile  de  s  écarter.  Il  en  fut  de  même  aux  époques  subséquentes. 

Quelle  fut  la  participation  des  prêtres  à  l’exécution  de  ces  peintures  religieuses,  il  est 
impossible  de  le  savoir.  Depuis  l'époque  de  Shyaumou  1er  jusqu'à  celle  de  kwammou  Ier  (L,  783-806), 
(h*s  peintures  ont  été  attribuées  aux  grands  bonzes  du  Bouddhisme  par  les  archives  des  temples. 
Les  bonzes  ont-ils  été  les  inspirateurs  ou  les  artistes  exécutants  ?  La  question  est  controversée. 

Lelte  époque  de  Shvamnou  voit  s’épanouir  la  peinture  décorative.  Le  bureau  des  peintres 
comptait  un  grand  nombre  de  peintres-décorateurs.  On  montrait  alors  lin  goût  très  vif  pour  les 
bibelots  à  la  mode  des  T’ang.  Le  métier  de  peintre-décorateur  devint  donc  un  des  plus  fructueux  et 

des  plus  recherchés. 

Kn  dehors  des  peintres,  nombreux  étaient  les  artisans  enfermés  dans  une  spécialité  très 
restreinte.  Dans  les  vieux  livres  du  To  dnïji  relatifs  à  la  construction  de  la  salle  du  grand  Bouddha, 
on  raconte  que  les  artisans  du  bureau  de  la  peinture  ayant  été  transportés  sur  le  chantier,  le  travail 
leur  fut  partagé.  On  voit  ainsi,  dans  les  comptes,  combien  nombreuses  étaient  les  spécialités.  Ainsi, 

. . r  la  décoration  des  planches  du  plafond,  on  employa  les  maîtres-peintres  en  enduit  blanc,  les 

maîtres  peintres  sur  bois,  les  peintres  au  trait,  les  enlumineurs,  et  ou  distribua  le  travail  entre 

chaque  corporation. 


70 


Les  maîtres-peintres  en  enduit  blanc  étaient  évidemment  chargés  de  faire  les  fonds  blancs. 
Les  peintres  sur  bois  dessinaient  avec  une  spatule  l'esquisse  que  le  pinceau  devait  suivre. 
Venaient  alors  les  peintres  au  trait  qui  traçaient  les  contours  entre  lesquels  devaient  être  étalées  les 

couleurs. 

Chacun  des  maîtres-peintres-décorateurs  recevait  un  rang  ofticiel  et  une  pension.  Leur 
situation  était  florissante.  La  division  du  travail  en  avait  fait  des  spécialistes  d  une  habileté  profond.* 
qui  savaient  à  merveille  poursuivre  leur  conception  décorative  dans  l'arrangement  des  lignes  et  b 
coloriage  des  motifs.  Cette  maîtrise  d’exécution,  qui  ne  fut  pas  souvent  égalée  aux  siècles  sui\;mt>, 
apparaît  pleinement  dans  les  objets  du  trésor  du  Shvau  San  in. 

La  peinture  décorative  de  ce  temps  est  bien  supérieure  à  la  peinture  bouddhique  et  nu  p.i\-._ 
Les  procédés  et  l’exécution  sont  bien  supérieurs  à  ce  qu'on  voit  aux  époques  suivantes,  ht,  quand  on 
parle  des  maîtres-décorateurs,  c’est  au  temps  de  Shyaumou  1"'  qu  il  laut  les  chercher. 

Les  noms  des  maîtres  de  cette  période  parvenus  jusqu  a  nous  ne  sont  pas  rare*..  \|.o-  -m 
eux-mêmes  et  sur  leur  œuvre  on  ne  possède  pas  île  details  exacts. 

On  sait  que  Koshida  no  vaçoukato  est  cite  coiume  I  auteur  des  I loinblha*.  ligiii.ini  -ai  b  b 
de  pierre  et  sur  l’empreinte  du  pied  de  Bouddha  en  pierre  du  ànkou>hi  ji,  eu  ^  ani.it*»  <  •  t.ol  dmi. 
un  peintre  de  Bouddhas. 

D’autre  part,  lors  de  l’érection  du  Daï  boutsou  dèn  du  Todaïji,  les  nom>  de  tous  I.  s  d  «  .  .  »  i  .  t .  u  r  - 
maîtres,  compagnons  et  apprentis  furent  inscrits  sur  un  registre  du  To  daï  ji,  .1  il  <■*■>1  fait  i  n  «  *  n  1 1  •  •  1 1  d** 
plusieurs  détails  les  concernant,  jusqu’à  leur  Age  »*t  leur  domicile.  Les  membres  la  . mili  n*  -..ni 
au  nombre  de  plus  de  trente.  Voici  les  principaux. 

Chef  du  bureau  de  peinture  du  2°  degré  du  rang:  b*  maître-peintre  «b*  Kawatchi,  T-<mghi 


maro. 


Chef  des  maîtres-peintres  du  2e  degré  du  sous-septième  rang:  kani  no  Sou-oun  (  )u*dnk  alu 

Maître-peintre  du  2e  degré  du  8e  rang  :  maître  de  kawatchi,  Toshitsougou. 

Maître  compagnon-peintre  du  8e  rang  :  maître  de  Kawatchi,  lu  asehima . 

Maître  du  2e  degré  du  sous-huitième  rang:  Kami  no  Sougnuri  mi  Kadji. 

Maître  compagnon  du  sous-huitième  rang:  liadano  Mouraji  Mamouia. 

Maîtres-peintres:  Kami  no  Kadjimaro  ;  liadano  Moushi  larou  :  llada  no  lui  mon. 

En  outre,  dans  le  lokouni  houghi  et  dans  d  autres  ouvrages,  on  soit  nomimr  (hijika  no  mm 
à amadji  a  1  emploi  de  chef  des  peintres  du  sou>  cinquième  rang  u'  class«*  suppl.  nientair.*  .  Il  *  -t 
encore  fait  mention  de  la  promotion  du  maître-peintre  de  àamalo,  Talébé  no  bèn  maro;  du  maiti. 
peintre  de  Kawatchi,  Oliodji  maro;  du  maître-peintre  de  Kawatchi,  Ovalarou  ;  du  maître -peintre  de 
àamato,  Iké  mori  ;  de  Ohoka  no  imiki  éçon  ;  de  Olioka  no  imih  ;  de  Tancmaro  et  d  autres.  Smils  leurs 
noms  sont  cités,  et  Ion  ne  possède  aucun  renseignement  ni  sur  eux  ni  sur  leurs  ouvres. 


MONUMENTS 

PI.  XIII.  —  Lf.s  Beautés  sous  les  arrhes.  —  Paravent  peinl;  Ir.’sor  du  Sliyau  San  in  T.»  da'i  ji  . 

Ce  paravent  peint  est  mentionné  sous  le  nom  de  «  Baravent  des  femmes  en  plumes 
debout  ».  Il  comprend  six  feuilles  sur  lesquelles  sont  peintes  six  belles  femmes,  chacune  debout  sur 
un  arbre. 

Primitivement,  les  cheveux  et  les  vetements  étaient  décores  en  application  de  plumes.  Les 
plumes  ont  été  complètement  enlevées  par  les  frottements.  Il  n  en  reste  plus  qu  un  vestige:  quelques 
brins  de  duvet  collés  sur  une  partie  du  vêtement  d’une  des  six  beautés. 

Les  visages  sont  peints  ;  les  chevelures  et  les  vêtements  sont  indiqués  seulement  par  des 
traits.  Les  arbres  qui  les  entourent,  les  rochers  et  tout  le  paysage  semblent  avoir  été  peints  à 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XV, 


ZAÏTEN  (Sarasvati,  sanscrit). 

VIIIe  siècle  (École  des  Beaux-Arts  de  Tokio). 


» 


J 


T 


ori^in  ü  1  (,,lm'(  •  L  exécut  ion  est,  entièrement  soumise  aux  règles  picturales  que  nous  connaissons. 

111  OI1*  ''  '  Nl"  i i 1  ' e i  h1  caractère  et  ont  soigné  le  modelé.  Les  six  femmes  ont  des  visages 

pl<  ins  cl  rom  1  s,  d<  s  ni, nus  potelées.  Les  arbres  et  les  rochers  relèvent  absolument  du  style  chinois. 

IM.  MV.-  La  1)1, m  bouaxgou.  (  Kitslii  jyau  Tênnyo)  Yakoushi  ji,  en  Yamato. 

I  )<  (  oii\  in  le  il  >  a  neul  ans  dans  le  Tobin  jyou  llatchimau  gou  du  Yakoushi  ji,  cette  peinture 

sm  (I11'  mesure  o'",5/i  de  superficie,  peut  être  certainement  attribuée  au  temps  de 

Shvamiiou  Lr. 

</ 

^>l|l|1,Iut‘  ‘‘ertaines  parties  des  vêtements  et  les  doigts  des  personnages  soient  effacés,  cette 
o'U\ri‘  est  encore  remarquable  par  le  charme  de  1  arrangement  et  du  coloris. 

Lo  \  isage  est  japonais,  dans  le  caractère  des  femmes  du  paravent  décrit  ci-dessus. 

Le  costume,  qui  n  est  pas  sans  rappeler  celui  des  divinités  bouddhiques,  montre  une  grande 
richesse.  La  robe  violet  fonce  et  la  jupe  vert  clair  rappellent  le  costume  officiel  des  princesses  du  sang 
de  ce  temps.  Il  paraît  très  probable  qu  il  faut  voir  en  cette  œuvre  le  portrait  d’une  personne  éminente 
de  ce  temps. 


IM  \N  .  I’vnm  u  m  f.HÂssi;.  —  Iît*n  zaï  ten  Sarasvati).  Tokyau,  école  des  Beaux-Arts. 

Ou  dit  que  cette  peinture  était  autrefois  au  Jvaurouri  ji  en  Yamashiro. 

Si  elle  appartenait  au  trésor  de  ce  temple,  elle  devait  orner  la  face  antérieure  d’une  chasse  qui 
renfermait  la  statue  de  bois  d  une  Dévï  de  bon  augure,  qui  est  maintenant  conservée  à  l’école  des 
Beaux-Arts  de  Tokvau. 

I  mb-pendamment  di»  c<»  panneau,  sur  les  portes  de  la  châsse  sont  peintes  six  figures,  celles  de 
Bon  ten,  ici  shvakouten  et  des  j  Tènnau  Indra  et  les  j  Maharadjas).  Toutes  ont  un  mètre  de  hauteur. 
La  surface  du  panneau  a  été  revêtue  d'une  couche  blanche  sur  laquelle  ont  été  étalées  des  couleurs 
très  résistantes. 

II  est  difficile  de  déterminer  si  cette  peinture  est  de  la  fin  de  l’époque  de  Shyaumou  Ier  ou  de 
colle  de  kwammou  I"  qui  régna  trente  ans  plus  tard  (782-806).  Son  style  semble  indiquer  qu’elle 
appartient  au  temps  de  kwammou.  Les  motifs  décoratifs  rappellent  la  maniéré  des  1  ang  et  ne 
présentent  pas  le  caractère  japonais.  En  admettant  que  l'exécution  soit  de  l’époque  suivante, 
l'arrangement  primitif  est  certainement  du  temps  de  Shyaumou  I". 

Le  stvle  est  austère  et  le  mouvement  absent;  mais  la  touche  est  habile  et  ferme.  Le  dessin  et 

le  coloris  de  l’ornementation  sont  particulièrement  beaux. 

Banni  les  autres  monuments  de  la  peinture  de  cette  époque  qui  nous  sont  parvenus,  on  cite, 
dans  le  trésor  du  Shyau  San  in  du  Tô  daï  ji  un  dessin  à  l’encre  de  Chine  sur  étoffe,  représentant  un 
bosatsou:  sur  les  pétales  d'un  instrument  bouddhique  en  forme  de  lotus,  des  phénix,  des  oiseaux, 
dos  animaux  ot  des  plantes  ;  et,  d'autre  part,  une  peinture  montrant  trois  femmes  faisant  de  la 

musique. 


Sculpture. 


La  liante  société  de  celte  époque,  prise  d  un  élan  de  ferveur  bouddhique  qui  .dl.dt  jusqu’au 
renoncement  des  richesses,  mettait  sa  gloire'  a  luire  exécuter  des  image*  nfiigi''U>is,  •  \  <  -  - 1 1  ~ ,  «  «  i,ut 

des  sommes  considérables.  C/est  ainsi  que  la  statuaire  bouddhique  atteignit  la  perfcclinn,  tant  par 
l’ingéniosité  de  la  conception  que  par  la  beauté  de  l'exécution.  Shyaumoii  I”,  la  i  j  aum  • 
Tèmbvau  712,  décréta  la  fabrication  de*  la  statue  colossale  du  Itosliiva  11a  boutsoii.  <  hi  lit  d  «  •  1  - 
une  souscription  dans  tout  1  Empire.  En  trois  ans,  plusieurs  projets  fuient  émis,  et.  apres  huit 
tentatives,  on  éleva  la  statue  à  Xara.  Il  avait  fallu  quatre  années  pour  lachèvi  ruent .  \  .  .  •  1 1 1  pr i ^ 
la  dorure;  enfin,  la  j°  année  Tèmbvau  Shvaubau  -yi  de  l'impératrice  Kauteji,  .ai  procd.i  a 
la  cérémonie  de  1  ouverture  des  veux,  dette  statue  assise,  en  bnm/e  d  or.  nu  *111.  le  n~>  d- 
hauteur;  la  face,  jm,io;  le  bras  V'hjo;  la  gloire  j'".  >o.  On  \  employa  js.q  fit»  kih»u  de.  ui\i>  pur  I 
707  1  kilog.  d  argent  blanc.  O11  la  flanqua  de  deux  bosat^ous  aeol\l.«.  de  .|  m.  h .  ^  J  haui-  1 
C’est  l’œuvre  la  plus  colossale  qu’011  ait  jamais  faiti*  au  Japon. 

Elle  ne  fut  pas  la  seule  pourtant  ;  car  on  ne  saurait  énumérer  b  >  statues  bouddhiques  qu 
furent  exécutées  à  cette  époque,  tant  pour  les  sanctuaires  célèbres,  pour  h  s  t.  iuph  -  d-  .li\er>»  - 
provinces  que  pour  les  sept  temples  de  Xara  .  Todaïji,  grand  temple  de  I  IXl  .  haï  au  j-  l  mpb*  .h  i  . 
tranquillité  ;  Saï  Daï  ji,  grand  temple  de  1  Ouest  ;  l\o  ji,  temple  de  I  instaurai  ion  du  b.uile  m  t.w 
go  j  i ,  temple  de  l’instauration  originale  ;  Sho  taïji,  temple  de  l’invocat  ion  ;  VikmiMii  ji. 

Aujourd'hui,  plus  de  douze  cents  ans  ont  passé*,  apportant  les  intempéries  h  -  d. --i  ad. .tioii». 
Et  c’est  par  centaines  encore  qu’on  dénombre  les  o  uvres  subsistantes,  >oil  Tue  h  I  d  .  p.  h 
Kofoukouji,  le  Sho  taïji,  soit  dans  tous  les  anciens  temples  du  pays.  (>n  peut  se  faire  par  la  um  i.h 
de  la  magnifique  efflorescence  de  la  statuaire. 

Cet  art,  à  cette  époque,  harmonise  avec  bonheur  la  double  tendance  .1  I  i.h-ab'.im  et  au 
réalisme.  Les  proportions,  les  attitudes  et  les  draperies  sont  presque  toujours  inL.  in.  1-. m.  al 
trouvées.  Mais  c’est  surtout  sur  l'expression  du  visage  que  le-,  artistes  ont  porté*  leu  1  elV.nl.  Les 
habitants  du  ciel  Tèm  bon),  par  exemple,  allient,  dans  leur  expression  générale,  la  puissance  .1  ht 
sérénité  apitoyée.  Il  en  est  de  même  des  Amida  et  des  kiwnmmou,  toujours  aussi  aimables  que 
majestueux. 

L’exécution  matérielle  montre  des  progrès  remarquables.  L'exécution  des  statues  colossales 
prouve  une  science  et  une  pratique  de  la  fonte  supérieures  ;  le  bois  est  travaille  avec  une  belle 
maîtrise  ;  et  quant  aux  statues  de  terre  et  de  laque  sèche,  c’est  un  art  < p  1  i  est  entièrement  limité  a 
cette  période. 

La  statuaire  en  terre  eut  ses  commencements  dans  la  période*  précédente,  c'est-à-dire  sous 
1  impératrice  Ghèmmyau,  pendant  les  années  \\  ado  708-71  >j,  dans  b*  Tau  a  cinq  étages  du  llaurvoup. 
Lés  statues  du  modèle  du  Shyou  misen  (mont  Mérou)  sont  toutes  en  terre*.  Voici  quel  était  le  procède* 
employé  pour  ces  statues.  On  construisait  d’abord  une  armature  en  bois,  qu’on  enveloppait  «h*  paille, 
et  sur  laquelle  on  plaçait  un  enduit  de  terre  et  de  balle  de  riz  malaxés  ensemble.  Cela  constituait  le 
noyau.  On  complétait  la  forme  avec  de  la  terre  glaise,  et  le  modelé  définitif  était  exécuté  avec  une 
matière  analogue  au  talc.  Les  bras  et  les  ornements  étaient  modifiés  séparément  et  ajoutes 
ensuite.  On  terminait  par  la  mise  en  couleur. 

Tous  ces  procédés  étaient  parvenus  à  un  degré  de  perfection  au  cours  de  l'époque  ITmbyau, 


Histoire  de  l'Art  du  Japon 


PI.  XVI 


% 


f 

TAMONTEN  (Dhrirachtra,  sanscrit). 

VIII*  siècle  (Kaïdaîm  Todaljien,  Yamato). 


' 


qui  a  produit  dos  chefs-d’œuvre,  lois  que  les  statues  des  quatre  Tennau,  du  kaïdan  in  du  To  daï  ji,  et 
celle  du  Shik  kou  (tau  jindansle  llokké  dau  du  meme  temple. 

La  statuaire  en  laque  sèche  était  d’une  exécution  doublement  difficile  et  demandait  un  soin 
minutieux.  Gomme  la  statuaire  en  terre,  elle  avait  son  origine  à  l’époque  précédente,  et  eut  vite 
accompli  des  progrès  extraordinaires  au  cours  de  l’époque  de  S  hy  au  mou  I('r. 

On  employait  deux  méthodes  : 

i"  On  modelait  une  statue  en  terre  sur  laquelle  on  faisait  un  moule  creux,  dans  lequel  on 
coulait  une  laque  très  line  destinée  à  constituer  l’extérieur  de  la  statue  ;  à  l’intérieur,  on  coulait 
successivement  une  laque  de  plus  en  plus  grossière  ;  et  la  statue  retirée  du  moule  était  enduite  d’une 
matière  composée  d’un  intime  mélange  d’encens,  de  feuilles  et  d’écorces  séchées,  et  réduites  en  poudre 
impalpable,  de  shikimi  ( Illicium  rehgiosun i),  de  terre  pourrie  des  étangs  et  de  poudre  céramique. 
La  stat  ue  creuse  ainsi  obtenue  était  fixée  sur  une  armature  de  bois  enveloppée  d’étoffes.  On  ajustait  les 
bras  et  las  jambes,  exécutés  à  part  ,  avec  de  la  laque  liquide  ;  on  enduisait  et  fixait  les  coutures  ;  et  le 
travail  (Hait  terminé.  Le  Boutèn  toi  Shyakou  Ten  de  la  salle  du  troisième  mois  au  To  daï  jia  été  obtenu 
par  ce  procédé. 

a°  On  commence  par  faire  en  bois  la  première  masse  de  la  statue.  On  v  applique  un  enduit  de 
matière  assez  grossière,  sur  lequel  on  colle  de  l’étoffe,  et  on  termine  par  un  enduit  de  laque  fine.  Ce 
second  procédé  est  plus  simple  et  [tins  facile,  mais  il  ne  permet  pas  un  travail  délicat,  et  les  statues 
ainsi  obtenues  son!  tri  ■s  lourdes.  Les  démons  que  les  quatre  Tennau  foulent  aux  pieds  dans  le 
San  gatsou  au  To  daï  ji  sont  des  produits  de  cette  méthode. 

Des  statuaires  du  temps  de  Shvaumou  l'T,  il  ne  nous  a  été  transmis  que  sept  ou  huit  noms, 
parmi  lesquels  ceux  de  ko  mi  naka  ni'  mouraji  kimiinaro,  le  célèbre  auteur  du  Daï  boutsou  ;  de 
Taka  itchi  ma  kouni,  de  Taka  itchi  mamaro  ;  de  kakino  moto  no  Otama. 

koini  Nakané  Mouraji  kimimaro  descendait  d’un  ancêtre  coréen  naturalisé.  Quand  Shvaumou  Ier 
(Huit  son  vœu  de  faire  exécuter  le  colossal  lloshyana  boutsou,  la  difficulté  de  la  tache  décourageait  les 
plus  hardis,  ('I  nul  artiste  ne  se  proposait,  kimimaro  ne  se  décida  pas  sans  réflexion;  enfin,  il  accepta 
la  commande  ('I  mena  l'œuvre  à  bonne  fin,  mais  après  combien  d’efforts  et  d’angoisses  !  Il  reçut,  avec 
le  titre  de  maître  en  Daï  boutsou,  sous-intendant  de  la  construction  impériale  du  To  daï  ji,  le  second 
sous-quatrième  rang. 

Il  fut  aidé  par  trois  maîtres-fondeurs,  Taka  it  hi  no  ma  koemi,  Taka  itchi  mamaro  et  kakino 
moto  no  Otama. 

Il  est  question  de  deux  frères,  tous  deux  sculpteurs,  qui  eurent  à  cette  époque  une  renommée 
considérable.  Ils  s’appelaient  kei  boum  kwaï  et  kei  boum  komi  ;  mais  leurs  contemporains,  qui  les 
admiraient  profondément,  les  avaient  surnommés  kaçouga  bémoura,  parce  qu’ils  étaient  originaires 
de  kaçouga  bémoura,  en  kawatchi.  La  légende  s’est  emparée  de  ces  deux  artistes  à  qui  elle 
attribue  une  foule  de  chefs-d’œuvre.  I  n  trait  de  cette  légende  montrera  quel  était  le  prestige 
d«*  leur  talent. 

Dans  la  iIT  année  .liiinki  ya/fi  de  Shyau  mou  Ier,  les  deux  frères  étaient  chargés  de  sculpter  la 
kwanzéon  à  onze  faces,  patronne  du  llacédérade  Yamato.  En  quête  d’un  bois  parfait,  ils  pénétrèrent 
dans  une  forêt  et  se  mirent  au  travail.  Il  advint  qu’un  bûcheron,  passant  près  de  là,  put  les  regarder 
travailler.  Il  vit  que  km  boum  kwaï  était  un  Dizau  bosatsou  à  six  bras  et  keï  boum  komi  un  Boukou 
ken  jy  akou  à  six  bras.  Chacun  d’eux  à  chaque  main  tenait  un  ciseau;  et  ainsi  faisaient-ils 
leur  œuvre. 

Quelle  que  soit  la  part  d’exagération  accordée  à  leur  faculté  de  production,  il  n’est  pas  douteux 
que  ce  furent  deux  artistes  célèbres  en  leur  temps.  On  leur  attribue  le  Foukou  ven  Shyakou  du  kwan- 
vouji,  en  Yamashiro,  et  h*s  trois  patrons  Amida  de  l  abouminé  en  à  amato.  Mais  rien  n  est  certain  a 
ce  sujet. 


JO 


Un  autre  artiste  a  ou  la  fortune  do  devenir  un  personnage  do  légende  :  Ghyaughi,  à  qui  l'on 
attribue  aussi  un  grand  nombre  do  statues  merveilleuses. 

O 

Dans  le  trésor  de  Shyau  So  in  du  To  dai  ji,  au  revers  de  masques,  dans  des  scènes  do  danse 
religieuse ,  il  est  écrit  :  <(  l  ait  par  (  )  bot  a  N  a  mat  o  Maro  1 1  a  p  ne ,  1  e  prem  i  e  r  a  \  ec  quatre  a  u  I  res  artistes; 

le  bonze  Ixwanki,  le  général  Wampoukou,  etc.  « 

Il  existe,  au  Tau  sbo  dai  ji,  un  antique  Douddba,  dont  I  auteur  serait ,  dit-on,  le  même  .sculpteur 
Gombô  riki  Shida,  aidé  de  quelques  confrères,  Gbinois  comme  lui-même.  Iles  artistes  a\  aient-ils 
accompagné  le  bonze  Gam  in  lorsqu'il  vint  au  Japon  ?  On  ne  peut  rien  affirmer  à  cet  égard  Toujours 
est-il  que  parmi  les  Bouddhas  anciens  du  même  temple,  on  en  voit  plusieurs  autres  dont  la  raclure  .-t 
évidemment  chinoise. 


MONUMENTS 


Ivavaxzéox  iîosatsou.  —  Hauryouji  Denibo  dan  . 

Cette  statue  en  laque  sèche,  haute  de  im,yj,  doit  dater  du  commencement  d  >h\ million  I 
La  facture  ressemble  à  eello  des  œuvres  célèbres  de  la  période  precedente,  telle-,  qw  !■  Ir  - 
patrons  Yakoushi  et  la  Kwanzéon  de  bronze  du  Nakoushi  ji.  Les  plis  du  \ élément,  comme  aux 
œuvres  de  ce  temps,  attestent  une  recherche  de  décoration  et  de  svim  trie  | ■  <  1 1 1  •  1 1  •  e.oiMmqm 

L’attitude,  l’expression,  la  forme  même  des  quatre  membres  ont  tou-  les  c.ir.e  Gu-,  .ittribm  - 
au  corps  d'un  Bouddha.  C’est  une  œuvre  de  très  haute  valeur. 

PI.  XVI.  —  Les  T i:\nau.  —  (To  dai  ji.  Kal  dan  in  . 

Ces  quatre  statues  en  terre,  hautes  de  im, (>•>,,  sont  du  même  temps.  Xmis  repn  idui-oii'-  .  .11 
qui  représente  Ta  mon  ten  Nais  ramana  .  Un  sa  qualité  de  Tennaii  du  Nord,  il  commande  .1 
100000  Nashva  Yakclia  .  Il  garde  la  route  du  Bouddha,  la  cuirasse  d'or  coiixrant  -am  toi-se  \  la 
main  il  tient  habituellement  une  Slivari  Tau  funéraire'.  Son  attitude  csi  \  1 1 1  la  ni  <*  et  <  aime  <  •  *1 
bien  le  dominateur  des  Yashva  Rasetsou,  lier  de  son  prestige  de  xaimpicur  du  Nord. 

Les  autres  Tennau,  0 ji  ko  kou  tèn,  Zau  tehvau  Imi,  Kwan  mnkowtèu.  chu  111  d  un  ••  1  e  L  n 
différent,  sont  des  chefs-d’œuvre  du  même  ordre. 

Tous  les  quatre  étaient  colorés  de  la  tète  aux  pieds;  mais  la  peinture  1  été  éraillée  -  il  en  r-  sL 
à  peine  trace  aujourd’hui.  Leurs  pupilles  étaient  indiquées  par  des  obsidiennes  mciiist.  .  - 

PI.  XVII.  J  C ITC I M  K  X  K  A  X  X  O  l'  AVAI.oKITI  SVAII A  I  K  \  l>  V  S .  -nisnil  .  I  I .  »  k  k  •  1 1  V.illi.lli 

Bois  sculpté  de  o,mqf)  de  hauteur.  Le  Hokkéji  élevé  la  1  3‘* année  Tembv au  7  \  1  de  Slivaiiniou  I'  . 
à  la  prière  de  l’impératrice  Kxvaumvau,  est  un  temple  de  nonnes.  On  dit  que  la  statue  reproduit 
les  traits  de  l’impératrice. 

Chaque  groupe  des  onze  faces  montre  une  expression  différente.  Les  trois  visages  de  face  sont 
empreints  de  douceur;  les  trois  visages  de  gauche  paraissent  ironiques,  et  les  trois  de  droite  ont  un 
léger  rictus.  La  Kwanzéon  sourit-elle  au  bien  et  regarde-t-elle  le  mal  avec*  dédain  ?  On  pourrait 
admettre  ce  symbolisme.  La  face  dominant  les  autres  ne  sourit  ni  ne  pleure:  elle  est  ra\ minante  de 
sérénité. 

La  onzième  face,  au-dessus  delà  tête,  est  un  masque  de  Bouddha,  celui  de  Slivauholimvaii 
Nyoraï  Yroï  Dharmaprabhasa  Tatlmgata  . 

La  composition  et  l’exécution  de  cette  statue  sont  d’une  extrême  beauté*. 

Le  corps,  en  marche,  pèse  sur  le  pied  gauche,  tandis  que  le  pied  droit  sc  porte  en  avant,  avec 
légèreté,  les  extrémités  des  doigts  relevées.  La  main  droite  fait  un  signe  liturgique;  la  gauche,  dirigée 
vers  le  genou,  retient  le  bord  du  vêtement. 


Dans  le  visage  du  Bouddha,  le  regard,  droit  et  éclatant,  affirme  le  salut  du  monde  et  révèle  la 
profonde  commisération  de  cette  tète  sublime  pour  tous  les  êtres. 

Dans  cette  statue,  de  proportions  admirables  et  de  caractère  aussi  gracieux  que  puissant,  tous 
les  détails  sont  traités  avec  le  plus  grand  soin.  Le  bois,  dépourvu  de  peinture,  permet  de  voir  le  travail 
du  ciseau,  d’une  sûreté  extraordinaire.  C’est  là,  en  vérité,  la  plus  belle  de  toutes  les  statues  qui  nous 
restent  du  temps  de  Shyaumou  l‘‘r. 

P],  XVIII.  —  Statue  de  Shi-Kongô  Yadjrapâni,  sanscrit).  —  Hokkédau,  To  cl  a!  ji. 

Statue  (‘n  terre  de  im,6j  de  hauteur.  Shikkou  gan  jin,  le  maître  du  ciel  du  désir  (Kamadhata 
lient  à  la  main  le  Kindô  sliyo  (sceptre  de  bronze  d’or)  qu’il  semble  brandir  pour  prendre  possession 
de  tous  les  cieux.  On  dit  que  c’est  devant  cette  statue  que  priait  le  célèbre  patriarche  Raubèn, 
comme  devant  celle  de  son  patron  préféré. 

Elle  a  subi  des  détériorations  :  elle  est  grattée  et  écaillée.  La  main  droite  est  mutilée.  Telle 
qu’elle  est,  elle  constitue,  parmi  les  statues  en  terre,  une  œuvre  d’une  beauté  comparable  à  celle 
des  quatre  Tennau  de  Kai  dan  in.  Il  subsiste  assez  de  coloris  pour  en  faire  deviner  la  perfection. 

La  légende  raconte  qu’en  temps  do  guerre,  il  sort  de  la  bouche  de  la  statue  des  myriades  de 
guêpes  qui  vont  piquer  et  tuer  les  ennemis. 

Son  attitude,  ses  yeux  ronds,  ses  reins  élancés,  les  espèces  d’antennes  décorant  sa  tête,  le 
sceptre  qu’il  tient  à  la  main,  tout,  dans  son  aspect,  rappelle  la  forme  de  la  guêpe.  C’est  là  sans  doute 
l’origine  de  la  légende. 

O  O 

PI.  \l\.  —  Statue  de  Bon  tèn  (Brahma).  —  Hokkédau,  To  daï  ji. 

Laque  sèche  de  3ni,qG  de  hauteur.  Acolyte  du  patron  de  Hokkédau,  Foukou  Ken  jakou 
boutsou,  cette  statue  est  le  pendant  de  celle  de  Tai  shyakou  Tèn  (Indra).  Ces  trois  statues  sont, 
d’après  une  t  radition  constante,  l’œuvre  du  patriarche  Raubèn.  Le  corps  droit,  en  prière,  leur  attitude 
est  pleine  de  noblesse  et  d’élégance.  L’expression  des  visages  est  d’une  sérénité  et  d’une  majesté 
inlinies.  Elles  relèvent  d’un  idéal  supérieur  à  celui  d’un  artiste  ordinaire  et  l’on  y  sent  l’inspiration 
d  un  homme  de  génie. 

En  outre  de  ces  œuvres,  ce  qui  reste  des  sculptures  de  cette  époque  forme  un  ensemble 
considérable. 

Les  douze  Shinshyau  du  S  h  i  1 1  yakoushi  ji,  à  Aura,  et  les  quatre  Tennau  du  Sai  daï  ji  sont  des 
œuvres  célèbres  de  la  fin  de  cette  époque. 

Le  Daï  boutsou,  dans  les  incendies  causés  par  les  guerres,  fut  brûlé  deux  fois,  à  la  tète  et  au 
corps,  et  deux  fois  dut  subir  des  restaurations. 

La  première  fois,  c’était  en  la  Y'  année  Jishyau  1180)  de  Takokoura  Tennau  Au  cours  de 
troubles  militaires,  Tahira  shiglié  h  ira  brûla  b*  Daï  boutsou  dèn,  dont  la  tète  fut  détruite.  Goshiva 
l\ava  llamvau  donna  l’ordre  de  le  restaurer  la  6e  année  Kèn  Kyou  (1190).  Il  est  probable  que  la 
restauration  ne  se  borna  pas  à  la  tète  et  s’étendit  à  tout  l’ensemble. 

Plus  tard,  le  m°  mois  de  la  io0  année  birskou  de  l’empereur  Oghimatchi  1 667  ,  au  cours  de 
la  bataille  entre  Matsou  Naga  Mica  llidé  et  Miyoshi  Yasou  Naga,  le  Daï  boutsou  dèn  fut  une  seconde 
fois  incendié  par  les  soldats.  L’année  suivante,  un  habile  peintre  et  sculpteur  de  Eoukouzomù,  en 
Yainato,  consacra  toute  sa  fortune  à  le  réparer. 

Ainsi,  ce  qu’on  peut  voir  aujourd’hui  de  cette  statue  est  une  restauration  des  époques  Kèn 
Kyou  et  Sirokou. 


-() 


CHAPITRE  V 

Architecture. 

L’architecture  Je  l'époque  de  Shvaumou  1CI  est  la  coul  in  uni  ion  de  celle  de  la  période  pi  »  ,  ejeuie. 
mais  plus  perfectionnée.  Les  règles  de  construction  des  garan  offrent  Lieu  des  detads  differents  Je  l.t 
période  précédente.  Mais,  en  somme,  c’est  Lien  la  meme  architecture,  dont  I  idéal  s  est  fortitie  et  dont 
les  moyens  d’exécution  sont  plus  développés.  Les  proportions  deviennent  plus  justes,  et  le  hàtilm ml 
prend  un  aspect  de  robustesse  et  de  majesté. 

L’ornementation  de  l’architecture  intérieure  emploie  les  mêmes  procédés  «pie  dans  la  p  ie  T 
précédente,  cependant  elle  adopte  des  motifs  J  un  caractère  qui  lui  est  propre. 

A  la  fin  de  l’époque  de  Shvaumou  In,  on  en  vient  à  préférer  des  couleurs  plus  relatant*-* 

Architecture  des  palais.  —  L’impératrice  (ihèniniyau,  lors  du  tranTii  A  la  *.  p  >  • 
lléijvau  N ara),  donna  ordre  de  construire  le  I)aï  nai  ri  grand  palais  i n t •  rmui  IL*  u  qm  J .  -  j .  •  I  ,u  i 
de  la  construction  eût  eu  l’occasion  de  progresser,  il  n  avait  pas  encore  conduit  m»  imtlc  A- * 
à  un  degré  suffisant.  Il  est  probable  que  1  impératrice*  et  tous  le*  services  olliciels  fuient  m-t  Jl- - 
dans  de  grands  batiments  à  colonnes  rouvres,  recouverts  de  luilc*  bleue-. 

O  O  f 

Sous  le  règne  de  Shvaumou  Lr,  les  cinq  premiers  rangs  de  fonctionnaire*  imp<  n.m\.  *  !  un  un 
les  gens  du  peuple  ayant  de  la  fortune,  couvraient  leurs  maisons  en  tuile*  b idig- •< uui'  e*  J<  i<ai_ 
si  l’on  en  croit  les  chroniques.  Il  semble  donc  que  des  lors  la  tuile  *iul  entrée  dans  1  u-.ç 
courant. 

La  tradition  raconte  que  le  Tausho  daï  ji  de  Nara  devint,  par  ordre  J.  I  •  n q »*  i  •  u r .  la 
salle  de  réunion  du  matin  du  Daï  naï  ri.  On  ne  possède  «aucun  mo\eii  de  coutrédei  c.  il. 
assertion. 

A  cette  époque  naquit  la  croyance  à  l'origine  commune  des  divinité*  indigènes  du 
Bouddhisme,  en  sorte  que  les  Kami  et  les  Otoeké  peu  a  peu  se  confondirent.  Mai-,  en  etudiant 
le  stvle  de  1  «architecture  shintoïste  du  temps,  il  ne  semble  pas  qu  il  se  *«»il  approprie  c  hu  J* 
l’architecture  bouddhique. 

La  2V  année  llauki  771)  Soujiwara  moino  kawa,  conformement  aux  ordre*  de  I  emp"i.  ni 
révisa  les  règles  établies  pour  la  construction  des  palais.  (  >n  voit  par  la  qu’ils  étaient  de  *t\|. 
shimméi,  et  les  toitures  n  avaient  pas  encore  leurs  bordures  en  ligne  courbe. 


MONUMENTS 

Le  Hokkédau  (To  daï  ji,  Yamato). 

Le  Hokkédau  a  été  fréquemment  restauré  et  a  beaucoup  perdu  de  son  caractère  originel. 
Cependant,  1  intérieur  est  à  peu  près  tel  qu’il  était  il  v  a  plus  de  mille  ans.  Divers  détails, 
tels  que  les  colonnes,  le  travail  du  plafond,  montrent  Lien  le  goût  du  temps,  et  les  assemblages 
appartiennent  au  véritable  style  de  l’époque  de  Shvaumou  Tennau. 

Fig.  3U  Ce  kondau,  qui  compte  7  travées,  s’élève  sur  une  ternisse.  Il  a  conservé*  la  forme 
antique.  L  extérieur  est  entièrement  badigeonné  en  rouge,  sauf  des  détails  colores  diversement. 
Il  semble  que  déjà,  à  cette  époque,  on  se  préoccupait  de  donner  aux  bâtiments  japonais  une 
décoration  très  vive  en  couleurs. 

Ln  général,  dans  les  garan  japonais,  les  détails  les  plus  caractéristiques  sont  le  tour  des 
noki  et  les  koumi  mono.  La  proportion  des  koumi  mono  seule  permet  très  bien  de  déterminer 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  XVIII 


SHI-KONGO  (Vadrapâni,  sanscrit). 

VIII*  siècle  (temple  de  Hokkédau,  Todaïji). 


. 


t 


/ 


)<i  <1<  s  monuments,  Ainsi,  au  Sim  dai  ji,  les  kourrii  mono  et  le  tour  des  noki  prouvent  bien 

H111'  (;o,1sl ruel ion  remonte  à  l'époque  de  Shyaumou  I01'. 

A  j‘  <l*  ^(1  Siu  dai  j>  de  Nara  sont  les  deux  grands  garan  qui  appartiennent  à 

1  ai <  bitt  »  I me  de  celte  opoque.  Si  le  Sai  dai  ji  s’éloigne  quelque  peu  du  style  antique,  en 
i e \ a 1 1 <  1 1 e  le  lo  dai  ji  lui  garde  une  plus  grande  fidélité.  On  peut  encore  distinguer  les  vestiges 
S,am,r  |H)I'te  du  Sud,  des  portes  de  l’Ouest  et  de  l’Est,  delà  porte  centrale,  du  portique 


l 'i^.  —  Rondo  (temple  tloré  de  Toshiodaiji  . 


du  kondaii,  de  la  salle  de  conférences.  Le  kondau,  qui  est  devenu  le  Dai  boutsou  don,  est 
d  une  dimension  unique. 

Le  shïiivakouji  de  Nara  est  aussi  un  vestige  de  cette  epoque.  Les  deux  1  au  de  1  Lst  et  de 
l'Ouest  du  Tavénia  déra  lui  appartiennent  également.  Le  style  et  1  exécution  sont  semblables 
ii  ceux  du  kondau  du  Sim  dai  ji. 

En  résumé,  les  trois  périodes  de  Souïko,  Ten  tchi  et  Shyaumou  peuvent  témoigner, 
par  leur  architecture,  qu  elles  furent  pacifiques  et  joveuses  et  I  couvre  d  aichitccture  la  plus 
remarquable  qu  elles  aient  produite,  ce  sont  les  garan  des  six  sectes  de  Nara. 


CHAPITRE  VI 

Arts  industriels. 


U  n’est  personne  qui,  ayant  une  fois  visité  le  trésor  de  Sliyau  so  in,  au  To  daï  ji,  ayant 
vu  les  innombrables  objets  précieux,  les  curiosités  rares  dont  il  est  rempli,  n’ait  été  émerveillé 

de  la  magnificence  des  arts  de  cette  époque. 

Là  se  trouvent  réunis  des  objets  d'art  obtenus  par  tous  les  procédés  :  sculptures, 

mosaïques,  fontes,  laques,  broderies,  émaux  cloisonnés,  verreries,  nacres.  Il  n’est  pas  un  genre 


—  -8  — 


de  fabrication  inconnu  on  même  négligé,  et  tout  a  atteint  un  degré  de  perfection  dont  nn  voit 
rarement  l’équivalent  aux  âges  suivants. 

L’arrangement  décoratif  est  alors  conçu  avec  une  ingéniosité  inépuisable.  (Iliaque 
objet  montre  une  harmonie  merveilleusement  trouvée  avec  le  but  pour  lequel  il  est  créé.  |.e 
dessin  en  est  toujours  choisi  avec  une  entente  subtile  du  sentiment  correspondant  à  l  obj-l. 
S’agit-il  d'un  instrument  bouddhique,  la  forme  en  est  inspirée  des  conceptions  bouddhique- 
S’aOt-il  d’un  instrument  de  musique,  sa  forme  évoque  les  plus  profonds  arcanes  d**  la  musique. 
Dans  les  plus  petits  détails  de  chaque  objet  se  manifeste  la  préoccupation  de  lui  douma  um* 
signification  correspondante  à  son  usage.  Jamais  le  moindre  molli  n  est  dessine  arlul r.m *111*  ni 
et  la  plus  minutieuse  critique  ne  parvient  pas  à  trouver  en  défaut  cette  curieuse  poursuit*  d* 
l'idée  maîtresse. 

La  forme  de  tous  les  objets  est  d  une  élégance  suprême.  Souvent,  dans  un  >impl<*  hib*  1**1 
de  métal  pas  plus  grand  que  le  pouce,  l’artiste  a  su  enfermer  une  beauté*  évoquant  I  imm*  n-it> 
de  la  nature. 

Cette  recherche  de  la  délicatesse,  résultat  il  une  attention  et  dune  observation  ^.ig.i*  e, 
est  la  caractéristique  des  arts  japonais  et  son  triomphe.  Les  ouvriers  d  art  japonais,  -  ad* *nn  *ht 
depuis  l’antiquité  au  même  métier,  de  génération  en  génération,  b*  fil-  succédant  au  p*  i*  et  à 
L aïeul,  sont  façonnés  par  une  force  d'hérédité  accumulée  Ce  fut  surtout  a  partir  du  i*  _  n  *b 
Shyaumou  Ier  et  depuis  I  installation  à  la  cour  d**s  bureaux  de  peinture,  d<*  lissag*  .  .1  for-  <1*  !'*  ni* 
de  céramique,  de  laque,  etc.,  que  les  progrès  marchèrent  à  pas  d**  géant.  Chaqu*  artisan, 
protégé  et  garanti  contre  le  souci  de  la  vie  matérielle,  put  se  livrer  tout  entier  à  la  pratique  *1* 
son  art. 

Les  objets  précieux  conservés  aujourd'hui  dans  le  trésor  de  Shvau  so  in  sont  au  muulu 
de  plus  de  3ooo  :  sabres  et  épées,  cloches  et  miroirs,  objets  de  parure,  dessins  et  livres, 
écritoires,  instruments  de  musique,  bibelots,  brûle-parfums,  etc.,  sans  rompt*  r  b  -  obj*l-  d* 
culte  et  de  cérémonial. 

Déjà,  en  la  8°  année  Tèm  byau  Shvauhau  -’»(>,  Shvaumou  axait  légué*  tout  c.  qui  lui 
avait  appartenu  au  To  daï  ji  pour  Lolfrir  au  I {oshvanaboulsou.  A  tous  ers  obj**t-  .  lait  joint  un 
registre  des  offrandes  où  chacune  était  décrite  en  détail. 

Selon  cette  liste,  70  objets  auraient  appartenu  au  temps  de  T«*mmoii  I"  et  de  (di.  mmvau  I 
Hormis  ceux-là,  la  plupart  des  autres  ne  peuvent  être  attribués  qu'à  l'époque  de  Slixauuiou  I". 

Sur  la  liste,  plusieurs  sabres  longs  tatchi  ,  plusieurs  paravents  sont  indiqué*  romim 
chinois;  une  chasse  et  un  paravent  comme  coréens  Le  reste  doit  doue  être  bien  reconnu  comme 
do  fabrication  japonaise. 

I  n  vieux  livre  du  To  daï  ji  mentionne  la  fabrication  de  miroirs  d  d'autres  objets,  dont 
le  caractère  et  le  style  attestent  surabondamment  1  origine  japonaise. 

Nous  allons  passer  en  revue  une  série  de  ces  objets  se  rattachant  aux  divers  arts. 


MIT  AUX 


La  fonte,  la  sculpture  et  tous  les  arts  du  métal  ont  fait  à  colle  époque  des  progrès  que 
Ion  peut  mesurer  quand  on  connaît  la  grande  œuvre  du  Daï  boutsou. 

Mais  1  art  du  métal  ne  se  bornait  pas  à  la  fonte  de  statues  colossales.  L  Ornemental  ion 
délicate  des  miroirs  et  des  armes,  la  ciselure  pour  laquelle  on  employait  toutes  sortes  de  ciseaux 
et  burins,  prouvent  le  développement  d  un  art  dans  lequel  la  beauté  du  métier  fait  ressortir 
l’ingéniosité  des  motifs. 


PI.  XIX 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


BON  TEN 

VIIIe  siècle  (temple 


(Brahma,  sanscrit), 

de  Hokkédau,  Todaïji). 


! 


MONUMENTS 


IM.  \X.  —  Objets  nr.  Shyau  s<>  in  (n'”  i  à  9). 

1  Miroir  rond  en  enivre  blanc  Shyau  sô  in  .  —  Ce  miroir,  d’une  belle  fonte,  legs  de 
Shyaumou  I",  <*st  h*  plus  grand  des  miroirs  conservés  dans  le  Trésor.  Au  revers  apparaissent 

Us  gcnics  des  |  éléments,  les  H  kwouai  et  les  12  signes  du  zodiaque.  Le  bouton  est  en  forme  de 
lion. 

■>  Miroir  rond ,  pial ,  a  inerustcitions  de  nacre  (même  provenance),  diamètre  o"',387.  — 

Au  revers,  en  nacre  et  ambre  rouge,  sont  incrustés  des  motifs  d’animaux,  d’oiseaux  et  de 

plantes. 

>  Miroir  au.v  H  feuilles  de  lotus,  en  cuivre  blanc  (même  provenance),  diamètre  om,5i.  — 
Au  revers,  vue  de  la  montagne  de  Bauryou  dont  le  sommet  plonge  dans  les  nuages.  Au  bord, 
les  8  kwa-Boutou  en  forme  de  tortues. 

i  Miroir  aux  H  feuilles ,  à  revers  laqué  (même  provenance).  —  Au  dos  laqué,  motif  de 
plmnix,  grues  et  plantes.  Le  travail  est  du  genre  Ifei  datsou  mou ,  c’est-à-dire  fait  de  minces 
lames  d  or  et  de  cuivre  noyées  dans  la  laque  et  ciselées. 

)  Miroir  octogone  même  provenance).  —  La  face  est  d’argent;  au  revers,  sur  un  fond 
d  or  vierge,  un  motif  de  Ileurs  est  fait  en  cloisonné.  Les  cloisons,  plus  épaisses  qu’aux  siècles 
postérieurs,  sont  en  lil  d’argent.  Le  travail  du  cloisonné  a  été  réglementé  par  les  ordonnances  de 
Dailiau,  sons  Mommoii  l'r,  qui  favorisa  cet  art.  On  dit  même  qu’il  s’occupa  beaucoup  de  ses 
fondeurs.  Cet  art  a  dù  faire  de  grands  progrès  dans  cette  période. 

(i  Sabre  long  décoré  d'argent  et  de  pierreries  même  provenance:,  longueur  om,8oi.  —  Ce 
Litchi  est  d’une  décoration  riche.  La  lame  n’a  qu’un  tranchant.  La  poignée  est  recouverte  de 
peau  <le  requin,  le  fourreau,  de  laque  noire  et  de  laque  d’or,  porte  des  motifs  d’animaux  et  de 

lianes.  Les  pièces  de  monture  métalliques  sont  en  or  et  argent,  ciselées  et  incrustées  de 

pierreries.  Parmi  les  planches,  la  première  représente  l’objet  dans  son  ensemble;  la  deuxième,  une 
reproduction  de  la  lame;  la  troisième,  une  reproduction  du  fourreau. 

-  Sabre  suspendu  à  un  ceinturon  même  provenance),  longueur  om,58y.  —  Lame  à  un 
tranchant,  poignée  en  bois  de  santal.  Le  fourreau,  de  laque  noire,  est  ornementé  d’animaux 
fantastiques  et  de  plantes  sans  relief,  en  or  et  argent.  Les  pièces  de  la  monture  sont  d’or  et 
d’argent,  sculptées  de  lianes. 

8  Hrûle-par (unis  (même  provenance).  —  A  manche  en  santal,  à  motifs  plats  d’or  et 
d’argent. 

Ilrnle-par /unis  à  main.  —  Orné  de  motifs  plats  d’or  et  d’argent  et  de  grandes  et  petites 
pierreries.  Sur  le  couvre-feu  et  à  l’extrémité  du  manche  sont  ciselés  des  lions  de  bronze  d’or,  d’un 
travail  particulièrement  délicat.  Les  proportions  de  ce  brûle-parfums  sont  belles  et  l’ornementation 
d'un  goût  exquis. 

iq  Plateau  de  bronze  d'or.  —  Est-ce  un  ustensile  de  table  ou  un  objet  du  culte?  Quoi  qu’il 
en  soit,  la  forme  est  très  belle,  celle  d'une  fleur  renversée.  Le  couvercle  est  ajouré. 

PI.  XXI.  —  Pierre  sonore  de  K  WA  ckn  (Kôfoukouji,  Yamato). 

Les  objets  du  Shyausô  in  11e  doivent  pas  faire  négliger  les  objets  remarquables  en  fer 
ou  en  bronze,  de  cette  époque.  Le  gong  et  son  socle,  conservés  au  Kôfoukouji,  sont  désignés 
sous  le  nom  de  ce  pierre  sonore  de  Kwaghèn  »,  du  nom  d’une  localité  de  Chine  qui  produit 
une  pierre  renommée,  avec  laquelle  on  fabrique  des  instruments  de  musique  très  estimés. 
Cependant,  cet  objet  est  un  véritable  gong,  ne  contenant  aucune  partie  en  pierre,  et  c’est  à 
sa  réputation  de  belle  sonorité  qu  il  doit  son  surnom. 


11  est  haut  de  i ni , 8 7 5  et  tout  entier  en  bronze.  Le  gong  s'accroche  aux  enmulemonls 
de  quatre  dragons  et  le  pilier  central  est  supporté  par  un  chien  de  doré»».  La  forme  est  d'une 
extrême  éléo-ance  et  la  fonte  très  bien  venue.  Son  style  magnifique  rapproche  ce  gong  de  s 
objets  d’art  du  Yashiro,  du  Kaçoug  et,  du  fan  sho  daïji,  et  certilie  une  origine  japonaise  de 

la  même  époque. 

SCULPTURE  ET  XI ELLE RE 


pi.  xx. 


Ob.U.TS  DI.  S  11  Y  Al'  SU  l\  ll"s  10  à  M) 


La  sculpture  et  la  niellure  à  cette  époque  ont  fait  de  grands  progrès  tnnl  au  point  de  mu-  »!•• 
l’arrangement  décoratif  que  de  l’exécution.  La  niellure,  en  particulier,  s  inspirant  des  procédés 
des  arts  étrangers,  parvient  à  une  pratique  et  à  une  habileté  remarquables. 

Objets. 

10  }  aisseau  en  bois  sculpte.  — Shyau  So  in.  —  Le  vaisseau  el  son  coiivercb*  -ont  tous  J.  u\ 
sculptés  de  feuillages  en  forme  d’acanthe  et  rehaussés  d'or  el  d'argent  II  existe  un  «  ou\«  ii  h  * I •  p  • 
reillé  du  même  genre.  Les  feuillages  qui  décorent  ressemblent  à  I  acanthe  plus  ( •  1 1*  •  «  1  •  •  qu-  cmx  du 
vaisseau.  Ce  couvercle,  mince,  ajouré,  est  une  pièci*  très  remarquable  par  la  béante  d •  •  la  loi  un  cl 
la  finesse  du  travail. 

1  1  Pied  en  ivoire.  —  Cet  objet  qui  est  I  étalon  du  pied  de  I  époque,  soit  p  pouces  7  I  s  >  du 
pied  d’aujourd’hui,  est  divisé  en  compartiments  d  un  pouce,  servant  d  eclidle.  Deux  Loïc--  i,t 
peintes  en  rose  et  2  autres  en  vert.  De  délicats  motifs  gravés  le  décorent. 

12  Echiquier  en  marqueterie  de  santal.  Cet  échiquier  mesure  o'",»i  >  de  ente  et 

om,i56  d’épaisseur.  Les  lignes  de  séparation  des  cases  et  les  ornements  des  côtes  et  des  pu  ds 
sont  tout  incrustés  d  ivoire  d’un  t  rès  beau  travail.  Los  dessins,  incrustes  en  ivoire  clore,  de>  P  a  d  un  - 
représentent  une  chasse  au  lion  et  une  caravane  avec  des  chameaux.  Les  boites  de-.im.es  ,1 

recevoir  les  pions  sont  en  forme  de  tortue;  et  la  boîte  renfermant  I  échiquier  est  pl.iqu . I  •  ••  elle 

incrustée  d  hexagones  en  ivoire  et  ornée  de  motifs  d  or  et  d  argent. 

13  Flûtes  droites.  —  Lu  bambou  sculpté  de  lins  motifs,  parmi  lesquels  d.  .  leinne  -  pim  .oit 
du  Biwa  ou  cueillant  des  feuillages. 

i4]  Sho  orgue  à  bouche  .  —  Les  tuyaux  sont  de  bambou,  la  monture  de  Loi-,  laque,  de*  n 
d’incrustations  d’argent  représentant  un  Karijohiu  ange  femelle  souillant  dans  un  S//o,  et  de  petits 
enfants  jouant  de  la  musique. 

1 5 ,  16  Biwa  en  ivoire  colore  et  santal.  —  Le  santal  est  incrusté1  de  motifs  en  ivoire  colore 
Sur  la  face  une  chasse  est  représentée,  en  couleurs.  Le  haut  de  l'instrument  est  laqué*.  Sur  le  dos 
sont  des  motifs  de  Heurs  et  d  oiseaux  on  ivoire  colore.  Les  dessins  sont  gracieux,  et  I  ivoire  colore 

0 

d’un  travail  très  soigné. 

O 

[17  Biwa  a  cordes.  — Santal  incrusté  de  nacre.  Sur  la  louche  en  nacre  incrustée  >ur  écaille 
figure  un  Indien  à  cheval  sur  un  chameau  et  pinçant  du  biwa.  L'exécution  »*^l  parfaite  sous  tous  les 
rapports. 

;  18  (ihènkan  (Ghèkkïu  .  —  Santal  incrusté  de  nacre.  Sur  la  louche  en  écorce  sont  dessinées 
trois  femmes  pinçant  du  ghèkkïu.  Au  dos,  des  perroquets  eu  nacre,  tenant  dans  le  bec  des  herbes 
fleuries. 

[19,  20  Foh o  instrument  du  genre  de  la  harpe  européenne.  Hauteur  :  i,n,5o;  environ 

2  3  cordes.  —  On  trouve  au  Shyau-So  in  les  débris  de  deux  de  ces  harpes.  Les  deux  halo  qui  sont 
représentés  ici  sont  des  restaurations,  les  originaux  étant  en  très  mauvais  état. 

Sur  la  caisse  sont  peints  des  animaux,  des  oiseaux  et  des  Ileurs.  Au  pied  de  la  colonne  sont 
sculptées  une  tête  de  lion  et  des  fleurs.  Les  instruments  sont  destinés  à  être  pincés,  Lun  la  tête 
suspendue,  l’autre  la  colonne  appuyée  au  sol. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


31 


29 


27 


29 


37 


36 


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33 


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OBJETS  DE  SHYAU  SO 


IN  (Trésor  impérial) 


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CERAMIQUE,  POTERIE  ET  VERRERIE 


1*1.  XX.  —  OlîJKTS  DK  Sll  YAK  SÛ  IX  fnos  21  à  2',). 


La  céramique  est  restée  dans  lin  état  assez  primitif,  relativement  aux  autres  arts.  Cependant 
le  vert,  le  jaune,  le  violet,  et  d’autres  tons  sont  déjà  employés. 

Ea  verrerie,  pratiquée  de  longue  date,  a  déjà  fait  preuve  d’une  grande  habileté.  On  fabrique 
des  verreries  de  couleur  verte  ou  violette  ;  d’autres  sont  taillées  à  facettes  ou  gravées. 


Objets. 


ai  l  a  se  à  /leurs  en  poterie.  -  Hauteur  :  om,ji  ];  du  genre  dit  Kautehin  yahi.  — -Terre 
la  ut  lie  et  Irialde,  marquée  par  places  de  taches  d’émail  vert.  Ees  bords  sont  relevés  :  les  pieds 


es, 


2a  (  disse  de  tambour  ni  poterie.  —  Hauteur  :  om,3j8.  Kautehin  yahi.  Lignes  d’émail 
vert  et  jaune  sur  fond  blanc. 

Le  Trésor  renferme  encore  plusieurs  dizaines  de  plats  à  offrande  et  de  petites  pagodes, 
a  >  Hat  ereu.v  en  verre.  Pâte  de  verre  vert  clair,  de  forme  elliptique.  Le  fond  est  d’un 
reliel  1res  saillant  et  présente  à  la  panse  des  poissons  et  des  plantes  aquatiques  gravés. 

•>  \  Tasse  en  verre.  —  -  Pâte  de  verre  blanc.  Sur  toute  la  face  extérieure  apparaissent  en 
creux  des  hexagones.  La  fabrication  est  très  soignée. 


TISSES  ET  TEINTURES 


IM.  XX.  -  <  >11.11  I  S  1)1  SlIYAI  Su  IX  !)"'  2)  à  i-  . 


Déjà,  du  temps  de  Oheminvau  l'r  on  avait  envoyé  des  maîtres  tisseurs  de  l’atelier  impérial 
dans  toutes  les  provinces  pour  v  enseigner  le  tissage  du  brocart.  Ainsi  tous  les  tisseurs  de  toutes 
les  provinces  connurent  cet  art.  Les  relations  avec  la  Chine  importèrent  au  Japon  toutes  sortes  de 
tissus  chinois  qui  servirent  de  modèles  à  nos  ouvriers. 

Aujourd'hui,  parmi  les  tissus  conservés  au  Shvau  sû  in  et  au  IIô  Kyakouji,  on  voit  des 
brocarts  de  toutes  sortes,  qu’on  peut  attribuer  à  l’industrie  japonaise.  Certains  tissus  faits  de  fds 
de  couleurs  différentes,  depuis  1  jusqu’à  i3,  représentent  des  animaux,  des  plantes,  des  fleurs, 
Quelquefois  on  y  mêle  des  fils  d  or  et  d’argent,  ou  bien  l’on  tisse  des  perles  à  même.  On  faisait  aussi 
des  étoffes  du  genre  cachemire. 

L’art  de  la  teinture  avait  déjà  perfectionné  ses  procédés.  Sous  Ton  tchi  1"',  des  étoffes  teintes 
avaient  été  exportées  par  les  ambassadeurs  comme  produits  propres  au  Japon.  Parmi  les  différents 
procédés,  on  cite  celui-ci  :  on  dessine  sur  l'étoile  le  modèle  avec  de  la  cire;  ou  fait  l’opération  de  la 
teinture  et  l’on  enlève  la  cire;  le  dessin  apparaît  alors.  Le  résultat  ainsi  obtenu  est  plus  délicat  que 
celui  qu’obtiennent  les  Chinois.  Certaines  étoffes  teintes  par  ce  procédé  montrent  deux  ou  trois 
couleurs. 

Eue  autre  méthode  consiste  à  graver  le  motif  sur  une  planche,  et  à  teindre  l’étoffe  à  l’aide  de 
deux  planches.  Dans  ce  genre,  on  connaît  aussi  des  teintures  en  deux  et  trois  couleurs. 


H 


Pièces. 


[25]  Brocart  représentant  une  scène  de  e liasse .  —  O  genre  de  tissu,  appelé  brocart  japonais, 
est  souple.  Le  motif  a  dû  être  copié  sur  un  brocart  chinois.  Mais  le  dessin  a  été  modilié  pur  I  addition 

de  plusieurs  détails  nouveaux.  11  est  conserve  au  Haurvouji. 

[26-27"  Brocart  à  chèvres.  —  Brocart  japonais,  d  un  travail  délicat  et  d  un  dessin  t r« * ^  précis. 
Des  chèvres  y  courent  parmi  des  plantes.  Le  fond  est  tissé  de  soie.  La  disposition  en  damiers  tisses 

et  coupés  d’ornements  est  tout  à  fait  nouvelle. 

28]  Brocart  à  oiseaux,  animaux  et  /leurs.  Des  chèvres,  des  grues,  des  Ileurs  sont  semées 

selon  un  arrangement  très  adroit. 

2p  Brocart  à  bandes.  —  Le  dessin  en  est  très  habile.  Les  bandes  sont  obliques.  Luire  «-lies 
sont  répartis  des  oiseaux  et  des  (leurs  disposes  obliquement .  Si  1  on  regarde  de  loin  •  ■  *  •  1 1  « •  piere 
étendue  comme  tapis,  l'effet  en  est  très  beau.  C'est  pour  cela  saii'*  doute  «pion  1  appelle  nishi/m 
(semis  allongé.) 

30  Brocart  (i  phénix.  —  Les  phénix  sont  entourés  d'enroulements  de  \igne  H  séparé**  par 
des  feuillages  décoratifs.  Le  coloris  est  très  beau. 

3 1  Brocart  aux  rinceaux  obliques.  —  Les  Heurs  dites  Karahana  lolu^  du  dessin  indien 
et  les  papillons  sont  disposés  obliquement  et  combines  en  douze  couleurs.  L’exéeution  du  ti^u  e-l 
d’une  finesse  remarquable. 

[32  Brocart  au  halo.  —  Le  dessin  représente  le  soleil  brillant  dans  les  nuages  Sur  b***  bord** 
les  nuages  sont  doublés.  Les  nuances  dégradées  vont  du  foncé*  au  clair. 

Le  Shyau  so  in  renferme  encore  plusieurs  autres  espèces  de  brocart. 

33  Tapis  de  table  à  /leurs  et  oiseaux.  —  Le  dessin  présente,  svmél riqueuient  dispo-é***  .1 
droite  et  à  gauche,  des  fleurs  rares,  des  oiseaux  d'eau  et  des  nuages.  Le  coloris  est  très  varié 

34  Paravent.  —  Une  des  feuilles  porte  des  arbres  et  des  cerfs.  Les  cinq  autres  l.milb*** 
représentent  des  fleurs  et  des  oiseaux. 

35  Paravent.  —  Oiseaux,  animaux,  plantes  et  fleurs. 

Paravent  à  deux  feuilles.  —  Le  dessin  est  étrange,  (tu  \  a  cherché  la  variété  et  la  virtuosité 
sans  s’inquiéter  de  la  perspective.  Ce  qui  frappe  au  premier  aspect,  c'est  un  oiseau  becquetant  d«  s 
fleurs;  puis  des  animaux  ressemblant  à  des  éléphants.  Des  personnages,  fort  petits,  font  danser  un 
phénix  en  soufflant  du  shô  orgue  à  bouche  .  Des  cavaliers  courront  le  cerf,  etc.  La  couleur  est 
ternie.  Le  dessin,  ni  chinois,  ni  japonais,  a  dû  être  copié*  sur  un  modèle  indien. 

36  Fragment  à  phénix.  —  Dessin  fin  et  délicat. 

[87 j  Fragment  de  sac  à  fleurs  et  carapaces  de  tortues.  —  Dans  le  tissu  sont  teintes  des  Meurs 
et  des  carapaces  de  tortues. 


OBJETS  DÉCORÉS  DE  PEINTURES 


PI.  XX.  —  Objets  de  Shyau  sô  ix  (n°*  38  à  ',1  . 

A  cette  époque,  la  décoration  en  couleurs  des  objets  s’appelait  Saïyé.  Ainsi  qu'il  a  été  dit  au 
chapitre  de  la  peinture,  les  maîtres  du  service  des  ateliers  impériaux  de  peinture  s’occupaient 
particulièrement  de  ces  décorations.  Le  coloris  et  le  dessin  des  motifs  sont  d'une  extrême  habileté, 
et  n’ont  pas  été  égalés  dans  les  âges  suivants. 

Le  matières  colorantes  ne  s’écaillent  pas  facilement,  et,  couvertes  d’un  léger  vernis  de 
laque,  elles  sont  aujourd  hui  aussi  fraîches  que  si  elles  dataient  d  hier;  rien  ne  ferait  supposer 
qu  elles  ont  supporté  plus  de  onze  siècles. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXI. 


KWA  GHÈN  KEI  (espèce  de  gong). 


VIIIe  siècle  (Kôfoukouji,  Yamato). 


—  83  — 


Objets. 


88  Uni  te  à  riz  peinte  sur  fond  vert.  —  Petite  boîte  en  bois  peinte  en  bleu  vert  clair 
et  clecoree  de  motifs  de  fleurs  et  d’oiseaux.  Sur  le  fond  est  collé  un  morceau  de  brocart. 

b)  Récipients  en  forme  de  fleurs  île  lotus.  —  11  y  en  a  une  paire.  Ce  sont  probablement  des 
objets  (b*  culte  bouddhique,  destinés  à  recevoir  les  offrandes. 

Chaque  pétale  porte  à  l’endroit  et  à  l'envers  des  pointures  représentant  des  Bosatsous,  des 
oiseaux,  des  animaux,  des  fleurs  ou  des  plantes,  des  robes  de  Bosatsou,  des  ailes  de  phénix. 

jo  .S or/c  en  forme  de  fleur.  —  Le  dessin  est  rehaussé  d’or  et  d  argent.  La  forme  du  dessus 
et  du  pied  est  harmonieusement  trouvée  pour  recevoir  la  peinture. 

j  i  Sorte  octogone.  —  Plusieurs  dessins  sont  chargés  de  couleurs  extrêmement  vives.  Les 

CJ  O 

bords  et  le  pied  sont  peints  de  fleurs  à  nuances  dégradées.  L’ensemble  est  très  beau. 


• 

«- 

■ 


* 


DEUXIÈME  PARTIE 


RK  kWVMMOU  I  \l  B VKOUFOU  l)K  KAMAKOIIRA 


L  1  V  R E  PRE  M 1 E  R 
Kwammou  U. 


CH  A  P ITKI-:  PREMIER 


L  État  social  dans  ses  rapports  avec  les  Beaux-Arts. 


\  urs  lu  lin  (lu  la  période  précédente,  une  longue  paix  régnait  sur  le  Japon  qui  s  habituait  à 
la  tranquillité.  On  aspirait  à  imiter  la  magnificence  extérieure  des  T  ang  et  aussi  léclat  superficiel 
de  leur  civilisation.  Le  confort,  le  luxe  et  meme  l'ostentation  s’introduisirent  au  Japon.  Ils  s’y 
accrurent  au  point  de  dévoyer  les  niomrs  et  de  relâcher  l'autorité  du  irouvernement. 

le/  P 

La  cour,  s  adonnant  au  I Lmddhisme  avec  une  extrême  ferveur,  lui  prodiguant  toutes  sortes 
d  encouragements.  entassait  des  richesses  énormes  dans  les  temples,  multipliait  les  travaux  sans 
urgence,  bâtissait  en  nombre  considérable  des  salles  de  fan  et  des  monastères.  Ainsi,  le  Trésor  se 
trouva  vide  et  les  impôts  augmentèrent.  La  politique  se  lia  à  la  religion  au  point  de  ne  plus  s’en 
distinguer  aisément.  Les  moines  acquirent  une  influence  prépondérante  et  abusive.  Ils  avaient  pris  le 
pouvoir  et  y  apportaient  leur  arrogance  et  leur  dédain  de  la  justice.  Ils  devenaient  les  maîtres  dans 
h*  palais. 

Kwammou  V'  XL1X,  770-78 2  ,  dès  son  avènement,  s’efforça  de  restaurer  le  gouvernement.  Il 
rapporta  plusieurs  lois  tracassières  et  voulut  rectifier  certaines  mesures  fâcheuses  des  règnes  précé¬ 
dents.  Mais  ce  qu'il  eut  fallu  modifier,  cédait  la  légèreté  et  la  décrépitude  de  la  société.  L’entreprise 
n’était  pas  aisée. 

Cependant,  déjà  un  mouvement  de  réaction  se  manifestait  et  grandissait.  Des  symptômes  d’une 
révolution  inévitable»  se  faisaient  jour. 

Kwammou  l‘,p,  prenant  l’Empire  dans  ces  circonstances  difficiles,  était  un  monarque  remar¬ 
quablement  doué. 


Comprenant  les  tendances  du  temps,  il  daigna  inspirer  le  mouvement  des  idees  nouvelles  et 
révolutionnaires,  et  sa  vigoureuse  impulsion  réforma  le  gouvernement  défectueux  et  les  mœurs 
décadentes.  Ambitieux  de  rafler  ni  ir  l’autorité  impériale,  il  réduisit  les  Lrnishi,  ces  rebelles  turbulents 
qui  avaient,  à  maintes  reprises,  troublé  la  tranquillité  de  la  maison  impériale,  l'our  maintenir  eu  paix 
ses  frontières  de  l’Est,  il  transporta  la  capitale  en  Namashiro  y«)j  ap.  .1.-0.  et  la  nomma  Lei  au 
Kyau  ( Kyoto  actuel  .  Ses  sages  mesures  assurèrent  une  base  inébranlable  a  la  paix  <1  un  millier 

de  générations. 

O 

La  société  subit  alors  une  modification  heureuse,  une  rénovation.  Les  esprits,  rajeunis  et  \  i  \  a  n  t  -, 
se  reprirent  aux  nobles  efforts. 

Il  est  certain  qu’en  transportant  ailleurs  le  siège  de  la  capitale,  l’empereur  avait  en  Mie  de 
grands  desseins.  De  ce  transfert  résultèrent  une  commodité'  plus  grande  pour  b*  gouvernement,  et  me 
facilité  nouvelle  de  communications.  Il  arracha  le  peuple  aux  conséquences  de  la  mauvais*'  p->litiqu« 
invétérée  dans  Nara  et  étendit  les  bornes  de  J  empire  rénové. 

Ce  changement  de  capitale  suffit  à  inspirer  au  peuple  un  nouvel  idéal  et  a  crée  r  un  nouveau 
centre  de  développement  pour  les  idées  nouvelles,  les  institutions,  la  culture  intrllertmdh- .  La  m  u\  «II- 
capitale  chercha  à  surpasser  Nara.  On  la  dessina  sur  le  modèle  de  Tehang  ngan  dos  |  an-  I  *  plan 
en  est  grandiose.  Le  palais,  le  Daïkyokoudèn,  le  llorakou  in,  et  un  grand  nombre  de  miiiLt-  res  <  t 
d’administrations  furent  édifiés  avec  magnilicence.  Les  ouvriers  renommés,  le*  artisans  L  ^  j * I u -  babil*  - 
de  toutes  les  provinces  s  y  établirent  en  foule.  \u-»si  rarehitecture  et  la  décoration  lir-  nt -*  II- **  d- 
notables  progrès. 

Après  la  construction  delà  capitale,  on  créa  «les  palais  secondaires,  «b -s  r«;>i«h  nc(  **,  -I-  *»  villa*» 
pour  les  empereurs.  Cette  mode  fut  imitée  par  les  grands  seigneurs.  Les  terrains  de  kmr alo-n  Iw  -n' 
s’étendirent  dans  toutes  les  directions.  Et  l’arrangement  de  ces  résidences  et  de  leurs  |  a i  -  -»  . i \  - 
leurs  rochers,  leurs  étangs,  leurs  jardins,  acquit  une  renommée  qui  dure  encore  aiijourd  hui.  L  ai  t  -lu 
jardinier  paysagiste  fit  alors  des  progrès  sans  précédent  . 

Pendant  le  demi-siècle  qui  suivit  Iwvammou  1",  les  empereurs  I lei/ei  1.1  ,  Saga  1.11  ,  .Domina 
LUI),  Nimmy  au  Lf\  ,  Moutokou  L\  de  (Sot)  a  S  )(>  lurent  de  sages  monarques,  uxeellaiil  dans  h-», 
arts  et  prudents  politiques.  Ils  fondèrent  des  écoles  destinées  a  propager  les  études  elassiqm -s.  IL  *..■ 
préoccupèrent,  à  l  imitation  «h's  T’ang,  de  codifier  le  cérémonial,  et  donnèrent  tmis  b-urs  soins  à 
favoriser  l’extension  du  commerce  et  des  moyens  de  transport  et  de  commnnieat ion .  Ils  >»e  donnèrent 
de  tout  cœur  à  leur  grande  mission.  Des  ministres  éminents  surgirent;  en  somme,  !«•  gouvernement 
éclairé  fit  beaucoup  de  bien  et  prévint  beaucoup  de  maux. 

Lu  dépit  de  plusieurs  calamités,  de  maintes  épidémies,  la  civilisation  va  toujours  se  develnp 
pant.  Les  esprits  s  enrichissent  de  la  culture  de  I  immense  et  florissant  empire  des  I  ang,  qui  arrive 
au  Japon  sans  discontinuer. 

Les  Chinois  ne  sont  pas  le  seul  peuple  qui  ait  échangé' des  ambassadeurs  avec  le  .lapon.  Notre 
pays  avait  encore  des  relations  avec  les  Rokkai  nation  établie  près  de  la  Mandchourie  et  de  la 
Mongolie  orientales  actuelles)  et  les  Shiraghi.  Mais  aucune  population,  à  celle  époque,  ne  donna  à 
notre  civilisation  une  impulsion  plus  vive  que  les  Chinois. 

Le  gouvernement  des  T’ang  était  alors  singulièrement  troublé1  au  dedans.  Les  chefs  «le  clan, 
arrogants  et  indisciplines,  a  semaient  la  désunion.  Les  barbares  turcs,  an  dehors,  cherchaient  une 
occasion  d  envahissement.  Au  moment  de  la  révolution  d  Au  Rokouzau,  le  désordre  cl  l’anarchie 
étaient  au  comble. 

Partout,  en  vertu  de  leur  gloire  passée,  les  T’ang  imposent  toujours  leur  inlluence,  qui  pèse 
sur  la  littérature  et  la  pensée.  De  grands  et  glorieux  bonzes  paraissent,  qui  révèlent  les  lois  de  la 
haute  doctrine.  On  admire  les  vers  de  Li  Tai  peh  et  de  Tovifou,  les  écrits  de  Tcliano-  hsù  et  de  Yen 
l  lu'ii  lv  ing ,  les  dessins  de  Li  ssn  hiiun  et  de  NY  ang  woï.  Les  lettres,  la  philosophie  religieuse,  les 


«7 


beaux-arts  étaient  toujours  florissants.  Les  troubles  politiques  semblent  ne  faire  que  les 
stimuler.  Aussi  s  est-on  tourné  avec  admiration,  à  toute  époque  de  notre  histoire,  vers  cette  brillante 
culture.  Il  n  est  donc  pas  étonnant  qu’elle  ait  exercé  une  puissante*  influence. 

L  empereur  Saga,  par  exemple,  poussa  l’amour  des  modes  chinoises  jusqu’à  conformer  sur 
elles  le  costume  et  le  cérémonial,  ou  à  faire  peindre  sur  les  murs  du  palais  les  grands  hommes  de  ce 
pays  et  ses  principales  légendes,  afin  que  son  peuple  pût  ainsi  se  familiariser  avec  la  culture 
chinoise. 

Cependant,  I  imitation  des  mœurs  chinoises  ne  fut  pas  aussi  absolue  qu’à  l’époque  précédente. 

I  ne  activité  dévorante  s  était  emparée  des  esprits,  déjà  las  des  modes  anciennes  et  des  vieilles  idées. 
Le  sentiment  national  se  faisait  jour  et  grandissait.  La  culture  chinoise  importée  chez  nous  s’y 
transformait,  prenait  une  nouveau  caractère. 

Les  bonzes  de  celte  époque  qui  allèrent  en  Chine  étaient  des  hommes  d’esprit  éminent  et  de 
grande  science.  Leur  intelligence,  que  ne  satisfaisait  pas  la  doctrine  bouddhique  telle  qu’elle  était 
répandue,  allait  approfondir  les  arcanes  de  la  doctrine  et  ses  enseignements  les  plus  profonds. 
Ils  ne  peuvent  être  comparés  aux  prêtres  qui,  aux  âges  primitifs,  étaient  partis  en  Chine  pour  chercher 
la  loi. 

Ces  puissants  esprits,  après  avoir  reçu  la  tradition  des  prêtres  chinois,  avaient  pénétré  l’idée 
bouddhique  dans  sa  profondeur,  et  y  apportèrent  îles  vues  nouvelles.  Ils  furent  vraiment  des  maîtres 
et  de  précieux  guides  intellectuels.  On  en  peut  citer  dont  la  renommée  parvint  en  Chine,  où  elle 
rivalisa  avec  celle  des  Chinois.  Tels  furent  Sai  Tchyô  Deng  vau  Daïshi  et  K où  kaï  Kobô  daïshi). 

Avant  cette  époque,  on  comptait  au  Japon  les  six  sectes  Sanron,  Ilôçau,  Ixégou,  Ritsou,  Jyau 
jitsou,  koushya,  qui,  toutes  favorisées  par  la  protection  de  la  Cour,  atteignaient  un  haut  degré  de 
prospérité.  Cependant  elles  n'avaient  pas  encore  —  à  l’exception  de  la  doctrine  du  Grand  Véhicule  — 
mis  en  lumière  le  principe  mystérieux  de  la  loi  universelle. 

r 

Saïteho  parut,  et  révéla  la  doctrine,  ternaire.  Ltantallé  en  Chine,  il  y  chercha  le  livre  de  Ten  daï 
qui  n  était  pas  encore  connu  au  Japon.  Il  revint  quand  il  en  eut  pénétré  le  sens  ésotérique.  Et  pour  la 
première  fois  la  merveilleuse  doctrine  de  1  identité  des  trois  évidences  nous  fut  divulguée.  C’est  de 
cette  époque  que  date  la  fondation  du  monastère  de  llieirau  koukaï. 

La  n3r  année  Enryakou  8o  j  ,  Saïteho  retourna  en  Chine  où  il  fonda  son  monastère  du 
Ten  daï  sau,  en  Tchelikiang,  dont  l'influence  devint  prépondérante.  Les  prêtres  indiens  kongautchi, 
Zèn  mou  i,  Foukoù,  répandirent  la  doctrine  qui  y  était  enseignée,  et  ce  fut,  pour  la  doctrine  secrète, 
une  période  florissante. 

.Mais  la  clé  delà  doctrine  ésotérique,  transmise  par  Saïteho,  ce  fut  koukaï  qui  en  lit  la  plus 
nette  révélation. 

Saïteho,  dans  le  Ten  daï  de  Chine,  apporte  la  parfaite  illumination  des  deux  sectes  des 
Bosatsou,  et  koukaï,  rompant  avec  la  réserve  des  autres  ésotéristes,  en  révéla  les  arcanes  et 
contribua  fortement  à  la  pénétration  de  l’ésotérisme  du  corps  entier  de  la  doctrine  bouddhique.  11 
démonlra  ainsi  que  la  base  de  cette  doctrine  était  ésotérique. 

Ainsi,  sans  que  le  Ten  daï  de  SaïtchyO  et  l’ésotérisme  de  koukaï  revêtent  la  même  forme  que 
le  Teu  daï  chinois  ou  l’ésotérisme  indien,  on  peut  dire  qu’ils  constituaient  une  magnifique  révélation, 
génératrice  de  progrès. 

La  doctrine  de  ces  deux  sectes,  toutes  deux  merveilleuses,  concordait  bien  avec  la  foi 
nouvelle  des  hommes  de  ce  temps.  Elle  attestait  une  haute  vertu.  Des  bonzes  célèbres  la  propagèrent: 
Shinga,  Jitsouyé,  Ennin  (Jikakou  daïshi),  Yèn  tchinn  (Tchishyô  daïshi).  Sans  être  officiellement 
reconnus  par  le  gouvernement,  ils  étaient  d’accord  avec  lui.  Ils  appelaient  les  bénédictions  célestes 
sur  la  maison  impériale  et  employaient  leurs  rites  à  détourner  les  calamités  et  à  déjouer  les  périls. 
Soudainement  apparus  dans  la  nouvelle  capitale,  qui  devenait  le  cœur  du  gouvernement,  ils  s’atti- 


récent  la  vénération  de  la  famille  impériale  et  des  hauts  dignitaires,  tuni  leur  prospéré  ^lev« 
comme  le  soleil  levant  dans  le  ciel,  et  les  conversions  des  contemporains  veimicnl  i,  eux  comme  I,., 

plantes  se  tournent  vers  le  soleil. 

Enfin,  Saïtchyô,  Koukaï  et  leurs  disciples  réglèrent  la  doctrine  d’identité  des  Kamis  et  des 
Hotokés  soit  en  combinant  les  désignations  des  kamis  et  les  noms  bouddhique*-,  soit  . . .  int  ré¬ 

duisant  la  lecture  des  Soufras  bouddhiques  dans  les  cérémonies  shintoïstes.  Ainsi  la  cour  et  le 
peuple  peu  à  peu  transformèrent  leurs  sentiments  de  respect  pour  les  kamis  et  les  vouèrent  a 
l’adoration  bouddhique.  Les  temples  shintos  devinrent  temples  mixtes;  et  l’on  vénéra  le»  Kamis 
protecteurs  dans  les  temples  bouddhiques.  Lest  alors  qu  apparut  la  double  conH  nie!  mu  d»-*- .1  mj\ a  <  t 

des  Té  va  s.  Ainsi  s’opérèrent  de  profonds  changements. 

L’ésotérisme  eut  une  grande  influence  sur  les  Beaux  Arts,  domine  la  doetrir . xotoriqm*  <  «-H 

à-dire  la  loi  révélée  entièrement  par  Shyaka,  permettait  au  fidèle  de  mmbder  -u  peiisi-o  sur  <•** I L 
d’autrui,  celle  qu’on  appelle  la  doctrine  visible ,  parce  qu  elle  est  facile  a  comprendre,  s'doii  !  opine m 
commune  aux  sectes  lloçau,  Semron,  Tendaï,  kégou  la  doctrine  ésotérique  se  proposait  d-  d «  1 1 1 1 1 r • 
l’illusion  des  sens.  C’est  celle  qu’on  nomme  doctrine  de  1  extinction  des  pns<inn-  .  •  ai  -  i!  I1  i 
pour  but  à  ses  adeptes  l’ascétisme,  l’absorption  de  1  esprit  <  *  t  du  corps  dans  I  e>-.u«.'  du  imueh 
C’est  la  doctrine  qui  révèle  la  vertu  admirable  du  corps  spirituel,  du  Dai  nitelii  n\or.n  Lu  ^pp  -  t 
au  Xirmana  lxàva  —  ou  corps  capable  de  transformation  du  Shyaka.  1 1 1  ;  n  1 1  «  d*  l.i  dot  h  m*-  \isd>h- 
on  nomme  Dharmakâya  le  Daï  nitclii  nyoraï  révélateur  de  la  doctrine  i;>of •’iiqu*  \  Niimtiei  l\  \ 
est  le  corps  se  révélant  dans  les  formes  diverses,  conformément  aux  eircoiislancrs  I.  Dh  am  i  k 
est  la  clé  de  l’initiation. 

On  comprend  que  la  doctrine  affirmant  la  raison  d’être  des  apparences  •  \  t  •  r  i  «  a-  du 
monde  visible  —  devait  avoir  une  répercussion  profonde  sur  les  beaux-arts. 

Le  corps  spirituel,  Daï  nitchi  nyoraï,  avait  deux  potentialités  de  raison  et  de  «  minais  :  >  ■  L  u 
elles  tous  les  dieux  sans  nombre  influent  sur  les  êtres  vivants  voies  aux  tian>h»nn.iti**ii'  \  •  •••- 
innombrables  dieux  furent  attribuées  des  formes  svmboliques.  De  ces  eonriq>l ions  naquit  ht  <  îium 
de  faire  en  grande  quantité  ce  qu’on  appelle  des  Manda ra ,  des  instruments  symbolique  1.  moiuh* 
artistique  trouva  là  un  grand  élément  d’activité. 

L  ésotérisme,  comme  1  exotérisrne,  considéra  1  Ltlier  connue  la  eaiisi*  réelle,  mnl  i  aii  <  un  nl  a 
1  opinion  établie  qui  en  fait  émaner  les  io  non  lois.  Il  donne  les  six  éléments  :  terre,  eau.  feu,  air,  Hier 
connaissance,  comme  l’essence  des  innombrables  êtres. 

De  même  que  les  six  éléments  sont  la  résultante  de  la  connaissance  du  corps  spuitm  I  D  u 
nitchi),  de  même  toutes  les  existences  sans  exception  sont  des  devenirs  de  ces  >ix  éléments.  1  <  >  1 1 1  ■ 
les  lois  naissent  nécessairement  de  la  potentialité  admirable  du  Daï  nitchi  nvornï. 

Les  formes  nees  de  ces  six  (déments  et  par  eux  évoluées,  quelles  (pie  soient  leur  infinité  et  leiii 
immensité,  so  réduisent  a  un  quaternaire.  Les  six  (déments  s'imprégnent  et  se  pénètrent  mutuellement. 
Ainsi  les  quatre  extensions  de  tous  les  Bouddhas,  et,  sur  un  autre  plan,  nos  quatre  extensions  a  nous 
sont  définies.  Telle  est  l’explication  fournie  parla  doctrine  ésotérique. 

Les  nombreux  objets  créés  par  les  besoins  de  cette  doctrine  sont  imprégnés  de  ces  concep¬ 
tions.  Les  plus  notoires  sont  les  peintures  qu  on  nomme  Man da ra .  (Mandera  signifie  :  complètement 
et  parfaitement  pourvu  des  10000  vertus  de  toute  la  loi,  c’est-à-dire  pourvu  de  la  forme  parfaite, 
complète,  et  également  répartie.)  Elles  sont  scellées  d’un  idéal  particulier  de  grandeur  H  de  solen¬ 
nité.  Leur  arrangement,  leur  composition  font  preuve  dun  mysticisme  profond  et  d’une  composition 

minutieuse.  L  ésotérisme  imposa  aux  arts,  et  surtout  à  la  peinture,  un  caractère  symbolique.  Il  leur 
assigna  des  types,  des  symboles,  en  un  mot  des  canons  (Giki).  De  là  vint  cet  inconvénient  «pie  la 

pensée  des  artistes,  d e\ ant  se  maintenir  dans  les  limites  des  sujets  imposés,  dut  restreindre  sou 
initiative  créatrice. 


89 


Copendant  il  donna  de  la  clarté  à  l’expression  traditionnelle  de  conceptions  élevées  et  fortes, 
et,  en  fournissant  à  la  peinture  et  à  la  sculpture  des  types,  il  enrichit  leur  domaine.  D’autre  part,  en 
enseignant  que  dans  les  formes  l'idée  de  proportion  et  de  perfection  devait  se  manifester  partout, 
il  inaugure  un  idéal  particulier.  On  s’accorde  à  reconnaître  en  ces  deux  points  l’influence  heureuse 
de  l’ésotérisme.  Même  s’il  n’en  était  pas  ainsi,  la  peinture  et  la  sculpture  seraient  redevables  à 
l'ésotérisme  d’èl  re  devenues  dos  branches  de  la  pratique  du  bouddhisme;  car  elles  recevaient  mission 
de  symboliser  la  reconnaissance,  ou  la  conversion,  ou  la  pensée.  Les  bonzes  avaient  de  longue  date 
cultivé  ces  arts.  L’ésotérisme  les  consacra  une  fois  de  plus  en  leur  attribuant  une  utilité,  et  stimula 
leur  développement.  Saitchyo,  Koukaï,  Yen  tchinn,  etc.,  et  tous  ces  bonzes  de  Yen  ghyau,  Djyau- 
ghyau,  Yen  Saï,  rapportèrent  de  Chine  quantité  do  peintures,  de  statues,  d’objets  d’art,  d’instruments 
pour  Fouet  ion  d  eau  abhi.se  ka  .  I)  autre  part,  à  cette  époque,  l'usage  s’est  établi  dans  le  clergé  boud¬ 
dhique,  de  figurer  les  effigies  des  saints,  des  bonzes  célèbres  qui  exercèrent  une  grande  influence,  et 
de  les  suspendre  aux  murailles.  L’empereur  Seïwa  LYI ,  8,09-877  ,  pendant  la  période  Djyogwan  '85q- 
S77  donna  l’ordre  de  distribuer  i3oo<>  portraits  peints  du  Bouddha  et  72  tableaux  au  Daijvau  Kwan 
du  palais  et  à  toutes  les  provinces.  Ce  développement  de  la  demande  dut  activer  puissamment  le 
mouvement  (lorissant  de  la  peinture  bouddhique. 

Il  fui  établi  ([lie  les  Mandara  et  enfers  bouddhiques  peints  par  les  prêtres  aidaient  les  hommes 
à  se  maintenir  dans  la  voie  de  salut,  et  appelaient  les  faveurs  célestes.  Imbus  de  cette  idée,  les 
hommes  de  la  noblesse  et  des  hautes  classes  étudièrent  la  peinture,  qu’ils  pratiquèrent  à  leurs  heures 
de  loisir.  C’est  ainsi  que  la  peinture  devint  en  grand  honneur  dans  la  haute  société. 

Initiés  aux  beautés  de  la  peinture  chinoise,  les  Japonais  s’empressèrent  de  les  imiter.  La 
calligraphie,  dont  1  origine  est  analogue  à  celle  de  la  peinture,  fut  aussi  en  grand  honneur.  Les 
ealligraphes  célèbres  s  adonnèrent,  dans  leurs  loisirs,  à  la  peinture.  Des  prêtres  à  qui  restait  un 
surcroît  d’activité  à  dépenser  peignirent  des  paysages,  des  fleurs,  des  plantes,  des  personnages,  des 
oiseaux,  des  animaux,  etc.,  et  couvrirent  de  ces  œuvres  des  écrans  ouïes  cloisons  mobiles  des  temples 
et  des  logements  de  monastères.  Duelques-uns  tirent  de  la  décoration.  Beaucoup  d’entre  eux  se  spécia¬ 
lisèrent  dans  certains  sujets.  Il  advint  alors  que  la  peinture  laïque  se  lança  dans  un  mouvement  de 
renaissance. 

L  établissement  d  un  atelier  au  palais  eut  celle  conséquence  que  la  décoration  du  palais  fut 
empruntée  aux  scènes  de  la  vie,  et  non  aux  sujets  religieux. 

Parallèlement  à  celle  école  d’art,  les  études  chinoises  à  cette  époque  s’écartèrent  du  boud¬ 
dhisme  et,  cherchant  une  voie  indépendante,  parvinrent  à  jeter  un  éclat  brillant  et  soudain. 

Dans  1  1  niversité,  l’exégèse  des  king  (Chinois),  l  histoire,  la  législation,  les  mathématiques, 
étaient  déjà  instituées,  formant  quatre  branches  d’études.  Les  empereurs  favorisaient  l’Université,  lui 
faisaient  don  <  D  *  riches  domaines  igakoudèn),  encourageaient  l’étude  du  chinois.  Cette  impulsion 
donnée  à  la  culture  intellectuelle  lit  surgir  des  fonctionnaires  instruits.  Pris  d’un  zèle  généreux,  les 
princes  et  l’aristocratie  fondaient  des  écoles  et  faisaient  donner  une  instruction  sérieuse  à  leurs  fils 
et  à  leurs  cadets.  L’extension  des  études  chinoises  amena  la  pratique  florissante  de  la  poésie  chinoise, 
et  donna  aux  esprits  une  tournure  poétique'  et  une  habitude  d’expression  imagée. 

La  poésie  chinoise1  fut  surtout  en  grand  honneur  après  l’introduction  au  Japon  des  œuvres  de 
Pet  chi  i.  La  poésie  eut  droit  de  cité  dans  les  compositions  d’examen.  Au  palais  et  chez  les  hommes 
d’Ltat,  furent  instituées  constamment  des  réunions  en  l’honneur  de  la  poésie.  Les  fonctionnaires 
montrèrent  le  goût  le  plus  vif  pour  la  poésie  et  le  sentiment  poétique  s’introduisit  dans  les  Beaux-Arts. 

Auparavant,  on  se  servait  des  caractères  chinois.  Puis  011  inventa  le  katakana  en  abrégeant 
les  clés  des  caractères  chinois. 

Malgré  le  succès  des  études  chinoises,  il  ne  fut  pas  question  de  se  servir  universellement  de 
l’écriture  chinoise. 


12 


Dans  les  caractères  chinois,  les  points  et  les  traits  sont  compliques.  Par  suite  rie  hoir  emploi 
de  plus  en  plus  fréquent,  on  se  servit  surtout  île  la  forme  cursive,  qui,  eu  se  modifiant  progressi¬ 
vement,  devint  un  stvle  particulier,  très  simple,  qu  ou  appela  H n  <t^n nn . 

Ce  stvle,  Iloukaï  le  réforma  dans  la  chanson  de  Plroha  telle  que  nous  la  possédions  maintenant 
Il  fixa  presque  définitivement  la  forme  des  caractères.  Comme  il  n’en  reconnut  que  j;,  il  fut  facile 
d  exprimer  les  idées  et  les  sentiments,  quelle  que  lui  leur  complexité. 

Alors  la  littérature  japonaise  prit  un  essor  soudain,  et  l'exubérance  de  -a  vitalité-  eut  un  grand 

retentissement  sur  les  Beaux-Arts. 

Tandis  que  cette  littérature  japonaise  se  développait,  se  créait  une  tradition  daim  I,.  p*  ri  • ..  I« 
dite  des  Récents  japonais  et  postérieurement  la  musique  établissait  scs  bases.  C  est  me  d-  -  mmi 
breuses  créations  de  cette  époque. 

Les  idées  des  T’ang,  qui  chez  nous  dominaient  l'éducation  et  la  civilisation,  p<  ml  rai.nl  t .  »ut .  - 
les  classes  de  la  société.  On  entendait  leur  musique.  On  limita  d  abord,  pinson  lu  iicditi.i  II  ^  >  1 1  b  I  • 
meme  que  les  créateurs  de  la  nouvelle  musique  aient  immédiatement  donne  I  <••"<'!  a  un  ait  1 1 - •  u I 
spontané.  Kagoura,  Saïbara,  etc.,  entre  autres,  ont  apporté-  a  la  mimiqm  d<  ut.uiT  -  m  !an  itnum 
Tel  fut  sans  doute  le  point  de  départ  de  la  musique  nationale. 

Cette  musique  trouva  sa  place  dans  les  cérémonies  du  culte,  dans  b*s  b  l«"  b  <  *  1 1  •  ! .  1 1 1 1  •  j  :  ;  •  b  - 

banquets,  etc.  C’est  là  un  trait  notable  des  moeurs  de  cette  époque. 

En  résumé,  bien  que  cette  période  ne  comporte  pas  beaucoup  pbm  d  un  se  >  b  .  b  ^  m^aaei  - 
mœurs  de  l’époque  précédente  v  furent  amendées.  Très  rapidement  bs  car.ctm .  ■*.  cluicm.  M;  it. 
au  .Japon,  sont  assimilés  par  les  nôtres.  L’elïbrt  de  cette  é-poque  vers  un  progrès  d<  la  <  i\ ili-.a e m 
est  considérable. 

On  établit  la  distinction  entre  les  forces  et  les  faiblesses  de  la  période  pr<  -  •  but-  I  .-•*»  b«n 
s  épanouissent  et  s’accroissent.  Les  faiblesses  sont  peu  à  pou  corrigées  \msi  s  ,  tablit  ma  .  i\  di-.itn.n 
nationale.  Favoriser  le  développement  de  cette  civilisation  nationale,  telle  fut  la  p*  n- •  •  la  plu  -  n-m  o 
quable  de  cette  époque. 

En  somme,  les  Beaux-Arts,  au  cours  de  cette  période,  apparaissent  pleins  d*  \ilabté.  raie 
d’idées  et  avides  d’assurer  leur  indépendance. 


CHAPITRE  II 


* 

Evolution  et  caractère  des  arts  de  cette  époque. 


Ainsi  qu’il  est  dit  plus  haut,  Kwamrnou  Ipr  transporta  la  capitale  en  Yamashiro.  Les  aoûts  et 
les  usages  de  notre  pays  subirent,  alors  une  modification  profonde.  Depuis  deux  siècles,  on  estimait 
1 1  on  aimait  exclusivement  la  littérature  chinoise.  Enfin  s  evcillo  le  sentiment  qu  elle  ne  <’orrespondait 
])<is  au  goût  et  aux  usages  du  pays.  Le  goût  exagéré  pour  la  culture  chinoise  fut  ,  pour  une  bonne 
partie,  laissé  à  Nara  avec  les  monuments  destinés  à  s’écrouler  et  les  parcs  désertés.  Dans  la  nouvelle 
capitale  d’Heï  an,  la  littérature  et  les  arts  manifestèrent  des  tendances  nationales  et  originales. 

Néanmoins,  le  va-et-vient  d’envoyés  en  Chine  ne  cessait  pas.  Les  relations  des  deux  pays 
étaient  aussi  étroites.  Itou  Kaï  et  les  autres  grands  bonzes  missionnaires  revenaient  de  Chine,  rappor¬ 
tant  de  nouvelles  doctrines  religieuses.  Dans  la  construction  du  Palais  impérial,  dans  les  dispositions 
des  lois  et  du  cérémonial,  rien  qui  ne  s’inspirât  des  T’ang. 

Mais  a  cette  <  poqui ,  <  e  qu  on  empruntait  a  la  Chine,  on  le  japonisait.  Si  les  méthodes 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXII. 


PORTRAIT  DE  SODZOU  GONZAU  (prêtre  bouddhique). 

IX9  siècle  (Kouyasan). 


91 


generales  appartenaient  a  I  espril  chinois,  on  y  introduisait  do  toutes  parts  dos  modifications  noos 
do  l'esprit  national. 

Quant  aux  Beaux-Arts,  bien  qu'on  y  ait  adopté  lo  nouveau  stylo  des  T’ang,  le  pinceau  et  le 
ciseau,  d  eux-mêmes,  montrent  une  tendance  à  l’élégance  et  à  la  distinction  qui  est  nettement 
japonaise. 

fin  comparant  lo  stylo  du  temps  de  Kwammou  Ior  à  celui  des  autres  époques,  on  voit  qu’il 
montre  une  recherche  évidente  du  caractère  et  de  la  beauté. 

A  cette  <*poque  sont  très  suivies  les  relations  avec  la  Chine  qui  de  tout  temps,  dans  l'Extrême- 
Orient,  axait  été  au  faîte  de  la  grandeur,  avait  rassemblé  les  beautés  de  l  ünivers.  lit  la  cour  des 
I  ang  était  toujours  celle  dont  on  admirait  l’éclat. 

A  cette  situation  correspondait,  pendant  cette  période,  la  révélation,  en  doctrine  religieuse, 
de  I  ésotérisme  do  Shingon.  Il  n’est  donc  pas  surprenant  qu’une  grande  et  puissante  manifestation 
littéraire  et  artistique  se  soit  produite.  Cette  époque  vit  surgir  une  belle  littérature  qui  façonna, 
assouplit  et  fortifia  une  langue  jusqu'alors  pénible,  et  une  musique  riche,  qui,  venue  des  T’ang,  se 
para  d  une  harmonie  savante  et  belle. 

Quant  aux  métiers,  ils  se  maintiennent  au  degré  d’habileté  qu’ils  avaient  atteint  à  l’époque 
précédente,  sous  Shyaumou  fi‘r.  fies  matières  premières  étant  devenues  de  plus  en  plus  abondantes,  la 
main-d'œuvre  a  doublé  d’importance,  fie  travail  montre  toujours  une  grande  délicatesse  d'exécution. 
Mais,  presque  toujours,  il  montre  une  tendance  à  ne  plus  se  contenter  de  la  perfection  du  détail  et 
à  sacrifier  la  minutieuse  habileté  pour  affirmer  sa  force  par  le  caractère  et  l’expression  de  l’ensemble. 

Ainsi  les  statues  et  les  peintures  bouddhiques  de  cette  époque  laissent  voir,  au  premier 
aspect,  des  négligences,  des  inégalités  dans  la  facture.  Mais  si  l’on  étudie  de  plus  près  ces  belles 
œuvres,  ou  constate  que  les  artistes  ont  fait  des  sacrifices  d’exécution  pour  obtenir  plus  d’expression, 
de  mouvement  et  de  vie. 


CHAPITRE  III 


Peinture. 


Comparée  à  celle  de  la  période  précédente,  la  peinture  de  l'époque  de  Kwammou  atteste  non 
seulement  un  progrès  évident,  mais  encore  une  originalité  nationale.  On  peut  dire  que  c'est  de  cette 
époque  que  date  le  style  japonais,  affranchi  des  inlluences  étrangères. 

fies  monuments  qu’elle  nous  a  laissés  sont  peu  nombreux.  Voici  tout  ce  qui  subsiste  : 
fies  images  des  sept  patriarches  du  Tüji,  le  portrait  du  Sôdzou  évêque)  Gouzau,  à  Kauya, 
l’image  du  saint  patron  Shyakou  fondau,  du  Myauwau  in,  et  le  fondau  jaune  de  Mydéra. 

Ces  œuvres  ont  plus  de  saveur,  plus  de  vie  que  celles  de  la  période  précédente,  fia  touche  en 
usl  plus  libre;  le  dessin  a  une  telle  netteté  qu’il  semble  tracé  avec  une  pointe  de  couteau.  On  recherche 
le  pittoresque  et  la  grâce  ;  on  se  plaît  aux  coloris  dégradés,  fies  tons  vifs  et  clairs  sont  en  honneur, 
mais  on  use  volontiers  de  tons  composés.  Ce  progrès  extraordinaire,  dù  complètement  au  dévelop¬ 
pement  de  l’originalité  nationale,  n’a  pas  son  équivalent  dans  la  peinture  chinoise  de  cette  époque. 

En  étudiant  l’évolution  de  la  peinture  à  partir  du  règne  de  Shyaumou  I(>r  puis  au  cours  de  la 
période  suivante,  on  voit  que  deux  écoles  ont  pris  naissance  sous  Kwammou  I,r  :  1  une  issue  de  l’école 
chinoise  et  coréenne,  dont  elle  perpétue  la  tradition;  l’autre  inaugurant  le  style  japonais.  Dans  les 
àt»'es  ultérieurs,  cette  dernière  a  donné  naissance  à  l’art  de  Tosa  et  de  Kasouga.  L’autre  école, 


<  libérée  des  iullmmces  qu  elh 
l'école  Takouma. 

»  accepta. 

1,  et  11  celle  «|  11  i  imiti 

*  les  Chinois  celui 

elle  recherche  une  • 

‘vécut  ion 

légère  et 

pinceau  absolument 

vert  ical. 

Bile  veut 

du  trait.  La  couleur. 

si  on  la 

1  compare 

qui  adopta  lo  style  chinois,  depuis  cette  époque  ne  mn  | 

Elle  est  devenue,  dans  les  figes  suivants,  l’école  koze  et  l'école  l’akoimiii. 

On  donne  à  l'école  japonaise  le  nom  d  ecole  ^ann 
d’école  chinoise.  L  école  Aamato  tient  le  pinceau  oblique 
libre,  un  coloris  simple  et  vibrant.  L’école  chinoise  lient  I 
la  correction.  Son  dessin  lia  pas  la  variété  dans  I  epaisseu 
à  celle  de  Yamato,  est  forte.  D’ordinaire,  cette  école  traite  toutes  les  couleurs  de  la  mmnr  façon. 

Les  bonzes  célèbres,  qui,  à  cette  époque,  allèrent  en  Chine,  revinrent  toujours  en  rapportant 
beaucoup  de  peintures  bouddhiques.  Parmi  ces  bonzes,  on  eile  l\<»  bail  dm-lii  qui  l'apporta,  la 
ire  année  Dai  dô  806),  divers  grands  Mandaras  et  portraits  de  patriarches,  m  sortes  en  d(i  rouleaux 
Dans  ce  nombre,  il  v  avait  i  j  rouleaux  de  iG  pieds.  ^  en  (divan,  la  (>'  annee  Jyauwa  S  >«)  .  rapporta 
12  portraits  divers  de  Slivaka  et  de  lvwannon.  ^  èn  Sai,  la  7'  annee  Dvau  <i\\an  s<>  »  .  rapp<ui.i 
27  images  de  bouddhas  et  portraits  de  patriarches. 

A  dater  de  cette  époque,  et  postérieurement,  les  peintre-  ndigieux  qui  peignaient  d**-  I  1  ■  L  !  !  1- 

11e  manquaient  pas  de  s  inspirer  de  ces  modèles  chinois.  La  >ede  Shmgon.  >urloiii  ali.c  liant  aie- 

importance  capitale  aux  règles  selon  lesquelles  étaient  executces  ct*s  imagos,  transmit  d«  <  . . 

qui  ne  devaient  pas  être  trangressés.  Kobau  dai  > 1 1  i ,  qui  était  I  un  (b*s  grands  pemln  -  d*  il . I  . 

recueillit  partout  des  dessins  et  rédigea  les  canons  du  dessin  religieux,  \insi.  h  I- •  1»  a  I 
représentation  des  figures  hiératiques  furent  établies  à  cette  époque  et  lraii-mir<  ni  aux  lutur- 

les  types  orthoxes. 

Parallèlement  aux  peintres  de  scènes  religieuses,  1rs  peintres  <!«•  ni  _  <  i  ' 

écoles.  Les  peintures  religieuses,  pour  la  plupart,  sont  de  la  main  de  moines  ou  d •  •  peint  i  -  -  -tiia.  la 
aux  temples.  Les  peintures  de  la  vie  ordinaire,  en  même  temps  que  1rs  ! < ■  1 1 n  s  -  1  l.i  1  ■  1 1 1  - 1  •  1 1 1  •  ,  <  f.n-  nt 
regardées  par  la  haute  société  comme  des  arts  libéraux.  Cette  peinture  -<  divisa  n  -g  «  mli-t* 

D’un  autre  côté,  les  peintres  décorateurs,  dont  l’art  était  florissant  dan-  la  pni-nl  pr  <  • 
dente,  à  partir  de  la  moitié  de  la  période  actuelle,  b*  laissèrent  graduellement  d*  •  lue  1 

Cette  décadence  avait  une  cause.  Dans  le  palais  eonstruit  à  t  imitation  dr>  I  ang.  «ni  m*  -  était 

pas  servi  de  motifs  purement  décoratifs  pour  décorer  1rs  murs  rt  1rs  cloisons.  <  in  b  -  décoi.t  r\r|iisi- 

vement  de  peintures.  Dans  le  Shishin  dèn,  on  représenta  les  Sages;  dans  le  Seiryaii  den,  «  m  peignit 
l’étang  de  koméi  (lac  féerique  qui  se  trouve  en  Seirvau  d'après  la  légende  .  des  Ara  «mmi.  ou  eiir'iv 
des  Chinois  à  cheval  jouant  au  polo,  ou  I lakoutakou  frappant  des  diables,  rtc.  <  tu  en  arriva  doue 
dans  la  décoration,  à  ne  faire  que  de  vraies  peintures,  de  sorte  que  les  peintres  décorateurs  qui  n 
faisaient  que  le  motif,  peu  à  peu  perdirent  leur  vogue  et  leur  art  ne  lut  plus  utilise  que  pour  la 
décoration  des  objets. 

La  3(‘  année  Deidû  de  llnzei  Tènnau  808  ,  1  atelier  de  peinture  lut  loiulii  avec  I  atelier  de 
métiers.  L’atelier  ainsi  formé  prit  le  nom  de  Ldokoro. 

Les  noms  des  maîtres  de  cette  époque  qui  nous  sont  parvenus  sont,  dans  la  peinture  religieuse, 
ceux  des  bonzes  Sai  tchyô,  lxoukaï,  Thi-sèn,  Jittsuvé,  Aèn  tcliin,  kvvau  Ixuu  ;  dans  la  peinture  de 
genre  ceux  du  Koudara  no  Kawanari  et  ko  ce  no  Kana  oka. 

Sai-tchi  est  1  instaurateur,  au  Japon,  de  la  secte  <b*  Téndaï  et  le  fondatmir  du  Temple  de 
Lnryakouji  sur  le  lliyei  Zan.  Son  nom  [losthume  est  Dèn-lxvau-dni-slii.  C’est  un  excellent  peintre.  Il 
peignit  sur  toile  l  image  de  ^  akoushi  boutsou,  qu’il  porta  en  Chine.  On  1I1I  aussi  que  son  portrait,  par 
lui-même,  est  resté  à  llyei  Zan. 

«y 

lxoukaï,  c  est-a-dire  Kobau-daï-shi,  étant  allé  en  Chine,  reçut,  la  doctrine  secrète  du  Shingon  de 
keikvv a  1  Ajyari  Atcharin).  De  retour  au  Japon,  il  enseigna  cette  doctrine  et,  à  kauva,  il  inaugura  le 
temple  de  Kongau  Bouji. 

lxoukaï  était  un  érudit  et  un  lettré  d’un  grand  talent,  versé  dans  tous  les  arts.  Il  transmit  les 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXIII. 


SÉNZOUI  BIOBOU 


(paravent  de  paysage). 


IXe  siècle  (Kiauto  To  Ji). 


1 

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canons  «le  la  représentation  des  personnages  bouddhiques,  et  légua  aux  âges  futurs  des  modèles  de 
pmiiluic  religieuse.  11  a  lui-mème  exécuté  un  grand  nombre  de  peintures.  Parmi  elles,  on  cite,  en 
l<diinn  z«‘i  |  k\  oushyou  ,  I  image  a  mille  bras  et  mille  yeux,  faite  pour  un  certain  Sliô  ni,  et  treize 
lM*lolls’  ''  I  akaozan  dans  le  Shinn-goji,  le  précieux  portrait  de  Ouça  llatchi  man ;  d’autre  part,  au 
Sliin-sen  \<m,  la  copie  de  Zèn-nyo-ryou-wau,  demandant  la  pluie.  Koukaï  a  aussi  dessiné,  au  cours  de 
sa  \  i«-,  un  grand  nombre  d  images  bouddhiques  et  de  Mandaras. 

<-«‘sl  <‘\ ideinnienl  a  lui  «pi  il  faut  attribuer  le  portrait  de  son  maître,  le  Sodzou  (éveque)  Gonzau, 
conservé  dans  le  magasin  de  Pou  mon  vin  à  kauvasan. 

Son  clè\e,  b1  bonze  Ichisèn,  a  peml  les  tableaux  qu’on  voit  dans  le  temple  de  Shingoji  et 
^;,lls  <  <^111  ^  "JP  b*s  d«'iix  patrons  de  I  Abhiseka  des  années  koninn  810-82/j),  l’un  présentant 

b'  bonnet  ndigieux,  1  autre  le  vase  sacre.  I  n  autre  élève  de  koukaï,  le  bonze  Jitsouyé,  qui  fonda  h1 
I ' ‘  1 1 1  p I * ‘  'b'  k\\  anslim  ji,  en  Ixawal clii,  et  répandit  vigoureusement  la  doctrine  ésotérique,  passe  pour 
avoir  etc  un  bon  peintre,  auteur  de  plusieurs  images  bouddhiques. 

Le  bonze  4  èn-tchinn,  neveu  de  kû-bau-daï-shi,  alla  en  Chine,  où  il  étudia  les  deux  doctrines 
ésotérique  et  oxoterique.  I)e  retour  au  Japon,  il  devint  abbé  de  Enrvakouji.  11  inaugura  aussi  l’appli- 
(‘J,lion  «le  la  loi  au  Onjyauji  «b*  Aumi.  Plus  tard,  I V 1 1  i  -  s  y  <  >  -  <  l  aïs  h  1  fut  son  nom  jiosthume. 

Il  peignit  beaucoup  «b*  foudo  «pii  sont  conservés  à  Enryakouji  et  à  Onjyauji.  Le  célèbre 
/•  ou  d  n  rou^r  «pii  se  trouve  au  Mvô-w  au-in,  a  kauvasan,  est  son  chef-d’œuvre. 

k waii  kou,  «pii  vécut  sous  Nimmyô  I"'  LIN  ,  88  j-8  ")o  ,  fut  un  bon  peintre  d’images  religieuses. 

Lulchiim  lit  peindre  h1  patron  l’oudo  d  aj >rt*s  une  vision  qu’il  eut  en  songe,  en  Jyauwa  841-848’. 
(tu  I  appelle  couimunément  b-  Eoudo  jaune,  et  on  peut  le  voir  au  Onjyauji  de  Aumi. 

\1ns1,  a  «  « •  1 1 < *  époque,  tous  les  grands  bonzes  propagateurs  de  l’ésotérisme  et  de  l’exotérisme 
peignaient  des  images  eux-mêmes  ou  inspiraianl  des  peintres,  auxquels  ils  communiquaient  leurs 
conceptions  picturales.  Nussi  remarque-t-on  aujourd'hui,  dans  les  œuvres  «le  ce  temps  qui  nous  sont 
parvenues,  «pie.  même  >i  |«i  pinceau  manque  d'habileté,  la  composition  est  toujours  d’une  grande 
noblesse  et  I  idéal  très  élevé. 

Parmi  l«*"  peintres  «h*  genre,  ceux  dont  le  nom  est  le  plus  connu  sont  kawanari  et  kanaoka. 

I .es  anci'tres  «le  Koiiilara  kawanari  étaient  des  Coréens  naturalisés.  (Pétait  un  peintre  de 
talent,  «pii  fut  aussi  expert  aux  armes.  Il  vivait  sous  les  deux  règnes  de  Ximmyau  et  de  Montokou 
LIN  ,  I.N  .  Ou  lui  accorda  le  nom  «  I  «  *  Ixoudara  110  Açomi.  Il  remplit  les  fonctions  de  llarima  110  Souké. 

Plusieurs  fois  de  service  au  Palais,  il  exécuta  maintes  peintures  :  un  portrait  d’homme  du  temps 
ancien,  «les  paysages  et  <l«*s  plantes,  dont  il  est  l’auteur,  avaient  un  tel  relief  qu’on  les  prenait  pour 
«les  objets  réels. 

On  conte  sur  cet  artiste  une  ou  deux  légendes  fameuses.  Un  enfant,  employé  dans  sa  maison, 
un  beau  jour  s Cclmppa.  On  eut  beau  le  chercher  de  tous  côtes,  impossible  de  le  retrouver.  Unchargea 
un  stTviteur  subalterne  d  une  maison  voisine  de  le  rechercher: 

Je  ne  demande  «pi'à  exécuter  cet  ordre,  déclara  le  serviteur,  mais  je  11e  connais  pas  le  visage 

«le  l’enfant.  Comment  pourrai-je  le  trouver? 

kawanari  prit  une  feuille  de  papier  et  dessina  le  portrait  de  1  enfant. 

—  Il  n'y  qu'a  aller  au  marché,  dit-il,  et  à  montrer  ce  dessin  aux  gens  de  la  ville  en  leur 
demandant  s'ils  ont  vu  le  petit  fugitif. 

Le  serviteur  emporta  le  papier  et  si'  rendit  au  marche,  ou  il  épia  les  entants.  1  lécisément  un 
enfant  arriva  en  courant,  dont  la  ressemblance  avec  le  po  1 1 1  ait  happa  b  seixiteui,  qui  le  put  et 

l  emmena  chez  kawanari.  C’était  bien  celui  qu  on  cherchait. 

D'autre  part,  au  temps  de  kawanari  vivait  un  célèbre  architecte  appelé  llida  no  Takoami. 
Un  jour,  dans  une  conversation,  les  deux  artistes  en  vinrent  à  discuter  du  mérite  respectif  de  leur 
art  et  décidèrent  de  se  livrer  à  une  lutte  d’ingéniosité  pour  prouver  lequel  des  deux  arts  l’emportait 

1  )  i-/ 


sur  l’autre.  Takoumi  dit  alors  à  kawanari  :  «  Dans  une  maison,  j'ai  construit  une  petite  salle  <|iie  je 
vous  prie  de  venir  voir.  Je  vous  demande  même  d’exercer  sur  les  murs  votre  illustre  pinceau.  .. 

Kawanari  acquiesça  et  se  rendit  dans  la  maison.  Il  vit  une  petite  salle  d  un  k.m  cassé,  dont 
les  4  faces  étaient  toutes  à  portes  battantes.  Il  voulut  entrer  du  coté  du  Sud.  la  porte  s.-  ferma.  Il 
voulut  alors  entrer  par  l’Ouest  :  la  porte  de  l'Ouest  se  ferma,  tandis  que  la  porte  du  Sud  s'ouvrait 

d  elle-même.  Tournant  au  Nord,  tournant  à  I  Lst,  kawa¬ 
nari  voyait  les  portes  laire  le  même  p*u.  Il  ne  put  entrer 
dans  la  salle  et  lakoumi  riait  de  bon  rieur. 

.\  quelque  temps  de  là.  kawanari  invita  lakoumi 
eliez  lui.  L’architecte  ne  se  rendait  pas  à  I  invitation,  **e 
doutant  bien  que  kawanari  chercherait  à  prendre  sa 
revanche.  Mais  un  messager  de  kawanari  étant  venu 
plusieurs  fois,  lakoumi  ne  put  relu>er.  (die/,  kawanari, 

en  ouvrant  une  porte  glissante,  il  vit  un  cadavre  étendu, 

# 

noir  et  décomposé.  Kpouvanté,  lakoumi  s  enfuvait,  lor>- 
que  kawanari  lui  dit,  en  éclatant  de  rire 

—  Il  n  y  a  pas  de  quoi  vous  effrayer  ! 
lakoumi,  regardant  plus  attentivement,  s’aperçut 
que  le  cadavre  était  peint  sur  les  Slivaiiji. 

On  peut  croire  par  cette  anecdote  que  kawanari 
était  habile  à  rendre  la  nature.  Mais  aujourd’hui  il  ne 
subsiste  aucune  de  ses  ouivres. 

(  >n  lui  attribue  seulement  quatre  volets  portant  de> 
peintures  (pi  on  estime  être  des  effigies  des  Shitènuau, 
conservés  autrefois  au  kau  zauji,  et  aujourd’hui  dans  la 
collection  de  M.  kashiwanlii,  à  To  Iwau.  Au  revers  d’une 

if 

de  ces  peintures,  on  lit  :  «  D'après  b*  •>'  volume  « I 
archives  du  Temple  des  Slii  I  ’èunau,  reri  est  du  pinceau 
de  kawanari  Sirn<dn  lie-,  >à  . 

c  1  O  / 

Lien  que  (leux  de  ces  volets  ne  portent  qu  un 
dessin  en  noir,  on  peut,  d’après  eux,  se  fane  une  idée 
de  la  facture  de  kawanari. 

Kozé  kanakoa  était  un  descendant  de  ko/e  IYIivoii 
nagou  notari.  Il  vécut  sous  les  à  empereurs  Seivva, 
àauzéi,  kvvaugau,  Ouda,  Dnïgo  LYI-LX,  Sào-qli  .  Il  fut 
Ounémino  Shyau,  et  obtint  le  second  sous-cinquième 


rang 

D 


Fi  g-  35. 


Shitkwai  ,  par  Kawanari. 


Admirablement  doué  pour  la  peinture,  il  réunissait 
tous  les  sujets:  personnages,  pav sages,  oiseaux,  animaux, 
llenrs,  etc.  11  lit,  sur  l  ordre  de  l'empereur,  les  portraits 
de  Confucius,  de  Yen  Iloui  et  de  sept  autres  philosophes.  Sur  les  Sl.yauji  de  l'Lsl  et  à  l’Ouest  de  la 
façade  méridionale  du  palais,  il  peignit  les  portraits  des  savants  depuis  la  période  Ixoiitn  Xio  . 

On  lit  dans  l  article  sur  la  construction  du  palais  (Tai  liei  ki  —  iu,(>  volume  :  «  Les  Sliyaup 
des  Sages  qui  sont  dans  Je  Jishin  dèn  sont  des  peintures  de  kanaoka  ».  Cependant  cette  attribution 
n’est  confirmée  par  aucun  livre  antérieur. 

Ouda  I  api  es  avoir  abdique,  alors  qu  il  résidait  dans  Ninnwaji,  avait  commandé  à  kanoaka 
de  peindre  un  cheval  sur  le  mur  du  dèn.  Ce  cheval  avait  une  frappante  apparence  de  réalité.  On 


Histoire  de  l'Art  du  Japon 


Grav.  en  couleurs,  I. 


JU-I-TI-MÉN  KWANNON 


(Avalokitèsvara  Ikadas,  sanscrit'. 


IXe  siècle  !  collection  du  conue  Inoouéi. 


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s  aperçut  alors  que,  foules  les  nuits,  les  rizières  des  environs  étaient  ravagées  ;  le  riz  y  était  mangé. 
On  ne  savait  à  quoi  attribuer  ce  phénomène  extraordinaire,  lorsqu’on  s’aperçut  que  les  sabots  du 
cheval  peint  sur  le  mur  dégageaient  une  buée.  C’était  donc  lui  la  cause  des  dégâts.  On  creva  les 
prunelles  pointes  du  cheval,  et  les  ravages  cessèrent.  Cette  fantatisque  légende  n’est  pas  la  seule 
qu  on  raconte  sur  l'habileté  et  le  talent  de  Kanaoka.  On  dit  encore  que  dans  une  salle  du  Sei  ryau 
dèn,  kanaoka  avait  peint  sur  les  cloisons  un  cheval  emporté.  Toutes  les  nuits  l’animal  s’échappait. 
On  dut  modifier  la  peinture  et  laire  un  cheval  attaché  par  une  corde.  Le  phénomène  cessa  alors. 
I.  arl  de  kanaoka  ne  se  bornait  pas  a  une  habileté  lui  permettant  de  copier  la  nature.  Cet  artiste 
mania  en  maître  la  perspective  aérienne,  obtenue  par  la  légèreté  des  tons.  Voici  ce  que  dit  le 
edcbie  sn\ uni  Ole-  nu  musa  louça  :  «  kanaoka  montre  une  perspective  de  quinze  montagnes.  Son 
pet  il -fils  lliroloka  n’atteint  pas  la  meme  maîtrise». 

kanaoka  * *t a 1 1  aussi  \ersc  dans  1  art  des  jardins.  11  avait  la  charge  d  inspecteur  du  parc  de 
S  h  i  u  sèn.  t  )n  dit  qu  il  créa  des  aspects  très  beaux.  Il  est  bien  regrettable  qu’il  ne  nous  soit  parvenu 
aucune  «ouvre  qui  puisse  être  attribuée  sûrement  à  Kanaoka.  On  le  fait  passer,  il  est  vrai,  pour 
I  auteur  d  un  assez  grand  nombre  de  peintures  bouddhiques.  Mais  leur  facture  est  trop  moderne  pour 
permettre  de  les  reconnaître  pour  des  (ouvres  de  cette  éqoque. 

(  >n  cite  encore  beaucoup  de  peintres  célèbres  de  cette  époque.  L’empereur  lleizei  LI,  8oq- 
S-»  |  aimait  la  peinture.  Il  lit  lui-meme  le  portrait  du  Sôjvau  évêque  Zèn  Shvou,  et  le  ht  placer 
dans  le  Akislnno  dera.  Ouda  I"  LL\  était  également  bon  peintre.  On  dit  qu’il  peignit  sur  un  écran 
du  Ici  s 1 1 1  j i n  une  interprétation  de  la  poésie  intitulée  Tc/njaucon  ha.  Parmi  les  savants  célèbres  de 
ce  temps,  on  connaît  Ono  no  Takamoura  «pii,  ayant  un  talent  de  peintre,  fit  beaucoup  de  portraits  de 
Djizau  bosatsou,  qu'il  offrit  à  divers  temples.  Minamoto  no  Makoto,  7e  fils  de  l’empereur  Saga  LVI), 
heurousement  «loué  pourrons  les  arts,  était  habile  peintre.  Il  peignait  surtout  très  bien,  dit-on,  les 
chevaux  et  les  scènes  de  la  vie  élégante. 


MnXTMLXTS 


PnMTBvns  ims  -  patiu vnciu.s  im.  SiiiMios .  —  Kyauto,  Toji. 

Les  patriarches  sont  :  Rvoumvau  Xagarjouna  ;  Ryou-tchi  Xagabodhii  ;  Kongau-tchi 
\  a jrabodlii  :  Loukoii  \mojhavojra  ;  Zèn-mou-i  Çab  hakarasimha );  Itchigyau  1  tsi  11g  ;  Keikwa 
1 1 u i kilo  .  Chacun  mesure  environ  am,  j<)  «le  hauteur  sur  im, 93  de  largeur.  Le  coloris  est  léger. 
Au-cb  >ssus  «le  chaque  portrait,  les  noms  sont  écrits  <m  caractères  chinois  et  sanscrits,  et  entourés 
d'épithètes  louangeuses.  De  ces  sept  rouleaux,  ceux  qui  représentent  Ryou  tchi  et  R  y  ou  myau  sont 
dus  au  pinceau  de  Ko  bau  daï  shi.  Les  autres  sont  du  peintre  T’ang  Lishinn.  Ils  ont  été  exécutés 
on  Chine,  pondant  le  séjour  de  ko  bau  daï  shi,  qui  les  a  rapportés.  Les  noms  et  les  épithètes  sont 
du  pinceau  de  ko  bau  daï  shi. 

Rien  que  ce  ne  soit  pas  des  tableaux  mystiques,  le  dessin  est  noble  et  d'une  belle  inspiration 
hiératique.  Les  deux  rouleaux  de  Ryou  myau  et  Ryoutchi,  surtout,  sont  des  œuvres  géniales.  11  est 
regrettable  que  I  ctat  de  délabrement  des  rouleaux,  éraillés  et  noircis,  aient  îcndu  impossible  Icui 

reproduction  par  la  photographie. 

]>!.  \\||.  _  Pointeur  im.  Son/.or  Gonz.u  . —  kou  va  San,  1* oumouyin. 

fïonznu,  qui  habitait  Saïgi  do  Kyauto,  prêcha  la  secte  Kôushûu  et  enseigna  la  doctrine 
ésotérique,  (le  bonze  célèbre  fut  le  maître  de  Ko  bau  daï  shi.  La  b1’ année  Tèn  tchyau,  l'année  qui 
suivit  la  mort  du  Sodzou,  Ko  bau  daï  shi  peignit  lui-même  ce  portrait  et  écrivit  en  haut  la  louange 
de  son  maître.  Bien  que  ce  ne  soit  pas  un  dessin  mystique,  le  caractère  n’en  est  pas  moins  très 

élevé  et  magistral.  Le  coloris  est  léger. 


I 

IS 


Effigie  nr  Fovdkai  roigk.  —  Ka«  va  San,  Myauvauyin. 

C’est  une  image  extrêmement  vénérée  dont  on  attrilme  l'exécution  a  Lhi  svo  d.n  >lii,  d'après 
une  apparition.  Elle  représente  le  Eoudau  àlvauwau  tenant  à  la  main  le  kourikura.  »■  «•st-à-dire  un 
glaive  autour  duquel  s’enroule  un  dragon.  Assis,  dominant  un  préeipiee,  les  deux  jeunes  knng.tr. 
et  Seitaka  l’assistent  à  droite  et  à  gauche.  Les  llammes  .pii  s’élèvent  à  profusion  autour  du  «  oi  | 
de  Myauwau  illuminent  toute  la  scène,  éclairant  les  Do  ji  et  les  rochers,  répandant  un  tel  éclat  qu’il 
est  presque  difficile  de  les  regarder  en  face.  Ce  n’est  réellement  pas  là  !  «euvre  d  un  peintre  ordinaire 
[Ce  Fondait  roupe  étant ,  dans  le  temple .  l'objet  d'une  très  grande  vénération  %  la  rrprudm  tion 
rdcn  a  pas  été  autorisée.) 

PI.  XXIII.  —  Ecran  Senzovï. —  Kyauto.  Toji. 

C’est  un  écran  qui  se  place  derrière  l’Aiari  instructeur  lors  de  1  Mdiiseka,  dans  la  serti 
Shingon.  C’est  un  modèle  de  pavsage  féeri< pie .  Il  représente  un  solitaire  atta<  liant  «h-*»  !"**'•  \  d  : 

la  montagne.  Une  sorte  de  personnage  noble  vient  h*  visiter. 

Dans  les  archives  du  temple,  on  lit  que  ko  bail  daï  >lii  a  rapporte  cet  écran  de  i  inn<  M  »  ' 
caractère  du  paysage  et  de  la  végétation,  le  costume  des  personnages,  le  pinc.  au  souple  •  I  •  b  -anl. 
tout  montre  clairement  que  c’est  là  une  ouivre  japonaise,  datant  très  probablement  •!•  •■•■il*  -p  pi 

Grav.  1.  —  Image  de  Kvvannon  ai  x  onzi  i  \<  i  ».  —  Au  .  «mt.  I m n »u«-  K. a 

Cette  peinture  était  primitivement  dans  un  temple  de  la  province  de  Yaui.il.*  L.»l  u  en  t 

le  chef-d’œuvre  le  plus  beau  et  le  plus  gracieux  des  anciennes  peinture»  j;ip.m,n»e»  I  .  .  . . i . * < •  t e ? . 
est  noble,  la  touche  pleine  de  vie,  le  coloris  splendide.  Des  .pu*  celle  peinture  .  »t  d*  u  "d.  .  il 
répand  autour  d’elle  un  éclat  qui  surprend  et  fascine.  Il  semble  qu  on  voit  une  app-.nl i< -u  * 
Kvvannon.  Cette  image  prend  possession  du  spectateur,  elle  eu  chasse  !<•»  pense.»  1 1 < . i u \ . . i ^ •  »,  '  II' 
fait  passer  en  lui  le  frisson  de  1  esprit  dans  toute  sa  force.  Certes,  <•  e»l  la  I  <cnvi<  -I  un  oi  v  Ici 

<le  pair.  Sur  la  date  de  celle  peinture,  les  experts  ne  sont  pas  .1  a*  * •  •  » r* I .  I  -  »  uih  I  . > 1 1 1  > I •  > i •  ni  D<  «• . 

tchyô,  les  autres  à  kaua  oka:  on  cite  enfin  d  autres  artistes. 

Le  coloris  est  d  une  harmonie  parfaite;  h*"  chairs  sont  peinte»  d  un  Ion  |.  I  qu  il  ».  mbl*  su  .* 
travers  un  verre  rouge.  On  a  enrichi  la  peinture  de  plusieurs  motifs  décoratifs  en  application  .1  *>r.  l  a 
gloire  et  le  dais  sont  décorés  de  formes  caractéristiques.  Tous  ces  indices  tendent  à  prouver  qu< 
cette  œuvre  appartient  à  1  époque  que  nous  étudions  actuellement.  I  ne  image  bouddhique  avant  un. 
telle  puissance  de  conception  et  une  si  haute  valeur,  si  elle  ne  datait  pas  de  la  période  allant  des 
premières  années  de  Ilcïan  a  1  époque  moyenne,  serait  hum  difficile  à  classer.  Ou  ne  peut  trouver  a 
une  autre  époque  un  grand  maître  capable  d’un  tel  chef-d’omvrc. 


CHAPITRE  IV 

Sculpture. 


La  statuaire  religieuse  bouddhique,  au 
rigueur  apportée  dans  les  règles  qui  lui  furent 
doctrine  ésotérique  du  Shingon.  Les  œuvres 
modèles  des  œuvres  postérieures.  Elles  ont  fixé 
et  jusqu  a  la  décoration  de  chaque  catégorie. 


début  de  cette  époque,  dut  sa  rénovation  à  la 
assignées,  conséquence  de  la  propagation  de  la 
de  cette  époque  ont  été,  pendant  mille  ans,  les 
1  expression,  les  gestes  symboliques,  les  attributs, 


Histoire  de  l’Art 


du  Japon 


PI.  XXIV. 


FOUDAU-MYAU-WAU  (Akshobhya,  sanscrit) 

IXe  siècle  (Toji,  Yamashiro). 


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Cett(‘  période  ne  borna  pas  son  effort  à  établir  les  canons.  K  lie  produisit  les  statues  dans 
lesquelles  chaque  divinité  se  révèle  par  l’expression  autant  que  par  l’attitude,  par  le  caractère 
autant  que  par  le  geste.  Les  entités  de  la  doctrine  secrète  sont  tout  particulièrement  reconnaissables 
a  leur  beauté*  et  à  leur  majesté.  L’est  que  les  initiés,  les  esprits  les  plus  hauts,  maniaient 
eux-mêmes  le  couteau  ou  inspiraient  et  surveillaient  les  exécutants.  Le  travail  de  la  statuaire 
n  était  pas  laissé  à  des  art  sans  vulgaires.  Somme  toute,  ce  qui  a  été  exécuté  à  cette  époque 
montre  généralement  un  caractère  de  grandeur.  L’exécution  du  détail  est  souvent  sacrifiée  à 
1  ensemble.  II  arrive  que  des  pieds  ou  des  mains  soient  négligés.  Le  but  principal  est  d’éveiller 
I  émotion  par  I  idéal  qui  se  dégage  de  l’ensemble. 

A  I  époque  de  Shyaumou  l,r,  on  employait  comme  matières  pour  les  statues,  outre  le 
bronze,  la  laque  sèche  et  la  terre.  A  l’époque  présente,  bien  que  les  statues  en  bois  fussent 
devenues  plus  nombreuses,  on  employait  encore  beaucoup  la  laque  sèche  ou  la  terre.  Pour  le 
maniement  de  ces  deux  dernières  matières,  il  est  probable  que,  jusqu’à  la  fin  de  cette  époque, 
ou  conserva  les  procédés  des  artisans  précédents. 

Les  maîtres  statuaires  de  cette  époque,  dont  les  noms  nous  sont  parvenus,  sont  :  Mousa 
shi-uo-Sougouri- I  arimarou  ;  1  akawo-maro  ;  Shi-I  li-komaro ;  le  Souze-yéri  Bonze  l\o-oun. 

l’arimarou  est  l'auteur  du  kwammou  aux  onze  faces  du  Nô-ô  ji  en  kii.  Takawo-maro  a  fait 
la  statue  du  prince  kamatari  de  Tao  no-miné.  Shi-hi-Komaro  a  exécuté  aussi  beaucoup  de 
statues  bouddhiques  de  l’ao  no-miné.  On  doit  au  bonze  ko-oun  la  statue  bouddhique  d’IIacédéra. 
Lu  outre,  ko-bau-daï-shi  non  seulement  fixa  le  type  des  statues  de  chaque  sorte,  mais  encore, 
prenant  lui-mème  le  couteau,  il  lit  un  grand  nombre  de  statues.  Le  l’oudau  conservé  aujourd’hui 
au  I  o-ji  est,  dit-on,  une  <euvre  authentique  de  ko-bau-daï-shi.  Beaucoup  d’autres  statues  sont 
attribuées  à  l)cn-kvau-daï-shi,  à  Tchi-shvü-daï-shi  et  à  d  autres  artistes.  Les  bonzes  des  deux 
écoles,  celle  de  fen-daï  et  l'école  ésotérique  —  abstraction  faite  de  la  question  de  savoir  si  leur 
art  était  habile  ou  maladroit  - —  ont  tous  considéré  l’art  de  tailler  les  images  comme  relevant  de 

o 

leur  tâche.  Le  point  n'est  pas  douteux. 


MONUMENTS 

PI.  XXIV  —  loi  d \ i  -31  v  \ i  -wai  .  —  Kyaulo-Toji. 

On  dit  que  Ko-bau-daï-shi  a  fait  cette  statue  en  ajoutant  une  prière  à  chaque  coup  de 
ciseau.  Les  coups  de  ciseau  manquent  d  habileté  et,  par  endroits,  de  franchise.  Cependant 
l'ensemble  est  énergique,  et  la  noblesse*  de  son  caractère  suffirait  à  faire  croire  que  l  auteur  est 
ko-bau-daï-shi. 


1*1.  XXV.  —  Statue  d'uni:  apsaiia  chanteuse.  —  Yamato  ;  Akisinodéra  (hauteur 


2m,2Ï). 


La  tête  est  de  laque  sèche.  Le  corps,  en  bois,  a  subi  des  restaurations.  Le  coloris  et 
les  motifs  ajoutés  lors  de  ces  restaurations  paraissent  dater  de  l'époque  de  Kama-koura.  Le 
visage  et  le  mouvement  révèlent  l’élégance  et  l’originalité  japonaises.  Mais  l’exécution  est 
lâchée  et  sans  fermeté.  On  attribue  aussi  cette  œuvre  à  un  grand  bonze  de  ce  temps. 


PI.  XXVI.  —  ( i ou datso u-nos atsou .  —  Yamato;  Akisinodéra. 


Lomme  pour  la  statue  précédente,  la  tête  et  la  poitrine  sont  en  laque  sèche,  le  reste 
du  corps  en  bois.  Le  corps  a  été  plusieurs  fois  restauré.  Goudat sou-bosatsou  exposa,  dit-on, 
la  loi  d’offrande  de  Yakoushi-rouri-kwau-nyoraï.  Il  protège  tous  les  êtres  contre  la  maladie. 


13 


Son  attitude  digne  montre  une  vertu  infinie.  L'exécution  est  vigoureuse  et  porte 
cette  époque. 

Outre  ces  œuvres  du  temps  de  Kwammou,  on  possède  encore  :  au  Fuji,  Ir¬ 
an  Kwauryouji  de  Oudzou-maça,  un  Dai-ni-tlu  ;  au  monastèie  <1  ll<  lii-\.m,  *  n 
Yakoushi.  Toutes  ce  s  œuvres  sont  d  une  grande  beauté. 


le  caractère  de 

quatre  Tènnau; 
àamashiro,  nu 


CHAPITRE  Y 

Architecture. 


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Kwammou  lpr,  ayant  résolu  d’établir  la  capitale  à  lléï-an,  ordonna  la  construction  du  Dai 
dai-ri  (Palais  .  Le  modèle  fut  pris  à  la  Chine.  A  l’extérieur  s’ouvraient  douze  porte-  A  I  intere  ur 
il  y  avait  le  Palais,  le  Ilasshyau-in,  le  Bourakou-in  (salle  des  banquets  ,  b*  Bouraknu-dèn 

salle  des  exercices  ,  les  bureaux  du  Dajvau-kw an  et  de 
tous  les  ministères.  Ce  lut  surtout  dans  le  I lassla au-in 

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salle  des  ministères,  que  l'architecture  triompha.  I.e 
Hasshyau-in  s’appelait  aussi  Telm-do-in.  <  '  lait  la  que 
s  accomplissait  le  travail  le  plus  délicat  du  gouverne¬ 
ment.  Son  plus  important  bâtiment  portait  le  nom  de 
Daï-gokon-dèn.  On  avait  bâti  en  outre  les  «leux  pavillons 
du  Dragon  bleu  «‘t  du  Tigre  blanc,  la  terras-e  *  b*  la 
queue  du  Dragon,  la  tour  à  douze  étages,  «*t  un  grand 
nombre  de  portiques  «*1  de  galeries. 

Partout  s’élevaient  <b*s  colonnes  rouges.  Les 
planchers  étaient  recouverts  «b*  carrelages.  Les  toitures, 
la  plupart  à  pavillon,  portaient  des  tuiles  vertes.  Au- 
dessus  des  faîtières  se  dressaient  de-  acrotères  Le  -t\b* 
du  Bourakou-in  était  du  même  genre.  Lu  somme,  le 
Hasshyau-in,  le  Bourakou-in  étaient  imités  tidèlement 
de  l’architecture  chinoise,  et  ne  s’écartaient  pas  du  type 
des  établissements  officiels  de  la  Linné,  la*  Palais,  c’est- 
à-dire  le  Daïri,  avait  nue  enceinte  à  douze  portes,  à 
l’intérieur  de  laquelle  s’élevaient  dix-sepl  grands  bâti¬ 
ments  et  sept  petits.  Chaque  édiliee  était  isolé;  et  il- 
se  reliaient  les  uns  aux  autres  par  «les  galeries. 

Cette  distribution  était  empruntée  au  st\  l<*  chinois. 
Il  faut  y  voir  I  origine  de  ce  que,  aux  époques  suivantes, 
on  appela  le  style  Shi-shin-dh)  (de  palais  impérial  . 


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Fig-.  36.  —  Façade  principale  du  Hasshyau-in. 


MONUMENTS 


Fig.  36.  —  L’art  grandiose  do  son  plan  est,  on 
peut  1  affirmer,  sans  égal  dans  notre  pays.  Si  l’on  met  à  part  la  porte  de  Otèn,  les  deux 
pavillons  du  Phénix  volant  et  du  Faucon  perché,  les  deux  pavillons  du  Dragon  bleu  et  du  Tigre 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  XXV, 


GUIGUÉITÉNNIÔ 


IX*  siècle  (Akishinotèra,  Yamato). 


-■ 


blanc  sur  la  terrasse  de  la  Queue  du  Dragon,  sont  des  œuvres  qu’on  n’a  pas  surpassées, 
qu’on  ne  surpassera  pas. 

Le  Palais  et  le  château  sont  les  premières  constructions  grandioses  qui  aient  surgi  à  cette 
époque,  biles  donnèrent  à  l'architecture  privée  un  grand  élan.  Il  semble  aussi  qu’à  cette  époque 
l’architecture  de  jinjya  ait  accompli  une  évolution  remarquable. 

i  avant  (pie  la  doctrine  de  l’identité  des  Bouddhas  et  des  divinités  japonaises  ait  été 
admise,  la  contusion  des  Kainis  et  des  llodoke  commença  à  se  produire.  Au  temps  de  Koukaï  et 
de  Saïteio,  elle  était  complètement  effectuée.  Cette  confusion  eut  une  conséquence.  Non  seulement, 
lorsqu  on  éleva  des  jinjya  dans  l  enceinte  des  garan  on  mit  des  jingou-ji  dans  les  jinjya,  mais 
la  disposition  des  jinjya  et  leur  aspect  finirent  par  ressembler  beaucoup  aux  garan. 

Fig.  .  On  voit,  au  premier  coup  d’œil,  l’extrême  ressemblance  de  ce  plan  avec  celui 
d  un  garan.  A  l’entrée  se  trouve  une  porte-pavillon  à  trois  travées.  N’est-ce  pas  un  détail  qui 
correspond  à  la  Nan  lai  mon  des 
garan  ?  Si  Fon  franchit  la  porte,  on 
voit  une  cour  entourée  d’une  galerie. 

La  façade  principale  présente  des 
portes-] mvi lions,  foui  cela  corres¬ 
pond  bien  aux  portes  intérieures  des 
garan.  Dans  1  intérieur  «h*  la  galerie 

O  m 

se  dressent  des  édifices  qui  doivent 
correspondre  au  kondau. 

.Le  temple  principal,  dit  de 
style  de  kaçouga,  ajoute  un  han-bai 
(espèce  de  porche  à  une  Tsoumairi 
de  stvle  Shimméi.  I  ne  seule  diffé- 
ronce  :  les  lignes  de  la  toiture  ne 
sont  pas  courbes.  Mais  si,  primant 
la  disposition  flira-iri  dans  le  style 
Shimméi,  on  adjoint  un  Kau-baï,  et 
si  Fou  courbe  les  lignes  de  la  toi- 
tare,  on  a  le  A  airarr-Tson/ouri . 

P 

Le  jinjya  de  Shivao,  qui  com¬ 
mence  à  se  construire  à  cette  époque,  combine  deux  bâtiments  de  style  de  kaçouga  et  le  Yashiro 
de  (ihi-ou.  C’est  fout  à  fait  le  style  bouddhique.  Ses  édifices,  qui  peuvent  servir  de  types  du  style 
de  Na/au,  sont  le  kamo-jinjva  et  le  Matzou-wo-jinjya  en  Yamashiro. 

L’architecture  bouddhique,  à  cette  époque,  inquiète  de  se  renouveler,  fut  très  florissante. 
Ainsi,  kou-kaï,  fondant  la  secte  Shinghon,  bâtit  le  temple  Kon-gau-hauji  sur  le  mont  Kauya.  Saï- 
tchyô,  fondateur  de  la  secte  Ten-daï,  construisit  le  temple  Enryakon-ji  sur  le  sommet  de 
1 1  ieizan . 

Avant  cette  époque,  au  temps  de  la  cour  de  Nara,  on  orientait  toujours  les  garan  au  sud  ; 
ou  observait  toujours  dans  leur  disposition  une  symétrie  rigoureuse.  Presque  toujours  on  les  élevait 
en  terrain  plat;  on  ne  bâtissait  pas  sur  les  montagnes.  Quand  il  s'agit  de  construire  les  garan  des 
sectes  de  Ten-daï  et  Shingon,  les  initiateurs,  en  conséquence  de  leurs  doctrines,  furent  amenés  à 
les  édifier  la  plupart  du  temps  au  sommet  de  hautes  montagnes  couvertes  de  forêts  épaisses. 
Dans  ces  conditions,  on  ne  put  observer  dans  les  plans  une  symétrie  stricte.  Mais  les  formes  et 
le  travail  ne  diffèrent  pas  beaucoup  de  la  période  précédente.  Ce  n’est  que  dans  la  décoration  et 
les  motifs  qu’on  peut  voir  des  différences  manifestes. 


Fi#.  3' 

H  4 


Plan  de  Kaçouga  jinjya  de  Xaha.  —  Yamato. 


I  ()<> 


Fig.  38.  Ce  monument,  bâti  en  réalité  pendant  la  période  de  len-l  \aii  S*»  j-N  1  j  ,  »•>!  le  seul 
monument  de  la  période  qui  nous  occupe  existant  encore  au  .lapon.  Les  koumimouo  de  I  avant-toit 
sont  d’un  style  absolument  semblal.de  à  ceux  du  Kondau  du  1  au-sho-dai-ji.  La  tonne  dos  pin.n  b  > 
à  (>  bagues  est  très  étrange.  Les  proportions  de  I  ensemble  ne  suggèrent  pas.  < -onium  les  n  iivr-  s 


de  l'époque  de  N  ara,  line  impression  de  force  et 
de  mièvrerie.  Tel  était  le  goût  du  temps. 

En  résumé,  les  éléments  nouveaux  qui  se 

sont  : 


de  solidité.  Au  contraire,  elles  ont  un  caractère 


manifestent  dans  1  architecture  à  cette  époque 


i° 

2° 

3° 


L  origine  chinoise  de  l’architecture  palatiale  ; 

La  construction  des  Garan  par  les  sectes  I  en-daï  et  Simeon  * 
La  naissance  de  toutes  sortes  de  types  dans  l'architecture  des 


sanctuaires 


Shinto. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PL  XXVI. 


GOUDATSOU-BOSATSOU 


IX'  siècle  (Akishinotéra,  Yamato) 


IOI 


CHAPITRE  VI 

Arts  industriels. 


Nniis  avons  vu  plus  lia  11  f  que,  par  suite  < 
gouvernement,  religion,  littérature,  arts,  tout  avait 
re  •  1 1 1 i  concerne  les  industries  d'art,  bien  qu’elles 
à  celte  époque,  sur  de  nombreux  points,  elles  ne 
•  pie  les  autres  arts,  la  peinture  ou  I  architecture, 


In  transfert  de  la  capitale 
etc  renouvelé  et  développé, 
aient  plus  ou  moins  modifié 
subirent  pas  une  évolution 
par  exemple.  Les  artisans 


par  Ivwammou, 
Cependant,  en 
leurs  procédés, 
aussi  apparente 
qui,  depuis  une 


l-’iir.  U).  —  J’oitk  \  i .  i  v  H  i  :  s  <  womoi  i  s  i;\  Makik.  —  Kvaulo,  Ninnaji. 


période  de  i  ">o  ans,  s’étaient  succédé  à  N  ara,  de  génération  en  génération,  une  fois  transportés 
à  lleiau,  où  pourtant  s’offraient  des  facilités  de  toutes  sortes,  ne  surent  pas  apporter  de  grands 
progrès  à  leurs  travaux.  Les  Liqueurs  progressent,  il  est  vrai;  et  les  orlèvres,  par  suite  de  la 
fabrication  florissante  des  objets  nécessaires  au  culte  pompeux  du  mystique  shingon,  durent 
perfectionner  leurs  procédés. 

Actuellement,  à  Kau-ya-san,  au  Tô-ii,  au  l)aï-goii,  etc.,  sont  conservés  des  kiné,  des  cio- 

V  " 

chettes,  des  plateaux  sacrés,  des  vases  à  offrandes  dont  la  facture  soignée  et  la  forme  exquise 
décèlent  lorio’ine. 

O 

LAQUE 


La  laque,  en  relief  ou  plate,  est  un  art  spécial  à  notre  pays.  Cet  art  avait  été  pratiqué  dès 
les  commencements  du  Japon.  Mais  c’est  en  arrivant  à  cette  période  que,  pour  la  première  fois, 


il  produit  do  belles  choses.  La  peinture  en  laque  dite  llci-jin  qui  couvre  de  line  poudre  d'or  In 
surface  des  objets;  le  makkin-rô  qui,  au-dessus  de  la  laque,  sème  de  la  rendre  d’or,  puis  dessin»* 
le  motif  et,  frottant  une  seconde  fois  la  laque,  fait  paraître  le  dessin  par  l'usure;  le  hira  nmkié, 
qui  mélange  lor  et  l’argent  et  colore  habilement  les  objets,  reçoivent  des  perfeetiniinemcuts. 

Quant  au  genre  des  motifs,  pour  la  première  fois  se  montre  un  caractère  chinois  ion) 

fait  different  de  ces  objets  de  st\le  chinois  dis¬ 
posés  symétriquement ,  dénués  de  variété,  fatiguant 
les  yeux  par  leur  coloris  disparate.  Sr  liant  a 
la  libre  inspiration  du  pinceau,  les  artisans  se 
plaisent  à  la  variété*.  I  ne  lleur,  un  oiseau,  leur 
sont  prétextes  à  évoquer  des  sentiments  étran^fis 
a  1  objet  dessine.  I  n  dessin  décoratif  tout  spécial 
commence  à  se  manifester  dau>  les  dernières 
années  de  celte  époque. 


I  ig.  h>.  Cette  boîte  en  mnkié  a  été  com¬ 
mandée  par  Ko-bau-dai-slu  lorsque,  a  son  retour 
de  (dune,  il  apporta  les  h>  volumes  de  I  ensei¬ 
gnement  ésotérique  du  Shingon.  Son  nom  est 
sur  le  couvercle,  hile  est  en  laque  noire,  décorée 
de  mot  ils  d  or  et  d  argent,  e  est-a-dire  de  makkm- 
ro  et  de  toghi-dasbi  repris  par-dessus.  Le  dessin 
représente  des  hanjauhtn  mi-anges,  mi-oiscan\ 
parmi  des  Meurs.  Ces  êtres  m\ "tapies  soiiflleiit 
dans  des  instruments  de  musique  et  se  livrent  .« 
la  danse.  Le  style  a  beau  être  chinois,  la  louche 
décèle  1  élégance  du  caractère  japonais. 

I  ig.  jo.  Cette  boite  aurait  appartenu,  dit 
la  légende,  à  un  des  fèiinau.  Bien  qu’elli»  soit 
en  de  nombreux  endroits  mutilée  et  détériorée,  ou 
voit  encore  un  lleidjm  semé*  sur  I  enduit  noir,  et 
le  makié  d  or  et  d  argent  obtenu  par  frottis.  I  n 
dessin  décoratif  a  du  être  ajouté  ultérieurement.  Le 
dessin  des  Meurs  et  des  oiseaux  est  d  un  pinceau  loger  et  d  un  caractère  purement  japonais.  Cotte 
boîte  doit  dater  de  la  fin  de  cette  période  et,  partant,  être  dune  fabrication  postérieure  à  relie  de 
la  boîte  précédente. 


Objets. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXVII. 


9  .  <  Kf 

i  r?: 


ARRIVEE  DE  L’AMIDA 


SAUVEUR  ET  DES  s 


Xe  siècle  (Kauya-San). 


s5  BOSATSOU 


LIVRE  II 


r 

Epoque  de  la  régence  des  Foujiwara. 


CHAPITRE  PREMIER 


Conditions  de  la  société  de  ce  temps  au  point  de  vue  des  Beaux-Arts. 


Cette  époque  qui  va  du  règne  de  Ouda  Ior  LIX,  893-898,  commençant  la  iro  année 
Kwainpéi  889)  jusqu'à  la  mort  de  Au-Tokou  Ier  (LXXXIII  ,  la  ff  année  Jyouyéi  (  1 1 85)  embrasse 
•>  >  règnes  cl  297  années.  Alors,  sans  emprunter  à  l’étranger  ses  éléments,  la  civilisation, 
déjà  en  pleine  activité,  mûrit  à  1  intérieur  et  se  développe  avec  régularité.  A  parler  strictement, 
la  régence  des  Foujiwara  avait  commencé  déjà  au  milieu  de  la  période  précédente  et  même 
celle  désignation  d'ensemble  ne  semble  pas,  parmi  les  divisions  de  l’histoire  du  Japon,  d’une 
parfaite  exactitude. 

Néanmoins,  l’art  qui  se  manifeste  aux  époques  ultérieures  n’a  fait  que  différer  un  peu 
plus  ou  un  peu  moins  de  ce  qu’il  était  à  l’époque  de  la  régence  de  la  famille  des  Foujiwara. 
C’est  pourquoi,  pour  exprimer  cette  phase  de  l’évolution  de  l’art,  on  11e  peut  guère  employer 
d'autre  désignation  que  celle  d’Epoque  des  Foujiwara. 

Vers  les  débuts  de  cette  époque,  on  n  est.  pas  loin  des  desseins  grandioses  de  l’empereur 
kwammou.  La  llamme  d  activité  n’est  pas  encore  éteinte.  Des  empereurs  sagaces  se  succèdent, 
qui  s’entendent  à  établir  un  gouvernement  parfait.  Ils  sont  secondés  par  des  fonctionnaires 
intelligents  et  des  lettrés  distingués.  Les  résultats  administratifs  sont  très  remarquables;  les 
lettres  chinoises  sont  florissantes  et,  en  général,  un  grand  mouvement  scientifique  se  dessine. 
Far  suite  de  la  longue  durée  de  la  paix,  les  mœurs  se  parent  de  plus  en  plus  d’élégance  et 
de  raffinement.  Le  défaut  de  la  culture  est  alors  une  tendance  à  l’ostentation  et  à  la  mollesse. 

Quoique  les  deux  empereurs  Ouda  et  Daïgo  fussent  éclairés,  très  fervents  bouddhistes,  ils 
se  démirent  de  bonne  heure  de  la  fonction  impériale.  Les  Foujiwara,  ayant  écarté  le  sage 
ministre  Oudaï-jinn  Sougawara-no-Mitchizané,  se  trouvèrent  seuls  à  la  tête  de  l’Empire.  Sans 
fortune,  et  leur  pouvoir  étant  sans  limites,  ils  en  vinrent  à  rivaliser  de  plus  en  plus  de  pompe 
et  de  plaisirs  et  se  désintéressèrent  du  gouvernement.  Les  mœurs  tendirent  à  l’extravagance  ; 
l’autorité  se  relâcha.  La  maison  impériale  allait  à  la  décadence.  Des  troubles  furent  fomentés 


sans 

relâche 

la 

population. 

Aussi. 

la  fore 

s  était  montré** 

si  remanpin 

ible  à 

1  «  *p«  Kl  II 

iplot . 

t  œpoml 

lant , 

l  instinet  du 

beau 

et  1  ima 

les 

lettres 

et 

y  montrent 

Ulie 

véritabl 

:  1 

■'oujiwar 

a-no- 

-.M it«  Ingané, 

kino- 

1 1  as«'-u  «  i 

par  Taliira-no-maçakodo,  Foujiwara  Somni-tomo  et  quelques  autres.  Pour  eoinl.le,  les  pirates  et 
les  bandits  surgirent  en  essaims  dans  toutes  les  provinces;  ils  interceptaient  ou  pillaient  les 
biens  de  l’État,  ou  encore  rançonnaient  les  honnêtes  gens. 

Bien  que  les  troubles  militaires  eussent,  été  provisoirement  apaisés,  les  gens  de  bien 
renonçant  à  s’appliquer  à  leurs  affaires,  les  diverses  industries,  que  Dnïgn  I"'  avait  préeédemimmt 
protégées  et  encouragées,  virent  décroître  leur  activité.  La  matière  première  aussi  leur  faisait 
défaut.  Le  fonctionnement  du  Tsoukoumodokoro  (endroit  où  l'on  fabrique  toutes  les  elmse> 
nécessaires  à  la  cour',  périclita.  C’est  alors  que  l’industrie  privée,  profitant  «le  I  oeeasinii. 
fabriqua  en  grand  nombre  les  sabres  et  les  épées.  On  vit  alors  apparaître  de  célèbres  armurier» 
en  Moutsou,  en  Bizen,  en  Yamato,  en  Yamashiro. 

A  l’époque  de  Mourakami  lor  LYIY,  qij-qtîS,  b  es  calamités  deviennent  plus  nombreuses. 
Il  se  passe  des  faits  inouïs.  Sous  les  veux  de  1  Lmpereur,  des  brigands  viennent  mettre  1<-  b  u 
au  Palais.  C’était  la  première  fois  depuis  le  transfert  de  la  capitale,  s<ul  depuis  au*.  que 

pareil  malheur  arrivait.  On  dit  que  les  trésors  accumulés  par  les  générations  successives  furent 
en  grande  quantité  détruits  par  l’incendie.  Des  faits  pareils  montrent  I  aba;*>>emenl  de  I . i  iie-i.éit. 
publique  et  la  faiblesse  du  gouvernement  . 

Ainsi  donc,  à  cette  époque,  les  désordres  causés  par  les  hommes  se  ^<>nl  multiplie*,  ei  I.  -* 
calamités  naturelles,  famines  et  épidémies,  frappent  sans  r 
productive  des  Beaux-Arts  chez  les  Japonais,  qui  s’était 
précédente,  donne  le  spectacle  d’un  écroulement  c< 
gination  populaire  trouvent  leur  expansion  dan 
splendeur. 

Des  talents  hors  de  pair  surgissent  en  foi 
Ariwara-no-narihira,  Kino-tsoura-yonki,  etc.  Ils  expriment  leurs  pensées,  somplin  n***  >  <  .  -n i m> ■ 

le  brocart;  leurs  sentiments,  délicats  comme  la  broderie.  Soit  en  littérature  rhiimBe,  >.»it  .  n 
littérature  japonaise,  ils  donnent  des  modèles.  L'empereur  Mourakami,  entre  autres,  aimait 
profondément  la  poésie.  Il  partageait  son  cœur  entre  l'amour  «les  lettres  et  eebii  de  la  natnr*  . 
Les  grands  personnages  subissaient  cette  influence  et  s'adonnaient  à  la  littérature 

Comme  nous  lavons  dit,  tous  les  membres  de  la  lamille  des  I  nnpwnra  m  >•*  pi  Yi  »«  •*  upaient 

ni  des  peines  ni  des  joies  du  peuple,  non  plus  que  du  repos  ou  des  convulsions  «le  !  Lmpii 

Ils  développaient  de  plus  en  plus  leur  luxe  et  se  réfugiaient  dans  des  dBtrm-tiniis  littéraii 

Le  besoin  se  fit  sentir  d  objets  de  tous  les  arts  et  de  toutes  les  industries;  en  sorte  qm*  la 

production  un  moment  s’accrut. . 

Le  pouvoir  des  Foujiwara  avait  sa  racine  dans  Kamatari.  Ce  fut  à  partir  «h*  Yoslii- 
1  ouça  et  Moto- 1  sonne,  le  pere  et  le  iils,  qu  il  atteignit  1  apogée,  soit  (pu*  la  lamille  «les 
Foujiwara  fournît  les  Impératrices,  soit  que,  reléguant  les  empereurs,  ils  leur  subsl il iiass«*nt 
leurs  piopios  descendants.  Pendant  1  enlanco  de  1  Lmpenmr,  le  Daï-pn  devenait  régi *nt .  Si  le 

souverain  grandissait,  le  Daï-jin  conservait  le  pouvoir.  C’était  là  une  innovation  «le  eoutuim*s 
sans  précédents  depuis  1  antiquité.  Crace  a  des  lois  nouvelles,  toutes  édictées  pour  établir 

I  absolutisme  des  J  oujiv\ara,  ils  se  transmirent  un  pouvoir  de  plus  on  plus  «'tondu. 

I  lusieuis  empeieurs  sont  nés  dans  la  demeure  privée  des  Foupwara  et  y  ont  grandi. 

D  autre  part,  chaque  fois  que  le  feu  lut  au  palais,  les  empereurs  se  choisirent  une  résidence 
nouvelle.  C’est  dans  ces  conditions  que  naquit  l’architecture  dite  «  des  palais  «le  campagne  », 
dont  on  peut  imaginer  la  richesse. 

Keizci  ^  ^os  empereurs  suivants,  déployant  peu  d’activité,  acceptèrent  la  situation 
qui  leur  était  laite,  kané  shi,  le  petit-fils  de  Moto-Tsouné,  fit,  dit-on,  bâtir  sa  demeure  sur 
le  modèle  du  Seiryau-dèn.  Au  temps  de  Mitchi-naga,  fils  de  Kané  shi,  la  famille  des 


e . 
*«•> 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


Grav.  en  couleurs,  II 


FOUGHÉN-BOSATSOU 


(Samanta-Bhadra,  sanscrit). 


XI'  siècle  (Musée  impérial). 


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1  < m  1  j 1  w  . 1 1 . 1  nllugnil  1  apogée  < I < *  sa  splendeur.  Mitchi-naga  donna  ses  5  filles  à  4  empereurs 
’*  1111  l"in<<  ''opmial.  Il  garda,  pendant  plus  de  3<>  ans,  la  charge  des  affaires  de  l’Etat. 
S,i  pu issanc minait  les  grands  et  les  petits.  Ses  richesses  surpassaient  celles  de  la  maison 
impeiiule.  Mit,<  hi-uaga,  dans  scs  dernières  années,  fit  bâtir  le  Ilaujyauji.  Son  élévation  développa 
raelivilé  des  arts  et  de  l'industrie.  Avant  cette  époque,  vers  le  temps  de  Seiwa  I"  LYI, 
S  )o-S  >9-868-880 j ,  1  empire  de  (diine  était  dans  une  situation  critique  sous  Ouda-Tènnau. 
Les  1 1  oui  des  s  (‘tendaient  sur  le  pays  qui  menaçait  ruine.  Aussi,  la  6*1  année  Ivvvambéi  de 
*  «  * 1 1 1 1  m  *  i  «  *  !  1 1  89  p,  sur  h*  rapport  de  1  ambassadeur  du  .Japon  en  Chine,  Sougawara  Mihti- 

/nne,  un  decret  supprima  I  andtassade  en  Chine.  Il  y  avait  juste  280  ans  que  la  irc  ambassade 
<‘*r  rllN  (,.x (,ii  Chine  par  Sou  1  ko.  Dans  cet  intervalle,  les  ambassadeurs  et  les  étudiants 
*1  nient  ailes  eu  Chine  en  grand  nombre.  1  out  ce  que  la  civilisation  chinoise  pouvait  nous  offrir 
d  utile  a\;nl  ele  introduit  chez  nous  et  n  avait  pas  peu  contribué  à  notre  développement.  Mais, 
maintenant ,  cet  empire  en  décadence  était  la  prou1  de  troubles  incessants. 

Nous  avions  bu  et  assimile  le  vin  généreux  de  ses  institutions  et  de  sa  littérature. 
La  matière  de  sa  civilisation  était  déjà  en  notre  possession.  Le  seul  résultat  que  nous 
pouvions  obtenir  en  envoyant  des  ambassadeurs  en  Chine,  c’était  uniquement  un  surcroît  de 
dépenses. 

n|ilre,  le  passage  «le  la  mer  avait  causé  de  nombreux  naufrages  où  avaient  péri  des 
hommes  de  grand  talent,  choisis  pour  être  envoyés  en  Chine.  Même  si  l’on  en  revenait  vivant,  les 
soull rances  endurées  pendant  la  traversée  sur  de  petits  bateaux  étaient  des  plus  pénibles.  Les 
pères,  les  lucres,  les  femmes,  les  enfants,  à  la  pensée  de  la  séparation  causée  par  le  voyage, 
s  eHrayaient  plus  que  de  la  séparation  dernière.  Fontes  ces  raisons  pesaient  sur  l’esprit  de  l’Empereur 
qui  supprima  les  ambassades  en  Chine. 

Lins  lard  eu  Chine  se  succédèrent  les  ~>  dynasties  907-960;.  Luis  les  Tang  s’établirent  et 
durèrent  b»o  «  *  t  quelques  années,  960-1 126  —  1126-1278.  Durant  cet  intervalle,  les  négociants 
allèrent  en  Chine,  à  titre  privé,  chercher  des  cargaisons  précieuses.  Luis,  sur  les  bâtiments  de 
commerce,  des  prêtres  luisaient  la  traversé!*  pour  leurs  voyages  d’études  et  rapportaient  des  livres 
canoniques,  «les  statues  et  des  peintures  bouddhiques.  Mais,  les  relations  officielles  avec  la  Chine 
«‘tant  interrompues,  les  idées  étrangères,  «pii  s  étaient  continuellement  insinuées  chez  nous,  ayant 
moins  «I  occasions  lavorables  de  pénétration,  cessèrent  d’arriver  à  nous  pour  étouffer  nos  idées 
nationales  et  déformer  nos  tendances.  Le  courant  des  études  chinoises  se  ralentit.  L’étude  de  Yainato 
lleurit  a  sa  place.  Le  sentiment  national  trouva  son  expansion.  La  civilisation,  se  développant  selon 
l’esprit  japonais,  s  élança  vers  sa  maturité. 

A  cette  <*poque  «h*  t rampii 1 1 i té  et  d  inaction,  les  branches  diverses  de  la  famille  des  Foujhvara 
occupaient  les  sommets  de  la  puissance.  Fiers  de  leur  richesse  et  de  leur  force,  ils  se  faisaient  bâtir 
des  châteaux  sur  <l«*s  coteaux  fertiles  au  pied  desquels  couraient  îles  ruisseaux  pittoresques.  Ils 
s'installaient  dans  les  sites  merveilleux,  au  printemps  et  à  1  automne,  et,  pendant  longtemps, 
ces  résidences  furent  «h‘s  foyers  de  civilisation.  Aussi  voit-on  cette  époque  montrer  un  goût  élégant 
et  gracieux  et  les  lettres  et  les  arts  v  briller  d  un  vif  éclat. 

La  famille  des  Foujiwara,  fournissant  ainsi  des  épouses  aux  empereurs,  disposa  à  son  gré 
du  pouvoir  impérial.  Tous  les  membres  de  cette  famille  furent  pourvus  des  plus  hautes  fonctions 
et  s’installèrent  en  seigneurs  dans  lies  plus  beaux  domaines  de  l’Empire.  Non  contents  du  pouvoir, 
ils  s’emparaient  aussi  de  tout  l’argent  de  l’Empire,  qui  fut  centralisé  dans  leurs  mains.  Chacun 
«Feux  possédait  une  splendide  demeure  où  se  perfectionnait  l'art  du  jardinier  paysagiste.  Leur 
faste  était  éclatant.  Ils  luttaient  deluxe  et  de  magnificence,  et  vite  se  blasaient  sur  tous  les  plaisirs. 
Les  fêtes  se  succédaient  sans  interruption  :  réunions  de  musique  et  de  danse,  de  poésie,  de  sports 
comme  le  football,  le  tir  à  l’arc  à  cheval,  la  chasse.  Les  festins  et  les  promenades  de  1  Empereur 


14 


et  de  l’Impératrice  aux  temples  ou -aux  sanctuaires  célèbres  avaient  lieu  on  apparat  éblouissant.  Le 
luxe  des  chevaux  et  des  équipages  était  extraordinaire.  On  s'ingéniait  à  inventer  des  léles.  Sur  les 
rivières  ou  les  lacs  des  parcs,  on  lançait  des  bateaux  à  tête  de  dragon  ou  d'animaux  fantastiques. 

C’était  surtout  à  l’occasion  des  banquets  que  se  déployaient  des  habitudes  de  luxe  extravagant. 
Le  bon  ton  exigeait  que  les  maîtres  envoyassent  une  quantité  d'objets  de  prix  aux  invités.  On 
appelait  cela  des  Hiki-dcmono .  Aussi,  les  objets  d’art  et  d'industrie  étaient-ils  demandés  de  plus 
en  plus.  Ceux  à  qui  ces  objets  étaient  destinés,  personnages  bien  nés  et  fortunés,  sans  nul  souci 
de  la  vie  matérielle,  possédaient,  autant  qu’il  est  possible  aux  hommes,  la  joie  de  vivre.  I  n 
optimisme  facile  dominait  l'esprit  de  ces  hommes  persuadés  qu'ils  remplissaient,  <m  suivant  leurs 
inclinations,  leurs  devoirs  d  hommes  du  monde.  La  poésie  qu  ils  aimaient  était  rallinée  et  délicate  ; 
elle  chantait  les  matins  du  printemps  et  les  soirs  d'automne,  les  ileurs  et  les  beaux  clairs  de  lum  . 
Les  Beaux-Arts  avaient  la  même  tendance. 

Dans  la  littérature  apparaissent  beaucoup  d'œuvres  que  I  antiquité  précédente  avait  ignoré*  - 
impressions,  pensées,  mémoires,  voyages,  chroniques,  etc.  Dans  la  poésie  paraissent  par  ordr>  impérial 
des  anthologies  célèbres,  telles  que  le  l\olin-s/nju  ou  Recueil  ancien  et  mudenn  .  !<•  .Si/< ,//-i -d<  /< ni 
ou  Recueil  de  vers  choisis.  Les  auteurs  brillants,  hommes  ou  femmes,  se  montrent  en  huile 
Moura-çaki-Shikibou  et  Sei-shô-nagou,  entre  autres,  talents  sans  équivalent  dans  h  p;i  —  <  <  t  le 

présent,  sont  les  auteurs  les  plus  appréciés  de  ce  temps,  foute  celle  littérature,  | . si* •  et  pi"-* 

est  d’un  stvle  charmant,  d'une  pensée  élégante  et  raflinée.  fille  provenait  sans  doute  d  aiil<un>  d'¬ 
haute  naissance  ou  de  princesses  et  dames  du  palais.  Elle  était  I  écho  des  nio-urs  r.dlin  -  -  d  .d<*r 
Le  goût  de  ce  temps  est  voué  au  gracieux  et  au  joli,  mais  il  ne  se  préoccupe  pas  de  imbl*  "»• 
d’élévation. 

r 

Epris  d’un  idéal  sans  vigueur,  soucieux  uniquement  de  leur  bien-être  .-t  de  leurs  .*isi  ». 
attachés  à  la  vie  et  redoutant  la  mort,  la  maladie  et  le  malheur,  ces  hommes  étaient  amolli»;  .  t 
efféminés.  Les  doctrines  profondes  des  sectes  Ten-daï  et  Shingon  n’étaient  plus  comprise».  Ou  •»  .-u 
tenait  à  la  lettre  et  aux  cérémonies  extérieures,  mais  on  n’en  pouvait  pénétrer  I  esprit  l  a 
conception  du  salut  se  dévoya.  On  en  vint  à  considérer  comme  le  Imt  unique  la  renaissance  dans  h* 
paradis,  et  de  là  partit  l’établissement  progressif  de  la  secte  de  .1  vau-do. 

Les  superstitions  se  développèrent  de  tous  cotés.  Les  calamités  naturelles,  h-»»  «phlé-mi»*-.  ,|, 
même  que  les  brigandages  et  les  troubles  étaient  attribués  à  l'iiilluence  «les  mauvais  esprits, 
il  en  était  ainsi  des  plus  insignifiants  accidents.  Les  prêtres  et  les  sorciers  étaient  sms  cesse 
sollicités  de  faire  pour  tout  cela  des  exorcismes.  Les  prêtres  étaient  tenus  toujours  en  honneur. 
Shyoujyakou  1"  fit  porter  des  offrandes  à  mille  bonzes;  Mourakami  I  à  dix  mille,  loujiv.ira 
épuisa  le  trésor  national  à  fonder  de  vastes  monastères.  Shira-kawa  I  alla  plus  de  dix  fois, 
à  diverses  époques,  accomplir  des  pèlerinages.  Il  construisit  le  Ilaujyauji,  le  Soujvaiiji,  le  ()u- 
jyauji,  etc.,  et  commanda  un  nombre  considérable  de  peintures  et  de  sculptures. 

Jusque  dans  les  contrées  lointaines  de  Moutsou  et  Devra,  l  oujiwara  Ixivo-liira  lit  é*lever  une 
quantité  de  monastères,  temples  et  pagodes.  Aux  grands  temples  de  Lnryakou,  Onjvau,  fo-daï  et 
Kofoukou,  et  même  au  loin,  en  Chine,  à  celui  de  Ten-daï-syou,  il  faisait  des  offrandes  à  mille  bonzes  pour 
leur  demander  des  prières  destinées  à  écarter  les  misères  de  ce  monde.  Son  (ils  Moto-lnra,  son  pctil- 
fils  Hidé-hira,  fidèles  à  ses  intentions,  augmentèrent  encore  le  nombre  des  constructions  bouddhiques. 
Le  bouddhisme  gouvernait  le  cœur  des  hommes  de  ce  temps.  Or,  un  trait  remarquable  de  l'histoire 
de  toutes  les  sectes  bouddhiques,  c’est  que  la  peinture,  la  sculpture,  l'architecture  et  tous  h-s  arts  et 
industries  furent  favorisés  par  elles.  C’est  là  un  point  important  de  I  histoire  de  l’art. 

L  ostentation  et  le  faste  déployés  par  la  famille  des  Loujiwara,  détenant  le  pouvoir,  eut  pour 
conséquence  de  faire  de  la  capitale  Ileian  un  centre  de  splendeur  et  de  civilisation  éclatante,  l  u 
contraste  se  produisait.  Tandis  que  d’une  part  les  plaisirs  se  succédaient,  que  les  raffinements 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XXVIII. 


SCÈNES  DU  GHENJI-MONOGATARI 


XIe  siècle  (au  marquis  Yoshitkira-Tokougawa). 


* 


I' 


d  une  culture  élégante  se  manifestaient,  que  les  chants  et  la  musique  des  danses  résonnaient,  hors 
de  lu  capitale  régnait  1  anarchie,  et  les  brigands  dévastaient  le  pays.  Les  Foujiwara,  négligeant  les 
allairos  du  gouvernement,  et  dédaigneux  de  la  puissance  militaire,  s’en  remettaient  entièrement  de 
la  répression  des  brigandages  et,  des  troubles  aux  familles  militaires,  aux  Boushi,  qui  de  jour 
en  jour  acquirent,  dans  les  provinces  un  prestige  grandissant,  et  montrèrent  bientôt  une  arrogance 
intolérable. 

(«o  Sandjvau  était  d  un  caractère  ferme  et  d’une  intelligence  remarquable.  Comme,  heureu¬ 
sement,  il  n  etail  pas  d  origine  foujiwara,  il  refusa  de  se  laisser  dominer,  et  prit  en  mains  les  rênes 
du  gouvernement.  Ses  ellorts  pour  rétablir  le  pouvoir  impérial  réussirent.  Les  Foujiwara,  déchus 
d<-  Jour  1‘lro  de  parente  par  alliance  et  de  leur  mainmise  sur  la  régence,  se  tinrent  tranquilles,  et 
di“  nouveau  le  lilet  impérial  s  (“tendit,  sur  les  provinces.  Les  deux  empereurs  Sliirakana  et  Toba,  qui 
lui  succédèrent  au  pouvoir  se  distinguèrent,  h*  premier  par  sa  ferveur  bouddhique,  le  second  par  son 
goût  pour  la  lu\e.  Le  premier  favorisa  l’érection  des  temples  et  des  statues,  le  second  les  arts 

r 

somptuaires.  Le  trésor  de  1  Liât  s’appauvrissait.  Les  Boushi  reprirent  leurs  manifestations  turbu¬ 
lentes,  et  les  ordres  impériaux  perdirent  leur  effet.  Ce  ne  fut  qu’en  s’appuyant  sur  les  familles  des 
Mina-moto  et  des  Paliira  qu  ou  put  à  peine  rétablir  une  apparence  de  tranquillité.  Ce  calme  passager 
céda  la  place  aux  troubles  des  années  llaùghen  et  lleidji  (iiôb-ii’x) —  ii5<)-ii6o  .  La  guerre  fut 
amenée  par  la  lutte  des  deux  familles  pour  la  suprématie.  Les  Mina-moto  vaincus,  le  pouvoir  revint  aux 
Tahira.  La  situation  change,  et  le  Shyougounat  commence  à  dessiner  son  avènement. 

Les  Paliira  occupent  le  pouvoir.  Leurs  domaines  s’étendent  et  enveloppent  l’Empire.  Ils 
deviennent  la  famille  d  alliance  de  I  Empereur  et  conservent  le  prestige  des  armes.  Leur  puis¬ 
sance  surpasse  de  beaucoup  celle  des  Foujiwara,  au  point  qu’on  a  pu  dire  que  qui  n’était  pas 
alors  des  Paliira  n 'était  pas  un  homme.  Cette  famille,  à  l’apogée  de  sa  puissance,  s’assimile  en 
tout  le  faste  dos  Foujiwara.  Elle  se  plonge  dans  les  plaisirs  à  la  mode;  elle  aime  la  poésie 
légère  et  la  musique  gracieuse.  Elle  désapprend  la  bravoure  et  le  maniement  des  armes.  Elle 
s'abandonne  à  la  mollesse.  La  capitale,  pour  la  seconde  fois,  devient  le  théâtre  de  l’extravagance. 
Fendant  ce  temps,  les  Boushi,  toujours  voués  aux  armes,  et  restés  partisans  des  Mina-moto,  font 
de  nouveaux  ellorts.  D'autre  part,  les  bonzes  montrent  un  sentiment  de  domination  abusif.  Les 
conflits  armés  si*  multiplient,  et  les  brigandages  et  les  massacres  se  succèdent  sans  trêve.  Ce 
double  aspect  des  temps  se  révèle  dans  les  Beaux-Arts  auxquels  il  communique  deux  tendances. 
L'une  est  l'écho  du  faste  des  l  oujiwara;  elle  apparaît  élégante,  précieuse  et  distinguée.  L’autre, 
tout  au  contraire,  est  vigoureuse  et  forte,  absolument  combative,  comme  nous  le  verrons  plus  loin. 


CHAPITRE  II 

Histoire  et  caractère  des  Beaux-Arts  de  ce  temps. 


Cette  période  de  3oo  ans  est  celle  où  nos  beautés  naturelles,  nos  admirables  paysages  ont 
influé  sur  les  Beaux-Arts  et  leur  ont  imprimé  un  caractère  essentiellement  japonais.  La  famille 
Foujiwara,  qui  avait  mis  la  main  sur  la  maison  impériale,  ne  fut  pas  sans  înlluence  sur  ce  mouvement 
qui  entraîna  les  esprits  vers  l’étude  et  le  goût  de  la  nature. 

Vers  le  début  de  sa  puissance,  dans  la  période  Yenghi  901-923;,  la  charge  du  gouvernement 
étant  très  lourde,  les  loisirs  des  nobles  ne  se  consacraient  guère  qu  aux  lettres  japonaises  et  chinoises. 
Mais,  au  fur  à  mesure  que  les  Foujiwara  s’élevèrent,  ils  donnèrent  1  élan  aux  recherches  décoratives, 


à  commencer  par  le  costume,  l’habitation  et  les  jardins.  Pour  les  réceptions,  pour  les  ceremonies 
funèbres  ils  inaugurèrent  un  cérémonial  fastueux.  Pour  les  banquets,  ils  depbo  èi enl  un  laste  exlia- 
vao-ant.  Ils  semblent  n’avoir  eu  d’autre  idéal  que  de  faire  de  la  vie  une  ivresse  et  de  la  mort  an  songe. 
Aussi  les  Beaux-Arts  de  ce  temps,  même  dans  les  plus  grandes  œuvres,  montrent  un  caractère 
voluptueux.  A  commencer  par  la  peinture,  tous  les  arts  de  décoration  recherchent  I  élégance  «le  la 
composition  et  la  grâce  du  sentiment.  L’impression  merveilleus.*  «pii  se  dégag.*  de  ces  œuvres  fait 
qu’on  n’a  pas  le  loisir  de  se  demander  quelle  est  la  valeur  de  l'exécution,  d’en  détailler  les  imper¬ 
fections.  Au  premier  coup  d’œil  on  se  sent  subjugué  par  l’évocation  «l'un  momie  à  part,  un  monde 
de  charme  et  de  volupté. 

Les  objets  d’art  de  cette  époque  sont  tous  des  bibelots  chers  à  la  liante  société  «pu  !«■>  \it 
éclore.  Leur  caractère  est  toujours  très  élevé.  La  composition  ne  va  pas  se  perdre  dans  le  lanta>t  i •  1 1 1 « 
ou  dans  la  folie.  Même  quand  elle  s’attache  ail  réalisme,  elle  ne  tondu*  jamais  dans  la  vulg.ml»  <>u  la 
laideur.  Ces  œuvres  montrent  toujours  un  caractère  d<*  sobriété  «*t  d’exquise  élégance.  tant  «fin- 
l’arrangement  que  dans  la  forme  et  b*  coloris.  Comme  elles  sont  bien  le  produit  «b*  in »t i •  •  t «  ri < » i r  «  t 
de  notre  ambiance,  c’est  à  elles  que  va  surtout  l'enthousiasme  des  Japonais.  Mais  <  «  - 1  au  _  -  *  éi  t 
cultivé  des  nobles  de  cette  époque  qu’on  doit  leur  premier  <*t  délicieux  épanouissement.  Ain>i.  a 
l’apparition  de  Foujrvvara  Mitcbi-naga,  surnommé  l«*  Mi-dau  Kwampakoii,  on  élèv«*  I*  ni  «n  i  iu<»na>- 
tère  de  Haujyau-ji  dans  l'angle  nord-est  «le  Kyauto.  On  atteint  le  plus  haut  degré  «!••  b«*aut« 
dans  la  construction. 

trente-huit  ans  à  peine  après  son  édification,  ce  bâtiment  fut  plus  «I  a  iimilif  brûlé-,  Crp.-n J.mi . 
d’après  le  ^  ei-G\va-Monogatari,  sa  magnilicence  n’avait  rien  de  comparabl.*  d.ui>  l«  •  muai-.  1 
compte  des  offrandes  du  Kondau  du  Haujvauji  «*n  «*st  une  preuve. 

Ce  monastère,  bâti  en  carré,  avait  trois  grandes  portes  sur  tr«»i>  d«*  scs  I  a  «  »*s,  .1  un<  p*  *  rt . 
centrale  à  l’intérieur.  En  entrant  par  la  porte  sud,  on  voyait  le  Kondau  s  élever  >m  la  !a«  « 
principale.  Il  y  avait  aussi  ce  qu'on  appelle  le  Obomidau  grande  sa  1 1  «  *  impériale.  Dans  l«-  janlm. 
on  avait  amené  l’eau  du  kamogawa  pour  faire  un  étang  au  centre  «linpu  l  était  un«  il»  a  la»pe  II» 
conduisaient  trois  ponts.  Du  côté  de  lEst  s’élevaient  eimj  grands  temples;  «lu  c«Mé  «le  1  Ouest.  le 
temple  d  Amida.  Il  y  avait  encore  :  salle  des  Conférences,  salle  «  1  «  *  Slivaka,  salit*  «1rs  Mille  Bras,  -ail» 
de  1  Estrade  des  cérémonies,  salle  de  la  I  leur  de  la  loi,  salle  <l«*  la  \  rai**  Parole,  salle  «l«  s  I  mi> 
Illusions,  salle  ronde,  grande  pagode,  tour  de  la  cloche,  magasin  «les  canons,  cloître,  bains,  «  *  t  «  Il 
serait  trop  long  de  tout  énumérer. 

Dans  le  Kondau  était  le  Daï-nitcbi-nvoraï  doré,  d  «  *  >2  pieds  de  liant,  «pu*  I  <  *  célèbre  imagier 
Djyautchyau  avait  sculpté,  durant  toute  une  vie  d’efforts,  assis,  les  jambes  croisées  - 1 1 r  mu*  Heur  «1«* 
lotus  à  cent  pétales.  C’était  une  œuvre  magnifique  et  parfaite.  Autour  «lu  patron  «lu  temple  étaient 
groupes  un  shyaka  doré  de  20  pieds,  les  deux  Yakoushi-nvoraï,  Moujvou,  les  deux  Bosalsou 
mirokou,  un  Brahme  de  q  pieds,  les  quatre  Tènnau,  etc.  En  outre,  dans  chacun  «les  Dan,  dans  les 
cinq  grands,  il  y  avait  un  Foudau  myauwau  peint,  liant  de  20  pieds,  quatre  Taï-son  d«*  if>  pieds: 
dans  le  Dau  d  Amida,  neuf  statues  dorées  de  Mida,  hautes  chacune  «le  i(>  pieds;  dans  le  Dan 
shyaka,  cent  Shaka,  tous  d’une  attitude  canonique  parfaite  et  magnifique. 

Dans  le  Kondau,  sur  les  portes  et  les  murs,  on  avait  fait  peindre  par  l«*s  meilleurs  artistes 
du  temps  les  J  mit  phases  de  l’Illumination,  des  mandara,  le  concert  des  anges,  etc.  Sur  l«*s  portes 
de  1  Amida-Dau  était  peint  le  socle  en  lotus  à  neuf  étages  du  paradis.  Pour  la  décoration  du  Obomidau, 
on  avait  atteint  une  magnificence  extraordinaire.  La  charpenté  apparente,  comprenant  les  piliers, 
les  pilastres,  les  poutres,  était  de  santal  pourpre  (pteroccirpus  sa/italiiius),  ou  <l<*  bu  pies  à  motifs 
de  poudre  d  or.  Ces  bois  étaient  décorés  de  lleurons  en  nacre,  incrustés  de  pierres  précieuses  «le 
cinq  couleurs.  Sur  chacun  des  cent  pétales  du  lotus  central  était  représenté  un  slivaka  assis  sur  un 
trône  et  orné  d  une  quantité  de  pierres  précieuses. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XXIX. 


AMIDA  (panneau  de  porte). 


XI‘  siècle  (Hau-wau-dau  —  Byau-dau-in,  Yamashiro). 


; 


M  s’  *<)IIS  ^  s  ^a*s  autres  objets  de  culte  avaient  été  ouvragés  avec  un  art 
m^m  4  r'1,m^  "  a\n  ,  |i  I  laujv auji,  équivaut  à  celui  que  l’empereur  Shômou  avait  fait  élever,  le 

Daiboulsou  du  I  o-daï-ji.  C’est  un  chef-d’œuvre  attestant  des  progrès  extraordinaires. 

L<  s  mon,, ni.  nls  qui  nous  restent  aujourd  hui,  et  dont  la  magnifique  beauté  excite  notre 
admiration,  tels  que  la  salle  des  Phénix  du  I lyau-dau-in,  le  Kon-jiki-dau,  le  Tchyou-son-ji,  le 
Mi  da  dau  du  llaukaiji,  si  on  les  compare  a  la  grande  architecture  de  ce  Ilaujyauji,  étaient  proba- 
11,1  1,1  ^  lln'  1 1 1  ^  1 101 1  * 4  1 usante.  Cependant,  la  décadence  des  l  oujiwara,  les  soulèvements  des 

pi  o\  i  m  *  s  oiientales,  les  (h*sordres  amenés  parles  Boushi  vinrent  plusieurs  fois  troubler  les  volup¬ 
tueuses  leveiies  des  nobles  de  la  capitale.  Les  arts  subirent  le  contre-coup  de  ces  secousses. 

I "  1 1 1 1 111  N"11^1*  aeipicrir  plus  de  lorce  et  de  vie;  1  architecture  et  les  arts  décoratifs  se  livrèrent 

«'  de  nouvelles  i  celui  «lies  cl  montrèrent  une  admirable  habileté.  Lorsque,  à  la  fin  de  cette  période, 
la  lamilb*  des  lalnra  s  empara  du  pouvoir,  elle  imita  en  tout  (  exemple  des  Foujiwara,  dans  leurs 
nueurs,  leurs  goûts  et  leur  esthétique.  Les  arts  de  cette  période  rapprochent  leurs  tendances  de 
celles  de  la  littérature,  du  roman  et  du  théâtre. 


CHAPITRE  III 


Peinture. 


La  peinture,  avant  cette  époque,  était  complètement  subordonnée  à  la  religion  bouddhique. 
Elle  se  limitait  à  la  représentation  do  sujets  bouddhiques  ou  à  la  décoration  des  temples.  C’est  à  partir 
de  I  époque  de  lleiaii  qu'elle  élargit  son  domaine,  et  qu’elle  conquiert  la  faveur  des  hautes  classes. 
Elle  décoré,  dans  les  palais  et  les  maisons,  les  murs,  les  cloisons  mobiles,  les  écrans  et  les  paravents. 
De  même  que  les  autres  arts,  elle  est  pratiquée  par  les  nobles  et  leurs  femmes.  On  voit  alors  se 
multiplier  les  expositions  et  les  concours  de  dessin.  Les  sujets  préférés  sont  empruntés  aux  poèmes 
japonais,  ou  encore  b*"  plus  beaux  sites  des  montagnes  célèbres,  les  promenades  fleuries  ou  les 
pavsages  lunaires,  les  chasses,  les  fêtes  galantes,  tout  ce  qui  montre  la  joie  de  vivre,  les  beaux  loisirs 
et  les  nueurs  ralliuées. 

\u  commencement  de  cette  époque,  vers  la  période  ^  enghi,  la  culture  chinoise  n  avait  pas  cessé 
d  être  en  honneur,  et  la  lièvre  d  imitation  des  choses  de  Chine  n  était  pas  encore  tombée;  on  se  plaisait 
encore  à  dessiner  des  paysages  ou  des  personnages  chinois.  Mais,  a  partir  de  I èn-reki  se  développe 
puissamment  h*  goût  national  japonais,  et  les  sujets  japonais  obtiennent  la  faveur.  Ainsi,  les  cloisons 
mobiles  du  Seirvau-dèn  au  Balais,  au  lieu  des  dessins  d  Araoumi,  portent  les  lacs  de  komméi,  des 

V 

chasses  du  général  Soyé  Tsouna  dans  la  plaine  de  Saga. 

Aux  dernières  années  de  cette  période,  on  ajoute  dans  les  dessins  de  paysages  des  imitations 
en  relief  d  oiseaux  ou  de  rochers;  ce  sont  là  des  jeux  qu  on  pratique  volontiers.  On  exécute  aussi  des 
dessins  artificiels  Tsoukourigwa  selon  le  procédé  suivant  :  avec  des  matières  colorantes  ayant  l  éclat 
de  solution  d  or  ou  d’argent,  ou  avec  du  bleu,  on  obtient  une  sorte  de  dessin  décoratif  aux  couleurs 
étranges,  différant  de  l’aspect  naturel  et  représentant  les  ciels,  les  arores  et  les  terrains  sous  des 
apparences  fastueuses  et  magnifiques.  Dans  un  autre  domaine  d  art,  dans  le  genre  religieux,  une 
modification  se  dessinait  aussi.  A  l’époque  précédente,  les  deux  sectes  Ten-daï  et  Shingon,  qui 
llorissaient,  professaient  des  doctrines  trop  profondes  pour  être  accessibles  et  touchei  diiectement 
les  coeurs.  Vers  le  milieu  de  la  période  que  nous  étudions  parurent  les  deux  sectes  J^au-do  et 
Nemboutso  dont  les  doctrines  étaient  à  la  portée  d  un  plus  grand  nombre.  Elles  prêchaient,  le  salut 


1  K) 


dans  le  Jyau-do  par  le  Sozou  Ye-shin,  qui,  lui-même,  publia  des  livres,  exécuta  des  peintures  qui 
créèrent  une  nouvelle  école  dans  la  peinture  religieuse.  L'ancienne  école  garda  les  traditions  d'un 
art  sublime  et  surhumain;  la  nouvelle  rechercha  l’élégance  et  la  beauté.  On  peignit  alors  l'arrivée 
de  Mida  sauveur  et  du  paradis  de  1  Ouest. 

Cependant  toutes  ces  peintures  bouddhiques  se  maintiennent  dans  h*^>  hautes  régions  de  l'art. 
Elles  sont  toujours  harmonieuses  et  fortes,  élégantes  sans  mièvrerie.  Les  peintres  des  âges  suivants 
n’ont  pas  atteint  l’habileté  de  ceux  de  ce  temps.  Certains  peintres  bouddhiques  traitaient  ans>i  h  s 
sujets  de  genre  et  la  décoration.  Mais  le  grand  nombre  se  cantonnait  dans  l'étude  <1  une  spécialité*. 

Il  existait  cinq  ou  six  écoles  avant  chacune  un  style  particulier,  (l'étaient  les  écoles  k<>xc, 
Takouma,  Kaçouga,  Toça,  Hata  et  Eshinn. 

L’école  Kozé  a  pour  fondateur  Kanaoka  ;  puis  viennent  Ahimi,  Iximtada,  kimmo-tclii,  Sliinnko, 
Hiro-taka,  Koréshighé,  Nobou-Shighé.  Elle  procède  du  style  de  1  école  chinoise  des  long.  Depuis 
Kimtada,  ses  adeptes  se  succèdent  dans  les  fonctions  de  chefs  du  bureau  de  peinture  du  Calais.  Les 
peintres,  avant  Kimtada,  étaient  réalistes,  étudiaient  surtout  le  mouvement;  après  lui.  h*  pinceau 
s’efforce  de  traduire  un  caractère  d'idéalité,  né  du  tempérament  japonais,  en  même  temps  qu'une 
allure  élégante.  Le  peintre  de  l’école  de  kozé  qui  a  obtenu  le  plus  de  célébrité*  à  celte  époque  .*»t 
Hiro-taka,  prince  du  sang.  Fervent  bouddhiste,  Hiro-taka  si*  rasa  et  se  lit  bonze.  La  cour,  regrettant 
en  lui  l’artiste,  lui  ordonna  de  rentrer  dans  le  monde  et  le  nomma  chef  de  bureau  de  la  peinture.  Il 
produisit  beaucoup.  On  dit  que  ses  œuvres  avaient  le  relief  de  la  réalité.  Ses  peintures  de  l'enléi 
surtout  passent  pour  montrer  une  composition  admirable.  Kimtada  fut  célèbre  par  ses  peinture»  de 
paysages  chinois,  et  Kimmo-tchi  par  ses  paysages  japonais. 

L’école  Takouma  fut  fondée  par  Takouma  Taménari  à  l'époque  Eishyau  injfi-mY»  s.uis 
l’empereur  Goréizéi  (LXXII).  Taméto'svo  continua  son  style  et  exécuta  miiIouI  des  peinture» 
bouddhiques. 

Il  semble  que  l’origine  de  cette  peinture  soit  due  à  l’école  Kozé*,  et  ait  emprunté*  des  inspiration» 
nouvelles  en  Chine  à  l’école  des  Soung.  Taménari  succéda  à  un  Kozé*  au  bureau  de  peinture.  Lorsque 
Foujiwarano-Yori-mitchi  éleva  le  Byau-dau-in  de  Oudji,  Taménari  peignit  sur  les  murs  e|  les  porte» 
du  Hauwau  dau  (salle  des  Phénix)  une  représentation  des  q  cycles  du  Paradis  ainsi  «pie  S  effigies 
de  Sliyaka.  Ces  peintures,  qui  subsistent  encore,  sont  célèbres.  Bien  «pu*  l'esprit  qui  guida  le  pinceau 
dont  elles  sortent  ne  soit  pas  très  différent  de  l’école  Kozé,  la  décoration  d<*^  Bouddhas  atteste  un 
genre  complètement  nouveau.  C’est  à  ce  moment  qu’apparaissent  les  traits  de  pinceau  plus  chargé». 

Taménari,  au  temps  de  l’empereur  Kongé  (LXXYI,  i  i/jn-i  i  YY,  peignit,  dit-on,  un  grand 
nombre  d’images  bouddhiques. 

L’école  Kaçouga  est  purement  japonaise.  Elle  est  caractérisée  par  le  trait  lin  et  gracieux  et  la 
couleur  magnifique.  Elle  a  fait  surtout  des  images  bouddhiques.  Son  dessin  révide  quelquefois  h* 
souvenir  de  l’école  chinoise  des  Soung.  Son  nom  lui  vient  du  bureau  de  peinture  «!«•  Kaçouga-jinnj\ a 
à  Nara  où  elle  prit  naissance.  On  dit  que  le  fondateur  de  cet  atelier  de  Kaçouga  fut  l'on jiwara-no- 
Takatchika. 

Takatchika,  qui  vivait  dans  les  dernières  années  de  cette  période,  «Tait  fils  «h*  Eotijiw ara-no- 
Takayoshi,  qui  fonda  l’atelier  de  Takoumi-ryau,  nommé  Naka-tsoukaça-Taifou.  Il  obtint  h*  deuxième 
sous-cinquième  rang.  Le  rouleau  illustré  du  fameux  Ghenji-Monogatari  est,  disent  les  uns,  du  pinceau 
de  son  père  Takayoshi,  et  du  pinceau  de  Takatchika,  disent  les  autres. 

Comme  l  écriture  du  texte  est  certainement  du  temps  de  lakatchika,  on  doit  considérer  comme 
juste  1  opinion  qui  attribue  à  ce  dernier  les  illustrations  de  ce  rouleau. 

Il  semble  que  la  peinture  bouddhique  de  l’école  Kaçouga,  en  passant  à  l’époque  suivante  de 
Kamakoura,  ait  été  florissante.  Cependant  on  ne  possède  le  nom  d’aucun  peintre  de  cette  école  à 
partir  de  Takatchika  et  de  ses  successeurs. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XXX. 


CARICATURES  D’ANIMAUX  par  Tabasojo.  Kausanji,  Yamashiro. 


XIIe  siècle. 


SCENES  DES  IUjstraTIONS  DE  VIE  DE  BAN-DAINAGON 


XI  j. 

siècle  (au  comte  Tadamitchi-Sakai). 


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Lccoli'  de  loça  est  la  principale  école  japonaise.  Son  origine  doit  remonter  très  loin  dans  la 
période  de  Nara.  Mais  c  est  a  I  époque  où  nous  sommes  qu’elle  révèle  clairement  ses  qualités  et  ses 
tendances,  l’dlc  a  acquis  la  liberté  et  la  légèreté  du  pinceau  et  le  charme  du  coloris.  S’éloignant  des 
M>ics  de  la  peinture  chinoise  hiératique,  elle  innove  et  crée  un  genre  qui  répond  aux  aspirations 
japonaises.  Klle  interprète  les  paysages  et  les  êtres  de  notre  pays,  et,  de  plus  en  plus,  répand  le  goût 
d’un  art  national. 

Cette  école  a  une  tendance  à  l’observation  réaliste  et  cherche  à  mettre  des  intentions 
dans  les  plus  minces  détails.  Le  nom  de  Toça  doit  venir  de  ce  que  le  fils  de  Foujiwara-Takatchika, 

I  soume-taka  avait  la  charge  de  Connokami  lieutenant  sous-gouverneur  de  Toça.  Cependant,  il 
ne  faut  pas  prendre  Tsoumé-Taka  pour  le  fondateur  de  cette  école.  Avant  lui  avaient  paru 

I  evèque  Kukou-N  ou  et  I  soune-Moto,  artistes  qui  ne  ressemblaient  en  rien  à  leurs  contemporains, 
mais  qui  peuvent  être  considérés  comme  des  précurseurs,  car  la  renommée  de  l’école  Toça 
prit  naissance  à  partir  de  Tsoumé-Taka. 

KaknuAou.  lils  du  Daïnagon  Takakouni,  devint  Daï-Sojyau,  la  4e  année  Hôyèn  (n38). 
Comme  il  avait  demeuré  jadis  sur  le  territoire  de  Toba,  on  l’appelait  le  Sojyau  de  Toba.  Artiste 
raffiné  et  peintre  habile,  il  contribua  puissamment  au  développement  de  l’école  japonaise.  Son 
pinceau  était  fantaisiste,  mais  ne  perdait  pas  de  vue  l’observation.  Ses  dessins  humoristiques, 
représentant  des  animaux  et  des  oiseaux,  reproduisant  les  actes  des  hommes,  sont  d’une  verve 
extraordinaire  et  sont  cités  comme  des  tours  de  force  du  pinceau. 

De  I  oujiwara-no-Mitsou-naga,  le  plus  habile  peintre  de  son  temps,  il  reste,  dit-on,  le 
rouleau  Nentchvou  no  gyauji  Cérémonies  de  l’année  ,  ainsi  qu’une  peinture  de  la  vie  du  Ban- 
Daïnngon.  Le  pinceau  en  est  très  sûr,  sans  qu'on  puisse  dire  qu’il  soit  libre.  L’idée  est  vive  et 
spirituelle,  attachée  à  la  délicatesse  des  choses.  Dans  la  composition,  l'artiste  excelle  à  varier  la 
disposition  des  groupes  et  à  charmer  l’esprit  et  le  cœur  par  l’harmonie  de  l’ensemble.  Il  est 
difficile  de  savoir  quelque  chose  (h*  certain  sur  sa  vie-  On  voit  qu’il  obtint  le  2e  sous-quatrième 
mng  et  que  sa  renommée  fut  grande  de  son  vivant.  Sur  l’ordre  de  l'empereur  Takakoura  LXXXIIj, 
la  T  année  Shvanan  i  i  -  »  ,  il  peignit  sur  les  cloisons  du  Shishyau-kwau-in  une  scène  de  la 
visite  impériale  à  Hivoshi  et  le  voyage  a  llirano. 

Dans  le  kokou  tchvo  Bonn  Shyau,  on  voit  que  le  dessin  des  Cérémonies  de  l'année,  que 
l'empereur  (io-shirakawa  aimait  profondément,  et  qui  était  conservé  dans  le  Trésor  du  Rèn-ghé 
wau-in,  a  etc  legne  aux  âges  lnturs  comme  venant  du  pinceau  de  Mitsou-naga. 

Foujiwara-Tsouné-taka,  fondateur  de  l’école  de  kaçouga,  était  le  fds  de  Taka-tchika. 

II  fut  sous-gouverneur  de  Toça,  du  second  sous-cinquième  rang.  Peut-être  ayant  commencé 

c 

auprès  de  son  père  à  s’initier  au  style  kaçouga,  créa-t-il  plus  tard  le  genre  de  Toba  sojyau. 
Son  art  a  dû  subir  une  évolution.  On  lui  attribue  le  Saigyau-monogatari  qui  subsiste  de  cette 

époque. 

Foujiwarn-no-Taka-nobou,  lils  du  shôshin  du  Kwangfl  no  Miya,  Tamétaka,  eut  le  sous- 
quatrième  rang-  C’était  un  peintre  habile  à  saisir  la  réalité  sur  le  vif.  Il  lit  quantité  de  portraits, 
tous  très  ressemblants,  dit-on.  Dans  les  tableaux  que  lui  commanda  Takakoura  IlT  pour  les  cloisons 
du  Saï  sim  Ivtvau  in,  et  qui  représentent  les  voyages  impériaux  à  Hivoshi  et  à  llirano,  les  visages 
des  Kouglié  accompagnant  l'Empereur  sont,  dit-on,  des  portraits.  Le  style  de  Eishinn  est  un 
mélange  de  styles  chinois  et  japonais  qui  constitue  un  style  mixte. 

Te  Sôdzou  Eishinn  reçut  la  loi  d’abord  du  Sojyau-Jikei,  à  Yen  ryauji.  Plus  tard,  il  se  retira 
à  Yokogawa.  Il  publia  70  ouvrages  en  i5o  volumes.  Il  était  aussi  excellent  peintre  et  exécuta 
nombre” d’images  bouddhiques.  Il  prêcha  surtout  le  salut  par  les  mérites  extérieurs.  II  mourut 
la  i">  année  Kwauninn  (1017),  à  l’âge  de  soixante-seize  ans.  Quoique  les  peintures  actuellement 
existantes  des  Trois  honorables  Amida,  de  l’arrivée  du  Sauveur,  du  Paradis,  etc.,  lui  soient  attribuées 


1  I  2 


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grand  nombre,  il  est  difficile  d'en  accepter  la  plupart  comme  authentiques.  S, «nie  lu  pointure 
conservée  à  kauya-san,  représentant  l'arrivée  d’Amida  et  des  •>/>  Bosatsou,  est  d  une  aut lient ieilé 

prouvée. 

Le  style  de  I lata  continue  l'ancienne  école  de  1  époque  de  Nara.  Il  doit  avoir  lu  ménn* 
origine  que  kawanari. 

Vers  les  époques  Djirvakou  et  Yènkyou  106V1071  de  l'empereur  (loréi/ei  LX\,  un  », 
]o/|()-io68 ,  vivait  un  certain  llata  no  Momé  sada  qui,  demeurant  au  llaurvouji,  exécutait  des 
images  bouddhiques.  Son  œuvre  la  plus  célèbre  est  la  peinture  des  actions  «le  lu  \  i<*  du  Sliyau 
Tokou-Taïshi,  exécutée  sur  le  mur,  dans  la  salle  des  [teintures,  bile  est  extrêmement  degrade- 
et  a  subi  plusieurs  restaurations;  mais  elle  a  été  rentoilée  sur  un  écran  et  u  pu  être  conserver 
ainsi.  Indépendamment  de  cette  œuvre,  il  y  a,  dans  le  kan-fou-zau,  un  certain  nombre  de  peintures 
bouddhiques  qu'on  peut  lui  attribuer. 

A  coté  des  artistes  dont  on  distingue  le  style,  il  exista  beaucoup  de  peintres  cch-bro  qu  <»u 
ne  peut  classer  avec  certitude  dans  aucune  école. 

Yoshi-Tshika  on  ignore  son  nom  de  famille  est  cité-  comme  bon  peintre  -nis  I  •  mp-  i>  m 
Itchi-jyau  LX\  I,  980  ,  qui  a  régné  de  987  à  101.  Il  fut  chargé  par  ordre  impérial  de  peindre  un 
écran.  Açoukabé-no-Tsouné-nori  a  une  très  grande  célébrité  comme  peintre.  Il  e^t  ci nitmiip- >1  .un 
de  Tocé-kimmotchi.  On  disait  alors  :  «  Tsouné-nori  est  «le  grande  première  foret*,  kimim-tt  hi 
de  petite  première  force  ».  I  n  chien,  raconte  la  légende,  à  la  vue  d  un  lion  peint  par  I  -0111e 
nori,  fut  pris  de  terreur  et  hurla.  La  3‘‘  année  Owa  9b  >),  il  peignit,  sur  le  mur  <b*  I  apport*  ment 
de  l’ouest  du  palais,  Hakou-Takou  wau  tuant  un  démon.  Pour  l'Omlai  j i nu  San- -Souk.’,  il  lit 
deux  peintures  du  Keizei  inn  et  du  Shinsènn  yènn.  On  vente  beaucoup  la  grâce  d-  -  p  •  \  - .  - 
de  ces  deux  œuvres. 

Tclii-E,  dont  on  ignore  le  nom  de  famille  et  les  titres,  contemporain  de  Tsouné-noi  i.  était, 
dit-on,  très  renommé  dans  la  composition  décorative. 

Toujhvara-no-moto-mitsou,  sous  Shirakawa  Tènnau  LWII.  1n7d-10.se»  ,  eut  la  charge  -h* 
Takominokami  avec  le  sous-cinquième  rang  et  reçut  le  titre  de  chef  de  l 'administrai ion  d<*  I  ! •  » k . - 1  •  • 

Nobousada,  dont  on  ignore  le  nom  patronymique,  est  cité  comme  peintre  a  1  epuqiie  de 
Toba  1er  (LXXIV).  Il  peignait  surtout  les  chevaux  avec  bonheur.  Ou  ilit  qu  il  décora  beaucoup  de 
cloisons  dans  le  palais  de  l’Empereur  et  dans  ceux  des  Koughé.  bon jiwara-taka-Y ’oslii,  sous 
konoyé  Ier  (LXXIV,  Ji/ja-iioo),  fut  le  chef  de  l’école  de  LEdokoro.  Il  peignit  b*  portrait  de 
Lobaiu  et  les  portes  du  Kougôsininn  de  loba.  Il  en  fut  très  complimente. 

Les  peintres  n  étaient  pas  les  seuls,  à  cette  époque,  à  s’occuper  de  leur  art  Depuis 
1  Empereur  et  les  khougé  jusqu’aux  dames  de  la  cour,  beaucoup  de  personnages  pratiquaient  la 
peinture  avec  succès.  L  empereur  Ivwazau  (LXV,  q85-q8G),  entre  autres,  montrait  une  riche 
imagination  et  inspira  beaucoup  d’idées  nouvelles  tant  à  la  peinture  qu  à  l'architecture.  Les 
empereurs  Réi-zéi  et  Itchi-jyau  se  plaisaient  à  peindre.  Shirakawa,  llorikana  L1  exécutèrent  des 
peintures  bouddhiques.  La  fille  aînée  de  Tahira-no-kivo-mori  est  citée  comme  artiste  de  talent. 
Elle  peignit  des  scènes  de  1  Icé  monogatari  sur  les  cloisons  du  Shi-shinn-den.  Scs  si\  sieurs 
cadettes  étaient  aussi  très  artistes.  Elles  firent,  dit-on,  de  nombreuses  peintures  inspirées  par  des 
poésies-  On  cite  plusieurs  écoles  féminines  de  peinture  à  cette  époque,  telles  que  Esln  kibou, 
Tchyou  nagou  no  Tsouboné,  etc. 

Dans  la  peinture  bouddhique,  on  a  conservé  les  noms  de  plusieurs  maîtres  célèbres,  en 
dehois  du  Sodzou  keishinn.  On  connaît  le  Sodzou  En,  prêtre  du  To-ji  <pii,  vers  l’époque 
\  enghi  (901-923),  peignit  des  images  bouddhiques  de  la  secte  Shingon.  Le  bonze  Euyèn 
surnommé  dans  le  monde  Eajyari  (le  docteur-peintre),  peignit  au  llaujyauji,  pendant  les  années 
k\\ anninn  (1017-1021)  un  Daï-nitchi  de  plus  de  3o  pieds  et  cent  portraits  de  (>  pieds  d’Amida, 


Histoire  de  l'Art  du  Japon 


PI.  XXXI 


AMIDA  (Amidàva,  sanscrit). 

XIr  siècle  (Haukkaiji-Yamashiro). 


v.-' 


,,<<l<><^hs  en  ,,in^  1,11  1,1111  <^11  Kondau.  Le  Daï-nitchi,  son  chef-d’œuvre,  est  honoré  comme  la 
(1 1  \  nul»  prim  ipah  ,  a  qui  Ion  offre  des  sacrifices.  On  lui  doit  encore  beaucoup  d’autres  œuvres. 

^ J<  lll,n*M  '  11  lm,l£<s  boiiddlii(pies,  Kyôzèn,  sur  le  désir  de  l’empereur  Goreizei,  peignit,  au 
l,aui>an.i1’  1  1 1  miaK0S  ndigieuses.  En  récompense,  il  lut  nommé  sokô.  Un  autre  maître,  Ryo- 
shyou,  est  renommé  pour  ses  peintures  du  Foudau.  Le  bonze  Kakou-han,  fondateur  de  la 
biamhe  Mimgln  de  la  secte  Singhon,  a  lait  un  grand  nombre  d’images  bouddhiques  au  pinceau 
‘  l''MC<‘ai1  S,T^  d  ordinaire  à  écrire  les  caractères).  Le  bonze  Tchinkaï,  fils  du  chef 
dr  I  Ldokoio,  I  oujiw  a  ra-no-Moto-mitsou,  lui  surnommé  le  Séki-Tokou  saint  de  cette  époque.  11  reçut 
l;i  succession  ch;  son  père  et  lit,  dit-on,  beaucoup  de  peintures  bouddhiques. 

A  1  époque  de  lalura  surgissent  beaucoup  de  maîtres  bouddhiques.  On  cite  ceux  dont  les 
noms  sont  restes  :  Imi-sliyau,  llyauninn,  Ichyou-san,  Myau-gyô,  Myau-jyoun,  Tei-jyau,  Shyausei, 
Shighé-tau,  Oghèn,  Tchijyoun,  etc. 

MONUMENTS 

I.\m\  li\. —  Kvauto,  Toji. —  K\van-1chi-in. 

\ 1 1 ri I »no  au  Sndzou  Lri .  Le  style  est  de  1  époque  où  le  dessin  chinois  était  plus  qu’à  moitié 
naturalise  japonais.  Le  caractère  solennel  de  I  école  de  Shingon  atteste  que  l’œuvre  est  bien  du  temps 
d  Eri.  Lama  était,  dans  la  religion  bouddhique,  le  roi  des  Enfers,  qui  gouverne  les  âmes  des  morts, 
les  récompense  ou  les  châtie. 

I.v  Ki  \  vissa \c. i  ni  Sihaka.  ^  .imashiro.  Tcli vauhauji. 

Shvaka  renaît,  et,  sortant  du  précieux  cercueil,  explique  la  loi.  Dans  la  composition,  on 
découvre  quelques  invraisemblances  et  des  défauts  de  dessin.  Mais  la  touche  est  gracieuse,  le 
caractère  noble  et  le  coloris  des  plus  harmonieux.  Ou  ne  sait  quel  est  Fauteur.  On  pense  qu’il  vivait 
«•ntre  le  commencement  et  le  milieu  de  l'époque  dos  Foujiwara. 


IM.  WVII 


\i«nm  »  di  i  Amida  sacym'h  m  Di  -  2»  1  ios \TSrtc  Kauva-san  . 


F  ri  |  »t  vq  i  u  •  forme  «h*  trois  kakémonos,  rouleau  de  soie.  Hauteur:  2m,o4.  La  tradition  considère 
«  •  «  *  1 1  •  •  peinture  comme  un  trésor  «  I  «  •  Hieizan  et  l’attribue  au  pinceau  de  Sôdzou  Eshinn.  Amida  est, 
«h-bout  au  centre.  Les  deux  Bosatsou,  kwannon  et  Seishi,  le  précèdent.  Les  autres  Bosatsou,  doux  et 
«  aimes,  \  iennont  ensemble  sur  les  nuées,  jouant  de  la  musique.  Le  style  est  magnifique.  La  puissance 
•  voralriee  de  celle  «ouvre  saisit  au  premier  coup  d  œil  le  spectateur  pour  le  transporter  du  désir  du 
paradis,  pour  lui  insufller  le  dégoût  de  la  vie  terrestre.  L'exécution,  d'un  procédé  mixte,  mi-chinois, 
mi-japonais,  est  d  une  vigueur  et  d  une  sûreté  magistrale.  Mais  les  motifs  d  ornement  et  le  coloris  ne 
sont  pas  d'un  travail  très  délicat.  Certains  détails  sont  lâchés.  L'inspiration  qui  domine  cette  œuvre 
et  l'harmonie  qu'elle  montre  révèlent  pourtant  un  artiste  de  premier  plan.  On  ne  peut  douter  que 
Fauteur  soit  Eshinn. 

Grav.  en  couleurs.  II.  —  Foi  m  \  Kosatsoi  (Musée  impérial). 

Ce  portrait  était  primitivement  dans  un  vieux  temple  de  Nara.  C’est  une  des  peintures 
bouddhiques  les  plus  gracieuses  et  les  meilleures  du  temps  de  L oujiwara.  La  facture  en  est  très 
délicate  et  même  d’un  sentiment  un  peu  voilé,  sans  pourtant  tomber  dans  le  flou.  Le  coloris  est  d’une 
admirable  beauté.  Les  couleurs  sombres  se  mêlent  en  une  graduation  savante  aux  couleurs  vives,  et 
de  délicates  applications  d’or  les  rehaussent.  Tout  porte  à  croire  qu  il  s  agit  d  une  œuvre  de  la  belle 
époque  des  Foujiwara  et  de  1  école  de  Kaçouga.  Fouken,  dans  le  ù  ou  rai  Shyouheu,  est  appelé  le 
Bosatsou  de  la  connaissance  de  la  bonté.  Cette  peinture  le  représente  monté  sur  un  groupe  d’éléphants. 
Nous  donnons  ici  la  reproduction  à  mi-corps. 


PI.  XXVII J.  —  Scènes  DU  G  h  un. ii  monocatv  ii  i.  —  An  marquis  Tukoii^awa.  —  ï  osliinon. 

C’est  le  maki  mono  du  Ghenji  inonogatan,  œuvre  de  Mouraçaki-iio-Sliikdinii,  lu  eidrlnv  I*,iiiiii«*— 
peintre  de  ce  temps.  On  y  voit  la  synthèse  de  la  vie  des  nobles  de  celte  époque,  vie  luxueuse  et  voué»* 
aux  loisirs  raffinés.  Nous  donnons  ici  les  trois  scènes  de  1  Auberge,  du  ka^luw  agio,  de  I  Ad/niuavi 
Le  dessin  délicat,  le  coloris  riche  rattachent  ces  œuvres  à  I  école  kaçonga.  lxvit a n t  de  tomber  dans  le 
réalisme,  le  dessin  ne  donne  que  l’essentiel  et  se 'propose  de  montrer  des  aspirations  raffinées.  (  .-I 
un  genre  de  peinture  voisin  de  la  peinture  décorative. 

PI.  XXIX.  — Amida  Pxhtsoi  panneau  de  porte  .  Hau-wau-dau.  —  Byau-dau  in,  Wmanhiro 

Sur  les  battants  de  la  porte  de  cette  salle  sont  peints  les  Amida  et  le^  <>  cycles:  sur  l.t  paroi  du 
revers  est  une  peinture  des  huit  façons  de  découvrir  la  voie.  Nous  donnons  ici  I  Vinidn  enseignant  I  i 
façon  supérieure  de  trouver  la  voie. 

Cette  peinture  est  de  l’ancêtre  de  l'école  Takouma.  Tainénari.  La  composition  ••lait  < -harmatii  -  . 
et  le  coloris  splendide,  dit-on.  Car  il  est  aujourd  hui  difficile  de  s  en  rendre  compte  cette  peintm-- 
éraillée  et  effacée  n'est  plus  qu’une  ombre. 


GRogUlS 


PI.  XXX. — Dessins  humoristiques  d’oiseaux  et  d'animaux.  —  Yatnashirn. 


I  ikav .iin.i 


K.iu-anji. 


Croquis  à  l’encre  de  Kakouvou,  le  Sôjyau  de  loba.  Les  animaux  et  hs  personmœ- ^  -<ml 
traités  en  caricature.  Chez  tous,  la  vie  déborde.  Le  mouvement  est  toujours  ju<le.  le  pince. m  1 1 b i *  >  \ 
facile.  Le  sens  comique  jaillit  de  1  habileté  du  dessin,  et  parfois  s  v  mêle  un  esprit  de  sntire.  |).um  Imis 
les  makimonos  qui  se  trouvent  au  kausauji,  on  voit  des  prêtres  et  des  laïques  rassemblés,  ••  ntoiii .ml 
un  jeu  d’animaux  ;  des  combats  de  coqs;  des  courses  de  chevaux  ;  des  séames  de  musique  d*^  boni-, 
tigres,  léopards,  etc.  Des  singes,  des  lapins,  des  grenouilles  imitent  les  gestes  des  hommes.  Nmi- 
reproduisons  ici  des  animaux  traînant  des  voitures,  dansant  et  folâtrant. 

Makimono  de  Ban  Dainagon  du  monogataiu.  — -  Au  vicomte  Sakai-tada<iuit<  lii. 

Le  daïnagon  Tomono  yoshio,  ayant  brûlé  la  porte  Oten  du  palais,  rejeta  la  taule  sur  h*  Sadaijin 
Minamoto  no  Makoto,  et  le  remplaça  dans  sa  fonction.  C'est  après  sou  bannissement,  >a  faute  avant 
été  découverte,  que  le  daïnagon  dessina  ce  monogatari.  La  composition  a  du  naturel,  le  pinceau  r-t 
hardi  et  plein  de  vie,  le  coloris  est  sommaire  et  sans  recherche.  Ce  coloriage  sans  prétention  donne  au 
tableau  du  calme  et  de  l’énergie.  (PL  XXX,  2-3.) 

PL  XXXV.  —  Décoration  d’un  makimono  canonique.  —  Okitsoukou-shima  Aki. 

Offert  à  ce  temple  par  Tahira  no  Kiyomori  et  la  famille  de  Tahira.  La  décoration  en  était  très 
belle.  La  peinture  avait  été  exécutée  par  les  membres  de  la  famille  de  Tahira,  et  particulièrement  par 
la  ire  et  la  6°  fille  de  Kiyomori.  Il  en  subsiste  33  rouleaux  tous  décorés  de  motifs,  au  recto  et  an 
verso,  et  jusqu’à  la  couverture.  Le  genre  de  ces  dessins  est  celui  que  l’on  appelle  Tsoukouric  <pii 
généralement  choisit  ses  sujets  parmi  ceux  qui  semblent  les  plus  agréables  :  femmes  en  grande 
toilette,  rocailles  de  pierres  précieuses,  sables  d’or  et  d’argent,  pétales  de  lotus  de  toutes  couleurs, 
oiseaux  fantastiques,  animaux  féeriques,  nuages  multiformes,  cours  d’eau  serpentins.  L’arrangemenl , 
dune  belle  et  délicieuse  poésie,  appartient  au  goût  purement  japonais  qui  s’est  révélé  à  celle 
époque.  Dans  ces  peintures  décoratives,  le  mélange  de  caractères  lliragana,  comme  dans  I  Ashidé-é, 
est  très  usité. 

Parmi  les  peintures  célèbres  de  ce  temps  qui  nous  sont  parvenues  aujourd’hui,  on  cite  en 
\amato,aü  Hokkéji,  un  tableau  des  trois  saints  Amida.  Le  caractère  mixte  de  la  peinture  fait  penser  que 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XXXII. 


'S 


SENJU  KWANNON  (Avalokitès’vara ,  sanscrit). 

XIIe  siècle  (Tchyaumeiji-Omi). 


I  I  ) 


<■  ost .une  "uvre  de  valeur  .lu  commencement  de  cette  époque.  Le  comte  Inoouyé  possède  une  effigie 

lv,Mj.val<ou"lliya,|-"au.  An  Tôji,  se  trouvent  des  peintures  des  Douze-Tèn  qui  doivent  appartenir 
ail  milieu  de  cette  époque;  au  Daïgoji,  l’image  des  Cinq  grands  vénérables. 

Sbvdv.i  N<  li.ui,  d  un  pimu  au  eneigique,  a  M.  Moura-Aama-Ryouhéi;  le  Kokou-zau-bosatsou, 
a  M.  l\ata-no-youliéi  ;  le  Kouken-liosalsou  du  llôkiji,  en  Yamato,  sont  de  belles  oeuvres. 

I.n  'i  ainato,  au  . pie  de  Teliyo  go  Sonshi  ji,  est  une  peinture  historique  du  Shiglii  San, 

. 1 1 1 1 1 1 > u <  a  Sojvaii  loba,  d  une  execution  magistrale,  lai  fai,  au  temple  de  Kogavva,  une  peinture 
1,11  "I1"  -  1 1 "  ""  ‘O  '  1,1  ‘l'1  I  o"ji"ara  no  Mitson-Xaga.  Au  Kon-san-ji,  une  peinture  historique  de  la 
l*  1  ^ 1  *  ssllls  ^  enlei,  des  démons,  aux  trois  quarts  effacés,  mais  ce  .pii  en  reste  est 

,n  xl<  ’  faillie  pail,  au  Slu-I en-\\ au-ji,  au  musée  impérial,  etc.,  sont  conservés  plus  de  ioo 
paiim  aux  ih  polies,  livies  sainN  illustres,  esquisses,  qui,  dus  probablement  au  pinceau  de  nobles 

. . .  °"  ,l,""cs  ,ll‘  '•<*  représentent  des  soi . -s  de  mœurs,  îles  personnages  de  toutes  sortes, 

des  oiseaux,  al  dfs  animaux. 


CHAPITRE  IV 


Sculpture. 


Lu  sculpture  religieuse  <1<*  la  première  partie  «le  cette  période  conserve  les  formules  de  la 
période  précédente.  Elle  ne  s  occupe  que  de  copier,  et  même  elle  laisse  péricliter  la  science  du 
métier.  Lorsque  I  oujiwara  no  Mitchinaga  lil  construire  le  temple  de  Ilaujyau,  le  fameux  artiste  Dyau- 
t e lm  se  revtda.  Sur  l’ordre  de  Mitchinaga,  il  forma  un  grand  nombre  d  élèves,  et  la  statuaire  se  releva 
i  >ri  I  la  m  i  iiMii  t .  I  )es  milliers  de  statues  lurent  alors  exécutées,  à  commencer  par  le  Daï-nitchi  de  32  pieds. 
L  ai  t  lit  alors  des  progrès  aussi  rapides  qu’extraordinaires.  Djyau-tchô ,  répondant  aux  goûts 
«I "élégance  des  nobles  du  temps,  sculpta  des  Bouddhas  dont  l’expression,  d’une  idéalité  intense,  n’a 
jamais  été  surpassée,  ni  dans  le  passé  ni  dans  le  présent. 

\près  que  l)jvau-l<  ho  eut  ainsi  créé  un  mouvement  artistique,  son  tils  Kakou-jyo  ouvrit  un 
atelier  dans  la  avenue  de  Kvauto.  Son  élève  Tchvau-céi  en  fonda  aussi  un  dans  la  ‘3e  avenue.  Ils 
donnèrent  une  vive  impulsion  à  I  art  de  la  statuaire. 

Les  empereurs  Sliirakawa,  Horikawa,  Toba,  Soutokou,  s'occupaient  beaucoup  des  temples. 
Outre  les  (i  grands  temples:  I  Tau jyauj  i ,  Sonsliyauji,  Yen-jvauji,  Seijyauji,  ils  en  bâtirent  un  grand 
nombre.  Lnsei,  Taliyau-cn,  Inkakou,  Kèn-Yèn,  kaujvau,  Intchô  les  enrichirent  de  belles  statues. 
La  sculpture,  au  temps  de  Foujiwara,  présente  trois  périodes  :  la  première  est  celle  qui  précède 
Djyau-tchô.  Alors  beaucoup  de  prêtres,  pour  la  plupart  insuffisamment  instruits  du  métier  de  statuaire, 
lorit  de  la  sculpture.  Ils  donnent  aux  visages  une  expression  majestueuse  et  belle;  mais  les  corps  ne 
sont  pas  bien  modelés.  Les  proportions  ne  sont  pas  justes;  les  membres  et  les  accessoires  décoratifs 
soûl  iiél»’li<jY‘S. 

O  c? 

Lors  de  la  fondation  du  Ilaujyauji  par  Foujiwara  no  Mitchinaga,  la  statuaire  reçut  une 
impulsion  vigoureuse  ;  elle  étudia  les  proportions  avec  un  souci  de  réalisme,  et  perfectionna  la  taille 
du  bois  et  le  coloris.  Certains  points  particuliers  observés  par  cet  art  révèlent  les  goûts  des  hommes 
de  ce  temps,  le  corps  plein  et  gras,  le  visage  rond,  les  sourcils  minces  et  allongés;  les  plis  souples 
<pn  donnent  un  caractère  de  distinction.  L  est  alors  la  deuxieme  période.  Mais  dans  la  tioisieme,  lis 
œuvres,  à  force  de  rechercher  la  délicatesse,  tombent  dans  la  miexreiie.  bouddhas,  démons,  démons 


à  formes  d’animaux,  ont  tous  l’air  doux  comme  des  enfants,  gracieux  comme  de»  femmes.  On  ne  vise 
qu’à  la  grâce  et  l'on  va  jusqu'à  l’afféterie.  D’un  autre  côté,  au  cours  de  cette  période,  on  sul.it 
l’influence  de  la  dynastie  chinoise  des  Soung.  On  imite  le  style  chinois  ;  c’est  ainsi  que  les  ornements, 

par  exemple,  deviennent  singulièrement  pompeux. 

Les  sculpteurs  les  plus  renommés  de  la  première  partie  de  cette  époque,  presque  Ions  trois 
bonzes,  sont  :  En-sô,  Kan-sei,  Kau-shyau.  En-sô  travaillait  vers  l’époque  Yen  ryakou;  Kan-sei  en  Owa 
(961-964).  Kau-shyau,  sur  l’ordre  de  l'empereur  Itchi-jyau  LYYI.  qui  régna  de  9S7  à  101  1  ,  exéeula 
beaucoup  de  statues.  Dans  la  2e  partie  de  cette  époque,  le  célèbre  Djyaii-tcho  fait  son  apparition  II  «-lait 
fils  de  Kau-shyau.  Dans  le  cours  de  sa  vie,  il  lit  un  nombre  considérable  de  statues  pour  lluujvniiji  et 
d’autres  temples.  La  2e  année  Djian  1022  ,  pour  le  récompenser  d'avoir  fait  les  statues  du  Maujyauji, 
on  l’éleva  à  la  dignité  de  Haukyau  pont  de  la  loi  .  Ce  fut  la  première  fois  qu'au  moyeu  âge  une 
dignité  fut  conférée  à  un  artiste.  Ses  contemporains  avaient  pour  ses  œuvres  une  admiration 
extraordinaire.  On  l’appelait  «une  incarnation  de  Shoumi  ».  Le  Bouddha  qu  il  lit  pour  Kouni  I  sonne 
Açomi  était,  disait-on,  le  type  définitif  du  Bouddha  universel.  Beudant  longtemps,  il  fut  donné 
comme  modèle  aux  sculpteurs. 

Kakou-Jvo  était  fils  de  Djvau-tchô.  Il  continua  de  pratiquer,  dans  I  atelier  de  la  7  avenue,  I  art 
de  son  père  et  fut  promu  Haukyau.  Son  fils  aine  Raijyo;  son  second  (ils  Injyo:  le  (ils  •  I ♦  *  Haijvo, 
Kaujyo;  et  le  tils  de  ce  dernier,  Kau-tchô:  puis  le  lils  aîné  de  Injyo,  lukakou;  s<m  second  lils  Int.  h..; 
et  le  second  lils  de  Inkakou,  In-son,  prospérèrent  tous  dans  la  statuaire  jusqu  aux  dernière*  amie*-*'  . ! •  * 
cette  période.  D’autre  part,  Tehyau-sei,  élève  de  Sei-tcho,  qui  fut  nommé  liau-in  sceau  de  la  loi  et 
passe  pour  l’ancêtre  de  l’atelier  de  la  3e  avenue;  son  lils  Ensei;  le  lils  aîné  de  celui-là,  Trhvou-En  ;  s<»n 
2e  lils  Tchyau-èn;  son  3e  lils  Kényen;  le  lils  de  Tchvau-èn,  Tchyau-shiouu,  se  sueeéd*  relit  dans  la 
profession.  Les  bonzes  Gon-kou  et  Myau-jyoun  sont  connus  aussi  comme  sculpteurs  bouddhique^  du 
milieu  à  la  fin  de  cette  période. 


MONUMENTS 


Unis. 


S  h  vau  Kwaxxox.  —  Rikoutchyau.  —  Trndaïji. 

Le  corps  est  taillé,  comme  on  dit  communément,  «  Nata  tsou  kouri  (à  coups  de  serpe  .  Mais  b* 
visage,  dune  exécution  particulièrement  soignée,  est  d  une  grande  beauté.  La  Kwannon  aux  onze 
faces,  1  Amida,  le  Kitsou-shyô-ten,  le  Shi-Tènnau,  qui  sont  dans  b*  même  temple,  ont  tous  une 
expression  forte  et  une  exécution  vigoureuse.  Ce  temple  fut,  dit-on,  fondé  par  le  Daïshi  .likaknu. 
toutes  ces  statues  sont  quelque  peu  postérieures  à  cette  époque,  et,  peuvent  être  regard  ées  comme 
de  remarquables  exemples  de  l’art  de  la  irr  période  de  Foujiwara. 

II.  XXXI.  Amida.  ^arnashiro.  —  Haukkaiji.  —  Bois,  hauteur  : 

Lien  qu  érigé  par  llino  Souke  nari  pendant  les  années  Yeishyau  iioj6-io53),  et  par  conséquent 
de  la  fin  du  milieu  du  temps  des  l  oujiwara,  il  est  de  style  appelé  Djo  Tchô,  et  on  peut  affirmer  qu'il  a 
été  exécuté  dans  les  dernières  années  de  Djyau-tchô.  L’aspect  est  gras,  et  l’œuvre  ne  manque  pas 
de  valeur.  Le  socle  et  la  gloire  sont  intacts,  et  permettent  de  reconnaître  le  style  de  cette  époque. 

SinAKA  XYORAI.  tvyauto,  Gèn-rinji,  Dembau-dau.  —  Bois,  hauteur  :  om,9o  environ. 

Malgré  sa  petitesse,  l’aspect  est  gracieux,  l’exécution  des  plus  soignées.  Les  plis  imitent 
la  realite  dans  le  détail.  L  œuvre  doit  dater  des  années  Jyauryakou  iT 077-81)  de  l’empereur 
Shirakawa  (LXXII). 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXXIII. 


PAGODE  HAUWAU-DAU  BYO-DAU-IN 

XIe  siècle  (Yamashiro). 


.  . 


'''•  XXX"-  -  K'va""'  *'•*  «"as.  _  Omi  Tchyau  meiji.  _  Mois,  hauteur  :  .,«,«7. 

L  t‘\< ‘eu I ion  ,|(.  lu  face,  dos  liras  ot  des  jambes  est  extrêmement  délicate.  Bien  que  l’expression 

soit  moins  forte,  on  sent  que  le  «'-ont  dos  rn„i*;woro  _>  c.  ,  n  .  . 

1  s  oujiwara  n  est  pas  encore  perdu.  Cette  œuvre  doit 

dater  de  la  lin  de  la  période  qui  nous  occupe. 

La  socle,  la  gloire,  le  diadème  sont  tous  postérieurs,  mais  le  corps,  ayant  été  longtemps 
caché  dans  un  tabernacle,  paraît  absolument  neuf. 

Il  faut  attribuer  au  commencement  de  cette  époque  les  trois  yakoushi  du  Shindau  du 
I laur) ouji,  •!  a  la  p(  lioib  médiane  les  trois  Mida  du  Nimnaji,  bien  que  restaurés  ultérieurement. 

Ij''  lM,mn  <l"  •  lau\vau<lau,  qui  a  subi  aussi  en  beaucoup  d’endroits  des  restaurations,  a  dû  être 
fait  (*n  même  temps  (pie  le  temple. 

Ln  Omi,  le  Yakoushi,  (pii  est  installé  dans  le  Saikyauji,  reproduit,  dit-on,  une  statue  du 
MCU\  Mauss  ou  ji.  c/est  une  œuvre  assez  caractéristique.  Au  Yamashiroji,  dans  le  Anrakou-jyou-in, 
se  trous (*  un  Ainida,  qui  a  etc  le  patron  favori  du  Jyau-wau-Toba ,  et  dont  le  corps  est  bien 
conserve.  Ln  ^amaslnm,  au  I laukon-gau-in ,  le  patron,  Amida  colossal,  a  dû  être  fait  lors  de 
la  reconstruction  du  I  ai-kèn-mon  uni,  sous  Sou-Fokou  I"  11  2l\-\\\i  .  C’est  une  œuvre  assez 
viiroureuse. 


CHAPITRE  V 

Architecture. 


L'arcliitceture  «b*  cette  époque  continue  celle  de  lépoque  précédente  dont  elle  est  le 

développement  complet.  (Tétait  le  temps  où  llorissaient  les  sectes  Tendaï  et  Shingon.  Les 

empereurs,  fervents  bouddhistes,  fondaient  des  monastères  ou  abandonnaient  au  culte  leurs 
propres  palais  qu'ils  décoraient  avec  magnificence.  A  la  tin  de  cette  période,  ce  luxe  décoratif 
était  ext raordinaire. 

L  architecture  «les  temples  de  cette  époque  doit  être  examinée  sous  deux  points  de 
vue  différents  : 

i"  L'un  embrasse  les  vastes  garàn  à  sept  salles  dont  le  style  est  absolument  la  continuation 

de  la  période  precedente.  Le  I laujvauji  et  le  Haushyauji  sont  les  plus  grandioses  de  ce  genre. 

a"  Les  temples  constitués  par  les  palais  donnés  par  les  grands,  dont  la  construction 
est  différente  de  celle  des  temples  créés  directement  pour  le  culte,  mêlent  a  1  architecture 
sacrée  I  architecture  profane.  A  ce  genre  se  rattachent  le  Hauwaudau  d  Oudji ,  le  Aakoushi 
dau  de  llino.  le  Gokou-rakou-in  de  Ohowara,  le  Nemboutsouji  de  Atagni.  Cette  architecture, 
se  cantonnant  dans  un  moyen  terme,  n  a  jamais  su  atteindre  un  aspect  fort  et  grandiose. 

La  décoration  intérieure,  à  cette  époque,  lut  somptueuse.  Ordinairement,  dans  les  sanctuaires, 
on  place  des  Shunxidcin ,  on  les  entoure  de  balustrades,  et  la  plupart  du  temps  on  les  incruste 
de  nacre.  Sur  le  dan  (autel  est  la  statue,  au-dessus  de  laquelle  plane  un  dais,  également 
décoré  de  riches  colorations  et  de  nacre. 

Le  sanctuaire,  presque  toujours,  est  recouvert  d  un  plafond  a  caissons.  Le  pourtour  est 
couvert  de  fermes  apparentes  peintes.  Sur  les  chevrons  et  les  cadres  des  caissons  sont  peints  des 
fleurons.  Il  y  a  aussi  des  peintures  dans  les  intervalles,  dans  le  fond  des  caissons  et  entre  les 
chevrons.  Il  y  en  a  sur  les  lambrissages  et  parfois  aussi  sur  les  murs,  comme  dans  le  Yakliousi 


dau  de  [ lino.  Les  colonnes  sont  pour  la  plupart  peintes  d  «mages  de  Hosatsou  ou  do  karakouca. 
Les  linteaux  sont  aussi  décorés.  Cependant,  l’extérieur  contraste  par  son  extrême  simplicité.  Il 
est  généralement  badigeonné  de  vermillon. 

Quant  aux  formes,  la  proportion  de  l'ensemble  est  plutôt  très  basse.  Si  la  toiture  est  à 
pignons  retraités,  cette  retraite  est  très  accentuée.  La  pente  du  toit  est  plutôt  laible:  s«*n 
courbes,  qui  n’ont  pas  de  mouvements  hardis,  manifestent  souvent  un  grand  sentiment  d  eleganer 
Les  pièces  de  charpente  ne  sont  pas  énormes  et  toujours  elles  sont  dépourvues  de  décoration, 
sculptée  ou  peinte. 

Architecture  des  palais.  Le  palais  impérial  a  été  souvent  brûlé  et  reconstruit; 
et  chaque  fois  il  semble  que  les  règles  aient  subi  des  variantes. 

L  architecture  des  villas  se  montra  l’égale  de  I  architecture  des  palais.  Los  villas 
servaient  provisoirement  de  palais  pendant  les  travaux  (b*  reconstruction  du  palais,  «tu  •  ni  pi mutait 
aussi  les  demeures  des  nobles.  Ce  fut  dans  les  âges  suivants  qu  on  en  vint  a  bâtir  <h*s  ri  >id«  n<  <•- 
impériales  d’une  destination  définitive. 

Les  villas  les  mieux  disposées  comme  plan  furent  celles  de  Kan -in,  I  nmiii*  >- kndji, 
Tsoutchi- mikado.  C’était,  en  réalité,  un  compromis  entre  le  style  des  palais  et  celui  «les 
hôtels  des  nobles.  Ces  hôtels,  à  cette  époque,  sont  «lu  style  dit  ShimUn- Zjuukouri.  La 
principale  construction  s’appelait  le  Shinden.  Elle  comprenait  sept  travées  >i'"  <>u  <  iuq  tr:i\<-<-s 
(ionf.  C’était  le  noyau  central  autour  duquel  convergeaient  h*s  chambres.  \u-«les>us  do 
celles-ci  régnaient  des  vérandas  pourvues  de  balcons. 

La  face  principale  et  les  deux  côtés  comportaient  des  escaliers.  Le  toit,  a  quatre  pentes, 
était  couvert  d’écorces  de  h  in  o  fi  (chamecyparis  ohtusa  .  Le  nioya,  novau  rentrai,  était  paît .  i  —  < 
en  beaucoup  de  pièces  et  servait  au  maître  de  la  maison,  qui  s  v  tenait  le  plus  souvent. 

A  partir  du  Shin-dèn,  au  Nord,  à  l’Ouest  et  à  l'Est  —  (le  Shin-dèn  faisait  face  au  Sud) 
—  étaient  disposées  des  galeries  conduisant  aux  batiments  annexes  «b*  l'Est  et  de  l'Ouest,  qui 
servaient  de  logis  à  la  famille. 

O 

Des  bâtiments  de  1  Est  et  de  1  Ouest  sortait  une  galerie  vers  b*  Sud.  \  I  Est,  apie>  les 
bâtiments,  se  trouvait  le  pavillon  de  la  source,  à  l'Ouest  lo  pavillon  «le  la  pèehe.  L<*  Shin-den 
et  ces  deux  pavillons,  enveloppant  le  jardin  du  Sud,  regardaient  vers  l 'étang.  Sur  la  lare  «  Mm-t 
s’ouvrait  une  porte  à  quatre  piliers.  Pour  aller  au  Shin-dèn,  il  fallait  passer  par  la  galerie,  entre 
l’annexe  de  l’Ouest  et  le  pavillon  de  la  pèche. 

I  elle  est,  en  résumé,  la  disposition  la  plus  ordinaire  «lu  plan  du  Sliin-dèii-zjoiikoun. 
Passons  à  la  disposition  intérieure  du  Shin-dèn. 

La  face  extérieure  du  moyci  et  des  chambres  portait  un  lattis  au  long  dmpnd,  à  l  intérieur, 
pendaient  des  rideaux.  Au  milieu  de  la  pièce  principale  est  placée  l'eslradc  à  rideaux,  llainpme, 
à  droite  et  a  gauche,  de  nattes  mobiles  où  se  dresse  un  écran  de  trois  pieds.  LVstrade  ù  rideaux 
sert  de  lit.  Dans  la  journée,  on  se  tient  dans  Volidntann ,  a  côté  dmpiel  est  placée  une  elagero 
contenant  tous  les  objets  usuels. 

II  n’y  a  pas  grand’chose  à  dire  des  Yasbiro  ;  il  suffit  de  savoir  qu'ils  ne  foui  «pu*  suivre 
exactement  le  style  de  la  période  précédente. 


MONUMENTS 

PI.  XXXIII.  —  Byô  dau  in.  —  Ilamvaudau.  —  Yamashiro. 

En  i  planche  représente  le  Ilauvvaudnu  de  Oudp,  en  Yamashiro.  Le  plan,  très  extraor¬ 
dinaire,  consiste  en  un  Mondau,  des  galeries  d  ailes  et  des  derrières.  Le  llondau,  ayant  trois  travées, 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PL  XXXIV. 


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esl  ■  ■nlomv  ,l  ,m  souhass . .  à  perrons.  La  galerie  d’ailn,  à  deux  étages,  accompagne  le  llondau 

"  ‘  . .  "  Sli  plinul ,  regarde  en  avant.  A  l’angle  s’élève  un  haut  pavillon.  Le 

clorrit-rt*  esl  simple  et,  se  relie  au  llondau. 

M**'  <^S|H,S'* 'nn  '“s*  (l(,s  plus  étranges.  Elle  s’éloigne  complètement  de  l’arrangement 
dt  s  limi  mi ii isi èi es,  des  Loura-Kouin,  etc.  La  beauté  de  cet  admirable  monument 
I  1  '  lM,llt  11  ,IN"11  j-'inais  de  su i  passée.  Son  aspect  n  a  certainement  rien  de  pareil  dans  notre  pays. 

^  ^  'l11,1*1'  p'Uois  intérieures  du  llondau  sont  décorées  de  délicates  peintures.  Les  piliers, 

b>  pl.dnmL,  Puis  lis  di'l.nls  sont  entièrement  peints.  Le  dais,  le  shyoïimidan ,  etc.,  sont  incrustés 
de  nacre. 

Il  si  mblc  <pie  tout  manifeste  une  élégance  suprême.  On  ne  peut  contester  que  ce  soit  là  le 
clief-d’ccuv re  des  lienux-Arfs  de  l’époque.  (IM.  XXXIV. 

<  "  U\ic  est  un  beau  modèle  de  I  architecture  du  temps.  Le  plan  est  un  octogone  sur  un 

soubassement  ,!«•  pierre  octogone.  La  grâce  de  ses  proportions  ne  se  rencontre  pas  dans  beaucoup 
il  autres  monuments.  Mais  ce  qui  attire  particulièrement  l’attention,  c’est  la  forme  des  courbes  de  la 
toiture,  (.es  combes  n <•  son t  pas  concaves  comme  à  l’ordinaire,  mais,  au  contraire,  convexes.  A  la 
^ia,1*'',lr  de  !•'  sablière  octogonale,  il  y  a  une  inflexion,  et  la  lmne  devient  concave.  Cela  est  bien 

7  o 

dans  le  goût  <le  lleiau.  La  lorme  du  pinacle  est  étrange,  et  d  une  beauté  rare. 

ko-i  oi'Kiu  .il.  — Ilukou  \m  (.I.iii .  —  .Vira.  —  Yamato. 

I  n  dehors  de  res  monuments,  ceux  qui  sont  aujourd’hui  conservés,  en  totalité  ou  en  partie, 
s"iil  a  Viniashiro  :  au  Daï  goji,  la  pagode  à  cinq  étages;  à  Oholiara,  le  Sangen-in  ;  à  Ilino,  le 
llniikaiji;  au  .1  yaurouriji .  le  llondau,  et  à  Ixvauto,  le  Rokoohara  Mit  souji,  ainsi  que  le  llondau  de 
Nemboiit-soiip  de  \lago.  En  àanialo,  la  pagm.le  à  trois  étages  du  kôfoukouji.  En  Rikoutcbyou,  le 
Ixonjikidau  et  le  Iwauznu  du  Telivou  son  ji. 

Le  koujiki  dau  du  Telivou  son  ji,  bien  qu’il  ne  soit  qu’un  petit  bâtiment  de  trois  travées  de 
rùtr,  était  primitivement  couvert  de  dorures  à  1  intérieur  et  à  l’extérieur.  Les  colonnes  du  sanctuaire 
étaient  dites  bijoux  Shippo  .  Le  Shvoumidan,  toutes  les  parties  du  sanctuaire,  depuis  la 
balustrade,  étaient  complètement  incrustés  de  nacre.  Avec  le  llauwaudau,  il  constitue  ce  que  1  ar¬ 
chitecture  du  temps  a  fait  de  plus  magnifique. 

En  résumé,  les  innovations  de  1  architecture  de  ce  temps  sont  :  i  le  Shin-dèn  zjoukouri 
perfectionné:  e  la  naissance  d  une  architecture  mixte  combinant  celle  des  palais  et  le  Shin-dèn 
zjoii-kouri  ;  >  '  l'application  du  Shin-dèn  aux  temples  bouddhistes  ;  \°  l’emploi,  dans  la  décoration 
architecturale,  de  la  nacre  et  de  la  laque. 


CHAPITRE  VI 

Industries  d’art. 


Au  temps  des  Foupwara,  pour  la  première  fois,  le  goût  japonais  domine  la  maison,  le  vête¬ 
ment  et  tous  les  objets  mobiliers.  E  ornementation,  surtout,  rejette  1  alïetene  chinoise  et  inaugure 
un  nouveau  style  décoratif,  simple,  original,  beau,  et  d  un  caractère  purement  japonais. 

L’ornementation  intérieure  des  salles,  les  tentures,  les  écrans,  les  tapis,  les  courtines,  les  dais, 
cabinets,  étagères,  accessoires  de  bibliothèques,  en  un  mot  tous  les  objets  décoratifs,  les  cos¬ 
tumes  de  l’homme  et  de  la  femme,  les  équipages,  tout  est  disposé  à  la  convenance  de  la  vie  japonaise. 


I  120 


On  atteint  la  perfection  de  l’ensemble  par  une  recherche  de  simplicité.  On  vise  à  I  harmonie  des 
formes,  à  la  beauté  des  couleurs,  à  un  usage  sobre  des  motifs  d’animaux  ou  «le  plantes,  et  surtout 
à  un  sentiment  profond  et  à  un  idéal  élevé. 

Les  arts  font  preuve  d  une  grande  habileté  «le  main  sans  tomber  dans  la  mièvrerie.  Le> 
artisans  de  l’époque,  obéissant  à  une  grande  élégance  de  sentiment,  marquent  huit  ee  qu'ils  fout 
d'un  caractère  de  liberté  et  de  spontanéité  remarquable.  Aussi  arrive-t-il  souvent  que  le  Milgnire 
considère  les  objets  de  ce  temps  comme  entachés  de  rusticité  et  de  maladresse.  \u  contraire,  es¬ 
tâmes  négligences  voulues  ne  font  que  charnier  1  amateur  sagace  qui  sa  il  juger  avec  largeur  et  qui  à 
l’expérience  des  collections.  Celui-ci  les  estime  pleines  «b*  raffinement,  et  d’un  art  0  perfectionne 
qu’on  peut  admettre  sa  supériorité  comme  éternelle. 


METAUX 


L’art  métallurgique,  comme  tous  les  arts  de  cette  époque,  reçut,  grue»*  miiIoiiI  a  la  nm-lrm 
t ion  du  Haujyauji,  une  forte  impulsion.  Les  vestiges  qui  en  subsistent,  les  objets  d’ormum-nt  d.-  m>  i.d 
du  Hau-wau-dau  et  du  Konjikidau  sont  d  une  belle  forme,  d  une  babib  te  d’onmim-ntnthm  qui  l«-s 
met  au-dessus  de  tout  ce  qui  a  été  fait  en  d’autres  temps. 

A  l'époque  de  ïahira,  on  aime  la  parure,  et  aussi  les  armes,  dont  la  fabrication  lail  d> ■- 
progrès.  On  arrive  à  une  beauté,  à  une  finesse,  «le  plus  en  plus  remarquable- 


Objets. 


Ornements  en  oh  du  Konjikidau. 


Tcliyousonji.  —  Hikoutslivou. 


Le  Tcliyousonji  fut  fondé  la 
en  dedans  et  en  dehors.  Toute  la 


2e  année  Tènnin  i  iop  par 
charpente*  apparent»4  «*tait 


l'oujiwara  no  Kivobira.  Il  était 
peilih*  «  *  t  lIliTUstee  de  naer»4  ;  b* 


d<  >ré 
tout 


d  une  somptueuse  beauté.  On  1  appelle  vulgairement  la  salle  brillante.  Les 
décorent  le  Shumidan  fig./jijsont  particulièrement  délicates.  Les  paons  des 


parties  métalliques  qui 
panneaux  ajourés  sont 


PI.  XXXV 


Istoire  de  l'Art  du  Japon. 


3 


ROULEAUX 


d’écriture  et  de  peintjre  de  la  bible  bouddhique 


XTT*  siècle  (offert  por  la  famille  Tahir«  a  Temple  d'Akitsoukou-i>hitna-Aki). 


1 


I 


ym*.:*-; 


I  2  I 


ciselés  en  demi-relief, 
filles  constituent ,  tant 


L<*s  garnitures  métalliques,  aux  bords 
|>oiir  les  formes  que  pour  les  motifs, 


supérieur  et  inférieur,  sont  repercées, 
une  1res  belle  œuvre.  La  bibliothèque 


voisine  de  <  a  *  konjikidau  a  été  bâtie  à  la  même  époque.  Son  Slmmidan  est  décoré  d  instruments 
bouddhiques.  (Lest  aussi  une  œuvre  extrêmement  délicate  flg.  \‘X  . 


IM.  WW  Mon  ri  r.  i  s  mi  i  u.i.iqi  i  s  ms  ma  kimonos  votii  s  01  i  i.irrs  pais  la  iamille  des  Tahira.  —  Aki  ltsou- 
Koiisliim.t. 

Los  uni  kimonos  appartiennent  à  la  lin  de  cette  époque.  Ils  sont  au  nombre  de  3o,  tous  d'une 
monture  differente  W  W  -3  .  Les  bouts  des  axes  imitent  les  uns,  des  formes  de  pierres  précieuses, 


a» 


y.f 


43. 


_  Caisse  a  pieds  pouh  transporter  les  livres 


canoniques  (Ivarahitsou)  en  makive.  K  au  ya  san. 


Kongau  hauji. 


les  autres  des  formes  de  lauba  a  cinq  étalés.  <_ 

Karakouças,  Je  dragons,  d'instruments  bouddhiques,  tout  en  repercé  des  plus  soignés  et  des  plus 


I  2 2 


beaux.  Les  boîtes  contenant  ces  makimonos  sont  décorées  de  ferrures  ciselées  de  dragons  et  de 


nuages  u 


r-L 


^  ■  / 

Parmi  les  autres  œuvres  en  métal  de  cette  époque,  on  cite,  au  llasino  jinjya,  les  garnitures 
ciselées  d’une  ceinture  de  cuir,  provenant  de  Iwvan  ko.  Elles  ont  été  fabriquées  vers  1rs  années 


Fig.  \\.  -  JÎOITE  A  F  Eli  I)E  BATON  DE  PÈLERIN,  EX  MAKIYÉ, 

BEPRÉSEXTANT  LE  DRAGON  DE  K  OF  It  I  K  A  U  A  .  Y.UlialO. 

TahéuiadÉra. 


'lenghi  90 1 -()•>)  .  Lu  Icé,  à  la  bibliothèque 
île  foyo  mi  yazaki,  les  garnitures  d  un  sabre 
offert  au  Daï  jin  gou  par  Foujhvara  no  Hidésato 
son!  du  commencement  de  cette  époque. 

Le  Tengaï  du  Ilamvamlau  et  les  fer- 
rures  de  diverses  parties  de  la  salle,  les  gar¬ 
nitures  du  Sliumidan  du  .Ivaumvauji  en  Kii, 
sont  absolument  dans  b*  même  genre  qm>  <•,. 
qu'on  voit  au  konjikidau.  D’autre  part,  en 
^ amato,  à  Shiukisan,  dans  le  IVIrn»  g<»  >011- 
shiji  est  conservé*  un  miroir  décore  de  grues  et 
de  fleurs;  au  kaeouga  (injva,  ou  voit  les  dé'bris 
d  un  casque  décoré  d  ornomenls  sculptés  rester 
dans  le  si  vie  des  Ashidé*. 

w 

lauüi*: 

A  cet t a ‘  époque,  I  usage  d  objets  peints 
en  laque  d’or  se  répand  de  plus  en  plus.  Sou** 
l’empereur  Daïgo  LXI,  a  régné*  de  S9S  à  9 do  , 
pendant  les  années  Ln-ghi,  on  impose  une 
contribution  en  laque  à  des  localités  produc¬ 
trices,  en  quinze  provinces,  dont  le  Mino,  l«> 
kaudjouhé,  Ltclii-zen ,  etc.  D'autre  part,  on 
défend  de  déplacer  en  d'autres  lieux  !■*>  ouvriers 
en  laque  travaillant  au  Takoumi-rvau  :  et  I  on 
encourage  la  fabrication  des  objets  en  laque. 
A  partir  de  cette  époque,  les  progrès  de  celte 
industrie  redoublent,  et  l’exécution  desOurou- 
shié  et  Makivé  atteint  une  très  grande  délica¬ 
tesse. 


L'empereur  kwazan  L.W  ,  qui  se  plai¬ 
sait  à  inspirer  des  idées  à  la  peinture  et  à  l’ar¬ 
chitecture,  lit  de  ses  mains  des  objets  en  makivé.  Sur  une  écritoire  il  dessina  la  montagne  lloraï,  ainsi 
que  des  monstres  aux  longs  bras  et  aux  longues  jambes.  On  dit  qu’il  fit  célébrer  par  des  poètes  les 
merveilles  de  cet  art.  Sous  ce  même  empereur,  l’art  des  laques,  se  développant  parallèlement  au  luxe 
des  grands,  atteignit  la  perfection.  On  fit  des  fonds  couverts  entièrement  de  poudre  d’or.  Outre  les 
genres  appelés  Toghidashi  et  Jliramakiyé,  on  fit  des  applications  de  marqueterie  d’or  et  de  nacre. 
On  ne  décora  pas  seulement  ainsi  les  objets;  on  parvint  à  appliquer  ces  procédés  aux  colonnes, 
boiseries,  estrades  et  marches  des  salles  des  temples.  Nous  voyons  aujourd’hui  les  dais  < * I  fl* 
Sliumidan  de  1  intérieur  du  Ilauwaudau  décorés  de  laque  noire  ornementée  de  fleurons  de  nacre; 
1  intérieur  du  Konjikidau,  au  Tshyou  sonji,  orné  entièrement  de  motifs  de  nacre  sur  un  fond 
ressemblant  a  la  peau  des  poires,  et  les  colonnes  peintes  de  sujets  bouddhiques  en  maki/jé. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


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'  ta*  ^ 

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1 5%..: 


HEIDJl-MONOG ATARI,  MAKIMONO 


v«  ■>; 


XIIIe  siècle  (appartenant  au  baron  Yanosouké  Iwasaki). 


1 


TISSUS 


L«*s  <l«*u\  emperemrs  (  )uda  <*t  I  )aïg< > 
U  \  cl  L\  se  préoccupèrent  el  augmenter 
les  industries  textiles  du  pays.  Les  cos- 
tllllies  ollieieU  fureill  1res  <*I< *1^*;» ul s .  Soil- 
I  ok<  >u  l"‘el  (  insliirakaw  a  I"  auieiièreut  les 


I  i «_»’ .  V3.  Sur  un  fond  de  peau  < I < *  poire*  es!  dessiné  eu  makivé  Sliyaka  au  milieu  de  fleurs 
épammms,  <1  iris  el  de  pefils  oiseaux  voletant.  Les  fleurs  et  les  oiseaux  sont  en  grande  partie  en  nacre. 
Les  pieds  el  le  dessous  du  couvercle  sont  décorés  de  papillons,  «I  oiseaux  et  de  fleurs  de  Chine.  Les 
planchettes  intérieures  des  boîtes  sont  particulièrement  soignées  et  incrustées  de  motifs,  de  fleurons 
en  bronze  d  or  repercé,  et  ornées  par  endroits  de  nacre. 

I  ig.  \\.  Le  dessin,  venu  au  Irottis,  <*sl  en  Impie  noire*  sur  fond  de  peau  de  poire*  T  oi*Ti  i  <  1  a— S  h  i  . 
L'exécution  esl  parfaite.  Cet  objet  eloil 
dater  de*  la  lin  ele*  cette  époque. 

Lu  dehors  eh*  e*es  objets,  on  <  *e  >  1 1 
serve*  mamlcnaul  au  palais  impérial,  au¬ 
trefois  au  llaurvouji,  une  boîte*  <*n  makivé 
dont  h*  couvercle*  e*st  d  encore*  a  I  inteTie*ur 
d  une  silhouette  du  mont  Ibmrai.  Au 
palais  égnlemumt ,  une  e*aisse  ele  grande 
forme  Ixarahitsoii  ,  incrustée*  «le  phénix,  el 
une*  petite  boite*  à  main  febako  ornée*  ele* 
ligures  en  makivé.  Au  Tainlaïji,  une  table* 
iiu’rustée*  «h*  lle*urons  en  narre*.  Tous  <*<*s 
obje*l  s  eedèbres  «latent  du  milieu  de  <*etl«* 
énoeiue*. 


hommes  <*l  les  b*mme*s  d<*  leur  suite  à 
rivalise*!’  «le*  magnilmemce*  dans  la  toilette*. 
L<*s  tissus  alors  devinrent  aussi  variés 

S I  >  h  *  I U I  le  1  «  *  s . 


Fig.  i*>.  —  WM  in.  en  Yamalo  nishiki,  a  motifs  en  bijoux  sacré; 

Kvauto.  —  Ninnaii. 


A  «-elle  «‘poepie*,  e*n  Icé,  (hvari,  Ktchiz«*ii  et  élans  neuf  autres  provinces,  on  produisait  du  brocart 
sa  ns  envers  à  «leux  fae*es  .  Lu  Iga,  lc«'*,  Owari,  Mikawa  et  dans  dix-sept  autres  provinces,  on  donnait 
comme*  tribut  de  l’A va.  Les  fabriques  «le  l'Oribé  Tsoukaça  produisaient  du  brocart  à  Kwamon,  du 
brocart  Taïoun  glièu,  du  brocart  à  j  >  e  *  t  i  t  e  *  s  Heurs  à  «h*u\  faces,  du  brocart  à  la  coréenne,  du  brocart 
à  la  chinoise,  eh*  LAya  à  lions,  de*  1  Ava  à  monts  lointains,  de  1  Aya  à  faucons  et  à  roseaux,  et  plus 
de*  i  e >  sortes  d  Aya  et  de  brocarts. 

Au  moyen  âge,  au  temps  de*  la  splendeur  des  Foujiwara,  la  décoration  de  la  personne 
humaine*  suscite  toutes  sortes  de*  combinaisons  harmonieuses  et  charmantes.  On  cannetille  eles  fils 
d'or  «*t  «Tardent,  on  oui  j  ploie*  la  nacre,  la  broderie.  On  pousse  à  l'infini  la  variété  et  la  fantaisie.  Dans 
les  JMonogatari  faits  à  cette  époque,  on  peut  voir  à  chaque  chapitre  presque  la  moitié  remplie  de 
descriptions  ele  costumes  très  détaillées.  Même  dans  les  dernières  années,  ce  goût  du  luxe  dans  le 
costunu*  pre*nd  un  développement  extraordinaire. 


Objets. 


Ce  1 1  au/ii 
Shyau  shin,  Y  fils 


(diminutif  du  k( ‘ça,  manteau  religieux 
de  l’empereur  San  j  vau  LX\  II,  de  101a 


fig.  4  J  a  appartenu  au  prince  du  sang 
à  1017).  Le*  tissage  représente  des  motifs 


-  ï  2-j 


de  bijoux  sacrés  remplissant  une  sorte  de  lotus.  Dans  le  tond,  des  katsouma  s\ iiibnlnpic" 
katsouma  est  un  assemblage  de  kiné  à  trois  pointes  croisés  verticalement  «  *  I  horizontalement 

renferment  les  bijoux  secrets  de  la  secte 
Shingon . 

Le  fond  est  indigo;  b1"  katsouma 
sont  jaune  orangé*,  les  bijoux  bleu  clair 
et  violet  clair,  les  pédales  de  lotus  cl  les 
bijoux  sont  cernes  d«*  vert  :  les  pétales 
de  lotus  et  les  llaniines  sont  rouges. 
L  harmonie  est  d  une  extrême  beauté*. 

On  remarque  «pi**  les  bijoux,  les 
pétales  et  les  Humilies  sont  tissés  de  lils 
très  lins,  et  leurs  couleurs,  qui  semblent 
se  dégrader,  constituent  un  tour  de  force 

O 

de  tissage. 

Ce  Wnuhi  lig.  \  )  bis  provient  du 
même  prince.  Se  détachant  sur  le  fond, 
des  motifs  d  émaux  représentent  le*, 
sphères  de  la  loi  et  des  linr  simples.  Le** 
couleurs  sont  jaunes,  rouges,  bleues, 
vertes,  jaune-orange,  violettes,  roses  et 
blanches.  Bien  que  le  tissu  soit  biche,  b •- 
motifs  sont  bien  disposés  et  régulier.-. 

Le  Xinnaji  contient  en  outre  plu¬ 
sieurs  morceaux  d  un  petit  sac  a  amu¬ 
lettes  en  brocart.  \u  l\aiiva<  au  -e  tmu- 

* 

vent  un  bonnet  sacré  pour  LAbhiseka  et  du  brocart  tendu  sur  un  Tengaï.  Au  l'o  ji  de  Iwauto, 
plusieurs  sortes  de  petits  morceaux  d’Aya  nishiki.  A  Oasaka,  du  brocart  ;  a  Itsoiikou-^hima,  du 
brocart  qu’on  dit  avoir  servi  de  langes  à  Antokou  Ipr.  Toutes  ces  étoiles,  é  gaiement  de  I  époque 
des  I  oupwara,  sont  lâches,  mais  d  un  dessin  toujours  élégant. 


tig.  4  >  bis.  —  Wauhi  en  Yamato  nishiki,  à  dessins  d'émaux. 

Kyauto.  —  Xinnaji. 


Histoire  de  1  Art  du  Japon. 


Grav.  en  couleurs,  III 


DJIZAU-BOSATSOU  (Ksitegaribha,  sanscrit). 

XIIIe  siècle  (Musée  impérial). 


TROISIÈME  PARTIE 


LE  1 5  A  K  0  U  F  0  U  I  )  E  K  A  Al  A  K  0  U  R  A 


CHAPITRE  PREMIER 


Conditions  de  la  société  de  ce  temps  par  rapport  aux  Beaux-Arts. 


Les  Taliira  étaient  militaires.  \  I  école  des  Eoujiwara,  ils  apprirent  l’orgueil.  Leur  arrogance 
était  au  comble,  < j 1 1 a 1 1 < I  leur  rêve  de  splendeur,  «pii  durait  depuis  vingt  ans,  fut  soudain  brisé  par 
l'arrivé»*  dos  Minamoto,  <*t  toute  leur  famille  fut  eilaeée  comme  un  rocker  que  recouvre  la  mer. 

Miiiamoto  no  Yori  tomo  prit  alors  le  pouvoir  et  ouvrit  les  portes  du  Bakoufou  à  Kama- 
koura,  qui,  «'•tant  le  co  ur  même  tlu  gouvernement,  le  laisse  tomber  aux  mains  des  simples  et  mâles 
militaires.  La  situation  de  l'empire  se  modifia  dès  lors.  Les  mœurs  molles  et  délicates  de  la  capitale 
furent  abandonnées  peu  a  peu  et  cédèrent  le  pas  à  celles,  sévères  et  rudes,  des  militaires.  Depuis 
le  costume,  la  nourriture  et  l'habitation  jusqu'à  la  littérature  et  aux  Beaux-Arts,  tout  subit  des 
changements  plus  ou  moins  profonds.  Entre  I  état  de  Kyauto  et  celui  de  Kamakoura,  il  y  a  la 
différence  de  l'Ouest  à  l'Est.  Entre  les  nobles  de  Kyauto  et  les  militaires,  un  fossé  se  creuse.  Deux 
courants  se  font  sentir  dans  les  mœurs,  l'un  civil,  l’autre  militaire.  Cette  scission  produit  scs  effets 
dans  les  lettres,  les  arts  et  la  religion.  A  partir  de  la  période  précédente,  Kyauto,  en  proie  au 
pillage  des  bandits,  aux  exactions  des  moines  violents,  avait  subi  de  terribles  dévastations. 
Cependant  les  koughès,  suivant  le  char  impérial,  purent  conserver  leur  ancien  pouvoir.  La  puis¬ 
sance,  en  réalité,  appartenant  aux  militaires,  l’Empereur  n’avait  plus  guère  qu’un  vain  titre.  Mais 
il  conservait  la  faculté  de  conférer  l’anoblissement,  les  fonctions  et  les  missions,  et  le  prestige 
de  la  maison  impériale  subsistait  toujours. 

Kyauto  était,  comme  auparavant,  la  ville  vers  laquelle  convergeaient  les  regards  de  tous  les 
peuples,  et  le  centre  de  la  culture  des  lettres  et  des  arts.  Gotoba  Tènnau,  à  l’occasion  de  son 
installation  solennelle,  lorsqu’il  s’agit  de  la  confection  des  costumes,  des  meubles  et  des  objets  du 
pavillon  de  cérémonie,  convoqua  les  artisans  fameux  en  tous  genres  d’industries.  Cet  appel  suffit 
à  prouver  qu’ils  étaient  très  nombreux.  Les  poètes  célèbres  se  succèdent  en  grand  nombre.  L’éclat 
de  la  poésie  est  plus  brillant  que  pendant  la  période  précédente.  Une  quantité  de  recueils  parut, 
par  ordre  impérial.  Cependant  les  arts  de  Kyauto,  au  début  de  cette  période,  ne  montrent  guère 


do  différence  et  continuent  simplement  les  traditions  de  lu  période  précédente.  A  col  étal  de 
stabilité,  il  y  avait  une  raison  d’ordre  social.  A  Ixvmito,  l'impulsion  venue  du  dehors  était  arrêtée 
pour  longtemps.  A  partir  du  début  de  cette  péirode,  comme  il  ne  se  produit  pas  de  révolution 
militaire,  la  vie  est  réglée  :  le  cérémonial,  les  degrés  de  rang,  sont  établis:  les  ramilles  nobles 
se  perpétuent  de  génération  en  génération.  Les  fonctionnaires  ont  des  loisirs  de  plus  en  plus 
abondants.  Ils  s’adonnent  aux  arts  et  au  luxe,  ne  s'occupent  que  de  plaisirs,  et  ainsi  les  «meurs 
restent  élégantes  et  raffinées. 

Les  mœurs  militaires  avaient  leur  centre  à  kamakoura.  Là,  les  tendances  sont  tout  antres. 
Elles  sont  mâles  et  simples.  Jusque-là,  les  militaires  vivaient  dans  un  certain  isolement,  restaient 
indemnes  des  moeurs  frivoles  et  amollies  de  la  capitale.  Leurs  habitudes  couples  '“I  1 1 1 1  > t « ■  ,  di*d. li¬ 
gneuses  des  formes  polies,  contrastaient  avec  celles,  cérémonieuses  et  fastueuses,  d«-s  nobles  de 
Kyauto.  Lorsque  Yoritomo  institua  le  gouvernement  militaire,  il  avait  pénétre  les  delants  de  In 
littérature  futile  et  de  la  vie  trop  mondaine  de  la  cour  reflétant  1  extravagant  faste  des  laliira.  Il  eut 
soin  de  simplifier  les  conditions  de  la  vie  et  d  entretenir  dans  leur  énergie  les  mœurs  imlitmres. 
Quand  arrive  la  régence  des  Ilodjvau,  on  vise  à  la  simplicité  et  à  I  austérité  de  plus  en  plus.  <.  •  •>! 
alors  que  triomphe  ce  qu’on  appelle  la  morale  militaire. 

Les  militaires,  les  officiers  de  la  ville  ne  se  paraient  pas  de  vêtements  splendides,  n  etudmoul 
pas  les  manières  fashionables  de  se  faire  les  sourcils  et  de  se  noircir  les  dents.  Ils  consideiai'  iil  la 
poésie  et  la  musique  comme  d  indignes  passe-temps.  Ils  n  aimaient  que  les  sports  violents 
chasse  avec  les  chiens,  le  tir  à  l’arc  à  cheval,  le  tir  au  chapeau,  la  lutte  à  main  plate.  Lailois,  il> 
rassemblaient  des  troupes  et  faisaient  des  manœuvres  guerrières  dans  la  plaine  rie  Xa^oinm  ou  ,m 
pied  du  Fouji,  pour  s’entraîner  aux  exercices  militaires. 

Depuis  le  Bakoufou  de  Kamakoura,  tous  les  artisans  célèbres  de  toutes  les  pi  *\im  - 
s’assemblèrent  dans  cette  cité,  qui  devint  prospère.  Les  marchands  de  tous  les  pays  s  \  Iranspoi 
tèrent  à  l’envi,  notamment  ceux  qui  vendaient  des  ava  et  des  brocarts.  Ils  apportèrent  les  pi < *< I u 1 1 s 
d’au  delà  des  mers.  L  importation  fut  importante,  mais  les  arts  n  v  étaient  guère  endives  Qimnt 
aux  lettres,  en  dehors  des  bonzes,  personne  n  v  faisait  attention.  Ou  composait  encore  des  poe-ies 
dans  les  classes  supérieures  des  Boushi.  Ces  poésies,  d  une  grande  simplicité,  d  une  Ir.im  lii-e 
d’inspiration  qui  contrastait  avec  le  goût  gracieux  et  précieux  des  koughès,  jettent  un  joui  -m 
l’esprit  de  ces  fameux  Boushi.  Tout  d’abord,  comme  on  peut  le  voir,  les  mœurs  et  les  mut  unies 
de  kyauto  et  de  Kamakoura  furent  différentes.  Mais,  après  les  troubles  des  années  Shyaukvu 
1219-1222',  un  grand  nombre  de  Boushi  du  kwauto  vinrent  s'établir  à  kvauto  pour  la  garder. 
L  élégante  et  délicate  population  de  la  capitale  subit  leur  influence,  et  devint  peu  à  peu  plus 
virile  et  plus  rude,  et  meme  en  vint  à  pratiquer  les  sports  militaires  de  la  chasse,  de  l'équitation 
et  du  tir  à  l’arc. 

Les  Ilodjyô  opprimaient  la  cour.  Ce  fut  alors,  dans  la  capitale,  une  recrudescence  du  chagrin 
causé  par  l’abaissement  de  l’Empereur.  Le  maître  des  Youen  Mongols  ,  koublai  k  han,  si*  proposait 
d  ajouter  notre  conquête  à  celles  qu’il  avait  faites  en  Europe  et  en  Asie.  Ce  lut  alors  une  période 
de  calamités.  Les  prêtres  Shinto  et  bouddhistes,  dont  les  excès  pouvaient  être  difficilement  refrénés, 
se  vantaient  d’avoir  obtenu  la  victoire  par  leurs  prières  dans  la  campagne  contre  1rs  Mongols.  Leur 
arrogance  dépassait  toute  mesure.  Les  désordres  augmentèrent.  Le  palais  fut  incendié.  I  ne  sombre 
lamine  s  abattit  sur  les  provinces.  Les  populations,  épuisées,  se  livrèrent  au  brigandage  jusqu'aux 
environs  de  la  capitale.  Cette  opinion  se  propage  que  la  décadence  de  la  capitale,  la  périr1  de 
son  énergie  sont  l’œuvre  des  lettres.  Aussi  se  développe  le  culte  de  la  force,  et  c’est  aux  seuls 
arts  militaires  que  s  adresse  le  respect  de  la  nation.  En  présence  de  cette  évidente  instabilité  des 
choses  d  ici-bas,  les  idées  religieuses  se  répandent  et  progressent,  mais  teintées  de  pessimisme. 
Lest  une  conception  pessimiste  qui  succède  à  l’optimisme  de  la  période  précédente.  Et  les  arts 


PI.  XXXVII. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PORTRAIT  DU  PRINCE  SHYAU-TOKOU-TAISHI 

XI IP  siècle  Ninnaji-Kvauto). 


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«lu  milieu  «le  celte  époque,  pourtant  robustes,  ne  sont  pas  indemnes  de  ce  sentiment  pessimiste. 

A  Kaniakoura,  un  mouvement  inverse  se  produisit.  Pour  Shyau  kyun  on  demanda  un  prince 
M*l(  1  <HI  11,1  * 1 11  ha  laveur  lui  acquise  aux  officiers  versés  dans  la  poésie  japonaise, 

la  musique,  la  législation;  en  sorte  (pie,  peu  à  peu,  les  généraux  du  Kwanto  s’intéressèrent  aux 
ails;  et  tandis  que  les  nobles  de  la  capitale  leur  empruntaient  l’esprit  viril,  en  retour  les  officiers 
recevaient  de  I  aristocratie*  des  goûts  plus  raffinés. 

‘"b  I  ou  \ eut  entrer  en  de  plus  amples  details,  d  faut  dire  que  la  vogue  des  moeurs 
militaires  se  mollira  plus  précisément  sous  les  Shikken,  Ilodjyau,  Tokiyori  et  Tokimouné.  Les 
<  liaugemeiil s  <lu  goul,  a  Kaniakoura,  ne  lurent  pas  soudains.  Mais  on  remarque  que  les  modes  se 
bml  plus  cl  égaillés  a  partir  de  Sada  loki,  successeur  de  son  père  Tokimouné.  Son  J  ils  Taka 
loki  étant  idiot,  le  gouvernement  lut  confie  a  un  regent,  épris  de  faste  et  de  somptuosité,  grand 
amateur  île  combats  de  chiens.  L  est  a  celle  (qioque  que  les  mœurs  militaires  cessèrent  de  régner 
a  kaniakoura.  Le  sentiment  public  s  éloigna  d  elles.  Le  pouvoir  revint  à  la  Cour,  et  1  on  vit  la 
restauration  de  1ère  Keinmoii  i  >>j-i  >>(>. 

La  première  année  kemmou  i  )>i  ,  I  empereur  tiodaqo  reprit  en  mains  les  rênes  du  pouvoir  et 
ramena  sous  les  moines  règles  les  ollieiers  civils  et  militaires.  Il  lit  exécuter  beaucoup  de  travaux  publics. 
Bientôt,  les  Beaux-Arts  qui  avaient  décliné,  de  même  que  les  arts  industriels,  reprirent  leur  élan. 
Mail.  euroiisemonl ,  I  empereur  (lodaijo  délaillit  sous  le  poids  de  la  tâche.  Le  Japon  fut  partagé 
entre  h*v  deux  cours  du  Nord  et  du  Midi;  et,  pendant  une  cinquantaine  d  années,  le  désordre  et 
1rs  troubles  désolèrent  le  pays,  ce  dont  pâtirent  cruellement  les  arts  qui,  par  hasard,  commen¬ 
çaient  à  relleurir.  La  cour  était  divisée  en  cour  du  Nord  et  cour  du  Sud,  l’administration  se 
relâchait.  Les  habitants  de  nos  cotes,  militaires  ou  marins,  passaient  en  Corée  ou  en  Chine  à 
titre  privé  et  en  rapportaient  toutes  sortes  d  objets.  Le  goût  national,  qui  jusqu  ici  tendait  à 
reconquérir  sa  pureté,  en  lut  (‘branle.  Les  Beaux-Arts,  subissant  l’influence  affectée  et  pompeuse 
venue  des  Souiili,  tombèrent  dans  I  afféterie  et  la  mièvrerie. 

l'en  laul  que  Kvaulo  «‘I  Kaniakoura  se  disputaient  l’hégémonie  et  la  conquéraient  alter¬ 
nat  ivt'incnl ,  non  saii"  produire  des  répercussions  sur  I  esprit  public  et  sur  les  arts,  la  pensée 
reli^ieii^e  poursuivait  >oii  évolution.  Ce  sont  surtout  les  sectes  Zen,  Jyaudo,  Slunn,  ïïokke  et 
Ji  qui  obtiennent  b*  plus  d  influence  sur  toutes  les  classes  de  la  société. 

La  secte  Zèn  prêchait  l’austérité  personnelle.  Les  autres  recommandaient  la  voie  lacile  du 
salut  obtenu  par  les  mérites  d’autrui.  Quoi  qu’il  en  soit,  toutes,  contrairement  à  l’enseignement 
bouddhique  précédent,  se  proposaient  de  propager  une  doctrine  simple  et  intelligible  pour  le 
peuple:  peu  soucieuses  des  questions  doctrinales,  elles  semblaient  limiter  leur  ambition  à  donner 

la  paix  de  I  esprit. 

Aussi  toutes  les  sectes,  se  conformant  au  caractère  de  simplicité  qui  dominait  en  ce 
temps,  même  dans  les  arts,  arrivèrent  à  avoir  une  très  grande  influence. 

l  a  secte  de  Zèn,  notamment,  introduisit  dans  l’architecture  et  les  arts  un  sentiment  nouveau. 
L.*s  bonzes  de  cette  secte,  qui  allèrent  en  Soung,  rapportèrent  un  genre  de  lavis  remarquable 
par  ses  qualités  de  fraîcheur,  le  Tchya  no  you,  qui  eut  plus  tard  un  rôle  considérable  dans 
révolution  du  goût.  On  ne  peut  détacher  de  l'histoire  de  la  secte  le  caractère  des  Beaux-Arts 
à  cette  époque,  simple,  viril  et  mélancolique. 


CHAPITRE  II 


Caractère  et  développement  des  Beaux-Arts  à  cette  époque. 


Dans  la  période  précédente,  pendant  trois  siècles  environ,  b*s  Beaux-. Wt*  avaient  i •  t « • 
favorisés  par  l’aristocratie  de  la  capitale,  éprise  d’élégance  et  de  luxe.  Pendant  Inut  siècles  environ, 
jusqu’à  ce  jour,  leur  éclat  persista;  si  bien  que  les  âges  successifs,  les  y*n\  lix»'-s  sur  eux, 
les  ont  pris  pour  modèles.  Dans  l’époque  qui  nous  occupe,  acceptant  la  <  <  >n  des  d<  \  m  i-  i>, 
les  arts,  en  général,  imitent  ce  qui  se  faisait  précédemment  et  ne  montrent  gm-n  d  innovât  ions. 

Nobou  Zané,  Yoslii  mitsou,  Taka  kaglié,  dans  leurs  makiinom»,  les  b<*iidJlnqim> 

des  écoles  de  Kaçouga  et  de  Takouina,  tous  adoptent  le  vieux  style  de  I  epnqm  j *i «' t  *  «Dut*  .  ,  | 

même  leurs  plus  belles  œuvres  procèdent  de  lui.  Cependant,  au  milieu  d»  ^  nu >d île  il i< >ii"  de  I  .  t.it 

de  l’Empire  et  des  idées  de  la  société,  apportées  à  la  fois  par  l'instauration  du  pouvoir  des 

familles  militaires  et  par  l’influence  étrangère  de  la  culture  des  Soung,  b  >  .uts  m  . . .  . 

pas  demeurer  absolument  stationnaires. 

Un  certain  mouvement  se  produisit  :  Taliira  no  Kiyomori  inaugura  D»  1 1  ans. h  t  e  >1  . . \ .  « 
les  Soung.  11  creusa  le  port  de  Ilvaugo  et  reçut  les  Chinois  dans  sa  villa  de  1  oukom\  ar.i.  Dis 

lors,  dans  tous  les  ports  du  Tçhimizai,  leurs  bateaux  et  les  noires  eurent  îles  relations  V  -  I ».  *nz»  s 

firent  en  Chine  des  voyages  d  études.  Leurs  bonzes  vinrent  chez  nous  ^.ui>  dir  ont  inm  i 

La  cour  des  Soung,  réunissant  sous  ses  lois  les  populations  du  Sud  et  •lu  Nord  p-  admit 

3‘20  ans,  en  dépit  de  difficultés  et  de  révolutions  fréquentes,  s 'établit  en  n'.igLs.int  .  onfn  I  1 
décadence  extrême  de  la  précédente  dynastie.  Elle  dut,  a  cau>e  des  continuelles  inva-m ’n->  d- - 
Mongols,  développer  les  forces  militaires.  Ln  sentiment  d  inquiétude  s'étendait  >111  le  | .. •  \  - 

Cependant,  dans  l’influence  qui  pèse  sur  nos  arts  au  cours  de  cette  période,  on  ne 

distingue  rien  qui  rappelle  les  circonstances  dans  lesquelles  se  trouvaient  h  >  Soun-  <  >  1 1  V  se  lit 

plutôt  ce  qui  s’accordait  avec  le  goût  japonais  de  ce  temps,  le  genre  des  peintures  bouddhepe  > 
chinoises,  lines  et  minutieuses.  Les  disciples  des  maîtres  peintres  bouddhistes  atteignirent  une 
manière  magnifique,  non  sans  une  tendance  au  réalisme. 

Les  bonzes  continuèrent  à  entretenir  des  relations  avec  les  Sonne.  Ouaml  îles  dilliciilto 
survinrent  entre  les  cours  du  Nord  et  du  Sud,  les  relations  persistèrent,  surtout  avec  la  secte  de 
Z  en,  qui  caractérise  l’époque  des  Soung.  La  littérature  de  cette  dynastie,  le  goût  simple  et  sans 
vulgarité  quelle  montre  s’introduisirent  chez  nous,  et  nos  beaux  arts  en  effectuèrent  une  grande 
évolution. 

D’autre  part,  les  mœurs  simples  et  franches  des  Boushi  se  substituant  peu  à  peu,  dans  le 
Japon,  aux  mœurs  artificielles  et  efféminées  de  la  période  précédente,  les  arts  prirent  une  vie 
nouvelle.  Le  pinceau  devint  mâle,  le  ciseau  sobre  et  grave.  Mais,  tout  caractère  étant  expose  a 
tomber  dans  un  excès,  celui  des  Boushi,  de  la  primitive  austérité,  dégénéra  en  brutalité. 

A  partir  de  Shikhèn  Hodjyau,  les  militaires  se  plièrent  à  des  habitudes  plus  polies  (fl. 
plus  fines.  Le  goût  de  la  subtilité  et  de  la  complexité  se  montra,  et.  les  arts  perdirent  beaucoup 
de  leur  grâce  et  de  leur  distinction. 

D’un  autre  côté,  on  remarque  que  tous  les  arts  industriels,  à  commencer  par  la  sculpture, 
montrent  des  conceptions  originales.  Même  s’ils  ne  peuvent  réaliser  leur  idéal  nouveau,  du  moins 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


Grav.  en  couleurs,  IV 


MAK1MONO  DES  MIRACLES  DE  KAÇOUGA  GONGHEN  KENKI 

XIVe  siècle  (Palais  impérial). 


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ils  manifestent  une  grande  perfection  de  métier.  Les  maîtres  bouddhistes  Kwaikei,  Ounkéi  et 
aulrcs  produisirent  alors  des  sculptures  qui  sont  demeurées  longtemps  des  modèles  d’art  bouddhique. 
Les  œuvres  de  la  famille  des  armuriers  Miyau  tchinn,  par  exemple,  sont  d’une  délicatesse  qui 
n  a  pas  été  égalée  dans  les  âges  suivants. 


CHAPITRE  III 

Peinture. 


A  celle  époque,  le  gouvernement  étant  un  despotisme  militaire  fermé  aux  sciences  et  peu 
familier  avec  les  lettres,  les  sources  de  la  pensée  se  tarissent.  Au  milieu  de  cette  période,  les 
arts  soûl  incapables  de  créer  un  style  original.  Ils  ne  font  que  copier  servilement  les  œuvres 
précédentes. 

La  peinture,  vers  I os  dernières  années  des  Foujiwara,  avait  montré  une  tendance  au 
réalisme.  Les  personnages,  les  animaux  étaient  reproduits  avec  une  exactitude  minutieuse.  On 
cherchai!  le  mouvement  et  la  vie.  La  peinture  se  préoccupait  surtout  de  réjouir  l’œil.  La  peinture 
bouddhique  se  laissait  influencer  par  l  introduction  des  peintures  alambiquées  et  fignolées  de 
l'école  des  Soung  méridionaux,  qu’elle  imitait  fidèlement.  Or,  les  plus  nombreuses  œuvres  de  ce 
temps  sont  I os  peintures  bouddhiques.  Puis  viennent  les  Makiinonos  présentant,  sous  forme 
picturale,  d<is  romans  fictifs  ou  historiques,  des  chroniques  de  temples,  des  récits  de  miracles, 
des  vies  de  bonzes  célèbres,  etc. 

Li •  genre  des  Makiinonos  lit  de  grands  progrès.  Le  stvle  s’en  modifia,  et  la  composition 
se  montra  facile.  A  cette  époque  se  montrent  cinq  écoles  :  kocé.  Fakouma,  kaçouga  et  Toça,  plus 
une  cinquième  qui  surgit  à  la  lin  de  cette  période,  le  Soghen  bokou  gwa  lavis  à  la  mode)  des  Soung. 
Les  plus  florissantes  sont  alors  Toça  et  Takouma.  L'école  de  Kaçouga  maintient  à  peine  ses 
principes  et  se  laisse  fortement  influencer  par  l’école  de  Toça.  Ces  deux  écoles  arrivent  à  se 
fondre  en  une  sorte  de  stvle  éclectique,  en  sorte  qu’aux  dernières  années  de  la  période,  il 
devient  impossible  d'établir  une  démarcation  nette. 

Lu  dehors  de  cette  classification,  on  voit  un  assez  grand  nombre  d’élèves  des  maîtres 
imagiers,  qui  mélangent  les  procédés  de  deux  ou  trois  écoles  et  se  vouent  surtout  à  la  peinture 
bouddhique.  Quelques-uns  d’entre  eux  parviennent  à  la  maîtrise.  L’école  de  kocé  transmet  le 
vieux  stvle  chinois.  Son  art  serein  ne  varie  pas  la  ligne  par  l’introduction  de  pleins  et  de 
déliés,  bile  produit  principalement  des  images  bouddhiques.  Cependant,  le  style  de  Fakouma 
prospérait,  s’adaptait  aux  goûts  du  temps,  et  beaucoup  de  peintres  1  étudiaient.  Il  lui  arrivait 
ainsi  des  éléments  inférieurs.  Mais  les  maîtres  de  la  vraie  tradition,  pour  la  composition  comme 
pour  la  touche,  conservent  la  marque  d’élégance  artistique  que  la  décadence  de  Fakouma  ne 
peut  atteindre. 

Les  peintres  les  plus  célèbres  de  l’école  de  kocé,  à  cette  époque,  sont  Ari  iyé,  Ari  liiça, 
Youkitada.  Ari  hiça  a  peint  surtout  des  images  bouddhiques  au  Fo  ji  et  dans  d’autres  temples. 
Tada  hiça,  appelé  llida  no  kami,  appartenant  au  temps  où  l’Empire  était  divisé  en  cours,  quitta 
l’école  kocé  pour  créer  un  style  personnel.  O11  lui  attribue  le  célèbre  Makimono ,  de  la  guerre 
postérieure  de  trois  ans.  Youki  tada,  qui  est  aussi  de  l’époque  de  la  sécession,  excellait  dans  les 
dessins  bouddhiques  et  dans  l'art  profane. 


17 


I  JO 


L’école  de  Takouma,  à  cette  époque,  produisit  quantité  de  peintures  bouddhiques.  Celte 
école,  à  partir  de  Taménari,  modifie  peu  à  peu  son  style;  et,  vers  le  milieu  de  l'époque  actuelle, 
c’est-à-dire  au  temps  de  Eiga,  elle  étudie  principalement  l'art  énergique  et  brillant  des  Soung 
et  délaisse  complètement  ses  anciens  principes.  Les  peintres  célèbres  de  cette  école  a  cette  époque 
sont  Shyauga,  Diyauninn,  à  eiga,  llyo-son 

Shyauga,  qui  appartient  au  commencement  de  kamakoura,  peignit  beaucoup  d  images 
bouddhiques.  11  semble  marquer  l’apogée  de  l’école.  A  la  période  Liga,  on  le  \oil  imiter  les 
Chinois.  Il  a  peint  alors  un  grand  nombre  de  portraits  de  lîakan.  Il  semble  que  la  peinture 
chinoise,  à  ce  moment,  va  fournir  chez  nous  une  nouvelle  carrière. 

Les  écoles  de  Toça  et  kaçouga  ont  un  style  purement  japonais,  foutes  deux  ^c  servent 
du  pinceau  obliquement;  mais  l  école  de  toça  use  d’un  trait  large,  terme  et  sur,  tandis  que 
l’école  de  Kaçouga  montre  un  trait  fin,  léger  (à  souple.  A  I  époque  pré-sente,  les  deux  écoles  se 
mêlent,  et  enfin  nait  un  style  commun,  impossible  à  différencier.  L  école  de  loçn  produit  des 
maîtres  célèbres  qui  se  suivent  de  près.  Chacun  se  livre  à  des  recherches  nouvelles;  <1  ou 
beaucoup  de  variété.  Les  maîtres  de  cette  école,  sans  abandonner  le  style  élégant  et  noble  qui 
s’était  manifesté  au  temps  de  Foujiwara,  tendent  à  un  idéal  de  plus  en  plus  japonais,  la--, 
maîtres  les  plus  célèbres  sont  Nobou-zané,  Keininn ,  kouui-taka,  't  ouki-naga ,  osliimilsou, 
Mitsouhidé,  Mitsou-aki,  Aen-i,  Gau-shinn,  Youki-mitsou.  On  compte  aussi  Nagataka,  I  a k ; •  k . •  1 1 * 
qui  vient  primitivement  de  l’école  kaçouga. 

Foujiwara  no  Nobouzané,  fils  de  Takanobe,  fut  du  f  rang  et  Sakyau  < ioimo-lax >>\\.  <  *->t 
un  habile  peintre,  dont  le  pinceau  est  plein  de  vigueur,  et  dont  les  portraits  surtout  sont 
renommés.  Il  était  aussi  très  estimé  de  ses  contemporains  pour  ses  poésies  japonaises. 

Kèininn,  dont  le  nom  semble  avoir  été  par  erreur  changé-  en  ken  ou,  devait  être  employé 
au  sanctuaire  de  Soumi-ryoshi,  en  Settsou.  On  a  de  lui  un  makimono  de  I  I ngwakvan  sigm 
kei  ninm,  le  Souké  Hau-kyau  (sous-pont  de  la  loi  .  On  lui  attribue  aussi  b*  célèbre  makimono 
du  Ileiké  monogatari,  remarquable  par  sa  composition  vivante  et  son  exécution  vigoureuse 

Foujiwara  no  Yoshimitsou,  surnommé  Toça,  vivait  sous  Go  Foushimi  \CIII,  i  >ss  i 
A  i3oi-M  i33G  .  II  peignit  une  vie  illustrée  des  saints  docteurs.  \  ers  les  années  SlioWa 
( 1 3 1 s- 1 3 1 7  ,  il  peignit  les  Sages  chinois  sur  des  slivauji  du  pavillon  du  Sud.  Il  pass*»  pour  un 
artiste  de  talent. 

Foujiwara  no  Mitsou  hidé,  fils  de  Yoshi-mif sou,  avait  un  st\le  d’une  grande  pureté.  Il 
avait  le  titre  de  Haughèn  œil  de  la  loi  .  Fendant  les  années  Slioan  impj-i  >on  ,  il  peignit,  dit  on, 
un  volume  de  vies  illustrées  des  saints. 

Foujiwara  no  Nagataka,  comme  ceux  qui  mélangèrent  le  style  toça  et  kaçouga, 
montre  un  pinceau  d’une  grande  finesse.  Il  reste  de  lui  plusieurs  œuvres  :  illustration  de 
Soumi-yoshi- monogatari ,  makimono  de  l’invasion  mongole,  etc.  On  possède  aussi  ses  éludes  de 
plantes,  de  fleurs,  d  oiseaux,  d  animaux,  qui  décèlent  un  artiste  très  expert  au  croquis  d  apres 
nature. 

Takashina  fakakané  vivait  à  l’époque  Yenkeiy  (i3o8-i3ii).  Il  avait  le  j1  rang  cl  lut 
chef  de  1  Edekoro.  G  était  un  des  meilleurs  artistes  de  son  temps.  Il  s’adonna  au  dessin  d’après 
nature,  dans  lequel  il  déploie  une  intense  faculté  d’observation.  Il  manifeste  aussi  une  grande 
ingéniosité  de  composition.  Ainsi,  dans  ses  makimonos,  il  sait  varier  I  arrangement  «le  chaque 
scène  avec  une  invention  inépuisable.  On  ne  peut  lui  opposer  un  rival,  parmi  ses  contemporains, 
pour  la  magnificence  du  coloris.  11  est  1  auteur  du  plus  estime  des  makimonos  «b*  kaçouga  gongèn- 

JL  n  r>  n 

Kenki.  foujiwara  no  lakasouke,  fils  de  Nagataka,  étudia  la  manière  de  son  père  sans  montrer 
grande  originalité. 

L  école  du  lavis  Soung  Youen  naquit  a  cette  époque  de  la  sécession.  Elle  a  été  surtout 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXXVIII. 


MAKIMONO  DES  MIRACLES  DE  KACOUGA  GONGHEN  KENKI 

> 


XIVe  siècle  (Palais  impérial). 


propagée  par  las  prêtres  de  la  secte  Zen  < jui  avaient  fait  le  voyage  de  Chine.  Elle  étudie  surtout 
le  lavis  des  artistes  de  la  dynastie  des  Soung,  tels  que  Mayüan  (Baèn),  Itsya-kuei  (Kakei),  Liang 
ch  iai  (Riau  kai),  Mouh  Kouéi  (Mokou  kei),  Yiichien  (Ghyokou  kan). 

Pendant  les  années  kwan,  ghèn  (1243-1247),  Taoloung  Dauryou-zèn-chi  était  venu  des 
Soung  faire  un  voyage  an  .lapon.  Les  naturalisés  Mougakouzèn-shi  (W  ou  ksiièn),  pendant  les 
années  Koan  (1278-1288),  venu  des  Soung,  et  Seikan  Nei-itchyan  (Hsi-nêng-i-shan),  venu  de 
^ouen  pendant  les  années  Shyau-an  (1299-1302),  faisaient,  comme  Taoloung,  de  la  peinture.  C’est 
peut-être  eux  qui  fondèrent  cette  école. 

Les  maîtres  de  cette  époque,  kao,  Mokouwan,  Myô-Takou,  prêtres,  cherchent  dans  le 
dessin  un  délassement  de  leurs  devoirs  religieux.  Kao,  prêtre  fameux,  alla  en  Chine  chercher  la 
loi  cl  en  même  temps  étudia  le  lavis.  On  peut  le  considérer  comme  le  fondateur  de  ce  genre, 
qui  produisit  les  lavis  des  Kwammon  ou  des  Kauzan-Tokou,  dont  un  grand  nombre  nous  reste, 
montrant  un  caractère  complètement  zèn  et  se  faisant  remarquer  par  la  souplesse  du  doigté  dans 
le  maniement  du  pinceau.  Mokouwan  lit  aussi  un  séjour  en  Chine  et  en  revint  après  avoir  appris 
Part  de  peindre.  Il  imite  surtout  le  style  de  Rokkei.  Myô-Takou,  qui  a  peint  beaucoup  de 
Pondaus,  demeurait  au  Tenryouji. 

MONUMENTS 

IM.  \\\\  I .  —  lli  in.u  monogat un ,  îiiakiiiionu.  —  Au  baron  Yanosouké,  I wasaki. 

Le  monogatari  retrace  la  révolte  de  Poujiwara-no-nobou  Yori  et  Minamoto-no  Yoshi  Tomo 
sous  l’empereur  Nidjyau  (LXXYIII  pendant  les  années  lleidji  1  159-1  160  .  Il  doit  être  du  pinceau  de 
Soumi  'loslii  Keininn.  La  composition  est  bien  vivante,  la  touche  ferme,  le  sentiment  de  quelqu’un 
< 1 11  i  a  assisté  aux  troubles  qu'il  peint.  Le  dessin  que  nous  reproduisons  illustre  l’épisode  de  la 
décollation  du  Shin  Saï-nyou-dau. 


(irav.  <mi  couleurs.  lll.  —  l>Jl/At  BOSATSOl’ 


Musée  impérial 


l)e  I  école  de  Kocé.  Composition  correcte.  Coloris  distingué.  Les  motifs  des  vêtements  sont 
ornés  de  fines  applications  d’or. 

IM.  WM  II.  — Skvai  tokoi  Taïsiii.  —  Kvauto.  —  Ninnaji. 

Rien  que  cette  peinture  ail  toujours  été  attribuée  à  l’école  de  koçé,  le  trait  hardi,  les  draperies 
et  I  éclat  des  motifs  colorés  obligent  à  y  reconnaître  le  pinceau  de  1  école  de  Takouma. 


Makimono  di  s  miraci.i.s  dk  Kaioica  Gonghkx  (Palais  impérial). 

Ce  makimono,  qui  comprend  20  rouleaux  en  tout,  illustre  tous  les  prodiges  obtenus  par  l’in¬ 
tervention  du  Kaçouga  Gonghèn.  Il  est  l’œuvre  de  Takashina  Taka  kané,  chef  de  l’Edokoro  du  temps, 
et  reproduit  en  détail  d'après  nature  tous  les  documents  du  temps,  depuis  la  demeure  des  nobles 
jusqu’aux  meubles  et  aux  plus  infimes  ustensiles.  Les  aspects  de  la  ville  et  de  la  campagne,  les 
mœurs,  tout  y  est  dépeint  fidèlement.  Il  y  faut  admirer  la  maîtrise  du  pinceau,  le  charme  de  la 
couleur  et  la  fertilité  d’invention  dans  la  composition.  On  peut  dire  que  c’est  le  plus  beau  des 
makimonos.  Nous  reproduisons  par  estampe  en  couleurs  (grav.  4)  l’épisode  où  Kaçouga  miyojinn 
apparaît  en  songe  à  Sai-Gou  no  nyogho.  D'autre  part,  la  photogravure  montre  une  scène  prise  à 
kyauto  après  un  incendie  pl.  XXXVIII). 

Il  reste,  en  outre,  bon  nombre  de  peintures  remarquables  de  ce  temps.  Un  Yeigwa  monogatari 
makimono,  attribué  à  Foujiwara-no  Nobouzané,  doit  appartenir  à  la  fin  de  la  période  précédente  ou 
au  commencement  de  celle-ci.  La  composition  est  élégante,  le  métier  supérieur. 


On  attribue  aussi  à  Nobouzané  un  Eshizaushi  album  d'artiste,  au  palais  impérial.  I  ne  pein¬ 
ture  bouddhique  du  Mandara  de  Tahéma,  un  makimono  des  archives  de  l'ondo-i.yakou  doivent  être 
de  la  main  de  Keininn.  Les  vies  illustrées  de  llaunén-Shvau-ninn,  de  Thion-in,  doivent  être  de  Tocn 
Yoshi-mitsou  et  de  plusieurs  autres.  Quarante-huit  makimonos  sur  la  vie  illustrée  de  I  laiinen-shvaii- 
ninn  à  Tahéma  déra  sont  tous  de  Toça  Yoshi  mitsou.  Leur  art  est  remarquable.  Un  peut  attribuer  a 
Takashina  Takakané  et  à  deux  autres  artistes  des  dessins  conservés  aux  an  imes. 

Un  makimono  du  Soumi  Yoshi-monogatari  et  un  autre  de  1  invasion  mongole  son!  attribués 
à  Toca  Nao*ataka.  La  vie  illustrée  du  Dau-tchyau  de  Bokou-djvô  Shyauninn-ippen  •  de  II  uighèn 
Yeni  ;  celle  du  Shvjyau-dau  Tehyau-ippen-jyaiininn  est  de  I  oea-\  oukimilsou. 

Un  makimono  des  archives  de  kita-no-ten-jinn,  dont  on  ignore  I  auteur,  doit  appartenir  »  la 
fm  de  cette  époque.  La  composition  est  magistrale,  et  le  pinceau  d  une  admirable  sûreté-,  I  n  \umi, 
au  temple  de  Raikauji  est  conservé  un  dessin  des  Dix  mondes  dont  on  ne  mimait  p.e>  •  \a-  !•  am  nt 
l’auteur,  mais  dont  on  estime  la  composition.  Les  cycles  de  I  enfer  sont  d  une  rare  puissance 
d’évocation. 

M.  U  oudjita  Shika  tarau  possède  un  dessin  de  1  arrivée  des  •>  >  Rosatsou.  d  un  pim  .  au  Ir-  s 
sûr.  Le  dessin  du  Ichi  jikonrinn,  au  baron  kouki.est  d  un  pinceau  rigide. 

Le  comte  Inooué  possède  une  image  de  Fondau  «pion  attribue  à  l'oça  Nagalak.i.  I  lh-  était 
destinée  à  demander  au  ciel  l’expulsion  des  Mongols,  «  *  t  Ion  vaut»*  la  virilité  de  "mi  exécution.  Vu 
Gokokouji,  à  Tokvau,  une  image  de  Ai-zouiné-myau\vau  :  en  laiitauinLà  l)ai  fou  l\ ♦  u i j i ,  me  ima-.  d-  -' 
Foughèn  jyou-rasetsou-nyo;  enfin  une  peinture  du  Uourikwau  \  akoushi  •  *t  des  Douze  >hiush\ au 
sont  toutes  des  œuvres  célèbres. 


CHAPITRE  IV 


Sculpture. 


Les  statues  bouddhiques  de  ce  temps,  qui  perpétuent  la  grandeur  de  I  époque  d<-s  I àmpw  ara. 
attestent  un  déclin  du  sentiment  artistique,  mais  aussi  un  progrès  de  l'exécution  materielle.  Le  st\le 
se  modifie  complètement.  De  rondelet  et  gras,  il  devient  nerveux  et  énergique.  Un  pari  des  procèdes 
du  bois  assemblé  que  le  maître  imagier  Djya-tclio  avait  déjà  établis,  et  I  on  v  ajoute  un  nouveau 
sentiment  réaliste  d’étude  de  la  nature;  enlin,  ou  institue  des  règles  détaillées  pour  la  statuaire 
bouddhique. 

I  elle  lut  1  œuvre  de  Kwaikei  et  Ounkei.  Ces  deux  artistes  sont  vraiment  ceux  qui  représentent 
leur  temps.  Les  préceptes  de  leur  art  constituaient  à  leurs  veux  un  trésor  dont  ils  étaient  volontiers 
jaloux,  une  sorte  de  livre  d’or.  Ils  sont  gardés  secrets  dans  les  familles  d  artistes  qui  \  adhérèrent 
obstinément  sans  y  rien  changer,  et  tels  quels  ont  été  transmis  jusqu  à  nous. 

II  semble  que  les  œuvres  de  la  première  partie  de  cette  période,  celles  de  Kwaikei,  entre  autres, 
n  ont  pas  seulement  suivi  le  goût  de  la  période  précédente;  mais  encore  une  sculpture  mâle  et  hardie 
se  lève.  Le  ciseau  devient  plus  aigu  et  plus  profond.  Ainsi  les  draperies  deviennent  plus  simplifiées, 
les  visages  et  les  attitudes  plus  étudiés,  l’anatomie  solide.  Tous  ces  changements  sont  dus  à  l'élude 
serrée  de  la  nature,  au  goût  du  réalisme. 

On  recherche  les  colorations  brillantes,  et  l’on  décore  à  l’aide  de  couleurs  en  relief  ou  d  or 
appliqué.  Certaines  statues  ont  ainsi  un  effet  éblouissant  de  magnificence.  Mais  quand  elle  arrive  à 
la  dernière  partie  de  cette  période,  la  sculpture  perd  de  son  caractère  vigoureux,  et  va  vers  la 
décadence. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XXXIX 


NI  WA  U  (Brama  et  Indra,  sanscrit). 

Fin  du  XIIe  siècle  (Nara-Todaiji). 


Ionien  conseivanl  la  sérénité  dn  style  de  Djyau-tchû,  en  le  surchargeant  d’ornements  traités 
a\ec  une  grande  délicatesse  de  rnetier,  I  école  tend  à  la  magnificence  un  peu  lourde,  et  s’éloigne  de 
h*  l|,,(lilion  d  ausl.crilr  et  il  énergie.  hile  se  plaît  à  décorer  les  gloires,  les  socles,  les  dais,  les 
p<“(  loraiix  soil  pai  I  incrustation  de  pierreries,  soit  par  la  ciselure,  soit  par  le  reperçage. 

Les  corps  de\ iennenl  ramasses  et  trapus;  les  draperies  s’allongent,  débordant  parfois  le 
socle,  Les  deux  caracleres  son I  dus  a  I  influence  chinoise  Soung  et  Youen  ,  et  n’existaient  pas  à 
I  epoipic  precedenle.  Les  slatues  de  ce  temps  sont  pour  la  plupart  en  bois.  Celles  des  bonzes  sont 
assez  nombreuses.  Ainsi  le  Roshyana  boutsou  de  bronze  d’or,  de  èo  pieds  i5  mètres  de  haut,  élevé 
la  i'  annir  kèn-tcliyau  l'xvx  a  I* oukakouça-no-sato,  en  Sagami,  est  une  bonne  œuvre  de  Ono- 
goroouye  mon,  de  la  province  de  hadzouça.  bile  existe  encore  au jourd  hui. 

Chiant  a  la  laque  sèche,  elle  est  presque  abandonnée,  et  les  artisans  en  statues  de  terre 
peuvent  à  peine  gagner  leur  vie. 

Le  plus  célèbre  sculpteur  de  ce  temps  est  le  llauin  Ounkei. 

Ounkei,  suriiomme  Bilsehvou  llauin,  était  (ils  du  llaughèn  Kaikei.  Avant  lui  vivait  le  llaughèn 
Iwvaikei,  en  religion  Ananii.  C  était  un  élève  de  kaukéi.  Il  passe,  avec  Renkei,  pour  le  plus 
remarquable  des  maîtres  imagiers  de  son  temps.  .Après  Ounkei  vient  son  élève  le  lïaukyau  Djyau 
lei  kakou,  son  lils  le  llauin  laukei,  l’élève  de  celui-ci,  le  bonze  K  au  oun,  le  fils  de  Kau  oun,  le  llauin 
Lan  yen.  Tous  perpétuent  cette  famille  d  artistes. 

Le  llaughèn  kauhen  et  le  bonze  kau-shyoun  sont  connus  sous  le  nom  de  Tchyou-boutsou-shyo ; 
le  llaughèn  kau-shyau,  le  llauin  kau-yo,  le  llaughèn  kau  son,  le  llauin  kau-you,  le  bonze  Kauyei, 
constituent  batelier  de  l’Ouest.  Le  üaughèn  kau-vou  est  le  maître  de  batelier  de  l’Est.  Tous  réunis 
forment  l’école  de  la  y’’  avenue  de  kyauto.  Comme  ils  étaient  à  l’Ouest  et  à  l’Est,  c’est  de  là  sans 
doute  que  provient  leur  désignation. 

(  hi  reconnaît  encore  batelier  de  la  L'avenue  avec  le  Ifo-kvau  Djyau-yèn  et  le  llaughèn  Sèn-yèn. 
Lutin,  on  mnimie  :  le  llaughèn  I  n  kau  ;  le  llauin  ïndjin;  le  llauin  Inbau;  le  llauin  Inken;  le  llauin 
I u k ci  :  h-  llaughèn  Innso;  le  llauin  Inn-schinn;  le  bonze  Inn-jvau;  le  llauin  Inn-tchyou;  le  llaughèn 
I  n  —  \  <  »  1 1  :  h-  1 1  ;  m  i  glu  *  ii  Ounga ;  h*  I  lauin-oun-shyo  ;  le  bonze  Shvoun-kei;  le  Hau-kyau  Iwvai-kèn,  le 
bonze  Ei-yèn. 

kau-kei,  pendant  les  années  Boundji  (i  i85-i  190',  exécuta  la  Foukou-ken-sakou  kwammon,  les 
quatre  lènuau,  les  patriarches  du  Xau-ven-dau  du  kô-foukou-ji.  La  8'1  année  kenkyou  1197  il  fit, 
au  Tô-daï-ji,  parmi  les  quatre  Tènnau,  Zau-tchyau  Ten-vvau. 

Iwvaikei,  la  L‘  année  kènninn  iao3  ,  lit  avec  Oumkéi  lesXivvau  de  la  grande  porte  sud  du  Tô- 
daï-ji.  La  (L  année  kenkvou  1  19A  ,  dans  le  même  temple,  le  Tamou-ten.  La  8° année  Kenkyou  (1197  , 
le  Iwvau-mokou-tèn  par  les  quatre  Tènnau.  Au  même  temple,  avec  Djyau-kakou,  une  lwvamnou. 
Le  Shvaka,  patron  du  kauzauji,  ainsi  que  le  patron  de  la  pagode  à  i3  étages,  Alirokou  Bosatsou. 

On  cite  encore  comme  étant  de  Iwvaikei  un  grand  nombre  de  statues. 

Ounkei,  avec  Iwvaikei,  a  fait  les  deux  Maharadjahs  du  grand  portail  du  Tô-daï-ji;  le  8e  mois  de 
la  8e  année  kènkvou  1197),  parmi  les  quatre  Tènnau  du  même  temple,  Djikokou-ten;  d’autre  part, 
le  Roshyana  Boutsou  du  kauzaugi,  et,  parmi  les  quatre  Tènnau  du  même  temple,  Ta-mouten;  au 
Toji,  des  deux  Tènwau,  Mitsoushya  kougau;  au  Rhèn-ghé-wau-in,  le  saint  du  milieu,  ainsi  que  les 
Bouddhas  des  vingt-huit  directions. 

Par  suite  des  incendies,  il  ne  subsiste  plus  que  de  rares  morceaux.  Mais  ce  qui  reste,  d  un 
caractère  vig’oureux  et  puissant,  su I lit  a  révéler  en  lui  un  artiste  eminenl. 

Djyaukakou,  la  (i°  année  Ken  kyou  (1  uj5),  lit  le  Djikokou-ten  des  deux  Ten  du  Tô-daï-ji;  la 
8‘‘  année  (i  197),  dans  le  même  temple,  des  quatre  lennau  il  ht  lamou  ten;  avec  Iwvaikei,  dans  le 
même  temple,  il  lit  le  lwvamnou  de  7nb  ^0.  (-iliaque  artiste  se  charg’ea  dune  des  deux  moitiés  qui 
furent  ensuite  réunies. 


Tau-kei  est  l’auteur,  au  Tô-ji  de  Nara,  d’un  des  deux  Ter, ,  au  leur,, le.  du  /.uu-lrlnnu- 

tèn;  au  Kauzauji,  du  Kongau-rikishi,  du  lion-ton,  du  Tai-shva-kou-len,  du  luslrvanun,  le,,,  e. 

encore,  à  Kou  va  san,  dans  le  Hen-shvau-in,  des  ti ois  patrons  Ami  I. 

Kau-ouna  l'ait,  au  kauzauji,  Kwau-mokou-ten  mu  des  quatre  Maharadjas).  Kau-yau,  auHaukon- 

••  i  u  Ta  .nutôo  u  iMiioini  1 1»  i  i  i  le  fiTand  maître  imagier  de  Kaçouga,  Kauben,  a 

gauji,  le  Emma  wau.  La  3e  annee  txemgiau  w  im, 

fait  le  Ten-tau-ki  et  le  Hvou-tôki  du  Kôloukiji. 

Kaushyau,  au  Kyau-wau-gokokouji,  a  fait  le  Dji-kokou-ten  de  la  porte  rentrai..;  et  la  r  arrr.ee 
Djyôyéi,  le  8"  mois,  ont  été  fondus  sur  ses  modèles  les  trois  patrons  Amela  du  koudou  1 1 ; . u r  \ •  n j r 
La  légende  de  la  gloire  est  ainsi  libellée  :  «  Djyôyéi,  8*  mois,  le  grand  maître  en  B . Idhas  Hokyau 

O  O 

Kaushyau.  Fondeur:  Tahira  no  Kouni  houmi  ». 


MONUMENTS 


PL  XXXIX.  —  XnvAü.  —  Nara.  —  Tô-daïji. 

Ces  Ni  wau  sont  placés  à  la  porte  des  temples  pour  la  présentation  «h*  la  doctrine.  C.  lui 
de  gauche  s’appelle  Mitsushia;  celui  de  droite  Nara  En  Ken  Go.  Ges  statues  ont  •  !<•  lait. -s  m  <  *  »  1 1 .  •  - 
boration  par  Ounkéi  et  Kwaikei  pendant  les  années  Kenkyon  (1190-1199),  et  placées  devant  le 
grand  portail  sud  du  Tô-daï-ji.  De  tous  les  Niwau,  ce  sont  les  plus  colossaux  Ils  soûl  h. oit-  T  s  1  1 
Leurs  visages  imposants  et  le  modelé  énergique  de  leurs  corps  forment  une  bonne  harmonie  ll>  s.mt 
d’une  sculpture  puissante,  qui  possède  bien  la  nature.  La  perfection  de  I  anatomi»  et  du  m< »u\ .  nu  ni 
leur  donne  une  vie  dont  l’intensité  fut  rarement  égalée.  C'est  le  triomphe  d<*  Ounkéi.  S«.n  I »im ^ 
vraiment  était  créé  pour  tailler  ces  images  d  expression  terrifiante. 


PL  XL  [i].  —  Monjyou  bosatsou.  —  Nara.  —  Kofoukouji. 

Ce  Monjyou  bosatsou,  avec  le  portrait  de  Ima,  est  en  bois  peint.  Ces  deux  statuer  ds-urs.  ""ni 
placées  dans  le  kondan  de  Kofoukouji.  Le  Monjyou  bosatsou  mesure  on',q  >  «le  hauteur.  Il  **w|  d  un 
travail  vigoureux  et  d’une  belle  expression.  Le  style  en  est  harmonieux.  Ce  n’est  p.i<  là  I  <eu\r*  d  un 
artiste  ordinaire,  car  elle  exprime  avec  une  grande  force  toutes  le^  qualités  de  Monjvou.  Elle  a  du 
sortir  des  mains  d’un  artiste  illustre,  du  temps  de  l’école  de  Kwai-kei  et  Ounkéi. 


PL  XL  [2]. — Vuima.  —  Xara.  —  Kofoukouji. 

Ce  portrait  se  trouve,  avec  le  Monjyou  précédent,  dans  le  kondau  de  Lest  du  Kofoukouji. 
C’est  un  bois  sculpté  haut  de  om,ç)o.  Le  personnage  est  assis.  Le  corps,  la  draperie,  et  jusqu'aux 
ornements  du  socle,  tout  est  inspiré  directement  de  l’étude  de  la  nature.  La  proportion  c^t  heureuse, 
et  le  caractère  dune  grande  noblesse.  Il  semble  que  cette  œuvre  ait  quelque  ressemblance  avec  un 
dessin  de  Li  Loun^  min.  On  ne  peut  donc  nier  que  la  sculpture  bouddhique  ait  subi  l 'influence  des 
Soung.  L  exécution  et  la  beauté  de  cette  statue  prouvent  qu  elle  est  I  œuvre  d  un  niait re  de  I  ecole  île 
Ounkéi. 


Pt.  XLl.  —  Kwamnon  aux  onze  faces.  —  Kyauto.  —  Hôkongau-in. 

Cette  statue,  placée  dans  le  Hôkongau-in  de  l’arrondissement  de  Kadono,  à  Kyauto,  est  en  bois, 
haute  de  om,66.  Elle  est  d’une  forme  respirant  la  sérénité.  Le  vêtement  est  couvert  de  motifs  peints  en 
relief.  La  gloire  est  décorée  d  argent  repercé.  Sur  le  socle,  en  lotus,  retombent  une  infinité  (h* 
pendeloques  précieuses.  Cette  œuvre,  d’une  admirable  beauté,  donne  une  idée  complète  de  l’art  de  ce 
temps.  Lne  inscription,  sur  le  socle,  indique  quelle  a  été  exécutée  la  ire  année  Ghèn  O  (i3i9). 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


Q 


YUIMA-KOJI  (Vimalakîrtti,  sanscrit). 


XIIIe  siècle  (Kofoukouji-Nara). 

*  *  ••  *  '  ï  •  S*  A 


PI.  XL. 


t 


MONJYOU  BOSATSOU  (Mandjnsri ,  sanscrit) . 


XIIIe  siècle  (Kofoukouji-Nara). 


CHAPITRE  V 


Architecture. 


I .  arrliileel un*  des  temples  bouddhiques  de  cette  époque  doit  être  étudiée  sous  deux 
aspects  : 

i  '  noeud  <‘llr  conserve,  comme  elle  le  lit  tout  d’abord,  le  style  qu  elle  a  reçu  de  l’époque 
pivcci Icnl e  et  que,  sans  interrompre  cette*  tradition,  (die  arrive  au  milieu  de  cette  époque-ci.  Appar- 
1  |eniu*nt  a  celte  période,  eu  àamashiro,  le  Sei-shi-dau  du  Pchi-ou-in,  h*  Iloudau  du  Rèn-ghé- 
w  nu— i  n  la  sa  1 1  «  *  aux  i  >  travées.,  la  pagode  à  cinq  étages  du  Kai-djyou-san-p. 

l-orqu  elle  s  abandonne  a  I  influence  des  Soung  et  des  garan  d(*  la  secte  Zèu  qui  prend 
naissance.  I)e  cet  le  pernuh*,  d  reste  le  Shyariden  du  Yenkakouji  à  kainakoura. 

L  origine  de  l  architecture  Zen,  si  florissante  au  temps  des  Ashikaga,  c’est  ce  style  qui 
surgit  d»*s  1rs  premières  années  de  cette  époque-ci  et,  traversant  toute  cette  époque,  progresse 
peu  à  peu. 

Cependant,  1  croie  qui  continue  la  tradition  du  temps  des  Foujiwara  est  adoptée  par 
toutes  les  branches  de  la  secte  Shingon.  Au  milieu  de  cette  époque-ci,  ou  sent  qu  elle  va  se 
modifier.  \  la  lin,  on  voit  que  le  goût  de  la  secte  Zèn  s’y  est  mêlé.  A  l’époque  précédente, 
celait  le  charnu1  et  I  élégance  «pii  triomphaient.  A  l’époque  actuelle,  c’est  la  vigueur  et  l’énergie 
<pn  obtiennent  les  sullrages.  L’exécution  s'affranchit  et  se  précipite  hors  des  règles  admises. 

C’est  là  la  caractéristique  de  l'époque  de  la  sécession,  ou  du  temps  qui  précède  immédia¬ 
tement  le  lia  boulon  des  Ashikaga. 

Il  existe  comme  exemples:  en  kawatchi,  le  kondau  du  kwan  shinniji  ;  le  Sai-myau-ji,  en 
Vunii  ;  h»  Iloudau  du  Matsou-no-wo-déra  ;  le  beffroi  du  Tô-daï-ji  à  N  ara  ;  la  bibliothèque  du 
komi-iio-daigo ,  en  Yamashiro.  Le  stvle  des  garan  des  sectes  de  ce  temps,  Xi-tchi -rén , 
•l  \  ainlo,  S  h  in,  .li,  rte.,  n  A*st  conservé,  aujourd'hui,  dans  aucun  monument;  et,  bien  qu’on  ne 
possède  pas  de  base  pour  les  connaître,  il  semble  que,  par  suite  des  besoins  du  culte,  la 
disposition  ib*s  bâtiments  ait  cessé  d’être  fixe.  Le  style  et  la  construction  de  ces  édifices 
n’offrent  guère  d  innovations.  On  n’a  fait  que  suivre  le  style  antérieur. 

On  ne  sait  pas  grand’rhose  du  style  des  Jinjva.  Il  est  à  présumer  qu’il  s’est  borné  à 
suivre  aveuglément  le  stvle  de  la  période  précédente. 

L'architecture  laïque  fait  aussi  des  progrès  assez  lents  Les  bâtiments  brûlés  du  palais 
lurent  réédifiés  en  un  temps  extrêmement  bref.  Mais  ils  lurent  de  nouveau  brûlés  peu  de  temps 
après.  Le  palais  de  campagne,  qui  était,  au  commencement  de  la  période,  au  palais  de  Ixau-in,  fut 
Iransféré,  à  partir  du  milieu  de  la  période,  au  Tomi-no-kodji-daîri.  Lors  de  la  sécession,  on  le 
transporta  à  la  cour  du  Nord.  Le  pavillon  de  Psoutchi-mikado,  au  Higashino-tû-in ,  servit  de 
demeure  à  l’empereur.  Les  plans,  style  et  exécution,  tout  enfin,  ne  diffèrent  qu’en  bien  peu  de 
parties  de  ce  genre  Shinn-dendzoukouri  et  du  l)aï  Dairi  de  Heian  combinés. 

Lorsque  à  oritomo  inaugura  le  Bakoufou  à  kainakoura,  il  surgit  a  cet  endroit  un  style 
spécial  d  architecture  de  Yashiki.  C’est  ce  qu  on  appelle  le  Bouké  Dzoukouri.  Le  plan  et  la 
construction  ressemblent,  en  général,  au  Shinn-dendzoukouri.  Cependant,  le  système  féodal  de 
cette  époque,  la  nécessité  de  pouvoir  rassembler  des  Boushi,  les  lois  du  temps  <pii  fixaient  la 
disposition  de  l'enceinte  du  château  et  même  le  plan  de  1  ensemble,  toutes  ces  circonstances, 
créant  une  règle  constante,  donnèrent  naissance  à  un  style  d  une  extrême  simplicité.  Ainsi, 
1  enceinte  extérieure  était  faite  avec  des  planches  en  ailerons;  les  portes  étaient  des  aglie  tsoutchi 


mou  (couvertes  d’un  toit  en  terre.  11  y  avait  aussi  des  yagoura  mon  portos  à  tour.  En  franchissant 
la  porte,  on  trouvait  aussitôt  le  Tohozamouraï  corps  de  garde  avança1  ,  et  le  Shiki-dai  •  terrasse 

de  cérémonie;. 

Les  toits  étaient  en  planches.  On  n'employait  pas  ordinairement  les  tuiles.  On  n  a  pas  encore 
entendu  dire  qu  on  ait  découvert  une  tuile  dans  les  ruines  de  hainakoura.  •lustju  aux  i  uuj  ginmU 
monastères  Zen,  appelés  les  cinq  montagnes  de  Kamakonra,  «pii  sont  couverts  en  planches,  •  n 
roseaux  ou  en  chaume.  En  résumé,  à  Kamakonra  on  suivait  le  lhmké  d/.oukouri  simple  et  rustique. 
A  kyauto,  on  préférait  encore  le  Shinden-dzoukouri,  élégant  et  somptueux. 

.MONUMENTS 

Mondau  dv  Kwaxnsiunn.ii.  —  kawatehi. 

C’est  nn  bon  monument  de  cette  époque.  Le  plan  compte  sept  travées  sur  quatre,  avei  pnrelie 
et  galeries.  Les  deux  nefs  (sanctuaire  et  nef)  sont  séparées.  Au  centre  du  sanctuaire  s  .  I.  \.  un  l:  <  »  ma 
dau,  sorte  d’autel  bas  sur  lequel  on  brûle  des  baguettes  de  bois  <le  Non rou  de  llluis  s rm  m  ta  t  n  ) 
A  droite  et  à  gauche  sont  accrochés  des  panneaux  représentant  les  Manderas  des  <Uux  niomb's 
La  disposition  particulière  du  Shumidan  montre  un  bon  modèle  «h*  temple  ésutniqm*  sliin-  u 

Le  batiment,  ne  comportant  qu  un  rez-de-chaussée,  est  surmonte  d  un  t •  > 1 1  a  pignons 
retraités.  Les  proportions  sont  très  basses.  La  pente  extraordinairement  deeli\«*  «lu  toit,  I  eh  -  m<  . 


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Fig.  ',G.  —  Iîkffiïoi  du  TodaLii.  —  Yiunalo.  —  N  ara. 


de  ses  courbes,  les  pignons  dressés  en  profondeur  à  partir  de  la  muraille,  tout  atteste  l’essence 
de  la  tradition  du  style  des  Foujiwara.  Mais,  dans  les  détails,  l’exécution  est  él  rangement 
abandonnée,  malgré  des  apparences  de  crânerie  et  de  brio.  Ce  qui  paraît  le  plus  remarquable, 
c’est  l’arrangement  des  koumimono.  11  est  regrettable  que  ce  monument  ait  du  être  reconstruit 
au  temps  de  la  sécession,  ainsi  que  l’affirment  certains  documents  des  archives. 

Fig-  4b-  L’arrangement  des  colonnes  n’obéit  pas  aux  lois  ordinaires,  et  la  fatum  dont  sont 
traités  les  koumimono  est  vraiment  délicieuse.  L’audace  de  la  courbe  du  toit  donne  au  beffroi  une 
grâce  et  une  force  dont  on  ne  connaît  pas  d’autre  exemple;  et  l’on  ne  saurait  trop  admirer, 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XLI. 


KWANNON  AUX  ONZE  FACES  (Avalokitésnwera  -Ikadas,  sanscrit). 

XIVe  siècle  (Hokongauin-Kyauto). 


surtout,  la  beaute  parfaite  des  proportions  de  l'ensemble,  (jui  révèle  la  maîtrise  parfaite,  le  pur 
inmie  architect lirai. 

O 

On  n  n  pas  encore  de  données  absolument  certaines  sur  la  date  de  ce  bâtiment.  Mais  la 
cloche  porte  sur  la  tète  de  dragon  formant  l’anse:  «  Fondu  la  irp  année  Yen  0  iTicp,  2°  mois, 
)<>'  jour  ».  tin  supposant  <pie  le  bâtiment  a  été  restauré  à  cette  époque,  qui  correspond  à  la 
prospérité  de  kamakoura,  les  particularités  de  sa  conception  permettent  de  le  rapporter  à  l’influence 
chinoise  des  Souno’. 


loi  résume,  l’arcliitccture  de  ce  temps  présente,  par  la  multiplicité  de  son  caractère, 
des  problèmes  difficiles  a  résoudre.  Cependant,  on  peut  établir  deux  grandes  divisions: 

i"  Certains  aspects  montrent  la  transformation  opérée  depuis  l’élégance  des  Foujiwara 
jusqu  à  la  simplicité  des  Ashikaga; 

•>.  I)  autres  sont  marqués  de  I  esprit  tout  nouveau  venu  des  Souug. 

Ainsi  approchera-t-on  de  la  vérité.  Les  œuvres  de  la  irp  catégorie,  sans  discuter  leur  forme 
d  ensemble,  bien  «pi  elles  conservent,  dans  la  décoration  intérieure  et  extérieure,  beaucoup  de 
I  époque  précédent e,  subissent  des  changements  (pii  s  harmonisent  avec  la  seconde  catégorie.  Dans 
les  umvres  de  cette  seconde  catégorie,  on  se  sert,  pour  les  koumimono,  de  ce  «pi  on  appelle  le  genre 
chinois  T;  ui-yau  .  Ce  nom  est  donné  par  opposition  à  ce  qu’on  appelle  le  genre  japonais  \\  a-yau  ,  à 
I  epoque  préci'd ente.  Ce  <|ni  appert  clairement  des  documents  sur  l’architecture  de  ce  temps,  ce  sont  : 
i"  L  inauguration  des  <*aran  de  la  secte  Zèn  ; 
a"  La  naissance  de  Bouké  dzoukouri  ; 

>"  L’abandon  par  l'architecture  bouddhique  des  règles  anciennes; 
j"  Le  commencement  de  l'emploi  de  la  peinture  et  de  la  sculpture. 


CHAPITRE  VI 


Industries  d’art 


Les  nobles  di*  la  capitale  qui,  à  l  époque  précédente,  avaient  déplové  un  faste  inouï,  étaient 
tombés  sous  l'entière  domination  des  Ronslii.  Mais  kvaulo,  bien  qu’à  maintes  reprises  elle  eut  été 
foulée  par  les  sabots  des  chevaux  de  guerre,  conservait  toujours  son  prestige  de  centre  de  la  littéra¬ 
ture  et  des  arts,  la  cité  de  la  politesse  et  des  mœurs  élégantes.  Les  Boushi  de  toutes  les  provinces,  à 
commencer  par  ceux  de  kamakoura,  la  regardaient  comme  la  ville  modèle. 

Aussi,  à  cette  époque,  la  fabrication  des  tissus,  des  laques,  de  l’orfèvrerie,  de  la  bijouterie, 
continua-t-elle,  pour  une  bonne  part,  les  formes  de  la  période  précédente.  Les  transformations  sont 
de  peu  d  importance.  Aux  dernières  années  de  la  période  présente,  les  bonzes  Zèn  font  de  fréquents 
voyages  en  Chine.  Les  lois  étant  relâchées  par  suite  des  troubles  de  la  sécession,  les  popula¬ 
tions  de  toutes  les  provinces  de  l’Ouest  et  du  Sud  vont  librement  en  Chine  ou  naviguent  pour  le 
commerce  dans  In  mer  du  Sud.  (Lest  alors  qu’on  voit  introduire  en  grande  quantité  les  poteries,  les 
tissus,  les  ouvrages  de  métal  et  autres  objets  de  provenance  étrangère.  On  trouve  encore  aujourd’hui 
des  boîtes  à  thé,  des  théières,  des  morceaux  d’étoffes  importés  à  cette  époque  et  très  appréciés  des 
Tehiga-jinn.  L’importation  d’objets  étrangers  suspendit  la  fabrication  nationale,  en  sorte  que  celle-ci 
ne  chercha  pas  à  se  transformer.  C'est  seulement  à  l’époque  des  Ashikaga  que,  pour  la  première 
fois,  un  changement  se  fit  dans  les  goûts  et  qu’il  se  produisit  une  imitation  des  objets  de 
provenance  étrangère. 


La  période  de  Kamakoura  appartient  aux  Bouslii.  Or,  ce  .pi'il-  appréciaient  le  plu-,  '•'■•tait 
les  belles  armes. 

Aussi  la  fabrication  des  sabres  et  des  armures  fît-elle  des  progrès  remarquables  ^1  a i -  c<*  < pi  on 
demandait  avant  tout  aux  armes,  c’était  leurs  qualités  pour  l’usage*  On  les  voulait  solides  et 
tranchantes.  Leur  ornementation  était  secondaire.  Pour  les  sabres  paraissent  successivement  .If- 
artisans  fameux,  tels  que  Raïkounivouki,  ainsi  que  ce  qu  on  a  appelé  plus  tard  1rs  trois  rlirL 
d’œuvre  :  Awada-goutchi  Yoshi-mitsou,  Okazaki-inaçamouné,  Lan  Visio  llin».  Pour  I  oniemmlat ion, 
il  n’est  pas  d’artisan  dont  on  connaisse  le  nom.  L’est  à  peine  si,  ver-  l’époque  de  la  sécession,  b*  lil- 
d’un  armurier  de  Sagami  Shin-dô  Kouni-ihé,  Dai-jin-pô  Youkéi,  grave  simplement  -ni  la  lame  « 
qu’on  appelle  un  Kir i mou. 

Vers  la  fin  de  la  période  précédente  parut  à  lwaiito  un  célèbre  armurier  nomme  M a< -md  ( 


Idzoumo-no  Kami.  Sous  Kou  Oyé  I"  LXX\  I,  i  i  jçj  P  m  \ a  AI  i  i  >  >  ,  d  reçut  le  nom  de  \ I \  an¬ 
te*  li i un.  Pendant  les  années  Boundji  1 185-1190),  il  se  transporta  à  kamakoura,  oii  il  fabriqua 
beaucoup  d’armes,  à  commencer  par  le  célèbre  casque  appelé  Kidokou.  Pendant  dix  vénérai  ions,  ses 
descendants  portèrent  le  nom  de  Myau-tchinn  et  continuèrent  sa  profession.  L’habileté*  dans  l’orne¬ 
mentation  ne  doit  commencer  à  se  montrer  que  vers  le  milieu  de  la  période  présente,  l/nrl  du 
lomh  m  semble  assez  prospéré.  Pendant  les  années  Ken  kyou  1  iqo-i  i<)<)  ,  Minamolo-no  A  oritomo  lil 
réparei  le  Daï-boiitsou  du  lôdaiji  de  Nara.  Un  Chinois  des  feoung,  ïdnnna-kei,  fut  chargé*  de  la  Ionie. 
Aide  pai  Kouçabé  Koréçouke,  il  mena  a  bien  la  fonte  de  la  tète  du  Daïboulsoii.  A  cette  époque, 
il  fondit  beaucoup  de  statues  bouddhiques.  La  décoration  des  statues  et  des  objets  du  nulle  est 
florissante;  le  goût  des  motifs  est  au  niveau  de  l’habileté  d’exécution. 


Objets. 


CH  objel  (fig.  17),  qui  sert  dans  les  cérémonies  shintoïstes,  est  tout  en  bronze  d’or  repercé 
H  cisèle,  l  ubrique  au  commencement  de  cette  période  et  restauré  pendant  les  années  Kakitsou 


I  ig.  '|8.  —  Aiimihk  imiuîiqiki:.  —  Xara.  —  Kaçouga-jinjva. 


1 4 4 1  - 1 1  i  j),  selon  les  archives,  il  n’en  est  pas  moins,  dans  tous  ses  détails,  du  style  de  l’époque 
des  Foujiwara. 


Cette  armure  (fig\  /|8)  est  toute  détériorée,  mais  ce  qui  subsiste  révèle  une  fabrication  soignée. 
Le  cimier,  les  manches,  la  jupe,  etc.,  sont  couverts  d’une  garniture  de  métal,  formant  des  branches 
de  prunier,  d’une  sculpture  1res  belle  encore,  en  dépit  des  restaurations  postérieures.  Elle  doit 
dater  du  milieu  de  cette  époque. 


Vases  bronze  vert  (fig,  i9),  décoré  de  pivoines  et  d  aral.es, pies  . .  I.c  socle  for 

un  lotus.  Le  modelage  des ‘décorai  ions  est  d’une  extrême  branle,  et  la  composition  en  est  très 


l  it;-.  i<).  —  Vases  \  fleurs  avec  pivoines  en  relief.  H 


ingénieuse.  Sous  les  pétales  des  pivoines  est 
Schyautchyou  ( 1 3s 5) .  Kvautô-1 lokkéji  ».  Il 
cl’armes  et  d’ornements  bouddhiques. 


gravée  1  inscript ion  : 
reste  encore  beaucoup 


im 


*  l'automne  de  la  ■»'  anime 
iraux  modflfs  d  armili  ••*. 


LAQULS 


Les  laqueurs  conservent  l’habileté  de  la  période  précédente.  Le  procède  d»»  knnagai  redouble 
ses  progrès.  La  magnificence  des  laques  augmente.  On  y  fait  beaucoup  d 'incrustations  de  fmiilli^ 
de  métal.  Les  motifs  décoratifs  sont  pour  la  plupart  empruntés  à  la  période  précédente.  Pour  varier 
le  asiate ,  on  arrange  les  caractères  chinois  d’une  strophe  et  l’on  illustre  sa  signilieation,  etc.  ( ’.epmi- 
dant,  si  la  facture  des  ouvrages  de  la  première  partie  de  la  période  est  très  soignée,  aile  se  relâche 
peu  à  peu  vers  le  milieu. 

Le  procédé  de  laquage,  vers  les  dernières  années,  est  assez  grossier.  Sous  le  nom  d<*  Négoro- 
Nouri,  les  prêtres  de  Négoroji-en  Kii,  font  des  ustensiles  de  table  décorés  d<*  laque  rougi*  ou  noire, 
ou  rouge  sur  fond  noir  ressorti  par  polissage.  Le  caractère  en  est  ferme  et  la  couleur  agréable.  On 
commence  aussi  à  décorer  de  laque  les  motifs  sculptés  sur  les  ustensiles  de  bois.  L’est  ce  qu’on 
appelle  le  Kamakoura-bori.  Ce  genre  de  travail  est  le  plus  souvent  très  grossier,  et  les  motifs  en  sont 
très  primitifs. 


Objets. 


l' ig.  ><>.  La  boita  porte  cotte  strophe,  que  sa  décoration  illustre  :  «  Derrière  le  Tchvau-sei-dèn 
(pavillon  de  la  longévité),  la  nature  osl  riche  en  beaux  spectacles,  au  printemps  et  à  1  été.  Devant  la 
porte  où  n  entre  pas  la  vieillesse,  h*  soleil  et,  la  lune  se  couchent  tardivement.  »  Cette  pièce,  qui 
mesure  environ  i  pied  >  pouces,  appartient  au  commencement  de  cette  période.  La  décoration  est 
des  (>bis  soignées  et  d’un  goût 
tri* s  élégant. 

Au  Tahémadéra  se  trouve 
un  reliquaire  décoré  <1  un  étang 
Henri  de  lotus,  qui  doit  dater  des 
premières  aimées  «b*  cette  époque. 

Il  porte  le  nom  des  donataires  et 
du  niait re  laqueur. 

A  bizou,  au  Mishima-jinjva, 
est  conservée  une  boite  à  peignes, 
décorée  en  nm/:ir  d  un  sujet  de 
légende  poétique.  A  I  intérieur 
sont  d  autres  petites  boîtes,  toutes 
d  un  travail  très  soigné.  Le  comte 
.Malsomla-hira  Xahn  Çouké  pos¬ 
sède  une  boîte  à  main,  décorée 
de  papillons.  Le  vicomte  Doi 
loshiloom,  une  boîte  de  toilette 
en  nacre  décorée  de  crêtes  de 
vagues.  Ions  ces  objets  sont 
célèbres,  et  datent  do  la  i"  partie 
de  cette  enoouo. 


CKHAMlnUL 

I  ig.  »o.  —  Boni-:  laqué  K  Tehyau-sei-dèn). 

Los  | . . -ifs  faites  dans  les  Au  n,artluis  Yoshitkil'n  Tokougawa. 

premiers  temps  ne  ressemblent  pas 

aux  hvahibr  à  la  mode  coréenne,  en  pâte  dure  et  aux  formes  irrégulières.  Les  progrès  de  la 
céramique,  si  I  on  compare  cet  art  aux  autres,  sont  lents.  Elle  n  arrive  pas  encore  à  dégager  son 
originalité.  Les  ustensiles  journaliers  se  fabriquaient  en  grand  nombre,  mais  rarement  ils  portaient 
une  décoration  entièrement  émaillée,  ou  témoignant  au  moins  du  goût  artistique. 

A  1  époque  présente  vivait,  en  Owari,  ka-to-shirosa-é-mon-kakémaoa.  Sous  l’empereur  Go 
I  lorikaw  a  (LXXXVI  ,1a  ir<‘  année  Djvau-o  iaa>  ,  il  accompagna  le  bonze  Daughèn  en  Chine  Soung). 
Après  avoir  étudié  là,  pendant  cinq  ans,  les  procédés  de  la  poterie,  il  revint,  et  fonda  un  four  à  Séto 
inoiira,  en  Owari.  Il  fît,  avec  de  la  terre  de  Chine,  des  théières  qu’il  décora  d’un  émail  bleu  clair,  qu'il 
sema  dé  tachés  d  émail  noir.  C’est  ce  qu’on  appelle  «  plumage  caillete  ». 

Le  nom  de  Kato-shirozaémon  Ixaghémaça  a  été  écourté  et  est  devenu  Toshirau.  Les  poteries 
sont  appelées  «  vieux  Séto  ».  On  peut  dire  que  c’est  là  le  réveil  de  notre  céramique.  Plus  tard,  sous 
Kamé  Varna  Ier  XC  ,  pendant  les  années  Bounyéi  (1264-1270  ,  le  second  Toshirau  inaugura  le 


Tchyou-vaki.  J1  commença  par  inventer  un  émail  jaune  dont  il  couvrit  des  pots  à  thé,  «les  lasses,  des 
brûle-parfums,  etc.  Il  fit  une  décoration  tachetée  en  mettant  ce  jaune  sur  l'email  brun  clair. 

Pendant  les  années  Ei-ninn  (i  mp- 1  *>.«)«)),  le  P  Toshirau,  prennnl  de  la  terre  du  mont  Kinkwa 
zan  en  Mino,  imita  en  Séto  les  procédés  du  premier,  et  lit  un  décor  lâcheté  de  noir  sur  fond  brun  «  laii 
Il  fît  principalement  des  pots  à  thé  «‘I  très  peu  d'autres  vases.  Pendant  les  années  Ixmii  mou  i  lij 
j 336)  parut  le  4e  Toshirau.  La  plupart  du  temps,  sa  décoration  est  jaune  sur  fond  brun  «  lair  Smi 
émail,  partout  où  la  surface  extérieure  atteint  la  pause,  u  étant  pas  suffisant  par  lui  imnm,  la  t*  rre 
apparaît  en  bosses.  Ses  poteries  sont  appelées  llafouyaki. 

Il  a  surtout  fait  «les  pots  à  thé.  Ces  toshirau  st‘  perpétuent  «b  griiiTatiou  •  n  yem  rateai  \  !.. 


fin  des  Asbika«»‘a  survient  1  invention  «lu  fclivadau. 

i?  * 

Alors  les  poteries  deviennent  très  appréciées  des 

connaisseurs,  et  un  petit  pot  arrive  à  valoir  plus  de 

i  ooo  yen. 

«/ 


Objets. 

Fig.  5i.  Fait  par  Toshirau,  le  premier  potier  «le 
Séto,  porte  le  nom  de  kokoriohé-no-Tcha-ïré.  Hauteur, 
64  millimètres;  diamètre,  i  i  o  millimètres  ;  la  couleur 
de  terre  est  grise. 

O 


Fig.  >  r.  —  Pot  a  thé. 

Appelé  kokonohé- no- Telia -îré  Musée  impérial 


Fig.  '»  t  —  lÎKfl.l  -lAIII  I  Ms  l  \  lolt  Ml  IM  lloV 
•Vu  marquis  V  osliiakitM  I  okmig.iw .1 .  Ilaticm  1 


niON  :  heto  (Uwari).  —  Foukagawa.  — 


'  lfl.) 


ill 


(a>  lion,  qu  on  attribue  au  premier  Toshirau.  est  bien  antique  par  la  forme  et  le  caractère 
L  exécution  n’en  est  pas  malhabile. 

I  ig.  02.  Bien  qu  on  attribue  aussi  cet  objet  au  ivr  Toshirau,  sa  forme,  si  on  !«•  compare  ; 
precedent,  paraît  tout  à  fait  nouvelle.  Ne  serait-il  pas  plutôt  du  temps  du  3°  Toshirau  ? 

L  émail  est  tacheté,  mais  sur  fond  brun  clair. 

Joutes  les  familles  nobles  possèdent  un  grand  nombre  de  boîtes  à  thé,  pots  à  thé  et  autres 
poteries. 


LIVRE  PREMIER 


Ashikaga. 

O 


CHAPITRE:  PREMIER 


Conditions  de  la  société  par  rapport  aux  Beaux-Arts. 


s 


La  sécession  entre  1  •  s  deux  cours  du  Sud  et  du  Nord  dura  cinquante  ans.  L’empereur  et  les 
fouet iminaire*  de  la  cour  du  Sud  vivaient  à  1  écart,  au  fond  des  montagnes  de  ^osliino. 
essayèrent  de  rétablir  une  capitale  impériale.  La  cour  du  Nord  s  y  op]>osa,  et  il  s'ensuivit  une 
sérié  de  batailles  incessantes. 

Asliikaga  Yosliimitsou,  succédant  à  son  père  Yoshiaki  et  à  son  ancêtre  Taka-oudji  ,  fut 
Sei  -  i  -  taï -Shvaugoun.  I  atigué  des  années  consécutives  de  révolutions  militaires,  il  comprit 
l'inutilité  de  la  lutte  par  les  armes  et  proposa  la  paix  en  réglant  la  transmission  du  pouvoir 
des  deux  ligues.  Nord  et  Sud.  Alors  les  deux  cours  se  réunirent.  Ixyauto  redevint  le  centre  du 
gouvernement..  Le  pouvoir  passa  de  nouveau  aux  mains  des  militaires.  Le  Bakou  Ion  devint  de 
plus  en  plus  puissant . 

Cependant,  lorsque,  la  cour  du  Sud  disparue,  la  tranquillité  fut  revenue  autour  de  Ixyauto, 
Yosliimitsou  afficha  le  goût  du  luxe  et  des  plaisirs.  Il  éleva  beaucoup  d’édifices.  Il  restaura  les 
salles  du  Toi  i  et  du  Eurvakouji,  ainsi  que  le  kondau  du  Kofoukouji;  il  construisit  le  Shyokokouji. 
Les  monuments  qui  avaient  été  détruits  par  la  guerre,  il  les  fit  rebâtir  en  répartissant  la  dépense 
entre  les  provinces.  Il  éleva  une  pagode  à  sept  étages,  haute  de  36o  pieds,  bâtit  le  palais  de 
Mouromatchi  qu'il  lit  décorer  magnifiquement.  Pour  sa  villa  de  Kitayauma,  il  se  fit  offrir  par  les 
gouverneurs  et  les  daïmios  de  toutes  les  provinces,  du  bois,  des  pierres  et  des  ouvriers.  Il  y  créa  un 


parc  avec  des  étangs,  dans  lequel  il  nourrissait  des  reris.  Il  se  fil  bâtir  un  pn\ilhm  a  tmis  elages 
dont  tous  les  murs,  colonnes,  portes,  fenêtres,  étaient  laqués  «I  or.  Son  exemple  fut  imité  I 
daïmiôs  de  toutes  les  provinces  bâtirent  des  palais.  Abandonnant  la  simplicité  des  iinnirs 
militaires,  ils  se  livrèrent  aux  divertissements,  répandirent  l’argent,  rivalisèrent  de  luxe  Kyauto 
reprit  alors  son  ancien  éclat  et  même  elle  devint ,  pour  l'architecture,  l'ai  l  des  jardin**  et  b*s 

industries  d’art,  le  terrain,  d  une  soudaine  renovation. 

Cependant,  la  paix  ne  durait  pas  depuis  longtemps,  quand  la  In*  I  '  *  <  *«  »  i  n  m  •  •  1 1  <  •  ;  »  «*  1 1 1 1  •  •  les 
maîtres  de  Kamakoura  et  le  Shyaugoun  de  Kyauto.  Ce  qui  restail  de  partisan*  d.*  la  mur  du 
Sud  se  souleva  de  nouveau.  Les  bonzes  de  llokourci  llieizan  .  de  la  <'apil.de  du  Sud  \  ou  , 
prirent  les  armes.  Ceux  que  révoltaient  les  impôts  excessils  se  lovèrent  toi  masse.  La  rnnfii**ion 
fut  bientôt  portée  à  son  comble  par  une  disette  universelle.  Llusieur**  *  •  «  •  1 1 1  a  i  n  -  -  d<  |"Nniih> 
mouraient  de  faim  par  jour.  Mais  les  Shvaugouns.  Lbumeur  pacilique,  ne  songeaient  qu  a 
leurs  plaisirs. 

Le  8°  Shyaugoun  surtout,  Aoshimaca,  entre  autres,  poussa  la  magniln  ohv  plu*,  f-u 
encore  que  son  ancêtre  Aoshimitsou.  Il  ne  se  plaisait  qu  aux  amusement*;  «livre*  Il  lit  pro*.p.  i.  r 
la  construction.  11  avait  un  goût  très  vif  pour  le  lYhvaji.  \u  (unkakouji  *t  au  I  •  v  "‘idau  d< 

1 1  igashi-vama,  il  y  avait  des  salles  de  tlié.  On  v  rassemblait  quantile  de  npii\  <>bp  I**  d. 

vieilles  peintures.  Entouré  de  Tchvajinn,  A  oshimaça  organisait  roustamnieiil  de*,  palier  A  I  lie. 
dont  la  mode  se  propagea  rapidement. 

Le  Tchanoyou  naquit  de  la  cérémonie  de  Tclivadau  de  la  t  *  /en.  *>u  "Iti.ol  f  tl  u 
Bouddha  et  aux  hommes.  A  partir  du  milieu  de  l  époque  précédente,  on  \  i I  de>  -en*  pi-rmlr*  .1 
cette  cérémonie  un  goût  marqué.  A  l’époque  présente,  on  la  embellie  et  tout  *.!  *.<  L*.*.  -  d>  la 
société  s’y  complaisent  et  la  compliquent  du  jeu  des  parfums  et  de  la  ileeoration  Iku.d* 

Le  Shyaugoun  et  tous  les  daïmiôs,  dans  leurs  salles  de  I lié.  nvalixuil  d.  -mil  .irh~iique 
Ils  dépensent  des  sommes  considérables  pour  les  objets  destinés  a  f  s  «n  ie  1  *  .  |t<  nu  .A.  .  ut 

plusieurs  résultats.  Non  seulement  les  arts  et  les  métier*  \  fmn\èrent  un  ^  t  i  1 1 1 1 1 1 . 1 1 1 1  ,  m  r.’  iqm  . 

mais  encore  les  gens  qui  pratiquaient  le  Tcliyaji  devinrent,  pour  la  plupart,  des  amateurs  .  .  l  ui.  * 
en  matière  de  décoration  des  maisons  et  des  jardins.  Leur  goùl  Caflina:  m  sorte  qm  «  .11. 
mode  exerça  une  très  grande  influence  sur  la  fabrication  des  objet*  d  art. 

Cependant,  les  Shvaugouns  négligeaient  de  plus  en  j »  1  u ■*  le  gouvernement,  niult q>h tnnl  I*  s 
impôts  et  ne  se  préoccupaient  que  de  satisfaire  leur  goùl  de  faste.  L  I. injure  était  epin*< 

L  admimst  1  af  ion  se  dissol  \  ai  t .  Les  cal  uni  1  tes  s  abat  1 1  re  1  il  sur  le  pu  vs .  L  <■  *  I  alors  qu  eelnfereiit  I  .* 
tioubles  de  O-ninn  1  jtg-i  |Gq  .  Ce  lut  I  anarchie,  dus  de  soixante  j>roviuees  lurent  changee**  en 
un  enfer .  Lest  le  début  de  ce  qu  ou  peut  appeler  I  âge  sombre  de  notre  histoire,  (les  troubles 
durèrent  à  peu  près  onze  ans  et  Kyauto  <*11  fut  réellement  le  centre. 

A  commencer  par  le  Dairi,  tous  les  grands  temples,  lèu-rvoii,  Sliyaiigokou,  etc.,  furent 
incendiés  dans  ces  guerres  intestines.  II  en  fut  de  même  des  yashikis  et  des  villas  des  princes 
des  nobles.  Los  h\res  et  les  objets  conservés  dans  les  familles  furent  en  majeure  partie  delruils 
ou  dispersés.  La  capitale,  ruinée,  devint  une  plaint?  aride.  Les  nobles  et  les  fonctionnaires  s*' 
dispersèrent.  Le  déclin  de  la  cour  et  la  ruine  do  la  capitale  furent  t  «  *  1  s  que  jamais  on  11  en  avait 
mi  de  pareils.  La  majesté  impériale  et  l’autorité  du  Shyaugoun  étaient  effacées,  fous  les  généraux, 
retournant  chacun  dans  sa  province,  s  empareront  de  territoires.  Le  fut  le  règne  de  la  conquête 

et  de  la  Molence.  La  civilisation  dépérit,  les  Beaux-Arts  s’atrophièrent,  les  lettres  tombèrent  dans 
l’oubli. 

Lependant,  1  état  trouble  de  Kyauto,  centre  des  lettres,  1  éloignement  des  nobles  et  des 
dames  du  palais  laissèrent  échapper  les  lettres  à  l’aristocratie.  (Ve  fut  le  peuple  qui  les  recueillit. 
On  sentit  déjà  poindre  le  début  des  tendances  artistiques  ultérieures.  Les  conquêtes  des  bandes 


militaires  amenèrent  le  fondation  de  petites  capitales.  Celles  du  Sud-Ouest  entamèrent  à  leur  guise 
des  relations  avec  les  commerçants  étrangers. 

Ces  relations  avaient  été  complètement  rompues  après  la  campagne  de  Kô-an  (1278-1288). 
Seuls,  les  bonzes  et  les  marchands  entretenaient  un  faible  mouvement  de  transit. 

Dans  cel  état  de  troubles  qui  accompagna  le  déclin  de  la  maison  impériale  et  la  destruction 
de  l’autorité  du  Shyaugoun,  les  relations  privées  avec  l’étranger  augmentèrent,  soit  par  la 
piraterie  des  Coréens  et  des  Chinois,  soit  par  les  voyages  et  les  entreprises  des  particuliers. 

Les  Ashikaga,  trouvant  avantage  à  faire  du  commerce  avec  les  Ming  pour  faire  face  à 
leurs  pressants  besoins  d’argent,  lièrent  des  relations  particulières  avec  l’étranger  et  firent  par  là 
du  mal  au  pays.  Cependant  les  Chinois,  recherchant  l’amitié  du  Japon,  envoyèrent  de  l’or,  de 
I  argent,  des  antiquités,  des  livres  el  des  peintures.  Nos  bonzes,  en  grand  nombre,  firent  le  voyage 
de  Chine  et  eu  rapportèrent  des  objets  d’art  et  des  ferments  de  culture.  Ainsi  nos  arts  et  nos 
métiers  déployèrenf  une  certaine  activité.  A  partir  du  milieu  de  cette  époque,  profitant  de 
l'anarchie  gouvernementale,  des  bandes  armées  rançonnaient  les  provinces.  Celles  qui  réussissaient 
à  établir  I  eur  domination  se  créaient  des  relations  avec  l'étranger,  renouvelaient  les  transactions 

O  7 

avec  la  Corée  et  les  Ming,  et  même  en  nouaient  avec  les  Portugais  auxquels  ils  achetaient  des 
objets  européens. 

Dans  celte  transformation  sociale,  le  Bouddhisme  n’avait  pu  échapper  à  la  tourmente. 
Cependant,  le  llambeau  de  la  loi  brillait  encore  en  chaque  secte,  de  Eizau  à  Nara. 

A  cette  époque,  aucune  secte  n'avait  sur  les  âmes  ainsi  que  sur  les  Beaux-Arts  une  influence 
comparable  à  celle  de  Zèn.  Cette  prospérité  de  la  secte  Zèn  tenait  à  I  harmonie  de  ses  tendances 
avec  les  aspirations  et  les  sentiments  des  contemporains  et  avec  les  circonstances  du  moment. 

Lu  effet,  toutes  les  sectes  qui  jusqu  alors  avaient  basé  leur  existence  sur  un  livre  canonique, 
on  étaient  arrivées  peu  à  peu  à  s’attacher  trop  strictement  aux  formules  et  négligeaient  l'esprit  de  la 
doctrine.  Ln  outre,  elles  étaient  devenues  fort  mondaines.  A  maintes  reprises,  leur  intervention 
violent**  et  scandaleuse  avait  fini  par  leur  aliéner  les  esprits. 

La  secte  Zen,  basant  sa  doctrine  sur  buccession  immédiate  à  la  voie  de  la  bouddlii  par  la 
générosité  du  cœur,  et  prêchant  une  religion  dégagée  de  formules,  acquit  bientôt  une  prospérité  qui 
s'explique  aisément.  Par  sa  doctrine  exaltant  le  sentiment  comme  la  voie  parfaite,  elle  apaisait  les 
(•(puis  et  incitait  les  hommes  à  réformer  leur  conscience.  Cette  conception  religieuse  d’une  grande 
simplicité  devait  convenir  aux  esprits  de  ce  temps-là,  tournés  vers  les  œuvres  guerrières,  mais 
indigents  d  intelleetualité  et  de  science. 

Elle  séduisait  surtout  les  Boushi,  dont  elle  flattait  les  instincts  en  enseignant  l'importance 
d’accorder  l’action  et  la  connaissance  par  l  illumination,  en  vantant  la  vaillance  et  la  simplicité.  A  ces 
causes  de  la  prospérité  de  la  secte  Zèn,  inhérentes  à  sa  doctrine,  s’en  ajoutaient  d  autres  assez 
nombreuses.  Pendant  plusieurs  générations,  les  empereurs  firent  fréquemment  venir  au  palais  ses 
prêtres  de  dignités  supérieures,  ou  bien,  faisant  des  visites  à  ses  temples,  écoutèrent  les  prédications 
et  se  convertirent  à  sa  doctrine.  Ainsi,  les  Ashikaga,  qui  la  tenaient  en  haute  estime,  bâtirent  cinq 
temples  à  Kyauto  et  favorisèrent  les  bonzes  Zèn.  Parmi  ceux-ci  se  manifestèrent  de  grands  érudits; 
quelques-uns  brillèrent  dans  les  lettres.  Ils  passèrent  alors  pour  les  dépositaires  de  la  culture.  11 
arriva  alors  que  le  courant  de  la  secte  Zèn,  s’étant  chargé  d  éléments  nouveaux,  réveilla  le  monde 
intellectuel  dans  notre  pays  et  emporta  les  esprits  vers  les  études  métaphysiques.  La  popularité  de 
la  secte  Zèn  réagit  sur  les  lettres,  les  mœurs,  la  religion.  Elle  domina  les  arts  de  cette  époque,  qui 
subirent  deux  empreintes  profondes  de  la  secte  : 

i°  L’empreinte  directe  sur  les  formes  dans  les  arts; 

2°  L’influence  indirecte.  Les  œuvres  des  Soung  et  leur  culture,  rapportées  de  Chine  par  les 
bonzes  Zèn  qui  y  allèrent,  laissèrent  leur  marque  aux  arts  du  Japon. 


CHAPITRE  11 


Evolution  et  caractère  des  Beaux-Arts  de  ce  temps. 


Quand,  au  temps  de  Ashikaga  Yoshimitsou,  les  deux  cours  du  Sud  et  du  Nord  m>  ivmiiiviit ,  mu- 
apparence  de  paix  rég*na  quelques  années.  Les  Beaux-Arls  <*l  I  uiduslni1  lii'uil  al.u-  d'  -  pid^i. 
comme  nous  l’avons  dit  précédemment. 

L’épanouissement  de  la  secte  Zen  et  les  réunions  de  thé*  sonl  les  deux  événements  prim  ipaux 
qui  agissent  sur  les  arts.  Tout  d  abord,  les  goûts  se  montrèrent  assez,  conlus.  I  ms  Ids  t< ml  •  1 1 •  -'s 
prirent  corps  et  ce  fut  la  peinture  surtout  qui  bénéficia  de  cette  impulsion.  N  ers  la  lin  d.  la  p«  ri- -d • 
précédente,  Kao  avait  fait  des  dessins  à  l’encre  de  Chine  pour  se  reposer  d<*  ^.*s  travaux  n  ligmuv 
Après  avoir  emprunté  le  procédé  des  Soung  et  des  \ouèn,  le  procédé  H  h*  s t  \  I < *  de  l«u  .t  >  i  J. 
Kacouo-a,  leurs  couleurs  franches  et  brillantes  commencèrent  a  paru  hier.  !.*•  u < * •  1 1  d  dh>r-  nh.i.t 
un  coloris  léger  et  un  trait  schématique.  On  cherchait  un  procède  clair  et  libre 

Vers  la  période  Oyei  1 3« j  j - 1  j 28  ,  avec  Djvosetsou  et  Shvouhoun,  ce  nouveau  _ m  . 
peinture  acquit  un  éclat  de  plus  en  plus  brillant.  Ogouri  Sotan,  Soga  l)j\ a-eoknii,  V.ami.  Shv.m  k»  1. 
Sehvou,  s’engageant  dans  cette  voie,  inaugurèrent  un  art  nouveau,  qui  tendait  nts  un  g.-ur* 
populaire. 

D’autre  part,  le  célèbre  maître-peintre  de  l’école  Toça,  Mitsou  Nohoii,  puisant  dans  I  .  .  . » I .  d  » 
Soung  des  tendances  nouvelles,  auxquelles  il  mêlait  les  procédés  kakou  Lui  et  d*  N  obou-zaiié,  ou\  rit 
à  la  peinture  une  voie  nouvelle.  D’autre  part,  kano  Moto  Nobou,  avant  reçu  de  son  pi  re  Mara  Y, bon 
la  tradition  chinoise,  y  allia  la  tradition  japonaise  Ashighé,  reçue  de  >011  beau-père  MiNmi  \'.>|.,,u.  et 
inaugura  ce  qu’on  appelle  le  \\  akan-settchyougwa,  école  éclectique  Yamatn  <  hiimi-, 

En  résumé,  les  caractères  particuliers  de  la  peinture  de  ce  temps  consistent  dans  um  1 . dn  n  le 
nouvelle  de  la  forme  et  de  la  couleur,  un  goût  de  l’idée  profonde  et  limpide  et  liuiit.it  om  d<  la  \  j. 
La  peinture  de  cette  époque  peut  être  qualiliée  de  Z(;ncs(/nr.  En  ellet ,  bien  qu’on  ne  puisse  1 ,  \ , M 1 1  j,  r 
en  doute  l’influence  plus  ou  moins  grande,  sur  la  peinture,  des  doctrines  de  Lao  l  s/e  cl  de  L-hwan- 
Tsze,  ce  qu’elles  appellent  le  Mou-i-ten-tau  contemplation  olfre  beaucoup  de  ressemblance  ,t\(r  k, 
doctrine  Zèn.  11  semble  que  cet  enseignement  se  soit  confondu  avec  celui  de  la  secte  Zen  et  ait 
renforcé  son  influence.  Cependant  la  secte  Zèn,  comme  on  l  a  dit  plus  haut,  préconisai!  la  Doiiddili- 
cation  directe  par  la  pensée  directe,  c’est-à-dire  en  dehors  d’une  formule. 

La  conséquence  naturelle  d’une  telle  doctrine,  n’est-ce  pas  la  simplicité  generale  de  la 
peinture  et  l’abandon  relatif  du  coloris?  La  secte  Zèn  n’est  pas,  comme  beaucoup  d’autres  sectes, 
née  après  coup  de  l’étude.  Elle  eut  une  floraison  spontanée.  Aussi  son  énergie  et  sa  puissance 
ont-elles  été  rarement  égalées.  Parmi  les  artistes  célèbres  de  cette  époque,  un  grand  nombre  étaient 
des  adeptes  de  la  secte  Zen.  Il  n  est  donc  pas  étonnant  que  la  conception  de  celle  secte  a 
dans  leurs  œuvres. 

Ce  qu’on  appelle  Zèn  se  traduit  par  méditation  sereine  ou  encore  fixité. 

Comme  le  tond  de  cette  doctrine  affirme  que  pour  s’élever  à  la  connaissance  du  eomr,  il  faut 
pratiquer  la  méditation  sereine,  il  est  naturel  que  la  peinture  quelle  influençait  dût  montrer  un 
caractère  simple  et  élevé.  Cette  prédilection  pour  le  calme  profond  se  manifeste  encore  clans  le  choix 
fréquent  des  sujets  de  la  peinture,  qui  traite  alors  les  paysages,  les  oiseaux  et  les  fleurs,  comme  aptes 
à  donner  le  repos  de  l’esprit.  11  y  a  donc,  en  résumé,  deux  tendances  dans  l’art  de  cette  époque. 
D’une  part,  le  goût  de  simplicité  qui  provient  de  la  secte  Zèn;  d’autre  part,  le  goût  de  la  magnifiée 

1  t} 


laraisse 


•eiice 


H  de  la  décoration  éclatante  qui  se  manifeste  dans  le  kinkakou  et  le  Ghinnkakou,  et  aussi  dans  les 
images  bouddhiques,  pour  lesquelles  on  recherche  l’éclat  du  coloris  et  la  richesse  des  ornements. 
Les  mœurs  luxueuses  du  temps  se  révèlent  dans  cette  seconde  tendance. 


CHAPITRE  III 


Peinture. 


La  peinture  de  cette  époque  a  subi,  depuis  l’époque  précédente,  l’influence  de  la  secte  Zèn,  en 
même  lemps  que  les  lettres.  Les  bonzes  de  ses  cinq  monts,  ou  même  les  autres  bonzes,  ont  de  leurs 
mains  exécuté  de  très  nombreuses  peintures.  Leur  art,  pénétré  de  la  doctrine  Zèn,  montre  un  goût 
simple  et  élevé,  même  dans  les  sujets  tels  que  légendes  de  temples,  ou  monogatari.  La  couleur  est 
souvent  très  belle.  Mais  la  principale  recherche,  c’est  la  liberté  de  touche  du  pinceau  et  le  maniement 
de  l'encre.  On  suivait  en  cela  la  trace  des  Soung  et  des  Youèn  de  la  Chine,  et  l’on  subissait  aussi 
I  influence  de  ses  peintures  taosséiques  et  confucéennes.  Ces  influences  pesèrent  sur  toute  la 
génération,  et  très  rares  furent  ceux  qui  y  échappèrent.  Ce  fut  à  la  fin  de  la  période  de  Ixamakoura 
que  les  lavis  de  notre  pays  tirent  leur  apparition.  Leur  apogée  arrive  à  Iligashi  Varna  1er  (CXII,  1687- 
ijocp.  Les  artistes  qui  se  révident  à  cette  période  se  pressent  en  bandes  touffues  et  donnent  à  cette 
période  un  éclat  éblouissant.  Cependant,  vers  la  lin,  l’empire  étant  constamment  troublé,  ce  genre  de 
peinture  simple  et  distinguée  ne  répondant  plus  aux  goûts  des  hommes  d’alors,  on  voit  peu  à  peu 
apparaître  des  présages  de  décadence. 

ÉCOLES 


Rien  que  h*s  écoles  de  et*  temps  se  soient  montrées  nombreuses  et  variées,  on  peut  les 
diviser  on  trois  groupes,  savoir: 

F  t 

Tôt  a  cl  kaçouga,  écoles  de  Yamatoyé  peinture  japonaise  .  —  Ecole  de  Takouma.  —  Ecole 
Soghèn  Soung-Youèn  de  Chine  .  Il  n'v  a  donc  pas  une  grande  différence  avec  l’époque  précédente. 

Cependant,  les  écoles  Toça,  kaçouga  et  Takouma  tombent  peu  à  peu  en  décadence,  et  la 
seule  école  du  Soumiyé  est  prospère.  Elle  compte  de  grands  maîtres  et  de  célèbres  artistes,  et  elle 
parvient  à  imposer  son  influence  au  Japon. 

Toutefois,  avant  l'apparition  de  Jyosétsou  et  de  Shyouboun,  l’art  de  l’Encre  réunissant  ce 
qu’on  appelle  les  écoles  survivantes  de  kao  et  Goukei,  n’est  que  l’œuvre  des  loisirs  des  bonzes  Zèn 
se  délassant  de  leurs  travaux  apostoliques.  Les  œuvres  de  tous  ces  grands  bonzes  et  personnages 
célèbres  sont  simplement  des  œuvres  d’amateurs.  Il  est  impossible  de  les  considérer  comme  des 
œuvres  de  maîtres  (‘t  de  les  donner  comme  modèles;  mais  il  faut  apprécier  le  sentiment  qu’elles 
montrent.  Dans  l’école  Takouma,  on  voit  apparaître  pour  la  première  fois  des  illustrations  des  vers 
de  Li  Rèh,  ou  la  lune  d’automne  dans  les  cimes.  Il  ne  s’agit  pas  là,  à  proprement  parler,  d’une 
école  nouvelle,  mais  d’un  ensemble  d’œuvres  remarquables  par  le  moelleux  du  pinceau,  la  vigueur 
de  l  inspiration  et  l’originalité  des  tendances. 

Gou  kyokou,  Isslii,  kandènsou  subirent  l’influence  de  ce  mouvement  et,  parallèlement,  ils 
produisaient  des  effigies  de  saints  taosséiques  et  confucéens.  Un  contemporain,  Jyosétsou,  pénètre 
l’esprit  des  grands  maîtres  des  Soung  et  des  Youèn,  après  avoir  tout  d’abord  copié  le  nouveau 
genre  de  la  peinture  chinoise.  Mais  parmi  les  maîtres  qui  apparaissent  alors,  Shyouboun  s’est  acquis 
une  renommée  particulièrement  haute  par  la  beauté  de  ses  œuvres.  Vers  ce  temps,  l’école  Takouma 


est  déjà  en  décadence.  Elle  se  transforme  complètement  dans  l’école  de  l'Encre.  Ecs  écoles  Toea  cl 

Kaçouga  aussi  arrivent  peu  à  peu  à  la  stagnation. 

Youki-hidé  Taka-mitsou,  qui  ne  sombra  pas  dans  le  courant  de  11 . le,  est  un  maître  . . 

peut  estimer;  mais  il  n’atteint  pas  la  grandeur  de  Vosliimitsou  cl  l’ak;ikam\  de  I  cp..,pi,  | , i 1 ,  1 1 1 . 

A  Nara,  subsiste  l’école  du  maître  Sliiba  llaughén.  Il  semble  que  d'abord  elle  ail  oscille  du 
style  de  Takouma  à  celui  de  Kaçouga.  En  voyant  les  œuvres  de  Keishyoun  et  Riu-kèn,  qui  appai 
tiennent  à  cette  école,  on  constate  que  leur  pinceau  vise  au  grandiose,  mai'  u  n  ail- ml  gm  c. 

Au  temps  de  Higasheiyama  Sesshyou,  on  cite  de  célèbres  maîtres  du  Simmiy  I  >j\ a~nkon, 
Sôtan,  les  trois  Ami,  Shyaukéi. 

Leur  facture,  en  somme,  dérive  de  .Ivosetsou  et  de  Shvouboun  :  mai."  il''  ()|it  •  ‘ t  ' i < 1 1 - 
Souiœ*  et  des  Youèn  de  Chine,  et  ont  utilisé  ces  etudes  dans  la  création  «h*  leur  p r« » p r» •  « »r i l: 1 1 m 1 1 1 •  • 

Youçéi  Maçanobou  aussi,  mêlant  les  écoles  de  Souinive,  des  Soung  <1  de>  hnicii  • 1  \ *  ' 
l’influence  de  Shyouboun  et  Sessbvou  Sotau,  produisit  umi  im*lbotle  nouvelle.  Il  «*"t,  •  n  r«  •;»  1 1 1  «  * ,  !•• 
grand  ancêtre  des  Kano  qui,  pendant  loo  ans,  tinrent  en  mains  b»  pouvoir  daim  b*  biir»*mi  d«*  la 
peinture. 

Son  fils  Motonobou,  étudiant  son  père  et  aussi  les  maîtres  chinois  d«*s  Smiug  «I<‘"  Vhi.  ii, 
fonda  l’école  de  Kano;  et  son  bis,  surnommé  le  vieil  iloghèn,  a  laisse  une  i«,pul;itnm  «pu*  pmsonm 
n’ignore.  Derrière  lui  parurent  des  artistes  sympathisant  avec  son  ernle,  «pu  lut  1res  pr«*spm. 

Shvaukei-sessou  a  créé  une  école  de  Soumivé.  Isolé  dans  I  bistoin*  «b*  lu  p'iutiii*  ,  il  |  *  1 1  -  un 
brillant  éclat  qui  illumine  la  fin  de  la  période  des  Ashikaga.  Quonpi  ou  ne  ronnaisso  pas  bn  n  -  i 
filiation  d’artiste,  ce  dut  être  un  élève  des  dernières  années  «b*  Sessbvou. 

Déjà  l’école  de  Toça  dépérissait,  semblait  éteinte,  quami  surgit  Imu  Milsou-nobou  qui  i"<«l. 
mais  énergique,  enraya  la  décadence  et  ranima  le  flambeau  expirant. 

Son  fils  Mitsou-motchi  conserva  bien  aussi  les  traditions  d'art  «b*  >a  làrmll«*  I  p«  i  -  I  h* 
fils  furent  des  hommes  de  haute  valeur. 


Procédés  techniques. 

Les  peintures  de  toute  1  école  des  grands  religieux,  ne  constituant  pour  «••*>  hnmm«"  «pi  un 
délassement  de  l’exercice  de  leur  ministère,  sont  naturellement  d'une  tact ure  >imph*  «  I  sans 
complication. 

Avec  Meitcbo,  qui  exécuta  surtout  des  portraits  de  maîtres  taoïstes  «*l  confucéens,  l«*  ruions 
et  l’encre  deviennent  également  habiles;  mais  le  procédé  préféré  <*l  poussé  à  la  maîtrise  «*"t  b* 
coloris.  Les  grandes  peintures  et  les  vastes  soies  sont  particulb*remenl  nombreuses.  Pour  la  tourbe, 
on  emploie  en  même  temps  les  nuages  volants,  les  eaux  courantes  H  les  feu i l/cs  d'o rchidn  s.  Le 
procédé  de  Jyoséi  et  de  Shyouboun  est  le  Soumivé  ou  le  coloris  indiqué.  Il  semble  «pu*  les  peinture" 
polychromes  manquent  absolument. 

Cependant  Shyouboun  a  quelques  rares  œuvres  colorées.  Idles  témoignent  d  une  «-ramie 
vigueur  de  pinceau. 

Sesshyou,  Djyasokou,  son  ami,  ont  excellé  surtout  dans  le  Soumivé.  Leurs  ouvrages  en 

J  fS 

couleurs  sont  tout  à  fait  rares. 

S(  ul  So-tan  a  manie  a  la  fois  couleur  et  encre.  lous,  ayant  surtout  but  des  personnages 
et  des  paysages,  ont  également  peint  la  fleur,  l’oiseau  et  le  poisson. 

Sesshyou  a  un  pinceau  ferme  et  expressif.  Son  métier  est  serre,  sa  composition  soignée. 
Comme  paysagiste,  il  passe  pour  n’avoir  été  surpassé  en  aucun  temps. 

Ses  personnages,  ses  chevaux,  ses  bœufs,  d’un  pinceau  léger,  sont  extrêmement  vivants. 

Djyasokou  a  son  pinceau  énergique.  Sa  facture,  peu  soumise  aux  règles,  est  surtout 


supérieure  l)ar  ^a  verve.  Les  peintures  des  trois  Ami  :  No  Ami,  Ghéi  Ami,  San  Ami,  qui  présentent 
entre  elles  peu  de  différences  de  style,  sont  calmes  et  limpides.  Elles  se  préoccupent  surtout  des 
valeurs  et  laissenl  voir  une  tendance  à  ne  pas  accorder  d  importance  au  trait. 

Dans  le  faire  de  Kano  Youcéi,  le  pinceau  habile,  l’encre  riche  et  pleine  de  ressources, 
les  valeurs  justes,  I  arrangement  naturel  et  même  le  style  serré  rappellent  parfois  Sesshyou. 

Son  fils  Motonobou,  dans  sa  jeunesse,  montre  un  pinceau  qui  ressemble  beaucoup  à  celui 
de  son  pore.  Dans  sa  maturité,  sa  facture,  au  contraire,  se  rapproche  de  l’école  des  Ami  et 
devient  apaisée.  En  ses  dernières  années,  il  possède  les  genres  japonais  et  chinois.  Ses  sujets 
sont  varies;  il  manie  habilement  la  couleur  et  l'encre  et  il  arrive  peu  à  peu  à  une  plus  grande 
maîtrise.  L  école  de  kano,  qui  a  toujours  montré  une  grande  admiration  pour  Moto-nobou,  étudie 
surtout  les  oui v res  de  ses  dernières  années. 

Eu  résume,  Jyosélsou,  Shyouboun,  Sesshyou,  Sô-tan,  Djyasokou,  les  trois  Ami  et  kano 
Motonobou  ont  un  métier  qui  suit  entièrement  l’école  des  Soung  et  des  Youèn  de  Chine.  Non 
seulement  ils  imitent  le  trait  et  le  coup  de  pinceau,  mais  encore  ils  empruntent  au  genre  chinois 
leurs  paysages,  leurs  personnages  et  leurs  sujets  de  composition;  et  ils  oublient  absolument  les 
traditions  de  leur  propre  pavs. 

Cependant  Motonobou,  le  premier,  chercha  des  sujets  dans  son  pays.  Ce  fut  surtout 
quand  son  mariage  l’eiït  allié  à  Toça  Mitsou-nobou  qu'il  s’essaya  à  des  sujets  japonais.  Glanant 
dans  le  genre  chinois  et  dans  le  "genre  japonais,  il  formait  ainsi  un  mélange,  il  transforma 
complètement  la  peinture  chinoise  en  japonaise,  et  on  le  voit  inaugurer  le  style,  dit  de  kano, 
<pu  a  vécu  plus  de  trois  siècles. 


AUTISTES  ET  ŒUVRES 


Ecoles  de  Toça,  de  Kaçouga  et  de  Takouma. 

Toça  Y  ouki-hiro. 


Toça-no- kami,  scms-cinquième  rang,  avec  son  fils  Youki-hidè,  ainsi  que  Yei-shyou, 
.Ivakounçaï  et  l  akainitsou,  peignit  les  deux  rouleaux  des  miracles  de  la  secte  Youtsou  Nemboutsou. 
D'autre  part,  il  illustra  le  Nayotané  monogatari. 

Uokhakou  .Ivakouçaï,  sous-vice-ministre  de  la  guerre,  entré  en  religion  sous  le  nom  de 
.Ivakouçai,  fut  chef  de  l'Edokoro,  collaborateur  de  Youtsou  Nemboutsou  Enghi  et  renommé  pour 
son  talent  de  peintre. 

Vol  ism  Nimboitsoi  E  n  < .  ii  i .  Raigvi  S  \  i  s  h  i  i7  rouleaux  .  —  San  x  au  Reikenki.  —  Iàshixn  Kxghi. 


Awata  Goukhi  Takamitsou  fut  ministre  de  l’intérieur  et  Haughèn.  11  demeurait  dans  la 
moitié  Est  de  Ixvauto,  à  Awata-goutehi.  De  là  sou  nom  de  Haughèn  de  Awata-goutchi. 
Suivant  l’école  de  Toça,  il  prit  le  style  de  pinceau  de  Takouma.  Très  célèbre  en  son  temps, 
il  excelle  surtout  dans  les  personnages  taoïstes  et  confucéens.  Son  pinceau  est  vigoureux. 


Paravent  des  chevaux  attachés.  —  Saga-you-dzou-nemboutsou-yenghi. 
Portrait  ni  grand  maître  Yo  gawa-cuienzan  de  Ykizax  (>  rouleaux). 
Portrait  de  TaIsiivokou-kwau  Ivamatari. 


Toca  Youki-hidè,  fils  de  Youki-hiro,  chef  des  Kaçouga  Edokoro.  Pinceau  vigoureux,  il 
ne  laissa  pas  tomber  la  réputation  de  la  famille.  11  peignit  des  Youtsou  Nemboutsou  et  un  petit 
makimono  de  la  fête  de  karno-jinjya. 


I  >(> 


Toça  Mitsou-nobou,  fils  adoptif  de  Hiro-tchika,  propre  lils  de  Nakalsou  knsa-i.o  Jyo- 

mitsou-hiro,  vice-ministre  de  la  justice,  sous-quatrième  rang.  «‘lève  de  s . i  re.  Dos  son 

enfance,  il  montra  un  talent  hors  de  l'ordinaire.  Devenu  grand,  .1  acquit  U . .  hal.de,, 

de  pinceau.  Adoptant  plus  ou  moins  l’influence  des  S . g,  fl  w  lit  un  style  perle  , . .  l, 

Shyaugoun  Yoshimaça,  appréciant  s,, a  talent,  le  ré mpensa  généreuse . ni.  Il  parvint  k  un 

âge  avancé  et  produisit  beaucoup.  Il  reste  beaucoup  d  rouvres  de  lui. 

11  a,  dans  sa  peinture,  le  pinceau  fin  pour  la  couleur  ou  l'encre.  Dans  le  Sourniyé,  il 

use  d’un  modelé  léger.  Il  mêle  volontiers  à  sa  peinture  des  appiicat . -  d’or  Sa  facture  est 

précieuse  et  extrêmement  soignée. 

Dans  les  périodes  suivantes,  les  dessins  d  or  des  laques  i m il < •  n t  beaucoup  la  mauD-tv  de 
Mitsou-nobou. 


Légendes  du  temple  de  Kiyo-mitsov  >  rouleaux  .  —  Miis,r  i ni(>« n I 
Un  maki,  sur  5,  m.  la  légende  du  tbmpli  d’Ishivama.  —  Ishivama-dêra  \ 
Vielles  légendes  de  Iau-xo-mine  \  maki  .  —  lÉui/au  •liajx.e  Vin  G" 
Légendes  du  Nitson-in.  —  Kyauto.  —  Xi-so-in  . 

Légendes  de  Kitano  !  maki  .  —  Kyauto.  Kitam»-jinj\ a 
Kitsouné-zaushi.  —  Au  vicomte  Saishyo  At>oushi. 

Foukou-tomi-zaushi  i  maki  .  —  Au  vieoiûte  Akimolo  Okitoum. 

Fête  de  Tchikoubou-suima  i  maki  .  —  Musée  impérial. 

Une  paire  d  écrans.  —  Kyauto.  —  Honkokouji. 

Promenade  nocturne  des  cent  démons  i  maki  .  —  Kyauio.  —  lÉnt,  k  uji 
Vie  de  Jyau-gou  Daishi  6  maki  Shyautokou).  —  Kyauto.  fchtibau-hô-ji 


Toça  Mitsou  Shighé,  lils  de  Mitsou-nobou,  vice-ministre  de 
(i 53a),  élève  de  son  père,  devint  un  peintre  de  talent.  Scs  mcill 
distinguer  de  celles  de  Mitsou-nobou. 


la  justice,  I 


a 


eures  t ouvres 


V  année  kio-rokou 
sont  I rès  tlillieilcs  a 


La  légende  de  Tchyou-.iy  vi  1 1 1  m  i  .  au  Tahéma-dêiM.  •  n  Yamal<>  • -i  un.  <,  1 


lalokoro. 


Mit  tlle  eu 


Toça  Mitsou-moto,  lils  de  Mitsou  Sighé,  élève  <b*  son  père, 
combattant  le  1 3e  jour  du  ier  mois  de  la  i,T  année  Véirokou  n  ')(»<>  . 

Mitsou  Ixoumi  toudjhvara  —  Bingono  Kami  Ldokoro.  (lu  ne  couu.iit  p.e-  ln<  n  *»<ui 
origine.  Il  passe  pour  un  excellent  peintre. 

Shyo-kei ,  dont  la  filiation  est  inconnue,  est,  dit-on,  un  des  derniers  siir\  ixaiitn  de 

I  ecole  de  1  akouma.  Il  reste  de  lui  plusieurs  paysages  en  Soumiyé.  Son  slvle  semble  proced*  i  de 
Shyouboun. 

Nobou-harou,  de  la  famille  de  I akouma,  mais  de  libation  inconnue  kaeoic'a  l.dokopo 

m 

fit  des  images  bouddhiques  et  montra  du  talent  dans  les  autres  genres.  C'est  un  peintre  élégant 
Kwan-shinn,  surnommé  Siba  Ilôghèn,  habitant  Nara.  Il  lut  kaeoiu-a  lalokoro. 

W  M  P 

Son  K  ai,  célébré  par  ses  peintures  bouddhiques,  appel,*  en  son  vivant  Sbiba  ||,,,hcn, 
d’après  le  Gvvashi  (histoire  de  In  peinture).  Il  existe  beaucoup  d’œuvres  de  lui  à  Nara,  au  kofoukonji 

et  au  Tû-daï-ji.  Dans  le  bâtiment  du  Ankyo  de  Kaçouga,  il  y  a  un  écran  de  lui.  Il  semble  avoir  été 
Kaçouga  Edokoro. 

keishyoun,  qui  fut  aussi  surnommé  Sbiba  Iloghèn,  habitait  Nara,  et  fut  kaçouga  Ldokoro.  Le 
Bounki-mandara  de  Tahéma-déra  est  de  lui. 

Rinnkèn,  connu  sous  le  nom  de  Shiba  Ilôghèn,  habitait  également  Nara  et  fut  kaçouga  lalokoro. 

II  reste  de  lui  au  Tô  daï-ji  la  légende  du  Daï-boutsou-dèn.  On  conserve  aussi,  au  kaçouga-jinjva,  des 
fragments  signés  d’anciens  tableaux  votifs  (Ema). 


Légende  du  To-daï-.ii 


(3  maki).  —  Nara.  —  To-daï-ji. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XLII. 


1 


2 


COUCHER  DE  SOLEIL 

AU  BORD  D'UN  ESTUAIRE 

Par  Shyouboun 

XV*  siècle  (d’Youjiia  Osaka). 


PAYSAGE  D’AUTOMNE 


Par  Shyouboun 


XVe  siècle  (baron  R.  Kouki). 


lü  I 


Djijvou  ou  Sliiba  Djijvou,  fils  do  Rinnkèn,  imita  le  stylo  do  son  pare  ot  traita  surtout  des 
sujets  bouddhiques. 

Mintoho,  surnomme  Ixitchizan,  né  en  Axvadji,  outra  dans  le  Tofoukouji  de  Kyauto  sous  le 
mailro  Dai-dau,  prit  b*  nom  de  Dèri-sou.  Sa  touche  et  sa  composition  le  rapprochent  de  l’école 
Takouma.  Il  s  inspira  aussi  dos  Soung  ot  des  Youèn.  Son  pinceau  est  énergique,  et  il  excelle 
dans  les  grands  rouleaux. 


I.k  nirvana.  Kyauto,  —  tofoukouji. 

POHTHAIT  IM  M  A  ri'U  I  Sll  YO- ITCHI-KOKOUSSUI .  —  Kvaillo.  —  Tofoukouji. 
Darma.  —  Kyauto.  —  Tofoukouji. 

Kwamnon  u'  vkti  mi  vi  m. anc.  —  Kyauto.  —  Tofoukouji. 


Tchv  au  Son,  prêtre  do  la  socle  de  Shingon,  habitait  au  temple  de  kwannshinjin,  en  kawatchi. 
Il  imita  Minlelio.  \u  kwansliinnji,  on  conserve  de  lui  un  Nirvana,  et  dans  le  Houdan,  un  M and  ara 
des  deux  mondes  ainsi  que  les  quatre  Temrvvau,  qu’on  lui  attribue. 

Isslii,  connu  sotts  le  nom  de  Kauzau-zou,  étudia  sous  Mintcho,  se  pénétra  profondément  du 
six  le  de  son  maître,  excella  dans  les  scènes  bouddhiques  et  aussi  dans  les  personnages. 

kan-dèiiçou ,  surnommé  Seki  kyaksu-shi,  élève  de  Mintcho,  traita  aussi  les  scènes  bouddhiques 
et  les  personnages.  I  n  dessin  d'instruments  de  musique  an  Tofoukouji  lui  est  attribué. 

Dokaura  demeurait  a  kvaulo.  (l'était  un  peintre  professionnel.  Le  Shvaugoun  Yoshinori  lui 
commanda  souvent  des  peintures.  On  lui  attribue  une  peinture  en  couleurs  au  Shyau  Kokouji,  dans 
la  porte  principale  <|es  llakan. 


École  Soung-youèn. 


Donliau,  dont  le  nom  était  Shyou-\vo,  est  élève  de  Mouso  du  Tèn-rvouji.  Il  demeurait  au 
Ix  •  n-t (di vau j i .  Il  prit  Mokkei  pour  modèle  ot  excella  dans  les  Heurs,  les  oiseaux,  les  rocailles,  au 
lavis.  Son  pinceau  est  très  libre. 

Bonvau,  surnommé  (divokou-yèn-shi,  et  aussi  Tchisokou-kèn,  élève  de  Shyonokou-mvau-ha, 
du  Nan/.eii-ji,  habile  dans  les  Ileurs  et  les  oiseaux  au  lavis,  excelle  surtout  dans  les  orchidées.  Son 
stvle  rappelle  surtout  celui  de  Mok-ki. 

Jvosétsou,  m;  à  kvoushou,  demeurait  à  kyauto  chez  Kan-bau-ken  du  Shyaukokouji.  Son  talent 
lui  attira  la  faveur  du  Shvaugoun  Yoshimitsou.  Il  se  pénétra  de  l’esprit  des  grands  maîtres  des  Soung 
et  des  Youèn.  Les  artistes  qui  imitaient  le  nouveau  genre  de  peinture  chinoise  faisaient  de  .Jyo-sétsou 
leur  chef.  Dans  la  préface  de  ses  dessins  de  Xamatsou,  on  peut  lire  :  «  Le  premier  ministre  a  fait 
créer  par  le  bonze  Jvosétsou  un  nouveau  genre  de  peinture  ».  Cette  peinture  est  conservée  aujour¬ 
d'hui  dans  le  Taizau-au  du  Myaushinnghi.  Les  autres  œuvres  qui  subsistent  de  lui  sont  extrêmement 
rares. 

Shyouboun,  surnommé  Lkkei,  ne  en  Au  mi,  demeurant  au  temple  de  Shyaukokouji,  a  Kyauto, 

a/ 

fut  r  F o si 1 1  (fonction  religieuse),  étudia  la  peinture  sous  Jxosetsou.  Il  montra  du  talent  dans  le  coloris 
léger,  usa  des  procédés  de  Ba-èn  Ixakei  pour  le  Soumiyé,  qu  il  pratiqua.  Les  disciples  de  Sesshyou 
et  de  ()  Kouri  Ixano  anciens  et  modernes,  lont  de  Shyouboun  leur  introducteur  dans  1  art  des  Soung 
et  des  Youèn.  Par  là  aussi  Shyouboun  a  bien  mérité  de  I  art. 


Paravents  a  paysages.  —  Malsoudaïra-moliaki. 
Bœufs.  —  Kvaulo.  —  Shyaukokouji. 


1  32 


pi.  XL1I  [i].  _  Coucher  de  soleil  al  bord  d'ln  estuaire.  —  Ulisaka  Aonjila-tl<  n. 

Ce  n’est  qu’un  petit  kakémono  de  om,84  de  hauteur,  mais  d'un  earaelére  gracieux,  qui 
évoque  la  scène  avec  force. 

PI.  XLII  [‘2j.  —  Paysage  d’automne.  —  Baron  Kouki  Hvouitohi. 

Comparé  au  précédent,  le  stvle  en  est  négligé,  mais  le  rararloio  «*n  »‘>t  ti«  >  f  '■'! 

un  bon  spécimen  de  1  art  de  Shyouboun. 

Gougyokou,  qui  demeurait  au  Tü-foukouji,  est  un  habile  poète  en  meme  lemp*  «pi  un 
peintre  de  talent,  surtout  dans  les  sujets  bouddhiques.  Il  peint  genéralenmnt  ;i  I  em  r«*.  Il  «'India 
Moklkéi  et  s’inspira  de  Mintcho. 

Shimwo,  appelé  ordinairement  No  Ami  et  surnommé  Au-çai,  remplissait  aupns  «lu  Shyau- 
goun  de  Mouromatchi  le  rôle  de  bouffon.  Il  eut  pour  maître  Shyouboun.  <  hi  lui  doit  d- -  pa\>. «“<■>, 
des  personnages,  des  fleurs  et  des  oiseaux.  Son  pinceau  élégant  pénétra  bi«*n  !«•  sl\l«*  «b>  Nmn^ 
Il  excellait  aussi  dans  le  Rènga  (réponses  poétiquesi  et  dans  rarrangenmut  «h*"  parcs  II  a\.ot 
une  réputation  d’expert  en  calligraphie  et  en  peinture.  Dans  les  àg«*s  suivants,  «m  s  «  >l  appny*-  -ni 
ses  conclusions. 

Une  paire  de  paravents  :  paysages  à  l'encre.  —  Kyauto.  —  Myau-hiunji. 

DaRNIA  :  A  DROITE  ET  A  GAUCHE,  OIES  DANS  LES  ROSEAUX  H  kakémono  .  —  K\alll<>.  —  |>,  !  i  u|  K  > 

Kan z au  et  Jittokou  (a  rouleaux  .  —  Kyauto.  —  Daîtokouji.  Kobau-au. 

Ogouri  Sô-tan,  porté  naturellement  vers  la  peinture,  étudia  sous  Shvouboun  S.*  loin  In* 
vigoureuse  fit  école.  Son  talent  de  peintre  le  fit  attacher  à  la  maison  de  Mouro-mat<  lii.  \u  « I «  I > 1 1 1 
de  chaque  année,  il  offrait  un  paysage  peint  au  Shyaugoun,  qui  lui  donnait  un  <<>stum»*d"  saison. 
Au  milieu  de  sa  vie,  il  entra  au  Syô-kokouji,  se  rasa  et  devint  bonze.  Il  fut  nomme  .Ivair/a.  \h  < 
lors  son  talent  fit  de  grands  progrès.  Il  pénétra  l’esprit  de  Moklkiéi. 

Soga  Djyaçokou,  de  la  province  de  Etchizu,  fonctionnaire  militain*,  aimant  la  peinture, 
prit  pour  maître  Shyouboun.  Il  peignit  des  personnages,  des  pavsages,  «les  Heurs  el  «h  "  nis*Mii\ 
Esprit  délié,  pinceau  hardi,  il  peut  être  considéré  comme  un  des  maîtres  de  cette  epo«pic  Ions 
ses  ouvrages  sont  pleins  de  vie. 

Austérités  de  Shyaka.  —  Kyauto.  —  Daîtokouji. 

Fleurs,  oiseaux,  paysages  (suite  de  \  rouleaux  .  —  Kyauto.  —  Daîtokouji 

Les  deux  wau  (2  rouleaux).  —  Kyauto.  —  Myaushinnji. 

3  au  Daîtokouji,  à  Mouraçakino.  Il  était  le  fils  de  l’empereur 

Gokomatsou  (NCIX).  Dès  son  enfance,  il  quitta  la  famille  impériale  pour  devenir  disciple  «le 
Woshyau  Sodon,  du  même  temple,  suivit  la  doctrine  «h*  Zèn  et,  «ai  peu  «h*  temps,  devint  hou 
So  (grand  prêtre).  On  vantait  sa  vertu  solide  et  sa  profonde  sagesse.  Cherchant  «huis  la  peinture 
un  délassement  de  ses  devoirs  religieux,  il  étudia  avec  Soga  Djyaçokou.  Il  traita  les  personnages, 
les  paysages  et  les  plantes.  Son  pinceau  original  a  une  saveur  toute  particulière. 

I  oki  1  omikaghe ,  lamourahi  de  I  oki ,  en  Mino ,  adopta  la  manière  «le  Shyouboun  et 

excella  dans  le  paysage,  les  personnages,  les  fleurs  et  les  oiseaux.  II  peignit  surtout  les  faucons 
avec  un  OTand  talent. 

O 

1  oki  lô-boun,  iils  du  Daymyau  de  Maça-louça,  bon  peintre,  se  distingua  surtout 

dans  les  Koumataka.  11  fut  aussi  bon  poète.  On  a  conservé  de  lui  des  calligraphies  et  des 
peintures. 

Le  bonze  Shyabakou,  surnommé  Ghèssen,  eut  un  pinceau  vigoureux,  dans  la  manière  de 
Shyouboun. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


MONJYOU  EN  MER 

XVe  siècle  (R.  Ouhéno  Osaka). 


« 


Le  bonze  l\ au  l'éi,  d’abord  prêtre  de  la  secte  Uitsou,  demeurait  au  Toshyau-taïji  de  Nara. 
Il  est  connu  sous  le  nom  de  Nara-lmughèn.  Il  fut  Edokoro  de  kaçouga  et  peignit  surtout  des 
scènes  bouddhiques.  Il  étudia  aussi  sous  Shyouboun  et  lit  des  paysages  et  des  personnages.  Il 
se  pénétra  plus  tard  du  genre  Eiang-tclii  et,  enfin,  s’inspirant  du  Woshvau  Ikkyou,  il  acquit  une 
manière  de  plus  en  plus  vivante. 

1  *  a  y  s  ,v  < .  r.  \  goi.oiia  nox  légère  (?.  ri  >n  Iran  N  .  —  Au  marquis  Hatchiçouka  Moliakira. 

PfiimiAii  i»r  ciiami  maître  Dhahma.  kvauto.  —  Dalkokouji. 

Sli yaukéi,  surnommé  I  Iinn-rakouçaï,  fut  d’abord  sliyoki  (employé)  au  Kèn-tchyau-ji  de  kamakoura, 
de  sorte  ipi  on  I  appela  kei-shyoki,  kei  l’employé.  Très  doué  pour  la  peinture,  il  étudia,  pour 
1  encre,  Mokkéi  el  en  reçut  la  tradition  par  Shyouboun. 

tdiei  Ami,  ayant  vu  des  œuvres  de  lui,  eu  loua  l’élévation,  l’invita  à  venir  chez  lui  et, 
lui  montrant  tous  b*s  ouvrages  de  dessin  qu’il  collectionnait,  les  lui  fit  copier,  dit-on.  Dès  lors, 
le  talent  de  Shyaukéi  lit  de  grands  progrès  et  s’ouvrit  une  voie  nouvelle.  Son  pinceau,  d’une 
beauté  fougueuse,  est  d’une  élégance  unique. 

k WA m non  \\m  Yi \mi  i  Yi  \\  MiM.  i  i  Hiakoi  L i-im  n)  à  sa  droite  i‘t  à  sa  gauche  (3  rouleaux).  —  Au  marquis 
Mori  Molnnori. 

I.is  maîtres  m  Zi  \  m  lli  i-oex,  i:oni  iMiM.ANi  ms  pêchers  kx  fleurs,  —  kvauto.  —  Mvaushinnji.  —  Rei- 

oun-in. 

5  Ru  xx  rnrri'  .  -  kvauto.  —  Raïtokouji. 

Mox.iyoi  .  kvx/AX.  Jittokoi  !  rouleaux  .  kvauto.  —  Hoiulioji. 

Paysage.  Ohsaka  .  —  Au  lliraré  Kaminosnuké. 

RI.  XM1I.  MoNJYm  in  m  i  h  .  Ohsaka).  —  Ouhéno  Ri-ilchi. 

Apparitiox  ni  Moxjyov  Iîosatsoi  ex  me  h  (encre  sur  papier. 

Le  pinceau,  manie  avec  sûreté  et  liberté  sans  pourtant  tomber  dans  la  négligence, 
montre  bien  là  la  manière  personnelle  de  keishyoki. 

So-ritsou,  (ils  de  Ogouri  Sô-tan,  prit  Shyouboun  comme  modèle,  et  fut  enseigné  par  son 
père  So-tari.  Il  est  célèbre  pour  ses  peintures  de  vieillards  à  cheval  et  de  chevaux. 

Sinnghéi,  fils  de  Shinno,  |>lus  connu  sous  le  nom  de  Ghéi  Ami-Gakousô,  fut  employé  par 
les  Mouromatchi.  Son  art  ressemble  à  celui  de  Shinno. 

Sesshvou,  de  son  vrai  nom  Tovo,  né  à  Akahama  en  Bitchyou,  riche  d’heureux  dons 
naturels,  prit  pour  modèles  Jyosetsou  et  Shyouboun,  et  créa  un  genre  nouveau.  Parvenu  à  l’âge 
d'homme,  il  entra  au  Sô-kokouji  de  kyauto  et  fut  élève  du  bonze  kôtokou.  11  alla  aussi  au 
kèn-tchyau-ji  «h*  kamakoura,  où  il  s'inspira  de  Ghyokou-in.  Pendant  les  années  kwan-shyau  (ij6o- 
i  |(>(j  ,  il  s'embarqua  pour  la  Ghine  où  l’empereur,  goûtant  son  talent,  lui  lit  peindre  une  muraille 
du  Ling-po.  Sur  la  demande  d’un  Chinois,  il  exécute  les  trois  vues  de  Miho,  de  kiyouri  et  du 
l’ouji.  Le  célèbre  lettré  Tauki  fit  alors  un  recueil  de  longues  poésies  à  la  louange  de  ces 
paysages.  Malgré  le  succès  que  lui  firent  les  Chinois,  Sesshyou  rentra  au  Japon,  choisit  un 
I  erra  in  à  Souhau  Vamagoutchi  et,  ayant  construit  la  maison  de  la  vallée  neigeuse,  il  y  lixa 
sa  résidence.  Dans  l’œuvre  de  Sesshyou,  tout  est  beau.  Mais  ses  paysages  surpassent  tout  ce  qui 
a  été  jamais  fait.  La  solidité  de  son  style  et  la  sublimité  de  son  génie  n’ont  pu  être  égalées  par 
aucun  autre  peintre. 

Cependant  sa  modestie  ne  fut  pas  troublée  par  son  talent.  Les  Mouromatchi  lui  ayant  un 
jour  commandé  les  peintures  du  konden,  il  proposa  kano  Ohoino  à  sa  place.  C’était  un  esprit 
indépendant  et  original. 

pi  \klY.  —  Makimoxo  de  paysages.  —  Au  prince  Môri  Motonori. 

Paysages  des  saisons.  —  Au  marquis  kauroda  Xagashighé. 

Su  va  k  a  et  t, es  i  (i  rakan  (17  rouleaux).  —  kyauto.  —  Iloujvauji. 


20 


Shyou-ghetsou,  de  son  vrai  nom  To  Kvvau,  était  offîeier.  Il  fut  ïVî-shyou  do  Sais . a.  Plus 

tard,  il  se  rasa  la  tête  et  se  lit  bonze.  Aimant  la  peinture,  il  prit  Sesshyou  pour  mai . .  le 

comprit  profondément.  Lorsque  Sesshyou  alla  en  Chine,  Shyou-ghetsou  l’y  suivit,  s.,  . . 

brilla  à  l’étranger  autant  qu’au  .lapon.  On  trouve,  de  temps  en  temps,  dos  "  nvros  signe..*  . 

«  Shyou-ghetsou-myou-tau  »,  c'est-à-dire  :  «  Shyou-ghetsou  qm  alla  en  t.luno  .  Il  a,  . son 

maître,  la  touche  sûre  et  magistrale.  Il  a  laissé  des  (ouvres  qn  aucun  élève  do  Sesshyou  u  n 

égalées.  Beaucoup  de  ses  paysages  ou  personnages  à  l'encre  sont  très  ddïiede-  n  distinguer  do 
ceux  de  Sesshyou.  On  peut  dire  qu’il  a  bien  continue  la  tradition  do  ce  mmlro 

Paysage  i  rouleaux  .  —  Au  vicomte  Itlatc  Menétioto. 

Pc  KixzAN.il.  —  Au  baron  Milsoui  Hatehirau  Ouvcmon. 

Sliyoukau  demeurait  à  Tabouininé,  en  àamato.  Il  apprit  la  pmiiliiro  a\er  Sr>*di\mi.  ««qo.t 
ses  paysages  à  l’encre  et  devint  très  habile.  H  suivit  Sesshyou  dans  sou  vn\  âge  •  •  u  '  hm<  •  \ .  < 
Shyou-ghetsou.  Beaucoup  de  ses  œuvres  sont  siguees  lo  Km  Hi\  mi k.«u 

l’Oriental. 

Kano  Maeanobou,  connu  généralement  sous  le  nom  de  Shiraiijn  -m ,  «  h  ni;'  plu-  *  od  •  n 
celui  de  Ohi-no  Souké,  fut  Etchizen-no  Kami  et  laifou  «lu  bureau  «h***  rites.  <  -  •  * l •  •  1 1  !  •  lik  .on 
de  Déwa-jirau  Loujiwara  Kaghé-nohou.  Comme  il  denmurail  dans  le  ullagt  «h  K.on •  g"hn  «l<- 
Kano  en  Idzou,  il  prit  le  nom  de  Kano.  Il  fut  employé  par  le-s  Sh\ aiigoun  Mtaironi.il'  In  ■  t 

attaché  de  près  à  leurs  personnes. 

Tout  jeune  il  aima  la  peinture,  étudia  sous  Shyouboun  «  *  t  Su-tan  «•!  conquit  I  *  i  •  1 1 1  ■  •  t  nie 
magnifique  originalité.  Lorsque  le  Shyaugoun  eut  construit  le  Dèn-kakon  ,  il  lit  I  •  i i  •  •  d  -  •  I «  •  «  •  - 

rations  murales  par  Sû-tan,  qui  mourut  avant  d  avoir  achevé*  son  ouvrage  I..-  >Ii\,hk t  «  1 . 1  • 

de  confier  à  Sesshyou  la  fin  du  travail.  A  cette  époque,  Sesslivoii  vovage.iil  .i  I  d  y  <  *  1 1 1  n  *  »  -  t 

logeait  à  Sokaï.  Voyant  un  paravent  de  Heurs  et  d'oiseaux  «pii  s**  trouvait  dan-  I  1 1  «  *  I  •  •  I ,  il 
s’écria  :  «  Cette  table  ressemble  à  celh*  «le  mon  ami  So-tnn.  Qui  **>l-ce  qui  .■»  ropii*  I  i 

L’hotelier  lui  répondit  :  «  Cette  peinture  a  «de  ex«'*cut«*e  par  un  scmkui  lamilim  du  . . i 

Kano  Ohi-no  Souké.  »  A  quelque  temps  de  là,  Sesshyou,  «le  retour  dan*'  la  «  ipil.th  .  Irons  .i 
la  commande  du  Shyaugoun,  lui  prescrivant  de  continuer  l'œuvre  laissée  maclu-x «•*•  par  S<>  lui 
Sesshyou  s’excusa  et  proposa  Ohi-no  Souké,  qu'il  déclara  à  la  hauteur  «l«*  la  là<  In*.  \m**i,  il 
s’honora  par  son  désintéressement  en  honorant  le  talent  d  Ohi-no  Souké,  dont  la  n  putalnui 
grandit.  Sur  le  soir  de  sa  vie,  Ohi-no  Souk<’*  fut  nomme  llaiighèn,  se  rasa  les  « •  1 1 •  •  \ •  u \  «d  prit 

le  nom  de  You-céi.  11  est  l’ancêtre  de  la  famille  de  Kano. 

Trois  rouleaux  teintes  légères  .  —  An  comte  Akimoto  Ükitomo. 

Paysage  ’>.  rouleaux,  teintes  légères  .  —  Au  comte  Akimoto  Okiioino. 

Shyaka,  Moujyou,  Y  oukèx  >  rouleaux  .  —  Kvauto.  —  Daitokoiiji. 

Une  paire  d'écrans  a  grues.  —  Kvauto.  —  Daïtokouji. 

I  oshyoun,  né  a  Bizèn,  «Aait  conducteur  de  chevaux  «juarnl  Slivouhoiin  alla  à  Bizén.  béjh 
il  s  essayait  a  peindre.  Accompagnant  Shyouboun,  il  dessina  en  roule  un  cheval  donl  la  foniu* 
était  juste,  mais  dont  les  pieds  avaient  quelque  chose  d  «frange.  Slivouboun  lui  demanda  pour¬ 
quoi  il  avait  ainsi  dessiné  les  pieds  ? 

Ce  qui  est  essentiel  dans  la  peinture,  répondit  h*  conducteur  de  chevaux,  «•  est  «le 
saisir  l’esprit.  A  quoi  bon  discuter  si  la  forme  est  parfaite  ou  non  ? 

Shyouboun  fut  frappé  de  cette  réponse  et  remmena  à  la  capitale.  Il  l«*  fit  étudier  avec 

lui  et  1  oshyoun  put  se  faire  un  nom.  Il  a  du  talent  dans  le  paysage,  les  (leurs  «d  I  <  *  s  oiseaux. 

Le  bonze  Yaughetsou,  ne  en  Satsouma,  demeurait  au  Kaçaghiji.  Il  étudia  d’après  Slivouboun 
et  eut  Sesshyou  pour  maître.  Son  pinceau  est  large,  son  œuvre  limpide. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  XL.IV 


MAKIMONO  DE  PAYSAGES 


XV®  siècle  (appartenant  au  prince  Motonori-Mori). 


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Le  bonze  Sô-yèri,  né  en  Sagami,  excelle  dans  le  paysage.  Il  sait  enfermer  une  vaste 

eonceplion  dans  ses  encres  et  ses  teintés.  Il  est  élève  de  Sesshyou. 

Le  bonze  Shyou-tokou,  élève  de  Sesshyou,  a  peint  des  paysages  et  des  personnages.  Il 
a  bien  saisi  1  esprit  de  son  maître.  Il  alla  plus  tard  à  Souhau-yama-goutchi  et  devint  le  maître 
de  Ounkokou-an.  On  le  nomme  le  second  Sesshyou. 

Le  bonze  Tô-yô  demeurait  au  An-yauji,  en  Idzoumo.  Il  étudia  sous  Sesshyou,  fit  des 

dessins  de  Tehoung  Kwéi  (Shyôki)  et  d’autres.  Sa  réputation  est  assez  grande. 

Le  bonze  Oun  Kéi  procède  de  Sesshyou  et  se  modèle  sur  Mokkéi.  Il  a  peint  des 

paysages,  des  fleurs  et  des  oiseaux.  Son  art  a  quelque  chose  d’archaïque,  mais  possède  l’esprit 
et  la  vie. 

r 

\  oughé  Tocatsou,  d’Ohçoumi,  servait  le  Taïshyou  de  Satsouma.  Elève  de  Shyoughetsou, 
il  a  fait  des  personnages,  dns  Heurs  et  des  oiseaux,  d’un  pinceau  robuste  qui  garde  le  caractère 
de  son  maître. 

Shinn-san,  fils  de  Shinn-ghéi,  appelé  ordinairement  Sau  Ami  et  surnommé  Kangakou, 
servit  la  famille  de  Mouromatehi  et  devint  bouffon.  Il  a  fait  des  paysages,  des  personnages,  des 
fleurs  et  des  oiseaux,  à  l'encre,  et  quelquefois  teintés,  d’une  élégance  adorable.  Il  s’inspira 
d’abord  de  Shyouboun,  puis  de  l’école  chinoise  du  Sud,  et  prenant  pour  modèles  les  Mi,  père 
et  lils,  il  s  assimila  complètement,  leur  style.  Il  a  peint  les  festins  élégants  et  composé  des  vers 
chinois  et  japonais.  Il  est  particulièrement  connaisseur  en  objets  d’art  et  s’entendait  à  l'arran¬ 
gement  des  jardins.  Dans  les  temples  célèbres  de  kyauto,  il  existe  encore  ça  et  là  des  jardins 
auxquels  il  a  travaillé. 


Si  \  m\  si  i:  in  am  >  rouleaux  .  —  Au  baron  Kouki  Ryou-itchi. 

Mont  I  oi  ji.  —  ( >hsaka  l'oudjita  l)èn-sabourau. 

Su v a k a ,  Moimyoi'.  I '  t m  k i  \  i  rouleaux).  —  Kyauto.  —  Daltokouji. 

H  mis  m  Siio-shyu  (a  rouleaux).  —  Kyauto  Okamoto  Ka-sabourau. 

M i  mi  si  ,n  i  i  rouleau).  — Naeoya  Sékido-mori  Iliko. 

l.i  l  oi  n  m  \  saisons  ,  rouleaux  .  —  Au  vicomte  Narou-eé  Masainitsou. 


Le 

Satake.  Il 
I  litatchi. 
concubine. 
Sesshyou 
genre  à  p 


bonze  Sessôn,  de  son  vrai  nom  s’appelait  Shyoukéi  et  appartenait  à  la  famille 
était  d’Oshvou  de  Tainoura-gau.  On  dit  aussi  qu’il  était  de  Boutari-moura,  en 
Son  père  voulut  l’abandonner  et  prendre  pour  héritier  un  fils  qu’il  avait  d’une 
Il  se  rasa  la  tète  et  devint  bonze.  Doué  pour  la  peinture,  il  s’inspira  de 
dont  il  devint  enfin  l’élève.  Son  pinceau  pittoresque  se  plaisait  à  l’étrange.  Il  se  fit  un 
art.  Bien  que  Sesshyou  ait  eu  beaucoup  d’élèves,  Sessôn,  les  dépassant  tous,  est  très 


renommé. 


PI.  XLY.  —  U  nk  pair  k  n  écrans.  Dragon  »i  tigre.  —  Au  baron  Mitsoui  Hatckirau-acémon. 
Paysage  de  Ryodo-rix.  —  Tokyau.  —  Maçouda  Takasi. 

Une  paire  de  paysages.  —  Musée  impérial. 

Oierande  a  Ryoudjyo.  —  llvaugo.  —  Kawa-çaki  Shyauzau. 

Paysage  crépusculaire.  —  Oksaka.  —  A  M.  Foudjita  Dèn  Sabourau. 

Paysage  a  pavillons.  —  llyaugo.  —  A  M.  Kawaçaki  'Shyauzau. 


Yamado-dau-au,  était  officier  et  demeurait  à  Foukou-zoumi,  en  Yamato.  Il  suivit  Shyouboun 
et  aussi  Sesshyou,  étudia  les  Soung  et  adopta  leurs  idées.  Sa  facture  a  de  la  délicatesse. 
D’abord  riche,  il  consacra  sa  fortune  à  réparer  quantité  de  temples. 

Settakou  était  d’Oshyou.  Il  suivit  Sessôn,  dont  il  saisit  bien  le  genre.  Il  a  peint  des 
scènes  bouddhiques  et  des  personnages. 

Soyéi  se  modèle  sur  Shyouboun,  imite  aussi  Sesshyou  et  Sessôn.  Il  a  dessiné  à  l’encre 
«/ 

des  pâtres,  non  sans  talent. 


Kano  Moto-nobou,  fils  de  Maça- nobou ,  très  doue  pour  la  j  >»  *  1 1 1 1  u  i  «  * ,  lui  «  •  I  m  >  \  «  •  des 
Mouromatchi.  Jeune  encore,  il  les  servit  de  près.  Tins  tard,  il  lui  I .l<  hi/<  i-iimkami  H  Int 
nommé  Haushèn.  Il  fut  Edokoro.  On  le  connaît  sous  le  nom  de  Ko-lmu-ghèn  le  vieil  I  l.m- li.  n 

u 

Il  apprit  d’abord  son  art  avec  son  père,  et  il  aimait  aussi  le  genre  de  Shvouhoun  e|  de  Su-tan. 
Il  étudia  encore  les  grands  maîtres  des  Soung  et  des  Youen.  Il  prit  pour  femme  légitime 
Tchi-yo,  tille  de  Toça-mitsou-nobou.  Ce  mariage  le  lança  dans  de  nouvelles  études.  Il  appro¬ 
fondit  le  style  des  Toça  et  les  procédés  des  peintres  chinois  >‘1  japonais.  Il  fut  te  créateur  de 
cette  école  de  Kano  qui  a  duré  plus  de  trois  siècles.  Hans  tout  ce  qu  il  a  lait,  paysages, 

personnages,  fleurs,  oiseaux,  il  n’est  rien  qui  ne  soit  très  beau.  Sun  pinceau  et  -<m  .  n«  r»*  sont 

magnifiques,  débordants  de  vie  et  d'éclat.  La  Y  année  Yeislivaii  i  .  il  lit  plusieurs  albums 
qu’il  envoya  en  Chine  par  un  vaisseau  marchand.  Ou  compte  qu  un  grand  peintre  ehiiiois. 
les  avant  vus,  s’écria  :  «  Depuis  cinq  siècles  que  le  Japon  est  connu  de  la  Chine,  » >n  n  i 

encore  rien  vu  de  pareil.  Si  j  allais  au  Japon,  je  me  ferais  le  très  liumlde  disciple  d«-  «  «  inaîti. 


uni  Ijini. 


\tv  .111  Sliin  ji. 
ïtt’â-ou-iiin. 


Kr 


1-4  >11  tl  - 1  tl 


I  I  .1 1 1 1  *  *  1 1 1 

d  les  a 
c  «  *  1 1  e>t 


Vues  de  Ohéyama  (rnakimono).  —  Au  marquis  Ikeda  Akiinasa. 

Shyaka  avec  DES  1LEUBS  et  des  oiseaux  a  DROITE  I  I  \  (.Al  t  III  *.  l-oulraiix  .  A  l  u  S.i 

Une  paire  de  paravents  en  couleurs  :  pays  un  —  \ti  |>riuve  \E>ii  M  i|..n  u  . 

Miracle  de  Shyaka  <>  makiiuonos  .  —  A  amashiro-shô.  —  Seirvauji. 

Pay'sage.  —  Au  comte  Iclate  Monénoto. 

Shyaka  Dharma,  RiuzaI.  —  Kyauto.  —  Daîkokouji.  —  Seikwau-in. 

Bord  de  l'eau  a  l  automne  :  oies  sauvages  alun  i  >i  doser.  —  K \ au i ■  * . 

Fleurs  et  oiseaux;  cascade  (',  kakémonos.  Kvauto.  Mvau  Sliin- ji. 

Paysages  avec  pavillons  ((j  kakémonos;.  —  Mvau  Shin-jE  tU-i-oun-in 

Paysages  :  effets  de  neige  ((>  kakémonos  —  Mvau  Shin-ji.  Bci-min-in. 

Paysages  :  effets  de  lune  C>  kakémonos  .  —  Mvau  Shin-ji.  —  Hei-onn-in. 

Paysages  :  effets  de  pluie  ((>  kakémonos  .  Mvau  Shin-ji.  —  Bt  i-onn-in 

Encre  :  8  vues  de  Shyosho  kakémonos).  —  Mvau  Sh i n— ) i .  K<  i-oun-in. 

Légende  de  Ivouramadéra  j  kakémonos  .  —  \amashiro.  —  Kouramadéra. 

Paysages  (12  kakémonos).  —  Kyauto.  —  Daîtokouji-shyou-kwau-in. 

PE  XI. N  I  [ij.  —  Question  sur  les  merveilles  de  Ki  is\i  —  K  vaut".  Mv.iii  Sliin  |i.  II.  -< 

(j  pieds.  Suite  de  \  kakémonos. 

Un  amateur  ayant  demandé  à  Kano -moto -nobou  les  merveilles  de  K»,i>au  , 
représentées  a  1  encre,  dans  un  soir  estompé  de  vapeurs  nuageuses.  La  poisperli\ 
admirable. 

I  E  XL \  i  Tj.  Grues  ( foucourna,  panneau  de  porte  glissante  .  —  Kvauto.  .Vin  / •  ■  n— j  1 ,  g  pu  d' 

Une  grue  est  posée  sur  un  vieux  pin,  au  bord  de  l’eau,  l/art  en  est  sûr  et  puissant, 
tant  pour  la  composition  que  pour  l’exécution. 

Kano  Youkinobou,  2e  des  trois  fils  de  Maça-nobou  et  frère  cadet  de  Motonobou,  est 
connu  ordinairement  sous  le  nom  de  Outa-no-souké.  Il  étudia  d’abord  avec  son  père.  Luis 
s’adressant  à  tous  les  maîtres  des  Soung  méridionaux,  il  forma  son  talent.  Ses  paysages,  ses 
personnages,  ses  oiseaux  et  ses  fleurs  ressemblent  extrêmement  à  ceux  de  Motonobou.  Ses 
œuvres  non  signées  sont  de  temps  en  temps  expertisées  à  tort,  comme  étant  de  Motonobou. 
Sa  touche  est  plus  lourde  que  celle  de  son  frere.  Il  excellait  dans  les  grandes  peintures 

1  chi-Y o-dj\ o ,  fille  de  loça  M îtsou- nobou ,  femme  de  Kano  Motonobou,  étudia  d’abord 
avec  son  père  et  fut  alors  appelée  Mitsou-hica.  Plus  tard,  elle  changea  progressivement  de  sfsle. 

Il  ne  reste  d’elle  que  de  rares  œuvres,  d’ailleurs  vigoureuses,  bien  composées  et  d’un  coloris 
charmant. 

Kano-Sou) <  -yoii,  2  fils  de  Motonobou,  fut  Djibou-shôyou  sous-vice-ministre  des  cultes). 
Son  trait  et  sa  touche  sont  sereins  et  purs  et  ressemblent  aux  œuvres  de  la  vieillesse  de  son  père. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XLV. 


♦ 


UNE  PAIRE  D’ÉCRANS,  DRAGON  ET  TIGRE 


XVe  siècle  (appartenant  au  baron  H.  Mitsai). 


X 


kano  sli\au  a  ci,  >'  fils  de  Motonobou,  connu  sous  le  nom  de  Nao-nobou,  bien  (|iie  loin 
<1  égaler  son  père,  est  néanmoins  un  peintre  de  talent. 

Kano  ( di\ okon-rakou,  dont  l(‘  nom  était  Sô-yu,  étudia  avec  Motonobou  et  pénétra  l’art  de 
son  maille.  Son  talent  le  lit  prendre  au  service  du  Daïmyau  de  Sagaini,  Ilodjô  Ouzimaça. 

Kimoura  Nagamilson,  de  Ainni,  d’abord  au  service  de  Açaï  Naga-maça,  puis  choisi  par  le 
laikau  I  < >\ < >1  omi- 1 1 n leyosh i  comme  «  serviteur  à  droite  et  à  gauche  »,  eut  pour  maître  Kano 
Motonobou,  et  peignit  gracieusement  les  Heurs  et  les  oiseaux. 

Ashikaga  à  oshi-milsou,  surnomme  len-zan,  aimait  la  peinture.  Il  se  plaisait,  de  fois  à  autre, 
a  taire  «les  encres.  Il  possède  beaucoup  le  sentiment  du  Mokkei. 

Ashikaga  oslii-molclii ,  surnomme  (Ilièn-zan,  /ils  de  'l  oshi-mitsou,  bon  poète  chinois  et 
excellent  ea 1 1 igraphe,  eut  pour  maître  Mintehô  et  peignit  surtout  des  Iwvannon  Taïshi. 

Ashikaga  'loshiimicn,  ayant  laisse  le  gouvernement  à  son  /ils  Voshi-lliea,  bâtit  le  Ghin 

kakouji  a  Higaslii-vama  et  se  retira  dans  le  rogyou-dau.  Aussi  l’appelait-on  Ifigashi-yama- 

dono.  I.a,  il  s  adonna  a  la  poesie  chinoise  et  japonaise,  et  mit  son  plaisir  dans  l’encre  et  le 
pinceau.  Il  passa  ses  heures  parmi  les  élégances  littéraires.  Pour  la  peinture,  il  s’adressa  aux 

maîtres  des  Soung  et  étudia  aussi  le  style  japonais.  Il  traita  tous  les  sujets;  paysages,  person¬ 

nages,  Ileurs  et  plantes.  Son  pinceau  a  une  élégance  naturelle. 

I  akeda-harou-nohou  était  Daïmyau  des  kalii  et  général  fameux,  quand  il  se  rasa  la  tête 
et  devint  bonze,  sous  h*  nom  de  Shinn-ghèn.  II  pratiqua  la  doctrine  de  Zèn.  Il  avait  du  talent 
connue  poète  et  comme  peintre.  Ses  (ouvres  sont  très  soignées  et  d’un  genre  archaïque.  Il  a 
bien  choisi  I  esprit  de  No  Ami  et  San  Ami  et  possédait  une  aimable  inspiration. 


CHAPITRE  IV 

Sculpture. 


A  partir  des  années  Ghèn  ko  iTD-iTlji,  les  guerres  successives  désolent  l’Empire, 
qu  elles  conduisent  au  comble  du  désordre.  Les  arts  subissent  alors  une  éclipse.  Comme 
les  autres,  la  sculpture  traverse  une  période  critique.  Cependant,  les  circonstances  ambiantes 
et  la  propagation  de  la  secte  Zèn  créent  un  nouveau  courant  artistique.  On  voit  surgir  des 
«ouvres  comme  les  portraits  dos  llonshi,  et  des  statues  bouddhiques  1res  remarquables.  Les 
maîtres  imagiers  continuent  a  travailler.  Ainsi  I  école  de  la  y  a\enue  peisiste  depuis  Kau- 
shyoun  de  l’âge  précédent,  et,  de  père  en  /ils  cette  famille  aboutit  à  Kau-shyou.  L’école 
«le  l’Ouest,  depuis  kau-véi,  de  la  période  précédente,  va  jusqu’à  Ko-séi.  Mais  cette  lignée 
s’arrête  là.  Les  autres  statuaires,  quoique  produisant  encore  des  œuvres  relativement  nombreuses, 
montrent  un  art  soucieux  de  la  grâce  des  formes,  mais  dénué  de  vie,  d’animation  et  d’expression. 
Les  statues  bouddhiques  de  ce  temps  sont  souvent  couvertes  de  laque  vermillon,  ou  simplement 
laquées  et  décorées  d’or  plaqué  par-dessus.  A  cette  époque,  le  Nô-gakou  est  très  florissant 
et  chaque  Daïmyau  appelle  les  artistes  habiles  en  cette  spécialité,  qui  devient  alors  celle  d’une 

famille. 

D’autre  part,  on  fait  beaucoup  de  masques.  Des  spécialistes  surgissent,  qui  se 
préoccupent  avant  tout  de  l’expression,  et  nombreux  sont  ceux  qui  font  preuve  d’une  grande 
habileté.  Parmi  les  masques  conservés  aujourd’hui,  on  cite  ceux  des  auteurs  de  la  période 


précédente:  Tatsou-émon,  Shvakou-dzouroii,  Himi,  Otlii,  ko-ouslii,  lokouwaka.  Si  I  <»n  examine 
de  près  ces  œuvres  renommées,  on  s’aperçoit  qu  elles  paraissent  plutôt  appartenir  a  cette 

époqne-ci  qu’à  celle  de  kamakoura. 

Zo  Ami-Foukouraï,  Sliyoun- waka,  Iloraï,  Tsliikouça,  San  -  kwaiibnu,  etc.,  faiseurs  de 
masques  de  ce  temps-ci,  sont  célèbres,  et  leurs  œuvres  sont  estimées.  Mais  ee  fut  quand  de 
l’école  de  San-lvvvaubau  furent  sortis  Mitsou-Terou,  Tchika-nobou  et  kaukèn  «pie  la  sculpture 
des  masques  devint  un  art  ayant  ses  traditions.  Les  masques  étaient  en  usage  depuis  l'antiquité: 
mais  ils  ne  servaient  qu'au  Gikakou  (musique  seule),  au  Rougakou  musique  ef  danse*,  au  Xatsmi- 
gakou  (cérémonies  variées),  aux  fêtes  shintoïstes  et  aux  assemblées  houddhi-tes.  Le  >nilptrur 
de  masques  pour  le  Nô  ne  s'esi  montré  réellement  qu’à  Féj)oque  actuelle.  Far  la  N<»  a  rumniem  < 
à  être  pratiqué  au  début  de  cette  période. 


Genres  et  procédés. 

Les  statues  bouddhiques  de  cette  époque  sont  généralement  an  boi-.  <  >n  \  ajout-  d«  s 
couleurs.  Souvent  la  décoration  est  magnifique.  On  use  de  mosaïques  il  or,  ou  bi»  u  d'urn* 
décoration  très  épaisse  ou  de  laque.  II  y  avait  aussi  quelquefois  des  tontes,  nuis  •  ll«-  * •  t . * i *  ni 
extrêmement  rares.  Les  masques,  bien  qu'il  en  existât  d'anciens  lait-  an  htqua  >*•<■!)•  ou  ni 
papier,  sont  à  cette  époque  presque  toujours  en  bois  sculpté,  et  la  face  a>|  *  nti*  i  m*  ni  « I •  t  o i .  . 
d’une  peinture  épaisse,  détrempée  à  la  colle.  Les  cheveux  et  la  barbe  sont  peints  ni  noir  L*  - 
démons  en  fureur,  par  exemple,  ont  las  yeux  enchâssés  de  métal.  Il  an  exista  <!  un*  d*  <  •  *r.itioii 
brillante  et  magnifique. 

Mais  1  intérieur  est  tout  simplement  raboté  sommairement  et  laisse  voir  las  tracas  <lu 
rabot.  Il  est  peint  en  noir  ou  en  ocre  rouge,  et  quelquefois  couvait  d'un  légar  laquage.  Omlqmluis 
le  bois  est  resté  brut.  Ces  traces  du  rabot  appellent  F  attention  des  experts:  car  r'asl  par  ail*  -  qu  ils 
déterminent  Fauteur  et  la  date,  comme  on  reconnaît  Fauteur  et  la  date  d'une  lame  aux  marquas 
de  la  lime. 

Pour  la  coloration  des  masques,  il  existe  toutes  sortes  de  procédés.  (Ihanin  a  se*, 
particularités.  A  partir  du  milieu  de  la  période,  les  auteurs  ont  pris  l’habitude  de  les  marquer 
a  leurs  sceaux.  Ce  sont  des  sceaux  a  chaud  appliqués  au  revers  du  masqua.  Fins  tard,  d  arrive 
très  fréquemment  que  les  noms  expertisés  et  les  noms  des  experts  soienl  inscrits  an  laque.  <  >u 
voit,  dans  la  suite  des  temps,  Fart  des  masques  devenir  de  plus  eu  plus  parfait. 


MAITRES  ET  ŒUVRES 


Œuvres  bouddhistes. 


lxau-ei,  i4e  génération  de  Djyautcho,  est  fils  de  Kaushyoun.  Il  fut  lloghén.  Il  eut  pour 
iils  le  Hôghen-kautan,  qui  engendra  le  Ilô-in  Kau-kitsou,  lequel  fut  le  père  de  lbï-in  lxau-ei. 
Le  fils  de  ce  dernier  fut  lxau-tchinn,  père  lui-même  du  llaughén  Kau-rinn.  En  des  Iils  da  celui-ci 
fut  le  bonze  Kyaushyou  qui  demeurait  en  Mino,  fut  lloghén  et  maître  imagier  du  To-ji.  Ees 

sept  artistes  étaient  de  l’atelier  du  milieu  de  la  f  avenue  et  passent  pour  être  de  la  lignée 

directe  de  Djyautcho. 

kaii-shyou,  fils  de  Kauyéi,  surnommé  le  lloghén  de  Shimotsouké,  fut  maître  scul]iteur  du 
To-ji.  Il  vivait  vers  l’époque  Oyéi  (i394-i428).  Son  fils  Kauséi,  surnommé  le  llo-in  do  Boungo, 
fut  attaché  aussi  au  To-ji.  Le  fils  de  celui-ci,  Ko-sei,  fut  également  maître  imagier  au  même  terni 

Ces  trois  artistes  sont  la  lignée  de  1  atelier  de  l’Ouest  de  la  avenue 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


1 

PAYSAGE  (par  Kano  Motonobou). 

XVe  siècle  (Myau  Shinji-Rèioun-in  Kyauto). 


% 


CIGOGNE  (par  Kano  Motonobou). 

XVe  siècle  (Nanzénji  Kyauto'). 


éZ 


MASO!  KS 


I  ‘  •g.  >  >■  Celle  scu I pi  lire  en  bois  <1  une  exécution  extrêmement  fine  est  entièrement  laquée  en 
noir  rehausse  de  fils  d  or  (‘I  de  pierreries  incrustées, 
bile  es I  du  commencement  d<*  la  période  d’ Ashikaira. 

Snu  style  diffère  ;i  celui  de  l'époque  de  Knmakoura  à 
eause  de  I  mlluence  de  la  sculpture  de  Song.  La  tendance 
vers  la  finesse  atteignit  a  celle  époque  un  point  exagéré. 

La  délicatesse  a  remplacé  le  caractère. 

Cette  lie-ure  représente  le  mieux  le  style  de 
1  époque. 

/«>  Ami  1 1 iealzougoii  vivait  pendant  les  années 
Liwa  i  >7*)-i  >j<)  et  demeurait  à  Kyauto.  Il  fut,  dit-on, 
houlVon  de  \sIiikaga-voslii-milsou .  Il  a  sculpte  surtout 
des  masques  de  femmes. 

I  oukouraï  Ishiw  aii-bé-mava-tomo  vivait  vers  les 
aimées  <Kei  i  Iqj-i  j  *».N  ,  habitait  Irchi-djvau,  en  Ltcliizen. 

()u  dit  que  I  nier  de  sculpter  des  traits  dans  les  masques 
de  démons  \  ienl  de  lui. 

Sh\ oiinwaka,  dit  Tamba-no- kami,  cousin  de 

» 

Tokoiiwnka,  montre  un  coloris  sommaire  et  fruste,  mais 
poli,  qu'on  appelle  communément  nbura  llaria  (peau 


grasse). 


Ilaurai,  lils  de  Loukou-raï,  fait  preuve  d'uu  coloris 
doux  et  délicat. 

Tehi-koiiça ,  habile  sculpteur,  a  fait  aussi  des 
gardes  d»*  sabres  et  des  pauses  de  tambourins.  Coloris 
sommaire  et.  doux. 

San  K \>  an-bail  vivait  vers  les  années  Boummeï 
( i 'jGj-i  pSjp  Il  demeura  d'abord  en  Ltcliizen.  Lins  tard, 
il  passa  en  Aumi  et  en  Vamashiro.  excellent  sculpteur 
de  manques,  tout  ce  qu'il  a  fait  est  très  soigné.  De 

I  école  de  San  Iwvaw-bau  sonl  sorties  des  écoles  de  sculpteurs  de  masque.  Lu  voici  la  liste  : 


Kwannox  Avalùkitésvara,  sanscrit  . 
Musée  impérial. 


SAN  KWAU-BAl 


mil  son  ; 


,<•  IAim.i  Di  Ivkiii/i  n  Di-mi:.  —  .lirau-zaé-iiioii-inilsoii-lérou  lits  aine  de  Sau  Kwau-bau). 

•Z»  |.;(  (l,  ,  in  Acmii-zkki.  kadzouça-tio-souke-lehika-noboii.  .Iirau-zaé-mon  , 

>°  Kcoi.k  ni:  Ou mo  I ) i  mi  .  —  Tai-kwanbau-kwaii-ken. 


Jirau-zaé-inon-mori- 


CHAPITRE  \ 


Architecture. 


Cette  époque  étant  Père  de  grande  prospérité  de  la  secte  Zèn,  ses  constructions  religieuses 
les  plus  importantes  sont  les  monastères  Zèn.  Leur  type  est  peu  varialde.  I )  ordinaire,  la  façade 
est  au  Sud.  11  y  a  une  porte  principale.  La  salle  de  Bouddha,  la  salle  dr  la  loi,  la  maison 
abbatiale  se  suivent.  Un  beffroi  s’élève  à  part.  11  y  a  encore  la  bibliothèque,  la  salle  du  fondateur, 
la  salle  de  bains,  etc.,  beaucoup  de  dépendances  qui,  naturellement,  ont  pris  d**s  formes  variées. 
Le  grand  portail  n’offre  pas  de  différence  avec  les  formes  qu  on  appelle  de  Vira,  ainsi  que  «•••Iles 
de  Ileian.  Le  type  est  établi,  semble-t-il,  pour  servir  aux  Ages  suivant". 

Le  sanctuaire  de  Bouddha  et  la  salle  de  la  loi  ont  une  forme  identique,  invente**  entiè¬ 
rement  à  cette  époque.  Le  double  toit;  le  pavage  en  carreaux;  les  plafonds  avec  n»are>  en 
planches  polies  sur  lesquelles  est  peint  le  plus  souvent  un  dragon;  1«*  slyh  parti* uli«i  des 
Koumimono,  dit  à  la  chinoise;  les  avant-toits  doubles  avec  des  chevrons  halaii**--..  .  t  maid*i<* 
d’autres  points  de  détail  sont  tous  traités  fidèlement  de  la  même  façon  dans  (nu*  l**s  temples 
de  Zèn. 

D’autre  part,  la  décoration  extérieure  et  intérieure,  elle  aussi,  est  simple,  <<uihnui*  ne  ut  m\ 
doctrines  de  la  secte.  L’extérieur  n’est  jamais  décoré  de  couleurs;  l'intérieur  n  a  pas  < ] .  <lnrm.*s. 
Comme  type  parfait  d’architecture  Zèn,  il  subsiste  aujourd’hui,  à  kyauto,  h*  Daï-tokouji  *1  I.* 
Myau-shin-ji  ;  à  Kamakoura,  le  kèn-tchyauji  est  très  complet. 

A  Kyauto,  le  Tenryouji,  le  Kenninn-ji,  le  Shyo-kokouji,  h*  To-fonkou ji,  ainsi  que  I.  Man 
jyouji  sont  les  cinq  solitudes  Zèn.  A  kamakoura,  le  kèntehyauji,  l<*  Lnrvakouji,  l<*  J\«»u  l*aik*»u|i, 
le  Jyautchiji,  le  Jyaumyoji,  sont  les  cinq  solitudes  Zèn.  Dans  ces  deux  >**i  i**N,  on  t  r< >ux  •  .1**"  ressem¬ 
blances  et  des  différences  dans  le  plan  et  dans  la  forme.  A  kamakoura.  le  style  est  plutôt 
maigre.  Los  couvertures  sont  pour  la  plupart  en  chaume.  Huant  à  la  valeur  architecturale.  I.s 
temples  de  Kamakoura  sont  loin  d’égaler  ceux  de  kvauto. 

En  matière  d’architecture  laïque,  les  châteaux  sont  constamment  brûles  et  reconstruits. 
Et  cependant,  on  ne  constate  pas  de  changements  notables  dans  1<*  sl\le.  Bien  qu*\  pour  les 
\ ashiki,  le  Shinnghen  Djoukouri  ait  été  remis  en  honneur  par  les  Ashikaga,  on  m*  \<*il  plus 
les  procèdes  antiques  purs.  Il  semble  qu  on  ait  adopté  les  formes  «lu  Bouké-djoukotiri. 

Ainsi,  le  célèbre  Yashikidé-mouromatclii,  fait  par  Ashikaga  Yoshimitstou ,  était  un 
compromis  entre  le  Shindèn-djoukouri  et  le  Bouké-djoukouri  apparu  à  l’époque  de  kamakoura. 
Après  tous  les  troubles  des  années  Oninn  1067-1/JG9),  naquit  un  style  particulier,  appelé  Shvo- 
in-dzoukouri,  fort  en  faveur  dans  les  hautes  classes. 

Ce  nom  de  Shyo-in,  à  l’époque  précédente,  existait  déjà,  mais  le  développement 
complet  de  ce  style  appartient  à  la  fin  de  la  période  actuelle.  Les  règles  n’en  sont  pas  du 
tout  les  mêmes  que  celles  du  Shindèn-djoukouri.  Les  caractéristiques  consistent  <*11  ceci:  le  Hlièn- 
kwan  (porche),  le  youka,  les  placards  et  la  bibliothèque.  D’un  autre  côté,  l’architecture  des 
pavillons  de  thé  s’est  montrée  vers  la  fin  de  cette  époque.  Sa  particularité  la  plus  remarquable, 
c  est  quêtant  très  simple  et  très  sobre,  elle  atteste  au  plus  haut  degré  le  goût  Zèn. 

De  1  assimilation  des  temples  Zèn  aux  Yashiki  naquit  une  architecture  toute  spéciale. 
Le  Kmkakou  du  Rokouenji;  le  Ghinkakou  du  Jishôji,  ainsi  que  le  Tô-kyu-dau  en  sont  des 


modèles.  Quant  à  l’architecture  des  Yashiro. 


nous  n  en  savons  pas  grand  chose.  Cependant, 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  XLVII. 


I  (>  I 


I  i ii 11 u< ‘ihm*  des  h‘iii|il('s  /ru  a  du  s  étendre  même  aux  Yashiro.  Il  y  a  beaucoup  de  raisons  qui 
Irinlenl  a  confirmer  celle  hypothèse.  Dès  la  période  où  nous  sommes,  par  suite  de  l’inüuenee  de 
I  architecture  boinldhisle,  les  règles  de  la  construction  des  Yashiro  et  jusqu’à  ses  procédés  de 
détail  se  modifient,  bile  a  donc  du  emprunter  alors,  pour  la  première  fois,  les  Koumimono  à  la 
chinoise  el  des  goûts  zènesques. 


MONUMENTS 


I  OHl  Al  L  1)1  I  O I*  O  f  KOI  1 1  «  —  ^  il  fil  î|S  h  iro .  -  |  O  fou  koii  |1 . 


C’est 

un  excellent  exemple  < 

exactement  la 

date  de  ce  portail,  il  s 

faite  pendant 

les  années  Ovci  i3qj 

trois  baies.  S 

a  grande  échelle,  ses  pr< 

un  caractère 

remarquable. 

Si  I  <»n  examine  les  details,  ses  koumimono  sont  tous  à  la  chinoise  et  simplement  décoratifs. 
Les  balustrades,  avec  leur  forme  particulière  aux  temples  Zèn,  la  forme  des  toits,  la  courbure  des 
avant-toits,  etc.,  tout  cela  est  la  preuve  d  une  calme  vigueur  d  exécution. 

IM.  \l.\ll.  —  kiNKAkot.  —  Yamashiro.  —  Hokouenji. 

E  est  un  pavillon  à  trois  étages,  couvert  en  écorce  de  pin  ( Chamoe  ci/paris). 

Dieu  < pie  sa  disposition  procède  du  temple  Zèn,  il  ne  produit  pas,  comme  la  salle  et  la  pagode 
de  celui-ci,  un  elle!  austère  et  solennel.  On  a  évité  de  lui  donner  le  caractère  mièvre  d’un  palais 
ordinaire.  L'exécution  ne  s'est  pas  enfermée  dans  des  règles  étroites.  Elle  est  souple  et  libre,  et 
cette  forme  particulière  a  été  très  heureusement  réussie. 


<  illINN-kAkOI  . 


^  •iiiia>liiri).  —  Jistio-ii. 


Sa  disposition  o>f  tout  à  lait  semblable  à  celle  du  kinn  kakouji.  Seulement,  comparé  à  celui-ci, 
il  a  est  pas  d  un  caractère  aussi  large  et  n’a  que  deux  étages. 

La  salle  Zèn  du  Tofoukouji  est  aussi  de  la  même  époque  que  le  portail.  Le  Aisendau  du 
Manjvouji  également  présage  cette  époque.  Le  sont  des  monuments  qu’il  est  nécessaire  de 
mentionner.  ()n  peut  citer  encore,  refaits  à  cette  époque  et  montrant  bien  le  goût  du  temps,  la 
pagode  à  cinq  étages  du  kofoukouji  de  Nara,  ainsi  que  le  kondau  de  1  Lst. 

En  résumé,  l'architecture  de  ce  temps,  abstraction  faite  de  la  diversité  des  genres,  présente 
généralement  des  cléments  simples  et  nets.  Ln  un  mot,  on  peut  dire  qu  elle  a  le  caractère  Zèn.  Les 
manifestations  nouvelles  de  I  architecture  de  ce  temps  sont  : 

i"  L’achèvement  des  formes  du  monastère  Zèn  ; 

2°  L'apparition  du  Shyo-iri-dzoukouri  et  aussi  l’origine  de  l’architecture  des  salles  de  thé; 

3"  L’apparition  d’un  style  d’architecture  combinant  le  style  du  palais  et  le  style  du  temple  Zèn; 

4°  La  reconstruction  ou  restauration  entière  des  anciennes  constructions  et  parfois  leur 
rajeunissement. 


21 


-  1<)2 


CHAPITRE  VI 


Industries  d’art. 


L'art  du  métal,  dans  la  première  partie  de  la  période  des  \shikaga,  m*  dilLue  pa-  *  m>rnn  ne  ni 
de  celui  de  la  période  précédente.  On  imite  les  objets  importés  de  I  étranger  et  on  \  ajout,  aussi  un 
sentiment  nouveau.  La  fonte,  l'incrustation,  le  repoussage  maintiennent  leur  Imlulete  I  "  tnim 
A  l’époque  de  Higashi-yama  apparaît  dans  le  monde  le  sculpteur  <  »«>1;m-y«>u-dj\ .ni.  ^"*s  ■  I « »ns  pi  - •<  •  u\ 
il  les  consacra  à  l’art  des  sabres  et  il  produisit  des  chefs-d  «ouvre  de  ilrlicalc»**,  sans  pur  I  nm  I . • 
période  précédente.  11  inaugurale  style  de  la  famille  tint  au  qui  «levait  se  Iraimimt  1 1  <•  d-  n-  i  ei  ; 
en  génération  pendant  quatre  siècles.  On  peut  affirmer  que  c'est  I  < >u \ .  1 1  u i  ■  < I < *  la  _  r  a 1 1 <  L •  -  c  d. 
l’art  du  métal  au  Japon.  En  outre,  dans  la  famille  des  armuriers  Mynii-h  liinn.  au  «  <eiun>  "mut  •!• 
cette  époque,  parut  le  fameux  artisan  Mouné  Yaçou,  «pi’on  peut  app«‘h»r  lano  tr*-  «b*  la  r* ■  n.t i — .1  n< 
de  l'art  des  armuriers,  et  dont  les  descendants  devaient  continuer  la  tradition  p  1  j  1 1  >  b  - 

Tokouga'vva.  Surtout  à  la  17e  génération,  Nobou-ive,  des  annee>  Lmliv.iu  1  ><>j-i  >' 1  .  I  1 
1 53a—  1 555),  fut  très  expert  en  l'art  de  forger  le  fer.  Il  a  produit  «piaiilil*  <1  <«  u\r-  **  f.un-  u-.  ~  -  t 
formé  beaucoup  d’élèves,  parmi  lesquels  Sawotome-nobou-vaçou,  < * n I r< *  autres,  «pii  .  polira  I  1  blé  i 
son  maître;  leurs  descendants,  de  génération  en  génération,  produismuit  d«->  ««un  «  ■  •  -  a. In  1  «bb  - 
Ce  fut  surtout  la  fabrication  des  casques  qui  devint  lart  traditionnel  dns  Sawnlmiu' 

L’art  de  forger  les  gardes  fit,  sous  les  Ashikaga,  «le  grande  progrès  «•(  devint  me  -p'*  1  dit 
Ainsi  la  maison  des  forgeurs  de  lames  Oumè-tada  fut  surtout  habile  dan-  but  d.  -  _ar-b Sbiule 
voshi  fut  employé  par  le  Shyaugoun  Yoshi-mitsou,  sur  I  ordre  duquel  il  lit  «1rs  tsouba.  «b  s  .imn  aux 
et  des  pommeaux  de  sabres.  Shighé-taka  fut  employé  par  b-s  deux  Shvaugouns  A  < »*-.  1 1 1 1 1 a  r*  >  1 1  .1  A  ..-lu 
aki,  ainsi  que  par  Ota  nobou-naga.  1  )  «  *  s  lors,  l'art  «  1  <  *s  gardes  acquit  sou  imb  p«mdan<". 

Pendant  les  années  Mei-tokou  1  Iqo-i  jp  j  ,  >«ms  l'empereur  ( «oko-matsou  Y < . I Y  ,  vivait  <u 
Nagato  l’ancêtre  des  artistes  en  gardes,  llaghi  Xakaï-mitsou-tsouné.  Vers  le  «b  but  «!«■  la  pm  i. .dn. 
en  Yamashiro,  vivait  Kané-ihé.  Myotchinn-nobou-iye  fit  aussi  «les  gardes.  I  n  artisan  «!«•  Kouwaua, 
Iran-kèn,  vers  les  années  Ghen  (i5jo-i5y3),  est  aussi  renomme  pour  ses  gardes. 

Lart  de  la  fonte  ne  semble  pas  avoir  souflert  dt*s  troubles  de  cette  époque.  La  huile  «les 
théières  fait  de  grands  progrès  avec  la  mode  «lu  tcha-no-you.  Ainsi,  Tshikouzon  Ashiya  lomlit  une 
théière  portant  des  armoiries  de  chrysanthèmes  et  pawlonias,  et  1  offrit  à  la  cour.  Il  «levinl  aussitôt 
célèbre.  Après  que  le  Shyaugoun  Yoshimaça  se  fut  retiré  à  I ligashivama,  il  collectionna  «les  «uriosiles 
et  surtout  s’occupa  des  cérémonies  de  thé.  Il  commanda  à  Toça-rnitsou-nobou  un  projet  «b*  théière 
qu  il  fit  fondre  par  Ashiya.  Les  fondeurs  Asbiya  se  servirent  de  modèles  créés  par  S«  ‘sshyou.  Aussi 
leurs  théières  portent  toujours  des  motifs  pittoresques. 

A  cette  époque,  de  Ten-myô  en  Shimo-tsouké  vinrent  également  «les  théières  célèbres.  Les 
productions  de  Ashiya,  avant  les  années  Eishyau  i5o4-i52i),  s’appellent  l\o-ashiya  (ancien  asbiya). 
Ce  qui  est  apparu  avant  1ère  Temmon  (1 53a- 1 555  s’appelle  vieux  Ten-myo.  M  ais  à  cette  époque  il 
n  existait  pas  que  Ashiya  et  Tèn-myo.  Nagoshi-ya-shitchi-rau ,  pendant  les  années  llounimvau 
(1469-1487)  est  employé  par  le  Shyaugoun  Yoshi-maça  et  fond  pour  lui  «les  théières,  qui  sont 
des  œuvres  renommées.  On  appelle  d’ordinaire  les  théières  de  ce  temps  choses  de  I lygashi-yama. 
Elles  sont  très  appréciées  des  Tchya-jinn. 


i63 


MAITRES  ET  ŒUVRES 


Ciseleurs. 


<  " »l ()-) ou-(l  jv<‘iu  eiiiil  le  fils  légitimé  «lu  Onémon-no  Djyau  (officier  des  gardes  de  droite)  ou 
sous-5  rang,  (mlo  mol o-l sonna.  Il  demeurait  en  Mino.  Il  était  très  doué  pour  la  sculpture.  On 
raconte,  qn  a  1  âge  de  Imit  ans,  il  lil  un  singe  en  terre,  si  vivant,  qu’un  oiseau  de  proie  fonça  sur  le 
singf  H  1  mlr\a.  A  son  adolescence,  ses  qualités  militaires  le  désignèrent  pour  servir  dans  la  suite 
dn  Shyaiigonn  'i  oslii-maça.  A  dix— huit  ans,  en  hutte  à  la  jalousie  de  ses  compagnons,  il  fut  accusé 


Fia.  V|.  —  MONTURES  ET  ACCESSOIRES  OI( NÉS  POUR  SABRES. 
* 


ai  Trois  pièces  do  garniture  (marquis  Toshitsougou  Mayéda),  com- 
pronanl  une*  paire  d’appliques,  une  épingle  et  un  manche  do 
rouleau.  Cetto  garniture  ciselée  par  Yougo  est  célèbre  depuis 
longtemps. 

Jb i  Appliques  de  danseur  (vicomte  Nagashiro  lnagaki).  Danseurs  de 
la  représentation  dite  le  Nô. 

c)  Appliques  de  corbeau  mouillé  (marquis  T.  Mayéda),  représentant 


le  corbeau  se  baignant.  Ces  objets  appartinrent  à  Xobounaga 
Oda.  puis  à  Hidéyoshi  Toyotomi,  et  acquirent  ainsi  leur  célébrité. 

d |  Manche  de  petit  couteau  (marquis  T.  Mayéda),  ciselure  de  Joshin, 
d’un  caractère  fort  et  sobre. 

e)  Ménouki  (appliques)  Tehôga  Imomoura.  Ciselure  de  Yôshin. 
représentant  un  poisson  et  une  gourde,  et  montrant  la  liqué¬ 
faction  d'un  mot  bouddhique  de  la  secte  Zèn. 


injustement  et  jeté  en  prison.  Là,  ayant  eu  par  hasard  une  pèche,  il  demanda  secrètement  un  couteau 
à  son  geôlier,  et,  sur  le  noyau,  sculpta  i4  bateaux  et  63  singes,  et  offrit  cet  ouvrage  au  geôlier. 
Le  geôlier,  admirant  la  préciosité  du  travail,  l’olfrit  au  Shyaugoun  Yoslii-maça.  Celui-ci,  frappé  de 


l’art  manifesté  dans  cet  ouvrage,  fit  sortir  le  jeune  homme  de  |.rison  et  lui  commanda  scs  gardes 
de  sabres. 

Goto  se  rasa  alors  la  tête  et  prit  le  nom  de  You-djyau.  Il  fut  . .  Hokyau  | . .  de  la  loi 

et,  demandant  des  dessins  à  Kano  Moto-nobou,  se  livra  eulÜTcmenl  à  son  art.  . . .  . . 

(CI)  le  nomma  Hô-in  (sceau  de  la  loi .  Il  mourut  le  /jour  du  )'  mois  de  la  i"  année  ï eishyau  19  juin 
1 5o4)  à  l’âge  de  soixante-dix-lunt,  ans,  dit-on. 

Les  dragons,  lions,  personnages,  etc.,  sculptés  par  You-djyau  sont  «lu»  relie!  accusé.  «>1  .lune 
ciselure  vigoureuse.  Même  quand  le  coup  de  ciseau  semble  lâché,  si  on  regarde  attentivement,  on  \ 
découvre  de  la  verve  et  de  la  vie.  Les  œuvres  «le  la  lin  de  sa  vit*  son!  mimes  el  d’une  beauté  d-  plus 
en  plus  remarquable.  Les  dragons  surtout  ont  des  pattes  et  «les  grilles  «l  une  forme  cxln.or.liiiain  I  •  - 
sourcils,  les  lèvres  et  b's  mâchoires  montrent  la  plus  grande  d«,lieati*ss«‘  «b*  trasail  I  -■  r<  le  I  <  \  I* 

modelé  sont  parfaits.  Ce  sont  des  œuvres  admirables,  connu»*  <>n  en  \«»il  i  m r*  1 1 1 . « n i  d.*««<  -  ml  mu. 

pendant  17  générations,  jusqu’à  1ère  de  Meidji,  s«‘  sont  transmis  sm  s f  \  I •  • .  La  ‘ ' 1  ^ * ' 1 1  • 1  *  d' "  1,1 

appelée  d  ordinaire  Sakoufou  (style  de  la  famille),  el  I  «m  « *s 1 1 1  ne  ees  a  1  •  1 1  s I •  ■  ^  a  I  -  _  <1  d- 

peintres  de  l’école  de  kano. 

Goto  Sô-djyau,  ou  Goto  II,  est  lils  d«*  You-djyau.  Il  lui  llogan.  Il  immnil  b*  («  «I  1 
de  la  7e  année  Yéi  rokou  (11  septembre  1  3(>/p.  Il  mourut  à  I  ag<*  «b*  soi\aiiie-di\-liuii 
disent  soixante-dix.  Bien  que  son  talent  n  égalât  j*as  celui  «le  sou  père  «bois  • — •  m*  Il  m-  -  i  \i-  - 

il  est  quelquefois  difficile  de  distinguer  h  une  théier»*  esl  «le  ■■nui  père  ou  -I--  lui 

Goto  Djyau-shinn,  ou  Goto  111,  lils  de  Sô-djvau,  mourut  .*11  . •« >111 1  *  «  1  ' . *  1 1 1  a  Ymlu  "  l  u  . 

en  Aumi,  le  G  du  2e  mois  de  la  5°  année  Yéi-rokou  i<>  mars  1  "><>•>  ,  a  I  àiœ  «b  «niquant'  bml  »u- 
d’autres  disent  le  9  avril  à  l’âge  «b*  cinquante  et  un  ans.  Sa  ciselure  est  n  i  n  u-  -•  -  -  !  t •  - 

ses  creux  profonds.  Ses  œuvres  montrent  un  sentiment  énergique. 


Armuriers. 


Miyau-tchinn-moimé-yaçou,  le  io°  des  .Mivau-tebinn,  lils  «lu  Moum  -ma«  a,  lit,  >ui  I  «udi--  lu 
Shyaugoun  Yoshi-mitsou,  un  casque  d  or  étoile  d  argent  «  *  I  mie  armure  a  !r«  s>«  s  <\<  k  1  «  \  »  H 
reçut  le  douille  «lu  prix  ordinaire.  Les  œuvres  «le  la  famille,  à  partir  «lu  1  \| i\ an -I «  biiiu  |U"«pi  1 

Mouné-yaçou,  sont  dites  œuvres  des  dix  Miyau-tebinn.  l'.lles  jouissent  «le  la  plus  liant'  -  tme 


h  ig.  »>.  —  Casques  Tchoga  Imamoura  . 


I  ig.  5j.  Le  casque  du  milieu  est  l’œuvre  de  \oshimité  Miyau-tchinn.  Les  ornements  sont  dos 
ouvrages  postérieurs.  Ceux  des  côtés  sont  les  œuvres  do  son  fils  Takayoshi. 


Gardes. 


Miyan-I ehinn  Yoshimitrhi  est  le  i  j'1  .Miyau-tcliinn.  Vers  les  années  Dai-yei  et  Kau-rokoii  (1621- 
1  )  >2),  il  habita  successivement  à  Itehi-jyau,  llorikawa,  puis  Foutchvoii ,  en  Uidatchi;  et  enfin,  en 
kaudzouké.  C’esl  un  artisan  célébré,  un  des  maîtres  de  F  âge  postérieur, 

Miyau  h  binn-nobou-ihé  s’appelait  d’abord  Yaçou-ihé,  fils  du  16e.  Mivau-tchinu-yoshi-yaçou, 
simiomim'1  le  Sakon-shvaughèn,  de  Veishyau  à  Teu  boun  ( r 5o 1 555)  passa  de  Shiraï  en  Kaudzouké, 
de  lé  à  loutcbyou  eu  K  aï,  puis  s’établit  à  Odawara  en  Sagami.  Parmi  ses  oeuvres,  on  cite  un  casque 
du  Souwa  llosslivau,  dont  les  étoiles  sont  plus  grandes  qu’à  l’ordinaire.  On  lit  à  l’intérieur  :  Soirvva 
I losshyau-daïmyau-jinn.  On  connaît  aussi  le  casque 
au  l’ouji-san  de  trente-deux  cotés,  à  l’intérieur  duquel 
est  gravé  sur  toute  la  surface  le  I  lanva  shin-kyau  ; 
d’où  le  nom  de  casque  du  Shin-kvau  qui  lui  est 
donne,  (les  couvres  sont  1res  célèbres. 

Mivau-lcbinn-nobou-ivé ;  Yoshi-naga,  le  1  V  , 

H  é  oshimitc  In,  le  frère  cadet  du  ifi*’  0  oshi-vaçou), 

v 

sont  connus  généralement  sous  le  nom  des  trois 
maîl  res. 

Sawotomé-nobou-vaçou ,  ne  à  Saotomé,  en 
Shimolsoukc»,  élève  et  gendre1  de  Nobou-ivé,  habitait 
Odawara,  en  Sagami.  Plus  tard,  il  alla  en  Tsilatchi. 

Ses  descendants,  sous  les  lokougawa,  furent  em¬ 
ployés  par  les  Daïmyaus  de  Mito  et  tirent  des 
casques  nmominés. 

Outre  Saotomé,  ou  cite  Tèmboun  (i53i-i555  , 

Ihé-tsougou  et  Ihé-lehika. 

Fig.  >(’>.  Quoique  l’auteur  soit  inconnu,  cette 
couvre  paraît  être  du  milieu  de*  ce*  siècle.  Le»  repous¬ 
sage  du  fer  «  *  t  b*  modelage  de  I  animal  sont  cl  une 
exécution  hors  ligne. 


’ig-  >0 


-  CaSQI  1:  I  N  l-ORMK  DK  POISSON 

Vicomte  M.  Tanaka  . 


Shighé-yoshi ,  dernier  tils  de  .Mouné-tchika 
de*  la  petite  forge  de  la  F  avenue,  demeura  tou¬ 
jours  à  Kyauto.  Il  «Hait  fabricant  de  sabres,  et  faisait 

aussi  des  garnitures.  Il  fut  employé*  par  le  Shyaugoun  àoshi-mitsou  et  lit  surtout  des  gardes  de 
sabres.  Il  passe  pour  un  ouvrier  de  premier  ordre. 

Oumé-tada  Shigbé  mouné  est,  dit-on,  le  icy’  descendant  de  Mouné-tchika.  Sur  l  ordre  de 
l’empereur  Sliyau  Kwau,  la  23‘‘  année  Oyéi  (l'iib,  il  modifia  l’écriture  de  sou  nom  et  en  même 
temps  les  armoiries  de  sa  famille. 

Nakaï-mitsou-tsouné ,  appelé  Shinza-émon,  demeurait  à  àamagoutehi.  11  vivait  pendant  les 
armées  Mei  Tokou  sous  Goko-matsou  Tènnau  (XC1X  .  11  est  l’ancêtre  des  Haghi,  artistes  en  tsouba 
de  Nagato,  qui  tirent  le  plus  souvent  des  tsouba  en  fer  repercé  ou  ciselé.  Le  métal  en  est  beau, 
d’une  patine  noire,  avec  quantité  de  modèles.  Cependant  l’idéal  en  est  pauvre,  et  l’on  ne  saurait  y 
voir  des  chefs-d’œuvre. 

Le  1e1’  kané-ihé,  dont  ou  ne  connaît  pas  exactement  le  nom  de  famille,  demeurait  à  Foushimi, 
en  Yamasbiro.  Il  doit  être  du  commencement  de  cette  époque.  Ses  gardes  sont  d’un  fer  mince  et  doux. 


à  patine  rouge  et  épaisse.  Elles  sont  plus  anciennes  que  les  gardes  faites  par  Mivau-lcluun-nolx.u-ilié. 
Les  motifs  ne  sont  pas  des  nuages  ou  des  karakouça,  mais  des  paysages,  des  personnages,  des  Heurs, 
des  plantes,  des  oiseaux  et  des  animaux  ciselés  avec  maîtrise.  <>n  file  des  gardes  porlanl  un  <  1  ■  --si n 
de  cavalier  en  promenade  fait  de  pointes  d’or  incrustées,  et  d'aulres  porlanl  sur  fond  de  fer  .les  pins 

repercés. 

Miyau-tcliinn-nobou-ihé,  —  ou  l'armurier  Nobou-ilié,  —  est  aussi  renomme  pour  la  bi*aiit<* 
de  ses  o-ardes.  11  avait  un  grand  talent  de  forgeron.  Les  tsoulm  aussi  conviennent  à  sa  main. 
11  exécute  toutes  sortes  de  motifs,  dragons,  karakouça,  écailles  de  tortues,  gourdes,  hexagones,  eh 
11  n’efface  pas  à  la  lime  les  traces  du  marteau.  Son  genre  est  très  apprécié.  Il  eut  pour  élève  Nobnii- 
sada  dont  les  œuvres  ressemblent  à  celles  de  son  maître. 

ïranken-san-kitcbi  vivait  vers  Ghèn-ki  et  fèn-shyau  i  >70-1  H)a  ,  et  habitait  kouwana  en  b  » 

Il  a  fait  des  gardes  enfer  bien  forgé,  minces,  avec  de  petits  repercés.  Lui  aussi  laisse  l.i  lr.e  e  . I* 
coups  de  marteau,  et  la  patine  donnée  par  la  rouille  à  la  surface  est  d’un  goût  original. 


FOX  TL 


Nagoshi  Yashi-tchi-rau,  s’étant  coupé  les  cheveux,  fut  surnommé  Vi-.uui.  L-  iel.mi  l<  -  une •.  •> 
Boummei  [1469-1487),  le  Shvaugoun  Yoshimaça  l’employa,  et  le  nomma  chef  du  servie.»  «le  l.i  buit- 
quand  Ya  Ami  lui  eut  offert  une  théière  qu'il  venait  de  fondre. 


LAOUE 


Au  temps  des  Ashikaga,  l’art  du  makiyé  fait  de  grands  progrès,  \insi,  le  l'a k . »-i  1 1 . 1  k i \  •  l.epe 
en  relief),  ainsi  que  la  peau  de  poire  montrent  leur  complet  développement.  Le  procédé-  qui  emploie 
les  applications  d’or,  ainsi  que  l’art  du  laqué*  noir,  se  perfectionnent .  Au  début  de  relie  époque,  b  > 
objets  venus  de  Chine  eurent  une  grande  inlluence  sur  nos  productions,  d'autant  plus  que  r’rst  h- 
moment  où,  en  Chine,  les  laques  noires  et  rouges  sont  dans  tout  leur  éclat.  Lorsque  arrivèrent  e.-x 
objets  chinois,  leur  aspect  nouveau,  primitif  mais  élégant,  leur  conquit  la  laveur.  Nos  artisans  11e 
firent  que  les  imiter.  Quant  au  makiyé  des  autres  objets  de  laque,  il  ne  subit  pas  la  moindre 
influence.  A11  contraire,  de  Sen  Tokou  à  Tèn-jyoun  p  jv.(>- 1  j  Vi,  la  Chine  envoie  chez  nous  de-, 
ouvriers  en  laque  pour  y  apprendre  l’art  du  makiyé.  On  sait,  d'autre  part,  que  Yoshi-mitsou, 
chaque  fois  qu’il  envoyait  des  cadeaux  aux  Ming,  choisissait  beaucoup  de  meubles  laqués  <>u  en 
makiyé.  C’est  là  une  preuve  certaine  de  l'estime  en  laquelle  «était  tenu  cet  art  chez  nous  à  cette 
époque. 

L  année  a  la  peifection  du  piocede  du  taka  makive,  bien  que  cet  art  ait  eu  son  développement 
indépendant,  a  du  coïncider  a^cc  1  épanouissement  de  la  peinture  Soghen.  Comme  toujours,  les  motifs 
japonais  attestent  une  recherche  de  la  grâce.  A  cette  recherche,  les  procédés  du  Toghi-reshi,  du 
Iliramakiye,  etc.,  étaient  des  plus  propices.  Cependant,  le  Hiramakiyé,  par  exemple,  ne  suffisait  pas 
à  exprimer  l’idéal  vers  lequel  on  tendait  en  imitant  la  peinture  Soghèn,  dans  les  dessins  sur  fond  de 
laque .  On  eut  recours  au  modelage,  on  fit  beaucoup  de  tentatives,  et  enfin  on  arriva  à  l’époque  de 
Hygashiyama,  où  l’on  approcha  de  la  perfection.  C’est  alors  que  l’art  des  laques  atteint  sa  maturité, 
et  que  le  dessin  de  style  japonais  décore  la  fabrication  de  Takamakiyé,  et  de  Toghi-dashi  combinés. 
Le  procédé  de  la  peau  de  poire  arriva  aussi  à  cette  époque  à  son  apogée.  Il  accompagne  le 
développement  des  autres  procédés,  tels  que  le  poudré  d’or  et  le  feuille  d'or.  Le  procédé  du 
Nashidji  s’appelait  d’abord  Heidjïn  (poussière  plate).  Bien  qu’il  ait  été  employé  avec  succès  depuis 
l’époque  des  Foujiwara,  il  montre,  à  l’époque  actuelle,  des  différences  sensibles.  Le  vrai  nashi-dji  est 


MAITHKS  i;r  iKI.’YIŒS 


Kan  Ami  dai-tchyau,  vassal  do  l'on- 
tourage  do  ^  oshi-mnoa ,  lit  surtout  des 
makiyé*.  Il  recevait  sas  esquisses  do  Toça- 
mitsou-nobnu .  Pour  sas  formes,  il  suivait 
las  idées  al  les  ii’OÙtS  de  Xo  Ami  ot  do  Sau 

Cj 

Ami.  Il  excella  à  la  fois  dans  le  Taka- 
makivé,  et  le  Toghi-dashi,  ot  transmit  son 
art  à  ses  descendants.  So-zèn  à  la  3‘‘  üféné- 
ration,  So-céi  à  la  jr  et  So-hakou  à  la  5e 
continuàront  sas  traditions  à  cette  époque, 
kau  Ami-dau-sé‘i  était  le  2e  Kau 


nITar"  au  l,assnS°  ‘l,!  la  l»*>rio«lo  précédente  à  celle-ci.  Il  semble  qu’il  ait  atteint  sa  perfection  à  partir 
du  milieu  do  celle  époque. 

Le  eoul  pour  la  doctrine  Zen  et  Intendance  à  la  simplicité,  meme  dans  les  objets  usuels, 
engendra  l’Imbitmle  do  les  orner  légèrement  de  makiyé.  On  préféra  les  objets  enduits.  Jô-ô,  Shyou- 

kwau,  et  les  autres  Tcliyn-jin»  choisissaient  chacun  les  ouvriers  renommés  et  leur  firent  exécuter 
sous  leur  direction  las  objets  t< 1 1 s  * i u  ils  las 


désiraient. 

L<‘  maître-enduiseur  de  Nara,  llidé- 
tsougou,  suivant  las  indications  de  .lo-o. 
enduisit  surtout  les  boîtes  à  tin*.  Ses  des- 
candants  suivirent  sas  traditions.  On  cite 
aussi  comme  ayant  au  la  réputation  de 
bons  ouvriers  :  lai  Ami  et  Se  Ami. 

La  maitre-enduiseiir  llada-corau 

o 

dama  lirait  a  l\  vaut  o,  près  de  la  port  e  I  lok  kaï 
du  Mvo  kakouji.  (  ) 1 1  appelle  I  lokkaï-mon- 
nouri  sas  lauvras  «pii  sont  fort  estimées. 

Les  dessins  du  mnkivé  jusipia-là 
avaient  été*  surtout  des  oiseaux  ou  des 
ornements.  A  partir  de  cette  époque,  ce 
sont  surtout  des  paysages  al  des  person¬ 
nages. 

La  maître  célèbre  d(*  ci*  temps, 
kau  Ami-dau-tchyau,  s’asl  servi  d’esquisses 
de  I  oca-mitsoii-m >bou. 


Fig.  j;.  —  Tablk  a  lire  et  boite  a  écribk. 
A  Sa  Majesté  l'Empereur. 


Ami  lors  de  l’avènement  de  l'empereur  Go- 

tsoutchi  Mikado  11  i  j63).  Il  reçut  de  Yoshi-maça  la  commande  des  objets  impériaux.  Indépen¬ 
damment  des  esquisses  de  Toça,  il  montra  un  style  personnel.  Son  dessin,  bien  que  très  chargé, 
s’adapte  bien  au  makiyé. 

I garas li i  Shinnsai  servit  Yoshimaça.  Il  est  célèbre  pour  ses  makiyé.  Ses  descendants  continuèrent 
ses  traditions. 

Fig.  07.  Ces  objets  célèbres  doivent  dater  de  l’époque  de  Iligashi-yama.  Alors,  1  art  du  kim- 


poun  a  fait  des  progrès  et  donne  un  poudré  bien  égal.  On  devient  aussi  plus  habile 
L’art  du  placage  semble  arrivé  à  son  apogée.  Les  procédés  du  dessin  par-dessus  la 
double  se  perfectionnent.  Pour  la  laque  en  relief  hikou-tsoukéi,  ou  invente  le  I. 
Bluta  maki),  c’est-à-dire  le  semis  de  poudre  de  charbon.  Le  nashidzi  est  également 


pour  le  tamisage, 
bique  et  du  dessin 

iquage  superposé 

parfait . 


CLRAMIOl  L 


Au  début  de  cette  époque,  on  donne  la  préférence,  presque  toujours,  aux  poteries  importées  de 
Chine,  de  Corée  ou  des  îles  de  l’océan  Méridional.  Cependant,  Yoslii-maça,  qui  aimait  b  s  objets  d  ,i  i  h 
les  choses  précieuses,  et  les  bonzes  de  Aura,  Shyou-Kwau  et  autres,  commencèrent  r\er  dans 

le  détail  les  cérémonies  de  thé.  Avec  Shino-sn- 
sliinn,  grand  amateur  «lu  jeu  des  parfums,  ils 
donnèrent  une  impulsion  à  Part  céramique.  Ils 
voulurent  des  poteries  de  plus  en  plus  reclier- 
cbees,  en  sorte  que  l'importation  étrangère  ne 
lut  plus  suffisante. 

Shx  ou  -  K  wau ,  Jo-o,  etc.,  désirant  voir 
fabriquer  des  objets  à  leur  goût,  tirent  présenter 
des  modèles  nouveaux  par  les  potiers  de  partout. 
Ce  fut  un  nouvel  élan  donné  à  la  fabrication. 

I  n  potier  de  Matsou-zaka  en  lec,  Gorau- 
dayou-shyon-dzoui,  du  temps  de  l'empereur  Go 
Kashiwabara  II  Clll,  .ioi-.'Hi,  alla  en  Chine 
ou  il  étudia  les  procédés  de  la  porcelaine.  Là,  il 
se  Ii\ra  a  la  fabrication  dans  la  province  de  Ynng- 
nan.  La  io*  année  à  ei-shyau  i  u3,  il  revint  an 
•lapon  et  ouvrit  un  four  à  Imari,  en  llizèn.  Ses 
œinres  I  ont  rendu  célèbre  sous  le  nom  de  C<> 
shvou-dzoui  ou  Gorau-dai-you-slivon-dzoui. 


MAITRES  ET  (KL  VH  RS 

Sliiuo-gama  lut  en  Owari,  pendant  les 
années  Houmméi  (1469-1/487,,  oflicier  de  Yoslii- 
maça,  Shino-so-shinn.  Il  aimait  le  jeu  des  parfums 
et  les  cérémonies  de  thé.  Aussi,  il  commanda  à 
i  i.,  un  arlisan  de  Seto  des  pots  à  thé  et  linit  par  se 

;ir  "“"T"1  **  l>0"  '*  11  >'  -**  -»  -putatio,,.  Se,  son  . . 

"T’  T  «*■»»«*  'Is  ont  »  U  « . IP. 

Les  décorations  cons.stent  en  plantes  et  (leurs  d’un  genre  antique. 

On  les  t  fabriq"er  d6S  P°tS  à  thé  Peildant  le*  années  Yeishyau  (kW,-.52,  . 

U  ***«•  aimait  be.ue. .  Au  . . 

a-t-on  donne  son  nom.  1 

d«,  g.rj"”1  4  —  de  »»“'  !*»  cérémonies  ,1,  Hui  „„  lit 

bouilloires  .  ...  et  de,  ..ses  ù  «ours.  Les  p«.  »  m  ratmc  ,,  ,,miMfon 


l  ig.  58.  1  assk  de  pohcelaixe  œuvre  de  Shon-Zoui  . 


I  (  )<  ) 


coréens,  annamil.cs  ou  indiens.  En  se  conformant,  dit-on,  aux;  goûts  des  Tchya-jinn,  on  en  fabriqua 
aussi  beaucoup  en  une  porcelaine  particulière.  Ils  sont  très  durs  et  très  lourds.  L’émail  est  d’un  rouge 
tirant  sur  le  jaune  tacheté  d  émail  bleu  par-dessus  dans  les  plus  beaux  spécimens. 

Lizèn  Lama,  four  ouvert  pendant  les  années  Oyei  1 394-1 4^8  ,  avait  fait  depuis  de  grands 
progrès.  On  avait  bâti  trois  grands  fours,  qui  brûlaient  trente  ou  trente-cinq  jours  sans  discontinuer, 
dit-on.  Los  produits  de  ces  fours  sont  très  durs  et  délicats.  Lien  qu’on  y  ait  cuit  surtout  des  objets 
d  usage  journalier,  vers  la  lin  de  cette  époque,  on  se  mit  à  y  faire  des  vases  à  fleurs  et  des  services 
a  t  lu*.  L  est  ce  qu  on  appelle  I  ancien  Lizèn,  très  estimé  des  amateurs. 

Mino-gama,  Jours  fondés  la  20  année  Tèn-shyaii  r5y4)  par  un  ouvrier  de  Seto  d’Owari,  venu 
en  Mino,  Kato  \osabé-é  kaghe-nobou,  qui,  ayant  fabriqué  des  services  à  thé,  les  offrit  à  Ota-nobou- 
naga.  Celui-ci  les  apprécia  et  donna  un  sceau  à  hauteur.  kaghé-nobou,  d’un  autre  côté,  offrit  des 
tasses  à  émail  blanc.  Plus  lard,  Kaghé-nobou  voyagea  en  llizen,  vit  le  K  a  ratsou-gam  a ,  et  à  son  retour 
I  imita  complètement.,  et  apporta,  dit-on,  de  grands  progrès  à  son  art. 

Hakou-yaki,  c’est  une  espèce  de  kyau-yaki  faite  avec  le  bout  des  doigts.  Pendant  les  années 
^  ei-slivau  1  )o  j-i  )2i),  Améya,  Chinois  ou  Coréen,  dit-on,  se  naturalisa,  prit  le  nom  de  Sô  Kéi,  et  se 
mit  à  lahrnpier  des  poteries.  Peu  de  temps  après  il  mourut.  Sa  femme  se  fit  nonne,  et,  continuant  les 
procédés  «le  son  mari,  lit  des  poteries  qu'on  surnomma  Ama-yaki. 

knralsou-yaki,  ce  qu’on  appelle  le  nénouki  de  karatsou-gama,  a  été  fabriqué  de  kemmon  à 
Loumméi  1  T»  j-i  jftq).  Il  en  existe  en  terre  rouge  et  en  terre  blanche.  L’émail  est  couleur  de  plomb. 
Les  gaufrurcs  sont  en  Ichirimèn,  en  tissu.  La  nature  de  la  terre  est  apparente  et  non  émaillée.  Ces 
poteries  sont  très  prisées. 

Ce  qu’on  appelle  okou-kaurai  a  été  fabriqué  de  Boumméi  à  Ten-shyau  (  1 469- 1  SjS).  A  cette 
époque,  on  aimait  beaucoup  les  poteries  coréennes  et  l’on  regrettait  de  ne  pouvoir  en  trouver 
facilement .  \ussi  ce  genre  de  poterie  fut  créé  dans  l’intention  de  les  imiter.  La  pâte  progressivement 
s’aflina,  et  l'émail  devint  couleur  de  Livra.  Il  en  existe  aussi  en  émail  bleu  et  jaune.  Ces  produits 
sont  renommés  pour  les  gaufrures  du  fond. 


22 


. 


CINQUIÈME  PARTIE 


K  WA  MPAKOU  DES  T0Y0T0M1 


CHAPITRE  PREMIER 


Conditions  de  la  société  par  rapport  aux  Beaux-Arts. 


\|ii(*s  1rs  1  roubles  des  années  Oninn  1467-1469  ,  les  Ashikaga  étaient  condamnés  à 
disparaître.  Les  daimyaus,  grands  et  petits,  luttèrent  vigoureusement  pour  l’agrandissement  de 
leurs  domaines.  Le  pays  se  débattait  dans  le  désordre  et  l’anarchie,  car  aucune  main  n  était  là 
poiir  le  diriger.  I  elle  était  la  situation  quand  parut  Ota-nobou-naga.  Ses  armes  réduisirent  les 
mutins,  et  il  s  empara  enfin  du  pouvoir  à  la  place  de  Ashikaga-yoshi-aki.  L’Empire  retrouva 
peu  à  peu  la  tranquillité. 

Nobou-naga  se  montrait  plein  de  respect  pour  la  dynastie.  Il  reconstruisit  le  temple 
d  Icé  et  y  lit  accomplir  les  rites  réguliers.  Il  restaura  1  Atsouta-jinjya,  bâtit  un  palais  pour 
1  Empereur,  rétablit  le  cérémonial  délaissé,  fit  des  largesses  aux  nobles,  répara  le  yashiki 
de  N  ici  jô  et  mit  un  terme  à  la  corruption  de  Kyauto.  A  la  cour,  le  Bakoufou  retourna 
peu  a  peu  a  son  ancien  état.  Les  nobles,  ruinés  et  dispersés,  revinrent  à  Kyauto  qui  rede¬ 
vint  le  centre  des  lettres  et  des  arts.  Cependant,  au  milieu  de  cette  grande  œuvre  d’administration, 
Nobou-naga  fut  assassiné. 

T oy otomo-l  1  idé-yosh i  résolut  de  le  venger.  Après  avoir  châtié  les  rebelles,  il  acquit  une 
illustration  et  une  situation  prépondérantes.  Après  avoir  subjugué  l’Est  et  l’Ouest,  il  nettoya 
l'Empire  et,  tenant  en  mains  le  pouvoir  militaire,  fit  de  grandes  constructions  :  le  château  de 
Ohsaka,  ceux  de  Zyourakou,  et  de  Foushimi,  le  Hau-kwau-ji,  etc.  Il  propagea  le  goût  des 
choses  qu’il  aimait,  notamment  la  poésie  japonaise,  les  réponses  poétiques,  les  réunions  de  thé. 

Pour  le  jTchya-dau,  il  fit  faire,  à  Kitano  de  Kyauto,  de  vastes  tchanoyou  où  il 
autorisait  même  la  présence  des  classes  inférieures.  Il  voulut  créer  lune  sorte  de  musée  de 
tout  ce  qui  concerne  le  Tchya-dau.  Il  rassembla  les  objets  réputés  et  les  ustensiles  précieux, 
les  rangea  avec  ce  que  Hidéyoshi  avait  recherché  depuis  nombre  d'années  et  les  exposa  à 
la  foule  des  visiteurs.  Il  sacrifia  ainsi  à  sa  prédilection  pour  les  curiosités.  Les  antiquités 
obtinrent  alors  un  regain  de  faveur.  On  vit  des  objets  incomplets  ou  même  brisés  monter  à 
plus  de  mille  pièces  d’or.  On  échangeait  pour  des  objets  rares  des  pierres  précieuses  et  même 


I  ~*2 


des  châteaux.  Toyotomi  Hidévoshi  donnait  aussi  des  objets  antiques  eu  marnera  de  radeaux.  Il 
donna  même,  dit-on,  à  titre  de  récompense,  au  lieu  de  titres  ou  de  terres.  Les  remuons  de  «l,ê 

étaient  devenues  tout  à  fait  à  la  mode.  Elles  permettaient  de  se  rencontrer  | .  causer  d’aflair. 

secrètes,  pour  nouer  des  relations  avec  les  puissants,  | . .  préparer  les  mariages.  Cette  vogue 

dépassant  celle  de  la  période  précédente,  on  vit  surgir  un  style  spécial  de  salon  de  thé,  cela 
n’alla  pas  sans  donner  une  grande  impulsion  aux  industries  d  ail. 

C’est  ainsi  que  Hidévoshi,  à  l'intérieur,  flattait  les  peuples  et  déployait  un  faste  inouï. 
Cela  ne  l’empêchait  pas  de  gagner  des  batailles  avec  des  troupes  magnifiques.  Il  parcourut  la 
Chine,  où  il  acquit  une  gloire  éclatante.  11  battit  l’armée  dos  Ming  quil  lit  trembler.  aiiiH-x;. 

les  huit  provinces  de  la  Corée.  Cette  campagne  conta  des  millions  d  »  *  mis  I  i  u  i  n .  t  i  i  n  t  ’  * M 1 1  * 1  • 

considérables,  mais  n’aboutît  pas  à  un  autre  résultat  que  d’enregistrer  les  exploits  militaires  de 
quelques  matins  à  peine.  Cependant,  depuis  Jinngou  kwaugo,  le  j n« •  - 1 1 u  ■  mip'-rml,  qui  d'-pm^ 
longtemps  n  avait  pas  brillé  dans  les  pays  lointains,  reçut  un  jioumniii  1 1 1 - 1 r* • .  I.--  ,'C>|n 

victorieux  des  généraux,  rapportant  des  objets  précieux  et  rares,  «  *  t  I  arrive»*,  a  b’Ui'  >uit»  .  d<- 
prisonniers  de  guerre  de  talent  ne  lurent  pas  sans  exercer  qmdqtie  iutlu«  in  •  -ut 
civilisation.  A  cette  époque,  des  changements  «avaient  lieu  en  Lurope.  Les  esprits  s\  i <>ui  ii.o» ut 
vers  la  colonisation,  l’extension  des  relations  et  le  commerce.  Les  LspagnoU  avaient  d •  <  .  > ■, i \  •  1 1 
l’Amérique,  et  les  Portugais  avaient  doublé  le  Cap  et  découvert  la  route  m.iritinn-  i  -  lmb-*. 

Les  Portugais  prirent  Java.  Ils  y  construisirent  des  églises,  pour  la  eelebr.il é m  «lu  •  ult 
chrétien,  et  s’occupèrent  de  propager  leur  religion.  Leurs  navires  marchand-  lai- ai-  ut  !•■ 
commerce  depuis  Malacca  jusqu'au  sud  des  Ming.  La  i<Y'  année  Tcm-bnuu  i  ’>  j  i  .  iU  1 1  »«  *  i .  I  •  i  -  •  n  t 
à  Tchinn-zaï  et,  pour  la  première  fois,  les  relations  furent  ouvertes  avec  I  Lui'  j"  h* 'puis  l<>rs, 
les  vaisseaux  portugais,  tous  les  ans,  vinrent,  charges  de  marchandises,  et  lir.  nl  !•  -  uimu.  i .  ■ 
avec  toutes  les  provinces  du  Tchinn-zaï.  Les  gens  du  pavs  aimaient  leurs  etian-'  -  pi»»dmt>  et 
leurs  objets  précieux.  Tous  les  daïmyaus  de  Otoino,  Shimadzoïi,  Anma,  I  lime  mm,  Mal>.m  ..ma, 
les  appelaient,  dit-on,  à  l’envi  dans  leurs  ports.  Leurs  visites,  qui  apportèrent  la  poudre  a  ■  .mon. 
eurent  une  influence  extraordinaire  sur  notre  art  militaire,  notre  armement  et  m»  h  u  t  île  ateui-  I  n 
répandant  le  christianisme,  elles  affectèrent  profondément  nos  nlees  et  uns  concept-  r.  h^e  u\ 

On  voit  que  ce  ne  furent  pas  seulement  la  Corée  et  la  Chine  qui,  a  cet  te  époque,  réagirent 
sur  notre  civilisation.  Bien  pi  us,  en  Tenshyau  i  >7>-i  xpj  ,  Anma  I  larou-nobou  et  olnmmra 
Soumitada  envoyèrent  des  ambassadeurs  à  Home  et  offrirent  des  lettres  et  des  produits  du 
Japon  au  pape  Grégoire  XIII,  et  la  littérature  de  Borne  fut  alors  directement  introduite  au  Japon. 

Les  sectes  bouddhiques  ne  périclitaient  pas  encore.  Le  Shiniisvii,  tout  au  eontraire, 
monti ait  une  renaissance.  Cependant,  tout  le  monde  se  plaignait  < i < *  I  oppression  d<*>  bonzes, 
surtout  Nobou-naga  qui,  ré^olté  de  leurs  excès,  détruisit  des  temples,  exécuta  des  bonzes  ♦  *  t , 
avec  1  assentiment  de  1  Lmpereur,  autorisa  la  propagation  du  christianisme.  Il  construisit,  a 
Kyauto,  le  A ambanj i  temple  des  Barbares  méridionaux  et,  <hvus  sou  château  de  Adzoutclu,  1 1 n< * 
vaste  chapelle.  Ainsi  il  lit  rentrer  les  bonzes  dans  l’ordre. 

Le  christianisme  se  .répandit  alors  dans  la  capitale;  le  nombre  de  ses  croyants  augmenta 
remarquablement,  tandis  que  le  bouddhisme  déclina.  Les  temples  bouddhistes  et  les  jiimjvn,  qui 
tombèrent  en  ruines,  lurent  assez  nombreux.  Cependant,  lorsque  Ilidéyoshi  eut  vaincu 
Shimadzou  à  Hakata,  il  se  lassa  de  l’impolitesse  et  de  l’arrogance  des  missionnaires,  les  chassa 

au  delà  des  mers,  interdit  la  propagande  du  christianisme,  fit  démolir  le  Nambanji  et  le 
bouddhisme  revint  en  faveur. 

Kataghiri  Katsoumoto  devint  Boughyau  et,  sur  l’ordre  de  la  femme  de  Ilidéyosbi, 
ùodoghimi,  et  de  son  fils  llidéyori,  il  restaura  les  jinjya  des  environs  de  Ohsaka  et  veilla  à 
leur  entretien.  Les  temples  de  Yashiro  reprirent  leur  ancienne  si» 


ur. 


Kn  résumé,  après  Oninn  (1467),  l’autorité  centrale  déclinant,  les  bandes  et  les  soudards, 
I  usurpation  et  b*  vol  s’étalaient  partout.  Le  gouvernement  de  l’aristocratie  fut  détruit.  Il  y  eut 
un  bouleversement  social.  Les  officiers  subalternes  s’élevèrent  brusquement  et  parvinrent  au 
gouvernement  de  Lbrnpire.  Les  conditions  sociales  furent  alors  modifiées,  et  les  goûts  devinrent 
dillérents.  Ainsi,  le  caractère  général  de  cette  époque  est  le  grandiose.  Les  familles  célèbres  et 
^ *  11  rul  déclinent.  13e s  boni m e .  3  d’un  rang  inférieur  prennent  place  à  la  cour.  Il  en 
résulté  que  les  idées  en  cours  deviennent  plus  indépendantes,  plus  larges,  tandis  que  le  goût 
pré  *ente  un  caractère  populaire.  I)  un  autre  côté,  la  poussée  qui  mit  en  vue  des  officiers  francs 
et  simples  apporta  une  sorte  de  souffle  héroïque,  un  goût  des  actions  fortes.  Telles  étaient, 
pendant  quarante  et  un  ans,  les  conditions  sociales  dans  lesquelles  se  développèrent  les 
Beaux-Arts.  Quelque  courte  qu’ait  été  cette  période,  elle  leur  permit  de  montrer  pourtant  une  grâce 
remarquable  et  un  élan  généreux. 


CHAPITRE  II 


Caractère  et  développement  des  Beaux-Arts  à  cette  époque. 


Le  b  raid  cmenl  des  conditions  sociales  donna  une  force  nouvelle  à  l’esprit  de  bravoure  et 
d  énergie.  Cette  rénovation  était  heureuse,  car  le  sentiment  d’élégance  et  la  pureté  de  style  de 
I  époque  précédent  e  allaient  tomber  dans  la  mièvrerie.  L’audacieux  héros,  sorti  d’un  rang  humble, 
devenu  Kwampa kou,  qui  courba  toute  la  génération  Tovotomi-hidévoshi,  influa  sur  les  goûts 
de  son  temps.  Les  Beaux-Arts  prirent  alors  une  tendance  à  la  décoration  éclatante,  aux  idées 
de  magnificence,  aux  vastes  proportions.  Celui  des  arts  qui  acquiert  alors  le  plus  beau  développe¬ 
ment.  c'est  l'architecture,  «pu  construit  des  fortifications  et  des  palais  merveilleux.  Alors  s’élèvent 
de  magnifiques  édifices  comme  les  célèbres  châteaux  forts  de  Nobou-naga  à  Adzouki,  de  Ilidéyoshi 
à  Zvourakou,  Olisaka  et  l’oushimi,  d’une  échelle  grandiose,  avec  leurs  murs  dorés,  leurs  cloisons 
peintes,  leurs  colonnes  rouges,  leurs  bois  sculptés,  etc.  En  outre  de  ces  bâtiments  et  du  Ilau-kvvau-ji 
entre  autres,  les  daïmvaus  de  ce  temps,  imitant  E  exemple  venu  d’en  haut,  construisaient  abondam¬ 
ment,  restauraient  leurs  demeures.  Une  architecture  magnifique  apparut.  Ce  ne  furent  pas  seulement 
tous  les  arts  du  bois,  du  métal,  de  la  fonte,  de  la  pierre,  mais  encore  la  peinture  et  la  sculpture  qui 
vinrent  concourir  à  la  décoration,  et  prirent  de  là  une  énorme  activité.  La  sculpture  décorative  se 
développa  particulièrement,  surtout  celle  qui  exécutait  de  grandes  figures  brillantes,  comme  l’or  et  les 
pierreries. 

Mais  aussi  tous  les  arts  suivirent  l’élan  donné  par  l’architecture,  et,  évoluant  dans  une 
ambiance  et  des  circonstances  semblables,  progressèrent  parallèlement.  Tous  présentent  un  caractère 
commun.  Ils  puisèrent  surtout  à  la  même  source,  à  1  école  de  Kano.  Kano  Ei-tokou  à  cette  époque 
ouvrit  une  voie  nouvelle  et  très  caractéristique.  Un  grand  nombre  de  nobles  tombent  dans  une 
situation  précaire.  Les  vieilles  lois  réglant  les  rangs  sont  détruites.  Les  éléments  inférieurs  de  la 
population  arrivent  à  se  mêler  aux  éléments  supérieurs.  Les  idées  se  font  démocratiques.  La  pensée 
se  libère  de  beaucoup  d’entraves  et  les  arts  montrent  une  imagination  libre  et  une  conception 
originale.  Tous,  jusqu’aux  arts  industriels,  sont  pris  d’une  fièvre  de  rénovation  et  s’enivrent  de  la 
fraîcheur  d’idées  nouvelles  et  de  la  beauté  de  créations  originales. 

Les  œuvres  de  Ei-tokou  et  de  ses  élèves  Sanrakou,  I  Ion-ami,  Kwau-yetsou,  entre  autres,  sont 
célèbres. 


Kwau-vetsou  adopta  le  style  des  anciens  Toça  et  inaugura  une  école  à  la  touche  libre,  éprise 
du  mouvement,  et  il  produisit  des  compositions  très  propices  à  la  décoration.  Alors.  Pécule*  ToVa, 
languissante  et  sans  vie,  était  tombée  dans  la  préciosité  et  la  mièvrerie.  Pourtant,  réveülée  par  le  sang 
nouveau  qui  lui  était  ainsi  infusé,  elle  réussit  à  peindre  les  mœurs  populaires.  La  brandi.*  qn  on  a 
plus  tard  appelée  Oukiyoé  a  certainement  pris  la  sa  sè\<*.  Quoi  qu  il  <  u  -S°>L  h  "  pi»  *  ni>.  ni"  d<  <  < 
qu’on  appelle  la  peinture  Oukivo  commencèrent  à  paraître  vers  cette  époque,  recherchant  les  aspects 
de  la  ville.  Plus  tard,  ce  fut  .l'école  Iwasa.  Cette  école  se  plut  aux  scènes  populaires,  aux  divertis¬ 
sements  des  femmes,  des  courtisanes.  Son  coloris  est  extrêmement  délicat.  Comme  mais  l  avons  dit 
plus  haut,  les  grands  événements  de  cette  époque,  1  expiai  il  ion  «le  Corée,  la  mode  du  l<  h  \  .i-m  »\ •  uit 
eurent  une  forte  influence  sur  les  arts  et  les  industries  artistiques.  I.  expédition  de  Coif  -  i •  x  *  ilia  n,,s 
artistes,  élargit  le  champ  de  leur  vision,  leur  révéla  des  modèles  de  Corée  cl  «h*  <  bitte  Dans  h* 
domaine  des  industries  d’art,  elle  lit  surtout  prospérer  la  poterie 

La  mode  du  Tchya-noyou  lit  naître  le  genre  spécial  d  architecture  appelé  Souki-\a,  m  h\.i  la 
fabrication  des  ustensiles  de  thé  et,  en  outre,  suscita  dans  les  art>  du  temps  une  temlam  r  portii-u- 
lière.  Pour  résumer  ce  chapitre,  bien  qu’on  trouve  dans  les  arts  de  ee  temps  toutes  sortes  d  eh-imuits. 
on  peut  énoncer  les  caractéristiques  dans  les  cinq  j>oints  suivant"  : 

i°  L’échelle  est,  en  général,  très  vaste  ; 

2°  Le  sentiment  est  fort  et  sublime,  et  en  même  temps  magnilique  . 

3°  La  conception  est  neuve; 

4°  Le  coloris  est  franc  et  brillant  ; 

5°  11  se  manifeste  une  légère  tendance  populaire. 

C’est  là  qu  il  faut  voir  se  refléter  1  idéal  du  temps. 


CHAPITRE  III 

Peinture. 


llo-tai-kau  lit,  par  les  armes,  table  rase  des  anciennes  coutumes  de  I  à  g»*  prérédenl.  Il  parvint 
a  saisir  le  pouvoir  a  la  place  de  Ota  Nobounaga.  II  ajouta  au  prestige  d<*  I  héroïsme  colin  de  la 
magnificence  et  de  la  majesté,  et  ainsi  éblouit  b*  monde.  Dans  ces  circonstances,  rien  d  étonnant  a  ce 
que  la  peinture  subît  un  changement  complet.  Tous  les  hommes  qui  avaient  des  qualités  militaires, 
étant  entrés  dans  une  période  de  loisir,  furent  naturellement  portes  a  s’abandonner  aux  jouissances 
de  1  oi g ue il.  Ils  bâtirent  des  forts,  éleverent  des  palais,  où  ils  accumulèrent  les  décorations.  L  époque 
sc  trouva  ainsi  favoiable  aux  peintres,  qui  ont  alors  créé  de  grandes  et  inimitables  œuvres  Car  on 
peut  dire  que  l’habileté  de  Part  du  peintre  n’avait  pas  encore  été  poussée  aussi  loin. 

La  peinture  de  ce  temps  se  divise  en  quatre  écoles:  Ounkokou,  Kano,  Hacégavva,  Soga.  Rien 
que  ces  quatre  écoles  offrent  des  différences  plus  ou  moins  grandes  dans  le  style,  toutes  ont  fait  des 
emprunts  à  l’école  de  So-ghèn  (Soung-ghèn).  On  peut  presque  les  considérer  comme  formant  un 
seul  courant.  Ln  dehors  d  elles,  les  écoles  Kaçouga,  I  oça  et  autres  de  la  peinture  japonaise  sont  en 
complète  décadence.  Quoiqu  il  v  ait  à  Nara  un  Ldokoro  de  Kaçouga,  il  se  consacre  exclusivement 
aux  images  bouddhiques  et  ne  fait  pas  d’autre  peinture.  Il  y  a  bien  aussi,  à  Kyauto,  Mitsou-yoshi  et 
Mitsou-nori;  mais  tout  ce  qu’ils  peuvent  faire,  c’est  conserver  la  tradition  de  leur  ITmée. 

La  seule  école  qui  prospère  est  celle  de  Kano.  Ei-tokou  Kouni-nobou  est  l’artiste  le  plu» 


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renomme.  Elève  do  son  grand-père  Moto-nobou,  il  montra  des  idées  neuves  et  la  faveur  des  nobles  lui 
permil  do  se  livrer  avec  ard<mr  à  son  art.  Il  eut  comme  élèves  Sanrakou,  You-shvau  et  d’autres  non 
moins  célèbres. 

Sanrakou  lut  adopte  par  Ei-tokou  et  prit  alors  le  nom  de  famille  de  Kano.  Son  pinceau  a  bien 
pris  la  tradition  des  Kano. 

^ou-shyau  suivit  d’abord  Ei-tokou.  Plus  tard,  il  changea  de  style  et  étudia  celui  de 
Lyang-tehi. 

llacegawa  fohakou  quitta  l’école  de  Kano  pour  l’écob*  de  Sesshyou. 

Arrivant  à  I  époque  où  Ei-tokou  et  Sanrakou  conquéraient  la  célébrité,  Hacégawa-Tohakou, 
comprenant  qu’il  ne  pourrait  devenir  le  grand  maître  de  Kano,  abandonna  cette  école  et  s’intitula 
lui-même  le  )('  Sesshyou. 

Ounkokou  Tôgan  suivit  aussi  Sesshyou  et  fonda  une  école. 

L  eeole  < I < »  Soga  est  encore  une  école  indépendante,  dont  deux  adeptes,  Tchyokou-an  et  son  1  ils 
N  itchvo  kou-an  ont  acquis  une  bonne  renommée. 

P- est  dans  les  vastes  peintures  qu’excelle  Ei-tokou.  Ses  œuvres  révèlent  la  force  et  l’élan  de 
son  époque.  Ses  peintures  en  couleurs  sont  vives  et  brillantes.  La  plupart  sont  délicieuses  aux  yeux. 
Lors  de  la  construction  des  deux  châteaux  de  Ifo  Taïkau  à  Zyourakou  et  à  Ohsaka,  on  commanda 
à  Ei-tokou  des  fresques  pour  les  murs  dorés. 

Ei-tokou  n’avait  pas  le  loisir  de  manier  le  pinceau  minutieusement.  Aussi  lit-il  surtout  de 
grandes  peintures.  Il  existe  de  lui  des  pins  et  des  pruniers  de  10  à  20  pieds  de  long,  et  des  person¬ 
nages  de  >  à  10  pieds  de  liant.  La  touche  est  sommaire  pour  ses  dessins  cursifs  à  l’encre.  11  se 
sert  d’un  pinceau  de  paille. 

San-rakou  montra  aussi  un  beau  talent  dans  les  grandes  peintures.  Ses  œuvres  de  grandes 
dimensions  ne  sont  pas  rares.  Ses  paysages  sont  gras  et  non  secs  comme  ceux  de  Chine.  Ses 
personnages,  dans  le  style  des  Soung,  sont  forts  réussis.  11  était  le  plus  habile  peintre  de  lleurs 
et  animalier. 

You-slivau,  dans  sa  première  manière,  ressemble  à  Ei-tokou.  Mais  à  la  lin  de  sa  vie  il  a 
peint  surtout  des  personnages  simples,  tout  à  fait  dans  le  style  de  Lyang-tchi.  11  a  complètement 
changé'  sa  manière. 

Ounkokou  Tôgan  a  pris  les  procédés  de  Sesshyou.  Il  eut  du  talent  comme  peintre  de  person¬ 
nage»,  de  paysages,  de  lleurs  et  d  oiseaux.  Son  lils  Tô-yeki  a  eu  aussi  du  talent.  Cependant  1  école 
Ounkokou,  après  lui,  tombe  en  décadence.  Son  art  devient  sec,  d  invention  pauvre  et  dénué  d’esprit, 
de  grâce  et  d'abondance.  Elle  est  bien  loin  de  Sesshyou. 

I  lacégawa-tohakou  alla  de  l'école  de  Kano  à  Sesshyou.  Vers  la  fin  de  sa  vie,  il  changea 
encore  quelque  peu  de  manière.  I»ien  qu’il  se  soit  donné  le  nom  de  5e  Sesshyou,  son  art  est  pauvre 
et  médiocre.  Son  lils  Kyou-zau-nobou-harou  étudia  sous  sa  direction  et  prit  le  style  de  Kano.  Sa 
touche  et  sa  teinte  rappellent  celles  de  son  père,  et  il  ne  manque  pas  d'élégance. 

Soga-tchyokou-an  est  réputé  pour  ses  faucons,  mais  il  montra  également  du  talent  dans  le 
paysage,  les  personnages,  les  lleurs  et  les  plantes,  la  plume  et  le  poil.  Son  trait  et  sa  teinte 
s’éloignent  un  peu  de  ceux  de  ses  prédécesseurs.  Son  lils  Nitchy-okou-au  réussit  aussi  dans  les 
faucons.  Sa  couleur  est  simple  et  son  pinceau  vivant. 


MAITRES  ET  ŒUVRES 


École  Kano 


Kano  Ei-tokou,  fils  aîné  de  Shyau-yei,  s’appela  d’abord  Kouni nol Il  ae  rasa  U  tète  et  prit 

le  surnom  de  Ei-tokou.  Il  étudia  son  art  avec  sou  grand-père  Moto-nol . l’est  un  artiste  d<  génû 

qui  excella  également  dans  le  paysage,  les  personnages,  les  fleurs,  les  plantes,  les  anii . .  I 

grandes  peintures  le  montrent  dans  toute  sa  puissance.  I.a  i  Y  année  ÏVnsliynu  quand  II,.- 

taikau  fit  bâtir  le  château  de  Zyourakou,  il  lit  peindre  par  Ei-tokou,  sur  fond  d  or,  une  vue  du  lue 
occidental.  A  cette  époque,  chaque  fois  que  quelqu'un  faisait  bâtir  un  iMilice  soigné .  il  faisait  appel 
au  pinceau  de  Ei-tokou.  L’art  de  Ei-tokou  est  robuste.  Son  échelle  est  vaste.  Il  s’est  bien  approprié 
le  style  ancestral  et  possède  une  originalité  personnelle,  et  son  coloris,  riche  et  brillant,  ravit  b-s 
yeux.  Pour  les  peintures  de  grande  échelle,  on  le  dit  sans  rival  dans  h‘  pa--.-  il  d.oi-  !■  pi.  -  ut 

Fl.  XLN  I1I.  —  Paravent  d  éci  rie  (au  comte  Motonori  Ouyesouglii 

Peinture  de  Kano  Ei-tokou  représentant  des  chevaux  attaches  dans  un»  •  c 1 1 1 1 «  Il  \  .» 
d  autres  paravents  de  cerisiers,  de  saule  pleureur  et  de  singes,  t.elm  «pif  ihuis  pproduiM •  1 1 ^ .  •  •  p p  n- 
tient  à  la  meme  collection.  Les  armoiries  de  paulownia  Kiri  étant  celles  d*‘  llé.taikœ  ces  p.oawuts 
paraissent  avoir  été  peints  par  ses  ordres. 

Grands  paravents  a  lions. 

Troupe  de  singes  jouant.  —  Paravent . 

Vagues. 

Troupe  de  cigognes. 


lvano-mitson-nobou,  fils  aîné  de  Ei-tokou,  connu  sous  le  nom  de  Uiikv.iii-no-nasliimi .  n  .  -  tir 
pas  son  père,  mais  il  a  laissé  des  œuvres  d'un  caractère  archaïque  d  uni*  imhuiialdr  \.d<ui 

Kano-taka-noliou,  second  lils  de  Ei-tokou,  connu  sous  !»•  imni  d»  Oukonnn  Sh\ ,nœ lu  n ,  «  India 
le  style  de  son  père  et  de  son  frère  aîné.  Il  fut  nommé  Oghéi.  Sa  femme  «*t ait  fille  de  Sii>;i-nari-iiiara 
et  lui  donna  trois  lils  :  Mori-nobou,  Nao-nobou,  A  açou-nobou.  Eliacun  d  eux  fut  chef  d  mu*  laimlh' 
d’artistes.  C’est  ce  qu’on  appelle  les  trois  familles  de  Kano. 

Kano  San-rakou,  lils  de  Kimoura-naga-mitsou  du  Koori  de  ganiaii  en  Amin.  >  app»  l.nl 
\ori.  Dès  son  enfance,  il  montra  du  goût  pour  la  peinture.  Naga-mitsou,  sou  prie,  était  d  almnl  au 
service  de  Açaï-naga-maça,  [>uis  il  lut  choisi  par  Ilo-taikau  qui  l’attacha  a  sa  personne,  Prénsrmcnl 
le  Taikau  faisait  élever  de  grandes  constructions  et  allait  fréquenuuenl  les  inspecter.  M itsoii-yoi  i, 
tout  jeune  alors,  le  suivait,  portant  sa  canne.  I  ne  lois,  sans  se  soucier  de  son  ride  dans  la  ^mle,  il 
dessina,  avec  la  canne,  un  cheval  sur  le  sable.  Le  laikau,  ayant  vu  le  cheval,  le  trouva  remarquable 
et  confia  le  jeune  homme  a  son  premier  peintre,  Kano  Ei-tokou.  Luis,  sur  ses  ordres,  Ei-tokou 
adopta  son  élève  qui  prit  alors  le  nom  de  famille  de  Kano,  et,  changeant  son  nom,  lui  appelé 
Shyouri-no  Souké.  Son  pinceau  a  bien  la  vraie  tradition  des  Kano.  Sur  l’ordre  du  Taikau,  il  a  fait 
un  nombie  considérable  de  peintures.  Apres  la  mort  du  Taikau,  il  demeura  encore  à  Olisaka. 
Lorsque  le  château  d  Ohsaka  capitula,  il  s  enluit  et  logea  chez  un  certain  Takimoio  a  Otokoyana,  en 
T amashiro.  1  lus  tard,  il  rentra  en  grâce  auprès  de  Tokougawa-yéiyaçou,  revint  à  K v auto,  se  rasa 
la  tête  et  prit  le  nom  de  San-rakou.  Sa  réputation  grandissant  toujours,  on  lui  demanda  nombre 
de  peintures  donl  il  reste  aujourd’hui  encore  une  quantité  dans  les  temples  et  monastères  de  Ixyauto 
et  des  environs.  Pour  les  paysages,  personnages,  fleurs  et  plantes,  il  rappelle  le  style  de  son  maître. 
Si  s  diagons,  tigres,  chevaux,  faucons,  sont  aussi  vivants  que  ceux  de  son  maître. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  XLVIII 


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ECURIES  (peinture  sur  paravent). 

XVIe  siècle  (par  Kano-Yei-Tokou,  appartenant  au  comte  Ouyesonghi-motrinori) 

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I  *a ii a vi. nt  m,  l' i.ia  its  i  r  oiskai  .v  (  appartenant  au  marquis  Tokougawa  \oshinori). 


Pointure  do  Ivano  Sanrakou  représentant  les  ileurs  et  les  oiseaux  des  quatre  saisons.  Le  relief 
aux  pâtes  rapportées  sous  1  or  et  l’ effet  décoratif  brillant,  sont  le  caractéristique  de  l’art  décoratif  de 
colle  époque.  Au  verso,  l’artiste  a  point  des  grues  au  bord  de  la  mer,  en  grisaille,  à  l’encre  de 
Linné,  ou  il  montre  davantage  son  goût  personnel. 


Ah. i  l. s  it  sinui.  une  fiaire  de  paravents).  —  Ilonganji. 
h  ai  cons  i  kakémonos).  Au  comte  Iliçamâtsou  Sadakoto. 

^<  IN|  S  1,1  i  aboi; n  une  paire  de  paravents).  —  l\aul>é.  —  Kauwakal  Seizau. 


Aeari-maça-voslti  avait  une  telle  passion  pour  la  peinture  qu’il  en  oubliait  de  dormir  et  de 
manger.  Il  prit  le*  style  de  Toki.  Il  eut  du  talent  comme  peintre  de  faucons  et  comme  paysagiste. 

K  a  i- li  o  k  ou,  dont  le  nom  était  Tyu  Sliyau,  ni'*  à  Kataka,  en  Aumi,  eut  pour  maître  Kano 
Li-tokou.  Il  n  est  pas  sans  talent  dans  le  paysage,  les  personnages,  les  fleurs  et  les  animaux.  11  finit 
par  créer  un  genre  nouveau  et  par  fonder  une  école.  Ses  personnages  sont  le  plus  souvent  traités 
dans  la  manière  cursive  de  Liang-tchi.  C’est  une  peinture  d  un  genre  tout  particulier. 


l' l  ia  lis  di  nu  mi  ii,  i*i voi n ks  paravent  à  fond  d  on.  —  Kyauto.  —  Myoshinji. 

Koro.  i  (  iiiqi  liai.  iivm.s,  peintures  sur  paravent  à  fond  d'or.  -  lvyauto.  —  .Myoshinji. 
I«\oi»ai  i  i  iis  i  Si  \  m  n  n  paravent  à  fond  d'or).  —  Kyauto.  —  Mvoshinji. 

I'i.hsonnai.i  s,  paravent.  —  Kyauto.  Ilonganji. 


École  Ounkokou. 

Ounkokou-togan,  de  Hizèn,  suivit  d  abord  kano  Shyau-yei  et,  plus  tard,  imita  Sesshyou.  Ses 
passages,  personnages.  Meurs,  animaux  sont  d  un  pinceau  robuste.  Son  encre  est  calme  et  ingénieuse. 
Sur  la  lin  de  sa  vie,  il  habita  dans  le  Oiin-kokou-kén,  ancienne  maison  de  Sesshyou,  et  continuant  la 
tradition  de  ce  maître,  s’intitula  lui-mémc  le  3e  Sesshyou.  Ses  descendants  habitèrent  tous  là. 

Uunknkoii-tù-éki,  lils  d»*  Tô-gan,  fut  Ilokyau.  Ses  paysages  et  personnages  sont  bien  du 
style  de  la  famille. 

École  Hacégawa. 

Ilaeétrawa-to-liakou,  dont  le  nom  commun  était  kvourokou,  était  de  Nanawo,  en  Noto.  D  une 
famille  de  teinturiers,  il  abandonna  le  métier  de  ses  parents  et  alla  à  kyauto  où  il  suivit  kano 
Slivau-yei,  avec  lequel  il  apprit  à  peindre.  Peu  après,  il  imita  Sesshyou  et  prit  le  nom  de  5e  Sesshyou. 
On  le  range  soit  dans  le  genre  I  lacégawa,  soit  dans  le  genre  Ounkokou.  Son  pinceau  est  puissant, 
et  peu  de  ses  contemporains  1  ont  égalé. 

A  i  n  va  na  di  Hoi  ddha.  —  Kyauto.  —  Hompôji. 

I lacégawa-nohou-harou,  dont  le  nom  courant  était  kyou-zau,  était  le  2e  fils  de  To-hakou. 
Bien  qu’il  ait  appris  à  peindre  avec  son  père,  son  art  élégant  ressemble  à  celui  du  vieux  Hôghèn. 
Il  eut  du  talent  dans  tous  les  genres  de  peinture. 

Le  bonze  Tchyau-sèn  (un  de  ses  noms  est  Eikaïj,  né  en  Kyoushyou,  doué  pour  la  peinture, 

imite  le  style  de  Sesshyou.  Peintre  célèbre,  il  alla  a  kyauto,  où  il  discutait  souvent  sur  son  art  avec 

kano  San-setsou. 

École  Soga. 

Soga  Tchyoukouan,  fils  de  Schô-shyau,  excelle  dans  les  faucons.  Mais  il  réussit  également 

dans  les  paysages,  personnages,  fleurs,  plantes,  oiseaux  et  animaux.  Son  genre  ressemble  à 

celui  de  San  Ami. 


Faucon  sur  in  chÉnb,  cigogne  «ans  les  roseau*  (une  paire  de  paravent»  .  Daitokooji. 

Soo-a-nitchyokou-an,  fils  de  Tchvokouan,  excelle  aussi  dans  les  faucons.  Sa  Urne-lie  .-si  tri-s 
précieuse  et  montre  souvent  une  énergie  qui  rappelle  celle  de  lô-gau. 


École  Toça. 

Toça  Mitsou-nori,  111s  de  Mitsou-yoshi,  garde  bien  les  traditions  artistiques  de  >n  famille. 
Il  a  fait  beaucoup  de  scènes  du  Ghènji.  Son  pinceau  est  beau,  son  coloris  liai". 

Plon  Ami  Kwau-yetsou,  surnommé  Taikyo-an  et  1  okou-you-çai,  célébré  p<>m  u\»nr  ri*b-\r 
la  calligraphie,  fut  d’abord  instruit  par  Kono-yé  Riou-zan-ko,  dont  il  pénétra  a  fond  renseignement 
Etudiant  les  chefs-d’œuvre  antiques,  ceux  de  Tau-fou  Ono-no  et  de  San  I  oudjiwara-no,  il  loml.i 
une  famille  d’artistes.  On  sait  qu’il  était  calligraphe  de  talent.  Ouanl  a  sa  peinlure,  ^'>n  pim  ••au 
primesautier  et  indépendant  glana  dans  Toça  et  dans  Kano.  0  est  un  artiste  plein  d  nb  •  •->. 

Kwau-yetsou  fut  dès  son  enfance  un  artiste  très  habile.  Il  excelle  dans  les  laques 
aussi  de  la  céramique.  Les  peintures  qui  subsistent  de  lui  sont  très  rares. 

Açou-kaï-itchinino-tsoubouné,  tille  du  ministre  Aeou-kai  Dai-uagon-maça-lrlnka ,  un'iitra 
toute  jeune  un  goût  très  vif  pour  la  peinture,  étudia  le  genre  de  I  oça  Mit  sou-mdn  >n,  p*u_mt  d«*s 
monoo’atari  ou  des  éventails. 

o 

Ono-notsou  djvo),  tille  d  Ono-no  Idzoumi,  ou,  suivant  d’autres,  de  \aga-numa  Kit»  lii-b* 
calligraphe  et  peintre  de  talent,  a  laissé  quelques  œuvres.  Sa  couleur  e>l  soigner;  >a  loin  du*  »  "I 
dans  le  genre  de  Toça.  Pille  est  aussi  renommée  comme  écrivain.  Ou  lui  attribue  »•<•  <pi»m  a  app>  I- 
la  Source  des  Jvau-rouri-boushi,  l’histoire  de  Minamoto-no-voshi-tsoum*  el  de  .1  \  1 1 1 - 1  •  •  1 1 1  Mm 


CHAPITRE  IV 

Sculpture. 


Les  héroïques  desseins  de  loyotomi  donnèrent  pendant  quelques  amnMs  une  impulsion  .m 
génie  d’héroïsme  et  d’indépendance,  et  leur  influence  se  lit  sentir  sur  les  choses  H  sur  les  évé¬ 
nements.  Cette  inlluence  ne  fut  pas  la  seule  qui  agit  sur  les  arts.  Los  objels  venus  <b*  Chine,  de 
Corée,  du  Sud-Ouest  apportèrent  des  éléments  nouveaux.  La  sculpture  de  ce  timips,  eu  gvuéral 
grandiose  et  élégante,  manifeste  un  esprit  d’émancipation  el  d’originale  indépendance.  (  '.«'pendant , 
si  on  la  compare  à  celle  de  l’époque  précédente,  elle  n'est  pas  sans  laisser  voir  certaines 
infériorités. 

I  '  ,7  ^  ^  ^1  ^  1  arrogance  des  bonzes,  les  mircnl  à  la  raison  el 

réduisirent  en  cendres  les  temples,  ce  qui  arrêta  pendant  de  longues  années  l'élan  de  la  peinlure 
bouddhique.  Cependant,  la  construction  des  grands  châteaux  développa  subitement  la  sculpture 
décorative,  qui  produisit  des  œuvres  dune  elegance  sans  précèdent.  Pies  châteaux  de  Moinovama 
a  b oushimi  ou  de  Zyourakou,  entre  autres,  étaient  d’une  architecture  très  vaste  ;  ce  qui  est 
démontré  par  l  état  des  vestiges  subsistant  aujourdhui.  Et  des  sculptures  d’une  imposante 
proportion  les  décoraient.  D’autre  part,  les  Jinjya  de  ce  temps,  suivant  en  cela  l’exemple  des 
temples  bouddhiques,  étaient  décorés  de  toutes  sortes  de  sculptures  et  de  peintures.  Du  te 
de  Nobou-naga  vivait  un  fameux  sculpteur  de  Miya  nommé  You-ça.  Rnis  Oka-bémata-émou, 


Mi\ a-nishi-you-za-emon,  très  bons  statuaires,  ont  sculpté,  dit-on,  dans  le  château  de  Adzoutchi, 
snr  les  colonnes  du  haut  pavillon  à  sept  étages,  des  dragons  montants  et  descendants. 

Le  sculpteur  I lidari-jinngorau,  célèbre  de  tous  temps,  a  paru  vers  la  fin  de  cette  époque. 
Son  nom  est  resté  attaché  à  la  sculpture  décorative  des  châteaux  et  des  temples.  D’un  autre 
cote,  la  sculpture  des  masques  de  No,  par  suite  de  la  floraison  des  No,  devint  de  plus  en  plus 
remarquable. 

Les  artistes  habiles  apparaissent  en  foule,  et  les  œuvres  délicates  sont  de  plus  en  plus 
nombreuses. 


DENUES  ET  PROCEDES 


Rien  qu  à  cette  époque  la  sculpture  bouddhique  soit  en  décadence,  on  voit  cependant 
surgir  le  colossal  Rouddha  (h*  bronze  du  llau-kwauji  de  Kyauto,  haut  de  i y1" , 55 ,  qui  a  été 
détruit  lors  du  tremblement  de  terre  de  la  6e  année  lwvamboun  1666. 

La  sculpture  décorative  a  laissé  des  œuvres,  les  unes  éparses  dans  les  matériaux  subsistants 
des  châteaux  de  Momoyama  et  de  Zyourakou,  les  autres  conservées  dans  des  jinjya  ou  des 
temples  bouddhiques.  Les  noms  de  leurs  auteurs  11  ont  pas  été  conservés  en  grand  nombre. 
Leur  style  est  assez  délicat;  leur  coup  de  ciseau  est  nerveux  et  vif. 

Les  sculptures  (h*  valeur  sont  communément  attribuées  à  I  lidari-jinngorau.  Pour  les  masques, 
les  familles  d'artistes  gardent  les  traditions  et  produisent  des  œuvres  de  plus  en  plus  délicates. 
.Mais  dans  la  matière  et  la  facture,  il  n’y  a  pas  de  différence  notable  avec  ce  qui  a  été  fait  à 
I  époque  précédente. 


MAITRES  ET  ŒUVRES 


1 1 idari-jinngorau  vivait  vers  la  lin  de  cette  époque  et  au  commencement  des  Tokougawa,  et 
habitait  Kvauto,  I  oushimi.  Il  était  maître  charpentier.  Ses  œuvres  sont  extrêmement  nombreuses;  parmi 
elles  on  eiti*  partout  les  Naghisi  et  les  Ranima  de  Momoyama  et  de  Zyourakou.  Quant  à  la 
li-nee  de  Jinngorau,  toutes  sortes  d’opinions  ont  été  émises.  Dans  le  doute,  on  fait  de  Jinngorau 
un  ancêtre  dont  Part  aurait  été  continué  par  son  fils  Soshinn  et  son  petit-fils  Katsou-maça. 

(dieu  Souké,  dont  le  nom  était  Shyou-inan,  appartient  à  l’école  de  Etchizen  Dénié.  Il  était 
fils  de  Nori-mitsou. 

On  l'appelle  communément  le  vieux  Ghèn  Souké.  11  est  célèbre  surtout  pour  le  genre  de 
masques  féminins  appelés  manibi  (femme  souriante  . 

Masques  de  N ù . 

Les  masques  se  trouvent  avec  d'autres  sculptures  de  l’époque  de  Tokoukawa  voir  fîg.  65). 

Mamiii  (on  le  montre  avec  un  masque  du  temps  des  Tokoukawa).  —  Musée  impérial. 

Il  est  sculpté  par  Guénsouké,  le  charme  est  exprimé  admirablement.  Guénsouké  s’est 
spécialisé  aux  masques  de  femmes.  Il  est  sans  rival,  surtout  dans  le  sujet  du  Mambi. 

Zékan,  dont  le  nom  était  Yoshimi-tsou,  élève  de  Taikwaubau  kaukèn,  gagna  la  faveur 
des  llô-taikôu  qui  lui  firent  une  grande  réputation.  11  se  servait  d’un  sceau  à  chaud  qui  porte 
Ten-kai-tclii-zékan.  On  l’appelle  ordinairement  Ohmo  Dénié.  C’était  un  des  faiseurs  de  masques 
célèbres  de  ce  temps.  Il  mourut  à  l’âge  de  quatre-vingt-dix  ans,  la  2e  année  Ghcnwa  (1616). 


CHAPITRE  Y 


Architecture. 


L’architecture  de  cette  époque  construisit  surtout  des  palais.  I.  nrrliilorltire  i . ■  1 1 - 1 •  ■  1 1 - . * ,  ■  n 

comparaison,  ne  jouit  pas  d’une  grande  prospérité.  On  peut  considérer  .  un  Un 

modèle  d’architecture  religieuse  le  Xisld  Honganji  de  Kyauto.  U  salle  du  B . Idha  coloual  est 

la  plus  fameuse.  En  somme,  les  formes  architecturales  de  ce  temps,  bien  qu'elles  ^écartent  peu 
à  peu  de  celles  de  la  précédente,  subissent,  surtout  dans  leur  décoration,  l'iniluenee  tn  >  umnpn  <*  <!••> 
Ming.  Des  changements  importants  se  manifestent  :  l'emploi  «l«‘>  sculplures  démnitives,  d<s 
colorations  soutenues  partout,  des  peintures  sur  les  murs. 

Au  Honganji,  monastère  Shinshyou,  par  exemple,  on  essaya  de  donner  un  <  .n.i<  !■  t<  «h* 
bonhomie  populaire,  dans  l’échelle  aussi  bien  que  dans  !<■>  arrangements  ;i  I  inférieur  et  •  « 
l’extérieur  des  salles.  On  y  voit  des  détails  qui  diffèrent  profondément  des  t *  n i j »  1  «  ^  d«-  ,-uh  -  > 
sectes.  Le  choix  de  sa  situation  dans  un  quartier  animé,  la  disposition  des  h. il immit -,  •!■  "'iin  - 
comme  pour  y  faire  entrer  un  nombre  immense  de  fidèles:  sa  toiture  plutôt  lourd»*  ;  -»••» 
énormes  auvents  projetés  bien  au  delà  du  pan  des  murs;  l'excès  «h*  décoration  ll.nub<»\  »  n  t  •  * -t 
fastueuse  de  l’intérieur,  sont  bien  pour  aflirmer  le  caractère  populaire  de  I  éditir*-. 

L’architecture  palatiale  a  pris  un  très  grand  dév«doppement  à  eelte  époque.  \  I  ••poqu»* 
précédente  était  né  le  stvle  de  bibliothèque.  Il  atteint  maintenant  sou  ;ipog<*«-  S. -s  pr« »<  ♦  * I *  - 
de  décoration,  utilisant  la  sculpture  et  la  peinture,  sont  particulièrement  remar<pi;iU'> 

La  peinture  et  la  sculpture,  au  Japon,  ont  marché  du  même  pas  «pm  Par •<  liihilm  •  t 
surtout  au  cours  de  cette  période  qu’on  constate  et*  phénomène,  font,  dans  b*  -t \  I •  d« 
bibliothèque,  montre  un  luxe  débordant  :  l'alignement  «le  constructions  nombrcn-cs  :  L •  ■  *  1 1 •  * 1 1  • 
vaste  et  grandiose  ;  les  fouçouma,  soukido,  etc.;  les  peintures  grandioses  et  magnifnpies  :  I  •  «  Lit 
des  murs  dorés;  les  sculptures  pleines  de  vigueur  «*t  de  beauté;  l«-s  plafonds  au  coloris 
flamboyant  ;  tous  les  détails  enfin.  On  voit  aussi  grandir  l’architecture  des  châteaux  fort».  \ 
l’époque  précédente,  les  châteaux  forts  étaient  simplement  des  forts  de  bois  <>u  «!«•  pnlissa»les: 
leur  but  principal  était  de  protéger  contre  les  llèclies.  La  construction  fut  révolutionnée  par 
l’artillerie,  et,  pour  l’enceinte  des  châteaux,  on  creusa  «les  fossés  profonds.  Parfois  le  fo^sé 
d  enceinte  était  multiple.  A  l’intérieur  de  cette  enceinte  creusée  on  éleva  une  liante  muraille  de 
pierre  et,  par-dessus,  on  bâtit  le  fanion  communs  pour  In  garnison  .  Aux  saillants  et  aux 
rentrants,  on  lit  des  bastides  à  plusieurs  étages.  Dans  1«*  château  s«*  trouvaient  d«*  vast«*s  «  *  I 

grandioses  batiments  en  style  de  bibliothèque.  Puis,  pour  observer  au  loin  1  < » 1 1  s  les  points  «h* 

1  horizon,  on  élevait  le  majestueux  donjon,  qui  complétait  l’aspect  imposant  de  I  édifie»*.  Lelt** 

construction  ouvrit  à  notre  architecture  des  voies  nouvelles.  Les  châteaux  d'Ohsaka,  «le 

l oushimi,  de  Nidjyau;  le  palais  de  Zyourakou  en  sont  des  exemples.  Parallèlement  à  ces 
constructions  se  développait  1  architecture  des  salles  de  thé,  tendant  à  une  extivme  bienséance. 
Elle  finit  par  acquérir  un  style  palatial  quelle  accompagna  d’un  caractère  tout  spécial.  Les 
palais  de  rocher  de  Katsoura,  du  Honganji  en  sont  des  exemples. 

Parmi  les  jinjya,  il  faut  citer  le  Hô-kokou-jinjya.  Généralement,  les  jinjya  de  ce  temps  sont 
d  un  style  qui  mêle  les  formes  bouddhistes  et  shintoïstes.  Son  plan  très  vaste  est  trac»*  sur  le  modèle 
des  garan.  Il  est  abondamment  décoré  de  sculptures  et  de  peintures. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  XLIX. 


FLEURS  &  OISEAUX 


XVIe  siècle  (par  Kano-Sanrakou,  appartenant  au  m 


arquis  Tokougawa  Yoshinori). 


L<‘  Kilano-jmjya  est  encore  un  modèle.  Pour  relier  le  llondèn  au  Haïdèn,  on  se  sert  de 
galeries  dallees.  A  gauche  et  a  droite  du  I laid o n  s’élevaient  le  Sô-gakou-jyo  pavillon  de  musique) 
<‘l  le  Sliin-sèn-jyo  (pavillon  des  o  lira  ride  s).  Il  est  du  genre  qu’on  appelle  à  huit  faîtes  (Yatsoumouné). 
lai  oui iv,  par  son  portail  a  otages,  sa  porte  médiane  appelée  San-kwau-mon  et  l’arrangement  des 
galeries,  il  ressemble  beaucoup  a  un  garan. 

Au  Nishi  llonganji  de  Kyauto  il  y  a  ce  qu’on  appelle  un  Tai-mèn-jyo  (parloir  .  On  dit  que 
primitivement  d  était  dans  b*  château  de  Eoushimi.  Son  plan  est  unique.  A  la  face  droite  du  2e  gradin, 
et  encore  au  3°  gradin,  les  sculptures  des  llainma,  ainsi  que  les  peintures  prodiguées  partout, 
montrent  toujours  le  meilleur  goût  du  temps. 


M<  ATM  F  XTS 


l’l>  l<  i  •  l\  v n  v-mox  porli*  «  hinoisc  du  Xishi-IIonganji.  —  Kvauto. 

I  Ile  figurait  primitivement,  dit-on,  au  palais  de  Zyourakou.  Elle  est  à  quatre  piliers,  auvent 
à  la  (diim  >iso  devant  et  derrière.  Sa  démoration  de  sculptures  grandioses  et  de  colorations  magni¬ 
fiques,  avec  des  ferrures  compliquées,  frappe  les  regards.  Seulement,  la  toiture,  par  suite  d’une 
restauration  postérieure,  est  un  peu  épaisse,  et  a  perdu  l'équilibre  de  sa  proportion.  En  outre,  la 
Kara-mon  du  Dailo-kouji,  celle  du  I Ioko-kou-jinjva,  celle  du  Sam-bô-in  de  Daïgo,  toutes  reliques 
de  cette  époque,  diffèrent  plus  ou  moins  par  la  forme.  Elles  sont  toutes  décorées  avec  un  grand 
luxe  de  sculptures  et  de  peintures. 


2  . 


I  1  loi  \-k VMM  .  —  Kvaulo. 


\  islu-1  longaiiji . 


Il  est  a  trois  étages,  couvert  en  écorce  de  llinoki.  Sa  forme  est  élégante  et  charmante.  On  ne 
saurait  décrire  I  harmonie  des  courbes  qui  limitent  la  toiture.  L’arrangement  des  deux  ailes,  la  forme 
des  pignons,  I  auvent  à  la  chinoise  de  son  avant-toit,  les  baies  des  trois  étages,  tout  concourt  à  un 
ensemble  délicieux.  L'inférieur  aussi  est  d  une  harmonie  parfaite  et  d  un  goût  d  une  grande  ampleur. 

Les  règles  du  Karamon,  bien  qu  elles  aient  paru,  semble-t-il,  de  bonne  heure  à  l’époque  de 
kamakoura,  étaient  alors  extrêmement  simples.  A  Eépoque  présente,  les  formes  se  compliquent  peu  à 
peu  ;  enfin,  à  l'époque  des  Tokougawa,  on  ajoute  des  auvents.  C’est  ainsi  que  l’arrangement  des  portes 
s  est  beaucoup  développé  au  Japon  depuis  l’antiquité.  11  se  manifeste,  à  cette  époque,  une  architec¬ 
ture  qu'il  faut  traiter  a  part.  C’est  la  construction  des  églises  chrétiennes.  Ces  monuments,  au  temps 
de  Xobou-naga,  s’élevaient  partout.  Il  semble  qu  elles  devaient  être  toutes  de  style  européen  pur. 
Mais,  comme  très  peu  de  temps  après  leur  édification  elles  furent  toutes  détruites,  il  n’en  reste  pas 
do  trace  aujourd  hui. 

En  résumé,  comparée  à  celle  de  la  période  précédente,  l’architecture  de  la  période  présente 
a  complètement  changé  d’orientation.  Celle-là  visait  surtout  à  la  simplicité.  Celle-ci  tend  au  faste. 
Les  innovations  architecturales  remarquables  de  ce  temps-là  sont  : 

i"  Le  plan  de  l’architecture  palatiale  s’agrandissant  de  plus  en  plus  ;  elle  emploie  la  sculpture 

et  la  peinture  ; 

2°  Les  règles  de  F  architecture  des  salles  de  thé  palatiales  sont  établies  ; 

3°  L  architecture  du  château  tort  fait  ses  débuts. 

Au  point  de  vue  des  formes  extérieures  dans  chaque  genre  d’architecture,  beaucoup  de 
changements  se  font  voir. 

O 


CHAPITRE  VI 


Industries  d’art. 

L’art  des  gardes,  des  ornements  de  sabres,  à  I  époque  des  liants  Inils  do  I lu-lai-Uau,  prit  un 

O  7 

caractère  de  plus  en  plus  vivant.  Les  motifs  et  1  exécution  inontivroiit  d«*  la  <  i . •  1 1 * •  1 1 < • .  Il  ad\ mt  ;ni-si 
que  par  suite  des  travaux  de  Moinoyama  et  de  Zyourakou,  tous  1  ♦  *s  aitisans  du  natal  proxpcrèrani 
et  leur  art  lit  beaucoup  de  progrès. 

D’autre  part,  les  élèves  de  Jô-ô  et  de  Sèn-no-ri-kyou  parurent  :  et  «*n  même  temps  la  mntle  du 
Tchya-dau,  la  fonte  des  marmites,  devint  llorissante.  La  fonte  du  Doiuldlm  colossal  du  I  laii-hw  au-ji 
dans  l  est  de  Kyauto  exigea  une  main-d  œuvre  considérable.  Los  art"  qui  plus  tard  sont  diwonii" 
traditionnels  à  l’époque  des  Tokougawa  ont  ouvert  leur  voie  à  l'époque  présente,  et  il  n  en  .•"! 
aucun  qui  n’ait  subi  le  contre-coup  des  grandes  actions  de  llo-tui-kau. 

ARTISTES  ET  ŒUVRES 


Décoration  métallique  des  sabres.  —  Famille  des  (loto. 

Goto  Kwaujyau,  4e  Goto,  lils  de  Jyau  Shinn,  qui  mourut  la  i"  année  Lirokou  i  >*’»•»  a  \ishi 
Saka-moto,  en  Aumi,  continua  l’œuvre  de  son  père.  Il  eut  le  titre  de  llogén.  Sa  ciselure  a  b* 
caractère  de  celle  de  son  ancêtre.  Le  modelé  en  est  accentué  et  serre.  Il  réunit  I  habileté  de  trois 
prédécesseurs  et  porta  à  son  point  culminant  l’art  de  la  famille  des  Goto.  Il  mourut  la  G  année 
Ghènna  1620  à  l’âge  de  quatre-vingt-douze  ans. 

Goto Ghèn-jyau,  second  lils  de  Jyau  Sliinn,  lit  des  kndzouku  à  guerrier^  eise|**>.  Dans  la  taetur» 
des  prunelles,  on  voit  la  trace  du  inéoutchi-tagané  dont  il  se  servait.  En  elb  t.  jusqu  a  lYpoquc  do 
Jyau  Shinn,  on  ne  se  servait,  dit-on,  simplement  que  du  Namé-koui  ilagane. 

Goto  Tokoujyau,  5P  Goto,  lils  de  Kwaujyau,  fut  lln-gén.  En  faveur  auprès  de  llo  Tai-kau, 
il  en  reçut  un  domaine  la  S'  année  1  èn  Shvau  1  jSj  .  Sa  ciselure  est  sereine.  Parfois  on  conlond 
ses  œuvres  avec  celles  de  Kwaujyau.  Comme  élève,  il  eut  Nomoura  Maça-loki.  Jusqu  à  la  tin  de  la 
période  des  Tokougawa,  ses  descendants  successifs  pratiquèrent  le  Awa  llori  dont  il  est  le  fondateur, 

Goto-ei-jyau,  6P  Goto,  fils  de  Tokoujyau,  est  d’un  caractère  d’art  particulièrement  simple.  Il 
est  extrêmement  habile  dans  les  personnages. 

Tsouba. 

Oumétada  Shighe-yoshi,  d’abord  forgeur  de  sabres,  Tatchilmna  mouné-tchika,  2  V'  du  nom,  lut 
attaché,  dès  1  âge  de  treize  ans,  au  Shyaugoun  Ashikaga  Yoshi-aki.  Il  fut  plus  tard  surnommé  Myau- 
j)su.  I  oyotomi-l  lidéyoshi ,  ainsi  que  1  lidé-tsougou  et  llidéyori  l’employi*rent.  Les  forgerons  de 
toutes  les  provinces  vinrent  en  grand  nombre  étudier  auprès  de  Shighé-yoshi,  qui  a  surtout  fait  des 
gardes  d  une  ciselure  admirable  et  extrêmement  recherchées.  Il  réemployait  pas  seulement  b*  fer, 
mais  aussi  le  cuivre.  Et  pour  la  forme  et  les  dessins,  il  a  créé  un  genre  original. 

Oumétada-maça-tomo,  élève  de  Oumétada-meijyou,  demeurait  à  Nagato.  Il  vivait  vers  les 
années  Keitchyau  (i599-i6i5).  C’est  le  fondateur  de  la  famille  Okada. 

Okamoto-yuji  vivait  en  Keitchyau  (  1 59G- 1 6 1 5) .  Ses  œuvres  sont  extrêmement  rares.  C’est  le 
fondateur  de  la  famille  Okamoto  de  Ilaghi,  en  Narrato. 

o  "  o  * 


1 83  — 


Odawara-maçatsougou  est,  dit-on,  le  maître  du  reperçage  fin  des  gardes  en  fer  ou  Shyakoudô. 
Il  demeurai!  a  Odowara,  en  Sagami,  les  années  Keitchyau  (i 696-1 G 1 5  ,  puis  il  liabita  Karatsou,  en 
lli/èn.  Ses  descendants,  établis  soit  a  Edo,  soit  à  Karatsou,  excellèrent  généralement  dans  le 

reperçage  lin.  Lest  pour  cela  que  plus  tard  toutes  les  gardes  de  ce  travail  sont  appelées  Odawara- 
tsouba . 

Ahmiiiks.  ’  , 

Myo-tchinn-rnoiine  Ibe,  19e,  nommé  Kyoutarau  en  Tenshyau  (  1  676- 1  69^) ,  demeurait  à  Adzout- 
<  lii  en  Ami.  Sur  I  ordre  de  I  okougavv a  lyé  ^ aeou,  il  lit  l’armure  précieuse  du  Dai-en-hei-tchyau-zan. 

Mynu-tchinn-mounc-nobou ,  ao1’,  nommé  ( )ho-Soumi-nokami,  vivait  en  Gliènwa  (  1 6 1 5- 1 6^4) •>  il 
( )hçaka,  puis  à  Edo. 

Dans  la  famille  de  Saotomo,  Nié  llarou,  Ihé-nori,  demeurant  à  Shin-dèn,  en  Hitatchi, 
vont muèrent  la  profession  ancestrale. 


FONTE 


Nagoslii-yaslii-tobi-rau,  j'  des  ^  a  Ami,  servit  Otanobou-naga,  et  mourut  la  2e  année  Boun- 
rokou  1  j<)  b. 

Xisbi-moura  Dauninn,  fondeur  de  Kama  du  tehyajinn  Jyan-o,  lit  les  Rama  célèbres  dits 
Sakoura-gnwa ,  Duibouro,  Arareigama,  Natsoumé-gama.  Ses  lils  Kou-héé  et  Dauya  continuèrent 
ses  travaux  sous  les  l’okougawa. 

Tsoudji  Yojirau,  né  à  Tsoudji-moura,  en  Aurai,  d’une  famille  de  fondeurs  de  poêles,  de 
mai-miles  H  de  quincaillerie,  étant  un  habile  artisan,  très  aimé  de  Sèn-rikyou,  et  selon  le  goût  de 
celui-ci,  lit  les  Kama  Amida-dau,  Shiribari.  Il  reçut  l’ordre  de  fondre  la  grande  cloche  du  Ilaukwauji, 
à  kvauto-Kst.  l/opération  ne  réussit  pas  et  le  feu  prit  au  grand  temple  Daïboutsou  dèn.  Yojirau  se 
rasa  la  tête  et  prit  le  nom  de  Ittan. 

La  >'  annee  Bounrokou  1  nyi  ,  il  fondit  les  lampadaires  de  métal  placés  au  bas  de  la  galerie 
des  cenl  travees  de  Momnvama.  Buis,  après  la  mort  de  I Io-tai-kau,  en  reconnaissance  des  faveurs 
dont  il  Lavait  comblé,  il  fondit  un  lampadaire  qu'il  plaça  dans  le  Hokokoujhnjva.  Ses  élèves, 
Yashiro  et  Tobéé,  sont  également  célèbres. 

Nagoslii  S.ausbx  o,  lils  de  Yoshi-maça,  appelé  communément  Ya-émon,  s’étant  plus  tard  rasé  la 
tête,  fut  nommé  .Ivaumi.  La  i<>'  année  keitchyau,  sur  1  ordre  de  Toyotomi  Hidéyori,  il  fondit  la  grande 
cloche  du  Daiboutsou-dèn  «lu  llankwauji,  dont  la  hauteur  atteint  4nb2(k  diamètre  3m,3o, 

L«*paiss«mr  o'Nay.  On  \  lit  cette  inscription  :  «fondeur  :  Foudjiwara-sau-shyau  de  shô-djyau,  en 
Etehi/.èn  ».  Bette  «  loche  avait  d'abord  été  commandée  à  Yojirau.  Il  mourut  le  9e  jour  du  8°  mois  de 
la  1  V‘  année  kwauyé  G  sejitembre  1 669  ,  et  fut  enterré  au  Honkokouji.  Son  fils,  Maça  Taka,  lui  succéda. 
Beaucoup  «b*  ses  élèves  sont  devenus  des  artisans  célèbres,  entre  autres  Kantchi,  Hori-jyau-ho, 
Ohonitshi-jvau-sei,  Miva-zaki  et  Nishimoura-kyou-béé.  Tous  vécurent  sous  les  Tokougawa. 


LAOUEURS 


Bar  suite  des  luttes  des  années  (dienki  et  lenshyau  (i5jo-i5ya  et  1 5y ,  les  familles 
d’artisans  perdirent  tout  appui  et  tombèrent  dans  la  fabrication  grossière  et  irrégulière.  Lorsque 
Tovotorni  Ilidéyoshi  eut  mis  fin  aux  guerres  civiles,  les  laqueurs,  qui  s  étaient  dispersés  de  toutes 
parts,  revinrent  se  rassembler  au  karaçou-marou  «le  Kyauto  et  reprirent  leurs  travaux  dune  façon 
régulière.  Cependant,  il  ne  purent  éviter  de  faire  des  œuvres  grossières.  C’est  ce  que  l’on  appelle 
communément  karaçoti-marou-mono. 


Cependant,  les  formes  et  les  motifs  sont  jolis  et  élégants,  et  montrent  une  conception  originale. 
Il  ne  manque  pas  d  oeuvres  charmantes.  Au  kaudaiji,  a  kvauto,  ou  eonser\e  un  îelupmiie  de  Sh\ou- 
midan,  ainsi  que  des  meubles  en  makiyé  qui  suffisent  à  montrer  des  exemples,  C  est  ei*  <pi  ou  appelle 
communément  makiyé  du  kaudaiji.  A  cette  époque  vivait  un  homme  nomme  Seii-nori-kvou,  que  -.es 
talents  de  tchya-jinn  firent  employer  par  Ilidéovshi.  11  inventa  toutes  sortes  de  tonnes  a  son  goût 
pour  les  ustensiles  de  thé.  Ainsi  que  .lyauô  avait  fait  précédemnumt  pour  le  hupieur  I  liddsougou 

et  d  autres,  il  choisit  des  ouvriers 
-^a  réputés  et  les  lit  travailler.  Les  mnî- 
tres-laqueurs  en  Natsoumé  Sei  Ami 
et  le  1 1 1 d < * — t sougou  entre  autres, 
acquirent  une  haute  faveur.  \  ers  la 
lin  de  cette  époque  se  rattache  à 
fart  du  îaqueur  une  chose  extrême¬ 
ment  remarquable  :  e  est  le  kwau- 
xetsou-makivé,  dont  la  hardiesse  et 
l'ampleur  expriment  bien  le  caractère 
de  cette  époque.  Son  élégance,  em¬ 
pruntée  aux  peintures  des  anciens 
Toça,  s  unit  à  un  goût  de  Tchva-dau. 
Ce  style  nouveau  qui  s  est  prolongé 
sous  les  I  okougawa  et  a  tait  enfin 
école,  s<*  préoccupe  avant  tout  de 
l’exquis  dans  1  invention  et  !*•>  aspi¬ 
rai  ions 


maithks  i;r  <i;r\m*;s 


kau  Anii-tchvau-au ,  petit-liU 
du  ~v  kau  Ami,  lit  1rs  meubles  im¬ 
périaux  lors  de  I  avènement  de  I  em¬ 
pereur  Go-vau-zei  <  i  ~> S  —  t .  Il  mourut  la 

I  ¥  }  /  ' 


8‘*  année  kei-tchyau  (i(><>3). 

Ixwau  Ami-k\\  au-etsou  avait 

de  l’érudition  et  des  idées.  Habile  peintre  et  calligraphe,  il  trouva  des  idées  1res  neuves.  Il 
inventa  une  sorte  de  makiyé  spécial.  Il  mourut  la  i  année  Ixxvanvéi  { i ( »  > y  i ,  a  l’Age  de  soixante- 
dix  ans. 


t  t*  IA  E 1 J  *  Boite  a  écrire  (makiyé  :  Shinoboukouça). —  I  ukyau. —  M.  Taniinori-nianawo. 

Œuxre  célèbre  de  Ixwau-etsou,  elle  représente  des  Shinoboukouça  (Davall  i  a  buUatci  .  I  ne 
poesie  japonaise  y  est  inscrite  en  plomb.  Le  couvercle  est  décoré  à  1  intérieur  d  animaux  en  nacre 
et  en  plomb.  Le  compte-gouttes  a  une  forme  extrêmement  simple  et  élégante.?.  Les  caractères  de  la 
poésie  japonaise  sont  du  pinceau  de  Sau-myakou-m,  qui,  a\rec  kwau-etsou  et  Zyaushô,  forme  la 
trinité  des  calligraphes  de  ce  temps. 


PI.  IJ  [a].  — 


Boite  a  écrire  (makiyé  :  Soumino-yé).  —  Olisaka.  —  M. 


1 1  r 


acé  Kaméiio-souké . 


D’après  lxwau-etsou, 
Soumino-yé,  avec  une  poésie 


imitée  plus  tard  par  Kwau-rinn.  Le  sujet  est  le  site  célèbre  de 
amoureuse.  Les  vagues  sont  en  poudre  d’or;  les  rochers  en  plomb; 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PL  L. 


i.-  PORTAIL  DU  TEMPLE  BOUDDHIQUE  A  NISHIHONGANJI 

XVIe  siècle  (à  Kvauto). 


2.  -  LE  PAVILLON  HIOUN-KAKOU  DU  TEMPLE  BOUDDHIQUE 


NISHIHONGANJI 


1  < ‘s  caractères  ni  or  «léeoupé.  Partout 
extrémemenl  roluiste. 


le  relie!  des  incrustations  est  très  net.  Le  sentiment  est 


1*1.  1.1  ['■$].  —  Foin  a  p.cniitK  makiyé  :  cerisiers). 

(  Misaka.  —  M.  loiuljita  déii  Zaltouraii. 

L  esl  une  copie  de  kwau-rinn  d’après 
une  poésie  sur  la  fête  des  cerisiers  dans  le 
parc  du  nolde  Sliyounzei.  Le  dessin  est  d’une 
liante  inspiration  et  d’une  «dégante  simplicité. 

Nod ji-zèn-kvau,  fils  de  Shino-i  llidé- 
tsougou,  un  «les  ruait  res-laqueurs  de  Sen- 
llikvou,  est  connu  sous  le  nom  de  Tenka-itclii 

|r 

Yoji-I  I  idétsougou. 

S«d  Ami,  «le  son  nom  Shvau-ho,  un  des 
inaîtres-latpieurs  «le  Sèn-rikyou,  reçut  aussi  «lu 
Taikau  le  nom  de  I èn-ka-itclii. 

Fig.  >«)•  Los  \ «ent au v  sont  de  Lentrée  du 
mausolé  de  Tovotomi  llidéyoslii  «d  «U  sa  femme 
Asano.  La  pagode  tout  entière  est  décorée  de 
la«pie  «Lun  stvle  spécial  «pii  a  pris  le  nom  «lu 
temple  même  «d  s  appelant  laque  de  kôdaiji. 
<  ) 1 1  peut  juger  la  beauté  «1<*  I  ensmnlde  d’après 
ces  ventaux. 


Fig.  1)0.  -  C  ABIXET  AUX  MAXUSC1UTS  POÉTIQUES,  EX  CAQUE. 

Temple  Kôdaiji  de  Kyauto. 


Fig.  (>«.  Le  cabinet  a  appartenu  à  I  hono- 
épouse  «le  1 1 idt'voslii,  fut  légué  au  temple 


Kodaïji  qui  le  garde.  Il  est  décoré  de  fleurs. 


Fig.  6i.  Plateau  ayant  appartenu 
également  à  l  épouse  de  Hidéyoshi.  11  est 
décoré  de  roseaux  à  bord  de  la  mer  et  des 
armoiries  Paulownia  de  la  famille  Bavoromi. 

«y 


CÉRAMIQUE 


Fig.  fii.  -,  Flateau  ex  laque.  —  Temple  Kodaïji  de  Kioto. 


Tovotomi  Hidéyoshi  aimait  le  Tchya- 
dau  et  les  objets  à  thé  anciens.  A  cette 
époque,  Sén-rikyou,  lloso  Kawa  fonçai, 
Fourouta  Oribé  et  autres  tchya-jinn  étaient 
nombreux,  et  chacun  faisait  exécuter  des 
poteries  à  son  goût.  A  Kyauto,  Tchyau-you 
lit  les  poteries  célèbres  appelées  Rakou- 
yaki.  Shyau-i,  Man-émon,  Ghèn-jurau,  Sô 
Hakou,  mo-émon,  Shimbéé,  Daumi,  Kôçon, 
et,  en  Bizèn,  Mikadjouki,  Rokoubéé,  etc., 
inventèrent  de  nouvelles  formes  de  réci¬ 
pients  pour  le  thé.  Après  la  campagne  de 

l’armée  ramenèrent  en  rentrant  un  grand 

24 


mrée  en  Bounrokou  1092-1596),  tous  les  daimyaus  de 


nombre  de  potiers  de  porcelaines,  et  chacun  d'eux  construisit  des  Cours.  Les  Cours  ouverts  eu 
Satsouma,  à  Tchyauça;  en  Tchikouzèn,  à  Takatori;  en  lligo,  à  Vatsoush.ro;  en  Nagnlo,  a  llaglu, 
et  d’autres  encore  en  Uizèn  et  en  Bouzèn,  datent  de  cette  époque. 

GENRES  ET  MAITRES 


Rakou-yaki,  le  fils  de  Sô-kei  Tchyau-you,  appelé  comn.uné ni  Te hvauj irait,  suivant  les 

idées  de  Rikyou,  pendant  les  années  Tèn  Shyau  (i573-,5<)2),  à  Kyanto,  prit  ,1e  la  terre  h  Zvoti- 
rakou  et  fabriqua  des  pots  à  thé. 

Toyotomi  llidéyoshi  lui  donna  en  récompense  un  sceau  d'or  où  était  gravé  le  caractère 
Rakou  et  le  lui  lit  imprimer  sur  les  Tohyawan  de  sa  fabrication.  De  la  cette  appelation  spéciale  de 
Rakou-yaki.  Ce  sceau,  du  vivant  du  2°  Tchyaujinui,  fut  perdu.  Aussi,  à  partir  «le  la  i'  génération 
Nonko  les  vénérât  ions  successives  eurent  toutes  un  sceau  <  1 1  11  <  i  '  1 1 1 

Le  Rakou-yaki  est  d’une  terre  tendre  <‘t  blanche.  Les  poteries  rouges  sont  mélangées  d  oi 


Fig.  G'j.  [t].  —  Brule-parfum  en  forme  de  lion.  Fig.  (>2  I > ie i  1  i  -paiii  i  m  en  eoiimi  i»i  i.n  v 

[Comte  Naoaki  Matssudaïra).  Sadamori  Fonkoui  do  Kiv.iulo. 


rouge.  Elles  changent  à  la  cuisson.  Les  noires  sont  couvertes  d’un  émail  lail  do  cailloux  pulvérisés, 
qui,  à  la  cuisson,  donne  cette  couleur.  Toutes  sont  pétries  à  la  main,  sans  qu’011  fasse  usage 
du  tour.  Il  a  fabriqué  des  boîtes  «à  encens,  des  aiguières,  mais  surtout  des  tasses  à  thé. 

lig.  62  [  1  ] .  Poterie  d’un  émail  brun  faite  par  Tchojiro,  le  premier  des  lia  bons. 

Fig.  62  [2].  Du  même  auteur,  émail  noir. 

Karatsou  gama. 

Ce  qu  on  appelle  Ekaratsou  date  de  Keitchyau  (i5(j6),  et  produit  quantité  d’objets  variés 
dusage  journalier.  La  terre  est  de  deux  sortes,  rouge  ou  grise4.  Elle  est  décorée  d’un  émail  bleu, 
orange  et  noir.  Cette  poterie  est  très  luisante.  L’émail  noir  trace  des  dessins  dans  le  genre  des 

o 


feuilles  de 
anciennes, 
du  être,  à 


bambous. 
Le  dessin 
I  origine, 


Les  poteries  dont  les 
s’est  amélioré  peu  à 
copiés  su!1  des  objets 


dessins  sont  incompréhensibles  sont  estimées  les  plus 
peu  dans  les  époques  plus  récentes.  Ces  motifs  ont 
coréens. 


<Mt  lin  (.AM  A. 


Le  foui1  esl  en  Owari,  pendant  les  années  keitcliyau  (i  5<)6-i6i ô).  Sur  l’initiative  de  Fourouta 
Oribe-no-shyau,  on  commença  à  faire  une  espèce  particulière  d  ustensiles  à  thé.  La  terre,  en  réalité, 
esl  analogue  a  celle  des  Shino-yaki  et  très  tendre.  La  décoration  est  en  émail  brun  très  foncé 
(,l  (,|>  niuail  % ‘ et .  Les  dessins  sont  presque  toujours  des  plantes.  Très  souvent,  on  y  voit  des 
inoLifs  de  nuages,  des  cercles,  des  fleurs  de  pruniers,  tous  très  élégants. 


UlZI-.N  CAMA, 

La  dureté  de  celte  poterie  fut  une  innovation  dans  notre  pays.  Jusque-là,  on  n  avait  guère 
fai*  «pie  des  ustensiles  d'usage  courant.  C’est  dans  les  années  Tèn-shyau  ( 1 5y3- 1 àqa)  qu’on  a 
commencé  a  faire  dans  ce  caractère  des  ustensiles  de  thé.  Ceci  est  à  la  gloire  de  Mikka-dzouki- 
rokouboé,  <pii  se  servait,  pour  ses  œuvres,  d’un  sceau  en  forme  de  croissant.  Elles  sont,  la  plupart, 
décorées  d  un  émail  bleu  foncé  d’une  couleur  brune  obtenu  par  le  feu. 

I  on o t oui i  llidévoshi,  lorsipi  il  lit  la  campagne  de  Chine,  logea  à  Imbémoura,  dans  la  maison 
du  maître-potier  Oh-hibiki  gorau-zaémon.  Il  lit  faire  par  les  potiers  kimoura,  Moritérami, 
kanésliiglié,  des  ustensiles  de  lia'1  et  des  statuettes.  Les  poteries  couvertes  d’épaisses  taches 
jaunâtres,  et  les  Hirfasouli  (cordons  de  feu),  poteries  grises  couvertes  de  bandes  rouges 
irrégulières,  ont  du  apparaître  vers  cette  époque. 


' 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  LI, 


1 


3 


BOITE  A  ÉCRIRE  DE  LAQUE 


XVIe  siècle  (par  Honnami  Kwau-étsou). 


SIXIÈME  PARTIE 


TOKOUGAWA 


CHAPITRE  PREMIER 


Etat  de  la  société  par  rapport  aux  Beaux-Arts. 


Lu  dehors  de  quelques  années  troublées  à  leur  début  et  à  leur  fin,  lors  de  Y  avènement 

de<  Tokougawa  •  *t  lors  de  leur  chute,  cette  période  de  260  années  environ  a  été  [en  somme, 

dans  l'histoire  japonaise,  le  temps  de  la  plus  profonde  paix.  Aussi,  les  lettres  et  les  arts  et 

toutes  les  industries  *  \  -ont  fortement  développés.  Le  plan  de  domination  du  monde  que 

caressait  Iovotomi  l'a i ko  disparut  avec  lui.  Après  cet  homme,  on  vit  des  partis  s'agréger. 

Deux  grands  partis  s»?  formèrent,  absorbant  les  autres,  ceux  de  Tokougawa  Iyé-yaçou  et  de 

Iseluda  Mitsounari.  Il  v  eut  entre  eux  une  collision  à  Seki  Gahara,  qui  décida  entre  eux.  La 

déduite  des  derniers  précipita  la  ruine  de  Toyotomi  et  mit  le  pouvoir  aux  mains  de  Tokougawa 

lvc-\aeou  Bapidement,  la  8'*  année  Keitchvau  i6o3],  Iyé-yaçou  était  nommé  Séi-i-tai-shyaugoun 

et  installait  le  Bakoufou  à  Edo.  Depuis  la  disparition  du  Bakoufou  des  Ashikaga,  Ota  et  les 

Tovotomi  avaient,  comme  Daïjin  et  Kwampakou,  exercé  le  pouvoir  suprême.  Dorénavant,  le 

Bakoufou  est  restauré,  et  la  dignité  de  Shyaugoun  se  transmet  de  père  en  fds  dans  la 

descendance  de  [ye—yaçou.  Edo  devient  le  séjour  de  la  haute  société  et  du  jiouvoir.  Des  lors, 

tous  les  Daïmvaus  v  ont  une  résidence.  Les  artisans  et  les  marchands  s’y  rendent  en  foule, 
•/  ^ 

venus  de  tous  cotes.  Le  Bakoufou  invita  beaucoup  de  saxants  et  d  artistes.  Le  terrain  ou 

s’étalait  la  prairie  immense  du  Mouçashi  se  transforme  en  une  grande  capitale  llorissante,  et 
enlin  devient  le  centre  des  lettres,  des  arts  et  des  industries.  C’est  la  période  plus  tard  appelée 

civilisation  du  temps  de  Edo. 

lyAviiçoii  prenant  le  pouvoir,  voulut  établir  le  Bakoufou  sui  des  bases  solides  et  lui 
assurer  une  longue  durée.  Dans  ce  but,  il  prit  toutes  sortes  de  dispositions  ingénieuses,  enserra 
dans  des  règlements  les  Khougé  et  les  militaires  et  comprima  les  Daïmyaus,  tandis  qu  il  fortifiait, 
la  domination  de  la  maison  impériale.  La  tyrannie  de  cette  cour  devint  plus  tard  la  source 
des  idées  du  respect  absolu  du  au  prince,  et  amena  l’extinction,  par  lui-même,  du  Bakoufou. 


Mais  il  répartit  ingénieusement  les  daimyaus  dans  tout  le  .lapon,  et,  par  un  ‘‘ontrolr  oint  m  l 
entre  eux,  obtint  la  tranquillité  générale.  En  outre,  il  organisa  une  autonomie  complète. 
L’administration  financière,  l’éducation,  la  production,  l'industrie  étaient  déléguées  entièrement  au 
gouvernement  démocratique.  C’est  surtout  a  ce  système  que  les  arts  et  les  industries  doivent  leurs 

progrès. 

Le  fils  de  Iyé-yaçou,  Hidé-tada,  eut  le  mérite  de  se  montrer  très  prudent  et  très  libéral. 
Puis  la  clairvoyance  et  la  décision  du  3e  Shyaugoun,  Iyé-mitsou,  fortifia  encore  le  Bakoulbu  dos 
Tokougawa,  qui  fut  dès  lors  prêt  à  fonctionner  pendant  plus  de  dix  générations. 

Avant  cette  période,  Ota-Nobounaga  Toyotomi-Hidéyoshi  ayant  fait  son  apparition,  h-s 
troubles,  qui  avaient  désolé  plusieurs  années  consécutives,  avaient  été  apaises.  L  empire  lut 
unifié;  l’aurore  de  la  civilisation  rompit  l’obscurité  d'une  longue  nuit,  et  montra  une  bande  de 
claire  lumière.  Cependant,  la  forêt  des  lettres  avait  été  foulée  aux  pieds  des  chevaux,  et  u  était 
pas  prête  encore  à  donner  une  fraîche  feuillaison.  Cependant,  à  l'époque  où  nous  somuic> 
arrivés,  la  paix  règne.  En  haut,  Goyauzéi  1er  C \  1 ,  1671-1  387  1 G 1  1  - 1  (>  1 7  ,  monarque  éclairé  et 

ami  de  l’étude;  et  plus  bas,  Iyé-yaçou,  lui  aussi  ami  de  l’étude,  favorisent  le>  lettres  et  fondent 
des  écoles.  Iyé-yaçou  fait  commenter  les  livres  canoniques  et  los  histoire-,  par  le  erl.  bie 
confucéiste  Foudjiwara-seikwa,  et  honore  son  élève  llavashi-razan .  Il  collectionne  les  livres 
anciens,  fait  publier  des  ouvrages  nouveaux  et  donne  une  vigoureuse  impulsion  aux  études.  Les 
études  chinoises  font  beaucoup  de  progrès;  les  études  japonaises  renaissent,  et  toutes  sortes  de 
nouvelles  formes  littéraires  se  manifestent.  Dans  tout  le  Japon,  un  goût  universel  des  h-ttivs 
se  fait  jour.  Et  la  répercussion  de  ce  mouvement  des  esprits  se  fait  sentir  sur  les  Ileau\-Arts. 
En  encourageant  les  lettres,  Iyé-yaçou  tourne  les  esprits  des  Boushi  vers  les  goûts  studieux, 
en  sorte  que  l’activité  des  hommes  de  valeur,  ainsi  dérivée,  ne  s'emploie  plus  .1  fomenter  de> 
troubles.  Cependant,  la  flamme  belliqueuse  n’était  pas  complètement  éteinte,  et  l'esprit  de  guerre 
et  de  massacre  n’était  pas  entièrement  disparu.  Il  était  d'une  politique  très  habile  de  choisir 
la  contrée  en  fermentation  de  l’Edo  pour  en  faire  le  centre  du  Kvvanto.  \insi,  I es  Boushi  de 
toutes  les  provinces,  qui  avaient  si  longtemps  joué  du  sabre  et  fait  métier  du  meurtre, 
trouvaient  là  rassemblés  dans  une  cité  et  ainsi  maintenus.  En  outre,  Ivé-\açoii,  combinant  hs 
deux  règlements  de  Djyauyé  et  de  Kemmou  12J2  et  i33j-i33(>  ,  élabora  les  lois  des  Boushi, 
remit  en  honneur  l’ancien  esprit  des  Boushi,  l’esprit  militaire  austère  et  simple.  La  mollesse 
fut  appelée  mode  de  la  capitale,  et  le  luxe  mode  des  bourgeois,  toutes  deux  honnies  et 
méprisées. 

Dans  les  réunions  amicales,  les  seuls  sujets  de  conversation  étaient  les  fatbnies  des 
combats  d  autrelois,  les  exploits  des  ancêtres,  les  considérations  sur  l'art  militaire  du  temps, 
et  les  beaux  coups  de  sabre.  Ainsi,  dans  les  mœurs  et  les  costumes  transparaît  encore  l'esprit 
guerrier.  L’escrime  et  la  lutte  sont  florissants.  On  organise  des  joutes  et  des  assauts  d’armes. 
Mais  la  vendetta  est  strictement  prohibée.  Peu  à  peu,  cependant,  cet  esprit  dégénéra  en  appétit 
sanglant  et  en  vint  à  se  changer  en  ce  qu’on  appela  plus  tard  le  caractère  d’Edokkoo  et  produisit 
ce  qu’on  a  appelé  Otokodaté. 

refit  la  paix  avec  la  Loree  pour  mettre  un  terme  à  l’expédition  en  cours,  et 
toléra  les  relations  commerciales  avec  la  Chine.  Les  relations  étaient  aussi  autorisées  avec 
Makao,  l’Annam,  le  Siam,  Goa,  Luçon,  ainsi  qu’avec  toutes  les  îles  de  l’Océan  du  Sud,  tous 

les  royaumes  des  deux  Indes,  avec  les  Portugais,  les  Espagnols,  les  Anglais,  les  Hollandais, 
les  Mexicains. 

A  Kagoshima,  Ilakata,  Goto,  llirato,  Sakai,  Nagasaki,  dans  tous  les  ports,  beaucoup  de 
gens  venaient  faire  le  commerce;  et,  sur  les  cotes  de  Kyoushyou,  les  daimyaus  et  les  grands 
commerçants  passaient  en  bateau  dans  ces  pays  en  assez  grand  nombre.  Ainsi,  d’un  côté  les 


produits  étrangers  étaient  en  grande  quantité,  et,  d’un  autre,  les  tendances  des  Japonais 
s’imprégnaient  d’un  sentiment  étranger.  Des  hommes  parurent  en  grand  nombre  qui  se  livraient 
à  des  recherches  en  des  pays  lointains.  Un  vassal  de  Daté  Maçamouné,  Hashikoura-tsonénaga, 
alla  à  Home.  Un  certain  Tokoubéé  de  Takasago,  en  Harima,  était  aussi  allé  trois  fois  dans 
l’Inde  centrale.  Ils  avaient  rapporté  des  objets  précieux.  Parmi  ceux  qu’avait  rapportés 
Tsounénaga  figuraient  son  portrait  à  blinde  par  un  célèbre  peintre  italien,  une  planche  de  cuivre 
de  la  V  ierge  et  des  documents  officiels  sur  parchemin,  offerts  à  Tsounénaga  par  le  gouvernement 
de  Home,  et  qui  existent  encore. 

Dépendant,  au  cours  des  années  Kwan  vei  (  i  624-1 G/j \  ),  le  Bakoufou  publia  des  interdictions 
contre  la  religion  chrétienne.  On  renvoya  les  missionnaires  dans  leurs  pays  et  on  leur  défendit 
de  venir  par  mer.  On  interdit  au  commerce  d’envoyer  à  l’étranger  des  navires  ou  de  construire 
de  grands  bâtiments.  De  sorte  que  les  relations  avec  tous  les  pays  étrangers  furent  complè¬ 
tement  supprimées,  dette  décision  de  fermer  le  Japon  fut  prise  par  le  Bakoufou  quand  on 
s'aperçut  (pie  les  missionnaires  venus  d  b.urope  nourrissaient  en  secret  des  desseins  de  convoitise. 
Les  Japonais  qu'ils  avaient  convertis  en  vinrent  à  se  révolter  à  Amakouça,  en  lligo,  et  à  Shima- 
bara,  en  llizèn,  la  i  j ‘‘  année*  Kwan  yei  1637). 

Aussi,  bien  que  toutes  les  relations  avec  l'étranger  fussent  interdites,  les  voyageurs,  qui 
ne  se  mêlaient  pas  de  propagande  religieuse*,  mais  ne  visaient  qu’à  faire  du  commerce,  comme 
I es  dhinois  et  les  Hollandais,  furent  bientôt  autorisés  à  aborder.  Les  Hollandais  faisaient 
connaître  ce  qui  se  fabriquait  dans  tous  les  pays  d  outre-mer,  et  les  Chinois  dans  le  Tonkin, 
LAnnnm,  le  Cambodge,  fous  importaient  les  produits  des  pays  du  Sud-Ouest.  Comme  les  gens 
de  Chine  et  de  Hollande  avaient  toujours  cherché  à  avoir  le  monopole  des  relations,  et  comme 
le  port  de  Nagasaki  avait  été  désigné  comme  le  seul  marché  d’échange,  les  objets  de  l’étranger 
entraient  au  Japon  uniquement  par  l'intermédiaire  des  deux  nations  et  par  Nagasaki.  Les 
Hollandais  apportèrent  les  connaissances  et  les  matériaux  d'Europe;  ils  mirent  à  la  mode  l'étude 
du  hollandais  chez  les  Japonais,  qu  ils  mirent  à  même  de  connaître  la  civilisation  européenne. 
Ci-  fut  la  une  des  forces  qui  participèrent  au  mouvement  politique  d'où  sortit  la  restauration  de 

Moidji. 

Ivé-milsou  gouverna  pendant  environ  trente  ans.  Le  gouvernement  du  Bakoufou  jeta  un 
éclat  remarquable.  Les  lettres  et  les  arts  progressèrent  à  pas  de  géant.  La  construction  du 
mausolée  (h*  llikkwau  et  la  réparation  du  château  de  Edo  datent  de  son  temps.  Or,  sous 
Ivé-vaeou  et  llidé-tada,  les  constructions  de  toute  la  période  se  rattachent  presque  toutes  à 
et*  dernier  monument.  Tous  les  grands  travaux  accomplis,  toute  cette  poussée  d’art,  c’est  la 
floraison  qui  accompagne  les  Tokougawa.  C’est  une  ère  de  paix  profonde  qui  a  permis  ces 
réalisations.  El  pourtant,  malgré  le  règne  de  cette  paix  profonde  qui  éblouit  à  distance,  l’empire 
des  Tokougawa  était  un  monde  féodal  et  oligarchique,  ressuscitant  des  lois  et  des  coutumes 
abolies,  ligottant  la  pensée,  comprimant  de  haut  en  bas  les  fiers  et  les  humbles.  C’est,  sur 
tous  les  plans,  un  gouvernement  formaliste,  par  lequel  les  esprits  finissent  par  être  déprimés, 
la  société  perd  son  activité,  et  des  mœurs  fâcheuses  peu  à  peu  se  dessinent. 

Le  je  Shyaugoun,  lyé-tsouna  (  1 65 1  - 1 680  ,  d’un  tempérament  maladif,  fatigué  par  les  soins 
du  gouverne  ment,  les  abandonnait  entièrement  au  Tairau  Sakaï-Tadakivo,  dont  l'arrogance  et 
l’arbitraire  minèrent  en  bien  des  points  le  travail  du  3e  Tokougawa.  Cependant,  même  dans  ce 
gouvernement  déplorable,  il  y  avait  des  daïmyaus  remarquables  tels  que  :  Hoshina  Maçayouki, 
Ikéda-mitsoumaça,  Tokougawa  mitsoukouni  ;  des  lettrés  comme  Hayashi-shyoun-saï,  le  bonze 
Keitchyou,  etc.;  des  artistes  comme  Kano-kô-i  et  Kano-tan-nyou  ou  Soumi-yoshi-Jyokei.  En 
Chine  arriva  l’invasion  des  Tartares,  à  la  suite  de  laquelle  des  philosophes  ou  des  grands  prêtres 
des  Ming  se  réfugièrent  au  Japon,  tels  que  Itsouzen  Ryouki,  Sokou-hi,  [Shyou-shi-you  (Shyoun 


soui  Tchinn-ghèn-in,  etc.  Leur  talent  et  leur  expérience  vinrent  aider  notre  civilisation.  Nos 
lettres  et  nos  arts,  et  aussi  nos  tissus,  laques,  poteries,  métaux,  toutes  les  industries  <1  art 

firent  de  grands  progrès,  et  la  civilisation  poursuivit  son  élan. 

Puis  vient  le  temps  de  Tsouna-Yoshi  (Y,  1680-1709  .  Il  lit  graver  des  livres,  ou  bien, 
établissant  le  Shyau-hei-kau,  il  encouragea  beaucoup  les  études  eonlueeistes.  Le  laponiste  l\ i t 
moura  Righin,  le  shintoïste  Yoshikawa  Korétari,  1  ingénieur  et  hydraulicicn  kaw a-inoura  Dzomkèn, 
choisis  par  lui,  ouvrent  les  voies  aux  hommes  de  talent.  Le  «laïmyau  de  Mito,  lokoiigawa 
Mitsou-kouni,  le  premier,  puis  beaucoup  d  autres  après  lui,  fondent  des  écoles  et  appellent  «les 
confucéistes.  Au  début  de  cette  époque,  féconde  en  hommes  «le  talent,  011  voit  au  premier  rang, 
dans  les  lettres  chinoises,  Kino-shita-jyoun-an,  Itô-jyounsaï  et  autres  savants  illustres;  dans 
les  lettres  japonaises,  Shimo-Kavvabé  nagarou,  le  bonze  kei-tchyou  et  après  lui.  kila-nmura 
kighin.  Dans  la  littérature  légère  et  les  romans  Ihara  Saïkakou  ,  Tsehik  amatsou-niouzaémim. 
Parmi  les  acteurs  :  le  ier  Itchi-kawa  Daujvou-rau;  en  Djaurouri,  rakénioU>-ghi-»la\ ou  :  en 
Haikai,  Baschyô  et  ses  disciples. 

Par  suite  de  la  continuité  de  la  paix,  les  mœurs  s'amollirent  <*t  tombèrent  «laiis  I  all'ét»  rn* 
et  la  volupté.  On  en  vint  à  ne  se  préoccuper  que  de  parure,  «le  chants,  «le  danses,  «le  jvaun  »uri, 
de  décoration  mobilière,  etc.  Surtout  dans  le  makivé,  l'orfèvrerie  «I  or  H  «larg«*nt,  «-t  t«»u>  l«*> 
objets  d’art,  le  Shyaugoun  le  premier,  et  après  lui  les  Rouslii,  I«*s  mandiainls,  l«*s  acteurs 
rivalisent  d’ostentation.  Aussi,  ces  industries  artistiques  font-elks  «le  grands  piogn  s  «  n  «  <  tt«* 
période  qu’on  appelle  le  temps  de  Jyaukèn-in  Tsoumayoshi  .  Répondant,  à  1111  <«  •  r  t  ;  «  i  1 1  point  d<* 
vue,  le  gouvernement  de  Tsouna-Yoshi,  vers  l’époque  Ghèn-rokou  i6«S<S- 1 70  j  ,  m>  tut  pus  mm 
ère  de  paix  universelle  et  sans  aucun  trouble.  Auparavant,  la  >'  année  \l<*ir«*ki  1637  .  I»*  grand 
incendie  de  Edo  avait  dévoré,  en  deux  jours,  à  commencer  par  1«*  château  « I «*  E«lo,  l«*>  Vishiki 
des  daïmyaus,  ainsi  que  de  nombreux  «piartiers.  Plusieurs  milliers  d'hommes  \  trouvèrent  la 
mort.  La  ville  n’était,  pas  encore  restaurée,  quand,  la  16e  année  Ghenrokou  1 7  «  »  >  «*ut  lieu  le 
grand  tremblement  de  terre  du  Kwautô  suivi  du  gran«l  incendie  Le  fut  mu*  |our«l«*  <  1 1 . «  1  1  ••  .m* 

o  ~  r* 

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les  finances  de  l’Etat. 

Cependant,  le  Shyaugoun  se  «lésintéressa  peu  à  peu  «lu  gouvernement  «*l  conlia  tout**" 
les  affaires  à  ses  favoris,  tandis  qu’il  s’abandonnait  aux  plaisirs.  Sans  enlants,  ayant  perdu  l«»u> 
ses  héritiers,  il  tomba  pendant  sa  vieillesse  dans  «le  «lespotnpms  aberrations.  Son  g« m  1  \ « •  r  1 1  •  •  1 1 1  « •  11 1 
devint  de  plus  en  plus  oppressif.  Aussi,  sous  cette  grande  paix  apparente,  on  sent  frémir  «les 
passions  farouches,  et  les  arts  de  cette  époque,  reflétant  cet  «Hat,  prémunit  un  caractère  <l«*  rmhv-'Si*. 

Après  lyénobou  (VI,  1709-1713)  lyétsouyou  Ail,  1716-1715),  Yoshimouné  fut  Shyaugoun. 
Yoshimouné,  par  ses  talents  et  sa  fermeté,  répara  les  fautes  de  ses  prédécesseurs.  Il  prit  gar«h* 
au  relâchement  des  lois  criminelles,  il  mit  en  faveur  la  frugalité,  fut  accessible  au  peuph*  «*l 
développa  puissamment  la  production  nationale. 

En  dehors  des  livres  qui  traitaient  du  christianisai**,  il  autorisa  la  lecture  «b*s  autres 
livres  européens,  de  sorte  que  les  connaissances  scientifiques  «le  I  extr«'*me  Decnlent  p«,,nélr**r«*nt 
au  Japon.  Comme  les  mœurs  «les  Samouraïs,  depuis  longtemps  emouss«*es  par  la  paix,  tombaient 
dans  la  mollesse,  le  Bakoufou,  déplorant  l’oubli  de  tradition  samouraïqim,  à  laquelle  il  attachait 
la  plus  haute  importance,  remit  en  honneur  1  esprit  militaire  et  l’art  des  armes.  En  même  temps 
il  s’opposait  à  tout  excès  des  prêtres  et  à  toute  tentative  «le  violation  «le  la  loi.  Grâce  à 
toutes  ces  mesures,  1  autorité  «lu  Bakoufou  lui  universellement  respectée,  «*t  l’on  voit  apparaître 
les  effets  de  ce  qu’on  a  appelé  la  renaissance  des  Tokougawa. 

L(îs  letties  et  les  arts,  a  cette  époque,  ne  montrent  pas  des  modifications  égales  à  celles 
de  la  politique. 

En  effet,  le  Shyaugoun  prescrivait  la  littérature  légère  et  encourageait  la  littérature 


-  if)3 


serieuse.  ht,  dans  le  lmt  de  corriger  les  mauvaises  habitudes  acquises,  il  préconisait  l’économie 
dont  il  donnait  lui-même  l’exemple.  Il  avait  écarté  tout  luxe  de  son  intérieur,  qui  était  des  plus 
modestes.  Il  montrait  une  grande  simplicité  dans  son  costume  et  son  régime,  simplicité  qu’il 
exigeait  chez  les  daïmyaus.  Dans  les  mariages,  la  parure,  les  repas,  les  présents,  tout  était 
réglé.  Des  ordonnances  réglementaient  le  prix  des  broderies  d’or  sur  les  manches  des  femmes, 
les  jouets  des  enfants.  Les  ornements  d’or  et  d’argent  plaqués  étaient  interdits  et  les  enfants 
ne  pouvaient  avoir  des  poupées  de  plus  de  8  pouces.  Le  luxe  des  étoffes  et  du  mobilier  était 
prohibé.  Lu  dépit  de  ces  lois  somptuaires,  la  population,  habituée  au  luxe  par  une  longue  paix, 
ne  perdait  pas  aisément  ses  habitudes.  En  sorte  que  tous  les  métiers  poursuivaient  leurs  progrès. 
Ainsi,  les  objets  servant  à  l’équipement  des  daïmyaus  et  les  sabres  atteignent  une  grande  délicatesse 
de  travail. 

Le  Shyaugoun  désirait  arrêter  l’introduction  des  objets  étrangers.  Aussi  encourageait-il 
partout  I  industrie  nationale,  à  commencer  par  la  céramique,  les  laques,  les  métaux,  les  cuirs. 
La  plupart  des  industries  nationales  acquirent,  à  partir  de  cette  époque,  une  remarquable 
prospérité.  En  littérature,  les  lettres  chinoises  seules  étaient  brillantes.  Les  études  des  anciens 
textes  chinois  de  six  le  antique  comptent  plusieurs  écoles  :  Araï  llakouséki,  toô-togai,  Y\  oghiyou 
Serai,  savants  illustres,  paraissent.  Non  seulement  leur  enseignement  eut  une  grande  influence, 
mais  encore  le  courant  des  études  chinoises  et  l'importation  des  objets  de  Chine  répandirent  peu 
à  peu  un  goût  (danois  dans  la  prose,  la  poésie  et  la  calligraphie. 

I  n  hôte  des  Tsing,  Ifoukvou,  vient  au  Japon  où  il  laisse  des  œuvres  de  peinture,  sur 
l'ordre  de  llisan-kn  des  Tsing.  La  traduction  et  la  gravure  du  Soui-Ivoden  ayant  été  publiées, 
b1^  conceptions  du  roman  chinois  se  font  jour  au  Japon.  Les  peintres  des  Tsing,  Tchin-nan-pin, 
llikanghèn,  viennent  à  la  même  époque.  Ce  sont  là  des  événements  parmi  les  plus  saillants  de 
la  période  Kvauhau  i  7  1  (>- 1  7  3(>  . 

I\ éshighé  l\,  1  7  i •>- 1 7 C» o  succéda  à  son  père  au  moment  où  s’affirmait  la  renaissance 
provoquée  par  celui-ci.  Mais,  souverain  d’esprit  insignifiant,  il  ne  lit  rien.  Son  héritier,  Ivé- 
harou  X,  i”S~  ,  fourvové  par  de  mauvais  conseillers,  laissa  le  Bakoufou  tomber  encore 

dans  b*  désordre. 

E11  outre,  depuis  Ivé-harou  jusqu'au  XL  Sbvaugoun,  les  cataclysmes  naturels  furent  très 
fréquents.  Notamment,  plusieurs  années  consécutives  de  famine  jetèrent  le  pays  dans  la  désolation. 
\  ers  cette  époque,  parut  Matsou-Dahira  Sada-nobou  qui  aida  le  Shyaugoun  et  changea  du  tout 
au  tout  le  gouvernement.  C'est  ce  qu’on  appelle  le  gouvernement  de  Kwansei  1789-1801). 

Sada-nobou,  petit-lils  de  Yoshi-mouné,  était  un  homme  sage,  éclairé  et  lettré.  11  réprima 
tous  les  abus  du  gouvernement,  encouragea  les  lettres  et  l'art  militaire  et  réforma  les  mœurs. 
Cependant,  la  richesse  et  la  prospérité  se  développèrent,  les  mœurs  redevinrent  luxueuses,  et, 
après  la  retraite  de  Sada-nobou,  l'état  général  du  pays  était  florissant.  Les  études  japonaises 
étaient  revenues  en  faveur,  et  parallèlement  se  fortifiait  le  sentiment  national.  Un  parti  croissait 
qui  déplorait  l’effacement  de  la  maison  impériale  et  la  prépondérance  du  Bakoufou. 

Cependant,  le  Shyaugoun  et,  à  son  exemple,  la  population  s’abandonnaient  au  plaisir.  Les 
mœurs  allaient  se  dépravant,  les  lois  se  relâchaient,  l’étiquette  créait  des  formules  et  des  rites 
compliqués.  C’est  pourtant,  vue  sous  un  certain  angle,  une  période  extrêmement  brillante,  que 
cette  période  appelée  le  temps  du  Ohgoshyo. 

A  Edo  surtout,  les  savants,  les  lettrés,  les  artistes  forment  une  phalange  serrée.  Les 
lettres  se  ressentent  de  l’influence  de  la  classe  bourgeoise.  Les  poésies,  les  contes  comiques, 
les  romans,  les  peintures  du  genre  vulgaire  sont  très  appréciés  de  la  majorité. 

Kyauto  cesse  peu  à  peu  d’être  le  centre  de  la  culture  qui  s  est  transportée  a  Edo  et  qui 
reçoit  l’impulsion  de  la  culture  chinoise  venue  par  Nagasaki.  Les  écrivains  chinois  paraissent  en 


foule.  L’art  des  vers  chinois  jette  un  éclat  sans  précédent.  Le  chinois  classique  est  pratiqua 
dans  la  bonne  société.  Ce  qu’on  appelle  «  la  peinture  de  lettres  «  devient  à  la  mode.  Lnl.n,  on  voit 

paraître  dans  cette  ère  de  paix  générale  un  nouveau  genre  de  culture. 

Nous  arrivons  à  Iyé-yoshi  (XII,  i838- 1853  .  Le  Raudjyou  (conseiller  d'Etat  Midzouno 
Tadakouni,  s’inspirant  de’  l’esprit  de  Kyauho  et  de  Kwansei,  et  voulant  mettre  un  frein  au 
luxe,  prohibe  la  vente  des  objets  de  lux»',  limite  le  prix  des  parures,  fait  deç  préparatifs 
militaires  et  s’efforce  de  régler  les  mœurs.  Mais  l’élan  du  temps  était  irrésistible.  L.'s  goûts 
sont  tournés  vers  le  luxe  et  les  mœurs  sont  vouées  au  plaisir.  Dès  lors  se  précipite  la  décom¬ 
position  intérieure  du  Bakoufou.  Ln  mouvement  très  ardent  s»*  dessinait  en  la\«*ui  du  h'Uini  iic  un  ni 
direct  de  l’Empereur.  Mais  le  gouvernement  Shyaugounal  avait  pendant  longtemps  donné  une 
prospérité  telle  que  le  souvenir  en  demeurait  encore,  si  bien  que  ni  trame  ne  pouvait  étn- 
déchirée  en  un  matin. 

Cependant,  alors  qu  on  ne  s’y  attendait  pas,  en  iSô),  la  llolt»*  américaine  apparut 
soudain  à  Ouraga  et  le  long  songe  de  paix  s’évanouit.  L’Empire  s’agite,  les  esprits  se 
surexcitent,  l’élan  militaire  se  réveille.  L’opinion  se  fait  jour  avec  violence,  qui  veut  ouvrir  \<  > 
ports,  repousser  les  Barbares,  honorer  l'Empereur  et  punir  le  Bakoufou.  Lutin  arrive  la  dissn 
lution  du  Bakoufou.  Alors  le  Japon  revient  à  l’ancien  gouvernement  direct  de  I  Lmpcreur.  La 
nouvelle  ère  de  Meidji  s’ouvre;  l’aspect  de  la  société  change  du  tout  au  tout.  des  progrès 
considérables  sont  réalisés. 


CHAPITRE  II 


Caractère  et  évolution  des  Beaux-Arts  de  cette  époque. 


Dans  notre  histoire,  rien  n’est  aussi  brillant  que  la  civilisation  de  (•«•»)»•  période  et  la 
continuité  de  la  paix  est  sans  exemple  dans  le  monde.  Tout  s'est  alors  développé,  mais  d'un 
développement  fait  d’éléments  complexes.  Les  Beaux-Arts  et  les  industries  ont  donné  une 
production  abondante;  et  il  n’y  a  pas  lieu  de  s’étonner  si  une  grande  complexité  s'\  manifeste. 
A  partir  du  début  de  cette  période  Keitchyau,  i  5(j6  ,  la  prospérité  règne  pendant  jo  à  (h>  ans. 
La  culture  progresse.  Cependant,  comme  on  n  est  pas  loin  d»*  la  période  des  troubles,  et  comme 
Iyé-yaçou,  Iyé-mitsou  encouragent  l’art  militaire,  la  richesse  et  l'influence  appartiennent  aux 
familles  militaires,  et  un  reste  belliqueux  des  provinces  subsistant  toujours,  Es  esprits  sont 
portes  encore  vers  le  goût  des  armes.  Aussi  voit-on  dans  la  peinture  meme  un»*  tendance  à  la 
force  et  à  la  rudesse,  au  tourmenté  et  à  l’excessif.  L’architecture  fait  reparaître  des  formes 
abandonnées  par  la  période  précédente. 

L  école  de  Kano,  en  peinture,  se  perpétue  et  est  proclamée  dominatrice.  Elle  seule 
poursuit  un  développement  original.  Les  maîtres  Sanrakou,  San-setsou  exercent  leur  influence. 
Us  sont  imprégnés  de  l’esprit  des  Boushi  et  portent  bien  la  marque  de  leur  temps.  C’est  surtoul 
quand  on  arrive  a  lannyou,  dont  le  grand  talent  honore  son  école,  qu’on  voit  bien  paraître  le 
goût  de  1  époque.  Les  Kano  seuls  sont  alors  en  pleine  prospérité  et  peuvent  être  regardés  comme 
les  Shyaugouns  du  monde  de  la  peinture. 

En  architecture,  Iyé-mitsou  réglemente  les  maisons  des  Boujin,  ainsi  que  des  fermiers  et 
des  marchands.  Les  artistes,  liés  par  ces  règlements,  sont  gênés  dans  leur  développement. 


Cependant,  lorsque  le  Bakoufou  est  consolidé,  les  efforts  de  l’architecture  sont  portés  vers  la 
construction  des  temples  funéraires  de  Nikkwau  et  vers  h  agrandissement  du  château  de  Edo. 
Ces  œuvres  sont  mises  au  nombre  des  beautés  du  Japon.  Les  daïmyaus  aussi  construisirent 
des  châteaux  sur  leurs  domaines,  et  tous  se  font  de  magnifiques  et  solides  yashikis  à  Edo.  La 
construction  devient  de  plus  en  plus  prospère,  et  les  métiers  de  sculpteurs  sur  bois  et  sur  pierre 
et  tous  ceux  <pii  tiennent  des  arts  décoratifs  prennent  un  grand  développement.  En  raison  meme 
de  leur  prospérité,  ces  arts  en  arrivèrent  à  une  minutieuse  division  du  travail. 

Ive-yaçou  pensionna  des  maîtres  dans  tous  les  arts,  en  envoya  à  l’étranger,  d’où  il  en  fit 
venir  d  autres.  Des  procédés  nouveaux,  des  matières  nouvelles  furent  introduits  chez  nous.  De 
célèbres  tcliyajin  ayant  paru,  tel  kobori  Einshvou,  non  seulement  la  cérémonie  de  thé  fut  de  plus 
en  plus  pratiquée,  mais  toutes  sortes  de  formes  nouvelles  firent  leur  apparition  dans  la  céramique 
et  la  laque.  Quant  à  I  art  des  jardins,  il  devint  florissant.  Le  palais  détaché,  auquel  Einshyou 
consacra  les  forces  de  la  lin  de  sa  vie,  en  fut  l’idéal. 

Lorsque  le  lokougawa  posa  les  bases  de  la  féodalité,  la  constante  préoccupation  du 
de  régler  par  des  lois  tous  les  points  du  cérémonial  ;  de  sorte  que,  depuis 
us  humble  sujet,  la  conduite  de  chacun  était  délimitée.  Il  rendit  la 


Shvang-oun 

fut  de  régler  | 

1  Empereur 

jusqu'au  plus 

société  très 

formaliste  et  il 

forçai!  1  les 

gens  à  croire 

propagea  dans  h*  monde  1 11I 

Dans  le  monde  des  arts  s’établit  un  culte  excessif  de  la  tradition.  On  eut  horreur  de 
changer  quoi  que  ce  soit  aux  vieilles  formules  et  aux  anciens  procédés.  Si  par  hasard  on  osait 
une  innovation,  on  ne  désirait  plus  v  apporter  aucune  modification.  L’esprit  de  coterie  et 
l'exclusivisme  garrottaient  h»  talent,  fous  les  artisans  tombaient  dans  la  minutie.  Les  religions 
étrangères  étant  prohibées,  on  proclama  l’ordre  délever  dans  tout  l’Empire  une  chapelle 
bouddhique  à  chaque  maison.  Alors  furent  exécutées  en  quantités  innombrables  les  statues 
bouddhiques.  Mais  les  artistes  ne  produisirent  que  des  statuettes  de  petites  dimensions.  Ils  ne 
s'essaient  plu  aux  images  grandioses;  et,  même  dans  les  petites,  leur  talent  est  loin  d’atteindre 
l’antique. 

En  littérature  se  produit  la  réaction  des  écoles  de  Kwamboun  1661-1673),  et  l’influence 
en  littérature  se  transportant  en  bas  de  la  société,  on  voit  surgir  soudain  les  idées  démocratiques. 
\  l'époque  suivante,  dite  de  Ghèn-rokou  1688-1704  ,  la  littérature  vulgaire  est  florissante  et  étouffe 
la  littérature  noble.  Dans  les  arts,  des  maîtres  paraissent,  qui  essaient  de  conquérir  une  indépendance 
de  style  et  de  si*  lancer  dans  un  nouveau  domaine. 

Les  peintres  célèbres  de  ce  temps  se  livrent  chacun  à  la  spécialité  où  il  excelle.  Toça 
mitsouoki  abandonne  le  style  de  sa  maison  et  éclectise  les  procédés  de  Toça  et  de  Kano.  En 
outre,  n  étant  pas  retenu  par  le  style  de  sa  maison,  il  subit  des  influences  contemporaines.  Il 
cherche  à  innover.  Et  quand  bien  même  la  contexture  de  ses  sujets  est  archéologique,  il  y  ajoute 
une  saveur  populaire.  Il  y  a  dans  son  œuvre  quelque  chose  de  la  beauté  de  Moronobou  et  de 
kwaurinn.  Il  déplore  les  défauts  du  temps,  mais  il  y  sacrifie.  S'il  ne  manque  pas  parfois  d’une 
certaine  crànerie,  il  est  en  général  modéré  dans  ses  tentatives  et  inventif.  Mais  il  n’a  pas  assez 
dépouillé  les  vieilles  formules. 

Quant  aux  industries,  en  dehors  du  style  d’école  se  montre  ce  qu’on  appelle  la  sculpture 
de  ville  (sculpture  bourgeoise).  En  opposition  avec  l’orfèvrerie  parue  jusqu’alors,  elle  laisse  voir  un 
goût  bourgeois  très  prononcé.  C’est  le  temps  de  Ghèn-rokou  qui  répond  aux  mœurs  luxueuses  et 
faciles  d’alors.  On  se  livre  alors  à  l’ostentation  et  à  une  frénésie  de  parure.  Les  sabres  et  les 
différents  objets  d’habillement,  qui  ne  visaient  autrefois  qu’à  l’utilité  réelle,  sont  devenus  des 
objets  de  parade  et,  dans  leur  exécution,  on  en  vient  à  rivaliser  de  beauté  et  d’ingéniosité. 


La  décoration  architecturale  atteint  le  comble  de  la  magnificence.  Comme  il  a  été-  .lit  précé¬ 
demment,  les  incendies  étaient  fréquents  à  Edo  et  les  yashiki  durent  être  refaits  souvent,  surtout 
après  le  grand  incendie  des  années  Meireki  (x655-i658).  Les  yashiki  de  toas  les  daïmyaus 
généralement  tendent  à  la  simplicité.  Cependant,  le  temple  de  kwamnon,  à  A<.nkom.a  ;  le  Co- 
kokouji,  à  Ouéno  ;  la  salle  centrale  de  kompon,  la  salle  de  Moii-jvou.  ainsi  que  la  porte  des  deux 
Maharadjas-niwau,  par  exemple,  ne  le  cèdent  pas  même  aux  temples  de  Nain  H  < I •  •  1 1 1 1 ,  -  l 
montrent  la  beauté  architecturale  de  cette  époque. 

Pendant  les  quarante  et  quelques  années  qui  s  ecoulent  de  l\\an-lm  ;|  Il  «  »- 1  *  *  k  i  1 7  i  <  *  - 
iy64),  les  peintres  de  l’époque,  Okou-moura  Maçanobou,  Mishi-kawa  Soiikr-noboii ,  Blng.iw  .1 
Toyonobou,  etc.,  fournissent  une  production  aimable  relevant  de  1  ecole  vulgaire.  ( .«‘pendant ,  ain-i 
qu’il  a  été  dit  plus  haut,  le  Shyaugoun  à  oshi-Mouné  s’employa  avec  ardeur  a  îvlormer  b ahii"  «t 
s’efforça  de  remettre  en  honneur  la  simplicité  des  mœurs  «‘t  les  goûts  militaires.  Les  arN,  qui 
s’étaient  développés  pendant  la  période  Ghèn-rokou,  se  trouvent  alors  arrêtas.  La  l < *  1  > - 1 1  •  •  p'  rtn«|.- 
de  paix  donnait  pour  principale  préoccupation  publique  les  diverses  lètes  annuelles  qui  mie  n,  n  ni 
un  excès  de  cérémonial  et  de  formalités.  Ce  fut  ainsi  surtout  dans  les  cortèges  des  <lmm\ mis, 
lorsqu’ils  se  relevaient  à  Edo  pour  leurs  séjours  réglementaires.  Leur  arrivée  était  un  pi.  i.  \i.  .1 
un  grand  déploiement  de  pompe,  à  une  rivalité  de  faste  et  de  magnificence.  Aussi,  apres 
Ghèn-rokou  et  Kyauto,  les  industries  de  Edo  devinrent  florissantes.  (In  lit  pour  les  prno-sshms 
militaires  quantité  d’objets  précieux  qui  sont  très  réputés. 

L’orfèvre  Yokova  Somin  inaugura  le  genre  de  ciselure,  »lil  pictural,  et  mamh‘>t.i  "<>u  telenl 
dans  les  kodzoukas  et  les  ménoukis.  D’autre  part,  à  cette  époque,  comme  la  société  tout 
entière  s’adonnait  aux  lettres  chinoises,  les  vers  et  la  prose  chinois  amenèrent  un  demi 
d’imiter  les  dessins  et  peintures  de  Chine.  De  là  vint,  pour  notre  civilisation,  un  clément  demratil 
brillant  et  très  particulier. 

N  ers  Meiwa  ijbj  ,  le  monde  artistique,  à  Edo  comme  à  l’okyaii,  montre  un  idéal  tn -, 
différent.  Cette  époque  était  l’apogée  du  gouvernement  de  Bouké.  L'excès  de  la  prospérité  ve 
fait  sentir  à  Edo,  où  les  Samouraïs  et  le  peuple  vivent  dans  tous  les  délices  de  la  paix.  Awsm 
les  goûts  populaires  suscitent  les  poésies  légères  et  comiques,  les  «envies  bmmn  i^t  iqm  x  *-t  b-, 
romans,  qui  prennent  un  brillant  essor.  En  même  temps  apparaît  un  genre  de  peinture  s«-mhlahl<-. 
ht  Ion  voit  surgir  des  quantités  innombrables  de  peintures  légères  ou  comupies  et  «le  croquis 
prestement  enlevés. 

Les  romans  et  les  contes,  nécessitant  des  illustrations,  font  faire  à  cet  art  d  immenses 
progrès.  Un  romancier  de  ce  temps,  Tané-hiko,  disait  volontiers  :  «  l/auteur  a  beau  avoir  un 
grand  talent  et  un  pinceau  varié  et  original,  si  à  son  ouvrage  ne  s  ajoute  pas  le  charme  des 
dessins  et  le  mérite  de  la  gravure,  il  ne  peut  pas  espérer  faire  monter  la  valeur  du  papier  dans 
la  capitale.  » 

l  ne  école  d  illustrateurs  remarquables  se  montra  alors,  presque  tous  se  rattachant  ;ï 
1  école  dite  Oukiyoé.  Cette  école  répondait  au  goût  du  temps.  Elle  s’enorgueillissait  de  Katsou 
Kawa  Shyounthyau,  du  second  Ilarou-nobou,  du  premier  Toyokoni  Ixeisaï,  etc.  Ces  artistes 
répondaient  au  goût  du  temps  et  à  l’idéal  des  conteurs  contemporains. 

tandis  qu  a  Edo  triomphe  la  mode  de  l’école  Oukiyoé,  à  kyauto,  au  contraire,  le  goûl 
approuve  ce  qu  on  appelle  le  dessin  de  lettré  et  le  courant  de  la  poésie  et  de  la  littérature 
chinoises.  La,  favorisée  par  1  exemple  des  peintres  chinois  venus  au  Japon  et  par  la  mode  des  albums, 

la  peinture  distinguée  et  aristocratique  est  prospère.  Elle  compte  des  artistes  comme  Ghi-nankai, 
Iké  -taiga,  etc. 

Cependant  paraît  Marouyama  Okyô  qui,  se  trouvant  eu  présence  de  ce  mouvement, 
s  assimile  ce  qu  il  y  a  de  meilleur  dans  chacun  de  ces  maîtres  et  révèle  à  kyauto  un  art  composite  et 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


Grav.  V,  en  couleurs. 


ONO-NO  KOMATI 

EFFAÇANT  PAR  LE  LAVAGE  LES  MOTS  AJOUTÉS  SUR  UN  MANUSCRIT  ANCIEN 

XVII8  siècle  (la  Poétesse,  peinture  de  Kwaurinn). 


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pariait,  lundis  que  des  célébrités  apparaissent  en  foule,  Sliibakaukan  pour  la  première  fois  emploie 
la  peinture  à  !  huile.  Déjà,  en  kwan-yéi  (162^-1644)»  Yamada  Ouémon  est  connu  pour  avoir  fait 
de  la  peinture  européenne,  mais  ces  procédés  n’avaient  pas  été  transmis. 

Dans  les  autres  arts  et  industries,  le  développement  montre,  en  général,  une  tendance 
populaire.  Ainsi,  les  bourgeois  du  temps,  en  matière  de  sculpture,  aiment  une  décoration  de 
premier  ordre  dans  les  netsouké,  les  blagues  à  tabac.  Pour  les  poupées  servant  de  jouet,  on 
rivalise  d  habileté.  Dans  I  orfèvrerie  et  les  laques,  on  trouve  des  décorations  variées  et  vives. 
Pour  les  tissus  et  les  teintures,  on  suit  le  goût  des  acteurs,  en  général  très  populaire.  On 
renonce  aux  formules  jusque-là  consacrées  par  l’étiquette,  et  l’on  recherche  l’originalité. 

De  Bounkwa  et  Pounséi  à  kéitchô  i8o  j-i8o8  ,  l’impulsion  donnée  par  les  dessins  chinois  se 
communique  peu  à  peu  et  atteint  le  Kwanto.  Bountchyau,  Tchinzan,  Ivvvazan  s’y  adonnent, 
chacun  avec  un  genre  personnel. 

A  Kyauto,  d’un  coté  Tano-moura  Tchikoudèn  procède  de  l’école  de  la  peinture  de  lettré; 
d  un  autre  coté,  Malsou-moura  (io-shyoun  se  fait  un  nom  à  part  dans  l’école  Shidjô.  \  ers  cette 
époque,  les  érudits  versés  dans  les  études  japonaises  se  lèvent  par  essaims.  On  approfondit  et  on 
commente  I  histoire  ancienne  et  le  vieux  langage.  L’archéologie  renaît.  Tanaka-totsoughèn  et 
d  mit  res,  inlluencés  par  ci*  mouvement,  ressuscitent  l’ancienne  peinture  des  Toça.  D’autre  part, 
comme  orfèvre,  Xau-rokou;  comme  laqueur,  kôminn,  etc.,  copient  l’art  ancien  jusqu’aux  tissus  de 
nishi-djin.  <  >n  arrive  ;'i  produire  des  sabiori  en  vieilles  couleurs. 

dépendant,  les  troubles  intérieurs  et  les  difficultés  extérieures  étant  devenus  menaçants, 
les  esprits  entrèrent  partout  en  effervescence  et,  abandonnant  l’école  archéologique,  les  Beaux-Arts 
se  jetèrent  dans  un  genre  plus  énergique  et  plus  male.  Puis,  la  lutte  pour  l’existence  devenant 
plus  âpre,  les  idées  modernes  primant  leur  essort,  on  voit  les  Beaux-Arts  et  les  industries  se 
plonger  dans  le  réalisme.  Ainsi  se  montrent  Ooshvoun,  llokouçaï,  Iliroshighé  en  peinture;  Seimin 
dans  la  fonte;  (loto  Itehi-jyau  en  sculpture;  Mioura  kèn-ya  en  céramique.  A  cette  époque, 
I  l.mpire  est  en  effervescence.  Les  circonstances  ne  sont  guère  favorables  aux  lettres  et  aux  arts, 
et  I  on  ne  peut  alors  espérer  voir  une  floraison  semblable  à  celle  des  jours  précédents.  On 
touche  à  la  révolution  de  Meidp. 


CHAPITRE  III 


Peinture. 


Sous  les  Tokougawa,  tous  les  genres  d’art  qui  avaient  successivement  paru  depuis  mille  ans  et 
jusqu’aux  si  vies  nouveaux  de  Chine  ou  des  pays  de  l’Asie  du  Sud  et  de  1  Occident  se  sont  harmonisés. 
Dans  la  peinture,  des  styles  divers  se  manifestent.  Chaque  artiste  suit  son  goût  personnel  et  adopte 
un  procédé  qui  lui  convient.  Les  uns  ont  un  style  épris  de  la  grande  beauté  noble;  d’autres  montrent 
un  genre  clair  et  simple,  le  «  genre  de  lettré  »  ;  d'autres  enfin  s’attachent  à  un  réalisme  populaire. 
Pendant  trois  siècles  environ  que  dura  cette  période,  le  pays  étant  fermé,  la  vie  y  étant  facile,  la 
peinture  est  calme  et  sans  grande  originalité.  On  semble  incapable  de  créer  des  procédés  neufs,  ou 
de  tenter  (h*  sublimes  efforts.  Bien  entendu,  cette  période  de  trois  siècles  ue  s’est  pas  écoulée  sans 
présenter  des  intervalles  qui  diffèrent  entre  eux. 

Depuis  le  début  des  années  keitchyau  jusqu’aux  années  kwamboun  1 5c)6-i6o3-i66i;,  de  lyé- 


yaçou  Ier  à  Iyé-tsouma  IV,  on  s’adonne  entièrement  an  style  de  1  époque  de  Moiioyama.  L<-  piueeau  est 
hardi,  le  coloris  brillant.  Toutes  les  écoles,  Soga,Ounkokou,  I  lacégawa,  Kano,  ont  une  tendance  analogue, 
et  reflètent  le  goût  des  militaires  (Boujin).  Vers  la  fin  de  cette  période,  en  Chine,  les  Ming  s  eeroulrul 
et  les  Tsing’s  s’élèvent.  Des  Ming  arrivent  au  .lapon  Saïryou,  Inn  Chèn,  Mokou-an,  Sokouhi,  qui  se 
font  naturaliser,  apportent  quantité  d'anciennes  peintures  et  produisent  eux  mêmes  -le  nombreuses 
oeuvres.  Chacun  d’eux  a  des  disciples. 

De  Kwauboun  à  Ghèn-rokou  et  jusqu’à  Shyau-tokou  1 66 1 -i  Gj(>),  sous  les  l\',  \  NI'  et  \  II' 
Tokougawa,  la  pensée  reprend  son  essor,  la  conception  et  1  execution  agrandissent  leur  domaine, 
et  les  Kano,  entre  autres,  jettent  un  grand  éclat.  Los  maîtres  de  lora,  Soumiyoshi  et  kwannnn, 
atteignent  la  cime  de  1  art  et  de  la  beauté. 

De  lvyauho  à  llô-réki,  pendant  un  peu  plus  de  3o  années,  c  est-à-dire  pendant  la  période  qui  lut 
vraiment  l’apogée  des  Tokougawa,  alors  que  le  pays  jouit  d  une  tranquillité  et  .1  une  paix  -ans 
pareilles,  les  peintres  produisent  des  œuvres  charmantes  et  délicates,  sans  qu  aucun  grand  madré 
surgisse  dont  la  renommée  éclipse  les  autres.  Cependant,  à  partir  d  llûreki  i  7C  |  ,  la  religion  et  la 
politique  sont  peu  à  peu  troublées  ;  et,  depuis  An-yei  et  Fenniei  jusqu  a  la  tin  de  Iwauwa  1  s<>  i  . 
la  nation  tombe  dans  la  mollesse  et  les  mœurs  efféminées.  La  peinture  alors  se  vante  de  sou  alb-lmm-  <  t 
en  vient  à  n’être  plus  qu’une  distraction  sans  portée.  Toutefois,  à  kyauto  et  dans  le  k\\an--ai 
conserve  un  goût  très  différent  de  celui  deàédo,  ce  qu’on  appelle  ■  le  style  de  lettre  .  C.-  eml, 
passant  Nagasaki,  pénètre  graduellement  dans  toutes  les  provinces  cl  se  répand  de  plus  eu  plus 
Ghin-ankaï  le  premier,  puis  Tchimmei,  Slivabouson ,  etc.,  s'amusent  au  dessin  méridional 
(Nangwa).  Kouma-shiro  Shyoukô,  Sô-shi-séki,  et  d  autres  encore,  s'éprirent  des  dessins  chinois  l’siiii: 
de  Tchin-nam-pin.  Enfin,  du  dessin  des  Ming  provient  une  nouvelle  école  à  tendance  naturaliste,  r.  lb- 
de  Marouyama  Okyo. 

A  partir  de  Bounkwa  jusqu’à  Meidji  (1804-18. ..),  les  peintres  chinois  de  kvanto  suivent  b*  slvb 
de  Okyo.  L’ouverture  du  pays  aux  étrangers  jette  une  certaine  confusion  dans  les  esprits:  aussi  l<  - 
tendances  de  la  peinture  sont-elles  incertaines.  On  voit  apparaître,  dans  le  style  d.-  la  i'  a\enue, 
Matsou-moura-goshyoun  ;  dans  le  genre  de  Soghen,  Gankou ;  1  éclectisme  du  Nord  et  du  Sud  réalisé 
par  Tani  Boun-Tchyau  ;  les  dessins,  soit  Ming,  soit  Japonais,  de  I lara-zaï-trhyou  ;  les  dessins  Ming 
Tsing  de  Tano-moura-tchikouden,  de  Watanabé  Ivwazan;  le  renouveau  du  'lamalo  avec  lanaka 
Totsoughèn,  Oukita,  Ikkei,  Okada  Taméyaçou,  etc.;  les  peintures  populaires  de  kalsou-shika 
Mokouçaï,  etc.  Toutes  les  écoles  surgissent  à  la  fois  et  rivalisent  à  la  lin  de  la  période  de  Tokougawa 
La  peinture  d  Extrême-Orient  montre  là  une  ère  de  grandeur.  On  peut  dire  que  le  courant  révolution¬ 
naire  de  Meidji  a  pris  sa  source  à  cette  époque. 

Exécution. 


La  peinture  du  commencement  des  lokougawa,  depuis  keitchyau,  par  l\\\an-\ei  pisqu  à 
Ifl  (1096-1615;  1624-1644;  1608-1661),  poursuit  le  style  de  Momovania,  surtout  dans  la 
composition.  Elle  ne  s’astreint  pas  à  la  recherche  d’une  perspective  très  parfaite  ;  elle  tend  à  la 

liberté  du  caractère.  Nombreuses  sont  naturellement  les  peintures  qui  semblent  se  prêter  aux  goûts 
des  Boujin. 

Kaï-hokou  you-sh^au,  d  un  pinceau  ferme  et  sûr,  s  attache  à  un  style  particulièrement  simple. 
Soga  Tchyokou-an  montre  un  art  imposant  et  un  métier  de  plus  en  plus  serré, 
kano  San-Setsou,  d  un  pinceau  g’ras  et  franc,  est  épris  de  simplicité;  Shyau-Kwadau  étudie 
son  genre  et  atteint  un  caractère  de  liberté.  A  cette  époque,  comme  artistes  ayant  des  idées  neuves  et 
un  style  onginal,  il  faut  citer  Kwau-yetsou  et  Matabee.  Ges  deux  hommes  pourraient  être  considérés 
comme  appartenant  aussi  à  l’époque  précédente.  Leur  lignée  se  continue  à  cette  époque  des  Tokou- 


gawa.  Matabéé  apprit  son  art  sous  les  T  or;  a  et  travailla  le  Sôghèn.  Il  a  surtout  pris  pour  sujets  des 
scènes  de  mœurs.  Son  coloris  est  joli,  et  son  pinceau  extrêmement  délicat. 

A  partir  de  kwamboun,  par  Ghèn-rokou,  jusqu’à  Shyautokou  (2®  période),  on  voit  Kano-mori- 
nobou,  mélangeant  le  japonais  et  le  chinois,  montrer  un  pinceau  très  habile.  Naonobou  manie  l’encre 
liquide  avec  une  parfaite  liberté.  Il  crée  un  style  particulier  qui  reflète  exactement  les  goûts  des  chefs 
militaires  du  temps  de  Tokougawa  et  qui  s’est  perpétué  pendant  longtemps.  A  partir  de  cette  époque 
à  peu  près,  le  coloris  des  Kano  est  vif,  et  pourtant  il  garde  une  harmonie  qui  séduit  l’œil. 

Toça  Mitsou-oki,  se  basant  sur  le  genre  proprement  japonais,  s’inspire  insensiblement  des 
Kano,  H  introduit  dans  son  art  les  aspirations  magnifiques  d’un  Age  brillant.  11  fait  transparaître  avec 
douceur  un  modelé  et  des  lignes  calmes. 

Ogata  Iwvaurinn  possède  au  suprême  degré  l’invention  et  le  style.  Son  dessin  est  entièrement 
pris  à  Iwvau-etsou.  Son  coloris,  particulièrement  vif,  emploie  franchement  l’or  et  l’argent,  en  poudre  ou 
appliqué.  Il  entasse  la  couleur  en  épaisseur  sur  le  papier  et  la  soie,  et  produit  l’effet  d’une  sculpture 
en  bas-relief.  Dans  les  (ouvres  de  grande  dimension,  la  trace  du  pinceau  disparaît  autant  que  possible. 
Cette  peinture  est  faite  pour  plaire»  à  l’œil  de  loin. 

Ilanabouca  Itcliô  et  kouzoumi  Mori-kaedié  montrèrent  une  certaine  élévation  d’idée.  Leur 

O 

triomphe  n’est  ni  dans  l’harmonie  de  couleur  ni  dans  la  délicatesse;  il  est  dans  la  liberté  du  pinceau 
et  le  nouveau  de  la  composition. 

Ilishik  awa  Moronobou  el  Mivagawa  Tchvaushvoun  ont  montré  un  talent  original.  Moronobou 
no  le  cède  à  Mitsou-oki  ni  pour  la  délicatesse  du  pinceau,  ni  pour  la  beauté  delà  couleur.  Le  pinceau 
de  rdivaushoun,  dans  sa  liberté,  n’est  au-dessous  ni  de  Naho-nobou,  ni  de  Tsouné-nobou.  Dans  le 
coloris  de  ce  peintre,  le  mélange1  des  tons  vifs  et  légers  et  l’agencement  habile  des  autres  couleurs 
atteignent  une  harmonie  suprême,  et  que  personne  peut-être  n’a  jamais  dépassée. 

Lu  somme,  en  ce  qui  concerne  le  coloris,  on  peut  dire  qu’à  cette  époque  de  Ghèn-rokou 
1  688- 1  -<> i  apparaissent  les  artistes  qui  l’ont  manié  avec  la  plus  parfaite  maîtrise. 

I.n  kvauho  1  7  1  ( »-  1 7  >( >  ,  il  no  surgit  pas  d’artistes  montrant  un  talent  original  et  puissant.  La 
peinture  de  cette  période,  presque  toujours,  tombe  dans  la  convention.  Quand  arrive  1  époque  Temmei 
1  78 1- 1 7<S<p,  on  voit  affluer  un  grand  courant  de  peinture  chinoise.  O11  étudie  les  peintures  Tsing, 
d’un  joli  naturalisme,  et  I  on  s  inspire  des  œuvres  littéraires  des  Youèn  et  des  Ming.  Rapidement 
on  échappé  à  l  imitation  servile,  au  prolit  d’un  genre  encore  marqué  de  plus  d  originalité,  mais 
puisant  ses  inspirations  dans  la  littérature  et  les  mœurs  de  la  Chine.  L’école  de  Marouyama,  entraînée 
par  cette  mode  de  la  peinture  chinoise,  produisit  un  genre  naturaliste  qui  se  plut  à  représenter 
fidèlement  les  scènes  de  ce  pays,  ses  pavsages,  ses  fleurs  et  ses  oiseaux.  Cette  école  montre  un 
coloris  et  un  stvle  léger  et  sobre.  Pour  les  fleurs,  les  oiseaux  et  même  les  paysages,  la  plupart  du 
temps,  elle  n’emploie  pas  de  lignes  doublées.  Elle  trace  habilement  le  contour  d’un  seul  coup  de 
brosse  qui  donne  un  trait  bien  fondu.  Elle  ouvre  aussi  une  voie  nouvelle  par  ses  recherches  dans 
la  manière  d’exprimer  les  ombres.  D’autre  part,  un  des  meilleurs  éléments  artistiques  de  cette  époque 
fut  l’école  Ouki-yoé.  Son  style  et  sa  composition  n’étant  pas  retenus  par  des  règles  fixes,  chaque 
artiste  s’abandonnait  à  ses  propres  idées  et  cherchait  des  procédés  personnels.  Ils  se  sont  attachés 
à  des  effets  nouveaux. 

Depuis  Bounkwa  jusqu’en  Meidji  (1804-1867),  la  peinture  reprend  de  la  vigueur.  En  même 
temps,  la  littérature  se  tourne  vers  l’antiquité.  La  peinture  japonaise  ancienne  renaît.  Les  peintres 
se  plaisent  aux  sujets  historiques  ;  ils  recherchent  les  procédés,  le  dessin  et  la  couleur  du  temps  des 
Eoujiwara  et  de  kamakoura. 

A  la  même  époque,  Oadau,  Shiba-Kaukan,  etc.,  copient  des  tableaux  hollandais.  Dès  lors, 
011  adopta  l’arrangement  et  le  clair-obscur  européen,  et  beaucoup  d’artistes  s’essayèrent  à  ce  genre 
de  peinture. 


200 


MAITRES  ET  ŒUVRES 

Écoles  Toça.  Soumi  Yoshi,  Kwau-Rinn.  Renaissance  japonaise. 

Toça  mitsou-oki,  fils  de  Mitsou-nori,  fut  Sakonshyaughèn  du  sous-seeoud  V  rang.  R  unira  en 
religion  et  devint  Ilô-ghèn.  R  est  surnommé  Jvaushü.  11  étudia  avec  son  père  et  un  des  élèves  de 
celui-ci,  et  travailla  particulièrement  le  style  de  Kano.  Il  réunit  au  plus  haut  degré  à  la  fois  le  i^f  ni»* 
du  Japon  et  celui  de  la  Chine  et,  par  un  long*  travail,  arriva  à  la  maîtrise  du  pinceau.  Il  releva  le 
prestige  de  l’école  Toça,  qui  périclitait  depuis  Mitsonobou.  11  mourut  la  (>r  année  (diènrokou  i<h)>  , 
à  l’âge  de  soixante-quinze  ans.  Ses  personnages  à  l’antique,  et  même  ses  Ileurs,  oiseaux,  plantes, 
animaux,  insectes,  poissons  sont  tous  des  œuvres  superbes. 

Vue  de  Matsoushima  i  paire  de  paravents  .  - —  Marquis  tokougawa  ^  i»>liinori. 

Oiseaux  i  paire  de  paravents  à  fond  d  or  .  —  Marquis  Knuroda  Xaganoii. 

Scènes  nu  Ghèx.ii  (monogalari  . 


Toça  Mitsou-nori,  lils  de  Mitsou-oki,  entra  en  religion  sous  le  nom  de  J\aii-zan,  et  garda  h  - 
traditions  artistiques  de  la  famille.  11  passe  pour  un  grand  talent.  Ses  meil lettres  n  iivivs  m,hI 
confondues  avec  celles  de  son  père. 

Toça  Mitsou-voshi,  fils  de  Mitsou-souké,  était  renommé  en  llnreki  1 7  ">  i  - 1  y  U»  j  .  Il  1 .  «ut  <1.* 
nombreuses  commandes  du  gouvernement. 

Mitsou-sada,  fils  aîné  de  Mitsou-voshi,  fut  Toça-no  Kami,  el  Ldokoro.  Il  éleva  uie  mui.-<m  .< 
part  dans  le  monde  de  la  peinture. 

Soumi-voshi  lliromitchi,  second  fils  de  Toça  Mitsou-voshi,  est  élève  «  h  •  M  il  sou-ie  >1  i  <  >  n 
l’appelle  ordinairement  Naïki.  11  entra  dans  les  ordres  la  première  année  lw\  aille  ni  n  ilitii  s<  ,11-»  h 
nom  de  Jyôkéi,  et  devint  Ilôghèn.  L'année  suivante,  il  changea  son  nom  en  celui  de  Sotiini\ nMii 
Son  pinceau  fut  employé  par  les  Tokougawa.  Il  est  aussi  question  d’un  ancien  Souni-\oshi  1 1  «  *  -  •  1 1 
(ce  doit  être  Souni-yoshi  Kei-ninn),  connu  pour  son  talent  de  peintre. 

Jyôkéi  peignit  de  nombreuses  légendes  de  temples- et  de  familles  et  «les  monogalari.  Sun 
style  ressemble  assez  à  celui  de  son  aîné  Mitsou-nori. 


Légende  de  Tauno-miné  (a  makimonos)  en  collaboration  avec  Koukéi. 
Vie  de  Siiyau-Tok.ou-Ta1-.Siii  )  makimonos;. 

Hashi  II  i  m  é  monogataii  I . 


Tan /.au  Jiuj\a. 


Soumi-yoshi  Ilirozoumi,  fils  aîné  de  Jyôkéi,  entré  en  religion  la  f  année  (diènrokou  iihp» 
sous  le  nom  de  Goukei,  fut  Jlogèn.  Son  style  ressemble  à  celui  de  son  père;  mais  il  le  dépasse  en 
force  et  en  sentiment  de  la  vie.  Il  est  renommé  pour  sa  peinture  japonaise. 

Légendes  des  Hatciiimangqu  de  Hakozaki. 

Vues  de  ea  capitale  et  de  ses  environs.  —  Musée  impérial. 

Soumi-yoshi  llirotsoura,  fils  de  Ilironao,  appelé  communément  Naiki,  prit  modèle  sur  les 
grandes  œuvres  de  Toça.  11  parcourut  toutes  les  provinces,  peignant  partout  et  partout  laissant  des 
œuvres.  Les  Soumi-yoshi,  pendant  plusieurs  générations,  furent  employés,  de  même  que  les  Kano, 
par  les  Tokougawa,  comme  maîtres-peintres.  Mais  leur  réputation  pendant  longtemps  demeura 
inférieure  à  celle  des  Kano.  Ce  n’est  qu’avec  llirotsoura  qu’elle  arrive  à  l’égaler. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  LII. 


1  -  MARIAGE  DE  RENARDS  (peinture  en  rouleau  de  Oukita  Ikkei). 

XIX6  siècle. 


2  -  FÊTE  SHINTOÏSTE  (par  Tameyassou-Reizéi). 

XIXe  siècle  (Reizéi). 


Ita-ya  Iliromaça,  j > 1 1 1  s  lard  religieux  sous  le  nom  de  Keishyou,  étudia  la  peinture  comme  élève 
de  Soumi-yoshi  lliromori.  Il  passe  pour  supérieur  à  son  maître.  Les  Shyaugoun  l’employèrent  comme 
maître-peintre  au  même  titre  que  les  Soumi-yoshi. 

Nomoura  Sô-tatsou,  surnommé  I-nim  et  Ryou-séi-kèn,  né  en  Noto,  résida  d’abord  à  Kanazawa, 
en  Kaga,  puis  vint  à  Kyauto  et  étudia  sons  Kano  Litokou.  Il  travailla  aussi  avec  Soumi-yoshi  Jyokéi. 
Il  s’assimila  ce  qu'il  y  avait  de  meilleur  dans  les  deux  écoles  et  se  fit  un  style  original.  D’autre 
part,  profondément  épris  de  la  manière  de  Hon-nami  Kwau-etsou,  il  l  imita  dans  ses  animaux,  oiseaux, 
Heurs  el  plantes.  D'une  imagination  brillante,  il  s’adonna  surtout  à  la  peinture  décorative.  11  vivait 
vers  Kwan-yéi  ( iGa/j- 1 G44) * 

Pi.antks  i  r  i  i  l. rus  i  pairt*  «le  paravents). 

Ogata  kwaurinn,  surnommé  Jvaumei,  Kausei  et  Haushyoukou,  né  à  Ivyauto,  lils  aîné  de 
Ogata  Sokèn,  étudia  d’abord  avec  Vaçou-nobou  et  Goukéi,  puis,  s’inspirant  de  Kwau-tsou  et  de 
So-latsou,  il  créa  un  genre  original.  Il  excelle  à  la  fois  dans  les  personnages,  le  paysage,  les  fleurs, 
plantes,  oiseaux  el  animaux.  (Test  un  artiste  d’un  génie  noble,  dont  le  pinceau  magique  transfigure 
ce  qu'il  peint.  Son  idéal  est  très  haut,  son  métier  parfait.  Grand  admirateur  des  œuvres  de  Kwau- 
etsou,  il  a  fait  des  laques  d’or  et  créé  quantité  de  motifs  nouveaux.  Il  ouvrit  à  Kyauto  un  magasin 
où  il  exerça  le  métier  de  laqueur.  On  l’appelle  vulgairement  Karigané-ya.  Ses  dessins  ont  servi  pour 
les  poteries,  les  lissus,  l'orfèvrerie.  Ils  sont  connus  encore  sous  le  nom  de  motifs  de  Kwaurinn  et 
estimés  dans  le  monde  entier.  Il  mourut  la  in‘  année  Kyau-hau  (1716)  à  l’âge  de  soixante-deux  ans.  Son 
humeur  était  lière  et  indépendante,  assez  dédaigneuse  de  l’étiquette.  Sa  conduite  plus  d’une  fois 
étonna  ses  contemporains,  qui  sentaient  en  lui  un  homme  extraordinaire. 

I'i.i  i  iis  1  1  pi  vnti  s  (paravent).  —  (lomle  Okoiima  Shighé-nobou. 

I.i  Dim  di  vi  n  t  1  1  11  dim  in  TONM.Hiu  (paravent ...  —  Comte  Tokougawa  Mitci  Taka. 

Kvi \taii  s  si  mi  s  paravent).  —  Comte  Datif'  Mounénori. 

Crav.  en  eoiileurs,  Y.  La  poétkssi:  Oxo-xo  Komati  i, avant  un  maxusckit.  —  Manao  Tanimori,  de  Tokio. 

La  célèbre  poétesse  Komati  fut  accusée  d’avoir  fait  passer  pour  sienne  une  poésie  ancienne. 
L'accusation  lui  présenta  un  manuscrit  ancien  auquel  elle  ajouta  préalablement  le  poème  de  Komati. 
Celle-ci,  pour  prouver  son  innocence,  lava  le  manuscrit;  l’encre  fraîche  fondit  dans  l’eau  tandis 
que  l  écriture  ancienne  ne  s’altéra  pas. 

Ogata  Kèn-zan,  lils  de  Sokèn,  frère  cadet  de  Kwaurinn,  de  son  nom  :  Shinn-sei,  surnommé 

Shisoui,  Iteikai  et  Tau-in,  étudia  la  peinture  avec  son  frère  Kwaurinn  et  lit  des  peintures  d’un  genre 

particulièrement  élégant  et  simple.  Il  fut  aussi  habile  laqueur.  Mais  son  triomphe  est  la  poterie. 
Il  est  très  estimé  pour  l'originalité  de  ses  formes  et  de  ses  motifs.  Kèn-zan  aimait  la  poésie  chinoise 
et  japonaise.  Quelquefois  il  commente  en  vers  ses  propres  œuvres.  C’était  aussi  un  Tchyajinn.  Vers 
la  fin  de  sa  vit*,  il  vint  à  Tokvau  et  demeura  au  faubourg  de  Iriya. 

Watanabé  Shiko,  né  à  Kyauto,  étudia  d'abord  le  style  de  Kano,  puis  suivit  Kwaurinn  et  fonda 
lui-même  une  école.  Son  coloris  est  beau  et  riche.  Ses  paysages  à  l’encre  sont  particulièrement  pleins 
de  saveur.  Okvo  les  qualifiait  de  chefs-d’œuvre,  et,  dans  plusieurs  de  ses  peintures,  il  imite  Shiko. 

Tatebavashi  Kaséki  servait  le  daïmyau  de  Kaga  en  qualité  de  médecin.  11  vint  a  Edo  et 
s’appela  Sliiraï.  Il  suivit  Kwaurinn  et  s’imprégna  profondément  de  la  tradition  de  ce  maître. 

Sakaï  llau-itsou,  dont  le  nom  était  Bounsèn,  a  reçu  aussi  les  surnoms  I-shinn,  Toryou, 
Oson,  Teihakoushi.  Fils  du  daïmyau  de  Sakaï,  Tadayaçou,  frère  cadet  de  Tchouyi,  il  était  très 
maladif.  Trop  indépendant  pour  se  plier  facilement  à  l’étiquette  des  Bou-mou,  il  quitta  sa  maison  et 
entra  au  Hougauji  de  Kyauto;  il  se  rasa  la  tête  et  se  fit  bonze.  Il  est  connu  dans  le  monde  sous  le  nom 
de  Ilau-itsou-shyau-ninn.  Plus  tard,  il  se  retira  à  Edo.  Puis  il  vécut  en  pleine  solitude,  dans  un 
ermitage  on  il  se  livrait  à  la  peinture.  11  avait  étudié  les  écoles  de  Kano,  Toça  et  Marou-yama,  qu’il 


202 


avait  bien  pénétrées,  quand,  par  hasard,  il  vit  une  peinture  de  Kwaurinn,  dont  il  lut  ravi,  lioehercluint 
partout  les  œuvres  de  ce  maître,  il  les  copia  pendant  plusieurs  années  et  enlin  dégagea  sa  personnalité. 
Il  grava  beaucoup  de  dessins  de  Kwaurinn,  le  Ogata  Ryou  Impe  Recueil  des  sceaux  de  l'école 
Ogata)  et  se  fit  l’ardent  propagateur  île  cette  école.  Ses  peintures  offrent  dans  leur  beauté  un 
caractère  particulier  de  noblesse.  Cela  tient  à  la  pureté  dame  de  l'homme.  Il  était  aussi 
calligraphe  et  poète  de  talent.  Il  mourut  la  1 1-  année  Bounsei  (i8-<8  .  S.-s  disciples  sont  nombreux. 

Fleurs  et  oiseaux  aux  \  saisons  (paravent).  —  Tokvau.  -  M.  Kiu  Sim.  lu. 

Fleurs  et  plantes  (inakimonoL  —  Must-e  iniporial. 

Soiizouki-ki-itsou  suivit  Hau-itsou,  dont  il  fut  l'élève.  Sus  meilleures  œuvres  sont  exiles  « 
celles  de  son  maître. 

Ikeda  koson,  d  Etchigo,  venu  jeune  à  Edo,  étudia  la  peinture  d  après  llau-itsnu.  \ei>  la  lin 
de  sa  vie,  il  s’inspira  des  Ming  et  modifia  sensiblement  sa  manière. 

Tanaka  Totsoudièn,  de  Owari,  vint  à  kvauto.  Son  talent  de  peintre  lui  valut  b*  litre  «b* 
Ilau-kyau.  D’abord  épris  du  style  de  Foudjhvara  nobou-zané,  il  l'étudia  et  se  I  assimila.  Son  *»  uvro 
a  la  vie  et  le  mouvement  de  l’ancien  Toça  de  ko  Toça.  Dans  ses  dessins  de  costumes  et  d  inlurieurs. 
il  montre  une  érudition  archéologique  qui  n'est  égalée  par  aucun  de  se-  contemporains,  rotsoughèn, 
d’un  caractère  sincère  et  droit,  ne  fît  jamais  un  mensonge.  Il  disait  souvent  :  Si  je  perdais  la  vin-, 
je  mourrais.  »  Or,  dans  la  vieillesse,  il  devint  aveugle.  Totsoughèn  lil  honneur  à  sa  parole.  Ih  -irant 
la  mort,  il  se  priva  de  nourriture  pendant  plusieurs  jours.  La  mort  ne  venait  pas.  Il  se  coupa  alors  la 
lansme  avec  les  dents,  dit-on,  et  mourut.  C  était  le  3P  mois  de  la  6'  année  Donnseï  iivnl-m.ii  i  *•».  !  . 

o  1 

Oukita  Ikkéi,  de  son  nom  K  aï  ;  car  Ikkéi  est  un  surnom.  Né  à  kvauto,  venu  a  Edo.  épris  d* 
peinture,  il  eut  d’abord  pour  maître  Tanaka  Totsoughèn,  près  duquel  il  apprit  beaucoup,  puis  il 
étudia  plusieurs  années  les  œuvres  des  anciens  Toça,  et,  dégageant  sa  personnalité-,  finit  par  * I •  •  \  ♦  un 
un  artiste  de  talent.  Il  aimait  la  poésie  japonaise  et  se  montra  bon  calligraphe.  (l’est  a  e.-lL-  épi. qui- 
que  les  vaisseaux  américains  vinrent  demander  à  entrer  en  relations  avec  le  Japon.  Le  Dakouloii 
voulait  la  paix.  Or,  Ikkéi  était  pris  d  inquiétude  pour  son  pays.  Si  on  lui  demandait  une  peinture, 
il  représentait  la  dispersion  des  Mongols  envahisseurs  par  le  souffle  des  dieux,  (.  était  mu*  façon 
allusive  d’éveiller  dans  les  esprits  l’idée  d’expulser  les  Barbares. 


PI.  LII  [i].  —  Konkwai  Sosiii  rouleau  de  peinture  fantastique 
Mariage  de  renards  (peinture  en  rouleau  de  Oukita  Ikkéi  . 


Xaovuki  Koumagai,  de  Kioto. 


Cette  peinture,  œuvre  de  Ikkéi  Oukita,  est  en  rouleau  makimono.  D’après  la  vieille  tradition, 
on  dit  que  les  renards  ont  le  pouvoir  de  posséder  les  hommes  et  de  faire  la  procession  de  mariage 
en  temps  de  pluie.  Ce  rouleau  représente  le  mariage  des  renards  déguises  en  seigneurs.  L  auteur  a 
ainsi  critiqué  les  mœurs. 

Kauryouko  commença  par  étudier  la  peinture  de  lettré,  puis  il  rechercha  le  vieux  style 
japonais  dans  Oukita  Ikket  et  d  autres.  Enfin  il  s  inspira  du  l  oba  Sôzyau  et  créai  un  genre 
nouveau  assez  original. 

Okada  Taméyassou,  de  son  nom  Reizei  Sabourau,  né  à  Kvauto,  fut  d'abord  fils  adoptif  de  Ixano 
Eigakou,  puis  fonda  une  ecole.  Il  aimait  les  anciennes  œuvres  des  loça,  prit  pour  modèles  Mitsou- 
naga  et  Nobouzané  avant  d  acquérir  son  talent.  Sa  peinture  est  élégante,  son  coloris  délicat.  A  la  fin 
de  sa  \io,  il  copia  la  vie  illustrée  de  Ilau-nen-shyau-ninn  du  Tchion-in,  et  dit  alors  qu’il  avait 
beaucoup  progresse.  Il  mourut  la  i10  année  Kokwa  (18/j/p,  h  l’âge  de  soixante-sept  ans. 

PI.  LII  [2].  —  Fête  shintoïste.  Reohi  Mourayama  d’Osaka. 

Peinture  de  loménari  héizei  représentant  une  fête  shintoïste.  Elle  mesure  environ  5m,6o  de 
hauteur.  Nous  reproduisons  ici  la  partie  inférieure  du  tableau.  L’auteur  a  peint  d’après  les  anciens 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PL  LUI 


maîtres  M itsonmaga,  etc.,  cl,  par  suite  cette  peinture  montre  tout  le  caractère  de  l’ancienne  école  de 
I  oiijiwara. 

lakasliima  Iclii  llarou  demeurait  d’abord  à  Olisaka,  puis  vint  à  Edo,  s’inspira  du  style  des 
I  oca  et  b*  posséda  bien. 

I  larazmt cbvou ,  ne  a  kyauto,  s’inspira  des  œuvres  des  Ming;  le  coloris  de  ses  paysages,  fleurs 
et  oiseaux,  est  délicat.  Il  copia  aussi  les  peintres  japonais  anciens  et  modernes  et  réussit  dans  la 
peinture  archéologique  et  les  reconstitutions  de  scènes  de  cour. 


École  Kano,  Oumkokou,  Soga,  Hacégawa. 

Ixano  Sansetsou,  dont  le  véritable  nom  de  famille  était  Tchiga,  fut  adopté  par  Sanrakou,  et, 
prenant  le  nom  de  kano,  lut  surnommé  Jassokoukén.  Il  apprit  la  peinture  avec  Sanrakou  et  plus 
tard  modifia  sa  maniéré.  Ses  paysages,  fleurs,  plantes,  oiseaux,  animaux,  par  leur  beauté  et  leur  sim¬ 
plicité  antiques,  vont  de  pair  avec  les  œuvres  des  grands  maîtres,  et  il  passe  pour  le  génie  de  ce  temps. 
Sa  maison  est  appelée  Ixyau  kano.  Il  mourut  la  j‘  année  Kei-an,  à  l’àge  de  soixante-trois  ans  (i 65 1) . 

PI.  Mil.  — -  Paysage,  par  kauô  Sansetsou. 

Partie  de  la  peinture  de  paysage1  en  rouleau.  La  composition  grandiose  et  1  aménagement 
savant  sont  dus  au  sérieux  et  mur  talent  de  l’auteur.  Le  sujet  et  l’exécution  sont  pleins  de 
pittoresque  et  d  originalité. 

Mi\ an-moto  Mouçahi,  surnommé  Xitèn,  né  en  llarima,  était  fils  de  kèn-kakou  Mounisaï. 
Son  nom  ordinaire  était  Mouçaslii.  II  devint  fils  adoptif  de  Minamoto  Bouémon.  Expert  en  escrime, 

r 

il  inventa  l'art  des  deux  sabres.  Epris  de  peinture,  il  étudia  Kaî-I lokou  youshyau  et  s’inspira  aussi 
de  Mokké.  Beinlre,  il  fut  fidèle  à  l’escrime,  dont  il  représenta  des  assauts.  Son  pinceau  est  ferme 
et  vigoureux,  son  encre  calme  et  savoureuse.  Xitèn  mourut  la  2e  année  Shyauhau  ( 1 6^5  ,  à  l’âge 
de  soixante-quatre  ans. 

Shojvau  le  bonze  ,  surnommé  Sho-sho  O,  né  à  Xara,  était  un  caractère  peu  ordinaire.  Il  étudia 
l'ésotérisme.  Jeune  encore,  il  aimait  la  calligraphie.  S'éprenant  de  kau-ya-taishi,  il  parvint  à  le 
comprendre  entièrement.  <  )n  le  compte  parmi  les  trois  pinceaux  de  cette  époque.  Il  aimait  aussi 
la  peinture.  Il  étudia  d  abord  Sanrakou,  puis  Mokké;  enfin  il  se  lit  une  manière  personnelle. 

( lénéralement  il  évite  l'éclat,  et  recherche  uniquement  la  sérénité.  A  la  fin  de  sa  vie,  il  se  construisit 
nu  ermitage  à  Olokoyama,  et,  du  nom  qu’il  y  inscrivit,  s’appela  Shyau  kwado.  11  y  termina  ses  jours 
dans  la  méditation  et  s’éteignit  la  io‘‘  année  kwanéi  iG3q),  à  l  âge  de  cinquante-six  ans. 

|,i  s  -  suas  i>.v.\s  i  a  forêt  ni  bambous.  —  kalsoura.  —  Gaushvo. 

Lis  i()  Ha k an  il)  kakémonos  .  kyauto.  - —  Dal-tokouji. 

kano-koï,  qui  s’appelait  Sada-nobou,  était  de  Ashikaga,  en  Shimotsouké.  Il  apprit  la  peinture 
avec  kano  Mitsou-nobou  et  arriva  à  le  surpasser.  Plus  tard,  il  s’inspira  de  Sesshyou  et  de  Mokké. 
Ses  paysages,  ses  personnages,  par  la  vigueur  du  pinceau,  paraissent  d’une  grande  originalité. 
La  mort  de  Ixano-taka-nobou  étant  survenue  à  cette  époque,  ses  fils  \açou-nobou,  Mori-nobou, 
Nawo-nobou  étudièrent  ensemble  sous  Koï.  Celui-ci  mourut  la  i3e  année  Kwauboun  1673). 

GOUSII YOU N  INSTALLANT  LE  TAMBOUR  DK  REMONTRANCE.  -  KyautO.  -  Nislli.  -  Hougailji. 

Vin  T  ANC  dénouant  le  eilet  a  trois  eaces.  —  kyauto.  —  Xishi.  —  Hougauji. 

Paysage  a  l'encre  1  paire  de  paraA'enls).  — -  Nicomle  Akimoto  Oleitomo. 

kano  Yaçou-nobou,  3°  fils  de  Taka-nobou,  surnommé  Eisliin,  Bokou-shiau  Saï.  Bien  qu’au 
fond  son  talent  n’égale  pas  celui  de  Tanyo  et  ïsouné-nobou,  ses  deux  frères  aînés,  il  a 
dignement  continué  les  traditions  de  sa  famille.  La  3°  année  kvvanboun  (i663),  il  fut  chargé  par 


l’empereur  de  peindre  des  sages  dans  le  Shishindèn.  Il  réussit  dans  les  paysages.  Il . .  et 

plantes,  oiseaux  et  animaux.  Il  jouit,  en  son  vivant,  d'une  grande  renommée.  On  l'appelait 
Nakabashi  Kano.  Il  mourut  la  2e  année  Jyûkyau  i (>85  . 

lvWAMNON  A  LA  CASCADE.  PlYOINKS  ET  LIONS  »  kilktMnoilOS  .  Tchi-seki-iu. 

Kano  Mori-nobou,  fils  aîné  de  Taka-nobou,  surnommé  Tan-you-sai,  fut  |‘ioiuu  .»  la 
longue  Ilô-in  du  ministère  du  Palais.  Il  reçut  d’abord  de  koï  les  procèdes  d<*  la  lamillf,  avir 
ses  frères  Nao-nobou  et  Yacou-nobou.  Lorsqu’il  fut  arrivé  à  la  maturité  du  talent,  il  .-tu. lia  Ks 
maîtres  des  Soung  et  des  Youen,  et  aussi  Sesshyou,  et  enfin  il  montra  un  talent  persnnmd  extraor¬ 
dinaire  dans  le  style  japonais  et  le  style  chinois.  Dépassant  le  genre  d<>  sa  famille,  d  erra  un 
style  particulier  puissant  et  magnifique.  Ceux  qui  plus  tard  ont  étudié  1rs  kano  ont  Ions  pris 

pour  modèle  Mori-nobou  sans  pouvoir  atteindre  à  sa  hauteur. 

Mori-nobou,  étant  allé  voir  Tokougawa  Yéyaçou,  en  Sourouga,  lui  plut  beaucoup.  'i  evaemi 
lui  accorda,  pendant  les  années  Ghèn-na  (iGi5-if>2|  ,  un  yashiki,  dont  le  terrain  se  trouvait  a  la 
levée  de  Kadji-bashi,  à  Edo.  De  là  le  nom  de  kadji  Basbi  kano  qu’on  lui  donna  de  son  temps. 
On  dit  que  Tan-you  consacra  toutes  les  dernières  forces  de  sa  vie  à  la  légende  du  .l\ ou  Ib'-ai- 
zan,  de  Nikkwauzan.  Sa  réputation  a  retenti  par  tout  le  Japon.  Tous  les  grands,  tous  h-s  ai¬ 
de  bonne  famille  venaient  lui  demander  des  œuvres,  aussi  en  reste-t-il  beaucoup.  Il  mourut  a 
l’âge  de  soixante-treize  ans,  la  2e  année  Empau  i  <>7  j  . 

PI.  LIY.  L  empereur  Guiô.  —  (Marquis  Xakahiro  Iki'da  . 

Peinture  de  Tannyou  à  l’âge  de  soixante  ans,  moment  où  son  talent  atteignait  son  i-ompb-t 
développement. 

Il  compte  parmi  les  grands  artistes  du  Japon  et  avait  de  si  nombreuses  qualité-s  «pie  non¬ 
ne  pouvons  les  citer  toutes;  mais  cette  peinture,  reproduisant  un  sujet  historique,  d'urn*  <■  mpo-ition 
aisée  et  savante,  d’un  sentiment  élevé  et  d’une  exécution  soignée,  peut  donner  une  i»b  .  de  I  1  liant»' 
valeur  de  l’artiste. 


Légende  de  Xikkwau  i  makémonosL  —  Xikkwau.  -  Tn-sh.»-f«ni 

'  *  O 

t  leurs  et  oiseaux  i  paire  de  paravents  .  —  Marquis  kokiui^awa  Yoshi-nori . 

Lipeh  allant  voir  une  cascade;  Pavillon  et  paysage  8  cloisons  mobiles  .  Palais  ,1.  kai-nura. 

Tigre  (cloison  mobile).  —  Kyauto.  —  Nauzên-ji. 

Igiiong  Liang,  conduisant  les  »  chèvres  blanches,  FAIT  VISITE'  V  I.  EMPEREUR  klNG.  Il'»n^an-ji  | » i ' 1 1 1 1 i 1 1 ' *  mm  ■!• 
\  ïsite  de  l’empereur  YVou  Ti  a  Swang  mou  (dais  peint).  —  lton^an-ji. 

Les  a»  poètes  (3G  feuilles).  —  Tôkaldau.  —  Myôshinji. 

Balte  s’éveillant.  —  M.  Kawassaki  Shyau-zau. 

Paysages  des  \  saisons  (i  paire  de  paravents).  —  Kyauto.  Mvokakouji. 


I  «  t  IO- 


xatsouda  Tchikouwo,  né  en  Aki,  employé  par  le  Shyaugoun  pendant  les  années  Matulji 
1GG1  ,  apprit  la  peinture  avec  Kyou  Ilakou,  réussit  dans  les  Heurs,  les  oiseaux  et  les  personnages  en 
cou  eurs.  1  lus  tard,  il  changea  sa  maniéré,  préféra  le  Saumié  et  s  inspira  beaucoup  des  deux  Sctsou. 

kano  J\ao-nobou,  second  fils  de  laka-nobou,  frère  cadet  de  Tan-you,  est  surnommé  Ji- 
t  ki  sai*  r^Pres  longues  années  de  travail,  il  posséda  à  fond  les  procédés  de  sa  famille  et 
acquit  une  manière  personnelle.  11  a  laisse  une  quantité  d’œuvres,  d’un  dessin  enlevé,  et  ses 
peintures  soignées  ne  sont  pas  rares.  S  étant  assimilé  les  procédés  de  Mokké ,  il  chercha  la 
distinction  et  1  élégance  en  dehors  de  la  forme  réaliste.  Jouissant  (Tune  grande  faveur  auprès  du 
troisième  Shyaugoun  (Iyemitsou  ,  il  éleva  une  nouvelle  maison  à  Kobikitchô.  Aussi  l’appelle-t-on 
dtclio  Kano.  Ses  descendants  continuèrent  sa  profession  et  beaucoup  furent  d’excellents 
artistes.  Il  mourut  la  3«  année  Kei-an  (i65o),  à  l’âge  de  quarante-quatre  ans. 


Les  sept  sages  dans  la  foret 


de  bambous.  —  Palais  de  Katsoura. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  L-IV, 


« 


GUI  O  (par  Kanô  Tannyou). 
XVIIe  siècle. 


20) 


K  ai  llokou  \ousetsou, 
anciennes  et  finit  par  changer 


fils  cl (3  Vous li vau, 

<  1  < »  manière,  après 


élève  de  son  père,  s’inspira  plus  tard 
s’être  assimilé  le  style  des  vieux  Kano. 


d’œuvres 


liions  i  paire  «le  paravents  .  —  Wakayana.  —  hvasaki-mohé. 
I  *i  a  \ri:s  d  actomxk,  —  kyauto.  —  H  origan  ji,  Bibliothèque. 

(aussi..  Kyauto.  Ilonganji,  Bibliolhèque. 


Ouinkokou  1  oyo,  fils  di*  Tô  Fki  et  petit-fils  de  To-gan,  fut,  comme  son  frère  cadet  To-ji, 
I lô-kvaii  iif  célèbre  comme  calligraplie. 

Ilacegnwn  I  o-tchyo  doit  être  un  parent  de  To-hakou  ;  il  fit  bien  les  personnages,  fleurs  et 
plantes  à  l’encre.  Son  pinceau  pur  a  tout  à  fait  l'ancien  style. 

Kaim  Lino,  fils  aîné  de  San  Setsou,  appelé  généralement  Noui-no  Souké,  et  surnommé  Sau- 
sei,  étudia  d'abord  avec  son  père,  puis  suivit  Yaçou-nobou  qu’il  pénétra  profondément.  11  aimait 
les  lettres  et  était  très  habile  expert  en  vieilles  peintures.  C’est  lui  qui  publia  le  Hon-tchô- 
tnvashi. 

P* 

Kano  Fsouné-nobou,  fils  de  .)i  Teki-saï  Naonobou,  jeune  encore  perdit  son  père  et  reçut 
alors  les  conseils  de  Tan-vou-saï,  qu’il  parvint  quelquefois  à  égaler.  Son  pinceau  est  à  la  fois 
élétranl  <*t  magistral. 


(i\i  «.mis  ii  ci  nt  s  i  n  « .  i  s  »  kaki’uiionos  .  —  Vicomte  Tsoutchiya  Shighénao. 


Kouzoumi  morikaghé,  né  à  Kyauto,  surnommé  Itsou-tchinn  et  Mou-ghyau-saï,  eut  pour 
maître*  Kano  Tan-vou.  Il  aimait  aussi  le  stvle  de  Sesshyou  et  les  vieux  Toça,  et  encore  Ba-ven 
Kakoi.  Il  s'assimila  ivs  maîtres  et  se  forma  un  talent.  A  la  fin  de  sa  vie,  il  s’attacha  à  Foudjimoura 
Yokèn  et  étudia  le  Tchvau-dau,  dont  il  aimait  la  mode  gracieuse.  Ce  qu'il  a  fait  de  mieux 
peut  être  mis  «le  pair  avec  le  grand  maître  de  1 1  igashiyama.  De  tous  les  artistes  sortis  de  l’école 
d«*  Kano,  lui  et  llanabouça  Itclio  sont  les  deux  grands  maîtres  créateurs  d’un  nouveau  style 
complètement  indépendant  de  ce  qui  a  existé  précédemment.  Il  mourut  pendant  les  années 
Clièn  rokou  entre  i  (»8<S  et  1 70  j  . 

(]m  nsi.  m  «  111  yai  \  ni:  I\\mo  parawnl).  —  Vicomte  Akiinoto  Okitomo. 

Paysaok  ain  1  saisons.  Vicomte  Foukou  Oka  Kautei. 


llanabouça  Itclio,  dont  le  véritable  nom  de  famille  était  Taga  Shin-kau  et  les  surnoms  : 
Soui-w  o,  'H  )0-kan-jinn;  Tchô-kô,  I  lokou-sô-wô,  était  d’Ohsaka.  Fils  de  Taga-hakou-an,  à  l’àge 
«le  quinze  ans  il  suivit  son  père  à  Edo,  demeura  dans  Gofoukou-matchi,  étudia  la  peinture  avec 
le  maître  du  Bakoufou,  Kano  Yaçou-nobou. 

Itclio,  dont  le  pinceau  était  indépendant,  ne  se  modelait  pas  sur  son  maître;  si  bien  que 
Yaçou-nobou  finit  par  se  fâcher  et  le  renvoyer.  Dès  lors,  Itclio  changea  de  style  et  fonda  une 
maison  particulière.  Il  prit  le  surnom  de  Ghyau-oun  et  se  lia  avec  Kikakou,  Ran-setsou,  etc. 
11  excella  dans  les  personnages  et  surtout  dans  les  scènes  de  genre.  Il  aimait  les  sujets  étranges 
et  fantastiques.  La  1  F'  année  Ghèn-rokou  (1698),  il  fit.  un  dessin  qui  ridiculisait  les  Shyaugouns. 
Cela  lui  valut  l’exil  à  Miaké-jima,  où  il  resta  12  ans.  Là,  il  exécutait  des  peintures  qu’il  envoyait 
à  ses  amis  de  Edo,  et  dont  la  vente  lui  permettait  de  subvenir  aux  besoins  de  sa  mère.  Ces 
peintures  sont  signées  llokou  Sôwô.  Gracié  la  6°  année  Hôli  1 7 0 9 K  ^  revint  a  Edo  et  prit  alors 
le  nom  de  llanabouça  Itclio.  Sa  réputation  s’étendit  de  plus  en  plus.  Il  mourut  la  90  année 
au  Kyau  Ho  (172.4),  à  l’àge  de  soixante-treize  ans. 

Bps  12  mois  (makimono).  —  Marquis  Kourocla  Nagashighé. 


PI.  LV  [i].  —  Sots  une  AVERSE,  par  Hanahousa  lttrhô.  —  Paron  Kouki  Hyou-ilflii. 

Des  gens  s’abritent  sous  l’auvent  d’une  porte.  Comme  la  précédente,  . livre  porte  la 

signature  Foudii-nobou.  L’une  et  l’autre  doivent  dater  du  milieu  de  la  vie  de  Itclm. 

o  « 

PI.  LV  [a].  _  Bateau  de  dassage,  par  Hanabousa  Ittehù.  Baron  Kotiki  I  \  y  *  »  t  j  i  i  <  I  »  i . 

C’est  une  peinture  célèbre  qui  rassemble  dans  un  bateau  des  Samouraïs,  paysans, 
ouvriers,  marchands,  chacun  avec  son  costume  et  son  allure  caractéristiques. 

Kano  Tô-oun,  de  son  nom  Maçou-nobou,  3e  iils  de  Coto  Hit  sou  j va u  Mitsou-vnri.  Doue 
d’un  talent  fort  remarquable  dès  sa  jeunesse,  il  étudia  avec  Tan-vou  qui  l'adopta.  Cuis  il  s'établit 
à  part.  H  est,  connu  sous  le  nom  de  Souwa-gadaï  Kano. 

Tsourou  Saxva  Tanzan,  de  Edo,  étudia  sous  Kano  Tan-vou.  Son  pinceau  est  solide  et 
vigoureux.  Plus  tard,  il  fonda  une  famille.  En  Ghèn-rokou  1 1  C»88  et  1 7 < »  i  ,  il  lut  appel»*  a 
Kyauto  par  l’empereur  Higashi-yama  CXIII  ,  qui  lui  demanda  maintes  peintures.  Il  travailla 
aussi  aux  peintures  du  Tôgou  Goten. 

Kano  Tcbika-nobou,  lils  aîné  de  Tsouné-nobou,  fut  maître  peintre  du  I  ’»  a  k  «  »  u  I .  >  1 1  et  1 1  «  *  1 1 1 1 1 1  é* 
Naka-tsoukaça  Kyau  Môgèn.  Il  passe  pour  un  maître  célèbre. 

Kano  Miné-nobou,  2e  lils  de  Tsouné-nobou,  élève  de  son  frère,  dont  il  a  tout  a  fait  b- 
style,  prit  le  nom  de  Matsou-moto  en  fondant  une  famille. 

Kano  Yau-sen,  lils  aîné  de  Mitchi-nobou,  a  un  style  qui  ressemble  absolument  a  c»  lui 
de  son  père. 

Kano  Tô-shyoun,  111s  aîné  et  élève  de  Kano  Ghènsén,  de  son  nom  Yoshi-imbou,  remunta  au 
style  de  Sesshyou  et  peignit  à  la  manière  ancienne.  Depuis  Tô-oun,  il  u'\  a  que  lui  comme  Kano  d<- 
Fouçouga-dai. 

Kano  Sokou-yo,  second  lils  de  Kano  Sosen,  de  son  nom,  I Ovo-uobou.  pciutii  d . •  talent, 
conserva  les  traditions  de  la  famille.  Plus  tard,  il  servit  le  daimvau  de  Ka^a. 

Ilanabouça  Vppo,  lils  adoptif  de  Itchô,  de  son  nom  Xobou  Katsoii,  prit  b*  >l\b*  de  son  père. 
11  excelle  dans  les  pochades.  On  l’appelle  le  second  Itchô. 

1  atchibana  Morikoum,  qui  prit  plus  tard  le  surnom  (h*  Soken,  était  d  Ohsaka.  Il  étudia  >ous 

I  soui ouzaA\ a  lanzau.  11  excelle  a  la  lois  dans  les  personnages,  les  paysages,  les  Heurs  et  les  oiseaux 

II  vulgarisa  le  dessin  en  faisant  imprimer  de  nombreux  modèles. 

Le  bonze  loug'wai,  né  en  Hitachi,  demeurait  dans  une  grotte  de  la  montagne  d  Odawara,  en 
S  agami .  Ann  du  bonze  Slunn-etsou,  on  le  cite  pour  sa  vertu  et  sa  science.  Il  avait  un  talent  mue  de 
peintre.  11  a  fait  des  peintures  de  Darma  et  de  llotei.  Son  pinceau  peut  aller  de  pair  avec  celui  de 

Shyau  Gwa  Dau.  On  lui  payait  ses  peintures  avec  du  riz.  Il  vivait  entre  Ghèn-rokou  et  lloéi 
(1688-1700;. 

Momoda  Ryou-ei,  surnommé  You  Kau-sai,  apprit  la  peinture  avec  Tan-vou. 

X amamoto  Sotei,  apprit  aussi  la  peinture  avec  Tan-you,  puis  alla  demeurer  a  Kyauto,  ou  il 

acquit  une  réputation.  Il  fut  en  relations  d’intimité  avec  le  Tchvajinn  Foudjimouru  Yokèn.  Celui-ci 

exécuta  des  ustensiles  de  parfum  et  de  thé  dont  il  fit  peindre  la  plupart  par  Toça  Mitsou-nari  et 
Sotei. 

I\ n  11  o  Ei  sèn,  fils  aîné  de  1  chika-nobou,  de  son  nom  Eourou-nobou,  fut  llôgèn.  Elève  de  son 
père,  il  prit  beaucoup  le  caractère  de  son  grand-père  Tsouné-nobou. 

Sawaki  Soushiki,  de  Edo,  étudia  sur  le  tard  avec  Itchô  et  fonda  une  famille.  Cependant, 
beaucoup  de  personnes  classent  son  œuvre  dans  l’école  Oukiyoé. 

^oitclu  Sekkei,  de  Kyauto,  prit  les  procédés  Sesshyou  et  s’inspira  de  Mokké,  puis  se 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  LV. 


1  -  SOUS  UNE  AVERSE  (par  Hanabousa  Ittchô). 

XVIIe  siècle  (le  baron  Kouki  Ryou-itchi). 


2  -  BATEAU  DE  PASSAGE  (par  Hanabousa  Ittchô). 


XVIIe  siècle  (le  baron  Kouki  Ryou-itchi). 


JC  *  j 

r 

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20' 


fil  un  style  personnel.  Il  a  peint  des  paysages,  des  plantes,  des  Heurs,  des  oiseaux,  qui  par  leur 
coloris  simple,  la  fermeté  du  pinceau  et  l’expression  générale,  ont  le  caractère  de  la  lune  d’automne. 
Il  vivait  en  Kyau-hô  (1716-17  >6  alors  que  la  mode  ne  goûtait  pas  ce  genre;  de  sorte  que  peu  de  ses 
(ouvres  ont  été  conservées. 

kau  sou-kokou,  appelé  aussi  Takahisa  et  surnommé  To-ryou-wô,  Gakou-shi-saï,  épris  du 
style  de  Itclio,  se  lit  élève  de  Soushi  et  le  surpassa,  dit-on.  Ses  peintures  ou  encres  de  paysages, 
personnages,  Heurs  ou  oiseaux,  sont  traitées  toujours  très  librement.  Il  excella  dans  les  bergeries  et 
les  pochades. 

Isliida  Vmlei,  (h*  kyauto,  étudia  d  abord  sous  Tau-kei,  (ils  de  Tsourou  Sawa  Tauzau,  et  finit 
par  être  maître  de  ses  procédés.  Plus  tard,  il  dégagea  sa  personnalité.  Sa  manière  est  soignée  et  jolie. 
Okyo  fui  quelque  temps  son  élève. 

(io-shyoun-méi,  dont  le  nom  de  famille  est  Igarashi  et  le  surnom  Kokau.de  Nigata  Etchigo, 
commenta  à  étudier  avec  kano  Yoshi-nobou  ;  puis  prenant  pour  modèles  les  œuvres  des  Soung  et  des 
^ouen,  il  changea  de  genre.  Il  réussit  dans  les  personnages  et  les  paysages  en  couleurs  et  à  I  encre. 
Il  s  (‘tait  construit  un  pavillon  où  il  peignait.  On  dit  qu  il  y  travailla  jo  ans  sans  en  descendre.  11  était 
calligrapbe  renommé.  Sa  réputation  brillait  en  lloreki  et  Meiwa  entre  1750  et  1772). 

Takata-kei-ho,  de  llino,  en  Aumi,  étudia  d’abord  le  slvle  de  Kano,  puis  prit  Koken  pour  maître. 
Son  style  est  fruste.  Il  a  surtout  réussi  dans  les  personnages.  11  était  connu  à  la  même  époque  que 
(  io-shvoun-mei. 

Yoshi-moura  Shyouzan,  d Ohsaka,  fut  llogèn,  étudia  les  Kano  et  en  saisit  bien  l’esprit. 

Oh-oka-shvounbokou,  d’Obsaka  s’inspira  des  Kano  et  fut  llogèn.  Il  passa,  pendant  un  certain 
temps,  pour  un  des  meilleurs  artistes. 

Matsouno  Baizan,  né  à  Owari,  pénétra  profondément  le  style  des  kano,  fut  Hôgau  du  Shiki- 
bou-kvau.  L(‘s  peintures  du  l'on j i  onl  fait  sa  réputation. 

Soga  Shohakou,  de  son  nom  Iki,  el  surnommé  Djyasokou-ken,  Kishinn-saï,  né  en  Icé,  fixé  à 
Iwauto,  étudia  d’abord  sous  Taka-ta-kei-ho,  puis  s’inspirant  du  style  de  Djyasokou  et  de  Sesshyou, 
liait  par  créer  un  >l\le  nouveau.  La  vigueur  de  ses  personnages  et  de  ses  paysages  est  parfois 
extraordinaire.  Ses  personnages  ont  parfois  un  caractère  d’étrangeté  qui  va  jusqu’au  fantastique. 
Il  mourut  la  >''  année  Temrnei  (178'L. 

Uaysam  .  —  Tokyau.  —  M.  Kata-no  Shirau. 

1 1  \v  a  x  « .  s  - 1 1 1  Kol'nc:  ir  Tciiant.-liam;.  —  Tokyau.  —  Collection  Takaminé  Sidéi-wo. 

Oii-ism-Yosni-AVo  co.vsi  ili.i;  i.\  soumission  1  kakémonos  .  —  Kyauto.  —  Collection  Takémoura  To-béé. 

kano  I-sèn,  de  son  nom  Eishinn,  surnommé  Ghèn  syau-saï,  fils  aîné  de  Koré-nobou,  fut  Hô-in. 
Il  conserva  bien  la  tradition.  Ses  dessins  enlevés  à  l’encre  ont  l’esprit  de  Ji  Teki  Sa ï  et  lui  ont  valu 
de  la  renommée  en  son  vivant. 

Kano  Sei-sen,  nom  :  Oça-nobou,  surnom  :  Kwaï  Shinn  Saï,  fils  aîné  et  élève  de  Eishinn. 

kano  Sho-sen,  nom  :  Maça-nobou,  fils  aîné  et  élève  de  Oça-nobou. 


École  Ouki  Yoé. 


Ivvaça  Matabéé,  nommé  Katsou-motchi,  était  le  dernier  lits  de  Moura  Siglié  Araki  Settsou-no 


Kami. 


Moura  Sighé  servit  Nobou-naga,  montra  des  qualités  militaires  et  devint  Taishyou  de  Settsou. 
Il  demeurait  dans  le  château  de  Itau.  Plus  tard,  il  refusa  d’obéir  à  Nobou-naga.  Celui-ci  et  son  fils 
assiégèrent  le  château  pendant  plusieurs  années.  Moura  Sighé  finit  par  quitter  le  château  et  se 


réfugier  à  Amagaçaki,  où  i!  s’ouvrit  le  ventre,  dit-on.  A  cette  époque,  Matabéé  n  avait  que  .leux  ans 

à  peine.  Sa  nourrice  l’emporta  à  Kyauto  où  elle  se  cacha  au  Honganji.  Il  prit  la . «  'I-  . . Uelwaça. 

du  côté  maternel.  Aimant  la  peinture,  il  travailla  de  longues  années  et  devint  un  «rlisl-  de  talent. 
Il  allia  ce  qu’il  y  a  de  mieux  dans  le  coloris  de  Toça,  de  Kano  et  de  Soghéu,  reproduisit  les  scènes 
de  mœurs  du  temps,  et  fonda  une  école.  De  son  temps,  on  l’appela  Ouki-yoé  Matal.éé.  Sa  . . . 

était  universelle.  Personne  n  ignorait  le  nom  de  Matabcc. 

Le  3e  Shyauo’ouu  Ivé-mitsou  ayant  entendu  parler  de  son  talent,  1  appela  a  son  <  bateau,  nu  il 

mourut  la  3e  année  Kei-an  fao  juillet  iG5o  . 

En  Mousashi  W  ouma  (ion,  à  Semba-moura,  dans  le  kita-in,  d  y  a,  dans  I < •  ll.tid-  n  du 
Tô-shogou,  un  tableau  des  trente-six  poètes,  qui  est  sans  doute  un  Matabéé  authentique.  Au  verso 
du  dessin  on  lit  l’inscription  :  «  17e  année  Kwan-ei,  6e  mois,  r>A  jour  i  août  1G10,  imitant  h*  niaitn- 
peintre  Toea-mitsou-nobou,  hvaça  Matabéé-no-jyau  Katsou-motebi  pin.vit. 

hv  aea  Katsou-shig'hé,  de  son  nom  ordinaire  Cdièn-béé,  ld>  de  Matabee,  dit-on,  repmdmsil 
les  mœurs  du  temps  dans  leurs  détails.  Le  daïmyau  <1  Ltchizen  le  pensionna  pour  ««la  *  •n  dit 
qu  il  peignit,  en  Kvvam-boun  iGGi-iGji)  les  portes  de  la  salle  des  grues  du  eliateaii  d.*  I  "U-lnim 
Hishikawa  Moronobou,  surnommé  You-tchikou,  appelé  aussi  Kitchihéé,  né  «•  1 1  \wa.  dune 
famille  de  brodeurs,  vint  tout  jeune  à  Ldo  et  commença  par  laire  umqiiemeiit  du  df>siu  d ■  • 
broderie.  On  ne  sait  comment  il  a  étudié.  11  s  est  sans  doute  inspiré-  du  sl\l<*  de  Ma!aln-«  ,  «ui 
bien  a  cherché  l’idéal  des  Toça  et  des  Kano.  Il  a  fondé  une  famille.  Il  a  bien  représente  b  s  imeur- 
nationales  et  les  beautés  de  ce  temps.  Ses  formes  gracieuses  et  son  sentiment  voluptueux  plaident  au 
premier  coup  d’œil.  Il  eut  beaucoup  de  succès.  Il  a  peint  quantité  de  vues  de  printemps,  de  >•  ••m 
de  théâtre,  de  promenades  en  bateau,  etc.  11  mourut  en  Shyautokou  1711-171G  a  I  âge  de  s o i  \ . »  n  t  • 
dix  ans.  Ses  fils  Morofouça  et  Moronaga  étudièrent  avec  lui  et  continuèrent  son  style 


PI.  LVI.  —  Théâtre  I‘ah  Moronobou  (makimono).  —  MusÉe  impérial. 

Ce  makimono,  qu’il  a  mis  plusieurs  années  à  faire,  est  un  ehef-d  œuvre.  Il  \  a  plnO* m- 
scènes.  Nous  donnons  ici  une  des  scènes  de  théâtre. 


^louzèn  était  de  Kyauto,  demeurait  dans  (dii-on-matchi.  Habib*  dans  le  "vnre  <)uki-\oé,  il 
emprunte  les  élégances  anciennes  et  dessine  un  nouveau  genre  de  motifs  modernes  et  fut  lui-même 
chef  d’école.  Qu'il  peignit  des  éventails  ou  des  papiers  de  tenture  ou  des  vêtements  a  l'encre  ou  en 
couleurs,  on  pouvait  les  laver  sans  que  la  couleur  s’effaçât.  C’est  ce  qu  ou  appelait  alors  décor  a  la 
^  ouzen.  On  lui  en  demandait  de  toutes  parts,  tous  les  teinturiers  lui  commandaient  des  motifs,  si 
bien  qu’on  dit  :  la  teinture  Youzen.  Il  vivait  de  Tenwa  à  llovei  1681- i~i  1 

Kwaï  Ghetsoudau  vivait  en  Kyau-hau  et  Shyautokou  (1711  -1- JG;.  I!  habitait  Kilo.  Il  peignit 
de  belles  femmes,  d’un  coloris  simple  et  élégant.  Mais  ses  compositions,  montrant  une  ou  plusieurs 
femmes,  manquent  de  variété.  On  ne  connaît  pas  bien  sa  vie.  Il  signait  Do-lmu  ou  Au-tchi. 

Si  ees  deux  signatures  appartiennent  à  deux  personnalités  différentes,  il  semble  que  l)o-lmu 
l’emporte  comme  coloriste. 

Ton-i  Kiyo-nobou  demeurait  d’abord  à  Kyauto,  puis  se  transporta  à  Kdo.  C’est  le  fondateur 
de  l’école  de  Tori-i.  Il  peignit  d’abord  en  s’inspirant  du  style  des  Hishikawa,  puis  devint  chef  .l’école. 
Ses  personnages  sont  de  formes  rondes  et  pleines,  d’expression  tranquille.  Dès  lors,  les  annonces 
de  théâtre  furent  peintes  dans  le  style  de  Tori-i.  Il  fit  beaucoup  d’estampes,  en  noir  ou  en  couleurs, 
qu.  eurent  de  la  vogue.  11  était  à  son  apogée  vers  Kyauboun  (1716-1736).  Son  frère  cadet  Kiyo-ou- 

maçou  et  le  fils  de  celui-ci  Kiyo-mitsou  continuèrent  le  style  de  Tori-i  et  firent  beaucoup 
d’estampes. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  LVI. 


THÉÂTRE  (par  Moronobou). 

XVII0  siècle  (Musée  impérial). 


O  Kyou,  nee  a  Edo,  fille  de  Yarna-zaki  Boun-émon,  avait  un  goût  inné  pour  la  peinture  et 
dt‘\inl  une  artiste  célèbre  de  l’école  Ouki-yoé.  On  l’appelait  Oryoué.  Elle  vivait  vers  Kyau-hau 
1 7 1 6- 1 7  Kij.  Ses  peintures  sont  dans  le  style  de  llishikawa-moronobou.  Elle  a  fait  beaucoup 
d  œuvres  d  une  composition  remarquable. 

Miya-g  awa  I  chyau-shyoun,  de  M  iya-gawa-moura,  en  Owari,  vint  à  Edo,  pratiqua  le  style  de  Kano, 
lui  Irappe  du  style  d<*  llishikawa-moronobou  et  s’inspira  aussi  des  œuvres  des  Iwasa.  Il  reproduisit 
exclusivement  les  amusements  des  hommes  et  des  femmes  de  ce  temps.  Son  coloris  est  élégant  et 
distingue,  et  ses  œuvres  ont  une  harmonie  rare.  Ses  contemporains  l’ont  beaucoup  admiré  et  l’ont  déclaré 
maître.  Il  signait  à  amato-è  Miya-gawa  Tchyau-shyoun.  Sur  un  portrait  qu’il  a  fait  de  lui-même  et  daté 
kwau-hau,  2*’  mois,  i'1'  jour  )  février  ijiaj  il  se  donne  soixante  et  un  ans.  11  a  été  à  son  apogée  de 
Kyau-hau  jusque  vers  (îhèn-boun  1716-1736). 

Son  fils  Shyoun  Sou i  suivit  son  style  et  plus  tard  changea  son  nom  en  celui  de  Shyau-sen. 

Okou-moura  Mayanobou  habitait  à  Edo  dans  Tori-shiwo-matchi,  oii  il  (Hait  libraire,  ce  qui  ne 
1  empêchait  pas  de  bien  faire  le  Ouki-voé.  Il  prit  le  nom  de  Yamato  I ] sh i .  11  peignait  de  belles 
femmes,  des  guerriers,  des  démons,  etc.  Il  a  fait  plus  tard  des  planches  représentant  des  paysages 
en  perspective  dits  Ouki-voé1,  ou  des  chasses  autour  du  Eouji.  Elles  eurent  une  grande  vogue. 

0  est  là  le  commencement  des  Bénie  estampes  rouges).  Il  vivait  avant  et  après  Kyau-hau 
1716-1736). 

Xishi-gawa  Souké-nobou  demeurait  à  Kvauto.  Il  étudia  d’abord  la  peinture  sous  Kano  Einô, 
puis  se  livra  entièrement  au  genre  Ouki-voé.  Ou  l  appelait  Nishi-gawa-ryou.  Il  eut  beaucoup  de 
vogue  entre  Kyau-hau  et  kwan-veri  (1716-1701  .  Son  style  et  sa  construction  puisent  à  la  fois  chez 
les  Kano  et  chez  les  loya.  Son  coloris  est  délicieux.  Ee  sentiment  du  pinceau  est  élégant.  Son 
st\le  exprime  bien  la  tranquillité  et  la  joie  de  son  temps.  Il  a  fait  beaucoup  de  femmes  et  aussi 
beaucoup  de  dessins  et  d  estampes.  <  )u  peut  dire  que  e  est  le  grand  maître  de  1  école  Ouki-yoé. 

Ishi-kawa  lovo-noboii,  surnommé  Sbvou-ha,  fut  le  père  du  fameux  maître  de  la  poésie 
comique  lîokoujvouen  Shighé-naga.  Il  a  fait  beaucoup  de  Bénié  au  commencement  de  Horeki  (1751). 

lovo-nobou  m‘  s’amusait  jamais  dans  les  maisons  de  plaisir  ou  les  boutiques  à  saké, 

dépendant  il  en  a  bien  rendu  le  caractère.  11  a  représenté  les  mœurs  des  hommes  et  des  femmes 

de  son  temps. 

l'ori-i  Kivonaga,  né  à  Edo,  apprit  le  style  des  Tori-i.  G  était  le  plus  jeune  fils  de  Kiyo-mitsou. 
Il  a  peint  des  scènes  des  lieux  de  plaisir.  Il  a  fait  aussi  des  estampes  en  couleurs,  à  la  feuille  et  en 
albums.  Vers  Au-yei  1772),  sa  réputation  soudain  grandit.  Beaucoup  d’élèves  vinrent  à  lui,  et  on 
l'appela  le  chef  de  l  éeole. 

Souzouki  llarou-nobou  apprit  son  art  de  Nishimoura  Shighé-naga.  Ce  fut  un  bon  peintre, 
qui  innova  sur  deux  points.  A  cette  époque,  on  faisait  en  quantité  une  sorte  d  almanach,  pour 
lequel  on  cherchait  des  inventions  de  tout  genre.  A  partir  du  début  de  Meiwa  176/4),  on  commence 
à  faire  des  Adzouma  qui  ont  fini  par  être  appelés  aujourd’hui  Nishiki-yé.  C’est  à  lui  que  revient 
cette  invention.  Avant  qu’ait  paru  llarou-nobou,  vers  Shyautokou  et  Kyau-hau  (1711-1736),  les 
portraits  d'acteurs  n’étaient  généralement  coloriés  qu’en  rouge  (Beni-é).  llarou-nobou  fut  le  premier 
qui  les  lit  en  couleurs.  II  eut  même  l’idée  du  dégradé  et  du  gaufré.  llarou-nobou  méprisait  les 
acteurs  et  jugeait  humiliant  de  faire  leurs  portraits.  Il  a  laissé  beaucoup  de  portraits  de  belles 
femmes  de  son  temps  et  toutes  sortes  de  scènes  de  mœurs.  Il  s’était  donné  le  nom  de 

Yamato-éshi. 

Tsouki  Oka  Settei  habitait  Osaka.  11  étudia  la  peinture  japonaise  et  chinoise,  puis, 

changeant  de  manière,  peignit  exclusivement  des  femmes  a  la  mode  du  Japon.  Il  s  attacha  à 
dessiner  d’après  nature.  Son  coloris  surtout  est  remarquable.  Il  mourut  la  6°  année  Temméi  (1786), 
a  l’Age  de  soixante-dix-sept  ans. 


2  I  O 


Katsou-kawa  Shyoun-shyau  s’appela  d’abord  Katsou-miva-gawa.  Il  |<eig . s  quantités  de 

belles  femmes  d’un  pinceau  élégant.  Pendant  Meiwa  (17C.4-1772),  il  dessina  des  têtes  d’acteurs.  On  a 
publié  aussi  do  lui  des  albums  en  nombre  considérable.  Vers  cette  époque,  l’impression  en 
couleurs  fit  d’immenses  progrès.  Les  graveurs  et  les  imprimeurs  atteignent  une  suprême  habileté 
L’adzouma-è  devient  une  spécialité  célèbre  dans  le  Japon.  Il  a  eu  de  nombreux  élèves.  Sinon,, 
Kau,  Shyoun-yei  sont  les  plus  connus. 

Içoda  Koryou-saï  demeurait  à  Edo,  4akèn  Eori.  Aimant  1  Ouki-yoe,  il  s<*  lit  I  »‘1*  \ #* 
de  Nishimoura  Shighé-naga  entre  Meiwa  et  An-vei  et  ensuite  étudia  ave 

Souzouki  Harou-nobou.  Il  fit  des  dessins  pour  estampes  et  surtout  beaucoup  de  raebe-piliers  ImsbiiM 
kakoushi)  en  forme  de  petits  kakémonos  minces  et  longs.  Son  coloris  use  du  rouge  et  «lu  bleu. 
Plus  tard,  il  abandonna  EOuki-yoé  et  fut  nommé  llo-kvau.  11  ne  lit  plus  alors  «pie  <  1  > *  la  pemi me. 

Outa-gawa  Toyo-harou,  qui  peignit  les  mœurs  de  son  époque,  lut  cliel  d  eenle.  Sun  entons 
est  délicat,  sa  composition  fertile  en  idées.  11  a  produit  beaucoup  <1  arrung’omenls  nouveaux  .1 
extraordinaires.  En  Kwau-sei  1789-1801),  lors  de  la  restauration  des  temples  de  Xikkwnn,  lo\n 
baron  était  le  chef  de  tous  les  artistes. 

Kitagawa  Outamaro  étudia  d’abord  le  style  des  kano,  puis  lut  élève  «b*  lori-xamn  Si  ki-»  11. 
dont  il  s’assimila  la  manière.  A  partir  de  Teminéi  vers  17811,  il  s  inspira  exclusiv «‘iiien  I  <  1  <  •  I  «  »  ri  1 
Kiyo-naga  et  enfin  devint  un  maître.  Il  a  reproduit  les  mœurs  élégantes  du  l«*mps.  Il  .1  un-i 
représenté  pour  la  première  fois  des  paysages  de  fantaisie.  Il  a  fait  imprimer  beaucoup  d  '  -l.onp- 
Il  fut  entre  tous  le  peintre  à  la  mode.  On  ne  sait  pas  au  juste  la  «lato  de  sa  mort,  <pii  .1  dû 

avoir  lieu  vers  la  7e  ou  la  8e  année  Bounkwa  1810  ou  1811  . 

Iloçoda  Eishi  étudia  d’abord  sous  Kano  Ei-sen,  lit  de  EOuki-voé,  puis  suivit  I »ouii-ryou- 
saï.  Il  s’inspira  aussi  de  Tori-i.  Il  se  donnait  le  surnom  de  Tchô-boun-saï  H  llorms-iit  «*n  kw.m- 
sei  (1789-1801).  Ses  dessins  de  belles  courtisanes,  par  leur  tournure  et  leur  <bdic;ilr>si*. 
ressemblent  à  ce  qu’a  fait  Outamaro. 

Koubo-toshi-mitsou,  très  bon  poète  comique  et  conteur  distingué,  étudia  la  peinture  iv  , 
Katori-na-hiko ,  travailla  plus  tard  le  stvle  Ouki-voé  avec  kitawo  Shighémara  wr>  kw.m 

sei  (1789-1801).  Il  illustra  des  Tau-lion  livres  allongés  et  paravents  pour  la  poésie  romiipir  II 

a  beaucoup  d’originalité.  On  dit  qu’il  était  gaucher. 

Isliida  Ghyokou-zan  habitait  Olisaka.  Elève  de  Tsouki-oka-scttéi.  G  est  un  des  grand> 
graveurs  modernes,  d’un  dessin  très  serré.  Il  a  tout  également  réussi,  personnages,  pavsages. 
Heurs,  oiseaux.  Son  Ehon  Taï  Kau-ki  Histoire  illustrée  de  llidé  -vosln  et  son  Tau-rfo-nu'i 

*  V 

bhyo-dzoué  (Guide  en  Chine)  ont  eu  beaucoup  de  succès.  Il  mourut  la  9*’  année  Bounkwa  iNi-m, 
à  l’âge  de  soixante-seize  ans. 

Katsou-kawa  Shyoun-ei  apprit  le  style  de  Katsou-gawa  Shvoun-slivau  et  publia  de 
Kwan-sei  à  Kyau-wa  beaucoup  de  nishiki-é  et  de  portraits  d  acteurs.  Il  se  créa  un  stvle  personnel, 
nommé  Kyou-tokou  fou  (style  des  neuf  vertus  .  Il  publia  toutes  sortes  de  recueils  île  dessins.  Le 
ior  Toyokomi  s’inspira  de  son  style. 

Kouwa^ata  Ixei  -saï,  appelé  aussi  Kitawo  Maça-yoshi,  étudia  le  style  de  kano,  s'inspira 
de  la  manière  de  Kwaurinn  et  de  Ilautshyou,  composa  de  rapides  dessins  schématiques  qui 
eurent  une  grande  vogue.  Il  mit  à  la  mode  les  livres  modernes  illustrés  en  couleurs.  La  8°  année 
kwan-sei  (1796,,  il  fut  enrôlé  dans  le  clan  de  Mima-saka-matsou-daïra.  Dès  lors,  il  cessa  de 
faiie  graver  des  peintures  et  se  livra  exclusivement  à  la  peinture  proprement  dite.  Il  excellait 
dans  la  composition  et  montra  une  grande  facilité  d’invention.  Il  pénétra  à  fond  le  caractère  des 
personnages,  des  animaux  et  des  oiseaux,  qu  il  faisait  saillir  en  quelques  traits  pleins  de  verve. 

On  peut  dire  avec  justesse  qu  après  Kwaurinn  et  Itchô,  il  a  retrouvé  leur  sentiment.  Il  mourut 
en  la  7e  année  Bounsei  (1824). 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  LVII 


LES  SIX  TAMAGAWA  (par  Hokouçaï). 

XIX8  siècle  (Kausau  Homma  de  Tokio). 


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Onta-gawa  Toyokouni,  surnommé  Itcliiyausaï,  étudia  l’Ouki-yoé  sous  Outa-gawa  Toyo-harou. 
Il  s  inspira  aussi  do  llanabouça  Itcho  et  devint  chef  d’école.  Il  réussit  surtout  dans  les  portraits 
d  acteurs  et  retraça  les  séduisantes  attitudes  des  belles  femmes.  Ses  livres  et  ses  peintures 
eurent  du  succès  partout,  au  Japon  comme  à  l’étranger.  Il  eut  une  grande  vogue  et  ne  manqua 
pas  délèves  de  talent.  Il  mourut  la  S1'  année  Bounséi  (1S20,  à  l’àge  de  cinquante-sept  ans. 

Outa-gaxva  l’oyo-liiro,  surnommé  Itehi-ryou-saï,  créa  un  genre  spécial.  Il  lit  graver  ces  dessins 
cursifs  à  I  (Micro  appelés  communément  I  ta  ri  nui  z  é-ga  k  i ,  de  ce  que  plusieurs  sont  jetés  pêle-mêle 
sur  la  même  (ouille.  Il  illustra  beaucoup  de  livres  et  mourut  vers  la  iip  année  Bounséi  1828). 

Katsou-sbika  I  loksaï  s’appelait  d’abord  Shyoun-rô,  puis  Sô-ri  et  aussi  Mokou-çaï,  Tatsoumaça, 
Taï-to,  Manro-jinn.  Il  apprit  son  art  à  l’école  de  Katsougawa  Shyoushyau.  En  même  temps,  il 
étudiait  secrètement  sous  un  certain  kano,  s’inspirait  du  stvle  de  Tsoutsoumi  Tô-rinn  et  travaillait 
la  peinture  européenne  avec  Sbiba  kokan.  Il  doit  la  vigueur  de  son  pinceau  à  Tô-rinn  et  il  a 
prolité  du  style  du  vieux  Sesshyou.  Le  réalisme  de  son  dessin  lui  vient  de  Kokan,  et  enfin,  son 
procédé  décomposition,  très  savant,  lui  vient  des  Ming. 

Uokouçaï,  doué  admirablement,  a  travaillé  sans  relâche  et  a  créé  un  style  très  particulier. 
Sa  touche  est  libre,  sa  composition  fertile.  Il  a  reproduit  tous  les  aspects  multiples  de  la  vie,  et 
chacun  deux  sans  v  négliger  aucun  coté  intéressant. 

De  Iwvun-sei  à  kvau-ho  (1789-1801),  il  a  fait  des  contes  et  des  nouvelles  en  même  temps 

que  de  la  peinture.  A  partir  de  la  i31’  année1  Bounka  (i8oj  ,  il  a  fait  beaucoup  d’illustrations 

pour  les  (ouvres  de  Bakin  et  autres.  A  cette  époque,  il  recevait  beaucoup  de  visiteurs  et  d’élèves. 

Boni*  ces  derniers,  d  lit  graver  plusieurs  livres  de  modèles  (Edehou) .  Sur  la  demande  des 

Hollandais,  il  peignit  chaque  année  plusieurs  centaines  d’albums  qui  étaient  envoyés  en  Hollande. 
Il  mourut  la  2/  année  kavoi  (iS  jq  ,  à  l'àge  de  quatre-vingt-dix  ans. 

IM  I.YII.  Uiviiiu  Tamac.awv. —  kaiisan  lloinma  de  Tokio. 

Il  y  a,  au  Japon,  six  rivières  portant  le  même  nom  deTamagawa  rivière  de  cristal)  à  cause  de 
la  limpidité  de  l'eau.  Elles  sont  célèbres  par  le  paysage  environnant.  Les  six  provinces  qui  les 
possèdent  sont  Moutsou,  lxi-i.  Yamashiro,  Mousashi,  Aumi  et  Settsou.  Les  poètes  et  les  artistes  en 
tirent  les  sujt'ls  de  leurs  (ouvres  dès  l'antiquité.  Sur  six  paires  de  panneaux  peints  par  Uokouçaï,  nous 
en  reproduisons  ici  deux. 


Audn  lliroshighé  étudia  d’abord  le  stvle  kano  avec  Okajima-riinsaï,  plus  tard  EOuki-yoé 
avec  lovo-hiro.  Il  est  surtout  bon  dans  le  paysage  en  couleurs.  Il  fit  paraître  les  53  stations 
du  l  o-lxai-dau  et  h's  100  vues  remarquables  de  Mivako,  etc.,  qui  eurent  une  grande  vogue.  Son 
interprétation  des  lointains  n’est  égalée  par  aucun  autre  peintre.  Il  mourut  la  5e  année  Ansei 
(  1 838),  à  l’âge  de  soixante-deux  ans. 

Outagawa  Toyokouni  (Toyokouni  111  ,  kau-tchô-rô  ou  Gô-to-téi,  élève  du  20  Toyokouni, 
excelle  dans  les  portraits  d’acteurs  et  de  chanteuses.  Il  a  rendu  fidèlement  leur  caractère  et  leurs 
attitudes  sur  des  Xishiki-é  ou  des  écrans  qui  ont  eu  une  grande  vogue.  Il  a  fait  beaucoup 
d  illustrations  de  romans.  Dans  le  I  Nakaghèn-ji,  par  exemple,  il  a  exactement  reproduit  les 
mœurs  do  la  société  noble  du  temps.  Il  est  mort  la  i10  année  Ghendji  (18643  à  l’âge  de  soixante- 
dix-neuf  ans. 

Outagawa  kouni-yoshi,  surnommé  Itchiyousaï,  élève  de  Toyokouni,  commença  à  se  faire 
connaître  à  partir  de  Bounséi  (1818).  Son  pinceau  est  vigoureux.  Ses  séries  de  N ishikié,  telles 
les  Vies  des  \7  lion  ins,  les  Vies  illustrées  des  Héros  des  Trois- Boijaumes,  ont  eu  beaucoup 
de  succès.  Ses  compositions  sont  originales  et  pleines  d’idées.  11  mourut  la  irc  année  Bounkyou 
(1861),  âgé  de  soixante-cinq  ans. 


212 


École  Minn  Shinn  (Chinoise  moderne). 


Ghinan  kaï,  né  en  kii,  avait  des  dons  artistiques  et  littéraires  de  premier  ordre.  Il  apprit 
le  métier  avec  Kino-shita  Zounan.  11  prit  pour  modèle  les  recueils  de  dessins  chinois  Slnn 
et  étudia  les  maîtres  des  Youen  et  des  Ming,  et  créa  un  style  particulier.  H  excellait  dans  le 
paysage.  Il  possédait  bien  la  peinture  de  l'école  chinoise  des  Soung  méridionaux,  don  e-t  ""ih 
le  «  dessin  de  lettré  »  ancien  et  moderne  au  Japon.  Il  suivit  à  la  lois  1  enseignement  «h-  l»\«ei- 
ri  Kyau  et  de  Iké-tai-ga.  Il  est  mort  la  4e  année  Kwan-èn  i;n  dans  sa  soixaiilc-quinzmim* 

année. 

Ilo  Hyakou-sèn,  né  en  Owari,  demeurait  à  kyauto  vers  kwan-èn  ij'C-  V  cette  <q>oqm\ 
l’influence  du  Tan-you  était  prépondérante.  Hyakou-sèn  se  consacra  à  1  etude  des  uuivres  d--> 
Youèn  et  des  Ming.  Ceux  de  nos  peintres  qui  suivaient  le  style  Soung  méridional  des  b»iien  et 
des  Ming  reconnurent  Nan  kaï  Hyakou-sèn  comme  leur  protagoniste. 

koumashiro-youhi  Azana  Ixisèn,  surnommé  Svou-kô,  de  Nagasaki,  en  Ilizen,  dune  t . . Il- 

d  interprètes  de  chinois,  aima  le  dessin  dès  son  enfance. 

Le  Chinois  Tchinnan-pin  étant  venu  sur  la  demande  du  Bakoufou,  il  étudia  avec  lin.  Les  th-urs. 
plantes,  oiseaux  et  animaux  qu’il  a  peints  sont  d’une  couleur  franche  et  jolie.  Son  coup  de  pim  e.m 
se  distingue  difficilement  de  Tchinnan-pin.  Les  artistes  modernes,  «pii  ont  étudié  la  peinture  elnnoiM 
de  style  réaliste,  reconnaissent  Youhi  pour  leur  ancêtre.  Il  mourut  la  i"  année  Anvei  i  y-’»  ,  a  I  à  io¬ 
de  soixante  et  un  ans. 

Sô-shi-séki,  de  Edo,  étudia  sous  Youhi,  et  prit  plus  tard  pour  maître  le  Chinois  So-shi-gan, 
dont  il  prit  le  nom.  Il  réussit  les  fleurs  et  les  plantes,  les  oiseaux  et  les  animaux.  Il  excella  aussi  daim 
les  bambous  à  l’encre.  II  fut  pour  quelque  temps  exalté  par  ses  contemporains.  Son  lils  Shizan  liil 
aussi  bon  peintre.  Itô-jyakou-tchyou ,  de  kyauto,  étudia  Hakou-jvoun  de  la  secte  Waubakou,  <1 
approfondit  la  doctrine  zèn.  D’abord  il  travailla  chez  les  kano,  puis  copia  les  oumes  des  Youèn 
et  des  Ming.  En  même  temps,  il  étudia  le  style  de  kôrin,  et  créa  une  manière  neuve.  Son  dessin 
original,  son  coloris  franc  et  beau.  Jyakou-tchvou  avait  toujours  un  poulailler  et,  soir  et  matin, 
observait  ses  volatiles.  Il  les  dessinait  au  repos  ou  en  mouvement,  chantant  ou  picorant,  foules 
leurs  attitudes  ont  été  rendues  par  son  pinceau.  Sur  la  fin  de  sa  vie,  il  demeurait  à  cote  de  Seki 
Ilauji,  à  Foukakouça.  Il  se  procurait  du  riz  avec  ses  œuvres  et  vivait  ainsi.  C'est  de  là  qu’il  ;i  pris 
le  surnom  de  To-bei-an. 


Fleurs  et  oiseaux  (i3  makiinonos  .  —  Palais  impérial. 

Pruniers  ex  fleurs;  faisan  doré;  phénix  (2  kakémonos).  —  llonganji. 


Nirwana.  —  Séigano-i. 

O  O 


^  Saw  a  Kien,  nommé  Rikyô,  parent  du  Daïmyau  Yamato-no  komi  kori-yama.  fout 

jeune  il  aima  l’art.  Il  prit  pour  modèles  les  œuvres  des  Youèn  et  des  Ming.  Après  plusieurs  années 

d  études,  d  se  fit  une  maniéré.  Son  colons  est  joli,  ses  encres  limpides  et  élégantes.  C’est  surtout 
un  coloriste. 

Le  caractère  de  kién,  franc  et  indépendant,  ne  se  pliait  pas  aux  formalités  de  l'étiquette. 
Il  avait  plusieurs  talents  .  bon  littérateur,  bon  poete  et  bon  officier,  il  était  encore  calligraphe  et 
peintre.  On  dit  qu  il  possédait  seize  arts.  Il  aimait  beaucoup  a  recevoir  des  visiteurs,  nobles  ou 
humbles,  élégants  ou  vulgaires.  Tous  ceux  qui  venaient  le  voir  étaient  retenus  à  dîner.  C’était  là,  avec 
1  art,  son  grand  plaisir.  Il  mourut  la  8e  année  Hôreki  (iy58j,  dans  sa  cinquante-troisième  année. 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  LV1II. 


1  -  SHOGA  POURSUIVANT  KANSHIN  (par  Yosha  Bouson). 

XVIIIe  siècle  (Foudjiwara  Ghensakou  Kyauto). 


2  —  GUENTOKOU  VISITANT  KOMÉI  DANS  LA  NEIGE 

XVIIIe  siècle  (Foudjiwara  Ghensakou  Kyauto). 


TC* 


21  J 


lk(>  laiga,  nomme  Mouméi,  montra  dès  l’enfance  des  dispositions  précoces  et  un  goût  très 
v*l  pour  le  dessin.  Devenu  grand,  il  alla  en  Kii  et  apprit  la  peinture  de  Ghi-nan  Kaï.  En  publiant  le 
reciied  de  dessins  de  Shyau-seki-bokon  des  Tsing,  < j ue  Nankaï  avait  collectionnés,  il  écrit  :  «  Si  le 
sage  étudié  la  peinture,  c’est  bien.  Le  littérateur  doit  étudier  la  peinture  ».  Allant  en  Yamato,  il 
‘‘India  la  couleur  avec  Kvou-ri  Kvau,  copia  quantité  d’œuvres  des  Ming  et  des  Tsing  et  parvint  à  être 
sans  rival  dans  le  paysage,  les  personnages  et  les  animaux.  C’était  un  caractère  solitaire  et  sans 
ambition.  Il  se  plaisait  avec  les  humbles,  ne  s’inquiétait  ni  de  l’éloge  ni  du  blâme.  Sa  conduite  était 
presque  toujours  différente  de  celle  de  la  plupart  des  hommes.  Il  se  délassait  de  ses  travaux  en  faisant 
(h*  la  musique  avec  sa  femme  Ch\o  Kouran  et  chantait  de  vieilles  chansons.  Ses  jours  se  passaient 
dans  le  calme.  Aussi  sa  peinture  est  d’une  rare  noblesse. 

Ohshima-foiiyaii ,  né  en  kalii ,  établi  à  Kyauto,  d’une  érudition  très  vaste  et  d’une  lecture 
immense,  avait  approfondi  les  très  antiques  documents  des  Ts  in  et  des  Kan  de  Chine.  Il  était  versé 
dans  la  sigillographie;  on  l’appelait  h*  sage  des  sceaux.  Aimant  la  peinture,  il  était  paysagiste  de 
talent.  Prenant  pour  modèles  les  œuvres  des  Youèn  et  des  Ming,  il  en  tira  un  style  particulier,  d’un 
idéal  très  élevé.  On  l’associe  à  Iké  Taiga  et  Kan-tai-nèn  pour  faire  une  école. 

Motehi-dzoïiki  Ohvokousèn,  de  kyauto,  étudia  d’abord  avec  Toça  Mitsou-nari  et  prit  Sekkéi 
comme  maître.  II  s'inspira  aussi  des  anciens  kano  et  finit  par  fonder  une  famille.  Plus  tard,  il  se  lia 
avec  Iké  Taiga.  changea  complètement  de  style  et  inaugura  la  peinture  à  la  Han  (chinoise).  Son 

fils  Sei-saï  et  Chyokou-sèn  le  continuèrent.  Il  mourut  la  5e  année  llô-ei  1708  . 

Yoça  Bon  Son  Asana,  Shyoun-sei,  surnommé*  Ya-hantei,  né  en  Settsou,  puis  installé  à  Kyauto, 
s'inspira  profondément  des  œuvres  des  Youèn  et  îles  Ming.  Après  plusieurs  années  d’études  assidues, 
il  parvint  à  former  son  talent.  Il  excella  dans  les  paysages,  dune  grande  élégance.  Ses  meilleures 
œuvres  peuvent  aller  de  pair  avec  celles  de  kau-san  llakko.  Des  artistes  japonais  en  grand  nombre 
l'ont  piis  pour  maître.  Il  était  aussi  bon  poète,  et  souvent  ses  dessins  humoristiques  illustraient 

ses  vers.  C'est  un  artiste  très  original.  Il  mourut  la  C  année  Temméi  (1783  ,  dans  sa  soixante- 

huit  ième  année. 


I  |  I.Vllt.  Shùc. \  pot it si  iv wr  kiNsiuv  ii  GtiMOKot  visnwT  lvùMF.i  dans  i.A  NKiiîK.  —  Guensakou  Foujiwara 
ili*  kvanlo. 

Peintures  de  Bouson.  L'une  représente  le  généralisme  kaushin  s’en  allant,  parce  que 
le  roi  de  Kan  ne  voulut  pas  lui  témoigner  sa  confiance.  Shôga,  premier  ministre  du  roi,  appréciant 
sa  valeur,  court  après  lui.  L'autre  représente  un  autre  épisode  historique  :  le  roi  Riou  Guéntokou 
allant  demander  l'art  de  l'apaisement  du  royaume  à  sou  futur  ministre  Komei,  sous  une  tempête 
de  ne i ire. 

Le  caractère  particulier  de  Bouson  consiste,  dans  cette  peinture,  à  faire  voiries  expressions  des 
personnages  dans  la  liberté  absolue  de  pinceau.  Bien  qu’il  s’inspire  des  maîtres  chinois  de  Yeng  et 
de  Ming,  il  a  su  se  dégager  de  leur  influence  et  se  créer  un  style  personnel.  Bailleurs  l’œuvre  elle- 
même  montre  suffisamment  la  haute  valeur  spirituelle  de  l’auteur. 

Totoki  Baïkai,  doué  de  talents  multiples,  poète,  littérateur,  calligraphe,  peintre,  en  tout  lit 
école.  Le  Daïmyau  de  Maçouyama,  Sessaï,  aimait  son  style  et  finit  par  l’appeler  et  l’attacher  à  sa 
personne.  Ses  paysages  sont  d’un  pinceau  ferme,  d’un  sentiment  distingué,  sans  la  moindre  vulgarité. 

Minna-gawa  Ki-èn,  de  Kyauto,  d’une  mémoire  sure,  bon  poète  et  bon  écrivain,  calligraphe 
et  peintre  de  talent,  étudia  d’abord  la  peinture  avec  0  lvio  à  qui  il  enseignait,  à  son  tour,  l’archéologie. 
Son  père  était  un  amateur  éclairé,  qui  recherchait  les  œuvres  des  Touen  et  des  Ming,  et  les  faisait 
calquer  à  Ki-èn.  Aussi  celui-ci  fit-il  de  gros  progrès  dans  l’art. 

Kousiro  Ounsen,  de  Shimabara,  en  Ilizèn,  jeune  encore,  voyagea  avec  son  père  à  Nagasaki  et 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  LlX. 


PAYSAGES  (par  Bountchyau) 

XIXe  (le  comte  Tokougawa  Satotaka). 


213 


(‘I  lin  s 1 1 1 1 i si »i < * 1 1 1  a  peina  pour  subvenir  aux  besoins  de  son  père  et  sa  mère.  Un  jour,  reconnaissant 
que  I  étude  de  la  philosophie  n’était  pas  un  mode  de  gagner  de  I  argent,  il  chercha  par  quel  moyen 
d  pourrait  garder  ses  parents  de  la  lairn  et  du  froid.  Ce  fut  à  la  peinture  qu’il  demanda  sa  subsistance. 
Il  suivit  alors  l'uni  Boiintchyan,  So-shizan,  Kané-ko  Kinnrvau.  Après  plusieurs  années  de  laborieuses 
éludés,  il  s  assimila  le  meilleur  du  talent  de  tous  les  maîtres  et  fit  école.  Son  pinceau  est  vigoureux, 
sa  composition  intéressante.  Il  recevait  beaucoup  de  visiteurs,  parmi  lesquels  on  remarquait  surtout 

I  oukouda  Nan-kau,  l’soubaki  Tchinnzan,  Yarnamoto  Kinngokou.  On  conte  qu’un  jour,  causant  avec 
les  deux  premiers,  Kwazan  s’exprima  ainsi  :  «  Les  œuvres  des  Han  conservées  dans  notre  pays  sont 
extrêmement  rares.  \  mon  point  de  vue,  dans  le  paysage,  Wauseki-kokou  est  le  maître.  Pour  les 
Heurs  et  les  plantes,  c’est  Kinan-dèn  ;  le  paysage  est  le  triomphe  de  llau-kau;  les  Heurs  et  les 
plantes  celui  de  Tehin-zan.  Il  faut  que  chacun  travaille  le  plus  possible  dans  le  genre  où  il  réussit 
le  mieux  ». 

I\\\  azan  était  un  parfait  expert.  Il  collectionna  avec  amour,  pendant  de  longues  années,  des 
albums  de  calligraphie  et  de  peinture.  Il  les  offrit  tous  à  son  Daïmyau.  On  peut  juger  par  ce  trait 
quelle  délicatesse  de  sentiment  était  la  sienne.  La  >•'  année  Tempau,  il  reçut  des  dignités  qui  le  déci¬ 
dèrent  a  se  mettre  de  tout  cœur  à  l'administration.  Il  réforma  de  nombreux  abus.  11  étudia  la  question 
des  relations  avec  les  étrangers.  Avec  Takano,  Tchvau-ei,  Koseki-san-yei,  il  lit  des  recherches  sur 
l 'état 'de  I  Lampe  et  lit  paraître  un  livre  dans  lequel  il  s’attaquait  par  allusions  au  Shyaugounat.  Il 
fut  pour  cela  exilé  en  Ixii  et  mis  en  prison,  la  io°  année  Pempau  1829.  Craignant  que  sa  disgrâce 
ne  rejaillit  sur  son  Daïmvau,  il  se  donna  la  mort. 

Ourakami  Shvoun-kinn,  bon  poète  (H  bon  écrivain,  excellent  peintre  de  paysages,  de  (leurs  et 
de  plantes,  d’oiseaux  et  d’animaux,  montra,  dès  l’enlance,  un  goût  très  vif  pour  les  excursions;  il 
visita  toutes  les  montagnes  et  tous  les  lacs  célèbres.  11  collectionna  aussi  les  antiquités.  Après 
plusieurs  années  d’études,  il  devint  un  bon  peintre.  11  résida  d  abord  a  halo,  puis  a  Kyauto.  Sa 
réputation  se  répandit  partout.  Dans  la  vie  privée,  il  était  d  une  intelligence  ouverte  et  d  un  patrio¬ 
tisme  vibrant.  Il  fréquentait  Itai-sau-vau,  Djvausho-tchikou  et  d’autres  personnages  célèbres.  Il  passa 
sa  vie  dans  les  joies  de  l’art  et  de  la  poésie. 

Nakabavaslti  Tehikoudo,  d’Owari,  demeurait  à  Kyauto.  Il  copia  d’abord  les  bambous  à  l’encre 
de  Mvazahi  Kiinpo,  puis,  s  attachant  aux  procèdes  des  A  ouèn  et  des  Ming,  il  fonda  une  école  de 
paysage,  de  plantes  et  de  (leurs.  C’était  un  homme  d’un  caractère  simple  et  timide.  On  a  dit  que  son 
pinceau  était  aussi  délié  que  sa  parole  était  embarrassée. 

Yarnamoto  Baï-itsou,  d’Owari.  Amateur  passionné  des  anciens  philosophes,  des  Ming  et  des 
Tsing,  il  eut  du  talent.  Sa  renommée  rivalisait  avec  celle  de  son  contemporain  Nakabayashi  Iclnkoudô. 

II  excella  en  tout  ce  qu’il  lit  :  paysage,  personnages,  (leurs  et  oiseaux;  mais  surtout  dans  les  fleurs 

et  plantes.  Son  coloris  est  extrêmement  délicat. 

Okada  Han  Ko,  Tsou  d’Isé,  demeurait  à  Ohsaka.  Aimant  la  peinture,  il  étudia  sous  Beï-san, 
approfondit  les  œuvres  de  l’école  du  Sud  des  Ming  et  des  Tsing,  et  finit  par  acquérir  du  talent.  Son 
style  est  simple,  calme  et  distingué. 

Tsoubaki-tchin-zan,  fonctionnaire  du  Bakoufou,  érudit,  bon  calligraphe  et  peintre.  Il  finit  par 
donner  sa  démission  pour  s’occuper  exclusivement  de  peinture.  Il  eut  d  abord  pour  maître  Kané-ko- 
kinryau,  puis  étudia  chez  Kwazan.  Il  lit  très  bien  les  plantes  et  les  papillons,  les  (leurs  et  les  oiseaux. 
II  s’inspire  beaucoup  de  Quinandén.  Sa  composition  est  correcte  sans  froideur.  C’est  un  des  meilleurs 
artistes  de  son  temps  et  un  excellent  portraitiste.  L  école  du  portrait,  que  fonda  Kwazan,  atteint  son 
apogée  avec  Tchinn-zau. 

Noukina-kaï-okou  prit,  déjà  âgé,  le  surnom  de  Shyau-wô.  D’Awa,  il  vint  s’établir  professeur 
à  Kyauto.  Calligraphe  et  peintre  de  talent,  il  a  fait  beaucoup  de  paysages.  C’est  un  amateur,  mais  il 
mérite  une  mention. 


Tani  Boun-itsou,  fils  adoptif  do  Boun-tchyau,  a  fait  des  œuvres  qui  ne  le  oéduiont  pas  à  celles 

de  son  père.  Il  donnait  des  espérances;  malheureusement  il  mourut  jeune. 

Tatchiwara  Kyau-shyo,  fonctionnaire  de  Mito,  en  llitatehi,  bon  calligraplie,  1‘eintie  <  t  ri 1  ** N *  111 
de  sceaux,  commença  par  étudier  avec  Ghessén  et  Boun-tchxau,  s  assimila  les  o  11X11  s  ‘ 1  ' H  *'  1,111  '  ' 

modernes  et  surtout  la  peinture  du  Nord.  Sa  fantaisie  est  originale  et  étrange.  Il  était  «  \p<  il  >m  '  11 
calligraphie  et  en  peinture.  On  dit  qu’il  ne  se  trompait  pas  une  fois  sur  cent. 

Kita  Boucé,  de  Edo,  élève  de  Boun-tchyau,  plus  tard  imita  Tan-you.  Il  fit  bien  les  personnages, 

les  fleurs  et  les  oiseaux.  Son  coloris  est  charmant. 

Ohonishi  Tchin-nèn,  de  Edo,  étudia  d’abord  avec  Nangakou,  puis  suivit  Boun-tchyau.  Sou 
style  est  vif  et  gracieux.  Il  a  fait  des  personnages,  des  paysages,  des  Heurs,  des  oiseaux,  des  poissons 
et  des  coquillages. 

Écoles  Marou  Yama,  Shidjô,  Kishi 

Marouyama  Okyo,  nommé  couramment  Mondo,  porta  d’abord  le  surnom  d«*  S» •  n - r« ■  i .  \«* 
à  Anatamoura,  district  de  Kouwata,  province  de  Tamba,  d’une  famille  d  agriculteurs,  tout  «  ni, tnt, 
il  suivait  ses  parents  aux  champs;  là,  il  prenait  un  éclat  de  bambou  ou  un  morceau  de  bois  H 
s’amusait  à  dessiner.  Dans  le  village  habitait  un  marchand  qui  colportait  des  cosinH iqm-s  I  <•  p**tit 
Okyo  s’amusait  souvent  chez  cet  homme.  Un  jour,  il  lit  un  dessin  sur  un  sac  à  lards  Uuelqii  un  axant 
vu  le  sac  le  trouva  curieux,  l’acheta,  puis  l’offrit  au  Daïmvau  de  hamé-yama  qui  en  lit  «b*  grands 
compliments.  C’est  de  là  que  commença  la  réputation  d’Okyo.  Il  alla  donc  à  lwanto  et  étudia  sons 
Ishida  Youtéi.  En  très  peu  de  temps,  il  lit  d’énormes  progrès,  s’inspirant  du  style  de  S.  u-sh\ oiin-Lx  <  ■ 
et  de  Kyou-ei,  et  étudiant  successivement  tous  les  maîtres.  Il  travailla  surtout  d  apres  la  nature  •  t 
excella  dans  les  personnages,  les  fleurs  et  les  oiseaux.  Vers  Teminéi  1781-1789  ,  il  avait  acquis  un 
grand  talent.  La  fondation  de  l’école  de  Marouyama  date,  dit-on,  de  cette  époque.  Les  Tokougawa 
lui  demandèrent  un  grand  nombre  de  peintures.  Il  avait  un  génie  inné,  qu’il  développa  par  un  patient 
labeur  sans  s’attarder  aux  vieilles  formules  d’aucune  école.  Il  créa  un  art  personnel,  liibh*  ,î  l.i  nature, 
d’un  dessin  et  d  un  coloris  neuf,  plein  de  vie;  enfin  il  inaugura  une  branche  nouvelle  de  I  art  japonais, 
qu’on  appelle  le  style  de  Marouyama.  Beaucoup  de  ses  élèves  furent  des  peintres  de  talent  ;  aussi 
l’école  de  Kxvanzaï  détermina  une  évolution;  et,  aujourd'hui  encore,  quatre  à  cinq  peintres  sur  dix 
suivent  son  style.  On  peut  dire  que  c*  est  le  grand  artiste  des  temps  modernes.  Il  mourut  la  1"  année 
Kwansei  (1795),  à  l’âge  de  soixante-trois  ans. 


BH-nion. 


Cascade  (grand  kakémono).  — -  Aumi.  En-man-in. 

Les  7  MALHEURS  ET  LES  7  BOXHEURS.  —  Aumi.  —  En-mau-in. 

Au  FRAIS  DANS  LE  LIT  DE  LA  RIVIÈRE  A  SHIDJO.  -  Auilli.  —  Ell-man-in. 

1  AA  SAGE  COLLÉ  DANS  LA  SALLE  DES  HoTES.  SailOllki.  K ollipi I’a-J I 11 | va 

Prés  couverts  de  neige  (une  paire  de  paravents).  —  Baron  Mitsoui  llalrliim-émon. 

N  ue  de  l'Hodzou  gava  d'après  nature  (paravent).  —  Kyauto.  —  Nishimoura  S. 

Seinnin  jouant  sur  le  mont  II  or  Ai.  —  Kyauto.  —  Higashi  Honganji. 

Carpes,  poissons,  oiseaux  d  eau  (ia  kakémonos).  —  Comte  Mounénori. 

Seiwobo,  tigre,  dragon  (3  kakémonos).  —  Ohsaka.  —  Kono-iké-zen-émon. 

Le  t  ou.il  aux  4  saisons  (série  de  4  kakémonos).  —  Kawa-saki  Shyanzau,  Kobé. 

Grues  (écran).  —  ^  açaka-jinjya. 

P1;  LX-  ~~  Pix  cotJVERT  ,)E  XE1GE  ET  canards  sauvages.  —  Osaka.  —  Mourayama  Ryouhéi. 
ressemble  a  celai  de  la  colleclion  Mitsou.  C  est  un  modèle  caractéristique  de  la  peinture  d’Okyo. 


I  A1 


pin 


l  ig.  G 3.  Cette  grande  peinture  fit  originairement  partie  du  trésor  d’un  temple.  Nombre 
d’artistes  de  l’école  de  Kyauto  l’ont  copiée  et  en  firent  le  modèle  d’un  sujet  de  paon.  Elle  est  <lu 
pinceau  de  Okyo  à  l’âge  de  sa  soixante-troisième  année. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  LX. 


PIN  COUVERT  DE  NEIGE  ET  CANARDS  SAUVAGES  (Par  Okyo). 

XVIIIe  siècle  (Mourayama  Ryouhei  Osaka). 


sBgif  •>  ' 


/ 


21 7 


fig.  61.  C’est  une  œuvre  < I < *  Okyo  dans  sa  vieillesse,  au  moment  où  son  talent  a  atteint  le 
suprême  degré,  et  où  son  pinceau  suit  librement  la  pensée. 

Matsoumoura  Ohékkei,  alias  Goshyoun,  de  Kyauto,  étudia  d’abord  avec  Ohonishi  Souigetsou, 
puis  pril  pour  maître  lîouçon.  A  la  mort  de  celui-ci,  il  demanda  à  Okyo  de  lui  donner  son  enseignement, 
Okyo  d'abord  refusa,  puis  finit  par  se  lier  avec  lui.  Alors  Matsoumoura  travailla  avec  ardeur,  et,  dessi- 


l'içr.  f>3.  —  Paon  et  vieux  pin.  —  Xaovouki  Kouniagaï  de  Kyauto. 

O  J 


nanl  d  après  nature,  mélangea  le  style  de  Bouçon  et  celui  d  Okyo.  Il  créa  plus  tard  1  ecole  connue  sous 
le  nom  d’école  Shidjô,  à  cause  du  quartier  qu’il  habitait  à  Kyauto.  11  n’a  rien  dessiné  qui  ne  soit  plein 
de  talent.  La  force  de  son  pinceau  ne  le  cède  pas  à  Okyo.  Il  était  bon  buveur  et  peignait  dans  le  feu 
de  l’ivresse.  11  a  fait  un  grand  nombre  de  dessins  humoristiques.  Il  mourut  la  8e  année  Bounkwa 
( 1 8 1 1)  à  l’age  de  soixante  ans. 


I J at Air, le  de  l’Oudjigawa  (2  kakémonos).  —  Baron  Mitsoui  Halchi-ro-émon. 

Paysages  a  fabriques  en  demi-teintes.  —  Kyauto.  —  Collection  Katsoushima-ki-itchirau. 

Fleurs  et  oiseaux  (une  paire  de  paravents).  —  Shiga  Fouroumotchi-ni-béé. 

PI.  LXI.  —  Paysages  (2  kakémonos).  —  Ohsaka.  —  Foudjita  don  Sabourau.  —  L’un  est  un  ellét  de  neige,  l'autre 
un  effet  de  pluie.  Ce  doit  être  un  clief-d  œuvre  de  Goshyoun. 


•28 


Nagasavva  Rosetson,  de  Yodo,  en  Yamashiro,  étmlm  la  sous  Ok  ,  ■' 

produire  un  genre  neuf.  C’est  le  meilleur  disciple  de  Okyo.  rout  ce  qui  ni  es  > 

Ile  verve.  Son  imagination  est  riche  et  imprévue.  C’esl  un  grand  malheur  .,»  d  s . nul 

prématurément  à  quarante-cinq  ans,  la  f  année'  K\van-sei  1  7'.>*.*  • 

P1  I  XH  _  Animaux  (maki . no).  -  Hiroshima.  -  Yaçouda-yaçokitchi.  Il  J  « .  . «  *  -  V 

quadrupèdes.  Ce  doit  avoir  été  pcin,  pour  servir  de  . dût».  !..  style  es,  -, ré, non, eu,  .use  r,  pieu,  de.l.u, 

Watanabé  Naugakou,  de  Kyauto,  étudia  avec  Okyo,  et  rénssil  les  personnages,  les  Heurs 
et  les  oiseaux.  11  est  renommé  parmi  les  élèves  de  Okyo  pour  la  vigueur  du  pmeean. 

Mori  Sosen,  de  Nishino-miva  ea  Settsou,  ou,  suivant  certains,  de  Nagasaki  en  II, /en. 
demeurait  à  Ohsaka.  11  dessina  surtout  des  singes.  Ses  œuvres  représentai,!  autre  du 


litLil  l  I  I  I  <  I 


Fig.  G'i  —  Enfant  sur  vache.  —  Comte  Masayoslii  Malsougata. 


animaux  sont  extrêmement  rares.  Son  style  tient  des  écoles  de  Marou-vama  et  < I < • 

«-  « 

parcourait  les  montagnes  avec  l’encrier  et  le  pinceau,  logeant  dans  quelque  temple  écarté*  <>u 
demandant  sa  nourriture  cliez  des  bûcherons.  Loin  des  villes,  il  se  promenait  dans  le  domaine 
des  singes,  guettant  leurs  attitudes.  Après  trois  ans  de  cette  existence,  il  eut  pénétré  le  caractère 
des  quadrumanes  qu’il  rendit  avec  un  relief  remarquable. 

Mori-tetsou-zan,  1  ils  adoptif  de  Mori  Sosen,  vivant  à  Ohsaka,  étudia  avec  Okyo  et  réussit 
bien  dans  les  personnages,  les  fleurs  et  les  oiseaux.  Plus  tard,  il  changea  quelque  peu  de  style. 

Nishi-moura  Nantéi,  de  Kyauto,  élève  de  Okyo,  s’assimila  bien  les  procédés  de  son  maître. 
Yoshi-moura  Kôkei,  de  Kyauto,  élève  de  Okyo,  fit  bien  les  fleurs  et  les  oiseaux. 

Okou  Bounméi,  de  Kyauto,  s’assimila  bien  les  procédés  de  Okyo. 

Aamagoutchi  Sokén,  de  Kyauto,  élève  de  Okyo,  excella  dans  les  scènes  représentant  des 
femmes  japonaises.  .Jolie  et  facile,  sa  peinture  eut  beaucoup  de  vogue. 

Sbirawi  Nawokata,  élève  de  Okyo,  excella  dans  divers  genres,  et  surtout  dans  les  rats. 


-  2Î9 


Gankou,  de  kanazawa,  m  kaga,  d’abord  Samouraï  du  prince  Aricegawa,  nommé  plus  tard 
l‘il <  li izen-uo  Souke,  sur  la  lin  de  sa  vie,  abandonna  ses  fonctions  et  prit  sa  retraite  au  faubourg  de 
kilaiwa  koura.  Il  s  inspira  d  abord  de  Tehinnan-pin  et  dessina  des  oiseaux  et  des  animaux  d’une 
louche  vigoureuse?  cl  caractéristique.  Il  mourut  la  <)*’  année  Tempau  i<838)  à  l’âge  de  quatre-vingt-dix 
ans.  Son  style  a  été  continue  par  son  lils  Gantai,  son  g<>ndre  Gan-ryau,  son  lils  adoptif  Rèn-zan. 
Ils  forment  ce  qu  on  appelle  l’école  des  kislii. 

I  ) i!  \ « . i ) \  i>\\s  I.i.s  \i  v«;ks.  Plafond  de  la  salin  à  manger  du  Toji,  à  Tokyo. 

Dhacon  i  i  Tuât i..  —  Katnakoura  Knkakouji. 

Paons  cii  couleur  sur  soie  .  —  Kyaulo.  —  Nisliinioura  So-émou. 

I  loin  s  une  paire  de  paravents).  Kvauto.  Sliimoinoura  Shvaularau. 


Le  bonze  (  diesseii,  supérieur  du  lemple  de  .lyakou-nen,  en  Icé,  consacra  à  la  peinture  les  loisirs 
de  son  ministère.  IVndant  quelque  temps,  sa  réputation  fut  très  répandue.  Il  vendait  ses  œuvres  très 
cher.  Au  sm  lui  reprochail-on  son  âpreté  au  gain.  Vers  la  lin  de  sa  vie,  il  éleva  un  portail,  répara  la 
salle  du  Imuddha,  acheta  largement  des  livres  canoniques  et  des  commentaires,  et  secourut  les 
malheureux.  Alors  ceux  qui  I  avaient  taxe  de  cupidité  furent  les  premiers  à  vanter  son  exemple. 

Ii  >\  au,  de  Séndaï,  lui  llngén.  Il  habitait  Kvauto,  étudia  les  procédés  de  la  peinture  avec  Ixano- 
baï-shyau  ;  plus  lard  fréquenta  Okvo  et  Ghèkkéi  et  adopta  leur  style. 

Souzouki  Nan  llei,  de  kilo,  établi  à  kvauto,  étudia  sous  Toyau,  lit  bien  les  paysages,  les 
personnages,  les  Ileurs  et  les  oiseaux. 

Matsoumoura  keibnun,  frère  cadel  de  ( îoshyoun,  s’appliqua  à  travailler  d'après  nature.  Ses 
demi-teintes  en  couleurs  sont  jolies.  Sa  touche  est  pleine  et  grasse.  Ses  oiseaux  surtout  sont  beaux. 
Lien  qu'il  ait  étudié  avec  son  aîné,  dont  il  n'égale  pas  d  ailleurs  le  talent,  il  a  son  originalité.  Il  est 
mort  la  i  \*'  année  Tempau  i8:>.  l  à  l'âge  de  soixante-cinq  ans. 

Okamolo  Toyo-hiko,  de  Lizèn,  établi  à  kvauto,  élève  de  Ghèkkéi,  eut  une  réputation  univer¬ 
selle*.  Son  triomphées!  le  paysage. 

kaw ainnura  Louiupo,  de  Iwaiito,  eut  Gankou  pour  maître.  Il  étudia  aussi  avec  d’autres 
peintres  et  se  lil  un  ^ I \  le.  Sun  pinceau,  vigoureux,  excelle  aux  personnages  japonais. 

Oda-hvakou  kokoii,  surnommé  kaï-Sèn,  venu  a  kvauto,  étudia  sous  Ghèkkéi  dont  il 
>  assimila  le  >t\h\  Lins  lard,  il  prit  pour  modèles  les  œuvres  des  Youèn  et  des  Ming,  et  changea 
completenienl  de  slxle.  Il  lil  des  paysages,  des  personnages,  des  Heurs  et  îles  oiseaux  d  un  joli 
coloris.  Il  mania  avec  virtuosité  l’encre  liquide. 

Shibata  Ghito,  ne  en  llizîm,  établi  à  kvauto,  a  une  réputation  de  bon  peintre.  Il  a  subi 
rinlluence  des  Sidjo  et  aussi  îles  Ming.  Son  pinceau  facile  réussit  les  personnages. 

Yama-waki  lôki,  de  kvauto,  elmlia  d’abord  sous  Ghèkkéi,  puis  changea  de  style.  Il  excella 
dans  les  personnages  II  s'inspira  aussi  du  style  des  T’ang  et  lit  des  portraits  de  sages.  Son  pinceau 
i» si  soie-neux  et  vigoureux,  son  encre  riche  et  belle. 

o  O 

Taaka  Nikkwa,  élève  de  Oka-moto  Toyo-hiko,  lit  bien  le  paysage,  les  Heurs  et  plantes,  et 
passe  pour  le  meilleur  élève  de  Toyo-hiko. 

Yoko-vama  kwa-zan,  de  kvauto,  prit  pour  maître  Gankou,  et  suivit  aussi  Go  Ghèkkéi.  Il 
vaut  dans  les  personnages,  le  paysage,  les  fleurs  et  les  oiseaux. 

Mot<  hi-dzouki  Ghvokou-sèn,  petit-fils  di'  Ghyokousèn,  s’instruisit  à  l’école  de  Gankou,  puis 
s’inspirant  du  style  de  Goshyoun,  changea  complètemcnl  de  manière,  et  se  lil  un  genre  personnel. 


220 


CHAPITRE  IV 

Sculpture. 


Par  suite  de  la  paix  qui  régna  au  Japon  depuis  l'administrai  ion  des  l'okougawa,  pemlanl  près 
de  trois  siècles,  la  sculpture  présente  un  esprit  très  différent  de  celui  qu'on  lui  découvre  aux  époques 
précédentes.  Elle  répond  au  goût  d'alors,  décoratif  et  luxueux.  Autrefois,  au  cours  .les  périodes  de 
Ota  et  de  Tovotomi,  le  Bouddhisme  avait  subi  une  crise  profonde  et  avait  périclité.  I.es  lokougaw.i 

XJ 

lui  rendirent  les  domaines  et  les  revenus  de  temples  qu'il  avait  perdus,  et  construisirent  des  t»*mph*s 
et  des  monastères. 

Iyétsouna,  notamment,  imitant  l’exemple  ancien  des  Ashikaga,  désira  élever  d.  s  temple  /.eu. 
et  demanda  aux  Ming  des  bonzes  distingués.  Le  bonze  Inghèn,  étant  alors  venu  au  -lapon,  fonda,  en 
Yamashiro,  les  temples  de  Oudji,  ceux  qu’on  nomme  Waubakou  San  et  Mampou-kouji.  Ils  apparte¬ 
naient  à  une  branche  de  la  secte  Zèn  qu’on  appelle  la  secte  orthodoxe  Kinsai.  C  r>t  la  secte  de  \\  m 
Bakou. 

D’autre  part,  la  3e  année  Djyaukyo  (168G  ,  Tsouna-voshi  organisa  en  Iwvanto  i*  temple* 
bouddhistes  de  la  secte  Jyaudo,  favorisée  par  les  Tokougawa,  et  on  lit  des  monastères.  I.<  <  ei.ddis 
sements  religieux,  même  ceux  qui  avaient  été  abandonnés,  redevinrent  florissants,  l’ai  suite,  l.i 
sculpture  des  décorations  et  des  divinités  des  temples  entra  dans  une  ère  de  prospérité.  Si  I  un 
recherche  les  noms  des  maîtres  imagiers  célèbres,  on  trouve,  en  Iwvanyéi  162  4-  H  »  \  J  ,  b*  bonze 
Tanshvau,  le  Ilôgén  Djyauki  ;  en  Kwamboun  1661-167*3),  le  1 1 an  kyau  Kaujliyan,  Sa  Iwau  km 
you  ;  en  Empô  (1673-1681;,  Tankaï-ritsoushi,  Shimidzou  Bvoukéi;  en  Djyau-kyau  i6N|-i6ss,  |. 
H  au  Kyau  lvauzan  ;  en  Hauréki  1701-1764),  Komaï-ryoutchô  ;  en  Anvei  1 77  >- 1 7N 1  .  le  bonze  Gouten 
en  Ghèn-rokou (1 688-1 704  ,  Jyau-kei  ;  les  maîtres  imagiers  Mingbouet  Sakvau.  Dépendant,  les  statuaires, 
opprimés  par  les  procédés  de  leurs  prédécesseurs,  ne  créent  rien  de  neuf.  Ils  laissent  déchoir  leur  art,  I 
dans  leurs  œuvres  gaspillent  l’or,  l’argent  et  les  joyaux  sans  se  proposer  un  autre  but  quelle  flatter 
les  yeux  du  vulgaire.  En  décoration  architecturale,  la  production  est  augmentée  de  beaucoup.  Des 
édifices  sont  entièrement  décorés  de  sculptures,  tels  le  Tô-shû-gou  de  Nikkwau,  le  kwanveiji  et  le 
Zaujyauji  a  Edo  ;  le  Ilonganji  a  Kyauto.  Cette  décoration  porte  le  nom  de  ses  hommes  éminents: 
c’est  l’école  de  Hidari-jingorau. 

Les  familles  Gô-tô,  Shima-moura,  Ishikawa,  établies  à  Edo  de  génération  en  génération,  sont 

O  O  7 

célèbres  pour  le  Miyabori  (sculpture  de  temples). 

A  Kyauto  demeurait  Okamoto  lomo-souké,  né  a  Mikawa,  célébré  sculpteur  dont  d  nous  reste 
plusieurs  œuvres,  notamment  les  grues  volantes  des  frises  du  Kwannonzan. 

Le  Nô  devient  de  plus  en  plus  en  faveur  vers  le  milieu  de  cette  époque.  O11  fait  des  masques 
superbes.  Les  plus  célèbres  artistes  de  ce  genre  sont,  en  Kwamboun  (1661-1673),  Mitsounaga,  de 
l  école  de  Ltchizen  Demé,  a  qui  succèdent  Mitsoushighé,  Mitsoufouça,  Mitsou-zané,  Mitsou-tada,  qui 
tous  possèdent  à  fond  leur  art. 

En  Shyauhô  (i 644-1 648),  paraît  Iyé-shighé,  de  l’école  de  Aumi-i-zéki,  dont  l’art,  extrêmement 
délicat,  jouit  d’une  grande  réputation. 

En  Jyauô  (i65a-i655),  Mitsou-yaçou,  de  l’école  de  Ohno  Démé,  est  continué  par  Mitsou-taka, 
Mitsou-nori,  Mitsou-nawo,  Aaçou-hiça,  Yaçou-yoshi,  Yaçou-taka. 

Mitsou-maça,  fils  adoptif  de  Mitsounaga,  qui  prit  plus  tard  le  nom  de  Kodama,  est  le  fondateur 


PAYSAGES  (par  Croshun,  Matsoumoura). 

XVIIIe  siècle  (Foudjita-den-zabouro  Osaka). 


I 


221 


<lr  I  eeole  Mèn-outchi-Kodama.  Il  lut  continué  par  Tomo-mitsou  et  Yoshi-mitsou.  Ce  qu’on  appelle 
les  (iMivres  de  I  Ecole  est  sorti  de  leur  école.  Les  œuvres  de  ces  élèves  ne  sont  pas  nombreuses.  Les 
plus  célébrés  d  entre  eux  sont  Yarnato  Yoshi-mitsou,  Kadzou-mitsou,  Takamitsou,  Tchikougo,  etc. 
Les  masques  de  Laboura  et,  autres  ont  fourni  un  assez  grand  nombre  de  belles  œuvres.  La  sculpture 
<b‘s  nelskes,  a  parlir  de  cette  époque,  est  très  florissante  et  féconde  en  œuvres  délicates.  En  somme, 
le  Nelsoukc  bori  cherche  surtout  I  idée,  meme  dans  l’interprétation  par  le  métier.  Les  matières  qui 
composaient  les  nets k es  étaient  très  variées.  On  lit  d’abord  des  dieux  et  des  génies,  des  démons, 
des  Bouddhas,  des  personnages,  puis  des  animaux,  des  oiseaux,  des  poissons,  des  insectes,  des 
Heurs,  des  fruils,  cl  jusqu  a  des  paysages.  Il  n’est  pas  de  sujets,  réels  ou  imaginaires,  qui  n’aient 
ete  mis  a  contribution,  lui  somme,  h*  commencement  de  la  sculpture  de  netské  n’est  pas  exactement 
connu .  Cependant,  si,  vers  l\\van-yei  ifis'j-ifijj  ,  llounani  Kwau-yetsou  et  Nonogoutchi  Rippô  en 
ont  fait,  comme  on  b*  dit,  ils  n’ont  certainement  pas  dû  en  faire  beaucoup. 

Elus  tard,  on  Iwvamboun  et  I  èn-wa  i GG i - 1 G8/j  beaucoup  de  gens  portent  à  la  ceinture  des 
mro  et  des  réticulés.  Les  netsoukés  aussi  tendaient  donc  à  devenir  à  la  mode.  Mais  à  cette  époque, 
on  avait  un  engouement  exclusif  pour  les  objets  de  Chine.  On  copiait  tous  les  usages  chinois,  et  cette 
lièvre  d’imitation  conduit  à  des  procédés  merveilleux.  Ceux  qui  faisaient  alors  les  netskés, 
e  étaient  des  maîtres-imagiers,  des  maîtres-sculpteurs,  des  maîtres-ivoiriers  et  laqueurs.  Ils  les 
exécutaient  dans  leurs  moments  de  loisir,  et  il  ne  semble  pas  que  cela  allât  plus  loin  que  de 
répondre  aux  demandes  des  amateurs.  Le  métier  n’était  pas  encore  à  l’état  de  tradition. 

C'est  en  Ohènmkou  et  Shvautokou  ibKj-ijiG)  que  la  demande  des  netskés  augmente,  que  la 
mode  b ‘s  impose.  Les  fabricants  deviennent  alors  très  habiles  dans  cet  art,  et  ils  parviennent  à  produire 
des  objets  très  remarquables.  Les  amateurs,  de  leur  coté,  s  ingéniant  à  posséder  des  netskés  hors 
du  banal,  traçaient  des  projets  <pi  il  faisaient  exécuter;  par  leurs  idées  et  leurs  recherches,  ils  firent 
luire  un  progrès  considérable  à  cet  art.  \  ers  cette  époque,  les  artistes  en  Bouddhas  de  Nara,  dans 
leurs  loisirs,  firent  beaucoup  île  personnages  de  No  et  de  petits  masques.  Ces  ouvrages  eurent  une 
grande  vogue.  Il  advint  que  de  kvauto,  Ohsaka  et  Nara  on  fournit  en  abondance  des  netskés. 

A  partir  de  Iwnu-ho  i  —  H  »  jusqu'à  lloreki  i  ~6  Y  et  plus  tard,  le  nombre  des  amateurs  de 
netské*  s  alla  croissant.  La  cause  principale  est  1  usage  du  tabac.  A  cette  époque,  les  Daïmyau  et  les 
llatanioto  voulaient  une  belle  ornementation  à  leurs  sabres  et  les  rendaient  magnifiques,  parce  qu  ils 
les  portaient  à  la  ceinture.  |)e  leur  cote,  les  grands  marchands  et  les  hommes  riches,  au  lieu  de 
sabre,  accrochèrent  à  leurs  ceintures  des  blagues  à  tabac  qu  ils  voulurent  belles  et  luxueuses.  Aussi, 
lorsqu  ils  trouvaient  un  de  ces  objets  à  leur  convenance,  ils  n  hésitaient  pas  à  le  payer  très  cher.  Leur 
fabrication  atteignit  alors  une  haute  élégance.  Dans  les  objets  exécutés  alors,  le  dessin  correspond 
au  sens  d’anciennes  poésies.  Des  peintres  en  renom  en  dessinaient  les  projets.  On  les  exécutait  avec 
le  plus  grand  soin,  et  par  suite  on  lit  des  œuvres  très  artistiques. 

En  Meiwa  et  kyauwa  iy(>j-i8oj  ,  cette  mode  atteint  son  apogée.  Lest  a  partir  de  cette 
époque  que  la  profession  de  maître-sculpteur  en  netskés  se  transmet  dans  les  familles.  Les  plus 
remarquables  des  artistes  de  talent  sont  Aoshimoura  Shyouzan,  Ogaça'wara  Issaï,  Idzoumi-ya, 
Tomotada.  On  cite  aussi  le  llogén  Shyoughètsou,  Djyoutei,  Ounjyou,  1  oshi ,  Aoumé-marou,  Tamétaka, 
Minko,  Shyauminsaï,  Dénié  Ouman,  Kawaï  A oritake,  Séibéé.  Dans  1  ordre  des  petits  tia'saux,  une 
telle  nouveauté  d  invention,  une  telle  liberté  du  ciseau  ne  s  étaient  encore  jamais  \ues. 

A  partir  de  Bounkwa  et  Bounsei  (i8o4_i8i8),  les  excès  de  luxe  dépassent  1  imagination,  et  1  on 
arrive  à  employer  souvent  comme  matières  les  métaux  précieux  et  les  pierreries.  Comme  artistes 
célèbres,  on  cite  alors  Rakoushikèn,  Ghyoukwa,  Yamagoutchi  Tomotshika,  Meikei  Saï-hau-jitsou, 
Shinshi  Saï-ryoukei,  Morikawa  To-èn,  Nagai-rantei,  Miya-çaka-hakouryou,  Yamagoutchi  Okatomo,  etc. 
Depuis  cette  époque  jusqu’à  la  restauration  de  Meidji,  bien  que  les  objets  d  art  soient  en  décadence, 
ces  netskés,  toujours  en  modification  perpétuelle,  sont  enfin  devenus  des  sculptures  d  ivoire  ou  des 


■  )•>•) 


,  i  i>  .  j,.  l'îvrtîri»  <‘h1  ilù  sans  doute  a  ces  uetskcs. 

obiets  décoratifs.  Le  développement  actuel  de  a  ri  i  ,  ,  * 

objets  accord  i  (1.rande  importance.  Le  nom  de  statuette.  de  Vira 

La  sculpture  de  figurines  avait  pris  a  IVira  r  i 

leui  (  st  reste.  W  oL-  imivi  on  portait  des  troupes  sculptes.  Il  faut 

Autrefois,  dans  les  cérémonies  de  Kaçouga  W  akam.N  a,  on  pm  .1  i 

voir  là  sans  doute  l’origine  de  l'art  des  statuettes.  .  -, 

A  l’époque  de  Okauohokyau,  cet  art  devient  de  plus  -  P . .  le«° 

delà  sculpture  dite  »  à  coups  de  couteau  faites  d’un  coup  .1,  ciseau  enlevé.  C«rt  un  ge . lér,v< 

des  poupées  de  Nara.  inauguré,  vers  Bounkwa  {.8oi  par  livan-U  l,>au.  q.n  a  -ni,...-  sur.»,,,  .les 

1  ,  .  t  p  ■  i  k  imo  d’A^akea,  etc.,  deviennent  plus  en  plus 

oiseaux  et  des  insectes.  Les  figurines  de  baga,  Q< 

.  x  knoiiiâ  I  on  voit  se  développer  la  >euli>ture  connut* 

intéressantes,  atteignent  meme  une  grande  beauté,  <1  '<»  I  i 

sous  le  nom  de  figurines  animées.  Les  maîtres  les  plus  fameux  de  ce  ge .  . Mi»  i . -no 

Souké,  Matsoumoto  Kiçabourau,  Nedzonmi-va-gohée.  Les  des,- . .  de  ee  d.-rm.-r  . . 

aujourd’hui  sa  profession. 

Dans  la  sculpture  décorative  des  ustensUes,  on  use  du  Yoshino-bori,  d,  l 

du  repercé,  etc.,  avec  une  maîtrise  qui  rend  ces  objets  très  estimés  dans  le  ni . . 

Youghetsou,  Jyodéi,  Sô-itchi.  Ki-hatchi.  I langerait  ont  Ions  a  celle  époque  un  Inl-ttl  d. 

premier  ordre  dans  la  sculpture  fine.  A  partir  du  milieu  de  l'époq . les  I  ukoiigaun.  il  \  a  c,  qu  ..u 

appelle  les  intailles  Teppi-tsou-bori  .  La  sculpture  sur  bambou,  sur  pierre,  sur  b«.i,.  a.-e.-mpauna 
la  mode  de  la  «  décoration  de  lettrés  -  .'st  au  comble  de  sa  prospérité  U 

bien  qu’existant  déjà  depuis  le  commencement  de  cette  époque,  arrive  .1  ,  tn  v\\  1  •  im  m>  ut 
florissante  vers  le  milieu.  L’art  de  Taï-nèn,  de  Fou-vau,  etc.,  est  quelque  chose  «b*  1res  b.  ni 


GENRES  ET  PROCÈDES 


Les  statues  bouddhiques  de  ce  temps  sont,  pour  la  plupart,  sculptées  eu  l »•  *  1  -  I*  mps  *  u 
temps,  il  y  en  a  en  cuivre,  mais  ce  n’est  pas  la  peine  <1  en  parler.  L  exécution  ne  semble  pa-  dilb -i •  r 
de  celle  de  l’époque  précédente.  La  décoration  architecturale,  à  l’époque  <>u  nous  "diiiiii»’».  •  L >1 1 
répondre  à  une  demande  double  de  celle  de  l’époque  précédente.  La  sculpture  des  t-  mpl*  -  Min.i 
bori),  et  la  sculpture  des  frises  deviennent  tics  professions  séparées  qui  rivalisent  d  »n^'-ni"~ite 
et  d’exécution.  La  matière  employée  est  généralement  le  bois  dur.  On  sculpte  des  11.  ui»  et  de. 
plantes,  des  oiseaux  et  des  animaux,  des  motifs  divers,  des  nuages.  Tantôt  on  laisse  le  Loi-  nu. 
tantôt  on  l’enduit  de  couleurs.  L’art  des  masques  est  très  florissant,  grâce  à  la  faveur  où  sont  tenus 
les  nô  à  partir  du  milieu  de  l’époque  des  Tokougawa.  O11  ne  voit  rien  dans  les  époques  précédente, 
qui  soit  comparable.  Dans  ce  genre,  il  y  a  plusieurs  écoles  qui  différent  entre  elles,  soit  par  b* 
coup  de  rabot,  soit  par  le  coloris,  soit  par  plusieurs  autres  points.  La  matière  employée  est  presque 
toujours  le  bois,  mais  on  en  trouve  en  papier  mâché.  Quant  aux  nctskés,  il  en  est  de  toutes 
matières,  de  pierres  précieuses,  d’ébène,  de  bambou,  d’ivoire,  de  corne,  d’agate,  d’ambre,  de 
corail,  etc.  Pour  les  figurines  et  les  netskés  fl  Ouflji,  on  emploie,  flil-on,  les  arbres  à  thé  croissant 
dans  cette  localité,  leur  les  figurines,  on  emploie  surtout  le  bois;  on  011  lait  aussi  en  pétrissant 
de  la  seuil e.  G  est  ce  qu  on  appelle  les  figurines  peines,  loutes  sont  pour  la  plupart  1res  colorées. 
Les  figurines  de  Saga,  sculptées  dans  le  bois,  peintes  et  dorées,  sont  très  belles. 

Les  figurines  de  Kamo,  du  genre  nommé  Aanaghi-bori,  c’est-à-dire  la  tête  et  les  quatre 
membres,  sont  sculptées  avec  délicatesse  et  le  costume  est  en  carton  recouvert  d’étoiles  collées. 

Les  figurines  d  Açakouça,  inaugurées  par  Soughino-ya  Tchika-youki  sont  très  belles  par  b* 


coloris,  plutôt  (|iic  par  la  sculpture.  Petit  à  petit,  on  en  vint  à  faire  les  figurines  animées,  sculptées 
en  copiant  exactement  les  personnages  vivants.  Plus  tard,  on  leur  ajouta  même  des  mécanismes  qui 
luisaient  mouvoir  les  quatre*  membres  et  la  bouche.  L’incrustation,  le  repercé,  les  sceaux,  ont  des 
procédés  variés. 


MAITRES  ET  ŒUVRES 


lau  K  ai  Uislii,  nommé  ordinairement  llozan,  né  la  f)(‘  année  Kwan-ei  1629),  dans  le 
district  de  Ano  en  Ici'*,  aimait  la  peinture  et  était  aussi  un  maître  statuaire. 

La  7’’  annin1  Lmpô  11*79,  il  monta  sur  le  mont  Ikoma,  en  Yamato,  où  il  fit  une  statue 
de  l’oudau.  Il  londil  ensuite  dos  statues  de  Mirokou  et  de  Kokouzau.  Il  exécuta  religieusement  une 
statue  de  Kwanuon  au\  onze  faces,  et,  avant  réalisé  son  intention  constante  de  bâtir  un  temple 
à  Kwanuon,  il  l  \  installa.  Les  plus  belles  œuvres  de  Tan  K  aï  sont  conservées  au  Hôzanji  de 
Ikomavama.  Son  art  est  délicat  et  soigné. 

•  o 

Shimidzou-rvonkei,  de  Kyauto,  lit  de  la  sculpture  sous  Tan  Kaï  Rislii.  Son  stvle  est 
extrêmement  habile.  Il  fut  llôgan. 

Shyau-ouu  était  d  abord  artisan  en  Bouddhas  de  Kyauto  quand  il  alla  visiter  le  temple  des 
llakan,  en  lîouzen.  L  idée  lui  vint  d’élever  des  llakaii,  vers  les  années  Djyau-kau  1  (58  j- 1788.  Il  alla 
à  Ldo,  où  il  demeura  à  llauakawado,  dans  Acakousa,  et  là  il  commença  à  sculpter.  La  8e  année 
(dienrokou  1  ( >9 Y | ,  il  lit  b*  saint  patron  et  les  5oo  Rakan.  Il  mourut  la  7"'  année  Hoyei  (1710),  à  l’âge 
de  soixante-trois  ans. 

Kawatchi  Daïjvau  Ivé  Shighé,  lils  de  Bitchyou-jvau,  demeurait  en  Aumi  et  se  transporta  plus 
tard  a  Ldo.  Très  habile  sculpteur  de  masques,  il  a  un  très  haut  renom.  11  perfectionna  les  procédés 
d  un  coloris  particulier,  simple  et,  souple,  (pi  on  appelle  communément  coloris  de  Kawatchi.  Parfois 
aussi,  sans  se  servir  de  brosse,  il  fixe  la  couleur  avec  un  tampon.  On  appelle  ce  procédé,  dont  il  est 
aussi  l'inventeur,  coloris  au  tampon.  Il  mourut  la  70  année  Shyau-ho  (i(>45  . 

XI  vsoi  1  Di  No  :  m  mon.  -  Mus.*.,  impérial.  !•  ig.  (ii  n  .  Voir  Mambi,  p.  179*) 


l'ig.  (55  l)  .  Masque  de  llanmja  (Musée  impérial).  —  Ilannva  est  la  jalousie  personniliée. 
L  auteur,  I s < * l< i  Kawati,  a  rendu  b*  sens  du  sujet  d’une  façon  profonde.  L  incrustation  du  métal  doré 
aux  yeux  et  pour  les  dents  rend  le  sujet  plus  expressif.  Ce  masque  est  usité  dans  les  pièces  telles 
que  Dàjôji  e!  Kourozouka. 

l'ig.  (55  c  .  Masfjur  de  Ad  Musée  impérial).  —  Masque  de  jeune  seigneur  dit  Jorokou  ;  on 
v  voit  la  distinction  du  personnage.  Le  coloris  est  aussi  réussi.  Il  est  employé  pour  représenter  un 
personnage  comme  Atsoumori.  Il  est  I  œuvre  de  Kawatchi. 

Fig.  (55  (/  .  Masque  de  A  VL  —  Masque  de  Takashiki,  jeune  homme.  C’est  aussi  la  sculpture 
de  Iseki  Kawati.  Le  coloris,  sans  être  lin,  donne  une  expression  douce. 

ili  Mvsqvks  dk  no.  —  Musée  impérial. 


Yamato  Mamori,  élève  du  précédent,  était  d’abord  prêtre  shinto  de  Nara,  et  vint  ensuite 
vivre  à  Ldo.  Il  mourut  la  12°  année  Ixwamboun  (1672;.  Son  sceau  à  chaud  est  Tenka-itchi 

Yamato. 

l’ig.  (55  [e].  Masque  de  Kijaughèn  (Musée  impérial  .  Masque  de  Bonakou,  sculpté  par 
Yamato  Mamori.  Le  colons  ressemble  aux  masques  de  Kawati.  L  auteur  s  est,  distingue  aux  ligures 
douces  de  femmes,  mais  on  rencontre  aussi  ses  œuvres  dans  les  sujets  forts  tels  que  celui-ci. 


—  11(\  — 

Manshyo,  fils  adoptif  do  Ghènkyou  Man-yei  exerça  son  ari  on  Kawalcfi,  puis  qmtta 

la  famille  de  Man-yei,  retourna  à  Kyauto,  où  il  prit  le  nom  de  km  •>»•'  -  u""-  1  1  '  ^ 

le  palais.  Il  prit  ensuite  comme  sceau  :  Ten-ka-itchi  Aurai.  Il  pnt  >  a  o  •>  11  J 

Man-yei,  quand  il  travaillait  avec  lui.  1  lus  tard,  d  muta  •  . 

J  1  ,  ,  .T  •  ,  /  o._  nie  IVhvau-ouémoii  I  oinoinitsou  continua 

beaucoup  de  talent.  Il  mourut  la  iro  annee  Iloyei  170  1  .  >  on  ld. 

sa  maison.  .  .  u-  . 

Miya-ta  Tchikougo,  élève  du  précédent,  demeurait  à  Kyauto.  Son  sceau  porte  .  M.ra.a 

Tchikougo,  dans  un  contour  d’écran. 

Fior.  65  If).  Masque  de  Nô  (Musée  impérial).  -  Masque  de  lîésliimi,  sculpté  par  Miyada 


Tchikougo.  Le  caractère  du  sujet  est  remarquablement  exécuté 
comme  un  chef-d’œuvre  de  l’auteur. 


Aussi,  considère-t-on  ce  masque 


Tohakou  Mitsoutaka,  fils  de  Mitsou-yaçou,  d’abord  élève  de  Aumi,  après  la  mort  de  son  père, 
alla  à  Edo.  Adopté  par  Souké-zaémon,  il  continua  sa  maison.  Il  mourut  la  5e  année  Shyautokou 
(17O). 

Tosoui  Man-kou,  üls  du  précédent,  surnommé  Mambi,  signait  à  chaud  Démé-mambi.  Il 
mourut  la  1/4°  année  Kyau-hau  (1729). 

Nonogoutchi  Rippo,  nommé  Tchika-shighé,  de  Kyauto,  aima  dès  son  enfance  la  peinture,  fut 
élève  de  Tanyou.  Plus  tard,  il  imita  Sô-tatsou,  dont  il  pénétra  le  style.  Il  avait  aussi  du  talent 


Histoire  de  l'Art  du  Japon. 


PI.  LXII 


DESSINS  D’ANIMAUX  (par  Rosctsou). 


XVIIIe  siècle  (Yaçouda-Yaçokitci  Hiroshima). 


22  ) 


Fig.  66.  —  Nêtsoükés  de  Siiwin. 


comme  sculpteur  <‘l,  faisait  do  beaux  netskés.  Son  art  est  aisé  et  ses  idées  distinguées.  C’est  qu’il  a 
une  solide  éducation  de  peintre.  Comme  il  avait  du  talent  pour  les  ligurines  (Ilina-ningyau),  on 
I  appelle  I  linaya-rippo.  Il  mourut  la  if  année 

Kwauboun  ififiq  à  l’âge  de  soixante-quinze  a  b 

ans. 

Yosliimoura  sliyouzan,  d  Ohsaka  en 
Setsou,  étudia  d  abord  la  peinture  des  Kano 
cl  travailla  avec  Sada-nobou.  Il  lit  de  grands 
progrès  dans  cet  art,  où  il  montra  un  talent 
< I < *  coloriste.  Il  fut  nommé  Ilûgan.  Il  pratiqua 
la  sculpture  et,  lit  des  netskés.  Ses  idées 
sont  originales  et  sa  couleur  magnifique.  Ses 
sujets  sont,  pour  la  plupart,  pris  dans  le 
Shau-hai-kimj*  ou  b*  Uessen-zèn-dèn.  A  ces 

n 

sujets,  choisis  parmi  les  plus  étranges,  il 
ajoute  encore  le  cachet  de  sa  rie  lie  imagi¬ 
nation.  Les  œuvres  sont  très  nombreuses.  Il 
florissait  en  Meiwa  et  Anvei  entre  i yG \  et 
1781 . 

Fig.  (Kl  a  X et  soûle  (Kaménosouké 
Ilirasé  d’Osaka).  — -  Sénnin  (ermite)  en  bois 
sculpté  et  colorié  par  Yosliimoura  Sliyouzan. 

C’est  un  caractère  particulier  que  l’auteur 
seul  a  su  faire  exprimer  par  ses  sujets. 

Fig.  ()(>  A  .  Xétsoulé  (Musée  impérial).  —  Sénnin  (ermite)  en  bois  colorié  de  Sliyouzan.  Dans 

cet  objet,  on  voit  surtout  le  côté  fin  de  la 
sculpture  de  Shyouzan  qui  est  un  artiste 
essentiellement  synthétique. 

Migoutchi-shyoughetsou,  de  Nanixva, 
en  Setsou,  aimait  la  peinture  et  avait  étudié 
le  style  de  Kano.  C’était  un  peintre  profes¬ 
sionnel.  Il  fut  Hôgan.  Il  était  aussi  habile 
sculpteur,  fit  bien  les  netskés.  Il  a  un  style 
tout  personnel  et  une  inspiration  heureuse. 
Ses  netskés  étant  très  appréciés  de  ses  con¬ 
temporains,  il  abandonna  la  peinture  et  alla 
à  F  do  où  il  se  livra  exclusivement  à  la 
sculpture  des  netskés.  Ses  descendants,  qui 
portent  tous  le  même  nom  de  Shyou-ghetsou, 
ont  continué  sa  profession  de  génération  en 
génération. 

Ogasawara  Issaï,  né  à  Wakayama,  en 

O  7  J  1 

lviié,  sculpteur  de  talent,  faisait  des  netskés 
et  jouit  d’une  belle  renommée.  Il  est  supé¬ 
rieur  aux  sculpteurs  de  netskés  de  son  temps.  Il  a  surtout  employé  1  ivoire  et  la  dent  de  baleine.  Ses 
œuvres  en  couleurs  sont  rares. 

Fig.  67  a  .  Nétsouké  (Tsouroumatsou  Mizoutani  d’Osaka).  —  Sculpture  en  bois  de  Ogasawara 

29 


Fig.  (>7. 


Xktsockks  ni  ihadlk. 


Fie1.  (>8.  —  Nétsouké  de  bœuf. 

o 

M.  Auzéki  de  Tokio. 


Issaï  représentant  le  blaireau  déguisé  en  homme.  L  animal  n  osl  tpi  a  la  nu  ni  i*  *1'  >.i  1 1  .m  Ici  nul  i  u 
l’auteur  a  rendu  à  merveille  l’expression  combinée  de  I  iiomtne  el  de  la  bele. 

Fig.  67  [A].  Nétsouké  du  diable  (Musée  impérial).  —  Le  diable  se  regardant  dans  un  miroir. 
Ce  Nétsouké  en  métal  est  ciselé  par  Ilamano  Shôzoui  dont  la  biographie  se  trouve  dans  le  chapitre 
de  la  ciselure. 

Idzoumi-ya  Tomotada,  de  Kyauto,  sculpteur  de  talent,  excelle  surtout  dans  les  nHskés 

représentant  des  bœufs.  Son  travail  <*st  très  délira! 
très  vivant.  Ses  œuvres  avaient  à  Kdo  nue  très  grande 
réputation,  de  sorte  que  les  copies  en  sont  extrêmement 
nombreuses.  Mais  un  expert  peut,  au  premier  coup  dVil, 
distinguer  les  œuvres  authentiques. 

l'jg.  68.  Le  sujet  du  bœuf  couché  en  ivoire  est  le 
favori  de  Tomotada  qui  se  distingua  sur  I  élude  de  la 
nature. 

Tamétaka,  établi  à  Xagoya,  en  Owari,  aequit  une 
grande  réputation  de  sculpteur  de  netskes.  Ses  «ouvres 
sont,  pour  la  plupart,  îles  personnages  on  des  Meurs  et 
plantes.  Dans  les  motifs  colores  dont  il  les  orne,  il  ne  >«• 
sert  pas  de  matières  colorantes,  mais  il  sculpte  en  relief. 
On  peut  dire  que  dans  la  sculpture  de  netskés  il  a  produit  quelque  chose  d  absolument  lient 

Minkô,  de  Tsou,  en  Icé,  sculpteur  de  talent,  faiseur  de  netskés, 
a  exécuté  des  œuvres  soignées  et  belles.  C’est  un  maître .  Ses  Darma, 

O 

conçus  comme  si  la  prunelle  était  animée,  sont  très  beaux. 

Fig.  69.  Ce  sujet,  qu’on  appelle  vulgairement  «  le  renard  déguisé 
en  vieux  prêtre  »,  se  nomme  Iïakouzôsou.  La  tète  et  la  canne  sont  on 
ivoire  et  le  corps  en  bois.  Œuvre  de  Minkô. 

Kami-bayashi-ghyouka,  d’Iwamoura,  en  Mino,  aimait  les  élé¬ 
gantes  figurines  de  Nara-  Il  les  imita  et  lit,  en  bois  de  thé,  des  netskés 
représentant  des  cueilleurs  de  thé.  Ils  étaient  très  élégants.  Aussi  les 
contemporains  les  ont-ils  appelés  Figurines  d’Oudji.  Leur  réputation  est 
très  répandue. 

Miw  a,  sculpteur  de  Yédo,  de  la  période  Temrnéi  1780-17881, 
aima  sculpté  les  nétsoukés  et  acquit  le  talent  reconnu.  Il  chercha  ses 
sujets  dans  le  Japon  même  et  préféra  le  bois  de  Isou  et  de  cerisier 
au  buis.  Son  travail  prit  le  nom  du  nétsouké  de  Yédo. 

Fig.  70  [a].  Nétsouké  d’enfant  Tchojirô  Miyagawa  de  Tokio). 

—  Bois  sculpté  de  Miwa  représentant  un  enfant  cachant  de  sa  main 
gauche  un  masque  de  renard  et  de  sa  main  droite  montre  l’œil  pour 
dépiter  qui  veut  le  prendre. 

Fig.  70  [b\.  Nétsouké  de  singe  (M.  Auzéki  de  Tokio  .  —  Bois  sculpté  de  Niwa,  plein 
d’esprit  de  vérité. 

Ryoukéi,  de  Edo,  faiseur  de  nétsoukés,  manie  le  couteau  avec  une  telle  sûreté  qu’on  ne  11  saisit 
nulle  trace.  Il  chercha  a  laire  des  ivoires  teints,  et,  après  beaucoup  de  tâtonnements,  en  perfec¬ 
tionna  les  procédés,  qu  il  appliqua  aux  netskes.  Ses  abeilles,  d  aspect  réaliste,  sont  charmantes. 
Il  eut  aussi  beaucoup  de  talent  dans  la  sculpture  de  faible  relief. 

Fig.  71  [al.  Nétsouké  de  Hotei  (Kanéjiro  Kanéda  de  Tokio.  — 


t  ig.  <»)■ 


\  I  /  soi  Kl  . 


M.  Au/.t'ki  de  Tokio. 


Bois  sculpté  de  Rioukoi. 


Dans  retle  (‘\i“cnl ion  dune  grande  finesse,  l 'auteur  montre  l’originalité  dans  le  sujet  en  faisant 
| h) lier  les  deux  bras  sur  le  dos  dans  lesquels  on  peut  passer  le  cordon. 

lig.  7  1  ^  •  -A ctsoulc  de  (‘0(/in liages  kanéjiro  kanéda  de  Tokio).  —  Cinq  petites  coquilles 

assemblées,  sculpture  d(i  lîioukei,  d  une  appa¬ 


rence  tellement  ual u rel b*  qu’on  les  prend  pour 
de  vrais  coquillages,  a  causi*  des  taches  de 
couleur. 

Souglii-nova  Tcliika-vouki,  de  son  nom 
de  famille  Toiikoii-shima,  lils  de  Iwva-shvo 
Tchika-harou,  demeurail  à  Aeakça,  à  lulo.  Il 
apprit  la  peinture  avec  son  père,  puis,  aimant 
la  sculpture,  il  lit  des  nelskes.  Ses  idées  sont 
1res  ingénieuses,  son  modelé*  et  sa  couleur 
distingués.  Ses  sculptures  portent  la  trace 
de  son  talent  de  peintre.  Ses  figurines  lurent 
appelées  lie-urines  d  Aeakça  ;  ce  doit  être  par 

analogie  avec  le  nom  de  Nara-ningli  vo  donné  aux  figurines  faites  à  Nara.  Il  mourut  en  juillet  1882 
dans  sa  quarante-sixième  année. 

Yamagouti  Tomotika,  signe  aussi  Tcliikouvosaï.  Né  à  kyauto,  étudia  la  sculpture  avec  son 


Ig.  70. 

ri  j 


XÉTSOUkÉ  :  EXFAXT  K  T  SfXGIÎ. 


N I  I  soi  kl  s  l»l  ItulKl  II  III  Ciioi  n.i.ua 


Fig.  —  Xétsoukés  de  domestique 

ET  DE  GAKÇOX  DE  BOUTIQUE. 


frère  Sliomin,  attaqua  les  nétsoukés  avec  un  talent  acquis.  Il  lit  d’abord  les  animaux  et  les  hommes. 
Il  sut  donner  la  vie  à  ses  sujets  d’une  exécution  line.  Il  eut  son  temps  de  vogue.  Il  mourut  en 
1  «S«So,  dans  sa  soixante-dix-septième  année. 

Idg.  7a  fi  •  Xctsoule  de  jeune  garçon  (kasouké  Saïto  de  Tokio).  - —  Ivoire  sculpté  de 
Tomotika,  représentant  un  jeune  garçon  broyant  le  médicament, 

Pio*.  -2  b  .  Xétsouké  (kasouké  Saïto  de  Tokio).  —  Ivoire  sculpté  de  Tomotika,  représentant 
un  domestique  renouant  les  cordons  de  sa  sandale. 

To-èn,  de  Nara,  aima  la  peinture  dès  l’enfance,  mais  devint  célèbre  dans  la  sculpture, 
ipi'il  apprit  avec  Okano  llobakou.  Son  invention  est  ingénieuse,  son  couteau  très  libre.  11  a  une 
joliesse  aimable,  bien  que  sa  couleur  ne  soit  pas  très  franche  ni  très  éclatante.  Il  a  beaucoup 

produit. 

Nagaï  lian-téi,  d’idzoumo,  demeurait  à  kyauto.  Sa  sculpture  est  originale  et  précieuse. 
Sa  conception  est  ingénieuse  et  son  coup  de  couteau  délicat.  11  a  lait  en  netskés  des  personnages, 
des  Heurs,  des  oiseaux,  des  paysages;  mais  c’est  dans  les  personnages  qu’il  excelle.  Sur  la 


.  ,T.  ••  -i  i  ,  i  nn  nnjY  mille  sin,res  de  montagnes.  La  inimitié, 

demande  du  prince  de  Ninnaji,  il  sculpta,  dans  une  noix,  miiu  ■  ; 

,,  -il  1  i,-  Jletinminr  n  I  o‘l  nu.  Son  t  t  lui  \  ;  1 1 1 1 1 

du  travail  était  telle  qu  il  était  impossible  de  (  s  ^ 

le  titre  de  Hôkyau.  , 

Miya-zaka  Hakourvou  demeurait  à  Ghion,  à  Kyanto.  Célèbre  pour  ses  netskes  en  ivoire, 

il  a  fait  surtout  des  animaux;  il  a  particulièrement  bien  rendu  les  allures  des  t^res.  , les  léopards 

et  des  singes.  On  cite,  parmi  les  objets  de  cette  époque,  les  personnages  de  Itan-lei  et  b- 

animaux  de  llakouryou. 

Yamagoutchi  Okatomo  demeurait  à  Higashi-yama,  a  kyaulo,  ou  il  LL.iit  «h  *s  ,s 


ciseau  est  facile,  son  invention 
préférence  des  motiis  de  fleurs , 
en  chêne  on  en  ivoire  généra¬ 
is  waïg  u  i  o  ko  us  aï ,  s’ap  p  e  - 
Osaka,  est  un  sculpteur  de 
Hanzan  et  Guiokouzan.  Il  fut 
derniers  temps. 

haricot  (M.  Auzéki  de  Tokio). 


ii  usl  pas  banale.  Il  taisait  de 
de  plantes  et  de  petits  oiseaux, 
lement . 

lant  aussi  Masatsougou  de 

Nétsouké.  Il  prit  ses  sujets  chez 

célèbre  par  sa  tinesse  dans  ses 

I  i  t  r  -'j  a  .  .\  ctsoulc  Je 
r>  /  l 

Netsouké  en  bois  en  forme 


a 


Fig.  7>.  —  Nétsoukks  dk  haricot  i  r  dk  si  n»;* 


de  haricot  en  cosse.  La  queue  retournée  fait  l’anneau  pour  passer  le  cordon  et  h*  colimaçon  pose 
joue  le  rôle  de  bouton  d’arrêt. 

Fig.  7 3  [b].  Nétsouké  de  singe  (Tsouroumatsou  Mizoutani  d’Osaka  .  Ivoire  sculpté  <le 
Kwaguiokousaï  qui  paraît  avoir  imité  la  nature  par  la  tinesse  du  travail.  Le  singe  retient  le 
fruit  de  Kaki  (persimont)  en  regardant  autour  de  lui  d’un  œil  craintif. 

Okano  Ilohakou  habitait  Nara.  C  était  le  q°  descendant  de  la  famille  Okano.  Il  s  ap[)elait 
Shyau-jyou.  Il  a  fait  surtout  des  netskés  représentant  des  personnages  de  Nô.  Son  coloris  est 
harmonieux,  et,  comme  à  la  composition  et  à  la  forme  Ilohakou  joignait  du  style,  son  talent 
s  eleve  très  haut.  Ln  dehors  des  netskes,  il  a  sculpté,  dit-on,  beaucoup  de  boîtes  à  tampons  de 
sceaux  et  de  boîtes  à  parfums. 

Okano  llôkyou,  fils  du  precedent,  a  sculpté  des  netskés  représentant  des  personnages  de 

Nô  et  toutes  sortes  d’autres  sujets.  Son  ciseau  est  facile  et  son  coloris  agréable.  C’est  un  des 
maîtres  du  Nara-bori. 

Matsouda  Kyautchjau,  né  a  lakayama-matcbi,  en  llida,  d’une  famille  professionnelle  de 
génération  en  génération,  dans  sa  jeunesse,  s’attacha  à  Yoshida  Soukétomo,  avec  lequel  il 
apprit  la  sculpture  et  devint  un  maître.  Estimant  que  sur  les  figurines  de  Nara  la  couleur  était 
trop  épaisse  et  cachait  le  travail  de  la  sculpture,  il  parvint  à  mettre  à  profit  les  taches 


Histoire  de  l’Art  du  Japon . 


PI.  LXIII. 


1 

PORTE  YOMÉIMON  DE  NIKKWAU 


INTÉRIEUR  DE  LA  PAGODE  DE  DAIYUIN 

(XVIIe  siècle). 


I 


naturelles  des  fameux  arbres  de  llida,  le  pin  d’eau,  sans  ajouter  de  couleur.  Il  fit  des  grues,  des 
pigeons,  des  tortues  et  des  grenouilles.  C’est  ce  qu’on  appelle  la  sculpture  de  llida. 

Matsoiimoto  kiçabourau,  maître  statuaire  de  figurines,  de  kournamoto,  en  Higo,  vint  à 
hdo  au  commencement  de  Auni  (iHoj),  ou  peu  après.  En  passant  par  Nara,  il  vit  les  deux 
Malmrad ja lis  du  I  o-dai-ji  cl,  fui  si  «‘merveille  de  leur  beauté  qu’il  ne  put  s’en  éloigner,  dit-on, 
de  Irois  jours  entiers.  Arrive  a  Edo,  il  se  mit  à  faire  des  figurines  animées.  Plein  d’idées 
neuv«‘s,  d  s  attacha  surtout  a  la  structure  du  corps  humain.  Ses  figurines  semblaient  vivantes. 
Ce  sont  des  œuvres  d’un  grand  talent. 


CHAPITRE  V 

Architecture. 


L  architecture  «l«‘  cette  époque,  prenant  le  style  de  la  période  précédente,  y  ajoute  un 
caractère  délicat  et  recherché.  On  néglige  plutôt  Pharmonie  des  proportions  pour  soigner  partout 
les  details.  La  sculpture  va  perdant  son  caractère  architectural,  la  peinture  perd  le  sens  décoratif. 
L«*s  combes,  pour  la  plupart,  ont  abdiqué  leur  caractère  ferme,  qui  allait  jusqu’au  sublime.  C’est,  on 
p«*ul  l«‘  «lire,  le  «  rococo  »  d«»  notre  pavs. 

Architecture  bouddhique.  Tokougawa  Yei  Mitsou  et  kei-shvau-in  Kounifou- 
ashimau),  lils  adoptif  de  Oghi-matehi  I",  tirent  beaucoup  de  reconstructions.  Les  grandes  œuvres 
nouvelles,  de  celles  «pii  peuvent  r<*vélor  l  ame  <1«‘  ce  temps,  sont  relativement  peu  nombreuses.  Les 
tentatives  n'ont  pas  eh-  couronnées  «le  succès.  On  a  élevé  un  assez  grand  nombre  de  temples  Shinto. 
Leur  forme  est,  pour  la  plupart,  ce  «pi  on  appelle  Gonghen-dzoukouri.  Ils  sont  décorés  partout  de 
peintures  et  «b*  sculptures  compliquées.  Les  silhouettes  d«‘  l’architecture,  ainsi  que  les  détails,  abusent 
partout  des  courbes  jusqu’à  produire  la  fatigue.  Il  existe,  à  part,  une  architecture  de  temples 
funéraires.  Leur  plan  «l’ensemble  est  celui  «les  temples  bouddhiques.  Si  l'on  examine  les  constructions 
mm  a  une,  comme  pour  les  .linjva,  c«*  sont  <h‘s  mélanges  «le  Bouddhisme  et  de  Shintoïsme.  Cette 
architecture  use  à  profusion  «h*  la  décoration  et  abuse  des  courbes. 

L’architecture  palatiale,  comme  nous  l’avons  annoncé  plus  haut,  a  subi  I  influence  des 
tendances  à  la  mode.  En  irénéral,  elle  est  ornementale.  Tous  les  daïmyaus,  au-dessous  du  château 
«I  Edo,  arrangent  à  Eenvi  leurs  vashikis.  Ils  garnissent  l’extérieur  d’immenses  portails.  Au  dedans, 
ils  rivalisent  de  luxe  et  «le  beauté.  Parfois,  ils  dépassent  leurs  droits.  Aussi  a-t-on  établi  des 
lois  somptuaires  pour  prohiber  ces  modes  exagérées.  Mais  leur  force  n’a  pas  toujours  été 
effective. 

L’architecture  «le  château  fut  aussi  très  florissante.  Cet  art  devient  de  plus  en  plus  habile. 
L’architecture  de  pavillon  se  développa  peu  à  peu,  et  chaque  style  produisit  des  types  particuliers. 
Les  maisons  ordinaires,  d’autre  part,  firent  des  progrès  énormes  et  leur  construction  devint  enfin  à 
ce  qu’elle  est  aujourd’hui.  En  résumé,  l’architecture  profane,  pendant  les  trois  siècles  de  paix  de  la 
période  des  Tokougawa,  fit  des  progrès  sans  précédent.  Ses  compositions,  son  exécution  sont  vraiment 
à  leur  apogée.  Cependant,  elle  se  jette  dans  la  préciosité,  fille  perd  la  grandeur  de  l’aspect.  C’est  là 
un  fait  déplorable.  Ainsi,  dans  la  charpente,  les  architectes  suivent  obstinément  des  règles  mortes. 
Enfin,  se  liant  eux-memes  les  mains,  ils  en  arrivent  à  apprendre  des  stupidités  qu’ils  ne  comprennent 
pas.  C’est  là  une  triste  constatation. 


23o 


MONUMENTS 

Temple  funéraire  de  Tai-tokou-in  llidi-taila  II).  —  l"kvau.  SIuIm  :  Zojxaiiji 

C’est  un  excellent  type  du  genre.  La  disposition  générale  du  bâtiment  ressembla  à  celle  d'un 
Garan.  II  y  a  une  première  porte  extérieure,  une  porte  dédiée  à  l'empereur,  un  édicule  lustral,  un 
beffroi.  De  la  galerie  de  la  porte  intérieure  on  va  au  Haïden,  au  passage  dallé,  au  Ibmdèu.  Le 
blond  en,  à  double  toit,  a  tout  à  fait  le  caractère  d'un  temple  bouddlinpie  lUmtsou-den.  L  intérieur 
et  l’extérieur  sont  d’une  richesse  et  d’une  magnificence  indescriptibles.  Près  de  ce  temple  funéraire 
sont  ceux  du  et  du  8°  Shyaugoun.  Leur  style  ne  diffère  pas  sensiblement  «le  celui  du  •>' 

A  Tôkyau,  dans  le  parc  d’Ouéno,  il  y  a  encore  un  temple  des  Tokougawa.  Son  an  liiteel u r- 
est  aussi  tout  à  fait  semblable  à  celle  des  temples  de  Shiba. 


PI.  I.XIII  [i,  •>.  .  —  Yau-mei-mon.  —  Sliiiiiolsoukp.  —  Nikkw.m. 
Intérieur  du  temple  funéraire  de  Tai-you-in  I\ ùinitsou  111  . 


Tosliyaiiffon . 


Mtllir 


liM'dllh 


1 1 1  ■  Il l •< 1 1 1 1 


La  porte  est  à  trois  travées.  La  couverture  de  l’étage  supérieur  a  un  auvent  chinois  sur  b-" 
quatre  faces.  Quant  aux  détails,  partout  ce  sont  des  sculptures  tines,  des  peintures  éclatant* •**  U*- 

batiment,  vraiment  surchargé  de  peintures  et  de  sculptures,  doit  être  regardé*  comme  un  Ivpe  d •  • 
l’école  rococo.  D’un  autre  côté,  on  y  peut  voir  partout  une  construction  d  un  sentimeul  factice  .uim 
qu’une  décoration  artificielle. 

Ce  monument  est  bâti  absolument  par  les  mêmes  procédés  que  le  T<»sh\ augou  d*- 
Nikkwau-zan,  tombeau  du  premier  Tokougawa,  lyéyacou.  Si  on  compare  ce  monument,  aillai  qm 
le  précédent,  aux  monuments  de  Shiba  et  do  Ouéno,  à  Tôkyau,  à  part  l'échelle  qui  est  plus  grande, 
on  ne  constate  pas  de  différence  sensible. 


Nid.iyau-.iyau.  —  kvauto.  —  Palais  détaché  du  Nidjvan. 

La  partie  la  plus  importante  de  la  construction  de  ce  monument  date  de  kwanvéi  itla  j 
L’échelle  est  d’une  dimension  telle  qu’on  ne  peut  rien  lui  comparer.  L'est,  au  .lapon,  le  ehef-d  ..livre 
du  style  de  bibliothèque.  Le  plan  n’a  pas  de  caractéristique  frappante,  mais  la  pompe  de  la 
décoration  intérieure  est  pour  étonner.  Les  colonnes  de  la  bibliothèque  sont  d'un  équarrissage 
de  o  ,24  a  o  ,00  el  davantage.  Le  plafond  a  y  mètres  de  hauteur,  et  la  hauteur  du  toit  mesure 
plus  de  20  mètres.  Le  plafond  est  à  compartiments:  les  croisillons  sont  laqués  en  noir,  les 
compartiments  sont  peints  de  décorations  en  couleurs  d’une  richesse  inimaginable.  Les  murs  sont 
en  général  dorés  et  peints  luxueusement.  Il  y  a  un  étage  supérieur  peint  d'une  vaste  fresque.  Il  \ 
a  une  bibliothèque,  des  armoires,  un  dais,  décorés  de  brillantes  garnitures  métalliques.  L’est  le 
grand  œuvre  de  l’architecture  palatiale  de  ce  temps. 

Mampoukouji.  —  Yamashiro. 

La  secte  de  Waubakou,  fondée  dans  la  première  partie  de  cette  époque,  lit  construire  ce 
temple  dont  le  style,  procédant  du  style  des  Ming  de  Chine,  a  fait  école. 

Parmi  les  monuments  bouddhistes  reconstruits  à  cette  époque,  et  dont  l’architecture  est  la 
plus  remarquable,  il  faut  citer,  à  Kvauto,  le  Garan  du  Myaushin-ji,  le  llondau  de  Kiyomidzou,  le 
grand  portail  de  Icbi-on-in  et  son  llondau,  le  grand  portail  du  Nan-zèn-ji.  Le  Tcbyoudau  H  le 

Taikau-dau  du  Euryakouji  à  Hiyei-zan  sont  aussi  remarquables.  En  résumé,  à  cette  époque,  les 
changements  de  l’art  architectural  sont  les  suivants  : 


n 


I  un  neural  ion  de  l'architecture  des  temples  funéraires; 

‘î°  Développement  des  yasliikis; 

>"  f  inesse  des  procédés  <1  équarrissage; 

1"  Alui.s  îles  lignes  courbes,  <lo  la  sculpture  et  de  la  peinture  décoratives: 
>n  Decouverte  de  la  construction  menteuse. 


CHAPITRE  VI 


Arts  industriels, 


METAL 

V1'  "  Dliènwn  cl  lu  pacifient ion,  Ions  les  artisans  eu  métal  formèrent  des  clientèles  dont  les 
patron^  lurent  l»  s  Donslii  qui  leur  donnaient  do  gros  appointements  leur  permettant  de  se  livrer 
tranquillement  a  leur  art.  Ils  purent  alors  joindre  à  I  habileté*  professionnelle  une  pratique  mûrement 
'*! udiee.  Ionie  lu  société  étant  plongée  dans  la  paix,  on  se  préoccupa  beaucoup  plus  de  Fornemen- 
lahon  des  sabres  que  de  leur  trempe.  La  décoration  sculptée  des  armes  acquit  une  beauté  sans 
pareille  dans  les  époques  antérieures. 

\  I  époque  llorissunte  qui  va  de  kwauhoun  à  Glièn-rokou  (1661-170.4),  Yokoya  Sû-min,  etc., 
échappant  au  style  de  I  rcole,  adoptent  un  style  pittoresque.  C’est  alors  qu’apparut,  répondant  au 
ffn,,l  (^‘s  bourgeois,  ce  qu  on  appelle  matt  hi-bori  (ciselure  de  ville  .  On  voit  apparaître  aussi  le 
\nraloii-hori  ciselure  de  \ara>,  qui  cisîde,  d  un  ciseau  épais,  des  motifs  d’un  genre  particulier.  Les 
spécialité*  si*  inult ipl i«*nt  ;  les  artisans  se  comptent  par  milliers.  A  Edo,  on  compte  plus  de  trente 
familles  connues.  \  l\  vaille,  Ohsaka,  en  Aumi,  on  ne  les  compte  plus.  Dans  la  lignée  des  Goto 
"mme,  pisqu  au  i)'  du  nom,  l’eijyau,  bien  que  h*  talent  soit  toujours  remarquable  et  qu  à  première 
yue  on  puisse  distinguer  le  style  <le  la  famille,  à  partir  du  10'’,  llenjvau,  vers  Ghèn-rokou  1681-1704} 
d  y  a  mélangé  de  ce  six  h*  avec  le  style  pittoresque  innové  par  l’école  de  Yokoya.  Arrivée  à  Goto 
llchijvati,  la  lamille  iinil  par  adopter  entièrement  ce  style  pittoresque  et  fonder  une  école  particulière, 
lundis  quoi!  tombe  dans  ce  style  pittoresque  et  naturaliste,  il  nv  a,  pour  conserver  le  style,  de 
Iwvampo  jusqu  à  lloréki  17101761,  que  Tsouno-jimpo.  Jusque-là,  la  ciselure  des  Goto  avait  eu 
horreur  de  tomber  dans  la  mièvrerie  et  la  préciosité.  Pour  les  sabres  ordinaires,  011  craignait  que 
I  ornementation  11e  disparût  par  le  frottement  des  mains  et  des  vêtements.  Aussi  la  faisait-on  preste, 
avec  peu  d  outils;  le  plus  souvent  on  se  bornait  à  trois  outils  :  le  tsoukouri,  le  tagané,  le  namékouri. 
Le  coup  de  ciseau  avait  alors  une  originalité  qui  finit  par  disparaître  quand  devint  prédominant  le  goût 
naturaliste. 

L  art  des  armures  va  déclinant  depuis  Tovotomi  llidévoslii;  la  paix  générale  le  rend 
s  1 1  péril u .  Les  lignées  des  Mvau-tchinn  et  des  Saotomé  continuent  leurs  traditions,  mais  on  leur 
demande  d  employer  leur  talent  à  marteler  le  fer  ou  le  bronze  dans  des  ustensiles  d’usage  courant 
plutôt  que  dans  des  armures.  L’art  des  gardes  est  très  florissant  comme  l’art  de  la  ciselure.  Oumetada 
Shighé-yoshi  se  montre  à  partir  de  Keitchyau  (1096);  les  Shvaugouns  et  d’autres  l’emploient  souvent. 
L’école  des  llaghi  de  Nacrato  est  très  brillante.  Les  Nakai,  Kaneko,  Okamoto,  Okada,  Nakawara, 
Inouyé  et  d’autres  familles  sont  également  très  prospères.  L’art  des  Tsouba  en  reperçage  fin  est 
continué  par  les  descendants  de  Odawara  Maça-tsougou.  On  voit  aussi  apparaître  beaucoup 
<1  artisans  célèbres. 


232 


FONTE 


En  même  temps  que  le  Tchyadau  est  à  la  mode,  l’art  des  fondeurs  de  bouilloires  est  en 
floraison.  Nagoshi  Ihémaça  et  Ohonislii-jyau-rinn,  célèbres  depuis  l’époque  précédente,  vers  Kwan- 
yei  (1624-1 644),  quittent  tous  deux  Kyauto  pour  Edo  et  sont  employés  par  le  Bakoufou.  Os 
deux  lignées  de  Nagoshi  et  Ohonishi  se  partagent  en  lignes  de  l  Est  et  lignes  de  I  Ouest,  et 
produisent  un  nouveau  style. 

En  Kwan-yei  (1624-1 644b  Kanaya  Gorau  Sabourau  fait  toutes  sortes  <1  ustensile"  en  brou/.»- 
et  obtient  des  colorations  de  métal  dont  il  transmet  le  secret  a  ses  descendants. 

Vers  Bounkwa  Bounsei  (i8o4-i83o)  paraît  Mourata  Sei-minn  qui  est  regard/-  comme  l'mm-irr 
le  plus  remarquable  des  temps  modernes  pour  la  fonte  à  cire  perdue. 

A  la  même  époque,  à  Kyauto,  se  montre  Ryou-mon-dau,  qui  fait  de  belles  clm^o 
En  Sado,  Houmma  Takousaï  exécute  avec  talent  les  ustensiles  de  bibliothèque  de  Tclia-no-\<  m 


ŒUVRES  ET  MAITRES  EN  GENRES  DIVERS 


Ciselure  :  Les  Goto  et  leurs  élèves. 


Goto  Ghèn-jyau  (VIIe),  frère  cadet  de  Eijyau,  recevait,  en  Iwvanéi  1621  ,  une  pension  du 
Daïmyau  de  Kaga.  Son  genre,  très  vivant,  excelle  dans  les  guerriers.  Il  est  considéré  comme 
Eancêtre  de  la  Renaissance  des  Goto.  Il  mourut  la  3e  année  kwan-boun  i663i,  entre  soixante- 
dix-sept  et  soixante-dix-huit  ans. 


PI.  LXIV  [1].  —  Manche  de  couteau.  —  Marquis  Tnshitsougou  Mavûda. 

Les  deux  guerriers  Koumagayé  et  Atsoumori.  Bien  <|u’un  peu  usé,  on  voit  le  talent 
caractéristique  de  Kénjô. 

Goto  Sokoujyau  N  IIIe),  fils  de  Eijyau  \  I,  montre  un  ciseau  ferme,  dans  le  style  de 
Ghènjyau.  Malheureusement  il  mourut  à  trente-deux  ans,  la  8°  année  Kwanboun  1668  Yoiijvau, 
Kwaujyau  et  lui  passent  pour  les  trois  maîtres.  D’autres  désignent  comme  les  trois  maîtres: 
Kwaujyau,  Tsoujyau  et  lui.  Si  de  toute  façon  Sokoujyau  compte  ainsi,  c’est  que  son  art  s’impose. 

PL  LXIV  -[a].  —  Appliques  de  sabre.  —  Vicomte  Xagayoshi  Inada. 

Yorimasa  tuant  l’animal  fantastique  Noui. 

Goto  T  eijyau  LV),  fils  de  Ghèn-jyau  (VII),  possède  un  style  ressemblant  à  celui  de  Kwaujyau. 
Son  coup  de  ciseau,  profond  et  vigoureux,  a  produit  des  œuvres  de  premier  ordre.  11  mourut  la 
ire  année  Empau  (1673),  vers  soixante-dix  ans. 

1  1.  LXIV  [3].  Appliques  de  sabre.  —  Marquis  Toshitsougou  Mavéda. 

Ciselure  en  or  représentant  les  lions  jouant.  Il  y  a  également  l’épingle  et  le  manche 
de  couteau  du  même  sujet,  complétant  la  garniture. 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PI.  LXIV 


7 


3 


ÎO 


lu 


18 


19 


21 


2  U 


16 


14 


1 


4 


8 


6 


13 


26 


15 


29 


27 


ORNEMENTS  DE  SABRE 


20 


23 


24 


IM.  I,X1\  [',]•  —  Manche  I)K  COUTEAU.  -  Marquis  Toshitsougou  Mayéda. 


^  osliilsounc  offrant  son  arc  au  genie  de  l’océan.  La  dimension  de  ce  manche  dépasse 
un  peu  la  grandeur  moyenne  cl  l’exécution  est  d’une  finesse  extrême. 


I  I.  LXI\  »  •  M axt.hr  de  r.on'KA i  .  —  Marquis  Toshilsougou  Mayéda. 

Faucons. 

loin  llenjyau  X* i ,  lils  de  Sokoujyau  (VIIIe*),  a  un  style  élégant,  mais  plus  rude  que  celui  de 
Ieijyau.  Il  mourut  In  >'*  année  llo-ei  1708),  à  quatre-vingt-deux  ans.  Sa  longévité  lui 
p' *1*111  i I  de  produire  beaucoup  et  de  former  beaucoup  d’élèves.  A  partir  de  lui,  les  Goto  s’installent 

a  I  do  et  leur  style  commence  a  s  imprégner  plus  ou  moins  du  style  pittoresque  des  Yokoya. 

Goto  I  soujyau  XL,  petit-fils  de  Ghèn-jyau  (\ll°),  possède  un  art  magnifique  et  plus  fini 
encore  que  celui  de  lîenjyau.  Il  compte  parmi  les  trois  maîtres.  À  cette  époque  travaillait  Yokoya 
Somma,  et  le  style  de  la  latmlle  des  Goto  allait  déjà  vers  la  décadence.  Il  modifia  alors  entiè¬ 
rement  le  style  de  ses  ancêtres  et  arriva  même  à  acquérir  le  stvle  pittoresque.  Il  mourut  la 
(>'*  année  kyauhau  (  1 7 •>.  1  ) ,  à  cinquante-huit  ans. 

IM.  I A I \  [f»  .  Manciii  di  coi  ri  vi  .  —  Marquis  Toshitsougou  Mayéda. 

(  ,erl  et  érable  en  fine  ciselure  coloriée. 

Goto  Jvoujvau  Xll'l,  lils  de  Tsoujyau,  ne  fit  que  conserver  obstinément  le  style  familial. 
Il  mourut  la  9/  année  Iwvampo  (i8ja),  vers  cinquante-cinq  ans. 

Goto  l.njvau  Xlll'M,  lils  du  précédent,  dont  le  ciseau  est  lourd  et  rude,  a  fait  parfois 

des  u*uvres  de  premier  ordre.  Il  faut  en  attribuer  le  mérite  à  son  maître,  Tobari  Tomi  1 1 ica, 

artisan  de  grand  talent.  Il  est  mort  la  jp  année  Temméi  (17841,  vers  soixante-quatre  ans. 

Goto  keijvau  \  I V'  ,  dont  le  style  est  encore  inférieur  à  celui  de  Mitsou  taka,  est  mort  la 
>'  année  kvowa  1180  b,  vers  soixante-cinq  ans. 

Goto  Shinjvau  (W'  est  encore  inférieur  à  keijvau.  Les  Goto  sont  alors  en  complète  décadence. 

Nornoura  Maça  toki,  élî've  des  Goto,  surnommé  Sotokou,  mort  en  la  7e  année  Empau  (1679). 
Le  <renre  de  celle  lignée  consiste,  comme  celui  de  l’école  d’Awa,  à  obtenir  une  couleur  de  métal 

o  o 

éclatante  et  magnifique. 

Nornoura  Maça-nori,  surnommé  Itokou,  mort  la  5e  année  Hau-ei  1708)  est  un  ciseleur  de 
grand  talent,  et  d'un  ciseau  extrêmement  vigoureux. 

Nornoura  Maça-tchika,  surnommé  Youki,  se  servit  d’une  couleur  de  métal  très  brillante, 
et  acquit  une  grande  renommée  d’habileté.  Il  mourut  la  71'  année  Kyauhô  (1722).  La  famille 
Nornoura  fut  continuée  après  lui  par  Maça-yoshi,  Maça-mitchi,  Maça-tada,  Maça-tsougou,  Maça-mitsou. 

Tsouno-jimpo  étudia  la  ciselure  avec  Nornoura  Maça-mitchi  et  acquit  le  style  pur  de  la  lignée. 
A  cette  époque  où  la  lignée  directe  des  Goto  elle-même  sacrifiait  au  style  pittoresque,  lui  seul 
conserva  le  stvle  de  la  lignée.  Aussi,  même  quand  sa  ciselure  prit  les  traits  généraux  du  style 
Awabori,  il  montra  toujours  des  tendances  extrêmement  élevées.  11  eut  un  grand  succès  et  mourut 
la  12°  année  llauréki  (1762),  vers  quarante-deux  ans. 


IM.  LXIV  [7].  _  Appliques  de  sabre.  —  Xagayoslii  Iinamoura  de  Tokio. 

Appliques  de  la  poignée  du  sabre,  dites  Ménouki,  représentant  les  pousses  de  bambou 


Écoles  de  Nara  et  leurs  disciples. 


Nara  Toshi-térou,  ancêtre  de  la  lignée  principale  de  l’école  de  Nara,  surnomme  Souwaii,  lut 
employé  par  le  Shyaugoun  en  Kwau-ei  (i  1)2  \  . 

Nara  Toshi-harou,  fils  de  Toshi-mouné,  surnommé  Sô-you,  maître  de  I  oshi-luca,  a  lait 
beaucoup  de  paysages,  de  fleurs  et  d  oiseaux,  peu  de  personnages.  Son  ail  est  silm  »t  bine 
Nara  Toshinaga,  fils  de  Tosbi-harou,  surnommé  Tchikan,  maître  de  l’atsou-niaça,  iorina 

Tsoutchi-ya  Yaçou-tchika  et  Toshinaga. 

Nara  Mouné-toshi,  fils  de  Toshi-naga,  surnommé  Koça-émon,  a  lait  beaucoup  de  choses  d  un 
mou vem e nt  intéressant. 

Nara  Toshi-mitsou,  fils  de  Mouné-toshi,  surnommé  Sô-kan,  a  lait  beaucoup  de  morceaux 
appréciés,  d’un  ciseau  solide  et  d  une  composition  animée.  11  mourut  a  soixante-douze  ans. 

Nara  Maça-naga,  élève  de  Toshi-naga,  signait  Maça-harou.  Son  style  es!  vigoureux  et  beau. 
Il  a  laissé  des  œuvres  de  premier  ordre.  Sa  ciselure  est  a  la  lois  large  et  soignée  dans  h*  detail. 

Nara  Maça-nobou,  élève  de  Maça-naga,  quitta  Edo  pour  s  établir  a  ttsaka,  et,  a\anl 
atteint  une  virtuosité  dans  la  ciselure  des  dragons,  forma  une  école  à  part. 

Tous  ces  artistes  forment  l’école  du  vieux  Nara.  Leur  ciseau  est  gras  et  leur  composition 
de  sentiment  antique. 

PI.  LXV  [ij.  —  Garde  de  sabre.  —  Téijun  Mayeda  de  Tokio. 

Garde  représentant  une  chaumière.  Elle  est  d’un  stvle  ancien  d  un  vieux  ciseleur  de  I  école 

Nara. 


PI.  LXIV  [8].  —  Manche  de  cûcteav 


Xagayoshi  énamoura  de  Tokio. 


Manche  de  petit  couteau  en  fer  ciselé  représentant  une  chaumière. 

Nara  Toshi-hiça  (Tahié)  demeurait  à  Ilonjyo,  à  Edo.  Elève  de  Nara  Toshi-harou,  il  étudia 
aussi  avec  loshi-naga.  Entre  les  deux  écoles,  nouveau  Nara  et  ancien  Nara,  il  produisit  un  st \  le 
en  dehors  de  celui  de  sa  famille  et  du  style  pittoresque.  C’est  le  premier  des  trois  maîtres  de  la 
lignée  de  Nara.  On  le  donne  d’ordinaire  pour  le  protagoniste  de  toute  l’école.  Ses  personnages, 
fleurs  et  oiseaux,  sont  très  beaux.  Son  ciseau  est  vigoureux,  mouvementé,  plein  de  hardiesse  et 
pourtant  ordonné.  (Lest,  en  vérité,  un  merveilleux  ouvrier.  Il  mourut  le  i  j0  jour  du  i  mois  de  la 
ir(‘  année  Ghémboun  (i4  janvier  17371,  vers  soixante-dix  ans. 

PI.  LXV  [2].  —  Garde  de  sabre.  —  Xaoshi  kiyoda  de  Tokio. 

Elle  est  de  la  ciselure  en  haut  relief  de  Nara  Toshinaga.  On  voit  la  force  dans  le  coup 
de  ciseau  et  le  bon  goût  sobre.  Le  sujet  représente  un  épisode  de  Aumori  llikoshiti,  vassal 
d’Ashikaga.  Le  guerrier,  devant  le  passage  d’une  rivière,  rencontre  une  jeune  fille  qui  lui 
demanda  de  la  passer.  Il  la  porta  sur  son  dos.  Arrivés  au  milieu  de  l’eau,  la  beauté  se  transforma 
en  diablesse  et  voulut  le  voler.  Llikoshiti  alors  tira  son  sabre  et  la  tua. 


PL  LXV  [3].  —  Garde  de  sabre.  —  .Musée  impérial. 

Garde  en  cuivre  jaune  représentant  un  paysan.  Elle  est  d’une  ciselure  d’un  relief  délicat  et 
percée  en  partie. 


235 

i\ara  I  oshi-hiça  (II)  ressembla,  par  certains  côtés,  au  premier  Toshi-hiça.  Le  soin  sans 
drlaillanco  de  son  travail  est  sans  équivalent  et  son  métier  est  même  plus  aimable  que  celui  du 
premier.  Il  mourut  la  8P  année  Meivva  ( 1 yy 1). 

Souglii-oura  .lyau-î,  élève  de  Nara  roshinngn,  surnommé  Issandau  Nagabarou,  habitait  Edo. 
Il  doit  elre  le  crealeur  du  Sliishi-ai-bori .  Lest  le  second  des  trois  grands  maîtres  de  1  école  de 
Nara.  Les  sujets  de  sa  composition  sont  empruntés  à  la  peinture  des  T’ang.  Il  cherche  le  caractère 
naturel  jusque  dans  le  detail.  Il  mourut  le  2/['“  jour  du  9e  mois  de  la  iip  année  llauréki 
2  5  octobre1  1  y  b  1  ) . 


l't.  E.W  *|.  (  iAhih  DK  s  ah  11  k.  \  icnrute  Milsouakiia  Tanaka. 

Harde  en  cuivre  ciselé  on  bas-relief  représente  Shôki,  dit  chasseur  des  diables. 

Isouchi-va  açou-tchika,  élève  de  Nara-toshi-maça,  de  Tatsou-naga,  de  Shyau-nai  et 

surnommé  I  0-011,  montre  un  travail  <|iii  ressemble  à  Toshi-hiça,  mais  par  certains  points  il  ajoute  au 
style  de  I ;  1  laimlle  de  nouvelles  idées  et  une  nouvelle  facture,  el  il  lit  école.  Il  compte  pour  un  des 
maîtres  de  l’école  de  Nara.  Sa  ciselure,  d'un  grand  caractère,  vise  à  l’élégance.  On  pourrait  le 
comparer  à  Iwvaurinn,  car  il  a,  comme  celui-ci,  une  grande  finesse  jointe  à  une  franche  saveur. 
Il  mourut  à  soixante-quinze  ans,  le  uyp  jour  du  (/mois  de  l’année  Enkyau  i4  octobre  1  y/j  jj. 

rsoutehi-va  açou-b  liika  II),  lils  du  premier,  présente  un  style  très  difficile  à  distinguer  de 

celui  de  son  père.  Il  n  \  a  de  différence  qu’à  la  signature  qui  est  plus  grande,  et  dans  laquelle  le 

caractère  ■<  Yaçou  »  est  plus  long. 

l’I  l,\\  V.  —  ( i a  11 11 1  s \ mu.  —  Musée  impérial. 

Ihivsage  d  un  pâturage  en  relief,  avec  le  nuage  percé.  La  garde  est  en  alliage  noir  appelé 
Shakoudô. 


Xagayoshi  Imamoura  do  Tokio. 


|*|.  I.MV  If.  —  Tl  lh  II  ANN  KAC  1)1  l'OIC.N  K  K  UK  SABRK. 

feuilles  de  bambou  couvertes  de  neige. 

Hamano  Shodzoui,  disciple  de  Nara  Toshi-hiça,  manie  le  ciseau  avec  autant  de  vigueur  que 
d’éclat  Après  avoir  appris  le  style  de  son  maître,  il  inaugura  un  genre  de  ciselure  qui  détermina 
(les  Variétés  nouvelles.  Il  n’est  inférieur  aux  trois  maîtres  de  Nara  que  de  peu.  Il  mourut  le  26e  jour 
du  icV  mois  de  la  be  année  Meiwa  (a3  novembre  iybq)- 

1*1.  LXIV  10  .  A  imm.ioi  k  s  dk  sabrk.  Kaménosouké  llirase  d  Osaka. 

Ciselure  en  1er  représentant  une  tète  du  saumon  seche. 


1*1.  I.XIV  [ri  Maxchk  dk  coitkau.  —  Kaménosouké  Hirasé  d  Osaka. 

La  lune  avec  le  flot ,  exécuté  en  gros  coups  de  ciseau  appelé  Katakin. 

Hamano  Koudzoui,  élève  de  Shodzoui,  qu’il  surpassa  en  délicatesse.  Sa  facture  ressemble 
à  celle  de  Jyau-i.  Il  faut  regarder  comme  le  chef-d’œuvre  de  Koudzoui  les  iG  Rakan  sculptés  en 
Temméi  (1  y8i)  devant  le  temple  funéraire  du  Daïmyau  de  Idzoumo  sur  les  vantaux  en  pierre  bleue  de 
la  porte  centrale  de  la  balustrade  en  pierre.  Le  dessin  en  a  été  composé  par  le  ÏIôshi  Eisen.  11 

a  formé  beaucoup  d’élèves. 


—  236 


PI.  LXY  [6].  —  Garde  de  sabre.  —  Vicomte  Mitsouaki  Tanaka. 

Attaque  nocturne  des  frères  de  Soga. 

Iwama  Seiro  commença  par  être  élève  de  Toyatna  I  chyokoudzoui,  puis  siii\it  I l.un.mo  »  i 
shinn.  D  autre  part,  il  calqua  des  moulages  de  Nara  1  oshi-liiça  et  de  I lama-no  Sliozoui.  Ans.  i  on  lui 
a  donné  le  surnom  de  Shodzouibau.  D’autre  part,  très  lié  avec  Matchi-da  Mori-sliiglie,  cisrb  iir  d.* 
l’école-mère,  il  put  étudier  ses  procédés.  Après  de  longues  années  d  un  travail  acharna,  d  p;u  \mt  ;> 
introduire  dans  les  personnages,  les  masques  de  Nô,  les  animaux,  un  sentiment  qu<*  l< - 

anciens  ne  connaissaient  pas.  Il  mourut  à  soixante-quatorze  ans,  le  i  i'  jour  du  S'  mois  d«*  la 
8e  année  Tempau  (i3  septembre  1887  . 


École  Yokoya  et  Écoles  dérivées. 


Yokoya  Sôyo  vint  à  Edo,  en  Shyau-an  (entre  1 64  1  et  1648),  reçut  une  pension  du  Shyaiigounal , 
et  devint  Ohori-mono-shi  (ciseleur  ordinaire  .  Il  est  Y  ancêtre  du  Yokoya  bori,  vulgairement  appelé 
Odji  Sô-yo  père  Sôyo  .  Il  étudia  la  ciselure  des  Goto  et  surtout  pénétra  le  genre  de  àoujyau.  Son 
ciseau  est  ingénieux  et  très  énergique.  Il  mourut  le  17°  jour  du  1  a*’  mois  de  la  I'  année  Ghènrokou 
(  1 5  janvier  1690). 

Yokoya  Sotchi  succéda  à  son  père  Sôyo  dans  le  service  du  Shvaugounat  et  mourut  l;i 
4e  année  Djokyô  1687). 

Yokoya  Sômin,  de  son  nom  You-jyau,  et  surnommé  Ton-an,  vint  à  Edo  pendant  les  années 
Djy°-k.y°  (entre  1 684  et  1688)  et  fut  adopté  par  Sô-tchi.  Il  servait  les  Slivaugouns,  mais  en 
Ghèn-rokou  (1688-1704),  malade,  il  résigna  ses  fonctions.  Il  inaugura,  en  dehors  de  l'école 
Goto,  le  Matchi-bori.  Ce  genre  de  sculpture,  répondant  au  goût  des  bourgeois,  a  été  nomme 
ainsi  par  opposition  au  Kébori  des  Goto.  Il  chercha  des  sujets  d  après  le  grand  maître-peintre 
Kano  Tan-you  ou  d’après  Hanabouça  Itchô,  avec  lequel  il  était  lié,  et  il  introduisit  un  st\le 
pictural  dans  la  ciselure.  Cette  innovation  lit  école.  L’originalité  de  sa  composition  et  la  perfection 
de  son  exécution  font  de  lui  un  maître  unique  depuis  Youjyau.  D’autre  part,  bien  que  le  Katakiri-bori 
existât  déjà,  il  n’a  commencé  à  être  intéressant  qu’à  partir  de  Sô-minn.  Il  mourut  h*  (i''  jour  du 
8e  mois  de  la  18e  année  Kyauho,  vers  soixante-quatre  ans. 


PI.  LX1V  [12].  —  Appliques  de  sabre.  —  Naoshi  Kiyoda  (le  Tokio. 

La  paire  de  Ménouki  représentant  les  Niwô  dits  gardiens  de  temple.  L’une  des  deux  pièces 
est  signée  par  Kikouoka  Mitsouyuki,  qui  a  dû  compléter  la  première  pièce  perdue. 

PI.  LXIV  [  1 3] .  —  Manche  de  couteau.  —  Nagayoshi  Imarnoura  de  Tokio. 

Poète  chinois  So  Tôba. 


PI.  LX\  [7].  —  Gabde  de  sabre.  —  Kaménosouké  Hirasé  d’Osaka. 

Corbeau  dans  les  flots. 

Yokoya  Sôyo,  second  fds  de  Yokoya  Sô-jyou,  eleve  de  Sô-min  et  son  fils  adoptif,  a  bien 


TL*  ’  AK  *  *.  >  •  liVIiW  1  *• 

GARNITURES  DE  SABRE 


penetie  So-in in  et  ne  lui  est,  |>as  inferieur.  Il  a  laissé  des  œuvres  de  deux  sortes  :  les  unes 
I m * 1 1 \ * “ 1 1 1  die  <  onlondues  avec  celles  de  So-min,  I < »s  autres  sont  bien  du  pur  Sô-yo.  Il  mourut  le 
a8(’  jour  du  mois  de  la  8'1  année  An-yei  (10  août  1779). 

Vana^'awii  Maça-tsougou,  ancêtre  de  l’école  Yana-gawa,  élève  de  Yokoya  Odji  Sôyo, 
mourut  le  i5e  jour  du  y.*'  mois  de  la  6e  année  Kyau-hô  (i3  mars  1721). 

Yanagawa  Nawomaça,  lils  de  Maça-tsougou,  demeurait  «à  Kanda,  à  Edo.  Il  prit  d’abord 

pour  mailre  ’ï  oshi-oka,  puis  étudia  sous  Sô-min.  Extrêmement  habile,  il  a  laissé  des  œuvres 

«pi  on  prendrait  pour  des  So-min.  Il  réussit  surtout  dans  les  chevaux  sauvages  et  les  lions.  Les 
lions  de  'lanagawa  sont  fameux.  Il  faisait  aussi  très  bien  les  pointillés.  Il  mourut  le  11e  jour  du 

i"1  mois  de  la  7'  année  llauréki  (20  novembre  1757),  vers  soixante-six  ans. 


PI.  L\\  H  .  —  (iardi:  m.  sa  11 10-:.  —  Vicomte  Mitsouakira  Tanaka. 

Ligognes  dans  les  roseaux,  ciselées  d’après  une  composition  de  Yokoya  Sômin. 

Yanagawa  Nawo-mitsou,  élève  de  Nawo-maça,  avait  une  main  digne  de  continuer  son 
maître  et  de  travailler  aussi  dans  le  style  de  Yokoya.  Son  coup  de  ciseau  est  plein  de  vie  et 
de  franchise.  Il  mourut  le  1Y  jour  du  I2‘‘  mois  de  la  Y  année  Bounkwa  (3o  janvier  1809), 
vers  soixanl e-serze  ans. 

Yanagawa  Nawo-harou  étudia  Sô-min  et  lui  ressembla  plus  qu’à  son  aïeul  Nawo-maça, 

< ju'il  surpassa.  Il  a  eu  beaucoup  d’élèves,  dont  le  plus  célèbre  est  Kauno-harou  Akira. 

Tanabé  Ihin-séi,  élève  de  Yanagawa  Nawo-harou,  travailla  dans  le  stvle  Yokoya.  Sa 
sculpture  (>sl  plus  sereine  et  plus  soignée  que  le  style  Yanagawa.  Il  mourut  jeune;  aussi  ses 
œuvres  sont-elles  rares.  Cependant,  quelques-unes  sont  des  chefs-d’œuvre. 

Kauno-harou  Akira,  le  meilleur  élève  de  Yanagawa  Nawoharou,  fut  Hôguén.  Il  a  commencé 
par  le  st\l<*  de  l'école  Yanagawa,  puis  a  emprunté  au  vieux  style  de  Goto  et  enfin  a  créé  un 
>1  \  le  personnel  tenant  le  milieu  entre  le  style  pittoresque  et  celui  de  la  lignée  directe  des  Goto. 


A  cette 

époque  de 

Temméi 

souvent 

banale,  ses 

œuvres 

P 

1.  1  AIN  .  i  . 

A  N  N  1  \  1 

Axm  m  n  11.  »  r  dk  poignée  dk  SABRE.  —  Nagayoshi  Imamoura  de  Tokio. 

F 

Incrustation  de  divers  métaux  de  couleur  représentant  Jurô,  personnification  de  l’Etoile  du 
Nord,  symbole  de  longévité. 

Yanagawa  Nawo-tchika,  discijde  de  àanagawa  Nawo-maça.  11  allie  au  st^le  de  celui-ci  un 

peu  de  celui  de  Yokoya.  Il  mourut  la  1"  année  llauréki  (  1 7 f 7 1 G  vers  quarante-deux  ans. 

*  « 

Kikoutchi  Tsouné-tchika,  élève  de  Yanagawa  Nawo-tchika,  a  beaucoup  de  talent  dans  la 
sculpture  en  bas-relief  «  *  I  la  ciselure  proprement  dite.  Son  ciseau  libre  a  heureusement  haimonist 
les  règles  de  Katakiri  et  du  Kébori. 

O 

PI.  PXIV  i5  _  Anneau  et  tête  de  poignée  dk  sabre.  —  Nagayoshi  Imamoura  de  Tokio. 

Coq  et  poule. 

Sano  Nawo-yoshi  prit  pour  maître  Ko  Naka-moura  Nawo-yoshi,  éle\e  de  \anagawa  Nawo- 
maça.  Il  habitait  Edo  et  fut  protégé  par  le  Daïmyau  de  Akimoto.  Son  art  est  de  tendance  élevée 
et  n'est  pas  différent  du  style  des  Yanagawa.  Ses  descendants  et  ses  nombreux  élèves  ont  continué 
son  métier. 


Ishikouro  Maça-tsouné,  arrière-disciple  do  Yanagawa  Xawo-mava,  puisa  dans  les  esquissas 
des  peintres  des  idées  qu’il  adapta  aux  modes  du  temps.  Sa  sculpture  est  consciencieuse,  son 
ciseau  délicat,  son  poli  magnifique.  C'est  un  artisan  très  habile,  dont  les  descendants  conti¬ 
nuèrent  le  métier.  II  est  mort  le  70  mois  de  la  IIe  année  llounsei  (août  ou  septembre 

p]  LX1V  [16].  —  Anneau  et  tète  de  poignée  de  sabre.  \  icnmlo  Milsouakira  lanaka. 

Paon  avec  incrustations  de  métaux  variés. 

pi.  LX1V  [  1 j .  —  Anneau  et  tète  de  manche  de  sabre.  —  Ki-iti  Oim  no  d  Osaka. 

Cailles  finement  ciselées  avec  incrustations  de  métaux  divers  faisant  lu  coloris. 

f 

Kikou  Oka  Mitsou-vouki  se  rasa  la  tête  et  prit  le  nom  de  Tohinn-rvau.  Elève  du  Y'auagawa 
Nawo-mitsou,  il  montre  un  style  serein  dans  ses  œuvres  qui  sont  d’une  haute  qualité.  Il  mourut 
la  12e  année  Kwanséi  (1800  ,  vers  cinquante  et  un  ans. 

PI.  LXIY  [i8j.  —  Appliques  de  sabre.  —  Xaoshi  Kivota  de  Tokio. 

Niwô,  gardiens  de  temple  ciselés  en  métaux  de  couleurs,  d  après  les  originaux  d»  Smniii. 

Olmiori  Eishyau,  cousin  de  Ohmori  Shighé-mitsou,  reconnut  pour  maître  Y  okm  a  Sn-min. 
Il  a  fait  des  choses  qui  peuvent  supporter  la  comparaison  avec  lus  œuvres  de  So-inin,  tandis  mu¬ 
sa  sculpture  en  relief  peut  être  mise  en  regard  avec  celle  de  So-yo.  Il  eut  «lu  nombreux  él.-vus 
et  mourut  la  9e  année  Mehva  (1772),  vers  soixante-sept  ans. 

Ohmori  Eishyou,  neveu  de  Eishyau  et  son  fils  adoptif,  ayant  étudié  lus  pivoines  épanouies 
de  Sô-min,  y  a  ajouté  quelque  chose  de  nouveau.  11  est  l’inventeur  de  la  sculpture  un  relief  <h-s 
vagues,  appelée  Ohmori  Nami.  Il  excelle  aussi  dans  les  guerriers.  Il  mourut  la  io'  année  Kwan¬ 
séi  (1808). 

PI.  LXIY  [19].  —  Appliques  de  sabre.  —  Nagayoshi  Imamoura  de  Tokio. 

Kintoki  jouant  avec  un  ours. 

PI.  L\l\  [20J.  I  E  l'E  ET  ANNEAU  DE  POIGNEE  1)E  SABRE.  —  Xagitvoslli  Imamoura  tlt‘  Tokio. 

Ee  guemei  1  chohi,  cisele  a\ec  force,  ce  qui  rend  parlaitement  son  caraeture  d  é-nergiu  au  sujet. 

Tchidzouka  Hiça-nori,  officier  du  clan  du  Daïgakou-no-kami,  élève  de  Ohmori  Eishyau, 
fit  de  la  ciselure  sa  distraction.  C’est  un  amateur  d’un  talent  secondaire. 

PI.  LXIY  [ai j.  —  Anneau  et  tète  de  poignée  de  sabre.  —  Kainénosouké  Hirasé  d’Osaka. 

Grenades  en  or  et  argent  incrustés. 

Katsoura  Eijyou,  de  Kouroumé,  en  Tchikougo,  venu  à  Edo  à  l’école  de  Yokoya  Ko-eisei, 
devint  le  praticien  de  Yokoya  Sô-yo.  Il  conserva  bien  le  style  de  son  maître  dans  les  chevaux  et 
les  lions.  Certaines  de  ses  œuvres  sont  belles.  L’ouvrage  le  plus  délicat  qui  soit  resté  de  lui,  ce 
sont  les  gardes  d  un  grand  et  d’un  petit  sabre,  qu’il  exécuta  pour  le  Daïmyau  de  Satsouma,  et 

sur  lesquelles  sont  sculptées  en  relief  des  chevaux  en  foule.  Elles  lui  furent  payées,  dit-on, 
100  rvau  d’or. 

t ) 

Iwamoto  konkwan,  dont  les  ancêtres  parurent  à  l’école  de  Sô-min,  a  fait  de  beaux  ouvrages. 
II  est  mort  la  première  année  Kyauwa  (1801),  à  cinquante-huit  ans. 


,>l-  ,'XIN  lav'  A  ppi.ioc  es  DI.  sabre  i* ki’h ks entant  m  s  serpents.  -  Kameiiosouké  Hirasé  d'Osaka. 

kikougava  Moune-yoshi  lui  renomme  comme  kikoubori  Tchyaubéé,  et  son  genre  est  appelé 
Tehyniibéé-kikou.  Il  vivait  en  lîounséi  et  Tempau  (entre  1818  et  i8|/j). 


OllNEMKNTS  DK  S AD DES 


Les  Oumétada. 


Oumelada  Shyoujyou  demeurait  à  Youshina,  à  Kilo.  Il  a  créé  un  procédé  nouveau  de 
sculpture*.  Il  plaquait  sur  le  métal  une  épaisse  conclu*  d’or  et  lui  donnait  une  patine  d’aspect 
antique.  Scs  menoiikis  sont  en  repousse  (I  une  excellente  matière.  Cette  école  compte,  avant  lui, 
Maya  I  sou  go  11  :  après  lui,  Taï-tei,  Shyou-mon,  Shvou-ren,  Jhvou-hau,  Tin-sliin,  Mei-jyou,  Fai-an, 
ken-ji,  Sliyoïi-jyou,  kyou-tcliin,  tous  ayant  le  même  style.  Les  ménoukis,  dragons  d’or  ou  de 
bronze  de  celle  maison,  ressemblent  aux  dragons  de  Minobori;  les  yeux  sont  petits  et  les  écailles 
très  délicates. 

1  lu  met  ada  Sliv  011  jvoii  esl  mort  vers  la  Y'  année  llanréki  (  1 7  ~>  5  ) ,  à  soixante-quinze  ans. 


Écoles  de  Kyauto. 

Coin  | Sou j v au  descendanl  (i‘‘  génération)  de  Goto  Kwaujvau,  montre  de  l’originalité  dans  un 
genre  de  sculpture  pittoresque.  Scs  œuvres  sont  belles  et  ressemblent  à  celles  de  Tsou-jyau.  11  mourut 
le  1 , ,*  jour  du  «y  mois  .le  la  S-  année  Kvauhô  8  octobre  ija'i't.  Itcbi-no-miya  Nagatsouné,  d’Etchizèn, 
venu  a  l\\a u t o .  élève  de  Yaçou-i,  travailla  aussi  avec  Eourou-kawa  Zèn-tchyau,  étudia  les  œuvres 
anciennes.  Il  avait  travaillé  la  peinture,  et,  lorsqu'il  se  mit  à  la  sculpture,  il  exécuta  d’après  nature 
des  pousse*  de  bambou,  des  colimaçons,  des  grenouilles,  qui  eurent  un  vif  succès,  puis  des  dragons, 
des  lions,  des  personnages,  etc.,  qui  sont  d’une  inspiration  charmante  et  d’une  grande  franchise 
d  exécution,  \vniil  été  employé  par  l'empereur  Ko-kakou  à  faire  la  garniture  métallique  d’un  écran, 
il  reçut  en  récompense  la  fonction  de  |)aï-djvau  d'Ktchizèn.  Dès  lors,  il  signa  Itchi-no-miya  Etcbizèn 
Daï-jvau  Minamoto-no  Nagatsouné. 

|>|  |  \ | \  A\.m  \i  11  ri  11  m  1*0 ic. ni.  1.  de  sabhk.  —  Kamenosoukê  Hirasé  d’Osaka. 

I  n  des  chefs-d'œuvre  de  Nagatsouné.  Exécution  fine  sans  sécheresse. 


lin  Temméi  entre  1781  et  178b),  il  reçut  du  roi  de  Corée  la  commande  d’une  lanterne 
portative  qui  devait  être  ofierte  a  1  empereur  kien-loung,  des  Ising.  Naga-tsoune  demanda  une 
esquisse  à  (  )kvo;  pour  cheminée  de  la  lanterne,  il  lit  un  kikou  double  à  jour  dont  l’exécution  fut  très 
admirée.  Les  contemporains  finirent  par  le  comparer  a  Ok\o,  le  placer  au  1  oing  des  maîtres  de  la 
sculpture  pittoresque  et  1  ég*aler  a  So-min.  Il  mourut  vers  soixante-sept  uns,  la  b  année  1  emmei  (i/8b). 

Ohtsouki  Mitsou-oki  vint  à  Edo,  en  Kyauwa  (entre  1801  et  180  j),  puis  retourna  à  kyauto  :  il  a 
fait  des  esquisses  pleines  de  talent  et  a  formé  beaucoup  d  élèves. 

IM.  LX1V  [V,  .  _  Anneau  et  tète  de  poignée  de  sabre. —  l  akao  Ikeda  d  Osaka. 

Crabe  et  pieuvre  d’après  nature. 


Ikeda  Oki-taka  étudia  sous  Ohtsouki  Mitsou-oki.  Sa  sculpture  a  beaucoup  .le  souplesse,  ,le 
mouvement  et  de  goût.  Il  était  aussi  très  habile  à  sculpter  les  armoiries.  Le  meilleur  de  ses  élèves 

est  Kanau  Natsou-wau,  qui  a  vécu  jusqu’en  Meidji. 

Okamo-to  Nawo-shighé,  élève  de  Tetsouya  Kouni-harou,  est  appelé  vulgairement  l.tsoiiva 

Ghem-béé,  et  surnommé  Tetsou  Ghèn-dau.  Aucun  forgeron  de  1er  ne  I  a  jamais  <  gab  .  S.  s  ..  u\i.  >  sans 
rivales  sont  très  estimées.  Il  était  en  réalité  forgeur  de  gardes  en  fer.  Mais  les  ornements  de  sabres  en 
or,  en  bronze,  en  cuivre,  sont  très  beaux,  mais  traités,  quelle  cpi  en  soit  la  malièie,  <  oiiiiue  du  bu  .  Il 
mourut  la  9e  année  Anyéi  (1780). 


PI.  LXIV  [V>  .  —  Bout  et  anneau  de  poignée  de  sabre.  —  1  akao  Ikeda  d  0«Gika. 
Gaina  Sénnin,  ermite  au  crapaud,  incrustation  sur  fer. 


Iloço-no  Maça-mori  inventa  un  procédé  mélangeant  1  incrustation  et  la  sculpl  ur**,  vers  I  « •  | »< h j  1 1 . ■ 
Ghèn-ro kou  (  1 688- 1 70  \  ) . 


PI.  LXIV  2(i_j.  —  Manche  de  couteau.  —  Xagayoski  Iniantoura  de  Tokio. 

Cours  de  Kamo  ciselé  avec  une  grande  finesse. 

O 


N agami-né,  dont  on  ne  connaît  pas  bien  la  vie,  portait  le  même  nom  que  son  porc 
ciselure  est  extrêmement  soignée  et  belle. 

Mouméda  Matabéé,  célèbre  par  son  pointillé,  inventeur  du  procédé  dit  l)aïm\au  \  mako, 
demande  une  grande  dextérité. 


Sa 

qui 


Goto  Itchi-jyau,  de  Kyauto,  lils  de  Goto  ken-jvau,  vivait  à  Hdo,  à  la  même  époque  qm*  le 
XVIe  Goto  de  la  lignée  directe.  Mais  le  style  de  cette  famille  était  en  décadence.  iL  bi-jvau  tenta  <l< 
réagir.  Il  demanda  des  croquis  au  peintre  Ki-koutchi  Vau-saï,  et  mêlant  le  style  pictural  a  son  ait, 
produisit  un  genre  nouveau.  11  mourut  le  17e  jour  du  10°  mois  de  la  9e  année  Meidji  17  octobre  1S77 


PL  LXIV  [27].  —  Manche  de  couteau.  —  Naoshi  Kiyoda  de  Tokio. 

Fleurs  disposées  dans  un  vase. 


DECORATION  DES  SA  B  H  ES 


r 

Ecoles  d’Osaka  et  du  reste  du  Japon, 


Daï-nitcbi  Fou-tchô  demeurait  àOhsaka;  il  eut  une  grande  réputation,  méritée  par  des  auivres 
attrayantes. 

Mouné-da  Nawo-mitchi  a  fait  des  personnages  en  relief  accentué,  pleins  de  vigueur,  et  d’autres 
œuvres  remarquables. 

Soumi-noé  Bousèn  florissait  en  Temméi  (1781-1789)  à  Founamatchi,  en  Osaka.  Il  est  connu 
aussi  comme  peintre.  Ses  croquis  ont  une  aisance  remarquable  et  son  travail  est  très  él errant 

O 

PL  LXI  V.  —  [28].  Manche  de  couteau.  —  Kamenosouké  Itirasé  d’Osaka. 

Vendeuse  de  fagots  dite  Oharamé  ou  femme  d’Ohara,  nom  d’un  village  de  Kyauto. 


2/,  1 


Isomlji  Mitsoumaya  vint  a  halo,  entra  a  l’école  de  ^  okoya  Syou,  étudia  aussi  le  style  Nara  et 
lil  une  sculpture  jolie  à  incrustations,  dans  le  style  dos  Encres  de  Chine,  ainsi  que  du  relief  fort  et  de 
la  ciselure.  En  depil  d  une  certaine  mollesse,  il  sort  de  l’ordinaire.  Il  mourut  le  iqr  jour  du  12e  mois 
de  la  •>'  année  Anyéi  (22  janvier  i8:jq). 

M  il  sou  Aki  demeurait  en  Mino.  On  ignore  son  nom  de  famille.  Sa  ciselure,  à  relief  accusé, 
employait  1  or  et  l’argent. 

1  oslnsshighe  a  signe  du  nom  de  Oorausakou  des  sculptures  faites  avec  son  frère  aîné  Kouni- 
naga,  vers  kwan-ei  1  62  j- 1  (>  j  >  ,  Ils  ont  été  les  maîtres  des  nielleurs  Yoshi-nori,  Yoshi-kouni,  Mori- 
kata.  4oshi  Kouni  II,  ^  oshi-tsougou,  Yoshi-hira. 

I  ai/an  Molo-taka  demeurait  a  Al  1  to ,  en  llidatchi.  Il  a  laissé  beaucoup  d  œuvres  dune 
heaule  Ires  appréciée  :  guerriers  célèbres,  japonais  et  chinois,  sages  et  sennins.  Il  a  particulièrement 
1 1 1 1  1 1  Imi*r  !'■  genre  de  Nain.  Il  llorissail  vers  I  emméi  (1  "81-1789)  et  mourut  à  quatre-vingt-dix  ans, 
laissant  beaucoup  d  élèves. 

'tada-he  M i I eh i-naga  habitait  Mito.  Il  avait  eu  pour  maître  ko-ami,  puis  Nara  Toshi-hiça. 
‘*';l  s< ‘ 1  ' I p I ure  est  Ires  caractéristique.  A  Mito,  on  1  appelait  h*  londateur  de  l’école  moderne.  Il  mourut 
h*  1"  jour  du  (>'  mois  de  la  >'  année  Meiwa  1  \  juillet  1768). 

Ilaglndaui  kalsouhm,  artiste  df *  Mito,  étudia  la  ciselure  avec  son  frère  katsouhisa.  11  pénétra 
aussi  les  executions  de  sa  maison  et  celles  de  ^  okoya .  Il  est  mort  en  i88C>  a  1  âge  quatre-vingt- -trois 
ans.  lient  pour  idève  (hinno  Shomin. 


t’t*  l  a  ■  O  \  11  üi  m  sa  11  it r.  Ri-iti  Oiivrno  d’Ohsaka. 


Dr  agon  ci  se  le  avec  le  fond  perce. 


NIELLEURS 


Les  Mourakami. 


Mourakami  .lyotchikou  habitait  Edo  en  Meiwa  1764-1771).  Il  était  nielleur  en  étriers  et  se 
montra  novateur.  On  peut  citer,  comme  type  de  ses  ouvrages,  des  bambous  genre  Soumi-vé  incrustés 
en  Shibou-itchi  ou  Shyakoudo,  ou  bien,  comme  sculpture  en  relief  accusé,  des  libellules  et  des 
papillons  incrustés  en  burgau,  lnaba-tsouryau  a  dit,  en  parlant  de  Jyotchikou  :  «.  Son  travail  n’a 
pas  la  moindre  gène.  Son  mouvement  des  feuilles,  dans  le  style  des  Tsing,  est  si  parfaitement 
naturel,  qu’à  les  regarder  on  éprouve  une  sensation  de  fraîcheur.  »  Ses  fils,  Jyosetsou  et  Jyosoui 
sont  connus.  Ses  descendants  et  ses  élèves  continuèrent  son  métier. 


IM.  liXIY  [?.<)  .  —  CrAHDK  de  sabre.  —  N’icomte  Mitsouakira  Taaaka. 
Le  mont  Eouji  avec  le  nuage  en  line  incrustation  d’or. 


Mourakami  Jyo-tchyou,  élève  et  lils  adoptif  du  précédent,  a  laissé  des  œuvres  qu’il  n’est  pas 
aisé  de  distinguer  de  celles  de  son  maître. 


31 


ARMLRILRS 


Miôtchin  Mounéakira,  élève  de  Mounésouké,  22e  successeur  de  la  maison  Miotcliin.  Il  lit  la 

ciselure  line  sur  fer  forgé,  habita  Yédo  vers  les  années  kioho  1 1  y  1  (i-i  ^  1  )  . 

Fig.  y/j.  Armure  ale  fer  forgé  et  repoussé,  des  dragons  sur  la  poitrine  rl  1rs  bras,  rl  1rs  liens 
aux  coudes.  Le  beau  relief  est  accompagné  d'une  belle  patine.  Les  mois  suivants  son I  graves  sur  la 
poitrine  :  «  Le  8e  mois  de  la  y°  année  de  kioho  (  1722),  fait  par  Miotcliin  Mounrakira,  a  ^  edo. 


PI.  LXV  [  10].  —  G aiî de  de  SAiiiiE.  —  Ri-iti  Ouvciio  il  Olisaka. 

Feuilles  de  Ginkgo  ciselées  et  percées  en  filets  lins,  dits  Itozoukaslii. 


Myo-tchinn  Yoshi-hiça,  appelé  lvoça-émon,  était,  dans  1rs  premières  anurrs  (ihrii-mkoii  iRSS- 


1 7°4) ,  protégé  par  le  Daïmyau  de  Etchizèn  ; 
armures,  il  a  fait  des  dragons  et  des  phénix 


cl  ou  son  nom 
souples,  libres 


d  Ltchizen  Myo-tchinn.  lui  dehors 
,  et  d’une  grande  délicatesse. 


des 


Armuhe  a  écailles  avec  casque.  -  Marquis  Matsou-dahira  Motci  Aki. 

Dans  cet  ouvrage  d’Etchizèn  Myô-tchinn-yoshi-hiça,  la  cuirasse  et  les  manches  sont  à  écaille 
le  casque  a  la  orme  d  une  rose  trémière,  fleur  qui  sert  d'armoiries  aux  Matsou  Da-hira.  Sur  la  visiè 
se  détaché  un  dragon.  C  est  une  pièce  d’une  grande  solidité  et  d’une  extrême  beauté 


FED  HURES 

Nakagawa  Sliô-éi,  de  son  nom  courant  Yoshyourau,  d’une  famille  de  fabricants  d’armures  de 
lakata,  ainsi  nomiiiccs  de  la  localité  ou  elles  se  faisaient,  Takata,  en  Etchigo.  Pendant  les  années 
I  ensliyau  (i  >7  5- 1  xja),  il  se  transporta  à  Kyauto  et  repoussa  ou  forgea  les  ustensiles  de  cuivre  ou  de 
1er  dont  Sen-ke  se  servit  pour  le  Tchyadau.  De  là  vint  sa  célébrité.  11  mourut  le  a3°  jour  du 
(P  mois  <le  la  S*' année  Ghèn-x\  a  3\  juillet  itiiaj. 


(i  A  U  DES 


Oumélada  Shighé-yoschi  WVI  reçut  un  vasliiki  el  lui  nommé  II au  kvau  (entre  1096  et 
ibi  Y.  Il  a  une  composition  très  consciencimise  et  un  travail  très  délicat. 

PI.  IA\  11  .  —  (îaium  ih  sahrk.  Musée  impérial. 

I  er  ciselé  et  incrusté  des  vues  de  Mamagawa,  de  Yoshino,  de  Tatsouta,  etc.,  en  minuscules 
panneaux  décoratifs. 

Nakaï  Tomolsouné,  du  nom  vulgaire  de  Zénsouké,  fit,  les  gardes  de  sabre.  Son  ancêtre,  qui 
lit  les  gardes  dans  la  province  de  Souwo,  remonte  à  l’époque  des  deux  trônes  au  quatorzième  siècle. 
Mais  c'est  le  talent  de  Tamatsouiié  qui  lit  renaître  la  réputation  de  la  famille.  Il  fit  en  ciselure  et 
incrustation  les  passages,  les  personnages  durant  la  période  de  Ixiôhô  ( 17 iG-iySY. 

PL  L\N  1/  .  (îahim:  i> i  sahiii..  —  Vicomte  Mitsouaki  Tanaka. 

Giselure  et  incrustation  représentant  un  navire  chinois.  Exécution  d’une  netteté  remarquable. 

Okamoto  Yû-dji,  élève  de  Okamoto  Yù-glii,  de  Nagato,  vint  à  Edo  étudier  son  métier  et 
devint  très,  habile.  Okamoto  l’autorisa  à  prendre  son  nom.  11  florissait  en  Ghèn-rokou  entre  1681 
et  1704). 

Nishigawa  Tadamaça,  ancêtres  des  forgerons  en  Tsouba  d’Akaçaka  d’Edo,  produisit  des 
o-ardes  nouvelles,  très  réputées  sous  le  nom  de  gardes  d’Akaçaka,  en  fer  bien  forgé  et  la  plupart 
ajourées.  Il  mourut  la  3e  année  Meireki  (iOôy),  laissant  comme  élève  Mori  Tadamaça. 

Ixitagawa  Shoudén,  on  dit  qu’il  est  le  chef  de  l’école  delà  ciselure  de  Hikoné,  de  la  province 
d’Aumi.  Les  guerriers  et  les  ermites  font  les  sujets  de  composition.  La  ciselure  est  sculpturale  et,  par 
suite,  le  fond  est  vidé  et  percé.  L’ouvrage  est  très  colorié  d’incrustation. 

Kitaffawa  Sôdén,  sii»-ne  aussi  Sôhéishi,  successeur  de  Shoudén.  On  dit  aussi  que  Sôdén  est  le 
nom  de  la  vieillesse  de  Shoudén.  On  sait  qu’il  habitait  Ivyauto  et  signait  Soden. 


PI.  LXV  [  1 3 1 .  —  Gahde  dk  sAinu:.  —  Musée  impérial. 

Garde  en  fer  incrustée  d’or  en  forme  dite  mokkô,  qui  se  compose  de  quatre  lobes. 


ïtô  Maça-tsouné  demeurait  à  Edo  et  fit  des  gardes  pour  le  Bakou  fou.  H  était  sans  égal  pour  le 

repercé  fin.  Il  est  mort  la  9e  année  Kyau-hô  (172  j  • 

Jyakoushi  demeurait  à  Nagasaki.  C’est,  le  2“  du  nom.  Le  ie‘  .lyakoushi  Ou-émon  sculpta  des 

gardes  en  imitant  le  travail  hollandais.  Le  2e,  habile  artisan,  lit  des  paysages  dans  le  style  chinois, 
des  dragons,  des  silhouettes  en  perspective,  etc.  Il  était  très  apprécie,  si  bien  que  ce  qui  rc^emhh 
à  son  genre  est  généralement  appelé  de  son  nom. 


Pt.  LXV  [14].  —  Garde  de  sabre.  —  Musée  impérial. 

Pays  âge  en  ciselure,  d’après  le  style  de  la  peinture  chinoise,  sujet  dans  lequel  .lyakoushi  se 


distingua. 

O 


FONDEURS 


Nagoshi  Shyau-kau,  fils  de  lvojyau-mi  San-shyau,  habitait  kyauto.  Il  tondit  surtout  des 
bouilloires  pour  le  thé.  Il  mourut  la  16e  année  Kwan-ei  i63q  .  Son  fils  Shyaujyau  et  ses 
descendants  San-ten,  Shyau-kwau,  Shyau  Ei,  Shyau  ko,  Shyau-én  continuèrent  sa  profession. 

Nagoshi  Kashyau,  frère  cadet  de  Kojyau-mi  San-shyau,  appelé  par  les  Tokougawa  û  Edo 
pendant  les  années  kwan-ei  1624-1644)  e*t  l’ancêtre  des  kamashi,  maîtres-fondeurs  en  bouilloires 
de  Edo. 

Nagoshi  Maça-nobou  continua  son  père  kashyau  à  partir  de  la  17''  année  kwan-ei  itljoi,  et  >e 
fixa  à  Edo.  Suivant  le  goût  du  Tchyaujinn  kobori  En  Shyou,  il  fabriqua  des  bouilloires  à  cigales  »•( 
à  coquilles.  Sur  les  indications  d’un  autre  Tchyajinn,  kataghiri  Seki-shyou,  il  lit  une  bouilloire  et  un 
fourneau  à  dragon  foudroyant.  En  outre,  il  produisit  beaucoup  de  formes  nouvelles.  Il  mourut  la 
2e  année  Djyau-kyau  (  1 685)  et  fut  continué  par  Mitchi-maça,  Maça-voshi,  Mata-mitehi ,  ken-sli\au, 
Shyau-mei ,  Shyau-kau . 

Miyazaki  Kantchi,  dont  le  père  était  un  fondeur  de  Noto,  vint  à  kvauto  et  entra  à  fende  de 
Nagoshi  Sanshyau.  Devenu  célèbre  ouvrier,  sur  l’invitation  de  la  famille  Maoda,  il  se  transporta  a 
kanayawa.  Il  est  mort  la  2e  année  Shyautokou  (1712).  Ses  fils  et  petits-fils  l’ont  continué. 

kanaya  Goro  Sabourau,  petit-fils  d’un  certain  Andô,  fonctionnaire  qui  avait  survécu  à  la 
chute  des  Toyotomi,  vint  à  Kyauto  en  Kwan-ei  (entre  1624  et  16  jj)  et  s’adonna  à  la  fonte  des 
objets  en  bronze.  Ses  descendants  prirent  le  nom  courant  de  Goro  Sabourau  et  continuèrent  son 
métier. 


Le  IXe  du  nom  s’adonna  à  la  fonte  et  à  l’incrustation.  11  se  montra  si  habile  <pm  scs  ouvrages 
furent,  en  grand  nombre,  exportés  à  l’étranger. 

Mademoiselle  Ivamé,  dont  on  ignore  le  nom  de  famille  exact,  était  née  à  Nagasaki  et  conti¬ 
nua  le  métier  de  son  père,  qui  était  fondeur.  Elle  eut  beaucoup  de  talent  pour  les  brûle-parfums. 
Ses  œuvres  étaient  pour  la  plupart  du  style  de  ce  qu’on  appelle  Karamono.  La  matière  en  est  mince. 

Nabéya  Tchyaubéé,  de  Kyauto,  fondait  surtout  les  objets  du  culte  bouddhique.  La  plupart 
sont  à  cire  perdue.  Il  était  renommé  pour  sa  sculpture  et  sa  couleur.  Il  mourut  la  8°  année  Bonnséi 
(i825). 


Mourata  Sei-min,  ne  a  Nagasaki,  s  établit  a  Edo  vers  Bounkwa  ou  Bounséi  (entre  180  j  et  18  j<> 


et  s’appliqua  à  exécuter  des  modèles  réalistes,  des  tortues 
et  des  chandeliers  d'une  exécution  fine,  ornés  de  motifs 
cire  perdue. 


surtout  très  vivantes.  Il  fit  aussi  des  vases 
délicats.  Ses  œuvres  sont  généralement  à 

O 


Histoire  de  l’Art  du  Japon 


PI.  LXVI 


1 


4 


3 


. 


BOITES  EN  LAQUE 


Mo ii rata  leijyau,  élève  < I < *  Sei-min,  a  le  style  de  son  maître.  Au  Kenteyauji  de  Ivamakoura,  les 
ciih|  omis  Lakan  < I sept  a  liait  pouces  de  hauteur  ont  été  fondus  par  Teijyau  et,  son  maître  Sei-min 
d  apres  les  modîdes  en  bois  exécutés  par  lakahashi  llau-oun  et  son  élève  To-oun.  On  peut  donc 
considérer  ces  deux  tondeurs  comme  les  maîtres  des  temps  modernes,  leijyau  a  eu  pour  élève 
I  akarakoyama  So-min . 

^  omo  ^  acou  liei,  Ids  <1  un  Samouraï  du  clan  de  Kamé-yama  en  Tamba,  demeurait  à  Ky auto. 
Son  surnom  est  Nvon-boun-dau.  Il  fabriquait  des  ustensiles  de  bronze  et  avait  aussi  du  talent  comme 
pemli'(‘  el  cnlligrapho.  Il  mourut  la  a(“  ai  met1  Tempau  (  1 83 1  )  à  soixante-deux  ans. 

Ses  descendants  se  siirnoinmèrenl  Kyou-boun-dau  et  continuèrent  sa  profession.  Il  eut  pour 
élèves  I  lala-zau-rokou,  1res  habile  dans  I  a rl  d’imiter  l’antique  et  l’un  des  ouvriers  les  plus 
remarquables  de  ce  temps. 

Nomma  lakousaï,  de  Sado,  lit  des  ustensiles  de  bibliothèque  et  de  tchya-novou.  Vers  la  tin  de 
cette  période,  ses  «ouvres  ont  été  exposées  au  loin.  Il  a  fait  des  cires  perdues  sans  retouche,  patinées, 
d’un  if  où  |  original. 


LA  OUE 


l/art  du  laque  atteint  son  apogée  sous  les  Tokougawa  pendant  les  trois  siècles  de  paix 
ininterrompue  ipi  ils  donnent  au  Japon. 

Lorsque  Ive-vaçou  se  transporta  à  Tokyau,il  y  appela  les  maîtres  laqueurs  Ko  Ami  Tchyau-hau, 
Koma  Iwou-i,  qui  travaillaient  pour  lui  et  «pi  il  protégea.  L’est  te  commencement  du  développement 
d<*  l  arl  à  Ldo.  \  cette  époque,  la  haute  administration  observait  un  cérémonial  des  pins  rigoureux. 
I)  autre  part,  le  h  hvadau  était  de  plus  en  plus  florissant,  le  jeu  des  Parfums  aussi.  Les  meubles  et  les 
ustensiles  avaient  d<-^  dimensions  et  des  formes  déterminées.  Or,  plus  de  la  moitié  de  ces  ustensiles 
étaient  laques.  I.n  sorte  que  jamais  la  demande  des  laques  n’a  été  aussi  considérable  qu’à  cette  époque; 
et  les  laqueurs  rivalisèrent  d  habileté.  Cependant  cette  demande  constante  d’objets  à  forme  déterminée 
ne  laissa  plus  de  place  à  la  variété  dans  l’art.  Le  progrès,  à  cette  époque,  ne  se  montre  donc  que  dans 
le  métier.  Au  contraire,  l’invention  est  en  pleine  décadence. 

Seule,  l'école  de  Kwau-etsou  «pii  transmet  les  tendances  de  Momoyama  de  la  période 
précédente,  n  a  pas  subi  les  entraves  apportées  par  l’époque  et  permet  aux  partisans  de  Kwau-rinn 
el  de  llaritsou  de  montrer  un  talenl  et  une  originalité  de  j >1  us  en  plus  remarquables.  A  cette  époque, 
le  makiyé  de  kvauto  a  subi  les  mêmes  influences  que  celui  d  Ldo.  Si  1  on  jette  un  coup  d  œil  d’ensemble 
sur  les  œuvres  de  ce  temps,  Part  de  la  première  période  continue  encore  en  partie  le  style  de 
Momoyama.  Il  est  robuste,  non  sans  délicatesse  et  sans  perfection  dans  le  procédé.  En  elfet,  les 
procédés  du  Shishi-ahi,  du  Toghi-dashi  et  du  Kirigané  modelé,  usé,  pailleté)  sont  de  plus  en  plus 
parfaits  et  atteignent  enfin  à  l’état  magnifique  de  la  période  Kwan-ei  (1624-1644  •  L’ouvrage  du 
fameux  artisan  de  ce  temps,  Kau  Ami  Naga-shighé,  le  llatsouné-dana,  l’étagère  «  du  premier  chant 
des  oiseaux  »  de  la  famille  d’Owari,  est  un  bon  modèle  de  ce  qu’on  a  fait  alors. 

A  la  deuxième  période  de  Ghèn-rokou  pisque  vers  1 1  o  1  ibNS-iy  1 1),  la  délicatesse  et  la  beaute 
sont  poussées  au  plus  haut  degré.  On  a  pris  le  surnom  du  5e  Shyaugoun  pour  désigner  ces  laques, 
et  on  les  appelle  laques  du  temps  de  Jyaukén-in  Tsouné-yoslii  .  Cependant,  les  plus  belles  œuvres  sont 
pour  la  plupart  de  petits  Inrô. 

A  partir  de  kvau-ho  (1716),  bien  que  les  maîtres  célèbres  ne  manquent  pas,  on  arrive  pourtant, 
par  suite  des  circonstances,  à  la  décadence.  A  cette  époque,  au  château  de  Ldo,  on  établit  des  ateliers, 


on  rassemble  les  artisans  célèbres  et  on  leur  fait  faire  tous  les  meubles.  C'est  ce  qu  on  a|.|iellc  <  >kny  aba. 

Les  objets  remarquables  pour  la  plupart  se  1  ont  la. 

Mais,  après  kyauhû,  comme  ou  se  sert  de  beaucoup  de  laques  pour  laire  des  rideaux,  on  s.- 

contente  d’une  fabrication  courante.  Les  couches  ne  sont  pas  assez  nombreuses  en  dessous  ;  la  main 
d’œuvre  du  makiyé  est  simplifiée  le  plus  possible;  on  se  sert  pour  cela  (b-  iiiinc-  plaque  d  or  <1 
d’argent;  pour  la  poussière  d’or  et  d’argent,  on  use  de  procédés  qui  permettent  son  emploi  <-n  faible 
quantité.  Enfin,  on  a  l’idée  de  fabriquer  une  poudre  de  forme  plate,  appelée  Hiragokou. 

A  cette  époque,  à  Kvautô,  la  fabrication  aussi  montre  les  mêmes  tendances.  La  poudre  d  or  esl 
de  mauvaise  qualité,  et  l’on  produit  des  choses  belles  au  dehors  seulement.  L'est  ce  qu  on  appelle  b-s 
Kyauto-shi-irémono  (laques  toutes  faites  de  Kyauto).  Ainsi  la  fabrication  était  en  grande  partie  tombée 
dans  la  négligence.  Au  contraire,  dans  les  provinces,  la  fabrication  locale  se  développe  et  I  on  voit 
Kanazawa  en  Kaga,  Nagoya  en  Owari  produire  de  belles  choses. 

Igarashi  Dau-ho,  le  fameux  ouvrier  appelé  par  le  Daïmyau  de  Kaga,  s  était  rendu  dans  celle 
ville  et  avait  appris  le  makiyé  aux  gens  du  pays.  D’autre  part,  le  maître  en  makiyé*  de  Kyauto, 
Yamato  Shôbéé,  s’était,  vers  Kwanséi  (1789-1801  ,  transporté  à  Nagoya  et  y  avait  importé-  son 
métier.  Il  produisait  des  œuvres  qui  ne  le  cédaient  pas  à  ce  qu’on  faisait  dans  b-s  deux  capitales  .!<• 
l’Est  et  de  l'Ouest. 

A  partir  de  Tempau  surgissent  divers  événements  :  la  visite  des  ambassadeurs  hollandais, 
l’inquiétude  de  la  société,  les  erreurs  du  Bakoufou.  On  touche  déjà  à  la  révolution.  On  délaisse  b-s 
objets  laqués.  Le  makiyé  a  perdu  la  faveur.  A  peine  peut-on  noter  les  u-uvros  de  Boiin-sai  et  à. ni 
You-sai  qui  ont  du  talent  dans  Limitation  des  Anciens.  On  sent  la  décadence. 


MAITRES  ET  ŒUVRES 

Igarashi  Dau-ho  avait  du  succès  vers  Ghènna  (1G1  j-iGa'p.  Un  de  s. -s  ancêtres  s’appelait 
Shinn  -saï  et  son  habileté  dans  le  makiyé  le  lit  employer  par  le  I  ligasbivama-.buio.  Appelé-  par 
Mahéda  Toshi-ié,  Dau-ho  alla  en  Kaga,  enseigna  le  makiyé  aux  gens  du  pays.  Son  I i I s .  Daiilio 
Kisaboureau  servit  aussi  la  maison  de  Mahéda,  et  sa  famille  demeura  à  Kanazawa. 


PI.  LXYt  1  .  —  Boite  a  kcriiik.  —  Rihei  Yaraamoto  do  Kyauto. 

Laque  décorée  d’herbes  d’automne  d’une  grande  finesse.  A  l’intérieur  du  couvercle  est  peint 
le  prince  céleste  Tanabata  tissant  la  soie. 

Kau-ami  Nagashighé,  le  X*  des  Kau-ami,  montre  un  travail  consciencieux,  solide  et  plein 
de  qualités.  Il  voyagea  entre  Kyauto  et  Edo,  travailla  pour  b-  gouvernement,  lit  b-s  ustensiles 
du  Tô  Eoukou-min,  les  meubles  du  couronnement  de  l’empereur  Mei-shyau  ceux  du  mariage  de  llimé- 
ghimi  des  Tokougawa,  etc.  Ses  œuvres  sont  nombreuses.  Les  trois  étagères  du  «  i«‘r  chant  des 
oiseaux  d  du  Daïmyau  d’Owari  sont  l’œuvre  de  Nagha-shighé.  Il  mourut  la  f  année  Kéian  (i65i 
cà  cinquante-trois  ans.  Après  lui,  sa  famille  est  continuée  par  Nagafouça,  Tchyau-kyou,  Maça-miné, 
jusqu  a  la  19°  génération.  Protégés  par  le  Bakoufou,  ils  travaillèrent  pour  le  palais. 

PI.  LXyiI.  —  IIatsou-xé-daxa  et  meubles  décoratifs.  —  Marquis  Tokougawa  Yoslii  Akira. 

C’est  le  mobilier  donné  la  i4e  année  Kwan-ei  (i637)  par  le  3*  Shyaugoun  Tokougawa,  lyé-mitsou, 
àsa  fille  aînée  Tchi-yohimé  lorsqu’elle  épousa  le  Daïmyau  d’Owari.  Il  se  compose  de  trois  armoires,  une 


(»otite  chapelle  portât .ive,  une  étagère  à  livres,  une  étagère  à  manuscrits  et  des  ustensiles  de  toilette, 
ustensiles  de  bihliot lièque,  tous  assortis. 

Lest  I  ouvrage  de  Ivau-ami  Naga-shighé,  qui  a  pris  pour  thème  la  poésie  sur  le  1er  chant  de 
*  I  Ougouice  dans  le  (diapitre  du  i ,r  clianl  «les  oiseaux  du  Glien ji-monogatari,  et  l  a  traité  en  Ashidé-é 
sur  un  loin!  avanluriné,  épais.  Il  y  a  mis  des  incrustations  «l’or  et  d’argent.  Ses  modelés  de  paysages 
sonl  enlièremenl  laits  en  pavage  d’or,  comme  si  c’était  sculpté  dans  le  métal  même.  Le  travail  est 
admirabh1  de  solidilé  <*l  de  magnificence.  La  puissance  de  l’art  fait  parfaitement  ressortir  l’éclat 


pa rt i<*n I i«»r  de  toutes 
sentiment  d  harmonie 


1rs  matières  précieuses,  et  cependant,  la 
absolue.  L'est  le  elud’-d’œuvre  de  l’art  de 


composition  so  i  g  n  é  e 
la  laque  au  Japon. 


dégage  un 

O  O 


l’I.  I.W’I  •/  .  lîoi r»  .  —  Must’r  impérial. 

La  boite  est  connue  sous  le  nom  de  Ilatsounéno  lébako.  LUe  doit  avoir  fait  partie  de 
nombreuses  boîtes  appartenant  aux  étagères  du  marquis  Yôshinori  l’okougawa.  Il  ny  a  aucun 
doute,  par  conséquent,  «pu*  celte  belle  laque  d’or  soit  faite  par  koami  Nagashigué. 


Yamamoto  Shvoun-shvau,  qui  demeurait  à  kvauto,  excellait  dans  le  makiyé  ;  son  exécution 
était  habile  et  sa  composition  harmonieuse.  C’était,  de  plus,  un  bon  poète  japonais.  Il  a  composé  le 
Ni-jvouitchi-daï-shvon  lioui  Kou.  Ami  de  Ito  Jin-saï,  il  était  aussi  versé  dans  la  littérature  chinoise. 
Ses  descendants  jusqu'à  la  10e  génération,  sous  le  même  nom  de  Shyoun-shyau,  continuèrent  son 
métier  de  laqueur.  Il  est  mort  la  2°  année  Tenwa  [(>82  à  soixante-treize  ans. 


PI.  LXYI  t  .  Ijoitk  a  liCRiitK.  —  Musée  impérial. 

Sur  un  fond  d  avant  urine  d’or  en  nuage  sont  peints  les  œillets  dans  un 
La  laque  est  signée  par  Sunshô  avec  son  cachet. 


distingué. 

O 


PI.  LXYI  ',]•  1  îorri:  v  kcuiiu:.  —  Shiguénosouké  Founabashi  de  lvyauto. 

Enfant  jouant  de  la  ilûte  sur  un  bœuf.  On  voit  aux  champs  les  Heurs  d’automne.  Le  sujet 


•2  î  (S  - 


est  en  relief  avec  les  incrustations  d’or  et  d’argent.  Le  paysage  est  en  laque  frottée.  Celle  Lu . si 

du  5°  Shunshô  et  de  l’époque  lloréki 

Schii-bara  Itchi  Da-you,  de  Edo,  appelé  par  le  Daïmyau  do  Kaga  vers  la  lin  de  b'van-e 

(.645),  se  transporta  à  Kanazawa  et  se  livra  au  makiyé,  qu’on  appelle  Inro  -le  Kaga.  S, .s  -ouvres 

sont  pleines  d’idée  et  d’élégance. 

Koma  Kvoui,  ancêtre  de  la  maison  des  Koma  de  Edo,  fut  maître  laque, ,r  -le  Tokoi.guwa  (>-•- 
mitsou.  Son  fils  Kvou-hakou  lui  succéda  et  servit  également  Tokougavva  l'souua  Voslu.  La  la . - 

continue  jusqu’à  la  nc  génération  à  être  les  laqueurs  du  Sliyaugoun. 

Fig.  jo.  Le  couvercle  de  cette  boîte  est  décoré  d’une  baie  en  bûches  grimpée  -1-  vigne 

vierge,  en  toghidashi,  c’est-à-dire  décor  reparu  par  polissage.  Il  y  a  -lu  rouge  vermillon  sur  l-s 


feuilles.  Au  revers  du  couvercle,  un  héron  sous  la  pluie.  Laque  faite  par  koma  kioui,  signé**  pin¬ 
son  fils  Kiouhakou  en  certificat. 


Tat-souki  Tchyaubéé  vivait  vers  Kwanboun  et  Lin-po  i (>(> i  et  1G81).  Il  habitait  kvauto.  Son  art 
très  habile  a  un  grand  sentiment  de  distinction.  C’est  l’un  des  grands  artistes  du  temps. 

Fig.  76.  Le  dessus  de  la  table  et  l’extérieur  de  la  boîte  sont  laqués  d’or  dit  lliramé. 
décor,  d’un  beau  relief,  représente  les  sentiers  de  vigne  vierge.  La  malle-pagode  laissée  par  1< 
prêtre  est  incrustée  d’or.  La  laque  est  signée  par  Tatsouké  Tchobei  Takatada. 


jC 


Kadji-kawa  Ky-ou-jirau  fut  un  laqueur  protégé  par  le  Bakoufou.  11  excelle  dans  le  inro;  «>t  on 
l’appelait  Tenka-itcbi,  l’Unique.  Il  florissait  de  Tenwa  à  Kwanboun  i66i-i(>84i.  Ses  descendants 
continuèrent  sa  profession. 

Seigai  Kanshitchi  montre  surtout  du  talent  dans  les  enroulements  de  vagues.  C’est  de  là  que 
lui  est  venu  son  nom  (mer  bleue).  Il  florissait  vers  Ghèn-rokou  (1684-1704 

Ogata  Kwaurinn  s’inspira  des  makiyé  de  Ilonnani  Kwau-yetsou  et  imita  ses  compositions. 
11  fit  des  incrustations  en  employant  l’étain,  le  plomb,  le  burgau,  etc.  L’originalité,  l’élégance, 
le  grandiose  de  l’arrangement,  l’ingéniosité  des  formes  et  du  coloris  le  distinguent  du  travail 
minutieux  des  laqueurs  ordinaires.  Pour  le  temps  des  Tokougawa,  il  inventa  un  art  nouveau. 

Kwaurinn  était  un  esprit  raffiné  dont  on  cite  un  trait  piquant.  Connaissant  la  vanité  des 
changeurs  de  Kyauto,  il  se  proposa  de  les  mystifier.  11  alla  un  jour  en  leur  compagnie  voir  les 


Histoire  de  l’Art  du  Japon. 


PL  LXVII. 


2% 


U(»ui*s  à  Araslii-yama.  Il  emporta  des  boulettes  de  riz  dans  une  feuille  de  bambou  qu’il  avait 
préparée  d’avance.  Arrivée  à  Arashi-yama,  la  compagnie  étendit  une  natte  sous  les  Heurs,  et 
eliaeim  ouvrit  lièremenl  une  boîte  à  déjeuner  magnifique  d (;corée  d’incrustations  d’or,  d’argent 
(*|  de  nacre. 

Kwaurinn  tira  simplement  de  sa  feuille  de  bambou  ses  boulettes  de  riz  et  se  mit  à 
manger:  mais,  si  l’on  examinait  de  prés  l’intérieur  de  celle  feuille,  on  voyait  une  surface  plaquée 
d'or  et  décorée  de  Heurs,  d’oiseaux,  de  paysages  en  inakiyé  des  plus  délicats.  Les  vaniteux 
commerçants  se  regardaient  entre' eux,  dans  une  stupéfaction  unanime. 

Alors,  le  déjeuner  liai,  Kwaurinn  laissa  llotter  au  gré  du  vent  cette  feuille  sur  le 
Ohoéo-awa  et.  s’en  retourna  tranquillement. 


1*1.  IA\  I 


Mon  i  \  i  ( au  in 


montagne 

D 


Miwa 


I  adamasa  lliiyaslii  do  Tokio. 

I  n  des  chefs-d’œuvre  connus  de  kôrin.  Le  décor  représente  la  vue  de  la 
de  Yamato.  Le  fond  est  entièrement  cou¬ 
vert  de  poudre  d’or  limé.  Les  pins  sont  en 
plomb  et  en  nacre  incrustes  sur  le  fond.  La 
pierre  a  godet  représente  le  tori-i  (porte, 
du  temple  de  Miwa.  La  forme  de  la  boîte 
rsl  un  carré  arrondi  et  bombe.  Le  dessin, 
d'une  simplicité  extrême,  caractérise  1  ori¬ 
ginalité  du  maître.  Quelques  traits  d'or 
n 

jetés  sur  le  plomb  pour  taire  les  branches 
de  pins  montrent  les  coups  de  pinceau 
propres  a  koriu. 

1*1  I.XYI  [6].  Nom:.  Musée  impérial. 

Laque  décorée  du  pont  aux  Iris 
appelé  Yatsouhashi.  Le  sujet,  pris  dans  un 
poème  ancien  de  Ariwara-no  Narihira  qui 
décrit  le  pont  brisé  à  huit  tabliers  jetés  sur 
les  iris  fleuris  que  le  poète  vit  dans  la  pro¬ 
vince  de  Mikawa.  Les  tablettes  du  pont 
sont  en  plomb  et  les  fleurs  sont  en  nacre. 

Dans  l’intérieur  sont  peints  les  filets  d’eau. 

Uirnwa  Ititsouwo,  alias  liaritsou,  d'Icé,  venu  à  Edo,  faisait  des  poésies  llaikwai,  et  peignait 
l  ien  dans  le  style  des  Toça.  U  était  habile  décorateur  de  laques,  qu’il  incrustait  de  porcelaine, 
Je  bois  de  plomb,  d’étain,  d’ivoire,  de  corne,  etc.  Ses  laques,  très  appréciées  de  son  temps,  sont 
connues  sous  le  non,  de  liaritsou  Zaï-kou.  Son  esprit  est  toujours  élégant  et  son  metier 

extrêmement  habile.  Il  mourut  la  'f  année  Knkyau  1717). 

Fi„.  „  l’t  io-ère  laquée  noire,  décorée  des  pièces  de  monnaies  anciennes,  des  bâtons 

d’encre  de  «’hine  et  des  miroirs  antiques,  en  haut  relief.  Chaque  sujet  est  représenté  avec  le 

détail  d’une  vérité  frappante  avec  la  rouille  et  les  avaries  mêmes. 

Pi,,..  -S.  Sur  un  fond  composé  de  bambous  tressés  est  decoree  en  laque  une  collection  de 

bâtons  d’encre  de  Chine. 

Shiwomi  Maça-nari  demeurait  en  Kyauhau  (i7.6-i736),  à  Kyauto,  où  il  était  renommé  pour 


l'ift 


—  Etagère 

i  é 

Baron  Riouti  Kouki. 


-  230 


les  Toohi-dashi  Makiyé  (laques  frottées',  au  point  que  ce  genre  de  Impie  s’esl  appelé  dans  la  suite 

«y  v  l 

laque  de  Shiwomi. 

Fig.  79.  Sur  un  fond  de  laque  noire  est  incrustée  la  nacre  représentant  une  écluse, 
accompagnée  du  roseau  décoré  en  laque  d  or. 


Nagata  Tomo-harou  était,  eu  Kyau-hô  1716-1736  ,  célèbre  pour  ses  makiyé  inspirés  du  style 
d’Ogata  Kwaurinn. 

Yamamoto  Ri-héé,  du  district  de  Kouwata  en  lamba,  vint  a  kyauto  el  y  étudia  I  nrl  de  lu 
laque.  11  reçut,  la  3e  année  Enkyau  (1746',  la  commande  des  ustensiles  de  laque  dans  les  mobiliers 


Fig.  78.  —  Boite.  —  Xaoyuki  Koumagayé  de  Kyauto. 


t  ig.  79' —  I N  ho  lioil»*  à  médecin*  ). 
Miisrc  impérial. 


faits  pour  l’avènement  de  l’empereur  Momozono  (CXY  .  ce  qui  prouve  la  réputation  dont  il  jouissait 


t  ig.  80.  Boite  a  médicaments.  —  Musée  impérial. 


ig. 


81 


i > o  1  j  f  de  médicaments.  -  Musée  impérial 


Il  est  mort  le  27'  jour  du  9*'  mois  de  la  3e  année  Meiwa  (3o  octobre  1766). 
continuèrent  sa  profession  sous  le  même  nom  de  Ribéé. 

fig.  80.  Boîte  a  médicaments,  laque  décorée  d’un  saule  et  d’un  coq. 


Ses  descendants 


2  >  I 


lidzouka  I  oyo,  surnommé  Ivwan  Shyau-saï,  (excelle  dans  Je  In-rô  en  makiyé.  Vers  Meiwa 
!  i  ?(»  j- 1  7721,  ayant  reçu  du  Daïmyau  de  Awa  l’ordre  de  laquer  certains  objets,  il  répondit  avec 
hauteur  que  son  niakiyc  était  réservé  aux  In-rô  et  que,  quelle  quantité  d’or  qu’on  lui  offrît,  il 
refusait  toute  autre  commande.  Le  Daimyau,  admirant  cotte  conscience  d’artisan,  finit  par  le 
laire  Samouraï  et  se  I  attacher.  Les  descendants  de  Kwau  Shyau-saï  ont  servi  les  Daïmyau  d’Awa 
de  génération  en  génération  sous  Je  nom  de  leur  ancêtre. 

Nino-M iya  To-toi,  qui  llorissait  en  Kan-sei  (1789-1801),  était  médecin  à  Edo.  11  devint 
très  habile  en  I  «  hin-kin-bori.  Le  Tchin-kin-bori  esl  une  gravure  d’apprêt  d’un  motif  sur  les 
objets  de  Impie  destines  à  recevoir  de  la  dorure.  Le  sont  les  ouvriers  de  Nagasaki  qui  ont 
commence,  en  Kyau-ho  1 7 1  (>- 1 7-  > ( >  ,  à  copier  ce  procédé  d’après  une  fabrication  chinoise.  Tô-tei 
se  servait  de  dents  de  rai  au  lieu  de  couteau.  Il  grava  ainsi  des  paons,  des  Heurs  et  des  plantes 
avec  une  grande  délicatesse. 

homa  Ivwan-sai,  eleve  du  >'  kyouhakou,  fut  autorisé  par  son  maître,  à  cause  de  son  talent,  à 
prendre  le  nom  de  famille  de  konia.  Dans  sa  vieillesse,  il  lit  des  poésies  badines  sous  le  nom 
de  Maeago-an  Miteimori.  Il  mourut  le  q*'  jour  du  V  mois  de  la  7''  année  Tempau  (6  mai  1 835) . 
Le  fameux  maître  moderne  Shibata-zé-shin  fut  son  élève. 

I  ig.  81.  Boîte  à  médicaments,  laque  d  or,  décorée  du  temple  kiyomizon  de  Kyauto. 


l  ama-kadji  /aii-kokon,  <l<*  Taka-matsou,  en  Sanouki,  d’une  famille  de  laqueurs  de  fourreaux 
de  sabres,  faisait  aussi  de  la  sculpture  avec  amour.  Au  milieu  de  sa  vie,  il  trouva  un  nouveau 
procédé  de  laquage.  Le  procédé,  «pii  combine  les  procédés  chinois  avec  nos  anciens  procédés, 
consiste  à  tailler  dans  du  bambou  ou  dans  «lu  bois,  pris  comme  fond,  de  fines  fleurs,  plantes, 
herbes,  arbres,  etc.,  el  à  remplir  les  traits  de  laque  bleue,  jaune,  rouge.  Cela  donne  des  choses 
d’une  grande  fraîcheur,  d’une  couleur  éclatante.  L’est,  ce  qu’on  appelle  Zau-kokou-nouri.  Il  a  fait 
aussi  d'excellentes  choses  en  laque  noire  à  relief.  Il  reçut  une  pension  de  son  Daïmyau,  Matsou- 
d  ah  ira  'lori-him  «*t  mourut,  en  février  1870,  dans  sa  soixante-quatrième  année. 

Ilurn  Yau-Youçaï,  surnommé  kau-zan,  habitait  Edo.  Il  eut  de  Bounkwa  à  Bounséi  (i8oj- 
1 8  in  ,  la  réputation  d  un  lnqucur  sans  égal.  Il  demandait  des  motifs  a  Ilau-itsou  Shyau-ninn  et  a 
fait  beaucoup  «I  couvres  élégantes  <*t  discrètes. 

Nakayama  k«»min.  élève  «le  Yau-Youçaï,  montre  un  art  habile  et  délicat,  excelle  dans  la 
copie  des  (ouvres  anciennes.  Il  est  mort  en  1871.  Parmi  ses  élèves  on  compte  Ogawa  Shyau-ininn. 


CÉRAMIQUE 


A  l’époque  précédente,  llo  Taïko,  aimant  les  cérémonies  de  thé  (Tchanoyou),  avait  fait  surgir 
de  nouveaux  procédés  dans  la  fabrication  de  la  céramique,  et  les  seigneurs  (Daïmyaus),  qui  avaient 
pris  part  à  l'expédition  de  Corée,  ramenèrent  à  la  suite  de  leurs  armées  un  nombre  considérable  de 
potiers  coréens  et  firent  élever  de  nouveaux  fours  dans  leurs  provinces.  La  céramique  des  trois  siècles 
de  l’époque  de  Tokou-gaxva  a  ainsi  son  origine  dans  l’époque  précédente. 

La  vogue  du  Tchanoyou  se  répandit  alors  de  plus  en  plus.  Les  maîtres  réputés  en  Tchanoyou, 
comme  Kobori-Yenshou,  etc.,  ne  cessèrent  pas  de  s’intéresser  à  la  fabrication  des  pots  à  thé.  En 
quête  de  goûts  nouveaux  à  satisfaire,  ils  s’essayaient  toujours  à  créer  de  nouveaux  types.  Ainsi 
c’est  à  Yenshou  que  nous  devons  les  Asaki-yaki  (1)  d’un  rose  clair  tel  que  le  brillant  soleil  du  matin, 


I;  Yaki  veut  dire  cuil  et.  désigne  d’une  façon  très  générale  les  produits  céramiques. 


les  Shidoro-yaki  d’un  émail  jaune  noirâtre  et  très  solide,  les  Akahada-yak.  Jus  Shigarak.-yuki,  1rs 
laga-yaki,  etc.  A  la  même  époque,  à  Kyauto,  le  fameux  potier  Ninsei  Nonomoura  établit  plusieurs  leurs 
et,  produisant  des  pièces  très  distinguées,  pots  à  thé  et  autres,  attacha  une  universelle  renommée  a 
la  poterie  dite  Kio-yaki.  A  Imari,  dans  la  province  de  Hizèn,  (îoinbei  (iosou,  Kake  mon  1  -ik.iida, 
réussirent  à  produire  de  nouvelles  pièces  suivant  le  procédé  chinois  «b*  lokouéinon  loslnma.  Dans  l.« 
province  de  Satsouma,  Bokou  Ileii  et  d’autres,  encouragés  par  le  seigneui  Shimadzou,  hibiupu  ni  de 
précieuses  pièces  de  faïence  d’une  terre  blanche,  transparente  comme  le  pm<<l.iim  blem  In  \ 
Takatori,  dans  le  Tchikauzèn,  Djiro-zaëmon  Igarashi,  s’inspirant  des  divers  procédés  employés  dans 
la  fabrication  des  poteries,  étayant  reçu  de  Yenshou  des  dessins,  produisit  diverses  pi«*ce>  a  lln- 
d’une  qualité  très  fine.  Plus  tard  à  Awata,  près  de  kyauto,  a  Hagi  dans  le  Nagato,  a  k.n  aU«m,  dan> 

le  Hizèn,  etc.,  on  exécuta  aussi  des  pièces  très  célèbres. 

La  paix  régnant  alors,  tout  le  monde  s’adonnait  au  luxe.  La  nécessite  de  Uni  ter  le  gn||l,  d'¬ 
plus  en  plus  répandu,  des  porcelaines  fines  et  précieuses  pour  les  I chanoyou,  les  Ikebana  ou  entretien 
des  fleurs  en  vases,  les  Bonsaï  ou  pousse  des  plantes  en  potiches,  (b*  travailler  entin  aussi  bien  pont 
les  services  de  table  que  pour  l’amusement  d  une  riche  clientèle,  développa  rapidement  I  importuner 
de  la  fabrication  de  la  céramique  de  Kyauto  et  autres  lieux.  Pendant  Père  de  kiolid  i  7  i  b- 1  7  »  »  ,  la  plus 
paisible  de  toutes,  quoique  l’excès  de  la  fabrication  eut  fait  baisser  de  qualité  les  laques,  b*s  sculp¬ 
tures  et  autres  produits  de  luxe,  la  céramique  resta  seule  florissante;  on  établit  de  nouveaux  loin", 
et  d’habiles  artistes  produisirent  avec  application  des  pièces  très  sérieuses.  On  le  doit  peut-être  .1  l.i 
situation  rustique  des  fabriques  de  céramique.  On  ne  les  établit  en  effet  qu’en  des  lieux  où  la  mode 
n’influe  pas,  comme  dans  les  grandes  villes,  sur  les  conditions  de  la  vie.  Le  fut  surtout  au  milieu  d*' 
l’époque  de  Tokougawa  qu’on  vit  à  Kiomidzou  près  de  Kyauto,  à  Séto  dans  I  Owari,  à  koulaiii  dans 
le  Ivaga,  à  Idzoumo-yaki  dans  Pldzoumo,  des  fours  nouveaux  se  créer  ou  des  fours  anciens  se  relevt-r 
et  reprendre  un  nouveau  lustre. 

Vers  les  époques  de  Temmeï  (1781-1788)  et  de  Kwanseï  1789-1800  ,  la  fabrication  de  la  céra¬ 
mique  subit  une  nouvelle  transformation  et  les  fours  de  Kvauto  vinrent  à  produire  des  pièces  d  un  g«uïl 
tout  nouveau.  Gela  était  dû  à  la  vogue  du  goût  chinois  dit  Bounjin-konomi  goût  des  lettres  ,  11e  «b 
l’étude  des  lettres  chinoises  et  des  articles  importés  de  Chine.  L’introduction  au  Japon  de  la  nouvelb 
manière  d’infuser  le  thé  dite  Sentcha,  venue  de  Chine,  conduisit  les  potiers  à  des  recherches  déci¬ 
sives.  Le  premier  amateur  de  Sentcha  fut  le  Baïtcha-O,  nommé  Genslio  Shibayama,  natif  de  Hizèn. 
C’était  un  grand  savant  et  poète  qui  s’était  consacré  au  Zèn,  secte  bouddhique  appelée  O-bakoii-ha, 
et  récemment  introduite  de  la  Chine.  Toujours  en  vovage  à  la  recherche  de  paysages  pittoresques, 
Gensho  Shibayama  vint  se  fixer,  vers  l’époque  de  Hôréki  (1751-1763  ,  à  Kyauto.  La,  il  se  procura  tout 
un  service  de  Sentcha  qu  il  portait  avec  lui  et  avec  lequel  il  offrait  le  thé  à  des  hommes  de  lettres  ou 
à  des  gens  d’esprit,  au  printemps,  sous  les  arbres  en  fleurs,  et,  à  l’automne,  dans  les  bois  d’érables 
rouges.  De  là  lui  vint  le  nom  de  Baïtcha  0,  qui  signifie  le  vieux  vendeur  de  thé.  Depuis,  le  divertis¬ 
sement  du  Sentcha  vint  tout  a  fait  a  la  mode,  et  les  marchands  chinois  se  mirent  à  apporter  les  pots  à 
thé  et  les  divers  autres  accessoires  du  pavillon  de  thé,  que  les  Japonais  prirent  plaisir  à  leur  acheter. 

Les  fabricants  de  porcelaine  et  de  faïence  imitèrent  en  conséquence  les  articles  chinois  du 
Sentcha.  Le  fameux  potier  Dohatchi  Takahashi,  lié  d’amitié  avec  le  grand  peintre  Taïgado  et  l’amateur 
de  Sentcha  T  osaï,  fabriqua  des  pots  a  thé  en  imitation  de  pièces  chinoises,  où  sont  reproduits  des 
figurés  d’hommes  ou  des  poèmes.  Eisèn  Okouda  copiait  aussi  les  pièces  de  fabrication  chinoise 
moderne  et  ancienne,  et  le  célèbre  artiste  Mokoubeï  Aoki  fit  ses  études  dans  son  atelier.  Dès  lors,  les 
porcelaines  et  les  faïences  de  goût  chinois  furent  partout  admirées.  Elles  exercèrent  de  la  sorti-  une 
inlhu  ne<  enormesui  la  fabrication  de  la  céramique  mêmedans  les  provinces,  comme  Koutani,  Séto,  etc. 
Ainsi  la  céramique  de  l’époque  de  Tokougawa  finit  dans  le  goût  ou  style  des  lettrés  et  dans  Limitation 
des  anciennes  pièces  de  fabrication  japonaise  et  chinoise. 


Kio  Yaki. 


Or,  coni[,rcrid  -•  hi-.  celle  appdlalion  les  \insei-yaki,  les  A wada-yaki,  les  Kiomidzou-yaki,  ele.  j. 

L  origine  de  la  poterie  de  Kyaulo  remonte  à  Pépoque  précédente.  Pendant  l’ère  de  Kwanseï 
i(v>  j-16  Vb,  le  cédèbre  artiste  Ninseï  Nonomonra  établit  des  fours  successivement  à  A  wada-2’outchi 
origine  de  I  \ wada-yaki  actuel  , Omoiiro,  Mizoro,  Seikandji  (origine  du  Kiomidzou-yaki  d'aujourd’hui), 

I wakoiira-vania,  etc.,  etc.  Il  fabriqua  des  faïences  aussi  bien  que  des  porcelaines,  avec  de  la  terre  de 
Shigaraki  el  des  localités  voisines  de  Ivyauto. 

I  n  grand  nombre  de  ses  pièces  de  poterie  présentent  des  profils  d  une  souplesse  rare  et  sont 
revêtues  d  une  glaçure  très  fine  avec  des  décors  très  distingués.  Inépuisable  d’inventions,  il  travailla 
d  après  ses  fantaisies,  sur  les  ordres  de  nobles  et  de  gens  d  esprit. 

\près  Ninseï,  les  kio-yaki  se  divisèrent  en  deux  branches:  les  Awada-yaki  et  les  Kiomidzou- 
vaki.  La  fabrication  de  la  faïence  d  émail  tendre,  à  dessins  d’or  et  en  couleurs,  continua  dans  les 
fours  d  \wada.  Les  artistes  les  plus  célèbres  dans  cette  fabrication  furent  Sobeï  kinkozan,  Seïkaï 
Tanzan,  Ihninzo  llo/.an.  etc.  Dans  1ère  de  kwanseï  1789-18001,  Lïsèn  Okouda  établit  des  fours  a 
\wada  el  fabriqua  les  Ko  Sométsouké  porcelaine  bleue  avec  décors  bleus  ,  à  Limitation  des  fours  de 
kotehiu  Annam  . 

Parmi  ses  édèves,  Mokoubeï,  Dohatchi,  Kamésouké,  etc.,  furent  les  plus  connus.  L’autre 
branche  de  Ninseï  donna  naissance  à  la  porcelaine  de  kiomidzou  et  de  Godjo-zaka.  L’habile 
potier  kourobeï  Olowava,  habitant  de  Seïkandji,  établit  des  fours  à  I  ligashivama,  Kiomidzou  et 
Godjo-zaka,  dans  1ère  de  lloréki  1  7')  1- j  *»  >  et  continua  à  fabriquer  la  faïence  et  une  espèce  de 
porcelaine. 

Vers  Père  de  Bounkwa  iNoj-1817  ,  Dohatchi  Takahashi,  Kiteï  W  aké,  Yoheï  Midzoukoshi,  etc. , 
produisinml  pour  la  première  fois  la  porcelaine  bleue  et  blanche,  à  décors  bleus,  imitant  les  procédés 
,1  \rita  dans  le  lli/èn.  (  ’  «  •  I  a  i  »  *  1 1 1  des  objets  façonnés  à  la  main,  et  leurs  décors  bleus  étaient  aussi  très 
bien  faits,  (les  pièces  étant  ainsi  propres  aux  goûts  du  temps,  les  Tchadjin  amateurs  des  cérémonies 
de  thé  ,  el  les  Sliudjiu  amateurs  de  sake  ne  manquaient  pas  de  les  acheter.  Aussi  leur  fabrication 
prospéra-t-elle. 

Parmi  les  fabricants  de  cette  porcelaine,  Dohatchi  II,  Iviteï  II,  Shitchibeï  Kiomidzou,  Yoheï 
Se  i  fou,  Xorokou  Makiomidzou,  etc  ,  furent  très  connus.  Leurs  produits  avaient  un  caractère  indes¬ 
criptible  e|  ce  sont  pour  la  plupart  ries  pièces  a  the  ou  a  sake.  Plus  tard,  011  fabriqua  aussi  d  autres 
pièces  diverses.  (1  est  la  que  la  céramique  appelée  Kiomidzou-yaki  et  ses  fours  produisirent  un  grand 
nombre  de  porcelaines  et  de  faïences.  Aujourd’hui,  quarante-cinq  mille  familles  de  potiers  sont 
établies  à  Godjo-zaka  et  à  Kiomidzou,  et  prospèrent. 

Voici  quelques  notes  sur  les  potiers  les  plus  connus  parmi  ceux  que  nous  venons  de  citer,  et 

sur  leurs  oeuvres. 

Ninseï  Nonomoura. 


Ninseï  (nom  personnel  était  originaire  de  la  province  de  Tamba.  Jeune,  il  vint  au  village 
d  Odomoura,  dans  la  province  de  Toça,  et  y  apprit  Part  céramique  d'un  potier  nommé  Boutsouami, 
Coréen  naturalisé.  Puis,  pendant  l’ère  de  Guenna  (1600-162.)  ,  étant  venu  a  Kyauto,  il  continua 
son  apprentissage  dans  1  atelier  de  1  artiste  Sohakou,  habitant  de  Seïkandji.  Ses  études  finies, 
il  établit  des  fours  successivement  à  Awada  -  goût  ch  i ,  Omouro,  Mizoro,  Seïkandji,  Iwakoura, 


N aroi ît ak  i ,  T  ak a  gamine,  Kom  atsou dan  i , 


Fig-  8-2. 

IIakouzodzou,  Okimono  (objet  d'ornemenl). 
Collection  de  M.  Seisouké  Ikeda,  Kyauto. 


25/, 


etc.,  près  de  Kyauto.  C'est  grâce  à  ce  célèbre  potier  que 
la  poterie  de  Kyauto,  dite  Kio-yaki  atteignit  sa  véritable 
perfection  et  toute  son  importance.  Ses  produits  sont  de 
formes  très  variées  et  d’un  goût  parfait  et  lin,  quoique  la 

terre  n  en  soit  pas  assez  solide. 

Fier.  82.  IIakouzodzou  signifie  le  maintien  dans  In 
représentation  dite  No  (1),  qui  représente  un  lenaid  en 
vieux  moine.  Cet  ouvrage  exprime  à  merveille  la  scène. 
La  terre  est  revêtue  d’une  glaçnre  grise  et  le  décor  est 


noir. 


Fig.  81.  —  Minzor-sAsm  pot  .i  eau  . —  Collin  iiou  «!-■  M.  kaim 
nosouké  Itirasé.  Ohsaka. 

C  est  un  pot  à  eau  destiné  au  Ichanoyou.  Sa  gla- 
çure  est  blanche,  ses  profils  sont  très  lins,  et  la  couleur 
de  ses  décors  est  admirablement  réussie. 

Fig.  84. —  Canards  savyao es,  kono  hrûb-p.iHuni»  <  "11.  1  .m 
de  M.  Riohel  Mouiavama,  Uh>aka. 

C’est,  un  ne nre  d’œuvre  où  l'artiste  Ninseï  était 

O 

particulièrement  habile.  La  teinte  du  dessin  noir,  dit 
Kourogosou,  montre  le  goût  dédient  de  1  artiste. 

Fier.  8).  —  Maroc!  IIatchi  vase  décor.  d  . .  U  ut* 

Les  profils  de  la  glacure  blanche  sont  tris  nets  et 
très  souples,  et  la  tente  est  d'un  pinceau  très  distingué- 


Moheï  Kinkozan. 


établi  des  fours  à  Awada,  près  de  Kyauto,  la 


2e 


Tokoubeï  Kagiya,  le  grand-père  de  Moheï,  avait 
année  de  Sliolio  (16/p).  Les  pièces  de  sa  fabrication 


Fig-  83. 


Fig. 


8/1 


avaient  de  riches  décors  (kin)  et 


un  vif  éclat  (ko).  C’est  pourquoi  il  s’appela  Kinkozan. 


Moheï 


(l)l,o  No  est,  une  représentation  japonaise  ressemblant  un  peu  à  l’opéra-comique. 


•2  )  ) 


nom  Personnel),  le  troisième  du  nom  de  Kinkozan,  qui  fabriqua  les  tasses  nommées  Temmokou 
I  <  fia \\  n n  ou  lakauo  Ichawan,  comme*  on  les  appelle  ordinairement,  pour  le  Shyaugoun  Iyéshigué 

lokougawa,  sous  I  ère  de  liorcki  17  m-ijlii),  (ni  dès  lors  le  fournisseur  de  la  maison  Shyaugounale 
des  Tokougawa. 

O 

Dohatchi  Takahashi. 

Dolialrln  s  appela  aussi  Niami.  La  S'  anime  de  l3ounk\va  (181  1  ) ,  transportant  sa  fabrique 
d  Awada  a  Godjo,  il  produisit  non  seu- 
leinenl  des  pièces  imitant  l'ancienne  l'abri 
cation  japonaise  et  chinoise,  mais  aussi 
des  statuettes.  Il  se  rendit  auprès  des 
seigneurs  de  Kii  et  de  Salsouma  pour 
leur  fabriquer  des  objets  à  usage  per¬ 
sonnel.  Plus  tard,  il  établit  des  fours 
à  Momoyama,  dont  les  produits  furent 
appelés  Momoyama-yaki.  Il  mourut  le 
a  6  mai  de  la  •>.' année  d’Ansei  fiSVx. 

l' Ig.  86.  La  terre  r*sl  grossière  el  la 
teinte  très  simple,  mais  le  tout  a  du  goùl. 

l  ig.  (S-  1  .  Celte  pièce  imite  I  ar¬ 
ticle  des  îles. 

I‘ig.  87  •>.  .  Cotte  théière  est  d  une 
terre  blamdie  et  reproduit  un  poème  sur 
sa  partie  supérieure. 


Rokoubeï  Kiomidzou. 


Fig.  sO.  ltorii,  Okimo.no  olijet  dornemenl  . 
Collection  tlt*  M.  Shinhitchi  I i «  1  a .  Kvauto. 


Hokoubeï  était  originaire  de  la 

province  de  Set  l  sou .  Si  mis  1ère  de  kwan-èn  1718-17)0,  il  revint  à  kvauto  et  v  apprit  la  poterie 

de  l’artiste  Seibeï,  de  Godjo-zaka,  puis  il 
continua  ses  études  à  Shigaraki.  Sous 
l’ère  de  Meiwa  1764-1771),  il  établit  ses 
fours  à  Godjo-zaka  et  fabriqua  dans  la 
suite  des  pièces  à  thé.  11  était  lié  d  amitié 
avec  les  célèbres  peintres  Okio  et  Go- 
shoun.  Il  mourut  la  1  i°  année  de  Kwanseï 


l799 


Eïsèn  Okouda. 


Fig.  ,S;  [ij.  Fig.  «7  [a]. 

Thkièkks.  —  Collection  de  M.  Xaotsoura  Koumagal,  Kioto. 


Eïsèn,  dune  famille  marchande 
très  riche,  étudia  par  goût  l’art  de  la 
céramique,  établit  des  fours  à  Awada  et 
fabriqua  des  pièces  en  imitation  des  anciens  articles  chinois.  Ses  produits  imitant  les  fours  cocliin- 
chinois  sont  d’une  fabrication  très  remarquable.  Les  célèbres  artistes  Mokoubeï,  Kamésouké  et 
Kasouké  furent  ses  élèves.  Il  mourut  la  8°  année  de  Bounkwa  (1811),  à  Page  de  cinquante-neuf  ans. 


Fig.  88.  Cette  pièce  imite  la  forme  de  la  coupe  de 
Elle  est  d’une  glaçure  bleu  foncé,  verte  ou  pourpre  de 


cuivre  dite  Sliakou  dans 
Kotcliin  (Annam  . 


l'ancienne  < dune. 


Mokoubeï  Aoki. 


Mokoubeï,  originaire  de  Nagoya,  dans  la  province  d’O^vari,  avait  montre,  des  sa  jeunesse, 

beaucoup  de  goût  pour  1  écriture  et  la  peinture. 
A  l’Age  de  quinze  ans,  ayant  < | u 1 1 1 F*  sa  lamille,  il 
alla  dans  plusieurs  localités,  afin  de  connaître  les 
hommes  savants  et  les  artistes.  Il  voulait  d  abord 
se  faire  forgeron,  mais,  sur  le  conseil  de  kenkadn, 
à  Naniwa  (Ohsaka),  et  après  avoir  lu  chez  lui  un 
livre  chinois  de  Shouritsou  Teï  sur  la  céramique,  il 
se  donna  à  cet  art.  Sous  I  ère  de  kiowa  1S00-1S0  i  . 
il  vint  à  kvauto  et  y  apprit  la  poterie  dans  batelier 
de  1  artiste  Eïsèn.  Après  ipiehpies  années,  il  dépassa 
même  son  maître  en  renommée  et  la  année  de 
Bounkwa  1807),  il  vint  à  kanazawa  sur  l’ordre  du 
seigneur  de  kaga  et  y  construisit  pour  lui  les  l’ours 
de  kasougayama.  1  n  an  après,  de  retour  a  Iwautn, 
il  y  établit  ses  fours  et  se  distingua  par  ses  propres 
procédés,  différents  de  ceux  d'Awada.  Il  acquit  en 
outre  une  très  grande  célébrité  pour  l'imitation  des 
anciens  produits  chinois.  C  était  un  homme  1re> 
habile  à  écrire  et  à  peindre,  ayant  autant  d  abon¬ 
dance  que  de  goût  dans  le  dessin,  et  ami  d«*>  fameux 
savants  o,  leikouden,  etc.  Aussi  1rs  pièces 

potiers  ordinaires.  La  j‘‘  année  de  Tempo  iN>j.  il 


Fig.  88.  —  Shakoucata  Kobo  coupe  sacrée). 
Trésor  du  temple  Kennindji,  Kvaulo. 

qu’il  fabriqua  diffèrent-elles  de  celles  des 
mourut  à  l’âge  de  soixante-sept  ans. 


Fig.  89  [ ij .  —  Bai  Gletsou-ro  (théière  à  dessin  de  fleurs  de  prunier  sous  la  lune  .  Cnil,  ,  n(,n  de  \| 


Koumagal,  lvvaulo. 


Théière  avec  fourneau  pour  faire  du  thé.  Cette  pièce  est  en  terre  blanche  sans  couverte,  et 
seules  les  fleurs  de  prunier  sont  décorées. 


hig-  89  [2].  —  Théières.  —  Collection  de  M.  Naotsoura  Koumagal,  Kvaulo. 

La  forme  et  la  glaçure  imitent  celles  de  kotcliin. 


log.  89  [ij.  —  Tasses.  —  Collection  de  M.  Naotsoura  Koumagal,  Kyauto. 

Cette  pièce  est  en  Akaé  (décor  rouge)  ressemblant  à  celles  de  Nankin,  en  Chine. 


1  ’^9  [i]-  Bon  ES  a  the.  Collection  de  M.  Naotsoura  Koumagal,  Kyauto 

Cette  boîte  a  la  forme  nankinoise  et  reproduit  un  poème. 

^  ig-  89  >p  Iiiéière.  —  Collection  de  M.  Naotsoura  Koumagal,  Kvaulo. 

Terre  blanche  sans  glaçure. 


Yoheï  Seifou. 


Yoheï 

polerie  chez 

Uakou-vaki  el 
« 


ctml  originaire  de  kanazawa  dans 
Niami  Takahashi,  puis  il  établit 
lus  pièces  anciennes  japonaises  et 


la  province 
scs  fours  à 
chinoises, 


«h*  kaga.  Venu  à  kyauto,  il  étudia  la 
Oodjo-zaka.  Il  fabriqua  d’abord  des 
puis,  dans  les  dernières  années  de  sa 


vie  seulement,  les  pièces 
Bounkwa  i<S6i). 


en  Seïdji 


(céladon  et  à  kinran  décors  d'or). 


11  mourut  la  irc  année  de 


Zorokou  Makiomidzou. 


Zorokou,  habitant  de  kougamoura  dans  la  province  de  Yamashiro,  lit  ses  études,  à  partir 
de  lYige  de  treize  ans,  chez  son  oncle  kiteï  Waki.  Il  réussit  à  faire  école  en  imitant  les  pièces 

anciennes  du  Japon  et  de  la  Chine. 


Kenzan  Yaki. 


Les  Kenzan-yaki  sont  aussi  un  genre  de  kio-yaki.  Sous  lere  de  Ghèn-rokou  (1688-1704), 
Kenzan  Qgata  apprit  à  suivre  l’art  céramique  de  Ninseï  et  adopta  les  procédés  hollandais.  11  établit  des 
fours  dans  le  village  de  Naroutaki.au  nord-ouest  de  Kyauto,  et  fabriqua  des  pots  à  thé  et  autres  pièces 
diverses,  si  distinguées  par  leurs  peintures  et  leurs  mots  de  bon  goût,  qu'elles  devinrent  un  genre 
unique  dans  la  céramique  de  kyauto.  Il  s’établit  dans  les  dernières  années  de  sa  vie  à  Iriya  près 


—  258 


de  Yédo,  où  il  s’occupa  encore  de  céramique.  Ses  produits  sont  appelas  lt i\ •>  l\«  l,za 
peu  plus  tendres  que  ceux  de  Kyauto.  Chacune  de  ses  pièces  est  signée  Shisoui  Shinslio 
Kenzan.  Elles  sont  tantôt  façonnées  à  la  main,  tantôt  fabriquées  au  moyen  de  moules, 
ressemblance  avec  les  Rakou-vaki. 


et,  sont  un 
ou  Shisoui 
>t  ont  de  la 


Kenzan  Ogata. 


Kenzan,  le  jeune  frère  du  célèbre  peintre  Kwaurin 
chez  Yokèn  Foujimoura  et  la  peinture  sous  5  asounobou 


Ogata,  étudia  les  lett ros  et  les  Telianoyou 
Kano,  fameux  peintre.  Aussi  ses  produits 


Fig.  90.  —  Shimamoyo  Hatchi 
(vases  à  rayures).  —  Collection  de 
M.  Naotsoura  lvoumagaï,  Kyauto. 


Fig.  91.  —  Matsom -no-miu/oi  -sasiii 
(pot  à  eau  à  dessin  de  pins'. 
Collection  de  M.  Selsouké  Ikeda,  Kvauto. 


sont-ils  d’un  goût  très  distingué.  Il  mourut  la  3e  année  de  K\van-hô  (17  jj  ,  à  l'Age  de  quatre-vingt-un 
ans. 

Fig.  90.  Ce  dessin  consiste  en  Heurs  de  prunier  sur  les  rayures.  On  ne  voit  ici  que  la  signa¬ 
ture  de  l’artiste,  au  fond. 

Fig.  91.  Il  y  a  là  des  dessins  de  pins  sous  la  neige  et  de  camélias. 


Yeïrakou  Yaki. 


Les  Yeïrakou-yaki  se  produisirent  aussi  à  Kyauto.  Sous  1ère  de  Bounkwa  Y  804-1807, 
Zengoro  Hozen,  1 i  descendant  dune  famille  de  potiers  qui  s  occupèrent  successivement 
de  la  fabrication  de  tsoutchi-bouros  (fourneaux  en  terre)  pour  le  thé,  fabriqua  pour  la  première 
fois  des  porcelaines  imitant  a\ec  une  très  grande  habileté  les  pièces  d’anciennes  fabrication 
japonaise  et  chinoise.  Il  produisit  surtout  pour  sa  célébrité  des  pièces  revêtues  d  une  glaçure 
rouge  obtenue  par  la  rouille  et  décorées  de  dessins  d’or  semblables  à  ceux  que  l’on  fabriquait  en 
Chine  dans  1ère  de  Aeïrakou  iq4o3-i4.24)  sous  la  dynastie  des  Ming.  Le  seigneur  de  la  province 
de  Kii,  appartenant  a  une  branche  des  Tokougawa,  qui  les  appréciait  beaucoup,  lui  ordonna  la 


i°  allll0°  ^>ounS(‘i  (*827)  de  fabriquer  des  pièces  dans  son  palais  de  Nishihama.  On  appelle  ces 
pièces  l(*s  Onixva-yaki  à  aki  du  Palais).  Le  prince  donna  à  Zengoro  lïozèn  un  cachet  avec  les  deux 
caractères  ei-rakou).  L  artiste  les  adopta  depuis  comme  nom  de  famille  et  appela  ses  produits 
"  à  eirakou  Kinrandé  ».  Ce  nom  de  Kinrandé  tirait  son  origine  de  ce  que  l’éclat  de  ses  pièces  décorées 
de  dessins  d  or  est  semblable  à  une  sorte  de  brocart  d’or,  nommé  Kinran.  L  appellation  Nishikidé 
(tour  les  diverses  pièces  décorées  est  due  au  meme  sens.  Zengoro  Kxvaizèn,  deuxième  descendant 
de  sa  famille,  travailla  aux  fours  de  Koutani  et  y  enseigna  l’art  des  Kinrandé.  Les  ouvriers  de 
koutani  ont,  depuis,  amélioré  considérablement  ses  procédés. 


Arita  Yaki. 


Les  fours  des  Arila-yaki  se  trouvent  au  district  de  Matsoura  dans  la  province  de  llizèn  .  La 
L  année  keiteho  1  >()8),  les  nombreux  potiers  coréens  qui  avaient  accompagné  le  seigneur  Naoshigué 
Nabcshima,  lors  de  son  retour  de  l'expédition  de  Corée,  établirent  les  premiers  fours  d  Arita.  L’un 
d  eux,  Li  Sampéï,  d<»couvrant  le  kaolin  blanc  à  Idzoumi-yama  dans  le  district  de  Matsoura,  réussit 
a  produire  «les  porcelaines  blanches.  Des  fabricants  et  des  ouvriers  porcelainiers,  venus  de  plus  en 
plus  des  div  erses  parties  de  l’Lmpire,  s’y  établirent  et  fondèrent,  dans  la  suite,  la  ville  d’Arita  où  de 
nombreux  ouvriers  s’occupent  des  diverses  branches  de  l’industrie  céramique.  D  habiles  ouvriers 
s  y  succédèrent,  «pii  parvinrent  à  produire  de  véritables  objets  d’art,  surtout  la  porcelaine  bleue 
et  blanche  à  décors  bleus  ou  rouires. 

P 

I  okouzaèmon  Toshima,  habitant  d  lmari,  apprit  d’un  Chinois  de  passage  à  Nagasaki  l  art  de 
déeor<*r  la  porcelaine  avec  les  émaux.  Le  procédé  fut  indiqué  à  Kakiémon  Sakaïda,  habitant  d’Arita, 
«pii  axait  «* 1 1 1  « 1 1  «*  l'art  céramique  près  «l<*  Goroshitchi  Takéhara,  potier  de  la  maison  de  Taïko,  mais  il 
11e  ivussit  pas  au  d«*but.  Ce  ne  fut  que  grâce  au  concours  de  Gombeï  Gosou  et  après  de  nombreuses 
années  «I  essais  <>l  «le  tâtonnements  «pie  kakiémon  finit  par  triompher.  Ces  pièces  décorées  d’or  et 
«I  argent  «le  nouvel!»*  fabrication  lurent  exportées  à  leur  tour  en  Chine,  par  le  port  de  Nagasaki. 
Ce  fut  là  la  première  exportation  d<*  la  céramique  japonaise,  la  3e  année  de  Shohô  (1647).  Depuis 
cette  année,  on  a  fabriqué  à  Arita  un  grand  nombre  de  pièces  avec  décors  en  or  et  en  couleurs,  dont 
les  marchands  chinois  et  hollandais  portèrent  la  majeure  partie  à  l’étranger. 

Sous  hère  «le  Iwvanboun  (iGfio-iOja’,  un  <h*s  princes  Daté,  seigneur  de  Sendaï,  enxoya  a  Arita 
un  marchand  «le  porcelaines  de  Aédo,  du  nom  «ie  Gorobeï  Imaria,  pour  y  faire  des  commandes. 
Celui-ci  rapporta  des  objets  fabriqués  par  Kizaëmon  11)  Tsoudji  qui  passait  pour  un  potier  habile. 
C«*s  objets  furent  offerts  par  h*  prince  Daté  à  la  cour  de  l’empereur,  dont  Kizaëmon  devint  le 
fournisseur.  L<*s  pièces  envoyées  chaque  année  à  Kyauto,  et  destinées  à  1  usage  du  souverain  et 
de  la  famille  impériale,  sont  à  émail  bleu  d'une  élégance  incomparable  et  portent  les  armes 
impériales,  le  Chrysanthème.  Le  petit-fils  de  Kizaëmon  11,  également  célèbre  potier  de  la  cour, 
reçut  «Telle  la  3e  année  d’An-ei  (177 J)  le  titre  honorifique  de  Hidatchi-no  Daïdjo.  Un  jour, 
il  trouva  une  pièce  tombée  sur  une  autre  et  y  adhérant,  et,  les  ayant  cassées,  il  découvrit  àl  intérieur 
une  pièce  de  porcelaine  d’un  éclat  admirable,  tout  à  fait  différente  des  autres.  Possédant  ainsi  un 
nouveau  procédé  par  T  observation  du  secret  de  la  cuisson,  il  réussit  à  produire  des  pièces  supérieures 
au  moyen  de  cazettes  d’une  terre  sablonneuse.  Les  pièces  fabriquées  par  ce  nouveau  procédé  sont 
appelées  Gokousin.  Si  le  joint  des  cazettes  n'est  pas  luté,  les  produits  sont  appelés  lboshi-iri.  La 
fabrication  des  pièces  dites  Gokousin  fut  limitée  seulement  à  une  qualité  supérieure  de  porcelaine, 
parce  qu’il  fallait  toujours  casser  les  cazettes. 

Sous  1ère  de  Tempo  (i83o-i843),  Yodjibeï  Hisatomi,  grand  marchand  d  Arita,  établit  de 
nouveaux  fours  et  employa  un  nouvel  émail.  Grand  amateur  des  Tchanoyou  et  peintre  de  mérite,  il 


donnait  à  ses  ouvriers  des  modèles  de  formes  et  de  décors,  et  les  nouveaux  j  *  i  «  >  <  1 1 1 1 1  1 1  «  m  i  \  »  •  i  «  *  n  I  un 

écoulement  facile  parmi  les  marchands  étrangers  de  Nagasaki,  (.es  pièces  ctaicnl  s  i  14 1 1»  *  «  *  ^  Snn-po, 

nom  d'artiste  de  Yodjibeï.  De  ce  jour 
commence  la  lahrication  dos  articles 
pour  l’exportation,  comme  les  vases  u 
Ileurs,  les  tasses  à  thé*  ou  a  cale  avec 
soucoupes  et  autres  objets  divers. 

Fig.  92.  Cette  porcelaine  déco¬ 
rée  fut  fabriquée  par  le  célèbre  artiste 
kakiémon  Sakaïda.  La  pcintun*  en  est 
parfaite. 


Les  fours  d  Okotchi  sc  trouven 
près  d  Alita  dans  la  province  de  lli/cn 


t'ig-  \)'J- 


-  Vase  octoc.one,  décore  d'un  dessin  de  fleurs. 
Collection  du  Musée  impérial  de  Tokio. 


Ils  ont  été  établis  sous  I  ère  de  kn'diô 
(1716-1719-171*)),  par  ordre  du  -i*i- 
gneur  Nabèshima.  Ces  fours  faisaient 
partie  d  une  fabrique  particulière  dont 
le  personnel  appartenait  à  ce  seigneur: 
ils  ne  lui  fournissaient  que  des  objets  qu  il  destinait,  soit  au  Shyaugoun,  soit  a  scs  amis.  Les  pièces 
produites  comme  tasses  et  plats  portaient  à  leur  pied,  en  décors  bleus,  une  série  de  lignes  parallèle.- 
ressemblant  aux  dents  d  un  peigne  ;  c'était 
la  marque  de  fabrication  des  fours  officiels. 

On  leur  a  donné  le  nom  de  Koushidé  (dents 
de  peigne).  Ces  pièces  sont  très  précieuses 
et  d’une  extrême  rareté  aujourd’hui.  De 
nos  jours,  les  fours  d’Okotchi  ont  perdu 
peu  à  peu  de  leur  ancienne  importance. 

fig.  93.  Cette  pièce  est  en  porce¬ 
laine  décorée  et  reproduit  un  garçon  en¬ 
dormi  sur  un  livre.  Elle  paraît  dater  de 
l’ère  d’An-ei  (1772-1780). 


Okotchi  Yaki. 


Karatsou  Yaki. 

Les  fours  des  Karatsou-vaki  sont 

«y 

dans  la  province  de  Hizèn.  Les  pièces  dites 
1  loridashi-karatsou  furent  fabriquées  pen¬ 


dant  l’ère  de  Kwan-eï  (1624-1643).  Elles 
sont  d’une  grande  solidité  et  à  émail  bleu 
noirâtre.  Les  plus  précieuses  avaient  à  l’in- 


tig-  yt.  —  Garçon  endormi  :  Okimo.no. 
Collection  du  Musée  impérial  de  Tokio. 


térieur  de  leur  pied  l’aspect  frisé  du  crêpe. 

Leur  formé  circulaire  n’est  pas  souvent  d’une  régularité  absolue.  Elles  ont  été  déformées  o 
endommagées  par  su, te  de  la  température  trop  élevée  du  four  et  enfouies  dans  le  sol  par  I, 


fabricants  < j u i  les  avaient  mal  réussies.  Plus  tard,  on  les  a  retrouvées  dans  des  fouilles.  Leur  nom  de 
lloridashi  (déterré  vient  de  ce  fait. 

Les  Tehosen  Karatsou  sont  des  pièces  fabriquées  à  Karatsou  depuis  l’ère  de  Kwan-ei  (1624- 
1  f>  j  >)  avec  du  kaolin  al  dns  glaçures  a])portées  do  Tchosèn  (Corée).  Le  nom  de  Hibakari  (rien  que  le 
leu  qu  011  leur  a  donné  aussi,  vient  de  ce  que,  fabriquées  avec  des  matières  coréennes  et  par  des 
ouvriers  coréens  à  Karatsou,  elles  ne  devaient  aux  Japonais  rien  autre  que  le  feu  nécessaire  à  leur 
cuisson.  Ces  pièces,  d  une  terre  rouge  noirâtre  avec  des  glaçures  blanches  et  bleues,  consistaient  en 
midzoulsoubos  (pots  à  eau  ,  en  plats,  vases  et  jattes. 


Takatori  Yaki. 


Les  Takatori-vaki  sont  des  pièces  fabriquées  à  Takatori  dans  la  province  de  Tchikouzèn. 
I.e  potier  coréen ,  naturalisé  sous  le  nom  de  Hatehizo,  qui  avait  suivi  le  seigneur  de  cette 
province,  Xagamasa  kouroda,  lors  de  son  retour  de  Corée,  la  3'“  année  de  Keitchô  '>«/,  était 
gendre  d'un  de  ses  compatriotes,  qui  avait  accompagné  kiomasa  Kato,  seigneur  de  la  province 
de  lligo,  et  qui  s'elail  fait  naturaliser  sous  le  nom  de  Shinkouro.  L’un  et  l’autre,  ouvriers 
fort  habiles,  étaient  originaires  du  district  céramique  d'blo,  en  Corée.  Ces  deux  artistes  construisirent 
des  fours  à  Takatori,  sur  l'ordre  de  kouroda,  et  fabriquèrent  divers  objets  de  poterie,  très  lins  et  très 
solides,  à  la  glaçure  d'un  brun  rouge  mêlé  de  jaune  ou  de  noir.  Ces  pièces  sont  désignées  depuis  sous 
le  nom  de  ko  Takatori  (vieux  Takatori  .  Sous  Tère  de  Kwan-ei  (  1  62  j-i(‘>  j3  ,  Djirozaëmon  Igarashi, 
originaire  de  karatsou,  dans  le  llizèn,  était  très  versé  dans  l’art  céramique  de  Séto  et  autres 
I0C4  dités.  Le  seigneur  kouroda  lui  ordonna  d’exercer  son  talent  avec  Hatehizo  à  Takatori.  Leur 
industrie  lil  alors  des  progrès  très  remarquables,  et  surtout  leurs  pots  à  thé  reproduisant  les  idées  du 
célèbre  maître  de  Tchanoyou,  Knshou  Kobori,  sont  très  distingués.  Les  'Takatori-vaki  sont  d’une 
terre  tri*v  lim*  et  d  une  glaçure  blanche,  bleu  clair  ou  cendrée.  Il  y  a  une  espèce  de  pots  appelés 
I  nslmu  Takatori.  Ces  pots  ont  une  belle  couleur  d’or  obtenue  par  une  certaine  température  du  four. 
1  ,.s  jours  de  Takatori  furent  tranférés  la  7e  année  de  kwan-ei  (  1 638)  au  pied  de  la  montagne 
Shirahatavama,  dans  le  district  de  llouami. 


Satsouma  Yaki. 


Lorè-ine  des  Satsouma-vaki  date  de  l’époque  de  l’expédition  japonaise  en  Corée,  sous 

n  1 

r.T<‘  de  lîounrokou  1 1  ’m)2-i  09  ">).  Yoshihiro  Shimazou,  seigneur  de  Satsouma,  ramena  à  la  suite 
de  son  armée  un  nombre  considérable  de  potiers  coréens,  parmi  lesquels  se  trouvaient  les 
nommés  llotchou  et  Bokou  llei.  Hotchou  et  ses  ouvriers  vinrent  tous  se  fixer  et  fonder  des  fours  à 
Dzyosa  où  ils  avaient  été  appelés  par  Yoshihiro  qui  y  avait  sa  résidence.  Telle  est  l’origine  des 
Satsouma-vaki.  Le  seigneur  Yoshihiro,  amateur  de  Tchanoyou,  commanda  à  ces  fabricants  un  grand 
nombre  de  pièces  à  thé  faites  à  son  goût.  Kilos  étaient  d’une  terre  très  line  avec  une  glaçure  colorée 
eu  bleu,  jaune  et  noir;  les  plus  précieuses  étaient  à  couverte  blanche  dite  Dakatsou  (émail  couleur  de 
lézard).  On  appelle  Gohondé  articles  à  l’honorable  cachet)  les  pièces  que  Yoshihiro  appréciait  le 
plus  et  marquait  de  son  cachet  personnel  ;  et  ko  Dzyosa-no  Hibakari  rien  que  le  feu  du  vieux  Dzyosa), 
celles  qu’il  lit  fabriquer  avec  la  terre  et  la  glaçure  importées  du  Iloruki  ou  fleuve  Jaune  de  Chine. 
Lorsque  Yoshihiro  transporta  sa  résidence  à  Kadjiki,  il  lit  venir  Hotchou  à  Tatsou-no  Koutchi  dans 
le  même  district,  lui  ordonnant  d’y  fonder  une  fabrique  et  le  chargeant  de  former  des  ouvriers. 

Bokou  llei  visita,  sur  l’ordre  de  Yoshihito,  tout  son  territoire  de  Satsouma  et  d’Osoumi  et  y 


262 


découvrit  de  nouvelles  matières  nécessaires  à  sa  fabrication.  Yoshiliiro,  transporté  de  joie  à  celle 
nouvelle,  lui  lit  établir  des  fours  à  Nawashiro  et  le  nomma  chef  des  ateliers  et  des  ouvriers  qu'il  était 
chargé  de  former.  La  fabrique  de  Nawashiro  produisit,  dès  lors,  avec  succès  des  pièces  d  une  terre 
blanche  et  transparente  ressemblant  à  la  porcelaine  blanche  et  des  pièces  diles  llakeme,  Mislum.i  <  I 
Sounkorokou,  à  l’imitation  de  celles  de  Corée. 


OUVRAGES 


Fig.  <p.  — Petit  chien,  Koro  (brûle-parfums).  —  Collection  de  M.  Seisouké  Ikeda,  Kvauto. 

Cela  semble  fabriqué  par  un  grand  artiste  sous  l'ère  de  Kwan-boun  1  (>(>  1  - 1  (‘>72  .  L’animal  a 
l’air  tendre  et  naturel. 

Fig.  96,  —  Bulle-parfums  en  forme  de  Kwanmouri.  —  Collection  de  M.  Biilchi  Ouyeno,  Ohsaka. 

Pièce  à  décor  d’or  d’un  travail  délicat,  peut-être  de  Kwansei  (1789-1800). 


Hagi  Yaki  et  Matsoumoto  Yaki. 


Les  llagi-yaki  sont  des  pièces  produites  à  Ilagi  dans  la  province  de  Nagato.  La  P  année 
de  Keitcho  (1098),  Teroumoto  Mori,  seigneur  de  la  province,  ramena  de  Corée  le  potier  Li  Kei 
qui  se  lit  naturaliser  Japonais  sous  le  nom  de  Saëmou  Koraï  et  s’adonna  à  la  poterie  à  Ilagi. 
Ses  produits,  qui  ressemblaient  aux  articles  coréens,  portent  ordinairement  une  ébrécbure  à  leur 
pied;  aussi  les  appelle-t-on  Wari  Kodaï  pied  ébréché).  C’est  là  une  preuve  que  non  seulement 
les  Hagi-yaki  mais  aussi  les  Satsoum-yaki,  les  Yatsoushiro-yaki  et  autres,  qui  ont  cette  ébréchure 
a  leur  pied,  sont  intioduits  de  1  art  céramique  de  Corée.  Les  «articles  de  la  fabrication  sont  d’une 
glaçure  jaune  clair  et  d’une  terre  peu  fine. 


L°s  Matsouinoto-yaki  viennent  de  Matsoumoto,  dans  la  même  province.  Kyusétsou  Miwa, 
oiiginaiie  de  Miwa,  dans  la  province  de  \amato,  étant  venu  s’établir  à  Matsoumoto  sous  1ère  de 
kwanboun  1661-1672),  construisit  des  (ours  de  système  coréen  et  fabriqua  des  pièces  semblables  aux 
1 1 n<^ i-\ ak i ,  qui  ieruivnt  le  nom  de  Matsoumoto-yaki.  Il  mourut  sous  1ère  de  llô-ei  iyo/j-1711).  Tozo, 
son  7'  descendant,  esl  aujourd  hui  à  la  tête  de  son  industrie  céramique. 

Idzoumo  Yaki. 


Les  Idzouma-yaki  comprennent  deux  espèces  :  les  Rakouzan-yaki  et  les  Foudjina-yaki. 
Les  premiers  lurent  laits  à  Rakouzan,  près  de  Matsoué,  sous  1  ère  de  Keian  (i648-i65i).  Sous  1ère 
de  Lnho  1  67  >  1  680),  1  habile  potier  de  llagi,  Gombeï  Kouraki,  élève  de  Saëmon  Koraï,  appelé 
par  le  seigneur  de  Matsoué,  s’appliqua  à  améliorer  les  Rakouzan-yaki.  Pendant  dix-huit  ans, 
il  continua  1res  activement  la  fabrication  avec  la  terre  et  les  glaçures  apportées  de  ilizèn.  Ses  pièces 
sont  pour  la  plupart  des  tasses  à  thé  et  des  Midzousashi  (pots  à  eau  ,  dont  la  qualité  a  une  grande 
ressemblance  avec  les  llagi-yaki,  mais  dont  la  forme  est  plus  originale.  On  les  appelle  aussi  Gombeï- 
vaki  et  ou  les  appréciait  fort.  Après  la  mort  de  Gombeï,  cette  fabrication  fut  continuée  par  son  élève 
llarirokou  kada.  qui  n'eut  pas  de  successeur. 

Ilarousalo  Matsoudaïra,  seigneur  de  la  province,  connu  après  son  abdication  sous  le  surnom 
de  Foumaï,  appréciait  profondément  le  Tchanovou  et  devint  grand  maître  de  ces  cérémonies.  Sous 
1ère  de  Kwansei  ijNp-iNoo,  Foumaï  lit  fabriquer  à  Rakouvama,  à  l'habile  potier  Soumiyemon 
Nagaoka  des  pots  à  thé  imitant  ceux  de  Corée.  Il  lui  lit  élever  aussi  des  fours  dans  son  château  de 
Yedo,  la  FF*  année  de  Bounkwa  (1816).  Les  descendants  de  Soumivémon  continuent  encore  sous  le 
même  nom.  à  Rakouvama,  1  industrie  céramique. 

Les  fours  des  Fou jina-vaki  furent  fondés  à  Foujina  par  le  potier  Yodjibeï  la  ire  année  de 
Meiwa  ijb'i  ;  les  produits  ont  un  émail  tendre  et  de  l'éclat.  Le  célèbre  potier  Zenshiro  Tsoutchiya, 
li\é  d'abord  à  Mitatchivama,  vint  s'établir  à  Foujina,  appelé  par  Foumaï,  sous  l’ère  d’An-ei  4772_ 
1  -So  H  \  fabriqua  d'après  ses  ordres  des  articles  de  Tchanovou.  L’industrie  céramique  y  prit 
dès  lors  un  ^rand  essor  qui  dure  encore.  Il  eut  pour  successeurs  Zenshiro  II,  Zenrokouro  III, 
Zenrokou  IV,  etc.,  jusqu’à  nos  jours. 


Bizèn  Yaki. 


Depuis  les  débuts  de  Fart  céramique  à  Imbé  dans  la  province  de  Bizèn,  les  six  familles 
Mori.  kimoura,  Térami,  Ohibiki,  Tonguou  et  kanêshiguê  s’occupèrent  de  père  en  fils  de  la 
fabrication  d'objets  servant  à  l'usage  ordinaire,  pots  à  thé,  brûle-parfums,  pièces  en  forme 
d'animaux  et  statuettes,  dont  le  caractère  distinctif  est  une  trèsgrande  solidité  et  un  goût  de  simplicité 

primitive. 

Sous  1  ère  de  Seitokou  (  1 7 1 1  - 1 7 1 5) ,  le  potier  Ounteï  fut  célèbre  pour  la  fabrication  de 
bouteilles  à  saké  et  de  vases;  sous  l’ère  d’Enkio  (  1 7  1  1  - 1 7 1 8  ,  Djinshitchi  Kimoura  fabriqua  de 
superbes  petits  lions,  que  l’on  appelle  Gobou-shishi  lions  de  deux  décimètres).  Sous  l'ère  de  Iloréki 
(1751-1763),  I leïshiro ,  potier  très  habile  pour  les  dessins,  fabriqua  divers  objets  d’ornement 
(Okimonos  .  Sous  l’ère  de  Meiwa  1764-177  1),  Sakoudyuro  était  aussi  connu  par  ses  objets  d’ornement. 
Sous  celle  de  Kyowa  (i8oi-i8o3),  Ryomeï  Mori  montra  beaucoup  d’adresse  dans  les  pots  à  thé. 

La  3e  année  de  Tempo  (i83a),  ayant  découvert  une  cuisson  plus  commode,  les  fabricants  de 
Bizèn-yaki  établissaient,  au  lieu  des  anciens  grands  fours,  nombre  de  petits  et  achevaient  la  cuisson 
en  douze  ou  treize  jours  seulement,  alors  qu’auparavant  il  leur  en  (allait  trente.  Mais,  par  suite  de 
l’excès  de  fabrication,  leurs  produits  sont  devenus  très  mauvais. 


2(54 


OU Y RAGES 


Fig.  97.  C’est  un  grand  ouvrage  de  presque 


Fig.  ()-.  —  Singe,  Okimoxo  objet  d’orneruenl). 
Collection  de  M.  le  baron  R.  Kouki. 


particulièrement  appréciées  des  Tchadjins  (amateurs 


mètre,  d’une  exécution  très  vigoureuse  cl  d  une 
couleur  admirable.  Au  coude  du  singe  «»st  la 
signature  de  1  artiste  :  Jxokoutcho  Mori. 

o 

l  ier.  98.  Belle  pièce  éclatante  comme 
un  laque;  le  revêtement  est  dune  glaçure 
bleu  foncé  et  est  décoré  de  Karakousa,  dans 
le  genre  que  l'on  appelle  L-Bizèn  Bi/.èn 
tlécoré  . 

Fi^.  c)<).  C'est  aussi  une  pièce  dite 
F-Bizèn  iBizèn  décore),  et  les  plumes  du 
pigeon  ont  tout  à  fait  la  couleur  de  la  nature. 

Odo  Yaki. 


Les  fours  d  Udo-yaki  se  Iroiiu  nt  a 
Odo,  près  de  kütchi,  dans  la  province  de 
Toça.  La  2e  année  de  Sho-o  |i(’>  >b,  ladayosln 
Yamanooutchi,  seigneur  de  la  province,  til 
venir  d  Ohsaka  un  des  élevés  de  Nmseï 
Nomoura,  Shohakou  llisano,  qui  établit  h-> 
premiers  fours  d  Odo  et  retourna  ensuite  à 
Ohsaka.  Sous  I  ère  d  Lmpo  1 1*7  1  1  (»Sn  , 
Mitsouhisa  Morita  fut  envové  par  le  même 
seigneur  chez  Shohakou  pour  achever  ses 
études.  Après  plusieurs  années  «h*  séjour 
chez  ce  (hunier  et  de  visite  dans  plusieurs 
lieux  de  fabrication,  il  revint  à  Odo,  où  il 
fabriqua  avec  succès  des  pots  à  thé  imitant 
les  Go  hou  de  Corée.  Ses  tasses,  ou  se  ma¬ 
rient  le  pin,  le  bambou  et  le  prunier,  sont 
de  Tchanovou  . 


Awadji  Yaki. 


Les  fours  d’Awadji-yaki  furent  fondés  par  Mimpeï  Kashou,  habitant  d  Inada  dans  la 
province  d’Avvaj i .  De  famille  riche,  savant  en  littérature  nationale  et  habile  dans  le  Tcbanoyou, 
Mimpeï,  préoccupé  de  créer  dans  sa  province  des  ressources  industrielles,  s'adonna  à  la  fabrication 
de  la  céramique,  qu’il  avait  étudiée  chez  Shoueï  Ogata,  fameux  potier  de  Kyauto.  Revenu  dans  son 
village  après  ses  études,  il  y  établit  des  fours  la  5e  année  de  Tempo  i8*35)  et  consacra  à  ses  entre¬ 
prises  toute  sa  fortune.  Le  prince  Matchisouga,  seigneur  de  la  province,  informé  du  fait,  subventionna 
sa  fabrique  et  le  nomma  chel  des  ateliers.  Ainsi  ses  efforts  furent  couronnés  de  succès  et  sa  fabrique 


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atteignit  une  pros  pari  ta  toi  la  que  sa  production  égala  en  valeur  la  récolte  du  riz  des  onze  villages 
environnants. 

Des  pièces  d  Awadji-yaki  sont  d’une  terre  tendre  et  d’une  glaçure  bleue  ou  jaune.  11  y  a  des 
pièces  imitant  très  habilement  las  articles  d  Armani  et  les  porcelaines  bleues  et  blanches  ou  à 
décors  biens.  On  les  appelle  aussi  les  Simpeï-yaki .  Depuis  la  mort  du  fondateur  Mirnpei,  la  21  année 
de  Dounk vou  (  1 8(>2 j ,  ses  successeurs  continuent  la  fabrication  qui  est  devenue  pour  la  province  une 
véritable  source  de  richesse,  grâce  à  la  persévérance  de  Mimpe'i. 


Kishou  Yaki. 


1 1  OXOll 


Les  premiers  tours 
(Xeïrakou  ,  ipii,  a p | * e 


d. 

9 

a 


•  kishou-yaki  lurent  construits  par  le  célèbre 
par  le  prince  l’okougawa,  seigneur  de  la  province 


potier  Zengoro 
de  kii,  vint  de 


Fig.  i)H.  —  IIotkI,  Okimono. 
Collection  d»-  M.  Iliohei  Mourayama,  Ohsaka. 


Fig.  <)().  —  Pigeon,  Okimono. 
Collection  de  M.Seîsoukê  Ikéda,  Kyauto. 


Kyauto  s’y  fixer  at.  fabriqua  des  pièces  sur  son  ordre.  Ces  pièces  avaient  une  grande  ressemblance 
avec  celles  de  kotchin  (Annam  ;  leur  glaçure  est  violette,  jaune  et  bleue.  Après  la  mort  de  Zeïiakou 
Hozén,  las  potiers  de  cette  localité  continuèrent  jusqu’à  nos  jours  l  industrie  de  la  céramique. 


Sanda  Yaki. 


Les  fours  de  Sanda-yaki  étaient  établis  près  du  temple  Miwa  d  Arima,  dans  la  province 
de  Settsou.  La  8°  année  de  Temméi  (1788),  Sobeï  Kanda  établit  les  premiers  iours  a  Sanda, 
et  appelant  kamésouké,  potier  de  Kyauto,  ainsi  que  laitchiro,  leïdjiro  <*l  auties  ouvriers 
d,‘  llizen,  il  fabriqua  des  porcelaines  bleues  à  décors  bleus.  La  ire  année  de  Kiowa  (1801),  ayant 
découvert  des  matières  de  glaçure  en  Seidji  (céladon),  a  Koka,  dans  le  meme  district,  il  produisit, 
après  des  essais  pénibles  et  nombreux,  des  Ko  Seidji  vieux  céladons),  ressemblant  aux  articles  de  la 


dynastie  chinoise  des  Ming  (i368-i66i).  Cette  imitation  est  si  parfaite  que  l'on  no  peut  la  distinguer 

de  l’original.  La  6e  année  de  Tempo  (T836),  le  potier  Kikousahouro  Matsomlaïra  vint  de  Koult . . 

travailla  dans  la  fabrique  de  Sanda  à  produire  des  pièces  à  décors  rouges.  Après  son  retour  à 
Koutani,  des  ouvriers  continuèrent  sans  cesse  à  fabriquer  des  décors  rouges,  mais  ils  sont  loin 


d’égaler  ceux  de  l’ancienne  fabrication. 

O 


Koutani  Yaki. 


L’origine  des  Koutani-vaki  date  de  1ère  de  Keïan  if>  |8-it>  >i  ).  Ce  lut  losliibarou  Manda, 
seigneur  de  la  ville  de  Daïshodji,  qui  lit  établir  par  Saidjiro  Goto  et  Gonzaéruon  famoura  les  pre¬ 
miers  fours  au  village  de  Koutani,  dans  la  province  de  kaga.  Les  matières  employées  à  cette  Imbri¬ 
cation  ressemblaient  à  celles  de  Séto,  mais  les  produits  n’étaient  pas  comparables  à  ceux  d<*  ces 
derniers  fours. 

Sous  l’ère  de  Mandji  (i658-i66o),  Toshiaki,  Jils  de  Toshiharou,  qui  voulait,  comiiu»  ><ui  père, 
développer  l’industrie  dans  son  territoire,  envoya  Saïdjiro  Goto  à  A  rit  a  pour  y  faire  ses  é*tudes.  La 
défiance  qu’on  montra  pour  un  étranger  ne  lui  permit  pas ,  d abord ,  de  suivre  de  près  les 
procédés  que  les  fabricants  de  la  localité  gardaient  précieusement.  Il  dut  débuter,  en  qualité  d«* 
domestique,  chez  un  fabricant  dont  il  ne  put  arriver  à  gagner  la  confiance  qu'au  bout  de  trois  années 
de  service  et  à  force  de  travail  et  de  dévouement.  Obligé  d  épouser  une  femme  du  choix  de  son 
patron,  pour  dissiper  jusqu’à  l'ombre  de  ses  soupçons,  Saïdjiro  Goto  put  enlin  être  initie  à  la  fabri¬ 
cation  des  porcelaines.  Il  consacra  quatre  années  à  approfondir  l'art  céramique  jusque  dans  ><  s 
moindres  détails.  Une  fois  en  possession  du  secret  des  procédés,  il  quitta  Arita  furtivement,  abandon¬ 
nant  sa  femme  et  l’enfant  qu’il  avait  eu  d'elle.  Son  retour  à  Koutani  marqua  une  nouvelle  ère  pour 
son  industrie  céramique.  Il  fabriqua  alors  de  belles  pièces  avec  les  matières  trouvées  a  Souizaka.  On 
voit  encore,  dans  ce  village,  un  socle  en  porcelaine  en  forme  de  lotus,  sur  lequel  est  assise  une  statue 
de  Bouddha.  C’est  une  des  premières  pièces  d’essai  qui  furent  fabriquées  par  l'artiste.  Le  célèbre 
peintre  de  Kyauto,  Morikagué  Kouzoumi,  alors  de  passage  à  Kanazawa,  se  chargea  des  dessins  et 
ajouta  ainsi  à  la  beauté  et  à  la  renommée  des  produits-  On  les  appelle  Morikagué-sliitac  articles  aux 
croquis  de  Morikagué). 

L’industrie  céramique  de  Koutani,  abandonnée  dans  la  suite,  fut  reprise  la  7''  année  de  Bounkwa 
( 1 8 1 o) ,  par  llatcliiyemon  Yoshidaya,  marchand  de  Daïshodji,  qui  releva  les  anciennes  fabriques  et 
fournit  des  pots  à  thé  d’une  glaçure  ressemblant  à  celles  de  Kotchin.  La  (>e  année  de  Tempo  i<ST>), 
Riémon  Miyamoto  s’occupa  de  continuer  la  fabrique  de  Yoshidaya  et  fut  secondé*  dans  ses  travaux 
d’amélioration  par  le  peintre  1  fatchiëmon  Iida,  qui  appliqua  de  l’or  sur  les  décors  rouges  et  ajouta  encore 
un  nouveau  genre  de  dessins,  dont  il  avait  trouvé  les  modèles  dans  un  livre  illustré  d’anciennes  encres 
de  Chine.  Plus  tard,  le  célèbre  potier  Zengoro  Yeïrakou  de  Kyauto,  appelé  à  Koutani  par  le  seigneur  de 
la  province,  fit  réaliser  à  l’industrie  des  progrès  très  considérables  et  réussit  à  produire  les  Kinrandè  à 
décors  rouges.  Les  porcelaines  qui  se  sont  fabriquées  à  Koutani  de  cette  époque  à  la  notre  consistent 
pour  la  plupart  en  pièces  à  décor  rouge  et  en  Kinrandè  ou  Nishikidé. 


Shigaraki  Yaki, 


L  industrie  céramique  de  Shigaraki,  dans  la  province  d’Omi,  remonte  fort  loin.  La  8e  année 
de  Guenna  (îbaa),  le  fabricant  des  Shigaraki-yaki  fournit,  sur  l’ordre  du  Shyaugoun  Tokougawa, 
un  boite  a  poudre  de  the  a  bande  blanche  au  milieu  et  a  deux  demi-anses,  où  l’on  peut  garder  le 


thé  très  longtemps  sans  qu’il  perde  de  son  amine.  La  fabrique  devint  dès  lors  très  célèbre  pour  les 
pièces  à  thé.  Sons  1ère  de  Kvvan-ei  (162/j- 1  Ojt),  le  fameux  maître  de  Tchanoyou,  Masakasou 
kobori,  fil  faire  au  meme  artiste  des  pots  à  thé  d’un  nouveau  genre.  G  étaient  des  objets  plus  lins 
([ue  la  pièce  du  Shyaugoun,  et  de  là  leur  vient  le  nom  d’Enshou  Shigaraki  (Enshou  étant  le  surnom 
du  Maître  kobori).  On  appelle  Ninseï  Shigaraki  et  Shimbeï  Shigaraki  les  divers  produits  fabriqués 
par  Ninseï  el  par  Shimbeï  avec  la  terre  de  cette  localité. 


Banko-yaki, 


Les  Banko-yaki  sont  dus  à  un  riche  marchand  de  Kouwana,  dans  la  province  d’Icé, 

r 

(iozaèmon  Noumanami,  dont  le  surnom  était  llosounsaï  ou  Rozan.  Etant  lui-même  un  grand  ama- 
leur  de  Tchanoyou,  il  s’occupa  de  céramique  par  goût,  sous  1ère  de  Ghénboun  (1736-1740). 
Mais,  potier  amateur,  il  se  plaisait  à  faire  cadeau  de  ses  pièces  à  ceux  qui  les  lui  demandaient. 
Il  fabriqua  des  Bakou-yaki  et,  faites  à  s’y  tromper,  dos  imitations  de  Kotchin  et  de  Hollande. 
Appelé  par  h*  Shyaugoun  Tokougawa,  la  6e  année  de  Temméi  (1786),  il  s’établit  à  kommé,  faubourg 
de  Yédo,  où  il  continua  sa  fabrication.  Ses  produits  portent  comme  marque  les  deux  caractères 
«  Bau-ko  »  ;  aussi  les  appelle-t-on  ko  Banko  (vieux  Banko),  ou  Yédo  Banko.  Il  y  en  a  une 
espèce,  dite  Banko  Seidji,  d’un  bleu  tendre,  qui  diffère  par  là  des  Seidji  de  Chine.  On  ne  sait  pas  au 
jusle  quand  les  lbnrs  et  les  procédés  de  (iozaèmon  furent  abandonnés.  Aujourd’hui,  ses  pièces  sont 
d  une  extrême  rareté. 

Les  Banko-yaki  modernes  datent  de  1ère  de  Tempo  1 83o- 1 84 3)  seulement.  Ils  remontent  à 
Youselsou  Matsoumotoya  qui  s’occupait  de  céramique  à  l  imitation  des  Bakou-yaki  et  des  Banko-yaki. 
Ses  pièces  portèrent  aussi  les  deux  caractères  Ban-ko,  avec  1  autorisation  de  Gorobeï,  petit-fils  de 
Gorozaèmon.  Les  fours  de  Banko-yaki  continuent  encore  à  produire  un  grand  nombre  de  porcelaines 
suivant  les  procédés  anciens. 


Séto  Yaki. 


L  industrie  céramique  de  Séto,  dans  la  province  d’Owari,  malgré  son  importance  et  sa 
renommée  anciennes,  n’avait  fourni  que  des  poteries,  et  la  fabrication  de  porcelaines  y  était  encore 
inconnue.  Ge  fut  b*  potier  Tamikitchi  kato  qui  s’occupa  pour  la  première  fois  de  cette  fabri¬ 
cation  dans  les  fours  de  Séto,  sous  1ère  de  kiowa  (  1 80 1  - 1 8o3  .  L’industrie  céramique,  dans  cette 
localité  jadis  si  importante,  était  jusque-là  menacée  d’une  ruine  imminente. 

Tamikitchi,  jeune  frère  du  potier  kitchizaëmon  kato,  avait  compris  que  cette  industrie  ne 
pouvait  prendre  un  nouvel  essor  que  si  I  on  abandonnait  la  vieille  routine  qui  se  perpétuait  depuis 
des  siècles  et  dont  on  n’avait  pas  tenté  de  s’affranchir.  Il  avait  établi  pour  des  essais  de  nouveaux 
fours  où  il  cherchait  à  produire  des  porcelaines  imitant  les  articles  de  Nankin  (Chine);  mais  il  échoua 
par  snilc  de  l'insuffisance  de  ses  études.  Il  se  mit  alors  à  visiter,  comme  simple  domestique,  pour 
dissiper  toute  défiance  professionnelle,  les  grands  centres  de  fabrication  céramique  tels  que  llirato, 
Al  ita,  kameyama  et  Takata,  dans  les  provinces  de  kyoushou.  Quatre  ans  après,  il  retournait  dans 
son  pays  en  possession  des  procédés  secrets  adoptés  dans  les  différentes  manufactures  et  s’adonnait 
à  produire  la  première  porcelaine  bleue  et  blanche  qu’on  eût  faite  à  Séto.  Il  obtint  un  succès 
immense  qui  rendit  à  Séto  sa  prospérité  d’autrefois.  On  appelle  ses  pièces  Sometsouké-yaki  (porce¬ 
laine  à  fond  blanc  avec  décors  bleus),  tandis  que  l'on  donne  aux  pièces  de  poterie  ancienne  le  nom 
de  Hongio-yaki  (poterie  propre).  La  nouvelle  fabrication  de  Tamikitchi  exerça  une  grande  influence, 
non  seulement  à  Séto,  où  presque  tous  les  ouvriers  abandonnèrent  de  plus  en  plus  la  fabrication  des 
poteries  pour  s’occuper  des  porcelaines,  mais  aussi  à  Tadjimi,  dans  le  province  de  Mino. 


Mino  Yaki, 


Dans  les  fours  de  Mino,  la  première  fabrication  de  porcelaines  date  de  lu  i"  année  ,1a 
Bounkwa  (i8o4j  seulement.  Ce  fut  un  marchand  de  céramique  d’Ohsaka,  nommé  Mol, ci  Nislng.m  a, 
qui,  apportant  comme  modèles  des  pièces  de  Hizèn,  lit  produire  des  porc, daines  dans  les  l'ours  de 
Tadjimi  au  district  de  Doki  (Mino).  Plus  tard,  à  Kasahara,  à  Isoumagi,  lliddnokoura,  etc.,  dans 
le  même  district,  d’autres  fours  fabriquèrent  aussi  des  porcelaines.  On  complu  aujourd  liai,  dans 
le  seul  district  de  Doki,  i3o  fours.  Des  Mino-vaki  sont  d  une  terre  transparente  et  consistent  surtout 
en  porcelaine  bleue  et  blanche  à  décors  bleus. 


Toyo  Rakou  Yaki, 


Les  fours  de  Toyo  Rakou-vaki  sont  établis  près  de  Nagoya,  dans  la  province  d  Owari.  Depuis 
la  [3e  année  de  Tempau  (i84a  ,  le  potier  Toyosouké  Oki,  qui  était  aussi  habile  dans  l'écriture,  la 
poésie  et  le  Tehanoyou,  devint  le  chef  potier  de  la  maison  du  seigneur  de  cette  province,  et  s'occupa 
de  fabriquer  des  pièces  à  1  imitation  des  Rakou-vaki,  d  où  leur  nom  de  I  oyo  Lakou-yaki  I  <n kou-\ aki 
de  Toyosouké,  le  son  initial  Toyo  se  prononçant  aussi  llô,  de  là  le  nom  de  llo-Rakou 

11  a  découvert  le  moyen  de  laquer  la  faïence.  Ses  produits  sont  ainsi  revêtus  •  Atérieureunnl 
d’une  couche  de  laque  décorée  de  dessins  d’or,  tandis  qu'ils  gardent  intérieurement  le  carnetèn* 
propre  du  Rakou-yaki.  Mais  n’étant  pas  assez  fins  pour  le  service  du  Tehanoyou,  ils  ne  >orv<nl  qu'au 
service  de  table  ordinaire  ou  à  celui  des  gâteaux.  Il  mourut  le  i  1  novembre,  la  /année  d  \nst-i  |8*)8). 


Soma  Yaki. 


Les  fours  de  Soma  se  trouvent  à  Nakamoura,  dans  la  province  d  Iwaki,  dont  I  onuim-  date 
de  l’ère  de  Meirèki  (i655-i657).  Ce  fut  un  samouraï  nommé  Tanaka  qui  avait  été*  cn\o\é*  a  Iwautn 
par  son  seigneur  de  Nakamoura,  nommé  Soma,  pour  étudier  l’art  céramique  chez  b*  célèbre  potier 
Ninseï,  et  qui,  revenu  dans  sa  ville  après  sept  ans  d’études,  réussit  à  produire  des  pièces  de  poterie 
a  Nakamoura.  Ses  produits  sont  d  une  terre  sablonneuse  très  grossière,  recouverte  d  tin  émail  couleur 
de  cendre.  Ils  représentent,  pour  tout  dessin,  un  cheval  au  galop  qui  avait  été*  peint  par  le  célèbre 
peintre  Naonobou  Ivano  lors  de  son  passage  dans  cette  ville.  Le  nom  de  Soma-vaki  vint  de  ce  que 
les  fours  avaient  été  établis  dans  le  territoire  du  seigneur  Sonia. 

o 


Imado  Yaki, 


Les  Imado  yaki  sont  fabriqués  a  Imado  (district  de  Tèshima  ,  dans  la  province  de  Mousashi. 
Sous  l’ère  de  Teïkio  (1684-1687),  le  potier  Ilanhitchi  Sliiraï  confectionna  des  Do-bouro  (four- 
neaux  en  terre),  à  l’usage  des  Tehanoyou,  et  des  Hibatchi  (vases  à  feu),  que  l’on  appelle  Imado- 
^aki.  I  endant  I  ère  de  Kiôho  (1726-1735],  Ilanhitchi  II  employa  h*  premier  l’émail  et  produisit  des 
pièces  semblables  aux  Rakou-yaki.  Dès  lors,  les  articles  de  fabrication  se  multiplièrent  et  se  comp¬ 
tèrent  par  dizaines.  Ils  fournirent  surtout  des  services  de  table.  Ses  successeurs,  Ilanhitchi  III,  IV 
et  \  ,  fabriquèrent  aussi  des  statuettes  de  femmes  et  d’enfants  (jouets)  qui  ressemblent  à  celles  de 
Foushimi  et  sont  très  appréciées  à  cause  même  de  leur  simplicité. 


Kenya  Yaki. 


La  première  fabrication  J  os  Kenya  Yaki  est  due  à  un  potier  nommé  Kenya  Mioura,  né  à  Yédo, 
qui  avail  débuté  dans  les  imitations  des  pièces  du  célèbre  potier  Kenzan  Ogata,  sous  l’ère  de  Tempau 
(i83o-i8'|3).  Dans  la  suit*1,  il  prit  pour  modèles  les  ouvrages  de  l’artiste  en  laque  Ilaritsou  Ogawa, 
qui  avait  incrusté,  sons  lèri*  do  Ghénrokou  i68'i- i  70 3),  dans  ses  pièces  en  laque,  de  petites  ligures 
d  animaux,  plantes,  fleurs,  etc.,  en  faïence,  de  sa  propre  fabrication.  Kenya  produisit  dès  lors,  avec 
succès,  de  petits  ouvrages  eu  terre  représentant  admirablement  les  êtres  du  règne  animal  et  du 
règne  végétal. 


T  I  S  S  U  S 


A  l’époque  de  la  sécession,  par  suite  des  guerres  civiles,  l’art  des  tisseurs  fut  pour  long¬ 
temps  (ni  décadence.  Lorsque,  en  Ten-shyau  (1073-1592),  Toyotomi  llidéyosbi  centralisa  l’Empire, 
il  surveilla  <*t.  encouragea  les  tisseurs  de  Kvauto.  Il  lit  transporter  leurs  métiers  à  l’endroit 
nomme  aujourd'hui  Nislii-jin  et  s’occupa  beaucoup  de  leur  développement.  Auparavant,  un  tisseur 
(bis  Ming  était  venu  sur  les  frontières  de  Lldzoumi  et  y  avait  fait  connaître  la  fabrication  des 
soieries.  Des  artisans  de  Kvauto  s’attachèrent  à  lui,  apprirent  ses  procédés  et  parvinrent  à 
fabriquer  de  nouveaux  (issus. 

I)  autre  part,  un  certain  Itehii-hayato  avait  appris  d'un  Chinois  le  tissage  du  brocart,  et, 
sans  parler  des  brocarts  du  style  Ming,  tissait  des  brocarts  de  goût  japonais.  Enfin ,  des 
tisseurs  de  Nislii-jin  faisaient  du  Ito  ni-shi-ki  très  beau  qu’on  pense  être  une  transformation  du 
Yamato  nishi-ki . 

I  n  certain  Tawarava  tissait  un  brocart  particulier  appelé  Kara-ori-nishiki  (brocart  tissé  à  la 
chinoise'.  L’idée  en  était  venue  du  Shy-okou  ko-nishiki  fabriqué  sous  les  Ming.  C’était  une  chose 
charmante  et  de  liant  goût.  <  hi  imita  aussi  les  tissus  hollandais,  et  l’on  fabriqua  du  morou  d’or  et 
d  argent . 

Vers  la  fin  de  Ten  Slivau  1  >92),  un  certain  Xomoto  apprit  d'un  Chinois,  à  Sakaï,  la  fabrication 
du  Kinran.  Ce  tissu  ayant  eu  un  grand  succès,  il  en  fabriqua  beaucoup  et  devint  très  habile  à  ce 
tissage.  A  I  imitation  des  tissus  chinois,  on  lit  du  Don-sou.  On  peut  en  travaillant  ce  tissu  produire 
Lava.  C’est  ce  qu'on  appelle  Shi-tehinn  Donsou,  très  employé  pour  les  ceintures  de  femmes.  Aujour¬ 
d'hui  encore  on  se  sert  beaucoup  de  cette  étoffe.  Ainsi  l’industrie  du  tissage  à  Kvauto  se  développait 
rapidement  et  créait  quantité  de  produits  artistiques. 

Vers  la  fin  de  Kei-tclivau  (  1  A9 Y- 1  (»*2 5  ,  les  tisseurs  de  Nishi-jinn,  parvenus  à  faire  de  belles 
étoffes,  étudièrent  la  fabrication  des  draps  hollandais  et  inventèrent  une  espèce  particulière  de  tissu 
qu’on  appelle  Tora-mén-ori.  A  cette  époque  aussi  on  tisse  le  rinzou.  Cette  fabrication,  bien  que 
d’origine  chinoise  Ming)  est  bien  japonaise  par  le  dessin  emprunté  aux  anciens  tissus  japonais.  Cette 
étoffe,  très  belle,  est  très  vantée  et  surpasse  les  produits  chinois  analogues.  L’industrie  de  Kyauto, 
occupant  de  très  nombreux  tisseurs,  eut  alors  une  très  grande  prospérité.  Pendant  la  période  Ghèn-xva 
1  ()o‘)- ibaj),  un  ouvrier  chinois  vint  à  Sakaï  en  Idz-oumi,  et  enseigna  le  tissage  de  Kinsa  à  des  gens 
de  ce  pays.  Deux  artisans  de  Kyauto,  un  certain  Matsou-ya  et  un  certain  Zeni-ya  allèrent  à  Sakaï 
apprendre  le  procédé  des  Chinois  et  commencèrent  la  fabrication  à  raies  avec  des  fils  d  or,  travail 
t  rès  beau,  très  délicat  et  d’une  qualité  supérieure.  C’est  ce  qu’on  appelle  Matsou-ya  lvinsa  et  Zéni-ya 
Kinsa,  très  vanté  des  gens  du  temps. 


En  Keian(i648-i652),  un  tisseur  de  Kyauto,  imitant  un  tissu  de  Elimé,  essaie  pour  la  première 
fois  de  faire  du  velours,  et  il  obtient  un  produit  égal  à  ceux  de  Chine.  11  créé  alors  le  velours  W  ana  et 

le  velours  Shima,  étoffes  supérieures,  dit-on,  au  velours  chinois. 

En  Tenwa,  en  Djyô  Kyau  (1681-1684  et  1 684-1688),  le  métier  des  tisseurs  de  Kyauto  va  toujours 
se  perfectionnant  et  personne  n’achète  plus  les  étoffes  chinoises.  Depuis  ce  temps  jusqu  à  Chèn- 
boun  1736-1741),  les  industries  de  Nishi-jinn  progressent  toujours.  On  tisse  des  motifs  de  Heurs 
délicates  et  l’on  obtient  un  coloris  délicieux. 

Pendant  les  années  En  Kyau,  le  Bakoufou  protège  ces  industries.  Mais  011  en  vient  à 
réglementer  la  production.  On  interdit  la  fabrication  des  tissus  ornés  de  Heurs  décoratives  aux  t  isseurs 
autres  que  ceux  de  Kyauto.  On  établit  des  restrictions  à  l’engagement  des  ouvriers.  Cette  protection 
méticuleuse  eut  un  résultat  opposé  à  celui  qu’on  espérait.  L’activité  indépendante  des  tisseurs  se 
relâcha  et  Part  fut  arrêté  court  dans  son  développement.  Aussi  dès  lors,  jusqu’à  Temméi  1781-178,,  , 
c’est-à-dire  pendant  quarante  ans,  on  ne  produit  rien  qui  sorte  de  1  ordinaire. 

En  Kyauliô  (1716-1736;,  à  Kiryu  en  Kôdzouké,  à  Icé-zaki  en  Shino-tsouké,  et  a  Ihi-thibou 
en  Mou-çashi,  on  tisse  différentes  étoffes  très  belles,  au  moment  même  où  l'état  des  industries  de 
Kyauto  commence  à  péricliter. 

Pendant  les  années  Tempau  (i83o-i844,,  1°  luxe  atteint  un  tel  débordement  que  le  Bakoufou 
promulgue  des  lois  somptuaires.  11  interdit  au  peuple  l’usage  des  vêtements  de  soie  ;  aussi  voit-on 
les  industries  du  Nishi-jin  décliner  brusquement.  Alors  les  ouvriers  font  des  recherches  et  fabriquent 
des  étoffes  de  coton  si  bien  faites  qu’au  premier  coup  d’œil  il  est  difficile  de  les  distinguer  des  tis>u< 
de  soie.  Ces  étoffes,  telles  que  le  Mendonsou,  d’un  prix  très  modique,  obtiennent  une  grande  vogue 
Cependant,  les  industries  de  Nishi-jin  ne  peuvent  plus  rivaliser  avec  celles  du  Kwanto.  \  Kiryu, 
en  Kaudjouké,  paraît  Ishida  Kourau,  qui  compose  toutes  sortes  de  tissus  ornés  et  produit  en  quantité- 
une  excellente  fabrication.  Cependant,  vers  la  lin  de  Tempau  (i83o-i8jj>,  un  excellent  ouvrier 
apparaît  encore  à  Nishi-jin  ;  c’est  Daté  Yaçouké  qui  projeta  d’arracher  Nishi-jin  à  sa  décadence. 
Lui  -même  fabriqua  des  brocarts  des  Kinran,  des  brocarts  de  Yamato,  des  Donsou  splendides. 

r 

Etudiant  les  procédés  anciens,  ceux  du  lïata-ori  et  ceux  des  tissus  de  la  Chine,  de  Elude  et  de  l'Italie, 
il  lit  des  expériences,  obtint  des  résultats  dont  il  lit  part  à  ses  confrères,  chercha  à  réveiller  1  ardeur 
des  maîtres  tisseurs.  xMais  Yaçouké  ne  fut  pas  compris,  ni  suivi.  On  riait  de  cet  ardent  chercheur 
et  l’industrie  de  Nishi-jin  allait  toujours  déclinant.  Le  peu  qu’on  y  faisait  de  soie  ou  de  toile  ne 
servait  qu  à  empêcher  la  fermeture  des  ateliers. 

hn  Bounkyou  (1861-1864),  le  Shyaugoun  lokou-gawa  lyé-motchi  vint  à  Kvauto,  suivi  <1  un 
grand  nombre  de  clans.  Kyauto,  devenu  alors  le  rendez-vous  de  l’Est  et  de  l’Ouest,  fut  aussi  le  centre 
de  la  demande  en  matière  d  industrie.  L  industrie  du  tissu  reprit  sa  prospérité.  Los  ouvriers  dispersés 
furent  rappelés  et  les  machines  reprirent  en  hâte  leur  activité.  Cependant,  les  tissus  de  cette  époque 
ne  sont  pas  dune  belle  qualité  de  fil;  1  ornementation  11  est  pas  combinée  heureusement  et  n’évite 
pas  le  mauvais  goût.  La  véritable  renaissance  n’eut  lieu  qu’à  la  période  suivante,  en  Meidji. 


MAITRES  ET  ŒUVRES 


1  akéda  Sh^au-kourau,  de  Arimatsou  Moura,  en  Owan,  eut  1  idée,  en  Keitchyau  (1  3q6-iGi5), 
d’appliquer  le  kauketchi  au  coton.  Lorsque  Tokou-gawa  Yoshi-nawo  entra  en  Owari,  il  lui  offrit 
un  specimen  du  pioduit  et  en  fut,  dit-on,  très  chaleureusement  félicité.  Ses  descendants  conti¬ 
nuèrent  de  fabriquer  ce  tissu  qu’on  appelle  Arimatsou  Shibori,  du  nom  de  la  localité.  Plus  tard, 


27  I 

J 


plusieurs  dizaines  de  maisons  s’occupèrent  de  cette  spécialité  qui  devint  célèbre.  Les  envoyés  de 
Lorée  et  de  Chine,  qui  passaient  par  cette  station,  ne  manquaient  pas  d’y  faire  arrêter  leur 
voiture.  Ils  improvisaient  une  poésie  et  partaient  après  avoir  acheté  une  pièce  de  ce  tissu. 

You-zèn  était  maître  teinturier  à  Kyauto,  en  Kan-yei  iGa4-/044)«  Bon  peintre,  il  employa 
son  talent  à  sa  teinture,  obtint  sur  étoffes  des  fleurs,  des  oiseaux,  des  animaux,  d’un  coloris 
délicat.  Ce  procédé,  connu  sous  le  nom  de  You-zèn  Zomé,  a  été  conservé  jusqu’à  nos  jours. 

Ivanéda  Tchyoubéé  florissait  en  Geimboun  (entre  1781  et  1801  .  Il  mit  toutes  ses  forces  au 
service  de  1  industrie  de  Nishi-jin,  tissa  toutes  sortes  de  nouveaux  modèles,  fit  peindre  par  Marou- 
yama  Okyô  la  fête  du  printemps  à  Ivarno,  et  la  course  de  chevaux  à  Kamo,  qui  faisait  partie  de  cette 
fête,  et  les  exécuta  sur  étoffe.  Il  demanda  à  Ivomawi  Ghèn-ghi  l’arrivée  au  Japon  du  prince  royal  de 
Corée  et  lit,  aussi  dessiner  par  les  maîtres  Ivei-boun,  So-jyoun  et  autres  des  paysages,  des  fleurs  et 
des  oiseaux,  qu’il  tissa  en  Donsou  ou  en  Ivo-hakou,  ce  qni  excita  une  grande  admiration  chez  ses 
contemporains. 

A  cette  époque,  à  Edo,  la  mode  était  pour  tout  le  monde  d’avoir  de  beaux  portefeuilles  ou  de 
belles  blagues  à  tabac.  Pour  satisfaire  ce  goût,  il  tissa  des  Sarasa  et  des  Kanto  avec  de  l’or, 
d  une  qualité  et  d’un  dessin  magnifiques.  Ses  importations  de  Chine  étaient  loin  d’approcher  de 
ces  objets  qui  jouirent  d’une  vogue  énorme.  Obligé  de  faire  face  à  de  nombreuses  demandes, 
l’chyoubéé  combina  des  nouveautés  et  produisit  ainsi  beaucoup  de  choses  précieuses. 

1*1.  I.WIII.  —  Bkocahts  11  soins.  — Tdioubéo  Kameda  de  Kyauto. 

1  .  Brocart  lamé,  lissé  de  chrysantèmes  et  de  paulownia,  sur  un  fond  imitant  1  avanturine 
d’or  de  laque.  Travail  du  j‘‘  Tchoubée. 

2  .  Mauve  d’or,  t issé*  par  le  7''  Tchoubée,  d’après  la  doublure  du  manteau  de  Toyotomi 
llid  éyoshi.  La  linesse  du  travail  esl  supérieure,  même  à  l’original  qui  est  de  la  fabrication  de  Ming. 

>  .  Armure  soie  crimie  en  tissu  croisé,  imitant  la  natte  chinoise  appelée  Ampéra  et  tissée 
d  oiseaux  1 1  «  >— «  » . 

\  .  l'aille  noire,  tissus  fait  par  le  9°  Tchoubée.  Les  caractères  chinois  tissés  en  blanc,  d’après 
le  célèbre  ealligraphe  \\  oguishi,  de  la  dynastie  des  Shing. 

*>  .  Soie  imprimée.  La  particularité  de  ce  tissu  consiste  dans  ce  que  la  soie  de  la  chaîne  et  de 
la  trame  sont  laquées  avant  d’être  montées  sur  le  métier.  Le  dessin  représentant  un  paon,  est  imprimé 
après  coup,  en  or  ou  à  la  laque. 

f>  .  Tissu  façonné,  exécuté  par  le  io°  Tchoubée,  durant  la  période  de  Bounsée  (1818-182!)  . 
Sur  un  fond  thé  est  lisse,  en  noir,  le  temple  Kinkakouji,  avec  une  finesse  prodigieuse  de  détail. 

7  .  Soie  tissée  de  carte  géographique.  Œuvre  du  11e  Tchoubée,  vers  la  période  Tempo 
1 1  83o—  1 8Y3) .  Ce  fut  un  dessin  nouveau  pour  l’époque. 

8] .  Gros  crêpe.  Tissu  exécuté  par  le  i3e  Tchoubée  d'une  façon  très  curieuse,  imitant  le  papier 
froissé,  employé  pour  les  chapeaux  officiels.  La  saillie  des  cotes  du  crêpe  est  très  prononcée  et 
irrégulière.  Il  y  a  là-dessus  des  armoiries  en  or  ayant  une  surface  paraissant  plate. 


Amano  I  ouça-yoshi  florissait  en  Bounsei  (181 8-i 83o) .  Employé  au  Nishi  Honganji,  il  changea 
plus  tard  son  nom  en  celui  de  Sakoujvourau.  La  beauté  des  tissus  qu’il  inventa  amena  une  renaissance 
des  Tsou-dzouré-nishi-ki.  Il  a  une  réputation  d’ouvrier  fameux.  Comme  œuvre  remarquable  de  Fouça- 
yoshi,  on  cite  les  cinq  empereurs  d’après  la  peinture  de  Tchô-dèn-sou,  du  Nishi  Honganji.  Ses 
meilleurs  élèves  sont  :  son  frère  cadet  Yaçouké  et  la  femme  de  celui-ci,  O-mon,  et  Yama-shina- 
Ya  Séisouké. 

(shida  Kourau,  tisseur  de  Kiryu,  en  Kaudzouké,  travailla  activement  en  Bounsei  et  Tempo 


(entre  1818-1844).  Ingénieux  et  adroit,  il  inventa  des  procédés  commodes  pour  taire  des  dessins  dons 

les  brocarts  et  produisit  à  Kir  vu  quantité  de  magnifiques  tissus. 

Foudji-i-shyau  Zaémon,  qui  était  marchand  de  fils  de  Kouroumamatchi,  à  Sakaï,  en  l<l/.oumi, 
imita,  la  tannée  Tempo  (i83i  ,  le  Sagara  Dantsou  et  les  tapis  de  fabrication  chinoise.  Puis,  mettant 
en  pratique  ses  propres  idées,  il  fit  tisser  par  Idzoumi  Ribéi,  du  Kimoumatclii  «le  la  meme  \ilh‘,  l«*s 
étoffes  qu’il  projetait  et  qu’il  appela  Sakaï  Dantsou,  et  dont  il  entreprit  la  vente  en  gros.  On  voit  là 
l’origine  du  Téami  Dantsou.  Son  métier  tomba  pour  quelque  temps;  mais  son  descendant  Shyau- 
tarau,  devenu  familier  avec  toutes  sortes  de  procédés  de  tissage  de  velours,  inventa  un  procède 
particulier  de  tissage  du  Dantsou  et,  la  3e  année  Bounkyou  i  i8fi3),  commença  a  en  produire.  <  hi  voit  la 
l’origine  du  Souri-komi  Dantsou.  Ce  procédé  a  fait  des  progrès  extraordinaires  et  est  devenu 
l’industrie  la  plus  remarquable  de  Sakaï. 

Daté  Yaçouké  était,  à  Nishi-jin,  fabricant  de  rinzou  espèce  de  satin  broche  .  Il  étudia  la 
peinture  et  la  chimie  et  releva  l’industrie  de  Nishi-jin.  Il  rechercha  les  anciens  procèdes  de  notre  llata- 
ori  et  étudia  aussi  les  tissus  de  toutes  les  contrées  de  la  Chine  et  de  l’Europe.  Lui-même  créa  loute> 
sortes  de  nouveaux  tissus.  Ce  fut  un  excellent  guide  pour  les  autres  tisseurs. 

Ses  copies  des  anciens  Kwannons,  appelés  Sabi-ori  de  Dathé  tissu>  rouilles  de  Date  sont  <1  un 
coloris  distingué  et  d’une  qualité  très  belle. 

Il  a  fait  encore  plus  de  quarante  Kwannons,  dont  la  beauté  n’est  en  rien  inférieure  a  une 
peinture.  Enfin,  il  a  été  admis  au  nombre  des  artistes  de  la  maison  impériale.  Il  est  mort  en  iSq3  d. 
sa  cinquante-quatrième  année. 


Ills 


PI.  LXYI11.  —  Brocarts  et  soies.  —  Tora-iti  de  lvyauto. 

[9].  Soie  imitant  la  peau  de  serpent,  tissée  par  Daté  Yaçouké,  durant  la  période  de  l'einp" 
(  1 83 o- 1 84 3) .  Par  une  combinaison  de  soies,  noires,  brunes,  bleues,  rouges,  vertes,  etc.,  mélées  a  la 
soie  sauvage,  l’effet  obtenu  rend  parfaitement  l’imitation  de  la  peau  de  couleuvre. 

[ioj.  Brocart  lamé  d  argent  egalement  tissé  par  Daté  4açouke.  Les  faucons  dans  le  nuage  << 
détachent  sur  un  fond  d’argent. 

[  1 1  j •  Velours  imprimé,  fabriqué  par  Daté  Yaçouké,  pendant  les  années  de  kayéi  1 N  j<X- 1  sV!) 
Sur  un  fond,  composé  de  trois  couleurs,  des  dragons  sont  imprimés  par  h*  procédé  de  teinture  dit  d< 
«  Youzèn  »,  aujourd’hui  très  répandu,  mais  qui  fut  une  nouveauté  sous  ce  temps. 

[i^j.  Soie  façonnée  dite  «  Kanton  ».  Travail  de  la  fin  de  la  vie  de  Date.  La  couleur,  <1  un 
brun  rouillé,  donne  1  efïet  d  un  vieux  morceau.  Des  papillons,  de  dimensions  varices,  sont  tissés  sur 
un  fond  rayé  en  plusieurs  nuances. 


PI.  LX\  III.  —  Tissus  d’auteurs  inconnus.  —  Marquis  Toshitsougou  Mavéda. 

L 1 3 j -  Robe  en  gaze  lamée,  pour  représentation  de  No,  de  l’époque  de  Bounkwa  180 181 X 
Sui  une  gaze  de  soie,  d  un  violet  lonce,  se  trouve  tissé  en  or  un  char  garni  de  Ileurs 

[i4].  Robe  pour  représentation  de  Nô,  en  soie  brochée  de  glycines  en  mauve  tendre.  Tissus 
de  l’époque  Bounkwa  (1804-1818). 

. 1 5 ! ■  robe  de  soie  brochée  et  lamée.  Le  fond  consiste  en  hexagones  rouges,  verts  cl  bruns. 
Il  y  a  là-dessus  des  éventails  jetés.  Sur  ces  éventails  se  trouvent,  richement  tissés  en  couleurs,  des 
oiseaux  et  des  fleurs. 

‘  ifi  .  Robe  de  brocart  lamé.  Des  paniers  à  fleurs  sont  tissés  sur  un  fond  quadrillé. 


TABLE  DES  MATIERES 


Pages. 


Avis  aux  Lecteurs .  v 

Puirwr .  ix 


INTRODUCTION 

I.  Aperçu  général . . . 

II.  Dons  naturels  «les  Japonais.  —  Leur  goût  pour  les  Arts . 

III.  Caractère  particulier  de  l’Art  japonais . 

IV.  Histoire  abrégée  <les  Beaux-Arts  japonais . 


i 

4 

6 

1 1 


PREMIÈRE  PARTIE 


DEPUIS  LES  ORIGINES  JUSQU’AUX  ANNÉES  TÉMBYAU  SHYADMOU  TÈNNAU  (XLV) 


LIVRE  I 

Arts  primitifs. 


Pages. 

Chapitre  premier.  —  Milieu  social . i5 

Chapitre  II. —  Kvolution  cl  caractère  des  Beaux- 

Arts  ii  cette  époque .  2 i 

Chapitre  111.  —  Peinture .  22 

Monuments .  23 


Chapitre  IV.  —  Sculpture.  . 
Monuments . 

Chapitre  V.  —  Architecture. 

Chapitre  VI.  —  Arts  appliqués 

Métaux . 

Monu  ments . 

Céramique . 


24 

2-4 

2.6 

28 

a9 

a9 


—  274  ^ 


LIVRE  II 

Époque  de  Souiko  Ténnau  (fin  du  VIe  siècle,  commencement  du  VII  . 


Pages. 

Chapitre  I.  —  Milieu  social .  35 

Chapitre  II.  —  Evolution  des  Beaux-Arts  à  cotte 

époque .  .'ES 

Chapitre  lll.  —  Peinture .  3o 

Chapitre  IV.  —  Sculpture .  4i 

Monuments .  4> 


(iii.vpi'riu;  V. —  A roliitoclure 

Monuments . 

I ndustries  artistiques 

Métaux . 

Objets  d’art . 

Tissus . 

Monuments . 


P.igr* 

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LIVRE  III 

Époque  de  Ten-tchi  Itr  XXXVIII,  668  671 


Chapitre  premier.  —  État  social  de  ce  temps  au 

point  de  vue  des  Beaux-Arts .  ^ 

Chapitre  II.  —  Evolution  et  caractère  des  Beaux- 

Arts  de  cette  époque .  5.1 

Chapitre  lll.  —  Peinture .  5.1 

Monuments .  55 

Chapitre  1\.  —  Sculpture .  5~ 

Monuments .  58 


Chapitre  V.  —  Architecture .  Go 

Monuments .  im 

Chapitre  5  I.  —  Arts  industriels .  tii 

I  ravail  des  métaux . 6i 

Monuments .  G» 

Tissus .  (è, 

Monuments .  (i . 


LIVRE  IV 

Époque  de  Shyaumou  I  r  (XLV,  724-748). 


Chapitre  premier.  —  Etat  de  la  société  de  ce  temps 


par  rapport  aux 

Beaux-Arts.  .  . 

63 

Chapitre  II.  —  Evolution 

Arts.  .  .  . 

et  caractère  des  Beaux- 

66 

Chapitre  lll.  —  Peinture 
Monuments.  . 

68 

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y 

Chapitre  IV.  —  Sculpture 
Monuments.  . 

J 

7  4 

Chapitre  V.  —  Architecture .  -(» 

J 

Monuments .  .  -(J 

J 

Chapitre  \  I.  —  Arts  industriels .  — 

/  y 

Métaux . -S 

J 

Monuments .  -,j 

Sculpture  et  niellure.  —  Objets .  Ho 

Céramique,  poterie  et  verrerie.  Objets.  .  S  i 

lissus  et  teintures.  —  Pièces .  Si 

Objets  décorés  île  peintures .  H  > 


* 


DEUXIEME  PARTIE 


ni:  KWAMMOU  VU  BAKOUFOU  DE  K VMAKOURA 


LIVRE  I 

Kwammou  Ipr 


Ciivpithk  puimiik,  I,  K  lut  social  <lans  scs  rapports 


avec  les  Beaux-Arts .  85 

Chapitre  II.  K  vol  u  lion  et  caractère  des  Arts  il 

cette  époque .  qo 

( .11  verrai  III.  Peinture .  m 

Monuments .  q5 


Pages 


Chapitre  l\.  —  Sculpture . q(S 

Monuments .  q~ 

Chapitre  V.  —  Architecture .  q8 

.Monuments .  q8 

Chapitre  \l.  —  Arts  industriels .  ioi 

Laque .  ioi 

Objets .  i  os 


LIVRE  II 


Époque  de  la  Régence  des  Foujiwara 


Ciiapitri  premier.  Condition  de  la  société  de  ce 
temps  au  point  de  vue  des  Beaux-Arts.  . 

Un  venin  II,  Histoire  et  caractère  des  Beaux- 
Arts  de  ce  temps . 

Chapitra  III.  Peinture . 

Monuments . .  .  .  . 

Croquis . 


Chapitre  IV.  —  Sculpture 
io.i  Monuments . 


I  O" 

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•  I  I 


Chapitre  N  .  —  Architecture.  .  . 
Monuments . 

Chapitre  NI.  —  Industries  d’art 

Métaux.  —  Objets . 

Laque . 

Tissus.  —  Objets . 


1 1 5 
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TROISIÈME  PARTIE 

LE  BAKOUFOU  DE  k VMAKOURA 


Chapitre  1*111  mii  n.  —  Condition  de  la  société  de  ce 
temps  par  rapport  aux  Beaux-Arts.  .  .  . 

Chapitre  II.  —  Caractère  et  développement  des 
Beaux-Arts  à  cette  époque . 

Chapitre  111.  —  Peinture . 

Monuments . 

Chapitre  IV.  —  Sculpture . 

Monuments . 


Chapitre  V.  —  Architecture 
Monuments . 


i  *8 


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Chapitre  VI.  —  Industries  d’art 

Métaux . 

(  )bjets . 

I  .nques . 

Objets . 

Céramique.  ....... 

(  )bjets . 


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QUATRIÈME  PARTIE 


DEPUIS  LES  SHÏAUGOINS  ASiïlk.VGA  .11  SOI 'Al  SIIYAK'.OIN  TOklll  I1AV  A 


LIVRE  I 

Ashikaga 


Pngcs. 

Ch  a  pi  tu  k  premier .  —  Conditions  de  la  société  par 


rapport  aux  Beaux-Arts .  i4> 

Chapitre  II.  —  Evolution  et  caractère  des  Beaux- 

Arts  de  ce  temps .  i 

Chapitre  111.  —  Peinture.  —  K  rôles .  J  4  7 

Procédés  techniques .  1 48 

Artistes  et  œuvres,  écoles  de  Toca,  de  Ka- 

couga  et  de  Takouma.  .  . .  i  jj) 

Ecole  Sonne  -  Youèn .  îor 

Chapitre  IV.  —  Sculpture .  i.r 

Genres  et  procédés.  —  Maîtres  et  œuvres.  — 

Oùivrcs  bouddhistes .  1 .  uS  I 


Masques. .  •  "> 

Chapitre  Y.  —  Architecture .  » < »< * 

Monuments .  iBi 

Chapitre  VI.  —  Industries  d’art .  H*  • 

Maîtres  et  œuvres.  —  Ciseleurs .  i  *  »  » 

Armuriers .  Hi| 

Gardes . .  P»*» 

Foute .  .  .  tUi' 

Laque . .  .  Hit* 

Maîtres  et  œuvres .  iti- 

é 

Céramique.  —  Maîtres  et  œuvre*.  .  .  .  HiM 


CINQUIÈME  PARTIE 

KWAMPAKOU  DES  T0V0T0.MI 


Chapitre  premier.  —  Conditions  de  la  société  par 

rapport  aux  Beaux-Arts .  iji 

Chapitre  11.  —  Caractère  et  développement  des 

Beaux-Arts  à  cette  époque .  i  j.3 

Chapitre  Ilf.  —  Peinture .  \-\ 

Maîtres  et  œuvres.  —  Fcole  Kano .  i -(> 

J 

Ecoles  Ounkokou,  Ilae.eenwa,  Soea .  i  — 

o  n  j  j 

Ecole  Toca.  .  .  .  . . 


Chapitre  IV.  —  Sculpture .  i-K 

Genres  et  procédés.  —  Maîtres  et  .  i 

Chapitre  A.  —  Architecture .  i  Su 

Monuments .  181 

Chapitre  \l.  —  Industries  d  art.  —  Artistes  cl 

œuvres .  |S. 

honte.  —  Laqueurs .  iSd 

Maîtres  et  œuvres . 

Céramique .  iHd 

Genres  et  maîtres .  iSf> 


SIXIEME 


PARTIE 


TOkOl  GAWA 


(  1 1 a i > 1 1 1 : i  piir.Mii.ii.  Fiat  « I o  l.i  soriél ('•  par  rapport 
aux  Beaux-Arts . .  .  . 

CiiAi’inu  II.  Cnrarlrre  ri  évolution  (1rs  Beaux- 
Arts  de  celle  époque . 

Chapithf.  III.  —  Peinture . 

Kxpcntion . » . 

Mailrrs  rl  crimes.  Kcolrs  Toca,  Souilli- 

voshi,  kwaii  lliun,  Renaissance  japo¬ 
naise,  . . 

Kcolrs  Kami.  Oumkokou,  Sogn,  llaeegnwa.  . 

K  co  le»  Ouki  Y  or . 

Kcole  Min  S I» î 1 1 .  chinoise  moderne . 

F.  rôle  Maron  Varna,  Shitljo,  Kislii . 

l'iiimm;  IV.  Sculpture . 

O.cnres  cl  procédés . 

Mailles  cl  cr u \  ers . 

Ciiaimtrr  Y.  \rchit edure . 

Monuments . . . . 


Prises. 

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lu rr  :  les  ( i o I o  cl  leurs  élèves .  *jÛJm 

Kcole  Yokova  H  écoles  dérivées .  ü36 

i  >rnemcnts  de  salu  e.  —  Les  I himolada,  école 

de  l\  vaille» .  a3() 

Décoration  des  sabres.  - —  Kcolrs  d  Osaka  cl 

du  reste  du  Japon.  .  '«4° 

Niclleiirs.  1rs  Mournkami .  ‘*4'  1 


Armuriers.  . . . . 

Ferrures,  gardes . 

Fondeurs . 

Laque . . . 

Maîtres  et  œuvres . 

Céramique.  . . 

Kio  Yaki.  —  Xinseï  Nonomoura . 

Mohei  Kinkozau . 

Dohatclii  Takahashi.  Rokoubeï  Kiomidzon. 

Kïsen  Okouda . 

Moukouheï  Aoki . .  .  . 

YoheV  Seïfou.  —  Zorokou.  Makiomidzou 

Kenzan  Yaki . 

Kenzan  Ogata. —  Yeirakou  Aoki . 

An  ta  Yaki . 

Okolchi  Yaki.  —  Karatsou  Yaki . 

Takatori  Yaki.  —  Satsouma  Yaki. . 

Ouvrages.  —  lia o  i  Yaki  et  Matsoumoto  A  o k i . 
n  r> 

Idzoumo  Yaki.  —  Bizen  Yaki . 

Ouvrages.  —  Ado  Ya  k  i .  Awadji  Yaki.  .  .  . 

Kishoti  Yaki.  —  Saiula  Yaki . 

koutaiii  Yaki.  —  Shiffaraki  Yaki . 

O 

Banko  Yaki.  —  Seto  Yaki . 

Mi  no  Aaki.  — -  Toyo  Rakou  Yaki.  —  Sonia 
Yaki.  —  Imado  Yaki . 

Kenya  Yaki . . 

Tissus . . 

Maîtres  et  œuvres . 


Pages, 

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269 
269 


TABLE  ALPHABÉTIQUE 


DES  GRAVURES 


EN  COULEURS 


ET  PLANCHES  HORS  TEXTE 


l’agps. 


Amitla  (PL  XXIX . 

Amida  (PL  XXXI . 

Arrivée  de  l’Amida  sauveur  et  des  a. 5  Bosatsou 

(PL  XXVII).  . . 

Bateau  de  passage  (PL  LV) . 

Ben  Zaïten  1  PL  XV) . 

Boite  à  écrire,  en  laque  (PL  LL . 

Boites  en  laque  PL  LXVI) . 

Bon  Tèn (PL  XIX) . 

Brocarts  et  soies  PL  LXVIII . 

Caricatures  d’animaux  PL  XXX) . 

Cheval  de  Ilaniwa  (PL  I) . 

Cigogne  PL  XL\  I) . 

Coucher  de  soleil  au  bord  d  un  estuaire  PL  XLII  . 

Dessins  d’animaux  PL  LX1I) . 

Dévie  de  Bouangou  [la]  PL  XIA  ) . 

Djizau  Bosatsou  (Grav.  en  couleurs,  111 . 

Ecuries  (PL  XLVIII) . 

Ecrans,  dragon  et  tigre  PL  XIA . 

Empereur  Guio  [F]  (PL  LP) . 

Fête  shintoïste  (PL  L1I) . 

Fleurs  et  oiseaux  PL  XL1X . 

Fresque  de  l’intérieur  du  Koudou  de  Ilaurvou  ji  pein¬ 
ture]  (PL  AT II) . 

Femme  sous  les  arbres  du  Shvau-sau-in  PL  XIII  . 

Figures  d’hommes,  en  terre  PL  J . 

Foudau-mvau  AVau  (PL  XXI\) . 

Foughen  Bosatsou  (Grav.  en  couleurs,  Il . 

Garnitures  de  sabre  (PL  LXA) . 

Gentokou  visitant  Koméi  dans  la  neige  PL  LA  IIP. 

Guigueitennio  (PL  XXA . 

Goudatsou  Bosatsou  PL  XXAT) . 

Hatsonnédana  et  meubles  décoratifs  (PL  LXA  II  .  .  . 

Ileidji-monogatari ,  makimono  PL  XXVI) . 

Intérieur  de  la  pagode  de  Daivuin  PL  LXIII).  .  . 

Juitcimenannon  (PL  XVII . 

Ju-i-ti-men  Kwannon  (Grav.  en  couleurs,  I  .  .  .  . 

Kinkakou  (PL  XL  ATI) . 

Kondau  PL  AT) . 

lxwa  Ghèn  Kci  (PL  XXI) . 

Kwannon  aux  onze  faces  (PL  XL1 . 

Kwanzéon  PL  111 . 

Alakimono  des  miracles  de  Kacouga  Gonghen  Kenki 

“O  o 

(Grav.  en  couleurs,  IV) . 

Makimono  des  miracles  de  Kaçouga  Gonghen  Kenki 
(PL  XXXVIII) . .  .  . . 

Makimono  de  paysages  (PL  XL  1 A  ) . 


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Mariage  de  renards  PL  LII J . 

Monjvou  Bosatsou  PL  XL . 

Munjvou  en  mer  PL  Xl.lll . . 

Xiwau  PL  XXXIX . 

Xvorinn  Kwannon  PL  IA  .  .  . . 

Objets  de  Shvau  So-in  PL  XX . 

Oiseau  de  Ilaniwa  PL  I . 

()no-no  Komati  eHaçant.  pal  le  lavage,  les  mots 
ajoutés  sur  un  manuscrit  ancien  Grav.  en  cou¬ 
leurs,  A . 

Ornements  de  sabre  PL  L X I A . 

Pagode  llauwau-dau  Bvo-dau-in  PL  XXXIII  .  . 

O  • 

Pagode  llauwau-dau  Bvo-dau-in  intérieur 
PL  XXXIV . * . 

Pavillon  llioun-kakou  du  temple  bouddhique  Xishi- 
honganji  PL  I . 

Paysage  PL  X LA  I . 

Pavsage  PL  LUI . 

Paysages  PL  L1X . 

Paysages  PL  LXI . 

Paysage  d  automne  PL  Xl.ll . 

Pin  couvert  rie  neige  et  canards  sauvages  PI.  I  X 
Portail  du  temple  bouddhique  a  Xisliihongnnji  PI.  I 

Porte  Aoméimon  de  Nikkwau  PL  I.XIII . 

Portrait  du  prince  impérial  Shvau  Tokou  PI.  Ail  . 
Portrait  du  prince  Shvau  Tokou  l'aishi  PL  X  X  X  A  II 
Portrait  de  Sodzou  Gond/au  PI.  XXII  .  .  .  .  .  .  . 
Rouleaux  d’écriture  et  de  peinture  rie  la  bible 

bouddhique  PL  XXXA . 

Scènes  du  Ghenji  Alonogaturi  PL  X X  A  III . 

Scènes  ries  illustrations  de  la  \ie  de  Ban  Daïnagnn 

PL  XXX . 

Senju  Kwannon  PL  XXXII . 

Senzoui  Biobou  PL  XXIII . 

Shi-kongo  PL  X  A  1 1 1 . 

Shoga  poursuivant  Kanshin  PI.  LA  III  .  .  .  .  .  . 

Shvaka  et  ses  deux  acolytes  PL  A . 

Shvau  Kwannon  PL  XI . 

Six  Tamagawa  [les]  PL  LA  II . 

Sous  une  averse  PL  LA . 

Tabernacle  en  Tamamoushi  PL  II . 

Tamontèn  PL  XVI . 

Théâtre  PL  LA  I . 

Trois  patrons  Amida  les]  PI.  X . 

Yakoushi  Sauzou  Boutsou  PL  XII . 

Anima  Koji  PL  XL) . 

Zo  Tchyau-ten  PI  IX . 


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TABLE 


ALPHABETIQUE 


DES  GRAVURES 


Aiguière  a  tète  de  (Ira (fou  fi<>-.  , . 

r»  n  n 

Armure  fig.  74 . 

Armure  imbriquée  (ig.  j8 . 

Bai  Giietsou  Ro  théière  lig.  8q  i  ......  . 

Befïrov  du  Todaïji  fig.  . 

Boite  lin*.  -8 . 

Boite  de  bijoux  en  makié  fig.  \o . 

Boite  ii  écrire  fio.  ;5~ . 

Boite  a  écrire  en  laque  fig.  y.» . 

Boite  a  1er  de  bâton  de  |>èlerin,  en  makié,  repré- 
sentant  le  dragon  de  Kourikara  fig.  \\  .  .  .  . 

Boite  laquée  (ig.  5o) . .  .  . 

Boite  a  livres  canoniques  en  makié  fig.  3q  .  .  .  . 

Boite  a  médicaments  (lio.  Xo . 

Boite  ii  médicaments  I i •  .  Si . 

n 

Boites  ii  tbé  fig.  Ht)  j . 

Brocart  décore  d  oiseaux  et  d  animaux  Iraoments 

n 

'•g-  ■»: . 

Brùle-|>arlums  en  forme  de  Kwanmouri  fig.  q6  .  . 

Brùle-narlums  en  forme  de  bon  f i .  5  a . 

Brûle  parlimis  en  forme  de  bon  lig.  6a  i  et  a].  . 
t.abinet  aux  manuscrits  poétiques,  eu  laque  lig.  60  . 
t.aisse  a  pieds  pour  transporter  les  livres  cano¬ 
niques,  en  makié  fig.  pi . . . 


(  .anards  sauvages, 

Koro  brûle*  parfums 

(fig- 

U  i 

•  • 

( laparaeon  décoré 

fiK-  4;) . 

(  .asque  (ig.  t)  .  . 
(  .asques  lig.  .5.5  . 
(.asques  en  forme 

île  poisson  fig.  >6  . 

Cercueil  fio.  t- . 

r>  y 

(.liainettes  en  tonne  de  feuilles  de  prunier  lig.  i  i  . 
Cloche  fi ff.  là . 

n 

(  docile  (  I ig.  i  (i . 

I )i;corations  de  1  époque  de  Tèmpis  fig.  oS,  >q.  3o, 

’>  i .  .  f  a .  3  > . 

Enfant  sur  une  vache  fig.  6j  .  .  .  .  . . 

Etagère  fig.  — . 

n  r»  y  y 

Etendard  en  bronze  dore  lig.  ■>.> . 

Garçon  endormi,  Okimono  lig.  q3 . 

I  lakouzod/oti,  Okimono  objet  d  ornement  lig.  8a  . 

I lassli vau-in  façade  principale  lig.  86 . 

Iloteï,  Okimono  objet  d  ornement  lig.  Ht >  .  .  .  . 

I loteï,  Okimono  lig.  qX . 

Info  boîte  à  médecine  lig.  “()..... . 

Iwnhibé  fig.  iq . . . 

Iwahihé  lig.  ao . 

Kaçouga  Jinjva  de  Xara  plan  lig.  3y . 

lxondo  temple  doré  de  l  oshiodaïji  lig.  d  \  .  .  .  . 

Kwannon  lig.  58 . 

Maison  antique  {  lig.  4 . . 

Makoue  I  la  te  lu  vase  décoré  lig.  Xà . 

Masques  de  Xo  fig.  (Là . 

Malsoué-no  Midzousasbi  pot  à  eau  lig.  t)  i  ’ .  .  . 
Midzou-sashi  pot  il  eau  lig.  Xd . 


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Miroir  ii  grelots  fig.  fi . 

Montures  et  accessoires  ornés  pour  sabres  lig.  54  • 

Mors  lig.  11) . 

Xetsouké  de  bœuf  li  g-  68) . 

Metsoukés  du  diable  lig.  (i- . 

Xetsoukés  de  domestique  et  de  garçon  de  boutique 
fig.  -2' . 

n  y 

Xetsouké  d  enfant  et  de  singe  lig.  ~o . 

Xetsouké  llakouzbsou  lig.  tSc)'' . 

Xetsoukés  de  haricot  et  de  singe  fig.  -d . 

Xetsoukés  de  Iloteï  et  de  coquillages  lig.  71  .  .  .  . 

Xetsouké  de  Seinnin  lig.  (i(i . 

Ornements  de  casque  fig.  10 . 

( )rnements  dessinés  sur  un  cercueil  lig.  18  ...  . 
Ornements  sur  un  sarcophage  de  [lierre  fig.  1  .  .  . 
Ornements  de  Sbumidan,  a  Konjikidau  lig.  ji  .  . 
Ornements  de  Sbumidan  dans  la  bibliothèque,  à 

Konjikidau  fig.  42 . 

Paon  et  vieux  pin  (lig.  68 . 

Peinture  de  tabernacle  en  Tainamoushi  lig.  21  .  .  . 
Pendeloques  en  forme  de  feuilles  de  prunier 

fig~  M . 

Personnage  de  pierre  lig.  3) . 

Petit  chien,  Koro  brûle-parfums ]  lig.  q5 . 

Petite  maison  Okimono  lig.  q4 . 

Pigeon,  Okimono  lig.  qq . 

Plateau,  en  laque  lig.  61 . 

Pommeaux  de  sabre  (8  a,  8  b,  8  e  .  .  .  , . 

Pot  ii  thé  fig.  à  1 . 

Rideau  brodé  fig.  24 . .  .  .  . 

Sabre  fig.  7 . 

Sarcophage  de  pierre  fig.  2 . 

Slrakougata  coupe  sacrée  lig.  88 . 

Shimanovo  llatehi  vases  à  rayures  lig.  qo . 

Shitènnau  (fig.  35' . 

Singe  Okimono  (fig.  qy . 

Sonnailles  de  cheval  lig.  12 . 

Table  à  lire  fig.  5y . 

Tablette  et  boite  à  écrire  I  i  o*.  -6 . 

O  > 

Tasses  fig.  89)  [4] . 

fasses  de  porcelaine  fig.  58 . 

Tau  de  l'Est  du  temple  Yakoushiji,  en  Yaïuato 

lig.  2.5 . 

Tau  ii  cinq  étages  du  temple  de  Mouro-ji  lig.  38  . 

Temples  de  Bouddania  lig.  22) . 

Temple  shintoïste  (plan  (fig.  5 . 

Théières  lig.  87 . 

Théières  fig.  8q  [2] . 

Théière  lig.  8qï  [5] . 

Vases  ii  fleurs  avec  pivoines  en  relief  lig.  4p)-  •  • 

Mentaux  de  laque  décorée  lig.  5q . 

Vase  octogone  (qa) . 

Wanhi  à  dessins  d’émaux  lig.  45  bis . 

Wauhi  [manteau  religieux]  (fig.  45 . 


Pages. 

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124 

1 2.3 


OUVRAGE  PUBLIE 


PAR  LA 

COMMISSION  IMPÉRIALE  DU  JAPON 

à  l’Exposition  universelle  de  Paris  1900. 


ÉDITÉ  ET  IMPRIMÉ  PAR  M.  DE  BRUNOFF 
4.  Place  Denfert.  4 


PARIS 


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